- Speaker #0
Bonjour Maëlle. Bonjour Gaëlle. Merci de m'accueillir chez toi.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Est-ce qu'on dit chez toi ou chez Alice ?
- Speaker #1
On dit chez moi. Ah ok.
- Speaker #0
Ça commence, tu vois les questions.
- Speaker #1
On dit chez moi.
- Speaker #0
Ça marche. Donc je suis ravie de venir découvrir en vrai cette fameuse villa Alice.
- Speaker #1
Moi je suis vraiment très contente que tu la découvres.
- Speaker #0
C'est gentil. On a beaucoup discuté avant donc on sait qu'on s'aime déjà bien.
- Speaker #1
Ouais c'est ça.
- Speaker #0
Et puis en plus, j'arrive sans aucune question prédéfinie, je sentais que c'était une conversation.
- Speaker #1
Ça peut dévier. Ça peut dévier et on peut faire un podcast de trois heures si tout le monde est d'accord.
- Speaker #0
Bah écoute, on coupera, on fera plusieurs épisodes. Très bien,
- Speaker #1
ça me va très bien.
- Speaker #0
Elle est super. Déjà, est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?
- Speaker #1
Bien sûr, il y en a beaucoup qui ne nous connaissent pas quand même.
- Speaker #0
On ne sait pas !
- Speaker #1
Je m'appelle Maëlle, j'ai 38 ans, je ne sais pas vraiment ce que je dois dire pour expliquer qui je suis. Je suis maman de deux filles extraordinaires et j'ai un mari fantastique qui s'appelle Renaud.
- Speaker #0
Un chat.
- Speaker #1
Et deux Ausha.
- Speaker #0
Deux Ausha, j'en ai vu qu'un.
- Speaker #1
Et tout le monde est merveilleux dans cette famille. Et nous sommes dans le Finistère. où j'ai changé un petit peu de métier, j'étais graphiste et maintenant je suis de plus en plus autrice.
- Speaker #0
Bah tu es autrice.
- Speaker #1
Oui. Bon ça c'est le privé de choc. Ouais ouais mon syndrome de la prostitution. Exactement, exactement. Je pose mes cailloux pour être autrice complètement.
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce qui ferait que tu le deviendrais du coup ?
- Speaker #1
On dévie du sujet, mais on dévie tout de suite. T'es pas là pour une maison toi ? Si, si. T'inquiète,
- Speaker #0
on va y venir, on va y venir.
- Speaker #1
Écoute, quand je serai absolument certaine et sûre de moi et que j'arriverai à avancer avec sérénité dans chaque projet et que je gagne des sous, et bien je dirai, ça y est, je suis autrice.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà. Mais ça va venir.
- Speaker #0
Mais c'est un choix.
- Speaker #1
Oui, complètement. Je travaille. Très bien.
- Speaker #0
Je préfère cette phrase à celle que tu m'as dit tout à l'heure. C'est mignonne.
- Speaker #1
Revenons à la Villa Alice.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais me dire comment tu as rencontré cette maison, comment vous avez rencontré cette maison, et qu'est-ce qui fait que vous avez décidé de changer de vie ?
- Speaker #1
Alors, on habitait en Ile-de-France, on a beaucoup bougé avec Renaud pendant 15 ans, Et... On a vécu le Covid à Douarnenez, juste à côté d'ici. Et on a commencé à se rêver vivre là. Alors que ce n'était pas le projet initial.
- Speaker #0
Là dans le Finistère. Là dans le Finistère, oui.
- Speaker #1
Là dans le Finistère. Et pendant deux mois de confinement, on a commencé à regarder. On a visité le Finistère sur notre téléphone en fait. En regardant des cartes, etc. Et puis on a rapidement... On a décidé de venir vivre là et donc on a trouvé un agent immobilier qui nous proposait une maison à vendre dans le quartier. Et en arrivant pour la visite de cette maison, Renaud est allé se balader derrière le Port-Sclot, puisque le quartier s'appelle le Port-Sclot. Et il est revenu tout chamboulé et il est revenu amoureux. Alors heureusement que c'était d'une maison. Mais il avait découvert une maison abandonnée, ouverte, squattée, abîmée, pleine de ronces de partout. Et il m'a dit, j'ai trouvé la maison de ma vie, c'est celle-là et je ne lâcherai jamais.
- Speaker #0
Donc tout part de Renaud en fait ?
- Speaker #1
Mais tout part de Renaud en général. Ah oui ? Non. Non mais si, la beauté de la vie part de Renaud. J'espère qu'il écoutera cette... Il a des élans qui me portent, évidemment.
- Speaker #0
C'est un homme connecté un petit peu ?
- Speaker #1
Pas du tout. Pas du tout ? Pas du tout.
- Speaker #0
Un peu quand même.
- Speaker #1
Franchement, il le nomme peut-être pas comme ça. Oui, mais même. Si je n'étais pas là pour pousser à l'émerveillement et aux détails, peut-être qu'il tracerait un peu plus sa route. Là, je le force à ralentir et à regarder.
- Speaker #0
D'accord. Donc ce jour-là, il a quand même ralenti, il a regardé, il a trouvé cette maison, il a trouvé son chemin.
- Speaker #1
Il était vraiment chamboulé, même physiquement ça se voyait. Il m'a dit je suis d'ici quoi. Et puis c'est pas la maison d'à côté, c'est cette maison. Et donc il a voulu entrer, comme la fenêtre de la cuisine était cassée et ouverte. Il a voulu entrer dans la maison. Il s'est senti très bien. C'est une maison où tout était encore en place. Elle était certainement dans le milieu de l'urbex, donc il y avait des mises en scène. Mais elle a été très abîmée par des soirées, certainement des jeunes qui adorent, et ce que j'aurais adoré faire aussi, passer une soirée dans une maison abandonnée. C'est drôle. Et moi j'ai toujours... Je répète souvent que j'ai été très très gênée de rentrer dans cette maison, qu'on n'a pas le droit d'entrer dans le lieu de quelqu'un. Et très vite, ce sentiment-là a disparu puisque je me suis dit, il faut que je sauve cet endroit, il faut que je sauve les objets qu'il y a dedans. Et évidemment qu'on n'a rien pris, sauf... Un petit agenda 1956 qui est là, parce que quand je l'ai pris pour le regarder, j'ai ouvert et il est tombé sur une page en juillet, juillet 1956, où une personne a noté Voyage à Streza, et c'est un endroit que j'aime beaucoup et qu'on venait de visiter. Et j'ai pris l'agenda en me disant quand je retrouverai le propriétaire, je lui rendrai. Et ça a commencé comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que cette maison était habitée, même si elle était...
- Speaker #1
Je n'ai pas ressenti...
- Speaker #0
Je ne le dis pas dans le sens où il y a des fantômes, mais est-ce que tu as ressenti malgré tout la présence d'une histoire ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Alors, au premier abord, elle était très très abîmée. Et on ne... On l'a acheté deux ans après cette première visite. On ne s'attendait absolument pas à ce qu'il allait se passer. Parce que pour nous, c'était évidemment qu'il y avait des meubles magnifiques qu'on rêvait de garder, mais on ne savait pas toute la vie qu'il y avait dedans. Donc au premier abord, je me suis rapidement dit « Ah oui, il y a des flacons de parfum, donc oui, il y a une présence. » J'ai trouvé une photo dans l'armoire juste derrière toi, que j'ai replacée entre les draps pour qu'elle ne disparaisse jamais. Donc il y avait des traces, mais très très peu. Et puis je ne voulais pas rester dans cette maison et fouiller.
