- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ma post-diet, le podcast où on donne la parole aux diètes. Je m'appelle Alicia, je suis diète en devenir et je travaille chez Monsuvidiet, un logiciel pour les diètes. Chaque mois, je pars à la rencontre de diététiciennes et diététiciens passionnés par leur métier pour nous raconter leur histoire et nous partager leurs anecdotes, conseils, difficultés, réussites, questionnements et expériences. Diète en libéral, en hôpital, en clinique, en visio, à temps plein, chacun de mes invités partage ici sa vision de la diète, ses observations, ses coups de gueule, ses épreuves et la réalité du métier. J'espère que ce podcast vous plaira et je vous souhaite une bonne écoute. Salut à tous, je suis ravie de vous retrouver pour un épisode de podcast très spécial aujourd'hui. Dans ce nouvel épisode, je vais partager avec vous une conversation avec une personne qui m'est chère et qui a marqué ma vie de manière significative, j'ai nommé Marie-Charlotte Barthès. Marie-Charlotte est mon ancienne tutrice de stage qui est devenue aujourd'hui une amie et qui est une grande alliée dans tous mes projets professionnels les plus audacieux. Dans cet épisode... nous plongerons dans le monde fascinant de Marie-Charlotte en tant que coordinatrice diététicienne à la Clinique Saint-Christophe. Plus précisément, elle nous dévolera son parcours et ses accomplissements dans le pôle équilibre, qui est une hospitalisation de jour dédiée aux patients obèses et diabétiques. Marie-Charlotte partagera également son enseignement holistique, incluant l'alimentation en pleine conscience, et comment elle le met en œuvre au sein de la clinique, même avec les patients parfois réfractaires. Elle nous ouvrira son cœur sur la lutte contre la grossophobie, Merci. dans le corps médical, quelque chose qui le tient vraiment à cœur. Pour moi, c'est une façon sincère de la remercier et de mettre en lumière le rôle important qu'elle a joué dans ma vie. Marie-Charlotte a été non seulement une mentor professionnelle, mais elle m'a également guidée sur le chemin de l'affirmation de soi. Derrière son franc-parler, c'est une personne sensible, authentique et affectueuse. Je te remercie grandement d'être mon amie, et merci d'être toi. Alors, asseyez-vous, détendez-vous, et plongez dans cette conversation captivante. Je vous souhaite à tous une excellente écoute et dites-moi, vous reconnaissez ce bel accent toulousain ?
- Speaker #1
Bonjour Marie-Charlotte ! Bonjour Alika !
- Speaker #0
Je suis contente de faire ce podcast avec toi et en plus tu nous accueilles dans la clinique, c'est génial, c'est top, merci !
- Speaker #1
Ça te rappelle des souvenirs ?
- Speaker #0
Ouais, c'est ça ! Parce que Marie-Charlotte est ma maître de stage quand je faisais mes études de diète, donc elle m'a accompagnée un peu, je suis restée 4 mois avec toi à te coller au Basque !
- Speaker #1
Et ça m'arrangeait bien parce que j'étais enceinte jusqu'aux yeux avec plein de nausées. Je devais me cacher dans un bureau. Donc, heureusement que tu me secondais.
- Speaker #0
Elle t'a porté des noisettes pour ne pas me vomir dessus. Bon, alors, est-ce qu'on peut commencer par le commencement ? Et est-ce que tu peux te présenter à nous et nous présenter ton parcours aussi ? Et ce que tu fais, du coup, à la Clinique Saint-Christophe ?
- Speaker #1
Alors, mon parcours de diète, je pense que c'est comme beaucoup de diètes, il n'est pas linéaire du tout. J'ai eu mon diplôme en 2012. Et je l'ai eu du premier coup, mais franchement, c'était l'enfer, ces deux ans d'études. Parce qu'il y avait des matières qui me plaisaient, mais franchement, je trouvais ça très dur en peu de temps. Beaucoup, beaucoup de choses intéressantes, mais en très peu de temps. Et je trouve ce BTS encore terrible. Je crois que c'est le BTS l'un des plus durs. Je ne les ai pas tous faits, mais de ce que j'en entends, il est super compliqué. Donc, je trouve qu'on ne démarre pas dans la vie professionnelle avec les mêmes chances que quelqu'un d'autre. parce que même pour les stages thérapeutiques... C'est super compliqué de les avoir, en fait, je les choisis pas vraiment. Tu prends ce que tu peux avoir, souvent, et je trouve ça nul, en fait. Vraiment, dans les études, je trouve qu'on pourrait améliorer beaucoup de choses. Donc, mon parcours, déjà, pour les études, il a pas été simple. Je travaillais en même temps et tout ça. Donc, content d'avoir mon BTS en poche, je m'y attendais pas du tout. Après, il a fallu trouver un travail. Donc là, on se retrouve bien seul, la petite ascenseur émotionnelle, où t'as ton diplôme, c'est chouette, mais en fait, tu sais pas qu'est-ce que tu vas en faire, puisque tu trouves pas de boulot. Et par chance, pendant mes études, j'ai travaillé pour Sodexo dans une clinique. Et de fil en aiguille, la diète m'a présenté d'autres diètes. Et j'ai fait pendant quelques temps des congés maternités. Après, j'ai travaillé dans des SSR, dans des EHPAD. Mais c'était toujours trois mois par-ci, par-là. Moi, j'adore le changement. Mais c'est super stressant de te dire qu'à la fin de ton contrat, tu n'as plus rien. Heureusement, on est dans un pays où tu peux avoir le chômage dans ces petits temps, une fois que tu as cotisé. Dans ces petits temps de creux, mais moralement, moi je sais qu'avoir le chômage, ce n'était pas mon but. Rien qu'être un mois sans activité, je trouve que pour le moral, c'est compliqué. Je pense que c'est bien de le souligner dans ce métier, parce que je trouve que c'est très compliqué de délivrer. Le début de te faire connaître est d'avoir un CDI en fait. Donc j'ai fait beaucoup de remplacements, sauf qu'après pour des raisons perso, moi j'ai eu envie de construire ma maison. Donc j'ai voulu un CDI. Le seul CDI c'était chez Nature House. J'ai pas du tout honte de dire que j'ai travaillé à Nature House parce que finalement avec le recul, je pense que ça a été un des déclics qui a fait que je suis là aussi aujourd'hui. Je m'explique, c'est que moi je suis tombée sur une responsable, pardon je suis un peu émue parce qu'elle est décédée il n'y a pas longtemps. C'est vrai ? Ouais, Consuelo, ça plaît. C'était en fait la gérante du nature house où j'ai travaillé. Où en fait, maintenant elle est décédée, donc je peux le dire, il n'y arrivera pas de problème. Elle m'a dit, écoute, c'est une franchise, on a des règles. On va te dire qu'il faut appliquer tel ou tel protocole, il faut que ce soit restrictif. C'est de la merde, elle m'a dit. Les gens, surtout les femmes, elles viennent ici en fait parce qu'elles sont seules. Parce que tout est lié aux émotions. Et parce qu'elles ont juste besoin qu'on les écoute et prennent soin d'elles. Donc en fait, tu vas les écouter parler de leur alimentation. Mais en vrai, ce qu'elles veulent, c'est qu'on prenne soin d'elles. Je me suis dit mais qu'est-ce qu'elle raconte ? Parce qu'en fait moi j'ai appris qu'il y avait des calories, il faut les dépenser, nanani, nanana. En fait elle avait trop raison. Les femmes que j'ai réussi à aider pour perdre du poids, c'est des femmes que j'ai écoutées sur leur vie personnelle. Attention, je ne suis pas psy, mais en fait juste j'ai vraiment compris que l'alimentation et le bien-être et l'estime de soi c'était vraiment lié. Donc je suis restée là-bas je crois deux ans, où en fait je me suis vite ennuyée parce que c'est assez redondant et le salaire il n'est pas fou. Mais vraiment, ça a été super enrichissant. Avec le recul, sur le moment, je me disais que c'était un job pourri. Et maintenant, avec le recul, je me dis que ça a été un des premiers déclics. Après, je suis partie dans un EHPAD. Où là, pareil, grosse baffe, personne âgée. Je pensais que c'était pas super fou comme job. Et en fait, je me suis éclatée. La dénutrition, pareil, ça passe par le plaisir de parler avec des gens. Et l'alimentation, c'est vraiment lié aux émotions. Là, je me suis vraiment éclatée encore. J'ai fait dans des SSR. mais toujours des remplats en fait jusqu'au jour après où j'ai trouvé un cdi à la prestation de soins à domicile donc c'est pour aller pour des personnes qui soit ne mangent plus beaucoup par la bouche soit mange plus du tout du tout parce qu'ils ont un cancer parce que il ya des enfants aussi handicapés que je suivais donc voilà moi je m'occupe d'installer à la maison de la nutrition entérale c'est à dire les branches quoi soit par son nasogastrique par le nez soit par gpe on appelle c'est directement dans le ventre or du coup ça fait pas très sexy comme ça mais en fait finalement les gens Ça va, ça se passe bien. Et là, pareil, ça a été génial, c'était que du domicile. Tu apprends à connaître les gens, tu connais le nom du chien, du perroquet, de la grand-mère. Enfin voilà, c'est cool, tu es dans la famille des gens. Et toujours pareil, l'alimentation, super liée aux émotions. Et je me suis dit que vraiment, dans nos études, on ne nous apprenait pas du tout cet aspect. Du moins, on ne prenait pas assez le temps de l'étudier. Et c'est dommage parce que c'est super intéressant. Et après la prestation de service à domicile, je suis arrivée dans la région d'Aix-en-Provence. J'ai changé complètement de région parce que j'étais sur Toulouse. Là il a fallu trouver un travail.
