- Speaker #0
Bonjour Sophie, bonjour Gaëlle, merci de m'accueillir pas chez toi, on va y venir. Est-ce que tu pourrais te présenter Sophie déjà dans un premier temps et comment déjà tu te présentes au monde quand tu es dans le monde ?
- Speaker #1
Alors quand je suis dans le monde, je me présente comme Sophie, 34 ans, parisienne, journaliste et fondatrice de la marque de papeterie Carné-Goguette.
- Speaker #0
Très bien. Aujourd'hui tu m'accueilles... pas chez toi mais presque, on en parlait un petit peu en refavant, tu peux me dire comment tu travailles aujourd'hui, quels sont tes différents espaces de travail que tu peux avoir dans ton quotidien, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Alors j'ai deux espaces de travail, le premier c'est chez moi dans mon studio parisien sur un magnifique bureau en fer que mon père avait déniché sur le bon coin, je crois que c'est un bureau de fonctionnaire, en tout cas de l'administration des années 60. Et le deuxième lieu, là où on se trouve actuellement, c'est le Cowork Magis. qui est un coworking jésuite, alors c'est très particulier, moi-même je ne connaissais pas l'existence de ce lieu avant d'y entrer il y a deux ans. Et donc on est au cœur de Paris, dans le 6e arrondissement, rue d'Assas, dans un espace qui est aussi un tiers-lieu. Donc le Cowork Magis, il est au sein de la Maison Magis, qui est une maison pour les jeunes, qui fait énormément d'actions sociales, culturelles, et de l'association JRS, qui est une association d'aide aux exilés, notamment aux exilés afghans, qui sont assez nombreux dans la maison. Donc tout ça fait un petit melting pot de jeunes entrepreneurs avec des exilés, puis de jeunes catholiques de partout en Ile-de-France.
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu as voulu, j'imagine que tu as dû commencer à travailler de chez toi, et un jour tu t'es dit, je vais laisser la porte ouverte à autre chose, à d'autres expériences. Qu'est-ce qui commence à arriver et pourquoi en fait tu en es arrivé là ?
- Speaker #1
Alors au début, quand on travaille de chez soi, pour moi c'était le rêve. Moi je peux rester enfermée une semaine en fait, sans parler à personne, à travailler non-stop, c'est vraiment pas un problème. Et j'avais le souvenir quand je devais aller en entreprise, du déchirement le matin, de devoir se préparer, d'être à l'heure, toute la pression, prendre le métro, de toute l'énergie, je trouvais que c'était quand même une montagne chaque jour. Donc travailler de chez moi, je trouvais vraiment que c'était un cadeau. une chance inestimable de pouvoir faire une lessive entre midi et deux. Bref, tout ce que tout le monde expérimente aujourd'hui avec le télétravail.
- Speaker #0
Et tout ce qu'on fantasme aussi un petit peu.
- Speaker #1
Et tout ce qu'on fantasme aussi, que moi je ne connaissais pas parce que j'étais journaliste dans une rédaction. Donc le télétravail n'existait pas pour moi. Et donc travailler en pyjama, travailler de longues heures. Sauf que très vite, ça devient complètement ingérable. Et que même si c'est du carreau que connaît la création, il fallait vraiment que j'ai un peu plus de cadre. parce que du coup pas d'horaire, pas de mouvement, pas de séparation entre le travail et la vie personnelle et surtout quand on a un métier passion comme quand on est entrepreneur en fait ça peut très vite prendre beaucoup de place et même beaucoup trop de place et il y avait aussi un deuxième point, ça c'est vraiment le plus important, c'était la solitude même si très vite j'avais créé un club d'entrepreneurs donc j'étais en contact avec d'autres femmes entrepreneurs qui avaient des projets aussi qui les animaient euh juste ne pas parler à quelqu'un de toute la journée. Et surtout, ne pas parler à quelqu'un de manière gratuite. C'est-à-dire que ce ne soit pas un fournisseur, ni un prestataire, ni un client. Juste quelqu'un pour le lien humain. Ça, c'était vraiment extrêmement difficile. Et donc, pour toutes ces raisons, je me suis mise en quête d'un co-working. Sauf qu'à Paris, c'est très cher. Au moins 400 euros par mois. Et qu'au début, pour une petite boîte, c'est énorme comme ticket d'entrée. Et dans un groupe d'entrepreneurs, je suis tombée sur ce truc, Maison Maguiz, dans le 6e, à une demi-heure de chez moi, à pied. Et je suis arrivée, j'étais conquise par les valeurs, par le projet, par l'humanité. Et depuis, je n'ai eu que des bonnes surprises. Donc c'est comme ça que je suis arrivée dans ce co-work un peu étonnant.
- Speaker #0
C'est comme ça en fait que tu as créé ton équilibre quelque part. Tu partages entre ici et ta maison, j'imagine.
- Speaker #1
Oui, alors c'est vrai que parfois, j'ai encore tendance à traîner chez moi. Parfois, les copains du cowork me disent, mais ça fait super longtemps qu'on ne t'a pas vu. Mais effectivement, c'est vraiment un super équilibre. Parfois, je viens même que pour une heure, entre deux rendez-vous. Mais au moins, je ne suis pas chez moi. On va peut-être en parler un peu plus longuement. Mais chez moi, c'est sûr, je suis entourée, je suis dans mon petit cocon avec mes livres, mes inspirations. Mais c'est bien d'être dans un lieu neutre. Et surtout, c'est bien juste de se décentrer. Quand on est seul, on est aussi sur soi, dans sa tête, dans ses projets.
- Speaker #0
On peut facilement tourner en rond.
- Speaker #1
On peut facilement tourner en rond et puis être un peu auto-centré. Là, je peux demander aux gens comment ça avance, comment monter projet, se marrer. Juste, peut-être ce qu'on avait dans le milieu professionnel, se marrer deux minutes à la machine à café, faire une blague, un truc, tac, on passe à autre chose. Mais la fameuse petite... Petite pause informelle qu'on n'a plus du tout quand on est à notre compte. Et en plus, ici, on n'est pas loin d'un parc. Ça, pour moi aussi, c'était très important. Je peux aller me faire 20 minutes de marche dans la nature, dans du Luxembourg, mais ça reste la nature avec des oiseaux, des arbres, des odeurs. Donc, c'est aussi important de pouvoir se reconnecter à quelque chose un peu plus grand que soi quand on est tout le temps crispé sur son projet.
- Speaker #0
Est-ce que tu as noté chez toi, par exemple, qu'il y a peut-être des tâches ? quelque part que tu fais plus facilement chez toi qu'en coworking ou qu'ailleurs ?
- Speaker #1
Oui, il faut que je prenne deux petites secondes pour réfléchir.
- Speaker #0
Oui, tu fais en premier un bouquet. Nous avons tout le temps.