- Speaker #0
Sans y être invitée au fond ?
- Speaker #1
Oui, sans avoir la validation peut-être. de soit une entité, soit d'une personne. Mais par contre, quand on a eu les clés, oui, j'ai été avide d'aller gratter de partout.
- Speaker #0
Je comprends. Du coup, comment ça se passe entre le moment où vous visitez et tu dis donc deux ans, qu'est-ce qui se passe par rapport à cette maison et comment vous restez en lien avec elle ?
- Speaker #1
On a très rapidement, en quelques jours, on a J'ai eu le contact de la propriétaire par l'agent immobilier du coin et tout de suite je l'ai appelée et j'ai eu une discussion adorable avec une Alice, une très vieille dame extrêmement joyeuse dans la voix, très enjouée, qui voulait nous rencontrer et qui nous a dit je ne peux pas vous accueillir à Brest à cette heure. période il pleut trop donc pour bien vous accueillir je vous propose de venir en juillet et nous étions en mai donc on a on est rentré en ile-de-france et on attendait uniquement le mois de juillet en voulant rencontrer cette alice donc on a compris très vite que la maison où nous sommes c'était sa maison d'enfance et de vacances la maison de ses parents et qu'elle n'a jamais vraiment vécu ici. Elle vivait, elle était institutrice, elle vivait en fonction de ses nominations dans les villes des écoles. Et donc elle habitait à Brest, elle nous a reçus dans son appartement, on a beaucoup discuté de sa vie, de ses envies, et que oui, il faudrait qu'elle la vende cette maison. Mais qu'elle la vendrait qu'à une famille. Parce qu'elle qui n'a pas eu d'enfant, qui n'a pas eu de mari... Elle aimait l'idée que cette maison soit vivante avec des enfants. Elle était très âgée et évidemment que... Nous étions dans la protection et non pas la manipulation, qui aurait été très simple. Tout de suite, on a fait appel à un notaire pour qu'il nous guide sur la manière d'acheter une maison à une dame très âgée et seule. Et puis on a aussi informé le notaire qu'on voulait écrire une lettre au juge des tutelles pour... pour exprimer notre inquiétude sur la solitude de cette dame et ses conditions de vie. Et on n'a plus une nouvelle pendant plusieurs mois. Et un jour, on m'a appelée, le juge des tutelles s'est saisi tout de suite de ce courrier, il a protégé Alice et on nous a informé que la maison serait certainement mise en vente dans quelques mois. que sur la parcelle, il y avait une maison qui souffrait beaucoup et qui menaçait de s'effondrer chez les voisins. Il fallait absolument faire des travaux rapides et surtout, cette maison, elle coûtait de l'argent alors qu'elle était abandonnée et il fallait protéger la suite pour Alice. À partir de là, on s'est positionnés pour acheter la maison et quand on achète une maison à l'État... On est nommé, donc on a dû attendre pendant plusieurs mois d'être nommé acheteur. Il a étudié différents dossiers et il nous a nommé acheteur quelques mois plus tard. Et on avait déjà quitté l'île de France si on s'était installé à Douarnenez, sans savoir si on était nommé.
- Speaker #0
Mais en attente, malgré tout, en espoir.
- Speaker #1
En espoir. Et on a quitté notre vie, nos amis, nos quotidiens. pour une maison abandonnée qui n'était pas à nous. Et on a attendu, et on a croisé les doigts.
- Speaker #0
C'est beau quand même.
- Speaker #1
Et l'intensité de cet appel d'un mardi d'octobre à 16h, où j'entends un mandataire me dire « Vous avez été nommé. » L'intensité du bonheur. Voilà. Est-ce que tu t'expliques tout ce passage-là ? Toujours pas.
- Speaker #0
Toujours pas ? Malgré le temps qui est passé.
- Speaker #1
Comment on a pu faire ça ? Quel était l'élan absolu ? On a embarqué quand même nos deux enfants. On les a emmenés dans une aventure où on ne savait pas ce qui allait se passer.
- Speaker #0
Après, au fond, c'est quoi le risque ? Que vous ne l'ayez jamais vu ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Vous auriez trouvé autre chose ? Est-ce que vous avez fait d'autres visites d'ailleurs ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Entre temps ? Non.
- Speaker #1
Non, parce que ça ne pouvait pas être autrement.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On lui avait dit à cette maison, on passait la voir, grâce à la tutelle, elle a pu être protégée, donc ils ont bardé de bois les fenêtres, et on passait la voir de temps en temps, on ne l'a jamais visitée en fait, pour de vrai, officiellement, et je l'embrassais, en me disant fais attention à toi, je reviens bientôt, c'est bizarre, je l'ai personnifié très vite. Et je ne m'explique pas, mais je pense qu'on ne peut pas expliquer l'univers.
- Speaker #0
Renaud avait la même attitude ? Oui.
- Speaker #1
Quand il venait, quand on venait et qu'elle était encore dans un état d'élabrement, il y avait vraiment des ronces de 2,50 mètres partout, il fallait se trimballer dans le jardin avec une petite hache pour marcher. Il désherbait, il désherbait un jardin de ronces. Il faisait deux actions ridicules, mais il enlevait un peu le lierre.
- Speaker #0
Il prenait soin.
- Speaker #1
Il prenait soin. Et puis il rêvait, quoi. Il rêvait. En fait, on a passé des mois à rêver uniquement à ça.
- Speaker #0
C'était quoi ce rêve ? Quelle vie vous imaginiez ?
- Speaker #1
C'était, on va enfin être en sécurité.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On va enfin... S'éloigner de ce qui nous fait du mal peut-être, on va enfin protéger nos enfants, on va mieux respirer, mieux vivre, mieux se reposer, on va travailler moins pour gagner moins, c'était hyper important. Et retrouver de la lenteur, parce qu'il faut absolument réussir à profiter, ça fait un peu... Un peu discours à la con, mais j'ai l'impression que la vie va très très vite.
- Speaker #0
Ça c'est certain.
- Speaker #1
Et dans cette maison et dans ce jardin, si on passe trois heures à regarder les fours... Oui, le temps il va pas vite.
- Speaker #0
Alors on va pas en parler maintenant mais tout ce que tu me dis là, ça résonne très très fort. Sur ta maison ?
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
la conversation qu'on a eu en off avant. Et ton rôle d'écrivain ?
- Speaker #1
T'es en train de capter des trucs sur moi là ?
- Speaker #0
Bah c'est que tu me racontes l'épée. Non pas du tout. C'est que, bon c'est pas grave je ferai du montage s'il faut, on laissera la spontanéité, peu importe, on verra. Vous aurez la surprise de nous aussi.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu me... Enfin, cette maison, je vais essayer quand même de raccrocher les wagons, mais cette maison, je pense, t'a permis de devenir écrivain alors que tu n'avais pas peut-être ce projet-là en tête.
- Speaker #1
Mais complètement.
- Speaker #0
Quand tu as poussé la porte, quand tu as découvert cette maison...
- Speaker #1
Mais ça me fout encore des frissons. Cette maison a fait... T'as fait éclore. T'as fait éclore. C'est pas rien.
- Speaker #0
C'est bien sûr.
- Speaker #1
C'est censé être qu'un bâtiment.
- Speaker #0
Oui. Enfin, oui.