- Speaker #0
C'est là l'accent.
- Speaker #1
Comment ? L'accent de Maïté, ouais sexy. Et en fait il a fallu que je trouve un boulot ici, donc il a fallu que je reparte à zéro. Et là pareil je suis restée je crois deux mois au chômage, dépression totale en me disant que je trouverai jamais, voilà. Et le même mois j'ai trouvé deux jobs, un autre dans la prestation, ici à la clinique, et j'avais passé les premières étapes pour travailler chez Nutrienco, une boîte qui vend des compléments nutritionnels. Donc d'un coup ça m'est tombé dessus, donc quand on est dépressif, qu'on cherche du... Quand on cherche du boulot, des fois ça tombe tout dessus. J'étais partie pour la prestation, c'est le mieux payé, et je m'étais dit que je ne voulais plus jamais travailler dans des cliniques. Parce que faire des consultes pour faire des consultes, ça ne me plaisait pas. Donc j'ai fait un bilan de compétences, ce que je conseille de faire quand on est un peu perdu dans sa voie. Et là, au bout de plusieurs rendez-vous, ce qui en ressort, c'est que j'ai besoin, que je n'aime pas le côté médical. Dommage, je suis diète. que ce que vraiment j'ai besoin, c'est de la nature et de la créativité. Donc en fait, je me suis dit, je ne vais quand même pas faire des colliers de perles dans la forêt. Non mais vraiment, je me suis dit, mais ce truc ne sert à rien en fait. Parce que moi, je suis isolée, je n'ai qu'un diplôme, je ne vais pas reprendre mes études. Et c'est un diplôme dans la santé. Donc en fait, sur le coup, ça m'a plus perdue qu'autre chose. Quelques jours après, j'ai un entretien ici avec la directrice de la clinique. Je fais l'entretien, mais en mode, c'était un temps partiel dans une clinique. En fait, je suis venue par politesse, mais je ne voulais pas le poste, clairement. Donc, je suis venue très cool. Et en fait, plus l'entretien passait, plus je me suis dit, mais cette personne est géniale, ce lieu est génial. Oh là là, est-ce qu'on peut recommencer ? Je n'étais pas prête, en fait. Tu vois ? Moi, je suis allée cool et en fait, je me suis dit, oh là là, je ne me suis pas donné les moyens. Et dans l'entretien, elle me dit, c'est fou, c'était quatre jours après la fin de mon bilan de compétences. Moi, j'ai besoin de quelqu'un qui est vraiment connecté aux gens, à la nature, qui sait être créative. Je me suis dit, non, mais elle a accès à mon dossier pour l'emploi, ce n'est pas possible. Tu vois ? C'était fou, quoi. Des fois, les signes, il faut savoir les écouter. Et donc, je suis rentrée à la maison. J'ai dit à mon conjoint, écoute, je ne sais pas si je vais avoir le poste. Mais si elle me propose, je le prends. Il m'a dit, mais c'est un clinique, ce que tu ne veux pas. Et c'est un mi-temps, ce que tu ne veux pas, quoi. Ouais, je sais, mais j'ai un feeling. Il m'a dit, mais t'es complètement folle. Tu vas regretter tout ça. Et au final, je ne regrette pas du tout. Parce qu'en fait, le poste en question, quand je suis arrivée dans cette clinique, c'est ce qui devrait être fait partout en fait. Je ne dis pas que ce qu'on fait, c'est le mieux. Mais en tout cas, c'est là où j'ai vu le plus de déclic avec les patients. En fait, c'est une hospitalisation de jour où la diète, c'est presque le dernier wagon pour des patients obèses. C'est-à-dire que moi, je leur dis toujours que si ils ne savent pas trop verbaliser ce qui se passe dans leur tête et s'ils n'arrivent pas à connecter ce qui se passe entre le corps et l'esprit, la diète, elle ne sert à rien. Je m'explique, c'est-à-dire que... Si t'arrives même pas à verbaliser que tu détestes ton job, tu détestes ton mari, tes gosses, tu les supportes plus, tu te supportes plus, y'a rien qui t'anime, y'a rien qui te plaît dans ta vie, en fait, tu subis tout le temps, et que ton corps, tu le regardes plus, tu sais même pas dire si t'as faim, si t'as pas faim, si t'as satiété, si t'as soif. Enfin, en fait, tu peux pas t'écouter, du coup, tu sais pas qu'est-ce qu'il faut manger. À part lire Femme Actuelle en te disant le nouveau régime à la mode, voilà, il faut manger du chou calé le lundi, le mercredi et le samedi, quoi, tu vois. Enfin, bon, non mais c'est ça, c'est ça qu'on voit. Je vois la plupart des patients car ils sont dénutris parce qu'ils ne mangent plus rien. C'est la réalité quand même. Et en fait, en arrivant ici, les patients, ils ont de l'activité physique le matin, mais ils comprennent plus le fonctionnement du corps humain que finalement ce qu'ils font. Donc ça, ils comprennent. Donc ça, c'est important. Après, ils cuisinent et ils mangent ensemble avec la diète.
- Speaker #0
Du coup, pour expliquer, il y a la clinique Saint-Christophe d'un côté et le pôle équilibre est vraiment à part.