- Speaker #1
J'ai l'impression que tout ce qui est travail d'écriture, par exemple quand j'ai des articles à écrire ou des newsletters, je vais plus facilement faire au cowork parce que que j'ai aucune distraction.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et je suis dans un environnement neutre sur lequel je ne vais pas m'accrocher comme chez moi où je vais avoir envie de faire ma vaisselle et puis de penser à tel truc que je n'ai pas rangé et tel billet de train qu'il faudrait que je prenne. Donc on va dire peut-être que pour toutes les phases de deep work entre guillemets, je vais plus facilement les faire ici. Mais la réalité, c'est surtout que je me laisse un peu plus traversée par l'énergie du moment. Et donc, voilà. Parfois, je suis ici, je vois que c'est l'ébullition, je vais aller avec l'ébullition quand je suis au co-work. Parfois, chez moi, c'est quand même ma bulle. Quand je n'ai pas envie de contact humain, quand je donne beaucoup d'ateliers, j'organise beaucoup d'événements avec un égogate aussi. Et donc, j'ai vraiment besoin de me recharger chez moi. Donc on va dire que tout ce qui est plus introspectif, ça va être plus chez moi. Et tout ce qui est vraiment travail pur, réalisation, ça va être plus au co-work.
- Speaker #0
Ça veut dire que ton chez-toi, c'est l'endroit où tu te recharges, dans le fond. Et ce n'est pas nécessairement là où tu crées, parce que même dans ce que tu dis en termes de tâches, si on parle de la partie professionnelle, je ne parle pas de la vaisselle, ça c'est autre chose, mais si on parle de la partie professionnelle, tu organises tes déplacements, tu prends tes rendez-vous. Donc, c'est plus dans l'organisation, mais ça ne va pas être de la créativité. Enfin, moins. Ce n'est peut-être pas aussi tranché que ça, mais moins de la créativité. C'est le retour à toi, en fait, vraiment. C'est ce que je ressens quand tu le dis.
- Speaker #1
Oui, alors, c'est quand même un espace de création très fort, mais peut-être moins de réalisation.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je vais moins... peaufiner les choses, mais en tout cas, ça va être un endroit aussi où il va y avoir beaucoup de choses qui vont émerger, qui vont venir, et peut-être que la phase de tri et vraiment de mise dans la matière, elle va peut-être se faire plus au co-work, oui.
- Speaker #0
D'accord. Tu dirais que là, c'est ton équilibre, en fait, quelque part entre cet espace privé, ton chez-toi, et l'espace public qui peut être ici.
- Speaker #1
Oui, c'est un bon équilibre.
- Speaker #0
Oui. Ok. Moi, j'aime bien qu'on parle un petit peu des autres espaces, parce qu'il n'y a pas que les espaces entre quatre murs. Est-ce que tu dirais que l'écriture, et c'est là où tu vas peut-être nous parler un petit peu plus de Carné-Goguette, et comment est arrivé ce projet, et qu'est-ce que tu as mis dedans, et ce que ça implique aujourd'hui, ce que tu as créé. Est-ce que tu dirais que l'espace d'écriture, je spoil un peu, mais... L'espace d'écriture, c'est aussi un espace de travail.
- Speaker #1
Qu'est-ce que le travail ? Je te pose cette question parce que c'est quelque chose qui me passionne depuis très longtemps. Qu'est-ce que le travail ? Si on en revient à la définition philosophique, ça va être juste transformer la matière. Donc, n'importe qui, je te fais un café, finalement, c'est une forme de travail. Et donc en ce sens, si tout ce que je transforme est le fruit de mon travail, parce qu'aujourd'hui on oppose souvent hobby et travail, c'est pour ça que finalement le travail passion, quand est-ce que je travaille quand c'est ma passion ? Et du coup, avec l'entrepreneuriat, je me suis beaucoup questionnée sur qu'est-ce qu'un travail productif, qu'est-ce qu'une bonne journée de travail, avec notamment, et je vais revenir bien sûr sur ta question, Avec cette phrase qui me vient souvent en tête, c'est « la pause, elle aussi, fait partie de la musique » . C'est une phrase de Stéphane Wegg. Et donc, nécessairement, si la musique, il y avait des notes en permanence, il n'y aurait aucune harmonie. Et donc, si dans un carnet, il n'y avait aucune page blanche, il n'y aurait aucune harmonie. Et donc, si dans mes journées, il n'y a aucun temps de repos, il n'y a aucune harmonie. Et donc, en soi, l'écriture... C'est un temps de travail, mais qu'elle ait lieu ou pas, en fait. C'est-à-dire que parfois, être devant sa page blanche, juste à laisser son esprit gamberger, pour moi c'est pareil que se balader, flâner, ou laisser les choses nous traverser et se faire toutes seules. Et du coup, l'écriture c'est un espace de travail, même quand je n'écris pas sur le travail, mais aussi parce qu'aujourd'hui c'est mon travail de proposer ces espaces-là aux gens. Tu veux que je reparle de l'espace et du travail ?
- Speaker #0
Non, c'est bon, j'ai tout compris. Ok, donc maintenant, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de Carné-Gouguette ? Comment t'es venue cette idée, d'une part ? Et puis, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que tu proposes aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, Carné-Gouguette, c'est une marque de papeterie consciente que j'ai créée il y a bientôt quatre ans. La marque va fêter ses quatre bougies d'ici deux mois. Carnets de papeterie consciente parce qu'ils sont inspirés de la pratique de méditation de pleine présence et qu'ils nous invitent, en étant des cahiers d'écriture guidés, à développer notre présence au monde et surtout notre curiosité envers nous-mêmes, les autres, et à garder une trace de nos souvenirs. Aujourd'hui, il y a une collection de cinq carnets, donc un carnet de voyage, conscient, pour les âmes curieuses, un carnet de famille, un best-seller qui est le carnet d'évolution personnel, pour prendre conscience de son évolution. au fil du temps, un carnet de bien-être et un carnet du quotidien pour juste avoir des pages vierges pour tous les jours. Depuis deux ans, je propose aussi des ateliers d'écriture et des dîners autour de personnalités inspirantes, avec toujours ce même objectif, cette même mission qui est de rendre le monde plus curieux. Et pourquoi j'ai créé Carné Goguette ? À la base, moi j'étais journaliste, donc vraiment nourrie par cette curiosité insatiable pour les autres et puis pour tout ce qui se passait sur Terre. Et j'aimais beaucoup écrire, surtout j'aimais fixer le souvenir en fait.
- Speaker #0
C'est sûr qu'on oublie tout.
- Speaker #1
On oublie tout et on peut vraiment en discuter, ça peut être vraiment un long sujet d'échange de faut-il ou non oublier les choses. Les oublie-t-on vraiment et si on les oublie est-ce que c'est vraiment grave ? Qu'est-ce qui existe, qu'est-ce qui doit rester ? J'imagine comme avec les meubles de nos ancêtres en fait, tu vois, est-ce que tu gardes la commode que tes parents t'ont offert ou est-ce que tu choisis d'avoir ta commode à toi pour vivre ton espace à toi ?