- Speaker #1
Mais bien sûr, on se sait.
- Speaker #0
Mais ce que je veux dire, c'est qu'elle t'a permis d'éclore et de trouver ta voix dans tous les sens du terme, VOIE et VOIX, en racontant son histoire. C'est la première étape, en fait, quelque part. On reviendra sur l'histoire de la maison après, ce que vous avez découvert. Ce que je veux dire, c'est que... là ce que tu viens de formuler c'est notre rêve quand on a découvert cette maison, c'était de vivre dans une autre temporalité un autre... à amener de la lenteur c'était la sécurité et tout à l'heure ce qu'on disait c'est que tu me disais j'ai parfois du mal à écrire ici t'as de l'émotion qui monte ? ouais j'aime bien ce que tu dis je cherche ici cette maison, à l'intérieur des murs C'est une maison qui me sécurise, qui est en sécurité. Et j'ai du coup du mal à écrire. Et comme je te disais, être auteur, en sortant du livre Villa Alice, qui raconte l'histoire de cette maison, donc que tu sois picousée à la maison, et que tu aies pu l'écrire ici, c'est normal au fond. Maintenant, quand tu sors, quand tu es sur un nouveau projet de roman, Quand tu es sur une nouvelle histoire, tu me confiais que tu avais du mal à écrire ici et qu'il fallait que tu t'autorises à sortir des murs pour pouvoir écrire. Et en fait, c'est ton rêve. Ton rêve, il était de créer un cocon, sécuritaire, etc. S'autoriser à écrire un roman, c'est de la vulnérabilité, c'est écrire une histoire, c'est sortir de cette sécurité. Et au fond...
- Speaker #1
J'ai besoin peut-être d'en sortir même physiquement. Non, mais tu m'as quand même dit des trucs que je cherche depuis des années. Parfait, c'est parfait ce podcast. Ça me va. En effet, et alors, ça va peut-être être dans le désordre par rapport à tes questions, mais j'avais absolument besoin d'écrire le livre de l'histoire de cette maison pour le... C'est pas clôturer quelque chose, c'est...
- Speaker #0
Au contraire, peut-être.
- Speaker #1
Ouais, c'est pour me libérer de tout ce que j'ai trouvé, de tout ce qui est important à dire aux gens et à toutes les mémoires qu'on a entre guillemets repêchées et sauvées de l'oubli. Il fallait que j'écrive ça pour... Pour m'échapper, pour prendre ma place, tu me demandais si on était chez Alice ou chez moi.
- Speaker #0
Oui, je t'ai posé la question.
- Speaker #1
On est absolument chez moi, absolument chez nous, avec des présences d'Alice et de sa famille partout, mais en filigrane et sans jamais aucun poids, sans jamais... on ne se blinde pas de leur vie. ils ont été là je pense que c'est du respect quelque part voilà et mes enfants souvent me disent je sais pas par exemple quand quand Charlie casse un verre elle a très peur que ce soit un verre d'Alice et donc la première chose c'est mais ça c'est à qui c'est à Alice ou alors c'est à nous même si c'était à Alice maintenant c'est à nous Elles ont toutes les deux un respect sur les meubles, les objets, que ce soit Alice ou sa famille, ou les parents de Renaud, les oncles. On a gardé toutes les mémoires des gens qu'on aimait et tous les objets. T'as vu ça ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc là, t'es dans la pièce Jean-Yves. Là, c'est Jean-Yves, c'est l'oncle de Renaud. Revenons à cette maison.
- Speaker #0
Donc, vous l'achetez, vous avez les clés. Oui. C'était quoi le projet ? Hormis le fait d'être en sécurité, de s'y sentir bien, de faire une maison de famille.
- Speaker #1
Le projet, c'était... C'était de faire un potager. Comme à la base, on voulait faire le tour du monde et vivre plein d'aventures. Et qu'on s'est dit, finalement, notre aventure la plus forte, c'est la sécurité et la douceur et le potager. Et avoir une maison pour les copains aussi. C'était très important. Et bien, on s'est donc dit... Sur ce terrain, il y a la grande maison, une petite qu'on va transformer en gîte et une autre petite qu'on va transformer en garage. Et quand on a eu les clés, Renaud m'a dit, de toute façon les travaux doivent être dans le pif, moi je vais y arriver, en un an on a deux maisons. Tu vois ? C'est ce que j'ai fait. Donc on est arrivé et il m'a dit, bon allez on... On met tout en carton, tout ce qu'on trouve dans la maison, on le met en carton. On a trois jours pour le faire et puis on commence à casser des trucs, remonter des trucs, nettoyer des trucs. Ça nous a pris des semaines de mettre en carton. On n'a même pas trié, on a juste regardé. Et tout de suite, j'ai fait les épisodes de Villa Alice. Sur TikTok au départ.
- Speaker #0
Sur TikTok au départ.
- Speaker #1
Et en fait, on trouvait tellement de choses.
- Speaker #0
Avec ta voix d'hôtesse de l'air.
- Speaker #1
tu vois c'est vrai j'étais hôtesse d'accueil j'adorais quand je décrochais le téléphone Maëlle bonjour tu vois et et on découvrait des choses passionnantes et on découvrait des traces de prénoms de noms ça a été très intense et donc on s'est lancé dans l'enquête de c'est quoi ces objets qui étaient ces gens et tout ça a vraiment pris une ampleur complètement folle quand Merci. Dans une des maisons, on a trouvé une pièce cachée où Renaud a cassé l'espèce de mur en bois et où derrière il y avait une petite chambre avec un lit, des vêtements d'hommes et deux valises. Et dans ces valises, il y avait les derniers effets d'un certain M. Page. Et à partir de là, alors là ça m'a perché dans une enquête fantastique, je ne dormais plus. J'ai découvert tous les sites. possible sur la généalogie, sur les archives, je fouillais de partout, j'ai appelé plein de gens. Et c'est là qu'une espèce de solidarité sur TikTok et Insta est arrivée et beaucoup de personnes m'ont aidée à avancer dans mes recherches, c'était absolument passionnant. Et donc Renaud, on a eu une espèce de quotidien où Renaud allait dans la maison On commençait un peu des travaux. Moi, j'enquêtais, j'écrivais des textes pour faire les épisodes. Et à chaque fois qu'il rentrait à la maison, il avait un carton en plus. Il me disait « tu vas halluciner » . Et ça ne s'est pas arrêté pendant des mois, les découvertes. C'était très intense.
- Speaker #0
Il n'y avait pas de projet d'écriture et de livre. C'était que du TikTok au départ.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Mais très vite, au bout de peut-être trois mois, les gens qui commentaient les vidéos me disaient Oui, oui. Oh là là, il faudrait en faire un livre, c'est fantastique. Et moi très vite je me suis dit, peut-être qu'Internet ça va s'arrêter un jour. Et que tout ce que je suis en train de faire là pour préserver les mémoires, ça va disparaître. Alors que le livre ça reste pendant des siècles. Il est à la BNF en plus. Il est à la BNF en plus, il est protégé. Et donc, en plus il est encore plus protégé que la BNF parce que quand j'ai eu l'idée de faire le livre... Je me suis dit, je fais ce livre pour pouvoir en glisser dans les murs de la maison, pour dans 300 ans, quand elle sera encore de nouveau en travaux peut-être, les gens, même si Internet a disparu, les gens pourront découvrir l'histoire.