- Speaker #1
Oui, c'est comme une petite maison. où c'est une hospice de jour. Ce n'est pas à part. C'est à part physiquement. Mais en fait, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait une continuité avec l'hospitalisation qui est plus classique, entre guillemets. Mais à côté, on propose quand même aussi de la méditation, l'alimentation en pleine conscience, aussi alliée. Mais c'est vraiment un cocon où il ne voit pas d'autres patients. C'est vraiment une petite maison où il y a une dizaine de patients qui sont là pour de l'obésité ou du diabète. Pour que ce soit remboursé par la sécu, nous, on est obligés que ça rentre dans des petites cases. On demande leur poids, leur taille, ce qu'on n'aime pas faire, mais on est obligés quand même. Mais voilà, on aide les patients. obèses à aller mieux. Souvent quand on est diète, quand on débute en tout cas, pour ma part, on veut les aider à maigrir. Sauf que en fait on s'aperçoit que parfois, oui pour leur santé, il faut les aider à perdre du poids mais parfois, déjà petit, ça sera pas possible. Il y a des patients qui ne perdront pas. Pas parce qu'ils n'ont pas de volonté mais parce qu'il leur est des trucs tellement pourris dans la vie qu'en fait c'est le seul moyen que le corps ait trouvé pour survivre en fait. Ça il faut arriver à le comprendre ou se dire que c'est pas le moment. Peut-être que pendant deux ans tu vas faire tout bien mais il ne se passera rien. au niveau du poids, mais c'est horrible d'entendre ça. Tu fais 120 kilos, tu ne te supportes plus, on te dit peut-être que vous ne perdrez jamais ou peut-être que ce sera dans quelques années, mais c'est terrible. Donc en fait, ce qu'ils font, c'est qu'ils vont faire un régime restrictif. C'est pour ça que dans le programme, on essaie qu'il y ait vraiment un climat de confiance et qu'ils comprennent par eux-mêmes pourquoi ils en sont arrivés là.
- Speaker #0
Donc une journée type pour un patient à équilibre, c'est quoi ?
- Speaker #1
Il arrive, tu as l'activité physique le matin, mais où ? Ils sont pas là à faire des pompes de 9 à 11 heures quoi tu vois c'est vraiment c'est Fabrice Pardo l'APA qui est aussi posturologue qui en fait explique vraiment comment fonctionne le corps humain après ils font des exercices en fonction de l'organe qu'ils ont étudié du muscle qu'ils ont étudié et des choses simples que tout le monde peut faire et après en 11 heures ils attaquent la cuisine avec une diète jusqu'à midi et quart voire plus selon si on a papoté ou pas Et après on mange ensemble en pleine conscience En fait Moi, j'ai passé mon diplôme d'instructrice, pleine conscience. Mais moi, je conseille à toutes les diètes de le faire dès qu'elles font des ateliers, qu'elles veulent aider les patients à se connecter un peu plus. Mais si c'est une formation qu'on a envie de faire, qu'on n'a pas le temps, il y a aussi plein de bouquins super intéressants qui peuvent aider, en tout cas, à s'initier à ça. C'est tout simple. Il n'y a pas besoin d'être moine bouddhiste et rasée pour faire ça. Non, mais je préfère le dire. Donc là, le midi, on mange ensemble. Et l'après-midi... Tu as des ateliers psychosociaux. On dit comme ça, mais c'est varié. Tu as du théâtre, mais ce n'est pas du théâtre où c'est une pièce de théâtre. C'est vraiment, tu cries, tu fais des bruits bizarres, tu exprimes des choses. Tu vois, c'est très drôle, en fait. C'est un moment où, souvent, à la fin du séjour, ils me disent, heureusement qu'on l'a fait. C'est quelque chose que j'appréhendais, que je n'avais pas envie. Finalement, c'est le moment où j'ai le plus ri, le théâtre. Tu as l'infirmière aussi, qui est formée en médecine chinoise, qui fait un atelier sur le stress, sur les douleurs. Tu as une endocrinologue qui fait un atelier. sur les raisons pour lesquelles ils sont obèses, sur un atelier à la fin du séjour, sur comment tu fais sur le long terme, quelles ressources tu puisses pour arriver à tenir sur le long terme. Le docteur Abosolo qui fait la méditation. Les ostéos qui viennent aussi. On a une école d'ostéos, donc c'est des kinés qui sont déjà kinés, qui se forment à l'ostéopathie, qui viennent tous les 15 jours pour manipuler les patients. Donc ça, ça fait du bien. Il y a de la musicothérapie, parfois il y a de l'art-thérapie. C'est vraiment pour essayer de... D'avoir un peu ce qui se passe dans la tête, en gros. Il y a une psy aussi qui fait un atelier. Ça, c'est vraiment pour le programme d'un patient qui vient. C'est sur deux semaines, du lundi au vendredi, de 8h30 à 16h.
- Speaker #0
Et toi, dans ta fonction de diète, tu étais déjà sensible à l'alimentation pleine conscience ?
- Speaker #1
Pas du tout. D'ailleurs, quand je suis arrivée ici, je te dis que je ne voulais plus trop faire de diète en clinique parce que je voyais que les gens, j'essayais de les aider. Je donnais un max de conseils et ça ne prenait pas.
- Speaker #0
C'est toi qui l'as instauré, l'alimentation en pleine conscience ? Non,
- Speaker #1
c'était la diète avant moi. Peut-être avant elle. Moi, celle qui m'en a parlé, elle s'appelle Géraldine Bettini. Elle est super. Elle est super. Je suis dégoûtée de ne pas avoir travaillé avec elle, mais si je voulais sa place, je serais bien qu'elle parte. Donc, le peu de temps où on a été ensemble, je me suis éclatée. C'est elle qui le faisait ici, qui me l'a montré. Et c'est le docteur Bracco, qui est endocrinologue, qui m'a conseillé une formation en particulier pour être instructrice pleine conscience.
- Speaker #0
C'est qui la formation ?
- Speaker #1
Moi, je l'ai fait avec ces trois professionnels, dont une diète qui s'appelle Saveria Garcia. C'est le contact que j'avais eu en premier. Et vraiment, elle est top parce qu'en fait, bon, ce n'est pas très bien de dire ça, mais... Je l'ai fait en gros, moi quand je décide d'un truc, j'y vais à fond sans forcément trop regarder. Donc je suis arrivée dans la formation, disant c'est une formation quoi, on va faire un powerpoint, on va faire 2-3 exercices, mais en fait pas du tout. C'était tous les mardis soirs pendant 2-3 mois je crois. Et en fait, premier cours c'était de la méditation, mais qu'est-ce que je fous là ? Moi je pensais que j'allais juste dire aux gens des trucs, en fait non. Pour les dire, il va falloir que tu les fasses en premier, il va falloir que tu les vives et tout ça. Moi qui suspite, j'ai jamais réussi à faire de la médite, je me suis dit mais oh là là, je me suis trompée de formation et en fait pas du tout, ça a été la révélation. En fait, vu que c'était une formation... J'avais payé pour, bon ben j'y suis, je fais en fait. Et le fait de méditer, d'être avec un groupe, vraiment j'étais tombée sur un groupe génial. Ben en fait, waouh, j'ai eu un déclic de fou. Et moi-même en fait, je me suis aperçue que je savais pas manger quoi. Non mais c'est vrai.
- Speaker #0
C'est la même réflexion que je me suis faite quand j'ai fait le stage avec toi. C'est vrai. Et que j'étais avec les patients et que tu disais poste à fourchette, je me disais ok je sais pas manger. Voilà, c'est comme ça. Ah mais vraiment,
- Speaker #1
je me suis dit, en fait ça faisait combien d'années, je sais pas, ça faisait 8 ans que je t'ai dit ça. Je me suis dit mais en fait j'ai dit de la merde à plein de gens quoi. Tu vois je... Oh ! Je me suis dit, en fait, je ne sais pas manger. Moi, j'ai été élevée dans un monde agricole dans l'Aude. Donc autant te dire, la pleine conscience, ce n'était pas pour dénigrer le milieu agricole. Mais voilà, ils sont terre à terre. Donc tu finis ton assiette, ça coûte de l'argent, on ne jette pas. Et en fait, ce n'est pas ça. Manger en se respectant, ce n'est pas du tout ça. C'est se poser, c'est respirer, c'est de se demander déjà, est-ce que j'ai faim ? Est-ce que je n'ai pas faim ? Qu'est-ce qui va se passer si finalement, je ne finis pas mon assiette ? Je ne suis pas du tout... pour le gaspillage alimentaire. Tu mets une assiette, tu perds du mot frigo, tu le manges plus tard, tu recuisines avec tes restes. Je ne suis pas du tout pour gaspiller, mais tu n'es pas une poubelle. Je sais que je le disais à certains patients qui finissaient tous les restes de la famille, des enfants. Non, mais ça va jeter. Vous mettez dans un petit plat. Vous êtes la poubelle de table. Merci, c'est sympa, mais dites-vous ça. Tu as envie d'être une poubelle de table et surtout que tes enfants te voient comme une poubelle de table.