- Speaker #0
Alors ? Je vais te donner mon point de vue. La différence d'un meuble, il raconte une histoire. L'écriture aussi, mais ce n'est pas la même histoire au fond. Ça peut être une jolie histoire, comme ça peut être une histoire faite de blessures, de plein de choses. Donc l'accommode de la grand-mère par exemple, si on avait une mauvaise relation avec cette personne, le fait de la conserver quelque part, d'avoir cette loyauté familiale, parce qu'on parle de ça à ce moment-là. ça peut avoir un impact négatif dans ma vie aujourd'hui. Parce que tous les jours, inconsciemment, je vais regarder cette commode qui va me ramener à l'histoire avec cette grand-mère, positive ou négative, encore une fois. Si c'est du côté du négatif, ce n'est pas génial. Je trouve qu'avec l'écriture, il se passe autre chose, c'est qu'à un moment donné, c'est un miroir. Et c'est un miroir de l'état où on est aujourd'hui, au fond. On peut parler sur le journal Ligne, faire des thématiques sur le passé, le présent, le futur, etc. En tout état de cause, ça montre les choses telles qu'elles sont aujourd'hui, je trouve. Enfin, si on joue carte sur table avec le carnet. Donc du coup, bien ou mal, au fond, c'est ce que c'est au fond. Et comme tu disais tout à l'heure, je trouve que garder une trace, pour moi, en tous les cas, c'est important. Parce qu'encore une fois, on oublie tout, enfin beaucoup de choses. Et que voir l'évolution, ça permet de voir une évolution, voir de là où on vient, encore une fois, positif ou négatif. Est-ce qu'il y a du négatif ? Est-ce qu'il y a du positif ? Je ne sais pas, mais en tous les cas, c'est un chemin. Donc, par définition, il est ce qu'il est. Mais en tous les cas, on avance tous les jours un petit pas et ça permet de le voir et de le matérialiser au fond.
- Speaker #1
Effectivement, parfois, se replonger dans ce qui nous traverse, qui peut être lié... au passé ou au futur, nous permet paradoxalement de mieux vivre l'instant présent. Et c'est amusant parce que c'est une grille de lecture qui peut y avoir dans tous les carnets. Donc les carnets, pour les décrire peut-être pour ceux qui ne les ont jamais vus, ce sont des très beaux carnets avec vraiment beaucoup d'élégance, des borgons, du papier épais de luxe, de la dorure à chaud, une couverture épaisse, robuste. L'idée, c'est que ce soit vraiment des objets de luxe qu'on va regarder tout au long de la vie, qui sont vraiment faits pour... pour durer comme des beaux livres, en fait. Avec quand même un aspect qui était important pour moi, c'est qu'il faut qu'ils vivent. Donc, ce n'est pas des objets qu'on ne souhaite pas. Je suis avec chaque peur,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Exactement. L'idée, c'est qu'ils soient à votre image. Donc, si vous avez envie de corner les pages, de les emmener avec vous dans votre sac, de les trimballer, il faut que ce soit vivant. Et à l'intérieur, la particularité et ce qu'on trouvait, ce qu'on trouve encore aujourd'hui assez peu dans d'autres carnets, ce sont des rubriques à l'intérieur qui vont permettre de guider chaque utilisateur dans une vraie expérience. Une expérience d'introspection parfois, mais aussi de curiosité envers autrui. Je pense au carnet de voyage qui est peut-être celui qui parle au plus grand nombre où on va avoir des rubriques sur les cinq sens quand on voyage pour... sortir un peu des guides de qu'est-ce que je dois voir, quelle case je dois cocher mais plutôt qu'est-ce que tu ressens en fait quand tu voyages et ça peut être quand tu pars en Bretagne ou dans le nord de la France pas besoin de partir au voyage même dans ta propre ville on peut faire même dans une nouvelle maison par exemple qu'est-ce que tu ressens quelles sont les expressions que tu vis dans cette maison pareil pour le carnet de famille en fait c'est replacer chaque utilisateur dans son expérience, l'inviter, l'accompagner dans sa capacité à en rendre compte. Et pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on fait tout ça, effectivement, dans cet objectif de fixer le souvenir ? C'est vraiment le témoignage de notre passage sur Terre, de notre existence sur Terre. C'est quelque chose qui nous permet à la fois de nous affirmer, à la fois de célébrer la vie. Pour moi, c'est vraiment ça aussi. C'est de dire à la vie, je te vois, je te sens et je l'inscris quelque part. Et peut-être qu'un jour, on pourra aussi le transmettre, ou on pourra juste se le transmettre, et voir notre évolution, et voir à quel point la vie est riche.
- Speaker #0
C'est sûr, parce que c'est un moyen, à mon sens, l'écriture. Et encore une fois, sans y mettre une touche, l'intention, ce n'est pas de se faire publier, ou tout ça. Moi, c'est pour ça que je le vois vraiment comme un miroir, au fond. Donc, ça peut faire peur à certaines personnes. Et comme tu dis, l'objet, il est là aussi pour... Ben, griffonnez dessus et c'est pas grave parce qu'au départ, c'est pour nous, au fond. Effectivement, peut-être que l'intention après, ce sera de le transmettre, mais dans un premier temps, c'est pour nous. Donc, c'est pas très, très grave s'il y a des fautes d'orthographe et si on rature.
- Speaker #1
Et vraiment, moi, je fais la guerre à ces injonctions. Et c'est vraiment un trait que je constate quand même majoritairement chez des femmes plus que chez des hommes. C'est le syndrome de la bonne élève, l'auto-jugement, l'impression qu'il y aurait une bonne manière de faire. que si on n'écrit pas tous les jours, c'est foutu. Ça va être en fait le même rapport qu'on peut avoir avec la nourriture ou le sport, de penser qu'il y a une bonne manière de faire, complètement décorrélée du plaisir et de la joie. Et le nombre de femmes qui me disent « Mais voilà, j'écris mal. » Mais personne n'écrit mal, en fait. Déjà, tout le monde a une histoire à raconter. Tout le monde a quelque chose à dire. Et tout le monde a une manière singulière, unique et donc essentielle, en fait, de la raconter. Et voilà, je crois que je milite aussi pour ça avec Carnet Coquette, pour que chacun puisse s'arrêter. Donner de la valeur à son histoire. Oser écrire sur soi, c'est aussi penser que c'est intéressant. Que ça vaut le coup.
- Speaker #0
Je pense que tout est intéressant. Je crois que c'était sur un des podcasts, je ne sais plus lequel, dans lequel tu étais intervenue. Ça me fait penser à ça. C'est un bouquin sur les listes. Peut-être que tu pourras nous citer le nom. Je trouvais ça intéressant quand on dit qu'on n'a pas de talent pour écrire. Ce n'est pas la question, en fait. On n'est pas à ce niveau-là de question. Et je trouvais que faire une liste, en fait, de comment je me sens, au fond, d'une liste de courses, ça peut avoir aussi un intérêt certain à un moment donné, parce que ça dit aussi quelque chose de nous, un instant T. Et je trouve ça intéressant.
