Description
Morgane Stankiewiez : «Exprimer le désir lesbien ou queer est politique»
Artiste, éditrice, Morgane Stankiewiez a dirigé l’anthologie «Eros Macabre» publié début mai (*). L’objet de cette anthologie est de donner une place aux désirs les plus transgressifs «en non-mixité, c’est-à-dire avec des femmes et des personnes qui se sentent minorées, des trans notamment».
Dans cette anthologie, l’horreur, genre marginal, disparu des rayons des libraires dans les années 2000, s’allie à l’érotisme : «deux littératures taboues, honteuses, deux genres voisins presque jumeaux. Il y a souvent une dimension sexuelle dans l’horreur. Quant à l’érotisme, depuis Georges Bataille, on sait qu’il a une fonction transgressive».
Une centaine d'autrices ont répondu à l'appel à textes, ouvert et public. Quinze ont été sélectionnées : des primo-romancières, des poétesses, des travailleuses du sexe, des scénaristes de cinéma ou théâtre.
Cannibalisme, vampirisme, sacrifices, nécrophilie, chimères : «il n’y a pas de limites autres que la qualité littéraire et narrative».
Des autrices qui deviennent sujets de leur sexualité, ce qu’on appelle «le female gaze» ou «le queer gaze» (le regard féminin). Des textes qui seraient interdits dans d’autres pays et sans doute en difficulté dans l’hypothèse d’une arrivée du RN au pouvoir en France.
Morgane Stankiewiez est autrice d'une dizaine de romans, également modèle et DJ. Elle est la fondatrice de la maison d'édition Noir d'Absinthe. Le premier tome de son roman, Isulka la Mageresse, a obtenu le Prix Imaginaire Découverte 2017 (Prix littéraire des Petits Mots des Libraires). Elle vit à Montpellier.
Entretien Claire Videau
Lecture musicale : Organique, musique composée par Anastasia Delhaye. Texte écrit et lu par Morgane Stankiewiez.
(*) Éros Macabre, anthologie de textes et d’images
Illustration : Marianne R-M/Incendie sur mer.
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