- Speaker #0
C'est beau.
- Speaker #1
Oui. Donc là, il y a un bouquin sous le plancher du salon.
- Speaker #0
D'accord. Magnifique. J'aime cette idée.
- Speaker #1
Il faut faire ça. Il faut mettre des choses dans les murs.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr.
- Speaker #1
J'ai mis plein de trucs. On a trouvé plein de trucs.
- Speaker #0
Vous écrivez sur les murs et tapissez par-dessus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mettre un poème.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Une histoire.
- Speaker #1
Je n'ai même pas fait ça. Attends, je vais encore. pour tapisser.
- Speaker #0
Je te fais confiance. Je vais la trouver,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Ou un dessin d'enfant.
- Speaker #1
Déjà là, tu vois, rien que le fait d'inscrire les dates, les âges et les tailles de mes filles sur le rebord de la porte, ça, ça va être toute la vie.
- Speaker #0
Oui, oui, carrément.
- Speaker #1
Le premier qui repeint ça, je viens le hanter. Tu vois, dans 300 ans. Tu as touché à la taille de mes filles ? Non, non, pas moyen.
- Speaker #0
Donc vous avez commencé à trier, les choses prennent forme comme ça ?
- Speaker #1
On a avancé et puis Renaud était un peu sur tous les fronts et ça devenait un peu compliqué. Et grâce à notre amie que tu as croisée tout à l'heure, Anto, Anto nous a dit vous allez droit dans le mur à faire tous les travaux en même temps. Donc Renaud, tu vas t'arrêter et on va se concentrer sur le gîte, sur la petite maison qu'on voulait transformer en gîte. Et ça nous a permis, avec l'aide des copains, d'aller très vite dans cette maison où il ne restait que quatre murs. Le toit a été tombé, la charpente aussi. Et on a créé une petite maison qui nous a permis de vivre pendant un an pour permettre à Renaud de continuer les travaux dans la grande maison. Et maintenant, cet endroit est un gîte-musée, puisque tout ce qu'on a trouvé et qui ne nous est pas utile au quotidien, ou qui mérite d'être vu par le plus grand nombre, on l'a mis dans le gîte, sous forme de petite vitrine, pour que les gens circulent dans un mini-musée.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et sur la maison principale donc, que vous habitez à l'heure actuelle ?
- Speaker #1
Sur la maison principale, on a fait en sorte de garder le maximum de qui elle est.
- Speaker #0
De qui elle est ? Alice ou qui elle est la maison ?
- Speaker #1
La maison, avec des traces de tout le monde évidemment, le respect des matériaux, des murs, des... on a eu Plein de problèmes à vouloir respecter ça, à ne pas vouloir tout plaquer. Tout le monde avait très peur de l'isolation. On l'a maintenu en mode années 30. On n'est pas allé dans les extrêmes. Les normes d'isolation et tout ça actuels. Si on pouvait faire comme en 1930, on le faisait. Et tu vois, là, j'essaie de regarder ce qu'on a gardé, mais il y a des interrupteurs en bac élite qui ne sont plus reliés à rien, puisque le circuit électrique n'existait plus. Je les ai remis il y a quelques jours. On avait gardé l'emplacement. Et donc, on a des interrupteurs qui ne sont reliés à rien, mais qui sont ceux d'Alice.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, même pendant les travaux, on a mis de côté ce genre de détails. pour ne pas faire place nette.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
On n'a pas poncé les portes. On les a repeintes, mais on ne les a pas sablées. On n'a pas fait du nickel. Et Renaud m'avait dit il y a quelque temps, c'est fou le travail qu'on a réussi à faire pour que cette maison rénovée n'ait pas l'air d'être rénovée. Et en fait, c'est énormément d'imperfections calculées.
- Speaker #0
C'est quoi l'intention ?
- Speaker #1
On a un problème avec le neuf. L'intention, c'est qu'en fait, tous les éléments de cette maison étaient nos rêves. Nos rêves de matériaux, nos rêves de formes de portes, nos rêves de boutons, nos rêves de planchers qui grincent. Et c'est impossible de... d'avoir cette émotion de maison ancienne, de maison de famille, si on rénove de manière absolument nickel et ultra isolée. Le sol, là, il est plein de tâches et de... Voilà. On ne voulait pas quelque chose de parfait.
- Speaker #0
Dans la façon... Vous n'avez pas du tout bougé de cloison, ci-en-bas, peut-être ?
- Speaker #1
Alors... On a fait tomber les deux cloisons de l'entrée. Puisqu'en fait,
- Speaker #0
on rentre directement. À gauche, on a la cuisine. À droite, on a le salon.
- Speaker #1
Ça faisait très très sombre. Et en Bretagne, si on peut un maximum faire entrer la lumière, c'est quand même important. Et on a bougé les cloisons de la salle de bain en premier étage pour l'agrandir. Donc on a empiété sur le bureau et sur notre chambre. Et c'est le seul changement de structure. On n'a rien fait d'autre.
- Speaker #0
Comment après, vous avez imaginé les couleurs, les papiers peints, les sols que vous avez changés ?
- Speaker #1
Moi j'ai un problème, je suis assez monomaniaque et j'aime le vert. Donc notre maison est assez verte.
- Speaker #0
Tu sais qu'en psychologie des couleurs, le vert c'est la famille.
- Speaker #1
C'est pas vrai.
- Speaker #0
C'est le vert, c'est la famille, c'est l'enracinement parce que l'arbre qui est vert. J'adore. Voilà.
- Speaker #1
Ah mais en fait je suis hyper logique avec moi-même. Pour ta culture générale. Oui mais je te remercie, je prends. Tu m'as pris plein de trucs aujourd'hui. Comment on a fait pour se projeter au niveau déco, c'est ça ?
- Speaker #0
Alors au niveau déco, mais pas nécessairement déco, mais c'est comment vous dites, bon ben cette pièce, ça sera le bureau par exemple, puisqu'on est dans le bureau, ou en bas. C'est le salon. Quel est le point de départ pour imaginer la pièce telle qu'elle est aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ce qui est drôle, c'est quand on est rentré de notre urbex en mai 2020 et qu'on n'avait aucune prise, on ne savait pas ce qui allait nous arriver, j'ai passé 15 jours à monter les plans de la maison sur un logiciel en 3D. Et quand je regarde les plans, ça ressemble à ce qu'on a fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc avant même d'être vraiment, d'avoir mis à nu la maison et de pouvoir y réfléchir sérieusement, avec Renaud, on se ressemble tellement sur comment habiter un lieu que... Oui, on voulait un escalier vert, on voulait... Alors, il y avait des couleurs années 60. On pense qu'Alice a... à rénover la maison dans les années 60 ou 70. Et donc, il y avait du jaune pâle, il y avait du bleu pâle. La cuisine était bleu pâle. Et je voulais retrouver cette ambiance-là en pimpant un petit peu. Et c'est Renaud qui m'a dit « Est-ce qu'on ne ferait pas une cuisine rose ? » Et j'ai trouvé génial que mon mari me dise « On va faire une cuisine rose. » Donc on a... Il a craqué sur des carreaux de ciment. Il y avait des carreaux de ciment dans l'entrée qui étaient très abîmés. S'ils avaient été vraiment très beaux, on les aurait gardés. Mais ils étaient marbrés, ils ne nous plaisaient pas vraiment. Et Renaud a craqué sur des nouveaux carreaux de ciment. Et il a demandé au magasin de bricolage de nous prendre les couleurs du carreau de ciment et de nous faire plusieurs peintures avec ça. Donc on a construit la maison autour d'un carrelage.