- Speaker #1
Oui, et puis on ne mesure sans doute pas la pression productiviste qui s'installe dans tous les aspects de notre vie. C'est-à-dire qu'il faudrait qu'on soit bon pour avoir le droit d'écrire. Ça paraît fou. Écrivons juste parce qu'on en a envie, ça nous fait plaisir, ça nous procure de la joie. Écrivons parce que c'est inconfortable. Écrivons parce que c'est une pratique ancestrale quand même. C'est ça aussi qui est hyper intéressant dans l'écriture. C'est que comme le chant et la danse, on le retrouve depuis des millénaires. Et donc je dirais quand même que ça fait partie de nous, de notre manière de nous exprimer archaïque. Et puis en plus, il y a des beaux cahiers.
- Speaker #0
Tu en fais. Et il y a des beaux crayons, donc c'est aussi un plaisir.
- Speaker #1
C'est un plaisir, oui.
- Speaker #0
À la base, c'est ça, quand même, aussi. On va revenir après sur un autre espace de travail qui est les réseaux sociaux, Instagram, le téléphone. Pour moi, c'en est un. Quand on est entrepreneur, je pense que c'en est un. Donc, par rapport à Instagram, donc Instagram ou les réseaux sociaux, tels qu'ils soient, LinkedIn, machin, machin, tu vas nous dire où on peut te retrouver, d'ailleurs, en même temps. Comment tu vis ton rapport au téléphone aujourd'hui ?
- Speaker #1
Vaste question Gaëlle. Écoute, c'est vraiment love and hate. C'est à la fois un outil tellement formidable. de liens, d'expressions, de découvertes. Je ne compte plus le nombre de choses que j'ai pu découvrir grâce aux réseaux sociaux et plus largement grâce au téléphone, le fait de pouvoir prendre en photo tout ce qui m'interpelle quand je me déplace. Évidemment, le fait d'appeler nos proches, d'être en contact avec eux, d'échanger, c'est assez exceptionnel. Mais évidemment... que c'est aussi un énorme sujet d'incompréhension, d'anxiété, de frustration, de perte de lien humain. C'est vraiment un outil à manier avec beaucoup de précaution et de recul et qui se réajuste sans cesse. Il y a des moments où le scroll va vraiment me faire du bien. c'est à dire que j'ai vraiment pas envie de lire pas envie de méditer, pas envie de marcher et je m'autorise et je vais me faire un petit quart d'heure de scroll absurde, à scroller sur plein de choses et il y a des moments où vraiment je dis stop, je me mets en mode avion et en fait je serai pas joignable pour quiconque et j'ai besoin d'aller marcher, j'ai besoin de me reconnecter à mes sens mais quand même ça m'est déjà arrivé surtout au début de Carné Gogette où on est un peu submergé et puis en fait on fait tout nous-mêmes d'avoir la nausée À force d'être sur mes stories, d'être en train de travailler, de poster plein de choses. Et ça, c'est quand même un signal d'alerte.
- Speaker #0
Je conviens.
- Speaker #1
Assez puissant. C'est-à-dire que là, ça te donne la nausée, c'est-tu ça ? Donc, je dirais que c'est un outil sur lequel il faut être très vigilant. En tout cas, sur lequel j'essaie d'être vigilante. Et je fais aussi plusieurs fois par an des retraites de méditation en silence. Et honnêtement, une semaine sans portable, c'est indispensable. Ça change vraiment la structure de notre cerveau, cet usage-là. On en a besoin pour travailler. Ça peut être encore un outil formidable, mais vraiment la vie sans portable. Si vous avez l'âge d'avoir connu une enfance sans portable, juste se rappeler de ces heures à s'ennuyer. à juste chercher une activité ou à juste regarder le plafond.
- Speaker #0
C'est ça. Ça permettait de connecter à la créativité aussi.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #0
Et c'est de plus en plus exigeant parce qu'en fait, c'est la sensation que j'en ai, c'est qu'il faut devenir expert en tout. Il faut être vidéaste, photographe, graphiste ou générer ou avoir beaucoup d'argent pour pouvoir employer des gens qui vont le faire. Mais c'est ça, c'est que ça demande une expertise dans beaucoup de choses et qu'à un moment donné, notre cœur de métier, ce n'est pas d'être vidéaste ou photographe.
- Speaker #1
Oui, et puis il ne faut pas oublier que c'est un algorithme qui pousse à avoir un certain type de personnalité. Donc je pense à tous les introvertis. Ce n'est pas mon cas, mais tous les introvertis pour qui ça paraît incommensurable de devoir se mettre en avant. Et puis ce culte de la personnalité. Là aussi, comment on peut parler de soi ? Sans être dans une sorte de narcissisme permanent, constant, sans être aussi dépendant de la validation par autre truc qui passe par le lac. Il y a eu assez de documentation sur les méfaits de ce type de procédé. Je parle beaucoup d'Instagram parce que c'est là où la plupart des entrepreneurs sont et il y a LinkedIn aussi, c'est d'autres problématiques. Mais un algorithme qu'on ne contrôle pas, sur lequel on n'a pas la main et c'est pour ça que de plus en plus... de personnes lancent d'autres canaux pour s'exprimer où ils se sentent plus libres et moins sous le joug d'un algorithme américain dont le but est de nous faire consommer un maximum, même si à nouveau c'est pas que négatif,
- Speaker #0
c'est aussi génial.
- Speaker #1
Et d'ailleurs on s'est sans doute connecté grâce à Instagram. D'ailleurs j'en profite pour suivre la marque c'est Carnet Goget, donc Carnet au pluriel Goget c'est G-O-G-U-E de thé. et mon perso sur lequel je vais plus poster tous mes coups de coeur et tout ce qui me fait vibrer c'est atsauf
- Speaker #0
S-A-U-P-H je partagerai dans les notes de l'épisode tous les liens de toute manière ok, aujourd'hui justement quand on regarde ton compte Instagram etc t'es quelqu'un qui est quand même beaucoup en mouvement tu te déplaces beaucoup, on voyage là tu reviens de Corse il y a beaucoup de choses, c'est la sensation que ça donne Peut-être que ça n'est pas la réalité, mais en tous les cas, c'est ce que ça donne. Du coup, est-ce que tu as des petits rituels dans ta façon de travailler ? Est-ce qu'il y a des choses que tu amènes tout le temps pour peut-être te reconstituer un espace de travail ? Est-ce que tu as des petits rituels, des objets qui t'accompagnent ? Une bougie, le même stylo, tu vois ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, mon rituel, c'est d'accueillir le chaos,
- Speaker #0
car je suis incapable d'avoir des rituels fixes.