- Speaker #0
Et au fur et à mesure, parce que tu es quand même quelqu'un de très affirmé,
- Speaker #1
Moi qui te connais aussi dans le perso.
- Speaker #0
Et au fur et à mesure, tu as réussi à t'affirmer avec cette formation, je veux dire dans le sens, tu l'apprends, mais à la retransmettre et à vraiment aller dans ce sens. Tu vois, quand tu dis effectivement, vous n'êtes pas une poubelle, vraiment te confronter aussi, parce qu'il y a beaucoup de jeunes diètes qui nous écoutent. Quand tu fais de la pleine conscience, finalement, tu te confrontes quand même au fait, tu confrontes les autres, les patients, à leur peur. C'est-à-dire, tu ne leur donnes pas de plan alimentaire. Donc, il y a beaucoup de peur. de la part des patients. Et tu arrives un peu à être ferme avec eux en leur disant, voilà, vous n'êtes pas une poubelle, on va fonctionner comme ça.
- Speaker #1
Non, je n'impose pas, mais par contre, je suis convaincue d'un truc, c'est que si, en le faisant, ils ont un déclic, ils vont continuer à le faire. Donc en fait, ce que je dis toujours quand je débute, c'est que je n'ai pas la science infusante, que ce qui va marcher pour 8 personnes sur 10, ça ne marchera pas pour 2 sur 10. Donc ce n'est pas parce que ma méthode est nulle ou parce qu'eux sont nuls, c'est que c'est comme ça. C'est que ça ne peut pas aller à tout le monde. Donc j'essaie de leur donner des petits exercices pour ne pas les effrayer. Mais pour que peut-être ils se rendent compte qu'il y a un peu de vrai dans ce que je dis. Par exemple, premier jour, quand ils arrivent, donc déjà je faisais des pâtes, genre bolo, et en dessert, banane au chocolat. Donc là déjà, ils arrivent, ils me disent « non mais moi je viens pour maigrir » . Oui, oui, et donc ? Ils sont là « mais elle est diète celle-là ? » J'ai quelqu'un qui m'a demandé mon diplôme quand même. Non mais je te jure. Mais en fait, c'était pour déjà les perturber, d'accord ? Et en fait, je leur sers des grosses assiettes le premier jour et je leur dis « bah écoutez, Le premier, j'ai deux consignes. La première, c'est de manger à sa société. Donc ils sont là, personne ne se demandait. D'accord, personne ne sait ce que ça veut vraiment dire. Et je vois que comme ce n'est pas clair, je leur dis, c'est une blague, ça on l'apprendra au fil des jours. Ma première consigne, c'est que j'aimerais que vous laissiez au moins une fourchette dans l'assiette, l'équivalent d'une fourchette dans l'assiette, ou plus. C'est-à-dire que quand vous voyez qu'il n'y a plus d'intérêt pour ce que vous êtes en train de manger, s'il vous plaît, arrêtez. Soit vous arrivez à arrêter au milieu de l'assiette, les trois quarts de l'assiette. Soit vraiment pour vous, il n'y a aucune connexion, je vous demande juste de laisser l'équivalent d'une fourchette dans l'assiette. Mais il y en a pour qui c'est impossible. C'est-à-dire qu'ils ont une éducation tellement... Soit parce qu'ils ont manqué, soit parce que les parents, les grands-parents ont vécu la guerre aussi. Parce que j'ai des patients ici qui arrivent, ils ont 70 ans, donc forcément... Il y a aussi une histoire familiale, ils n'y arrivent pas. Ils ont l'impression que... Vraiment, ils n'arrivent pas à laisser une fourchette dans l'assiette. Ce n'est pas grave, en fait. Je ne vais pas les obliger. Donc là, on trouve d'autres exercices. Mais déjà, quand tu vois qu'ils n'arrivent pas à laisser une fourchette dans l'assiette, tu sais que là, la connexion aux sensations alimentaires, elle va être chaude parce que le cerveau, il ne fonctionne qu'avec leur tête. Ils ne sont pas du tout dans la connexion aux sensations alimentaires. Là, c'est chaud. après Cette formation, elle était très sérieuse et très... Moi, ça m'a fait du bien de me poser pendant... Ouais, c'était au moins 8 semaines, je crois, tous les mardis. Mais moi, je peux pas être comme ça. Donc en fait, je me l'assurais appropriée dans le sens... Je fais des petites blagues, quoi. Tu vois ? Et je sais que... Je ne sais pas, il y a des... Attention, je vais partir mes caricatures. Mais une fois, j'ai eu... Je crois que tu étais là, peut-être, non ? Un pêcheur marseillais de 75 ans. Mais génial !
- Speaker #0
Je m'en souviens encore.
- Speaker #1
D'accord ? Je ne dis pas son nom, mais Georges, son prénom. Mais mort de vir, quoi. Quand tu veux faire de la pleine conscience avec un pêcheur marseillais, je crois que c'était du collin surgelé, mais mort de vir. Et j'y suis arrivée.
- Speaker #0
Pour l'anecdote, il s'est levé de table. Il a dit, je ne mange pas ça. Je ne mangerai pas avec vous. Non,
- Speaker #1
je ne mange pas ta merde. Mais on est devenus très... Oui,
- Speaker #0
mais je me souviens, et c'est marrant parce que après, je pense que c'est l'affirmation de soi. Moi, j'ai paniqué. En plus, tu te souviens, c'est moi qui avais fait à manger. Et en plus de ça, j'étais là et c'est moi qui avais allumé l'atelier cuisine. Et là, j'étais regardée, tournée en regard, j'ai dit là, on fait comment ? Il se lève, il s'en va. Et tu l'as regardée et avec beaucoup de douceur mais de fermeté, tu l'as regardée, tu lui as dit genre, la porte est ouverte. Il est revenu, c'est ça le pire, c'est qu'il est revenu.