- Speaker #0
Le carrelage que vous avez posé, il y a depuis peu.
- Speaker #1
On a monté toute la dernière pièce et le carrelage est là depuis trois semaines. Le fait d'avoir utilisé il y a trois ans ce carrelage-là en disant l'ambiance de la maison va être comme ça. En effet, le carrelage, on a l'impression qu'il a toujours été là.
- Speaker #0
Il était dans votre tête, dans votre cœur.
- Speaker #1
Après, on a fonctionné de manière très émotionnelle sur les tapisseries, puisque c'était du papier peint retrouvé dans une vieille maison de famille. de Renaud, qu'il a vu toute sa vie chez ses grands-parents et donc on a décidé d'en faire un fil conducteur entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Et puis voilà, je suis en train de me dire, j'ai pas trop de cohérence en fait. J'amasse des trucs qui me font du bien.
- Speaker #0
Est-ce qu'il faut en avoir une au fond ?
- Speaker #1
Oui. Mon incohérence et ma cohérence. Ah oui, d'accord. Tu vois ?
- Speaker #0
Et E-S-T, pas E-E-T.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et E-S-T. Ouais, je valide mon incohérence.
- Speaker #0
D'accord. Mais pour toi, par exemple, ça serait quoi la cohérence, ici ?
- Speaker #1
Ça aurait été de faire, comme beaucoup font, un truc vachement plus instagrammable, tu vois ? Je sais qu'on s'en fout, mais en fait, comme je suis bien quand mes yeux sont attirés par mes propres objets, j'ai l'impression de visiter ma maison à chaque fois. Je me dis « Oh là là, mais oui,
- Speaker #0
je me souviens de ça » .
- Speaker #1
Mais ça fait un peu bordel, quoi.
- Speaker #0
Mais pas du tout. Ça raconte une histoire. Chacun des objets, à chaque fois que tu poses ton regard sur tel objet, etc. Ça fait référence à ton histoire intime, privée, voilà.
- Speaker #1
Tu vois, je te montre un truc là. Ouais. C'est une petite boîte. Dans cette petite boîte.
- Speaker #0
C'est une petite boîte ?
- Speaker #1
En bois. En bois. Ouais. Tu vois, il y a une espèce de mousse et un bout d'autocollant Tortue Ninja. Eh ben, tu sais ce que c'est ça ? Non. C'est la mousse de mon contour de fenêtre de mon premier appartement quand j'avais 10 ans, que j'ai quitté. Et avant de partir, j'ai arraché de l'isolant et un sticker, ce que j'avais collé sur mon mur, pour garder toute ma vie un bout d'isolation de ma fenêtre de ma chambre anessienne d'enfant. Tu vois ? C'est très beau.
- Speaker #0
Moi je trouve,
- Speaker #1
moi ça me donne bien le char de poule. Et je suis tarée depuis toujours en fait, c'est ça qui est génial.
- Speaker #0
T'as un morceau de... J'ai un morceau de... Chacune des maisons, des lieux dans lesquels t'es passée ou pas ?
- Speaker #1
Euh oui. Quasiment. Alors après, quand j'étais étudiante, j'ai tellement bougé que j'avais pas de lien intense avec les lieux. Voilà, c'est quelques mois, je partais. Mais là, tu vois la maison qu'on a quittée en Ile-de-France. Le jour du... ça a été très dur, on adorait cet endroit. Le jour du déménagement, je me suis retrouvée seule avec Louise et Charlie. La maison était vide et on allait signer la vente. J'ai pris mes deux filles, je vais chialer. J'ai pris mes deux filles, on est allées dans le dressing que Renaud avait construit. Et on s'est allongées sous le dressing et on a écrit des trucs au stylo sous le dressing. Donc personne, sauf si un enfant y va vraiment, mais normalement personne ne peut le voir. Vous avez écrit quoi ? On a écrit qu'on a été heureux et qu'on voulait que cet endroit soit protégé. Et on a eu Charlie dans cette maison aussi, qui a eu la création de la famille au complet. Moi, les lieux, ça me rend folle en fait. Je dis tout ce qui s'est passé, tout ce qu'on laisse, toute l'énergie qu'on laisse.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'on emporte ?
- Speaker #1
Alors, on emporte... De toute façon, j'ai l'impression que mon principe de vie, c'est à chaque instant créer des souvenirs. Donc là, tu vois, on est en train de mettre en boîte, dans mon cerveau, un moment hyper chouette. Où t'es dans mon bureau. J'adore ça. Qu'est-ce qu'on emporte ? On emporte... Moi, cette maison à étampes a été un lieu de courage puisqu'on a réussi à partir. Donc on emporte la capacité... de s'écouter et de suivre une intuition complètement loufoque. Et j'y suis repassée il n'y a pas longtemps, devant cette maison. J'ai moins mal. Ça y est, elle n'est plus à moi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et voilà, c'est beaucoup moins intense qu'avant. Et ça ne l'est même plus du tout.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce qu'en effet, je suis...
- Speaker #0
Tu gardes les souvenirs ?
- Speaker #1
Je garde les souvenirs.
- Speaker #0
Les traces peut-être ?
- Speaker #1
J'ai été tellement heureuse. J'ai des bouts de carrelage par exemple. J'ai un miroir qui était dans les murs que j'ai pris. Et en fait cet endroit est un mélange. au niveau bordel de décoration, entre qui on a été intensément à étampes, puisqu'on est vraiment devenus des dingues de brocantes, on réparait plein de trucs, et qui on était chacun de notre côté avec Renaud avant même de se connaître. Enfin, on s'exprime tous les deux.
- Speaker #0
Il y a unification.
- Speaker #1
Il y a unification, même si c'était déjà un peu le cas à étampes, mais là vraiment, on prend ce lieu. Et on met tout ce qu'on est constamment.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais que cette maison, au fond, c'est votre première maison de famille ?
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est ce qu'on... En fait, on voulait vraiment protéger nos enfants. On est assez défaitistes sur l'avenir. Et on a peur qu'elles arrivent à 25, 30, 40 ans. à être peut-être sans travail. Il fallait absolument un lieu protecteur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'était important pour nous. Et c'était notre job, pour le coup, de parents. Alors, je dis ça, mais il faut avoir les moyens de le faire, évidemment. On n'a pas tous les moyens d'acheter une maison alléguée à nos enfants. Mais la banque, elle les a, les moyens. Alors, ça va. Je me souviens plus de ce que tu me demandais.
- Speaker #0
Moi non plus, mais c'est pas grave, on va enchaîner sur une autre question. Oui, non, c'est ici, j'ai retrouvé. J'ai l'impression que la Villa Alice, c'est votre première maison de famille. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Tu vois, ça rejoint ce que je disais sur le fait que je voulais qu'elle garde toutes ses imperfections et qu'elle craque. On est la deuxième famille à habiter cette maison. Et je veux maintenir ces bruits, ces odeurs, parce que c'est la maison de famille d'Alice. Et c'est la nôtre maintenant. On a acheté une maison de famille en fait, sans même le savoir, sans même le vouloir. Enfin Alice,
- Speaker #0
c'est la première chose qu'elle a demandé au fond.