- Speaker #1
Non, alors dans le mouvement, si c'est mes carnets, c'est quand même mon encre, c'est que j'ai besoin d'avoir un carnet. Si je me rends compte que j'ai oublié mon carnet, ce qui n'arrive jamais, ou que je ne sais pas, je vais prendre une feuille, j'ai besoin de feuilles, j'ai besoin de papier, j'ai besoin de matière. Si c'est que mon portable, ça va être... désagréable. Évidemment, je peux travailler en ayant juste mon portable et mon ordinateur, mais ça va être très froid. J'ai besoin de pouvoir noter ma to-do list, et surtout de noter tout ce qui va tout le temps me traverser, et donc d'avoir un endroit où déverser un peu tout ça, pour organiser mes idées, pour y voir plus clair. Après, je suis attachée aux odeurs. Alors, ça fait quelques temps que je n'en ai plus, mais quelque chose qui manque vraiment et qui me permet de me sentir chez moi un peu partout. et que j'avais quand je voyageais pour le travail. C'était une huile essentielle, souvent de l'avande ou d'un autre parfum. Et ça, ça changeait tout ça et des chaussettes chaudes. Ok,
- Speaker #0
je vois le concept. Un petit cocon, là aussi, tu fais ton petit chez toi à ce moment-là. Ok, après, je vais te donner des mots et tu vas me dire ce que ça évoque pour toi. autour de ce qu'on peut dire de l'entreprenariat, des espaces de travail et tout ce genre de choses.
- Speaker #1
C'est juste ce qui vient ?
- Speaker #0
Oui, il n'y a pas de filtre. Tu interprètes les choses comme tu veux.
- Speaker #1
Ok, j'adore.
- Speaker #0
Et tu es libre de me dire ce que tu veux. Si je te dis ambition, qui peut-être en lien avec toi par rapport au travail, il y a peut-être un peu d'argent, il y a tout ça mélangé je crois, non ?
- Speaker #1
C'est trop marrant, le premier truc qui m'est venu c'est vraiment le... Tout de suite, moi, ce qui m'est venu, c'est l'éducation.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Nous, avec mon frère, je pense qu'on a été éduqués pour être ambitieux. Je pense qu'on n'aurait pas pu ne pas être ambitieux. C'était presque un crime.
- Speaker #0
Tu viens de quel milieu ?
- Speaker #1
De bosseur. D'accord. Avec deux parents qui ont la valeur travail très forte.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc ça, ça a été très important dans le fil rouge de notre éducation. L'ambition telle que je la vis aujourd'hui, c'est de trouver un équilibre où la création est centrale et où il y a beaucoup de plaisir et de joie. Arriver à mettre au monde ces idées et qu'elles puissent toucher d'autres personnes, ça c'est la plus grande des ambitions. Et surtout, pour moi, l'ambition, c'est de ne jamais se censurer dans ses rêves. C'est tellement facile de se censurer, de ne pas oser, de s'empêcher finalement de voir grand, quel que soit ce que grand, ça veut dire pour nous. Donc c'est ça l'ambition, c'est ne pas se mettre de limites.
- Speaker #0
Alors du coup, j'ai une liste qui peut être longue, mais tu vois, je vais faire le lien avec zone de confort. Tu sais de quoi je veux que tu parles donc.
- Speaker #1
Incroyable, incroyable. Très très bonne question. Je pense que tu fais référence au projet qui a changé ma vie, qui a fait que je suis devenue entrepreneur. Donc j'étais journaliste pour des chaînes de télé pendant 7 ans, un métier passionnant. Et quelques mois avant d'avoir 30 ans, j'ai réalisé que ma vie... correspondait pas du tout à l'idée que je m'en faisais, mais surtout, en fait, de manière plus précise, que je m'éloignais vraiment de moi-même et de ce que je voulais. Et je pense pas du tout qu'il faille être quelque part, en particulier à 30 ans, chacun vit à son rythme. Mais en tout cas, moi, c'était vraiment une étape importante. Et je me suis dit, là, en fait, si tu continues comme ça, tu passes à côté de toi-même. Et donc, j'ai créé le projet 3 Months Before I'm 30, 3 mois avant d'avoir 30 ans,
- Speaker #0
que je partagerai aussi dans l'épisode.
- Speaker #1
Et j'ai réalisé... un défi par jour pendant trois mois. Et c'était à la fois des défis sportifs, culturels, spirituels, engagés. Et l'idée, c'était simplement d'être sans limite. Mais effectivement, c'est un endroit où je suis venue jouer avec ma zone de confort.
- Speaker #0
Je pense que tu l'as bien titillée, celle-là.
- Speaker #1
Je l'ai bien titillée. Je suis bien allée aussi dans ma zone de panique. Et ça m'a vraiment permis de me dire aussi qu'est-ce que je cherche dans le challenge. Et tu vois, ça pourrait être un mot aussi.
- Speaker #0
Exactement. Qu'est-ce que tu cherches dans le challenge ?
- Speaker #1
Écoute, je pense que ça a muté, ça dépend. Aujourd'hui, le challenge, c'est à la fois l'élan vital, l'étincelle. Le challenge, ça va être... J'ai trop envie de faire ça. Par exemple, en ce moment, j'ai une copine qui se lance dans la corde à sauter. Elle fait des défis de corde à sauter, mais j'ai trop hâte de la retrouver, qu'on fasse des défis de corde à sauter ensemble. Parce que, juste en fait, je suis tellement curieuse, j'ai tellement la soif de vivre, d'essayer, d'expérimenter, de vivre les choses. Mais évidemment... qu'au fond, il y avait sans doute une part de sentiment de ne pas être assez. Est-ce qu'un jour, je serais capable de faire enfin ? Est-ce que je suis capable ? Est-ce que j'ai le droit de rêver ? Est-ce que je peux m'autoriser à rêver de plein de choses ? Est-ce que j'en suis capable ? Est-ce que ce sentiment d'être toujours un peu plus nul que les autres, en fait, qui est venu de plein d'événements, je pense, depuis l'enfance. Donc, il y avait aussi un peu de ça. Et sans doute aussi d'une éducation qui nous poussait à donner toujours un peu le meilleur de nous-mêmes. Et donc cette idée que si on ne se met pas au défi, il y a l'idée derrière qu'on serait presque feignant. Ce qui n'est pas du tout ce que je pense aujourd'hui. Mais il a fallu effectivement que j'aille me chercher, que j'aille me mettre un peu dans le rouge pour me tester. aussi pour voir que c'est pas là où on est quand on est dans sa zone de panique c'est trop loin et puis on n'a pas besoin pour grandir,
- Speaker #0
pour croître de sortir de sa zone de confort si on est loin de sa zone de confort c'est très bien tu peux donner des exemples de ce que tu as pu faire pendant ces 3 mois ?
- Speaker #1
alors un défi que j'ai adoré c'était de me teindre les cheveux en bleu parce que j'avais toujours rêvé de faire ça comme dans Eternal Sunshine de Spotless Mind spoiler alert c'était vraiment hyper moche J'ai aussi escaladé une cascade de glace, construit et dormi dans un igloo, fait du chien de traîneau, ouvert une ligne téléphonique de poésie, fait un mois sans sucre, deux mois et demi sans café, 48 heures, 72 heures sans temps, c'était incroyable, un de mes meilleurs défis. J'ai fait un bain de glace, nagé 5 kilomètres, tenté d'arrêter le dimanche de mes émotions, il y en avait beaucoup et je n'ai pas tout réussi bien sûr.