- Speaker #1
J'ai dit, écoutez, vous mangez pas ça, demain on mangera autre chose. Je comprends, il pêchait du bon poisson frais, dans une clinique, pour des raisons d'hygiène et de budget aussi, il peut pas servir du poisson frais tous les jours, tu vois. Donc c'est pas grave, en fait, tu peux pas, oui, tu peux rien imposer, mais je pense avec, déjà, il faut un peu de fermeté, parce que voilà, c'est des gros groupes. Mais avec de l'humour, tu peux arriver à tout amener. Moi, je commence toujours quand je me présente en disant « Bon, détendez-vous, je suis une diététicienne du Sud-Ouest, on ne va pas manger des graines. » Donc déjà, ça les fait rire. Et la diète après moi, elle était moitié normande et moitié bretonne.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Donc j'avais dit « Ah bah super, ça c'est ta force, tu le dis. » Comme ça, ils vont se détendre. Mais non, mais il faut un peu casser les idées reçues qu'il y a sur notre métier en fait. Bien sûr. Et donc moi, la pleine conscience, je l'amène avec un peu d'humour. Je ne suis pas moins bouddhiste, mais je sors toujours les mêmes trucs. Je me saoule toute seule. Mais les gens, ils ont des a priori, parce que tes diètes, ils ont des a priori sur la pleine conscience. Ils ont des a priori de manger avec toi. Ils sont à stress de se dire, je vais manger avec une diète, elle va juger tout ce que je fais, alors que moi, je ne suis pas là pour juger. Je suis là pour essayer d'amener des mini-changements à leur façon de faire. Mais eux, ils ne voient pas ça comme ça. Donc, il faut arriver à... J'ai de la chance à équilibre, on a de la chance, c'est sur deux semaines. Donc, moi, ma théorie, c'est que les deux premiers jours, ils te détestent. Clairement, ils te détestent. ils te testent, ils n'ont aucune confiance en toi ils ont les bras croisés tout le temps je parle de la diète, vraiment pour eux c'est un métier strict et qui va les juger de ce que j'ai toujours ressenti et le mercredi ils arrivent dans les bras détendus il faut trois jours, c'est pour ça que faire des ateliers, cuisine c'est bien manger avec eux c'est archi important et manger avec eux plusieurs jours d'affilée c'est super important parce qu'il faut que la confiance elle se crée, il faut du temps faire un atelier cuisine c'est chouette je sais pas, que ce soit Bon. on parle des patients obèses, mais tous les patients, des personnes âgées, des enfants, c'est bien de temps en temps. Mais en fait, si tu ne vas pas plusieurs jours d'affilée, moi, je trouve que ce n'est pas aussi impactant que si tu passes du temps avec eux plusieurs jours. Donc, il faudrait, si vous écoutez, il faut proposer ça, mais sur des semaines en fait, un tiers.
- Speaker #0
Équilibre est une hospitalisation de jour et qui est axée uniquement sur l'obésité et le diabète. C'était quelque chose que tu avais envisagé, toi, de te spécialiser en obésité et diabète ?
- Speaker #1
Alors tout au début non, moi je voulais faire avec les enfants, après j'ai mis les personnes âgées, franchement non j'avais pas de spécialité et l'obésité pour être honnête c'est pas quelque chose avec laquelle je voulais travailler parce que je me sentais inutile et à juste titre parce que je le prenais pas par le bon bout tu vois en disant aux gens ce qu'il faut manger en fait la plupart des gens ils le savent mieux que toi ce qu'il faut manger sauf qu'ils y arrivent pas parce qu'il y a un côté très voilà c'est pas un manque de motivation, c'est pas un manque de connaissance, c'est vraiment... C'est des patients qui ont vécu des trucs de merde dans leur vie et qui, dans leur tête ça va pas, et ils sont déconnectés de leur corps. Donc en fait c'est pas en donnant des conseils diète que tu vas les aider, je trouve, tu vas pas être impactante et surtout tu vas pas y arriver sur le long terme. Donc non, c'est pas une pathologie que je voulais parce que je me sentais pas capable en fait, j'avais pas l'outil qu'il me fallait.
- Speaker #0
Du coup quand t'es débarquée ici...
- Speaker #1
Bah en fait on m'a dit qu'il y aurait pas de consultes et que c'était des cours de cuisiner et qu'il fallait que je mange avec eux. Et qu'après, j'ai parlé à la diététicienne, donc Géraldine. Je me suis dit, en fait, je suis capable de faire ça. Parce que... J'aime parler avec les gens, j'aime cuisiner. Ça développera mon côté créatif. Et la pleine conscience qu'elle est en train de leur expliquer, ça me plaît vachement, ça m'intéresse. J'aimerais bien me former à ça. Donc oui, si on m'avait dit, tu vas faire toute la journée des courses, Je ne consulte avec des patients obèses, non, j'aurais dit non. Et d'ailleurs, je n'en ai pas refait des consultes comme ça, individuelles, tu vois, je n'en ai pas refait et je ne pense pas que j'en referais parce que, toute seule, je ne me sens pas, et par juste les mots, je ne me sens pas capable.
- Speaker #0
Quand ils ressortent de l'hospitalisation de jour, comme ça, de ces deux semaines, tu les sens comment, les patients ?
- Speaker #1
Alors, la plupart, ils ne sont pas niqués de partir, de se retrouver heureux dans la vraie vie. D'autres, ils ont l'impression qu'ils ont eu le déclic de leur vie. D'accord, donc quand ils partent, en général, il y a de l'émotion de partir et ils se sentent... Ils ont compris qu'est-ce qui ne marchait pas, donc pour eux, ils vont tout réussir. Et après, on déchante. L'obésité, c'est une pathologie chronique. Moi, je serais pour le mettre au même titre que diabète, que ce soit. C'est une maladie chronique et surtout, c'est à vie, en fait. Moi, c'est mon avis personnel. Tu ne débarrasses pas de l'obésité comme ça. Vraiment, une prise en charge sur du long terme et surtout... Si pendant 50 ans, tu as mangé en finissant tes assiettes, en mangeant 5 minutes avec une estime pourrie de toi-même, ce n'est pas en 15 jours que tout est réglé. Tu as compris ce qui ne fonctionnait pas. Ce qui pêche un peu en dehors, c'est qu'ils veulent tout faire parfaitement et ce n'est pas possible. Donc ils repèrent confiance en eux. Et surtout, ils ne se font pas assez aider psychologiquement, mais ça peut être autre chose qu'une psy. Une psy, c'est très bien, mais il y a plein d'autres formes de thérapie. Moi, je me suis beaucoup intéressée à l'EMDR. Moi, je trouve que pour l'obésité, souvent, il y a du stress post-traumatique. C'est miraculeux si c'est bien fait. Tu as plein d'autres formes, déjà, de faire de la méditation régulièrement. Mais pareil, au lieu de faire la méditation 5 minutes tous les jours, ils vont se dire, ah oui, mais il faut une heure tous les jours. Mais bien sûr que tu ne tiens pas si tu n'en as jamais fait, tu vois. En fait, ils mettent la barre trop haute. Quand ils reviennent tous les mois en suivi, quand ils reviennent, ils sont soit, bon, ça a été. La plupart du temps, ils sont déprimés parce qu'en fait, ils n'ont pas réussi à mettre en place tout ce qu'ils voulaient mettre en place. Oui,
- Speaker #0
parce que c'est vrai qu'ils reviennent ensuite, par la suite.
- Speaker #1
Une fois par mois, pendant six mois, et après, tous les deux mois, pendant les six mois d'après. Mais en fait, c'est des hauts débats, le suivi. Alors il y en a, ils ont des déclics miraculeux, tu n'y crois pas. J'en ai une en tête, Marie, avec qui je m'entends très bien. Juste, elle a appris à dire non à sa famille, en fait. Elle a perdu 30 kilos. Elle n'a pas changé. Je crois qu'elle mangeait plus, elle prenait le temps de manger. Et juste, en fait, on la sollicitait tout le temps, tout le temps. Elle a pris à dire non, là je vais prendre du temps pour moi, désolé, je ne peux pas t'aider à faire ça. Alors l'entourage au début, bon ils ont un peu tiqué, mais en fait ça s'est bien passé, elle perd 30 kilos, je crois qu'elle est revenue régulièrement, puis deux ans après elle me dit, mais Charlotte, je reprends du poids, je ne comprends pas, ok, il se passe quoi dans votre vie ? Ah ben j'ai ma tante qui est malade, mon fils m'a demandé de garder son fils, nanani, nanana, et en fait elle rebelote, elle s'est re-oubliée en fait, et souvent, voilà, j'ai une autre patiente, elle me dit j'arrive pas, qu'est-ce qu'il y a ? Ben voilà, ma fille est partie de la maison, elle est enceinte alors qu'elle a 20 ans, mais à bout d'un moment C'est tellement lié aux émotions. Ils oublient. De suite, même s'ils ont tout compris, ils me disent un suivi. Pourtant, je mange parfaitement. Personne ne mange parfaitement. Je vous ai déjà dit que souvent, dans votre cas, le problème, ce n'est pas alimentaire. C'est psycho. Mais je ne suis pas psy. C'est dur de les aider sans que ce soit ton job.