- Speaker #1
C'est la première chose qu'Alice souhaitait. Et comme Alice a perdu très vite... Sa mémoire et sa compréhension de plein de choses. Je me sens vraiment gardienne d'un truc. Là aussi, ça fait un peu piou-piou les petits oiseaux, mais ce lieu, c'est pas rien. C'est la vie de plein de gens depuis presque deux siècles. Si on pouvait tous être respectueux comme ça, tu te rends compte la tête de nos villes ?
- Speaker #0
Ah mais c'est sûr !
- Speaker #1
c'est certain je veux pas me jeter des fleurs mais choisissons les bonnes couleurs et respectons les les choix hyper intelligents des anciens j'avais
- Speaker #0
une autre question aussi qui concerne les meubles qui sont ici je le souhaite pas si ça se trouve peut-être qu'un jour vous partirez ou pas on sait pas, je suis pas sûre non
- Speaker #1
imaginons les meubles est-ce qu'ils restent là ou est-ce que vous les emportez avec vous si on se projette dans un truc qui n'arrivera jamais de tiens on a une autre aventure immobilière et un autre chemin de vie ce qui n'arrivera jamais je répète oui oui on est bien d'accord je ne prendrai pas les meubles d'Alice tu les laisserais ici ouais ils appartiennent à la maison Et en plus, ils ne sont pas prenables.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Si tu veux prendre cette armoire, il faut la péter.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Elle a été construite dans la pièce.
- Speaker #0
Ils font partie de la maison. Oui,
- Speaker #1
oui. Et on a fait encore un pas de plus puisqu'il y a une autre armoire qu'on a intégrée dans le mur, qui est fixée et qu'on ne peut plus bouger.
- Speaker #0
Ça a été pensé en ce sens.
- Speaker #1
Oui, parce que maison de famille, c'est pour toujours.
- Speaker #0
Ok. Donc on a parlé de vos rêves quand vous êtes arrivée ici. Je pense qu'ils sont devenus pour la plupart réalité.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
La réalité a même dépassé tout ça, puisque toi, du coup, tu as... J'allais dire imaginé, mais c'est même pas le terme en fait.
- Speaker #1
tu as suivi ce que la maison te proposait au fond oui complètement pour devenir quoi aujourd'hui ? ça y est j'ai un chat dans la gorge je pense que Je me suis enfin trouvée. Je crois que c'est un truc qui arrive aux femmes entre 35 et 40 ans, non ? De se trouver et de se dire...
- Speaker #0
Je sais pas, moi je me suis trouvée plusieurs fois, donc...
- Speaker #1
Ouais, je sais pas, je comprends. Mais là...
- Speaker #0
On a plein de saisons, en fait.
- Speaker #1
Ouais. Mais là, c'était tellement un alignement que je ne savais pas, que je ne projetais pas. Et ce qui est drôle, c'est que, pour répondre à ta question, si je suis devenue autrice, c'est parce que la maison, jamais je ne me serais lancée d'envoyer quelque chose. Non.
- Speaker #0
C'est quelque chose que tu n'as jamais fantasmé ?
- Speaker #1
Et je suis d'une famille d'écrivains. D'accord. En plus. Et un truc très très drôle, c'est que vraiment, je dis à tout le monde, je n'ai jamais pensé à écrire. J'écrivais pour moi.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Voilà. Et j'ai retrouvé, il y a quelques mois, une caisse avec des molles skin.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mes molles skin d'ado et de jeune adulte, où j'écrivais des pensées. Et je feuilletais un des cahiers. Et le soir de l'élection de Sarko, on était en quelle année ? Je ne sais pas, 2007 ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Le soir de l'élection de Sarko, j'écris « Oh putain, je viens de trouver, je vais être autrice » . J'ai complètement zappé cette pensée-là. En me relisant, je ne me voyais pas du tout. Et puis ça s'arrête là et il n'y a rien derrière. Mais je félicite la drôlerie de la fille de 17 ans, 18 ans, qui écrit ça. Ok, donc par rapport à la villa,
- Speaker #0
on va dire que plusieurs personnes te disent sur TikTok qu'il faut écrire un livre, il faut écrire un livre, etc. Donc tu décides d'auto-éditer dans un premier temps ? Oui,
- Speaker #1
dans un premier temps, je décide de monter un projet sur une plateforme de financement participatif. Et je... Je m'aperçois que les gens achètent un livre qui n'existe pas et qu'ils ont tous confiance en moi. Le livre n'est pas écrit. Pourquoi d'après toi ? Ah je sais pas. Je comprends pas les gens. Je faisais des vidéos.
- Speaker #0
Est-ce que ça serait pas par exemple... Parce qu'ils apprécient ton regard. Au hasard.
- Speaker #1
On peut apprécier de là à donner 35 euros d'avance. sur un livre pas écrit.
- Speaker #0
Parce que ça fait rêver cette histoire quand même.
- Speaker #1
C'est pas la gueule du machin. Est-ce qu'au fond on rêve pas tous de ça ? Je crois qu'on rêve tous de découvrir la trace du passé en fait.
- Speaker #0
Mais de découvrir la trace et puis d'avoir une petite étoile quelque part, quelque chose qui s'allume en tous les cas, dont tu vas suivre un élan et qui va venir transformer ta vie. Au fond,
- Speaker #1
est-ce qu'on n'est pas à la recherche de tout ça ? C'est un... J'allais dire c'est un coup de chance, mais non, c'est une vision.
- Speaker #0
Je pense que c'est plus une vision,
- Speaker #1
c'est pas de la chance.
- Speaker #0
C'est que vous avez accepté de suivre ce petit chemin de cailloux, vous avez pris des risques.
- Speaker #1
Et puis on a travaillé d'arrache-pied en fait. Renaud ne supporte pas quand je dis qu'on a eu de la chance. On fait tout pour suivre un rêve.
- Speaker #0
Vous avez de la chance,
- Speaker #1
vous voulez être créée. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et vous la créez tous les jours.
- Speaker #1
Et on se la crée tous les jours. Et en effet, quand tu disais que je suis une fille qui s'émerveille, tout m'émerveille. Tout m'émerveille. Je n'en reviens pas du monde. Tout est beau dans le détail. Et ça me permet d'être dans un déni total sur l'effondrement global. Tu vois ? Ça, j'aime bien. J'ai beaucoup donné de moi en me disant que je pouvais faire partie des gens qui vont sauver le monde. Je me suis fait aller, c'est bon, je vais me sauver moi, je vais sauver mon émerveillement et la poésie, et puis on verra dans six siècles ce qui se passe.
- Speaker #0
Mais au fond, c'est ça qui achète les gens ?
- Speaker #1
Oui, peut-être.
- Speaker #0
Enfin, entre guillemets, parce que là on n'apporte pas l'émerveillement quand je te dis ça, mais globalement c'est ce rêve-là, au fond.
- Speaker #1
c'est cette poésie là en tout cas j'ai énormément senti aussi une Une solidarité. Je vais même plus aller vers la sororité parce qu'on est sur du 98% de soutien féminin. Et je remercie les quelques pourcents garçons d'être là depuis si longtemps aussi. Mais toutes ces personnes qui m'ont dit « Vas-y, on lâche 30 balles, au pire ça ne marche pas. » Et on a fait un très très beau livre. Et donc le financement participatif s'est transformé en livre édité par une maison d'édition, puisqu'on a dépassé le palier des précommandes, et qu'avoir la possibilité de faire diffuser ce livre en librairie, c'était hyper intéressant. Donc au final, j'ai fait le livre soutenu par une maison, et il a été diffusé. en librairie et c'était très chouette.