- Speaker #0
Mais globalement ? C'est une expérience que tu aimerais renouveler ou pas ? Ou aujourd'hui tu n'as plus ce besoin, comme tu le disais plutôt implicitement juste avant, il semblerait.
- Speaker #1
Je l'ai beaucoup moins parce que maintenant, dès que j'ai une envie, je passe à l'action.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Avant, je ne le faisais pas. Je pense que ça m'a permis deux points vraiment essentiels dans ce projet. Ça m'a permis d'accueillir mes envies, déjà. Juste de les voir, de les accepter, de les nommer. déjà juste de les nommer complètement pour moi c'était peut-être que pour les autres c'est différent mais pour moi déjà juste de dire j'adore les poèmes et si tu veux je vais ouvrir une téléphonique de poésie puis tu peux m'appeler je te récite un poème déjà rien que ça c'est tellement bizarre enfin Falu pourquoi tu fais ça c'était déjà tellement énorme donc c'était déjà m'offrir ça à moi-même du coup Ouh ! L'offrir aussi aux autres, donc ça modifie aussi les relations, parce qu'en fait, c'est vraiment cette chanson de Barbara Pravi, voilà qui je suis, il y avait vraiment de ça. Et ensuite, le passage à l'action, c'est-à-dire que maintenant, en fait, j'avais toujours eu un peu ça, d'aller, de foncer, d'avoir... ce côté d'aller de l'avant. Mais là, c'est devenu une évidence.
- Speaker #0
Oui. Aujourd'hui, comment tu arrives à distiller ça dans ton quotidien ? Parce que là, tu l'as fait de façon très décidée, sur un laps de temps, avec des missions différentes. Je ne vais pas dire quotidiennes, parce que j'imagine que tu n'as pas fait jour A un igloo et jour B... Si ? Ah si, si, elle me dit si.
- Speaker #1
Je ne le mets pas. Donc parfois, il y a plein de défis qui sont trop choqués, elle et dans les autres. Eh bien oui. C'était un peu dur. Ah, je suis allée à Meaux en vélo aussi, chercher du bris. 70 kilomètres, c'était trop bien. Je vous recommande si vous êtes en région parisienne.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, tu arrives comment à distiller cette sortie de zone de confort ? Tu me dis... En fait, il n'y a plus de zone de confort ou pas de confort. Si t'en veux vite, il va. C'est cet élan-là qui te pousse ?
- Speaker #1
C'est marrant parce qu'en même temps que je t'écoute, ce qui me vient, c'est que je ne sais pas pourquoi, mais naturellement, je me mets toujours en dehors de ma zone de confort.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Vraiment, en fait, je n'ai pas... évidemment il y a plein de moments où je vais rester dans ma zone de confort mais en fait j'ai vraiment une sorte d'élan naturel pour me lancer dans des projets où je n'ai aucune compétence où je n'ai aucune idée de si je vais y arriver ou non mais peut-être il faut que j'en parle à mon psy peut-être une petite mise en danger c'est vrai en tout cas je crois qu'il y a surtout une impulsion de vie et une forme de De refus de la passivité, ça c'est très fort. En fait, je refuse de subir, de ne pas faire les choses parce que je ne m'en crois pas capable, parce qu'on me dit que je n'ai pas le droit, parce que ce n'est pas ma place, parce que ce n'est pas là où je devrais être, parce que je fais déjà trop de choses. C'est vraiment une pulsion de liberté.
- Speaker #0
Justement, tu viens de dire un mot, ça va faire l'objet du prochain mot. Se sentir à sa place. Est-ce qu'aujourd'hui tu te sens à ta place ?
- Speaker #1
Oui, je crois. Et c'est trop drôle, vraiment, c'était très fort parce que... J'ai le souvenir quand j'étais en stage, une fois, j'étais employée déjà, mais un membre de l'entreprise me parlait de sa stagiaire et disait « Ecoute, elle était super, elle était parfaitement, voilà, elle restait à sa place. » Et je me rappelle que cette expression...
- Speaker #0
C'était pas dans ce sens-là que je le disais, moi.
- Speaker #1
Oui, oui. Cette expression « rester à sa place » , vraiment, c'est un truc... Mais ne restez pas à votre place, surtout pas. Ben non. Du coup, est-ce que je suis à ma place ? Je m'éclate, en tout cas. Je pourrais pas dire que j'ai trouvé l'équilibre parfait, d'ailleurs est-ce qu'il existe, je sais pas.
- Speaker #0
Je pense que c'est très, comment dire, c'est très volatile quelque part. Parce que déjà on est une multitude de personnalités à l'intérieur de nous, est-ce qu'on est en même temps à sa place en tant que femme, mais aussi en tant qu'entrepreneur, est-ce que c'est au même moment, pas au même moment. Mais c'est un état d'être à un moment donné où on se sent un équilibre, plus qu'une place au fond. C'est un équilibre qui est agréable et effectivement, ça fait plein de défis, de bonheur et de défis. Mais en même temps, c'est un package global, je pense.
- Speaker #1
En fait, là où je me sens vraiment à ma place, c'est que j'adore ma marque. J'adore ma marque parce qu'elle a du sens, parce que mes produits ont du sens, parce que je sais qu'ils peuvent vraiment changer la vie des gens, parce que... Ils sont simples, ils sont accessibles. J'aurais jamais fait quelque chose... Enfin, voilà, c'est juste un carnet, en fait. C'est plusieurs dizaines d'euros, bien sûr, c'est un coût. Mais on peut y mettre tellement toute la substantifique moelle de l'existence. Et en ça, ça, c'est une chance inestimable dans la vie. De pouvoir trouver que ça a du sens, de pouvoir se relier aux autres grâce à quelque chose de simple, qui n'est pas chichiteux. Ça, c'est une chance énorme.
- Speaker #0
Un autre mot, on va partir de l'autre côté du pôle presque. Argent.
- Speaker #1
Ah, là, c'est vraiment la question à un million. Un euro. Un euro, c'est ça. Argent, tu n'y vas pas de main morte. C'est une question très importante, surtout dans l'entrepreneuriat. Je pense que je n'ai jamais aussi mal gagné ma vie qu'aujourd'hui. Peut-être que ça n'a pas duré.
- Speaker #0
Ça prend du temps de toute manière.
- Speaker #1
Ça prend du temps, mais c'est sûr que pour moi, c'est corrélé à la notion de richesse. Et donc aujourd'hui, je suis riche d'autres choses. Mais l'argent, en tant que bonne capricorne... Moi, je n'ai pas du tout d'appétence pour la précarité. Je n'ai pas du tout un tempérament d'artiste, bohème. J'aime construire, j'aime prévoir. J'aime... aussi les belles matières, les belles choses. Et pour ça, il faut quand même...
- Speaker #0
Ça a un coût.