- Speaker #0
C'est dur de trouver l'entre-deux.
- Speaker #1
Dans une structure, il faut que tu aies une équipe béton. C'est ce qu'on a ici, je trouve. Et quand t'es un libéral, il faut que t'apprennes, il faut que t'aiguilles, que t'aies une super psy avec casquette MDR par exemple, un super appart.
- Speaker #0
C'est difficile pour les jeunes, je sais que j'en ai plusieurs qui sont à leur compte, je pense notamment à ma copine qui vient de se lancer en libéral. T'as du mal aussi à faire un peu la part des choses, à mettre cette espèce de fermeté aussi où là c'est plutôt ton domaine, et puis en même temps tu rentres dans leur univers, donc t'as envie aussi d'apporter ta... ta touche d'aider, parce que finalement, la diète, c'est de l'aide.
- Speaker #1
Tu vas quand même aider, quoi qu'il arrive. De toute façon, là, moi, j'ai 33 ans. Je pense que quand j'en avais 23, je n'étais pas du tout aussi compétente. Et j'espère que quand j'en aurai 43, je serai encore plus compétente. En fait, ce que je dis aujourd'hui, sûrement, je dis un peu... C'est sûr, d'ailleurs, il y a des choses que je dis qui sont fausses. Et tant mieux, j'apprendrai avec... C'est les patients, en fait, qui vont t'apprendre comment être une meilleure professionnelle. Mais encore faut-il savoir se remettre en question. Alors, c'est de plus en plus rare, mais moi, je rencontre encore des diètes Merci. et des médecins qui vont dire que les patients obèses, ils n'ont pas de volonté et que ils n'ont qu'à se bouger. Et ça, ça me rend malade en fait, parce que le problème vient du professionnel de santé. S'ils n'ont pas confiance et s'ils n'arrivent pas à dire ce qui ne va pas dans leur vie, qu'ils n'arrivent pas à se confier, le problème, ce n'est pas le patient. C'est la personne qu'ils ont en face.
- Speaker #0
Ils n'ont peut-être pas envie d'endosser cette responsabilité aussi dans le sens de ça.
- Speaker #1
Oui. Après, on n'est pas psy, mais je pense que c'est important. Là, on parle de l'obésité, mais c'est important quand on travaille avec ces patients-là de dire, je ne suis pas psy, mais parfois, il y a des trucs lourds qui sortent, des agressions sexuelles, des agressions physiques, des femmes battues, on a déjà eu ici, on les a aidées à partir. Tu peux pas... C'est pas ton job d'aider. Par contre, si pour la première fois en 30 ans, la personne, elle te balance un truc, déjà, c'est de la remercier de t'avoir fait confiance et de l'aiguiller, en fait. Tu peux pas dire, c'est pas mon travail. Et je l'ai déjà entendu, c'est terrible. Moi, j'ai des patientes encore ici, je suis diète, qui me disent, vous croyez que c'est lié aux émotions ? C'est vrai, il y a 30 ans, je me suis fait violer, c'est depuis que je suis obèse. Oui. Ah oui, c'est très très lié. Alors moi je ne suis pas psychologue, mais voilà, merci de vous confier. On a une psychologue sur la clinique, mais il y en a d'autres aussi en dehors. Je vous invite à parler, c'est très bien de commencer, il va falloir continuer avec quelqu'un dont c'est le travail.
- Speaker #0
Et tu ne trouves pas que ce que vous faites ici, ça devrait être appliqué quand même à pratiquement toutes les cliniques finalement ?
- Speaker #1
Si, mais c'est dur. Déjà, il faut trouver les professionnels que ça intéresse, parce que l'obésité, il faut savoir, dans beaucoup d'endroits, c'est un peu la pathologie, je ne sais pas comment dire, mais entre soignants, je l'entends. Tu vas travailler avec les obèses, tu vas te la couler douce. Parce qu'il n'y a pas de... Il y a moins de technique, il n'y a pas de pansements, donc c'est moins noble, on va dire. Et ça, je l'entends. Alors si tu aimes faire bien avec tes pansements, tu ne vas pas travailler avec les obèses.
- Speaker #0
Et aussi, ce que j'avais remarqué, et là où vous êtes très sensible ici, en tout cas quand j'ai fait mon stage, c'était aussi sur tout ce qui est grossophobe.
- Speaker #1
Ah oui, ça, pfff. Pareil, je n'étais pas du tout sensible à ça. Je pensais être quelqu'un de bien, de tolérant, tout ce que tu veux, pas du tout en fait. Parce que j'ai déjà eu plein de fois des sièges qui n'étaient pas adaptés, parce que j'ai sûrement moi-même dû penser, bon, ben allez, il faut faire un peu plus d'activité. Mais elle te dit qu'elle a mal au genou, qu'elle ne peut même pas marcher, qu'est-ce que tu veux qu'elle fasse comme activité ? Et moi, c'est sûr, je l'ai été. Et en fait, j'ai rencontré une patiente, Carole, j'ai eu un coup de foudre pro-perso, je ne sais pas comment dire, pour cette personne qui est géniale, où elle raconte des anecdotes de fou sur la grossophobie, qu'elle rencontre, en fait, voilà. Où elle va chez un kiné, elle est motivée à se prendre en charge, Je... Oh ! Elle n'est pas de l'avoir devant tout le monde et lui dire « Ah non, mais moi, je n'ai pas de vélo adopté à vous, vous pouvez repartir. » C'est horrible. Tu vois, travailler dans les soins, c'est pour prendre tout le monde en charge. Et j'entends encore les gynécos, c'est une catastrophe. J'ai beaucoup de femmes qui me racontent qu'elles ont perdu leur bébé, ils sont bêtes, et la gynéco leur dit, ça, dans les yeux, « En même temps, ne faites pas d'efforts, vous avez eu le poids que vous faites, c'est normal que votre bébé ne tienne pas. » Mais tu te rends compte ? Mais horrible, horrible. Moi, je l'ai en face, la gynéco. Et j'entends ça tous les jours. Et donc c'est des patients qui ne vont plus voir le personnel médical parce qu'ils n'ont plus confiance en eux. Et c'est terrible. Parce qu'on pourrait vraiment aider les gens, et on ne peut pas parce qu'ils ne nous font pas confiance. Et je pourrais t'en parler pendant des heures de ça, de tout ce que j'ai entendu. Ça me révolte.
- Speaker #0
Oui, mais oui, je comprends.
- Speaker #1
Donc oui, on a fait une conférence ici sur ça, où Carole, la patiente en question, elle a expliqué un peu son ressenti. On a échangé pour les professionnels de santé. Et j'espère que ça va faire avancer les choses.