- Speaker #0
Et aujourd'hui en plus il est en livre de poche.
- Speaker #1
Et il est passé en livre de poche avant même sa sortie. Le livre de poche l'a croisé dans ses pourtois. Il y a eu aussi Petite Manigance de l'univers là-dessus et le livre de poche a souhaité l'avoir avant même de voir s'il plaisait en grand format.
- Speaker #0
Il ne s'est pas trompé.
- Speaker #1
parce qu'il a beaucoup plu en grand format et il plaît beaucoup en livre de poche.
- Speaker #0
Donc, le livre sur Villa Alice existe. Comment on passe au second, qui est un album jeunesse ?
- Speaker #1
Eh bien, l'univers aussi. De toute façon, c'est que ça. J'ai vécu une journée avec une baleine échouée sur une plage et il s'est passé des choses très... politique certainement sur cette plage, des enjeux que je ne maîtrisais pas. Et j'ai vu cet animal souffrir et j'ai vu l'association Sea Shepherd tenter de la sauver. Et mes enfants m'ont demandé ce qui se passait. Qu'est-ce qui se jouait à cet endroit ? Pourquoi les gens de la plage qui sont là pour aider n'ont pas le droit de venir aider parce que les policiers les interdisent de passer. Et pour raconter ça à mes filles, j'ai écrit un texte. Pour la première fois, j'ai écrit un texte de jeunesse. Jamais je n'avais écrit de texte de jeunesse. Et je décide de le mettre en vidéo sur Instagram. Et puis, il y a quelqu'un qui a scrollé et qui est tombé sur ce texte et qui m'a envoyé un message deux jours après l'apparition de la vidéo. Je suis éditrice chez Thierry Manier. je suis amoureuse de ce texte, est-ce qu'on peut se rencontrer ? Et on s'est rencontrées. Et moi, je pensais qu'elle allait m'aider à travailler le texte, qu'elle allait être là pour me donner des conseils, pour m'aider à... Peut-être un jour, je peux devenir autrice. Et vraiment, on boit un verre, et moi, je suis dans cette... Cette intention-là. Et à la fin du café, elle me dit... Bon, ben... Oui, oui, on va le faire. Je dis, comment ça, on va le faire ? Je dis, bah, tu vas être édité chez Thierry Magnet. Et puis, improbable, je suis sortie de ce rendez-vous complètement stone en me disant, mais attends, moi, je pensais juste qu'elle allait m'encourager à continuer, qu'elle était sympa, en fait.
- Speaker #0
Mais parce que c'est comme ça que ça se passe d'habitude, au fond.
- Speaker #1
Bah,
- Speaker #0
c'est comme ça qu'on entend les choses.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est peut-être... C'est plus simple que si on lit la nature jeunesse.
- Speaker #1
Comment on boit un café et à la fin du café, on a un contrat d'édition ? C'est bizarre, non ?
- Speaker #0
Ça fait partie de l'émerveillement, ça.
- Speaker #1
Alors, complètement. Et puis, particulièrement dans cette maison, Thierry Magnet est un très grand éditeur et il s'est entouré de très grandes éditrices. Donc, je continue sur ma lancée avec eux. parce que j'aime beaucoup ce qu'on fait. Et ben, en fait, après, je regarde des choses, j'entends des choses, j'en écris une histoire. Et puis, Didier Jeunesse aime bien, et Thierry Manier, il me rappelle. Voilà, donc je continue.
- Speaker #0
Donc, il y en a eu deux.
- Speaker #1
Il y en a eu trois. Édité ? Trois. Trois ? Les gens de la plage.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Une histoire est debout, une histoire est ouïe, chez Thierry Manier aussi, et la taille d'un câlin, chez Diété Jeunesse. Ah oui, exact.
- Speaker #0
J'oublie le dernier.
- Speaker #1
Voilà, la taille d'un câlin. qui a été écrit suite à une question de Charlie, qui me demandait si quand elle serait grande, on se ferait toujours des câlins. Et j'ai un peu pleuré et je lui ai dit, attends, je vais te raconter comment je t'aime. Et l'éditrice de Didier Jeunesse m'a appelée tout de suite en me disant, ah là là, je suis très émue. Voilà.
- Speaker #0
Et donc tu aspires à devenir autricien, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui. J'adore ton regard. Il est beau ton mascara, il te donne une intensité. Et qu'est-ce que tu veux que je te dise ? On y est, non ? Non, on n'y est pas encore.
- Speaker #0
Oui, je sais, rapport à l'argent, il faudrait que je gagnie des sous, machin, blablabla. Mais quand on écrit des livres et qu'on est édité, est-ce qu'on n'est pas autrice, au fond ? Oui.
- Speaker #1
Ben oui, je ne peux pas dire autrement, je ne peux pas dire autre chose.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Mais les autres... Tes filles,
- Speaker #0
à l'école, quand on demande la profession des parents, qu'est-ce qu'elles mettent ?
- Speaker #1
Elles disent autrice. Mais moi aussi, je le dis. La vérité, ça. Mais oui, mais moi aussi, je le dis, parce que c'est ce que je suis vraiment. Mais c'est pas vraiment encore... J'en parle tout le temps à ma psy. C'est pas ce que je te disais tout à l'heure. Le travail... Il faut qu'il soit valorisé financièrement. Parce que je travaille tout le temps à décorer ma maison, à faire mon jardin. C'est du travail. C'est du travail qui ne me fait pas manger. Mais je travaille tous les jours. À un moment donné, il faut gagner de l'argent. J'écris, je suis heureuse d'écrire, je suis éditée. Mais je ne gagne pas encore de quoi vivre. Et donc, je suis encore dans la peur panique de me dire mais quand est-ce que je vais devoir arrêter d'écrire et trouver un travail ? Est-ce que ça va arriver ce moment-là ? D'accord. De bon, ben voilà, vraiment, série craque, on n'y arrive plus. Mais trop,
- Speaker #0
est-ce que ça t'empêchera d'écrire ? Même si... Il y avait un travail à côté.
- Speaker #1
Ça ne m'empêcherait pas d'écrire, mais je n'ai tellement pas envie d'avoir un travail à côté. Je veux tellement... Oui, c'est un luxe immense, cette liberté. Ah bien sûr, c'est un luxe. Cette liberté. Et comme je me suis promis, il y a dix ans, de ne plus jamais être salariée, je me le suis juré, je me le suis mis dans la chair, quoi. Je ne vivrai plus ça. Je ne peux pas m'imaginer être... Après, on peut s'inventer plein de métiers non salariés, bien sûr, mais là, c'est bon, je me suis trouvée. Donnez-moi 1500 euros par mois, quoi ! Moi,
- Speaker #0
je dis, tu es arrivée ici, enfin, vous êtes arrivée ici avec un rêve qui était de ralentir.
- Speaker #1
Ah oui, ben là, on...
- Speaker #0
En 2020, vous avez acheté cette maison, vous avez fait des travaux. Entre 2020 et aujourd'hui, on est en 2026. Tout début d'année 2026. Tu as écrit Villa Alice, tu as écrit trois... Un livre jeunesse, tu es en cours d'écriture d'un roman, vous avez rénové une maison, deux maisons même,
- Speaker #1
on peut dire.