- Speaker #1
De l'argent. Mais c'est trop marrant parce que du coup, t'as vraiment tellement de choses qui viennent sur cette question de l'argent. C'est pas un moteur. C'est pas un moteur. Quelque chose que je dis, mais il ne faudrait pas que je le dise. D'ailleurs, il faut que j'arrête de dire ça. Mais en fait, tu vois, si je vais faire une grosse vente, je ne sais pas, quelqu'un va me prendre plusieurs centaines de carnets et tout. Je vais être contente, mais en fait... Je vais presque l'oublier, je ne vais pas forcément en parler.
- Speaker #0
Tu ne l'écris pas dans un carnet ? Je ne l'écris pas dans un carnet secret ? Non,
- Speaker #1
pas du tout. J'en sais rien. Évidemment, avec l'entrepreneuriat, on travaille. J'ai appris à essayer d'être plus money-oriented. Mais en revanche, la fille qui va pleurer parce qu'elle va m'expliquer que grâce à la lignée, elle a appris telle chose sur sa famille, elle a passé tel moment, elle a eu tel truc. Ça, je vais m'en souvenir tous les jours. mais pour être un bon entrepreneur il faut les deux je vais pas me cacher derrière un truc de voilà moi ce qui m'intéresse c'est plus que l'argent de fait c'est pas mon moteur naturel mais si on veut que nos rêves soient pérennisés que les gens puissent continuer d'avoir accès aussi à nos produits et à ce qu'on propose ça fait partie de l'équation donc c'est vraiment un truc qu'il faut prendre en compte et puis Il y a aussi une question d'éducation pour les femmes, quand même, je trouve, sur ça, de valeur personnelle, d'oser parler d'argent, d'oser... Ça,
- Speaker #0
c'est un vrai sujet, oui. C'est un vrai sujet de sortie de zone de confort, là aussi, de calcul financier, de tout ce genre de choses. C'est qu'effectivement, je pense qu'on a la disquette qui est chargée, mais les connexions ne sont pas faites. que... notre éducation, toute notre construction fait que c'est pas évident. On n'ose pas.
- Speaker #1
Aujourd'hui, entre copines, on parle pas d'investissement. En tout cas, autour de moi, on essaye, mais ça nous intéresse pas. On parle pas d'investissement, des choses comme ça. Et c'est trop cantonné aux hommes. Donc c'est aussi un travail personnel de dire que ça m'intéresse pas.
- Speaker #0
C'est une sortie de donne de confort là aussi.
- Speaker #1
Mais si je veux plus d'égalité, je dois m'y intéresser.
- Speaker #0
Un autre, j'hésite entre deux mots, mais on ne va pas commencer par celui-là. Vision.
- Speaker #1
J'adore. Tu l'as posé à Alexia Colson du marché aussi, celui de la vision. Alors j'en ai beaucoup. Ce qui me vient là de manière spontanée, c'est que souvent quand je vais parler à quelqu'un, Tu vas avoir plein de visions, d'idées.
- Speaker #0
Des visions genre témédiennes ?
- Speaker #1
Non, des idées qui viennent. Je ne vais pas voir des pans de sa vie. Je vais me dire, tiens, ce serait intéressant tel truc ou tel truc pour elle ou pour lui. Et puis du coup, ça vient un peu en continu, comme si tu avais un fichier qui s'affichait. Du coup, parfois c'est un peu intense. Mais sinon, c'est aussi vision. Ce qui me vient dans la question de la vision... et qui m'anime au quotidien, c'est à quoi j'ai envie que ma vie ressemble, à quoi j'ai envie que mes relations ressemblent. Et aussi étrange que cela puisse paraître, qu'est-ce que je vais me dire sur mon lit de mort ? Qu'est-ce que je vais laisser derrière moi ? Qu'est-ce que je vais transmettre ? C'est pour ça aussi que je ne fais pas une app et que je fais des outils papiers qui vont s'inscrire dans le temps parce que nos clouds vont disparaître, nos portables, nos ordinateurs aussi. Mais j'espère qu'à priori, nos carnets comme les livres, ils vont rester à se transmettre. Donc il y a cette idée vraiment de la transmission qui est centrale aussi dans Carné-Goguette et qui pour moi va de pair avec la vision.
- Speaker #0
Si je te dis intuition.
- Speaker #1
La clé de tout. C'est un long travail de...
- Speaker #0
De s'y connecter.
- Speaker #1
De s'y connecter, d'accepter qu'elle existe, de lui faire confiance, d'explorer ses limites, ses bords, de l'écouter. Au final, l'expérience que j'en fais, c'est qu'elle est là depuis toujours, qu'elle n'est pas antirationnelle, qu'elle est vraiment complémentaire avec le fait qu'on peut émettre des choix rationnels. Dans ma famille, on est assez connectés avec la spiritualité, avec cette notion d'intuition, donc c'est aussi quelque chose avec lequel je l'ai grandi. Et mon père par exemple prend des cours d'intuition en ce moment. Des cours d'intuition ? Des cours d'intuition pour apprendre. J'ai lu beaucoup de livres, j'ai écrit aussi dessus pour Meditation Magazine sur la manière dont la méditation peut nous permettre de développer notre intuition. C'est un sujet qui me tient à cœur. Aujourd'hui, si j'étais honnête, je me souhaite de encore plus l'écouter. De déjà beaucoup l'écouter. Et ça va sans doute venir avec le temps et l'âge et la confiance, mais de vraiment faire confiance à ça.
- Speaker #0
Mais ça aussi,
- Speaker #1
c'est un chemin.
- Speaker #0
Et d'expérience. De lâcher prise, ça c'est sûr, mais d'expérience. Parce que quelquefois, on n'écoute pas la petite voix qui est là et qu'on se dit mais... J'avais la réponse d'entrée de jeu, en fait. Fallait que j'y aille ou fallait pas que j'y aille, en fait.
- Speaker #1
Ouais. C'est l'expérience.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Donc pour ça, c'est sûr qu'il faut sortir de chez soi un petit peu. Allez, un petit dernier pour la route. Il y en aura un autre derrière, quand même. Valeur. Tu l'entends comme tu veux. Au singulier ou au pluriel. Ou les deux.
- Speaker #1
Alors là, vraiment, Gaëlle, je ne sais pas comment tu as choisi tes mots, mais je crois que tu choisis...
- Speaker #0
J'ai écouté tous tes podcasts dans lesquels tu es passée, donc ça m'aide un petit peu quand même. Je fais une petite sélection avant pour la personne et une spéciale dédicace en général.