- Speaker #0
Oui, bien leur expliquer qu'en fait, c'est pas... C'est pas de la mauvaise volonté, mais c'est encore beaucoup ancré. Moi-même, autour de moi, j'ai encore des gens, j'ai encore beaucoup des hommes d'ailleurs aussi. Enfin, on va pas se le dire, j'ai beaucoup d'hommes aussi autour de moi qui ont une espèce de... pas d'empathie vis-à-vis de ça, en mode... Ils l'ont cherché, ouais. Ouais, ils l'ont cherché, regarde là, elle a qu'à faire attention. C'est marrant, on a vraiment les diètes, elles ont vraiment un regard là-dessus. Moi, j'ai toute la bienveillance envers les gens qui ont de l'obésité. Tu te dis, oh là là, mais qu'est-ce qu'elle traverse ? Qu'est-ce qui se passe en ce moment ? Ou qu'est-ce qui s'est passé ? Après, il y en a qui vivent très bien leur obésité. Ah oui,
- Speaker #1
attention, ce n'est pas que des dépressifs. Ah oui, mais attention, il y a des patients qui vivent, comment dire, qui vivent bien leur morphologie. C'est pour la santé. Bien sûr, attention, moi, je ne dis pas qu'il faut rester obèse. Je dis que pour la santé, oui, il faut perdre du poids. Mais que c'est pas si simple que ça, et surtout, c'est pas des gens feignants qui l'ont voulu, c'est pas des gens gourmands, on est tous plus ou moins gourmands, on n'est pas tous obèses en fait. On n'est pas du tout égaux sur ça, et moi je m'intéresse vraiment à un sujet, c'est les violences sexuelles et le lien avec l'obésité, parce qu'en fait, je sais pas pourquoi, on m'a balancé beaucoup beaucoup de choses ces dernières années, et en fait, j'ai pas de stat officiel, j'en ai trouvé pour les Etats-Unis, mais pas pour la France. Moi je dis, ici, les femmes que je rencontre, obèses, il y en a au moins 7 sur 10 qui ont vécu une violence sexuelle. Et bam, ça a déclenché quelque chose. Et en fait, j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de femmes à qui c'est arrivé. Et là, c'est pas une question de gourmandise, de fainéantise, c'est des femmes fortes. J'ai une patiente obèse comme ça, qui faisait dans les 200 kilos et qui me dit, j'aimerais bien être une femme forte. Elle me raconte qu'elle s'est fait violer, qu'elle a perdu un enfant. Je lui dis, quoi ? Mais moi, il m'arrive ce qui vous arrive, je meurs. C'est vous qui êtes une femme forte, en fait. Et... Et des histoires comme ça, j'en ai plein et c'est très lié aux émotions. C'est pour ça que nous, diète seule, je répète, on ne peut pas grand-chose. On peut les déculpabiliser, on peut les reconnecter à leurs sensations alimentaires. On peut faire en sorte qu'ils retrouvent du plaisir à manger. Nous, quand ils arrivent ici, on donne un questionnaire et on leur demande de 0 à 10 à combien est leur plaisir de manger. Et souvent, bizarrement, il est très bas. C'est ce qui m'a étonnée en arrivant ici. Dans ma tête, moi, j'ai des personnes... Bien important de voir obèses dans ma famille, c'est des gens qui aiment manger, qui sont gourmands, mais en fait c'est pas le cas de tout le monde. Moi j'avais cette image là, non il y en a qui mangent pour manger et j'ai plein de patients qui réussissent à obèses et qui mangent pas grand chose et je les crois et c'est sûr. Et c'est ça qui m'a aussi interpellée en fait, tu vois au début. Et là je me dis donc c'est pas lié aux calories en fait.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Tu vois ? Ouais. Et même si en BTS, enfin moi je fais le BTS, on nous apprend qu'il y a un lien avec les émotions, j'avais quelques cours de psy. Moi, on m'a surtout appris à calculer des rations, à calculer des calories, enfin non, des kilojoules, c'est ça qui est terrible avec ce BTS, c'est très décalé, à calculer les apports, ce que tu dépenses, et la vraie vie d'un beaucoup de personnes, c'est pas du tout ça en fait. Et c'est là où je trouve qu'il te faut, si tu veux être une bonne diète, il faut pratiquer parce que ce diplôme, il est bien pour certains aspects, mais pour plein de pathologies...
- Speaker #0
On va y arriver à changer à force, toutes les diètes sont d'accord,
- Speaker #1
donc on va finir là. Non, moi depuis que je suis diplômée, c'était en 2012, On dit qu'il va être réformé, bon, j'y crois pas.
- Speaker #0
Moi j'y crois parce que quand même, les jeunes générations qui arrivent de diététiciennes, elles en ont conscience même presque dès lors qu'elles mettent le pied dans le BTS.
- Speaker #1
Moi je trouve ça terrible parce que...
- Speaker #0
Et puis regarde, avec les réseaux sociaux, il y a tellement une communication entre diètes qui se fait et une prise de conscience quand même par les jeunes générations que le poids c'est pas lié simplement à tout ce qu'on vient de dire.
- Speaker #1
Oui mais à la fois, enfin pardon, mais bon, quand tu regardes les réseaux sociaux, les nouvelles diètes... Je ne généralise pas, il y en a qui sont compétentes. Il ne faut pas faire de régime. Les patients, tu leur dis quoi ? C'est bien de dire qu'il ne faut pas faire de régime, mais il n'y a pas une aide particulière. Tu leur rappelles ce que c'est l'équipe alimentaire, ils le savent déjà et ça ne marche pas sur eux. Je pense que la clé, ce n'est pas vraiment conseiller sur ce qu'il faut manger, mais comment il faut le manger. Ça, ça ne se fait que sur du long terme, en mangeant avec eux régulièrement. C'est pour ça qu'un structure, c'est facile, en libéral, la prise en charge pour les patients obèses. je la trouve très compliquée et c'est pour ça qu'il faut arriver à bien s'entourer les déculpabiliser leur demander alors c'est quoi les petits craquages leur demander mais c'est quoi qui vous a fait plaisir et en fait ils savent même pas dire ce qui leur fait plaisir tu donnes des cours ? comment ?
- Speaker #0
tu donnes des cours ? c'est prévu je suis en train de monter une formation sur ça je pense que ça peut être intéressant ton expérience est ultra intéressante et ultra enrichissante et je pense que ça peut être vraiment un plus pour les diétains
- Speaker #1
Je vois les diètes que j'ai en stage. Oui,
- Speaker #0
parce que tu prends des stagiaires. Puisque vous êtes stagiaire.
- Speaker #1
Oui, on essaye d'en prendre le plus possible. Parce que c'est super intéressant d'échanger. Et surtout, je me dis, moi, si j'avais fait un stage ici, ça m'aurait fait gagner 10 ans dans ma pratique. Donc, pourquoi pas faire partager ? Mais oui, je vois quand les stagiaires viennent. Mais c'est fou. En fait, en 5 semaines de stage... elles ont des déclics pros qu'elles auraient eu sur plusieurs années. Donc, c'est là que je me suis dit, pourquoi pas ?
- Speaker #0
Moi, ça a été la révélation de travailler. C'est une chose que dans ma pratique sportive, avec Fabrice, où j'étais dans le trail, c'était trail et hit à gogo. Il faut se faire mal. Oui, c'est ça. Et après, sur la façon de manger aussi. Tu avais perdu la notion de plaisir, en fait. Au-delà de la notion de plaisir, je n'avais surtout pas conscience à quel point, quand tu rentres en diète, on te forma tellement à penser avec des calories que tu te dis, moi, j'étais perdue. On se souvient encore quand tu m'as fait pratiquer, j'étais perdue et que je te disais, mais je ne sais plus, un jour je t'ai fait une réflexion, je crois, je te dis, mais là, ils ne vont pas savoir comment ils vont manger, là. Ça ne rentrait pas dans le moule, ça ne rentrait pas dans le cadre. Tu me regardes, je te dis, mais non, c'est fait exprès. Avec ton aplomb éternel. Je te regarde, je te dis, ah ouais,
- Speaker #1
ok. En fait, je pense qu'il faut arriver par l'expérience et par le questionnement à ce que les gens répondent par eux-mêmes, en fait. D'ailleurs, c'est prouvé. Scientifiquement, si toi, tu amènes une réponse à une question, Ça rentre pas. Si c'est eux qui réfléchissent à, ou si c'est eux qui font, ça n'a pas du tout le même impact.
- Speaker #0
Tu le fais super bien, ça. Chaque fois, je te vois faire, même avec mon poids, des fois, en tant qu'amie. Alors, ça, t'en penses quoi ? Parce que toi, tu te sens comme ça, toi, du coup. Alors, ouais, non ?