- Speaker #0
Oui, je pense que dans la temporalité, on n'est pas trop trop mal quand même. Donc peut-être que cette maison, elle t'invite aussi à ralentir et à prendre patience par rapport à ça.
- Speaker #1
Et c'est pour ça qu'elle m'empêche d'écrire à l'intérieur.
- Speaker #0
Peut-être que c'est pour ça qu'elle t'apprend à tester tes limites. C'est très drôle. Quelque part, elle te permet d'éclore peut-être au bon rythme.
- Speaker #1
Mais complètement. De toute façon, tu as vraiment sorti une phrase tout à l'heure qui va me hanter jusqu'à la fin de mes jours. Jusqu'à ma mort. Jusqu'à ma mort. Et je suis contente de te rencontrer.
- Speaker #0
Moi aussi. Ça fait un moment. Là aussi, tu vois, ça fait un moment que je me dis, il faut que je vienne te rencontrer.
- Speaker #1
C'est très drôle. Alors vraiment, il y a ce côté Instagram aussi, qui je trouve fantastique. Pour moi, c'est un monde de bisounours Instagram, parce que je me sens très... Parce que tu as la communauté qui te ressemble aussi. Exactement, je me sens très protégée. C'est pour ça que j'ai un peu arrêté TikTok aussi. J'aime bien être dans mon cocon avec les gens que j'aime. Et même si je ne les connais pas tous. Mais cette facilité de mettre en lien les gens qui se ressemblent, sur la sensibilité artistique, sur la sensibilité du monde, en effet, on n'a pas beaucoup discuté et on savait, on se sent.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et ça, c'est nouveau et ça s'est arrivé avec la maison aussi.
- Speaker #0
Mais parce que quelque part, en parlant de la maison, tu as ouvert la maison. Tu as laissé rentrer les gens, rentrer peut-être pas dans ton intimité, mais quelque part un petit peu aussi.
- Speaker #1
Il y a eu de l'intimité. Ta sensibilité,
- Speaker #0
tout ça, ça se perçoit au travers de ce que tu es, ce que tu fais, ce que tu dis. Donc automatiquement, ça a beaucoup plus d'impact que la maison Instagram dont tu parles tout à l'heure, qui va lisser complètement les choses.
- Speaker #1
Ah là, moi, je ne montre pas des trucs lisses. Non,
- Speaker #0
tu montres... Tu es souvent échevelée,
- Speaker #1
souvent épuisée, souvent en colère.
- Speaker #0
C'est pour cette raison qu'on connecte avec toi directement. C'est pas si chichi-pompon quoi.
- Speaker #1
C'est quand même une éclosion assez intense et folle et je reviens toujours pas.
- Speaker #0
J'ai écouté en venant à un épisode de podcast dans lequel elle est intervenue, c'était en 2023. Qu'est-ce que tu dirais à moi du futur qui s'écoutera dans deux ans par rapport à ce podcast ? Parce qu'il y a deux ans...
- Speaker #1
Je sais tellement ce que je vais lui dire !
- Speaker #0
Il y a deux ans et demi, tu n'essayais pas de devenir autrice. Aujourd'hui, tu l'es.
- Speaker #1
Eh bien, j'aimerais lui dire, mais bordel, mais pourquoi tu n'as pas confiance en toi ? parce que dans deux ans je suis persuadée que mon roman sera sorti et quel dommage de perdre du temps avec l'angoisse vraiment mais on fait avec qui on est on n'a pas trop le choix mais je travaille et puis je t'écoute voilà Je vais lui dire « apaisse-toi et tu vas y arriver puisque c'est ton chemin » . Et que t'es pas... Voilà, c'est pas un cheveu sur la soupe, quoi. Et puis perds tes kilos, bordel. Fais du sport, arrête de fumer et continue de boire du gin tonic. Ça te va comme message ? Ah non, mais c'est pour toi, hein.
- Speaker #0
C'est ton message du futur dans deux ans.
- Speaker #1
Un message du futur dans deux ans... Ouais. Arrête d'angoisser, vis ta vie.
- Speaker #0
Tu t'es tout dit ?
- Speaker #1
Ouais, je suis tout dit. Tu veux te dire un truc ?
- Speaker #0
Est-ce que je veux me dire un truc dans deux ans ?
- Speaker #1
Parce que toi aussi tu lances des projets assez fous.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. Que le carnet de naissance de ma maison soit dans toutes les librairies. J'y travaille, mais voilà. C'est un travail de longue haleine, mais qui est chouette. Donc ça permet. De venir jusqu'ici et de te rencontrer.
- Speaker #1
Je suis une personne pleine de lumière. C'est fou d'être aussi... Toi, si tu es sur ton chemin, ça se voit.
- Speaker #0
Je me sens sur mon chemin, clairement. On est sur le même instanté.
- Speaker #1
Exactement. On peut peut-être dire s'il y a des gens qui nous écoutent. C'est possible qu'il y ait des gens qui nous écoutent ? Il y a des fadas partout. qu'il faut se concentrer sur les micro-signes.
- Speaker #0
Oui. Il faut apprendre... Pour ça, il faut faire taire le bruit. Oui. Comme tu l'as fait, c'est que tu as pris du recul, tu es venue t'installer dans un endroit où il y a moins de bruit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais il n'y a pas que ça. C'est laisser nos téléphones sur le côté, les fourmis,
- Speaker #1
et puis regarder en l'air. Regarder en l'air, regarder les gens.
- Speaker #0
Oui. Écouter les gens.
- Speaker #1
Écouter les gens.
- Speaker #0
Mais les écouter vraiment. Pas les écouter, ça va ? Oui, ça va, merci, salut, bonne journée.
- Speaker #1
Bah ouais. Et tendre des perches et voir si elles sont prises.
- Speaker #0
Et saisir les opportunités.
- Speaker #1
Après ça, ça fait un peu discours de manager.
- Speaker #0
Non mais pas saisir les opportunités en disant c'est ne pas dire non,
- Speaker #1
mais bien sûr.
- Speaker #0
C'est dire oui à ce qui se présente.
- Speaker #1
Et sans entrer ni dans la religion, ni dans l'ésotérisme, ni dans rien, la vie est étonnante. Et on a tous et toutes des histoires étonnantes. Il faut juste les nourrir, les brasser de temps en temps. Et si on décide de partir, on part. Si on décide de rester, on reste.
- Speaker #0
Si c'est juste, peu importe.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ce sera le mot de la fin ?
- Speaker #1
Ouais. Non, attends, le mot de la fin... Ah non, vraiment, je suis trop contente que tu sois là. Moi aussi. Et non, le mot de la fin... Achetez tous son livre.
- Speaker #0
Et achetez tous son livre. Voilà,
- Speaker #1
merci. Tu vois, on s'échange des trucs. Et non, achetez des livres.
- Speaker #0
En général, ça c'est sûr. Dans les librairies indépendantes.
- Speaker #1
Achetez des livres, achetez des maisons anciennes. Rénovez-les. acheter des trucs anciens en général et j'aime bien donner des ordres non mais s'il vous plaît ah oui s'il vous plaît si c'est bien vous arrêtez là dessus avec le s'il vous plaît c'est parfait voilà merci beaucoup merci à toi j'ai adoré j'ai jamais passé autant de temps sur ce petit canapé tout gabossé ce serait notre canapé c'est un peu notre canapé ouais j'ai vécu un truc là trop bien merci c'était très très chouette merci à toi et à très très vite bisous bisous