- Speaker #1
Centrale, franchement c'est centrale. Les valeurs c'est quelque chose qui me questionne beaucoup parce que parfois elle va de pair avec l'idée de la morale. De qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui n'est pas bien. J'essaie de me détacher de ça, j'ai l'impression que nos croyances elles ont plutôt tendance à nous diviser. Mais du coup, si je reviens aux valeurs, à qu'est-ce qui me tient à cœur, c'est presque aussi central que l'intuition, en fait. Les valeurs de générosité, de curiosité, d'empathie, de bienveillance. Alors, sans être un bisounours, bien sûr que c'est impossible d'être toujours bienveillant, d'être toujours généreux. Valeurs, ça ne veut pas dire ne pas avoir de part d'ombre. Je crois qu'avoir des valeurs, c'est aussi les mettre en confrontation avec ses pardons, mais choisir. En fait, j'ai l'impression que valeur et intuition, c'est la même chose, parce que c'est cette intuition de ce qui est juste pour nous. Et que les valeurs, c'est ça en fait, c'est notre écologie personnelle, c'est juste comment ma maison, elle fonctionne, c'est quoi ses fondations, sur quoi elle repose. Ma maison, pour que je me sente en confiance, en sécurité, elle repose sur... la curiosité que je te porte, sur la générosité, sur la douceur. Voilà, c'est tous ces petits piliers. Et si on l'extrapole, c'est aussi tous ces petits piliers qui font qu'on peut vivre ensemble. Donc, les valeurs, c'est clé et c'est clé dans le lien à l'autre.
- Speaker #0
Ah oui, ça c'est sûr. Une petite dernière pour la route. Beau. Le beau.
- Speaker #1
Tellement chaud comme mot. Je trouve le beau, tout de suite, ce qui me vient, c'est la nature. Le beau, c'est la perfection de ce qui existe déjà, c'est cet émerveillement pour... Quand je pense au beau, je pense à la nature parce que là aussi, c'est incroyable quand on y pense, la richesse du monde naturel qui nous est offert gratuitement. Je veux dire, c'est comme si vous aviez de l'or, des petits morceaux de diamants comme ça, juste en voyant des couleurs, des formes, des propriétés, des plantes. Enfin, cet été, je suis partie randonner comme beaucoup de trentenaires urbains. Et face au paysage, je me suis dit, mais quel cadeau divin en fait, quelles que soient ces croyances qu'on croit en Dieu ou pas, mais juste quel cadeau quoi ! C'est juste trop beau.
- Speaker #0
C'est fou, oui. C'est ce qui se passe dans la nature. Moi, j'y vis. Alors, c'est pas qu'on s'habitue, parce qu'on ne s'habitue jamais. Mais pour autant,
- Speaker #1
c'est vrai que c'est un cadeau.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il y a de beau dans la nature autour de chez toi ?
- Speaker #0
Moi, j'habite quasiment en pleine forêt de pin. Donc, c'est ça. J'ai des voisins qui ont beaucoup d'animaux. Donc, tu as les chevaux qui passent. De l'autre côté du grillage dont tu vois passer ce matin, tu es dans ton bureau, assis dans ton bureau, et tu vois un cheval passer, tiens. Tu vois, c'est ce genre de choses qui est assez merveilleux. C'est faire le tour du jardin avec une tasse de café, et regarder le ciel, les arbres, entendre les oiseaux, les poules, etc. Ne serait-ce que ça, c'est juste... C'est vraiment autour, dans mon jardin. Ça, c'est un bonheur quotidien que j'ai. C'est une chance quotidienne que j'ai. Une chance que j'ai créée, certes. Mais moi, c'est hyper important aujourd'hui. J'adore venir à Paris, visiter des villes. Enfin, moi, mes zones de récréation... L'aspiration, ce n'est pas de la randonnée, parce que je vis au quotidien dans le monde de la nature, où j'ai l'océan qui n'est pas loin. Mais c'est important aussi de venir se connecter quelques jours à la ville. Mais je suis contente de rentrer chez moi après. Tu vois ? Parce qu'avec le bruit, tout ça, tout ça... Oui,
- Speaker #1
comme aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est une journée un petit peu exceptionnelle, on va dire ça comme ça. Est-ce que tu peux nous dire quels sont les nouveaux projets pour Carné-Goguette ou pour toi ? Dans les mois, les semaines à venir peut-être ?
- Speaker #1
Alors depuis cet été, je propose des parcours d'écriture en ligne, de différentes longueurs et sur différents thèmes. Aujourd'hui, il y a trois thèmes. Avancer sur son projet, ça c'est pour toutes celles et ceux qui rêvent de se lancer dans un projet qui soit personnel, professionnel. En quatre ateliers d'écriture en visio, on va venir travailler ses motivations profondes, se découvrir, se confronter à ses freins. Évidemment, c'est tout public. J'utilise la méditation aussi pour permettre à chacun d'exprimer sa singularité. C'est fun, vraiment à tout niveau. Ensuite, poursuivre son projet, pour celles qui se sont déjà lancées. Ça, c'est un petit peu plus long, c'est sur six séances. L'idée de ces deux programmes, c'est vraiment de passer à l'action avant 2026. On est toujours en train de se lancer des bonnes résolutions en début d'année, alors qu'en fait, on peut commencer dès maintenant et commencer l'année fière de soi. Puis un petit dernier, un programme que j'avais vraiment à cœur de proposer. c'est se découvrir par l'écriture. Et alors ça, j'adore. C'est vraiment, si vous avez une âme d'explorateur, d'exploratrice, si vous avez cette curiosité envers vous-même, que vous avez juste envie de vous dire, ah tiens, qu'est-ce qui se cache en moi ? Ou si vous êtes au contraire dans une période de flou, que vous avez besoin d'y voir plus clair, de bénéficier aussi du soutien d'un groupe bienveillant, parce qu'on est six personnes maximum. Il y a toujours la collection disponible dans de plus en plus de librairies, mais aussi en ligne, dans des grands magasins. Et les dîners à table avec qui vont reprendre en janvier prochain.
- Speaker #0
On retrouve toutes tes informations de toute manière sur ton profil Instagram, qu'on retrouve dans les notes de l'épisode, ou sur ton site sur Aller2, et ton profil perso aussi. Et il y a une newsletter aussi, que tu en fais deux maintenant d'ailleurs, il y a une pro, on va la mettre comme ça, une Carné Gauguette et une perso.
- Speaker #1
C'est vrai, tu me mets pas, ça met multiples projets. La newsletter de Carné Gauguette bimensuelle avec... des conseils d'écriture, des coups de cœur littéraires, tout ce qui rend la vie unique et précieuse comme ce poème de Marie Oliver et ma newsletter personnelle que j'ai juste de lancer qui s'appelle Sophie en goguette et là c'est vraiment un espace totalement libre pour partager tout ce qui me fait vibrer, toutes mes petites bizarreries, tout ce qui est farfelu, tout ce qui titille ma curiosité et qui ne pouvait rentrer dans aucune case et donc il fallait que j'ai ma newsletter perso pour vraiment avoir une toile blanche. Et ça, c'est tous les dimanches sur Substack, Sophie Angoguet.
- Speaker #0
Je mettrai le lien également. Merci beaucoup, Sophie.
- Speaker #1
Merci, Gaëlle.
- Speaker #0
Pour tous ces mots et penser à écrire, c'est génial comme expérience.
- Speaker #1
À très bientôt. À très vite.