- Speaker #1
Mais non, mais si tu donnes une réponse prête, ça peut pas marcher. Et d'ailleurs, j'ai mis toutes les diètes, si elles l'ont pas fait, à faire une formation ETP, l'éducation thérapeutique du patient, parce qu'on apprend plusieurs techniques de communication, on apprend les questions ouvertes. Moi, j'ai encore du mal à faire ça. être neutre, à vraiment... Parce que les gens... comment dire, soit acteur de ce qu'ils font, soit pas passif en fait, c'est souvent, mais que ce soit pour tout, tu vois, quand tu achètes quelque chose, t'es pas conscient de ce que t'achètes.
- Speaker #0
En fait, j'avais appris une chose ici, c'est de responsabiliser aussi les gens.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
C'est-à-dire les responsabiliser sans les culpabiliser, mais les re-responsabiliser de leur, on va dire entre gros guillemets, un peu de leur bonheur finalement.
- Speaker #1
Mais oui, en fait, les gens, ils attendent trop des autres d'être bien. Mais en fait, si toi déjà, tu sais même pas verbaliser qu'est-ce qui te fait plaisir. C'est pas ton conjoint, t'en veux à ton mari parce qu'il te rend pas heureuse, mais c'est quoi qui te rend heureuse ? Tu sais pas répondre, elle croit pas que lui il va savoir. Non mais c'est vrai, il faut arriver à dire ce que tu veux, et en fait je vois que c'est super dur à verbaliser pour certains. Donc là ça marche pour la vie en général, mais l'alimentation c'est pareil, qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? Je sais pas parce que moi ce qui me fait plaisir ça me fait grossir. Ah bah du coup je mange des courgettes bouillies avec du poisson mais ça vous fait plaisir ? Bah non, mais alors faut qu'elle vienne merde quoi. Tu manges tous les repas des trucs qui te font pas plaisir alors que là... Moi, j'ai mangé à midi, je réfléchis déjà à ce que je vais manger ce soir. La bouffe, c'est la vie.
- Speaker #0
Bienvenue dans ma team.
- Speaker #1
Et en fait, c'est des patients qui s'occupent de tout et qui sont perdus. Ils n'ont pas de plaisir à manger. Je trouve ça terrible parce que... Par contre, ne t'inquiète pas, les gens... Les croix, c'est-à-dire, il doit bien se faire plaisir. Pas du tout, figure-toi. Je ne pense pas que manger un paquet de gâteaux en 10 minutes, c'est se faire plaisir. C'est ce que je leur explique. Ton quidor bueno préféré, franchement, est-ce que tu prends le temps de le déguster ? Maintenant, je l'ai mangé en deux-deux parce que j'ai un peu honte de le manger. Je l'ai mangé en cachette. Maintenant, vous le mettez dans une jolie assiette et vous le dégustez comme s'il valait 50 euros. Tu vas voir que tu ne prends pas le même plaisir.
- Speaker #0
C'est clair. Et c'est quoi un peu la suite chez Equilibre ? Tu vas mettre des nouvelles choses en place ?
- Speaker #1
Alors moi, je n'interviens plus trop sur Equilibre. C'est une autre diététicienne, Chloé, qui s'occupe d'Equilibre. Moi, depuis un an et demi, j'ai un autre poste au sein de la clinique. Je suis diététicienne-coordinatrice. Mes grosses missions, c'est de mettre le plus possible du équilibre dans la clinique, donc dans une hospitalisation plus classique. et de faire aussi le lien avec tout le service restauration en fait. Que ce soit la préparation des plats, que ce soit la distribution des repas. Donc là, c'est un gros job aussi avec des ascenseurs émotionnels. Tu vois, ouais, on met un compost, on met du VG, le lendemain, on a tout jeté, les gens râlent. Enfin, tu vois, c'est... L'ascenseur émotionnel. Ouais, équipe, tu as 10 patients et tu es 4 ou 5 professionnels. La clinique, tu as 100 professionnels, 280 patients. Forcément, de contenter tout le monde et de pouvoir discuter avec tout le monde, ce n'est pas pareil, donc c'est un peu plus frustrant. Mais à la fois, tu peux mettre en place des choses à plus grande échelle, donc ça, c'est chouette. Et donc, à la clinique, une des choses qu'on a mises en place avec les diètes, c'est de faire un atelier en pleine conscience le midi. Mais c'était déjà fait, manger avec eux. Mais peut-être qu'on a un peu plus fait que ce soit les mêmes patients plusieurs jours d'affilée. Elle, elle faisait tourner pour que tout le monde en profite, et c'est une bonne idée. Mais le fait que ce soit... un peu les mêmes patients, mais justement ton discours et surtout leur expérience, elle est plus de l'incontinuité, tu vois par exemple, on a changé certains ateliers et là on va encore les changer je pense parce que j'ai regardé là des études qui sont faites sur les nudges, je sais pas si t'as regardé, c'est trop bien c'est en fait, c'est des coups de pouce que tu donnes aux gens qui changent leur comportement donc dans l'alimentation par exemple, ça va être les nudges cognitifs par exemple d'expliquer à quelqu'un comment fonctionnent les oméga 3 dans ton corps mais ça ne fonctionne pas, les gens s'en foutent en fait Par contre, tu as les nudes comportementaux. Par exemple, de servir directement quelqu'un dans une plus petite assiette pour réduire les quantités ou de lui couper déjà sa pomme, ça a plus d'impact que si tu lui dis de le faire. C'est ce qu'on disait. Que ce soit un peu plus pratique. C'est top et je pense qu'on donne encore trop d'ateliers cognitifs. C'est-à-dire qu'on leur donne trop de connaissances. Ils s'en foutent au bout du moment. Soit ils les ont déjà, soit ce n'est pas ça qu'ils attendent. Et ça, je l'ai entendu. Donc, il faut qu'on change nos ateliers. Des choses plus pratiques.
- Speaker #0
C'est super. C'est vraiment super. Bravo pour tout ce que vous avez fait. ce que tu fais.
- Speaker #1
Il faut le mettre en place.
- Speaker #0
J'imagine que c'est un peu difficile.
- Speaker #1
Il faut former les professionnels qui pensent qu'ils sont bienveillants. Il y a encore parfois de la grossophobie, mais cachée. Par exemple, le matériel qui n'est pas adapté. Ils ne sont pas là à dire, allez les gros, on se bouge. Attention, on n'en est pas là.
- Speaker #0
Ça fait son chemin.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a des prises de conscience.
- Speaker #0
C'est super. C'est super. On arrive à la fin de cet épisode. Et donc, du coup, tu me disais que tu prenais des stagiaires. Donc, éventuellement, s'il y en a quelques-uns... Oui,
- Speaker #1
l'année 2023-2024, c'est full. Mais s'il y en a qui ont besoin pour 2024-2025, on a beaucoup de demandes. Donc, maintenant, je passe des petits entretiens téléphoniques pour voir la motivation. Mais on a encore de la place pour 2024-2025. Et puis, je pense que d'ici 2024, la formation sur l'obésité, elle sortira. Et elle va être, comment on appelle ça, certifiée Calliope. Donc, ça, c'est cool.
- Speaker #0
C'est une super tutrice de stage.
- Speaker #1
Ça va, t'es pas trop motivée ?
- Speaker #0
Non, ça va.
- Speaker #1
Est-ce qu'on parle de ton expérience des boulettes végétariennes ?
- Speaker #0
Non, on ne parlera pas de mes repas loupés. On est passés d'un falafel à une plaque. Crêpe, un pancake. Un pancake, c'est ça, un pancake de falafel. Bon, super. Merci beaucoup, en tout cas, Marie-Charlotte, pour ta présence. On peut te retrouver aussi sur Instagram.
- Speaker #1
Marie-Charlotte.jttt.
- Speaker #0
Voilà. C'est ça, si vous voulez un peu la harceler pour envoyer des CV.