- Speaker #0
Il faut vraiment y croire parce que le syndrome de l'imposteur sinon il est éternel. Au début t'es juste un chômeur qui essaie de faire de la musique tu vois en gros. En fait c'est vrai qu'il y a toujours une part où tu te mens un peu à toi-même quoi, t'en meurs d'envie. Avant mes 35 ans, c'est facile à dire maintenant mais j'y serais allé à poil quand même.
- Speaker #1
Est-ce que tu ressens un certain changement dans la perception que les autres ont de toi ? 100%. Ah ouais c'est vrai ?
- Speaker #0
Ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi rikrak et ça fait longtemps que je n'avais pas été aussi heureux. Non franchement !
- Speaker #1
Bienvenue sur Make Stuff, le podcast qui part à la rencontre de celles et ceux qui ont quitté leur taf de bureau pour tenter de vivre de leur créativité. Des gens qui ont fermé leur ordi un soir, rendu leur badge et ont quitté l'open space la tête haute. Je m'appelle Romane Messmin, je suis salarié de la Startup Nation, donc rien à voir avec le thème vous me direz. Mais ces trois dernières années, j'ai eu environ 250 idées de business créatif et absolument aucune que j'ai menée jusqu'au bout. Par peur de l'insécurité financière, du regard des autres, par manque de courage, probablement un peu de tout ça. Alors j'ai décidé d'arrêter de fantasmer une vie d'artiste idéalisée et de mener l'enquête auprès de celles et ceux qui ont lancé leur business créatif qui sont devenus artisans ou artistes. Je veux comprendre à quoi ressemble vraiment leur journée, ce que ça implique de transformer une passion en métier, quelles sont leurs joies, leurs doutes, pourquoi ça marche ou pas. Ma mission, démêler le vrai du fantasme et répondre à une question simple. Est-ce que la vie est vraiment plus belle sans team building ni powerpoint ? Bonne écoute !
- Speaker #0
Hello Charles, ça va ?
- Speaker #1
Salut Romane, ça va et toi ?
- Speaker #0
Ouais, très bien, merci de me recevoir. Donc toi t'étais consultant pendant quelques années ?
- Speaker #1
Complètement, ouais. Pendant 5 ans et demi.
- Speaker #0
5 ans et demi ? Ouais, t'as fait plusieurs boîtes et tout. Et là, depuis récemment, t'es devenu compositeur de musique. Pour toi, pour des artistes ?
- Speaker #1
C'est ça, exactement. Un peu des deux. Au départ, ça faisait longtemps que je le faisais plutôt... Pour moi et pour les autres, j'ai toujours un peu fait ça à côté du taf. Et puis, c'est devenu mon activité principale depuis un an. J'ai arrêté le 8 avril 2025 et on est le 9 avril. Félicitations, ça fait un an, c'est ton anniversaire. C'est un truc de malade, c'est un truc de ouf. En vrai, c'est un truc de fou. Je viens de cramer, c'est ça. Le dernier jour de taf dans mon ancienne boîte, c'était le 8 avril 2025. Trop bien. C'est ouf.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous faire une petite rétrospective de toi, ta vie, ton œuvre ? parce que Par exemple, je sais toi que tu es un musicien depuis toujours, grosso modo. Vas-y, raconte-nous un peu ton rapport à la musique, tout ça, et comment tu t'es retrouvé dans le conseil d'Infine.
- Speaker #1
Tout à fait, ouais. Donc, moi, j'ai commencé à la base la guitare quand j'étais tout petit, donc quand j'étais en CM1, je me rappelle. Et mes parents voyaient quand même que ça me plaisait bien, mais j'étais nul parce que... Parce que la première école dans laquelle j'étais, c'était assez détente. Et en fait, j'ai eu la chance de croiser la route d'une femme qui s'appelle Florence Gajda et qui a un peu senti que je devrais tenter le conservatoire. Et donc du coup, j'ai passé le concours. J'avais 10 ans et je suis rentré au collège dans ce qui s'appelle les classes horaires aménagées musique, donc CHAM. J'ai fait tout mon collège comme ça. Après je suis allé dans un lycée, j'ai fait un bac S, lycée scientifique quoi, enfin voilà, bac S. Et donc j'ai continué le conservatoire à ce moment-là, et puis il a fallu choisir un métier, choisir une orientation. Et en fait voilà, donc une fois qu'il y a eu le bac, là moi je savais pas ce que je voulais faire de ma vie, et j'avais un pote qui est toujours sound designer, qui m'a appelé hier, il est apparu en ce moment, et qui est passionné par le son. Et lui, il m'a orienté vraiment sur le son. Moi, j'étais vraiment au départ sur la guitare, je voulais être une rockstar pendant le lycée. Et en fait, lui, il avait cet intérêt très fort. Moi, je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie. Donc en fait, on a tous les deux candidaté pour intégrer une formation qui c'est une double licence, sciences de l'ingénieur. Donc voilà, licence de sciences de l'ingénieur d'un côté et licence de musicologie de l'autre à la Sorbonne. Et donc, à la fin de cette double licence... J'ai tenté tous les concours pour les grandes écoles de son public de niveau master qui permettent de devenir vraiment un G-son quoi, pas technicien son mais vraiment un G-son. Et j'ai failli aller au conservatoire supérieur de Paris, il y a une formation où ils s'en prennent 8 par an, et j'ai fait premier sur les attentes donc j'ai pas été pris. Et donc là voilà, je me suis retrouvé finalement un peu à la fin de la WSense en mode qu'est-ce que je fais de nouveau.
- Speaker #0
Et à ce stade, parce qu'avant t'avais envie d'être une rockstar.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ensuite, tu t'es dit, je vais être un gesson. À ce stade, tu es très déçu de ne pas pouvoir être un gesson ? Le dream de devenir une rockstar revient ? Ou au contraire, tu essaies de mettre ça de côté ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Je pense que le dream est toujours là. Il y a une grosse pression parentale certaine sur l'importance des études. De toute façon, il y avait vraiment ce côté où j'étais assez scolaire, j'aimais bien l'école, et où j'estimais qu'en gros, on verra après. On a la première case d'études et donc voilà, donc en fait à ce moment-là, finalement je passe un an à faire un DEM, ça s'appelle diplôme d'études musicales. Et pendant cette année-là, je me dis quand même, je sais pas si c'est de l'inquiétude transmise peut-être parentalement, j'avais l'envie tout simplement de bien gagner ma vie je crois, tu vois, et en fait je vois... je me fais l'idée que dans la musique ceux qui gagnent bien leur vie c'est ceux qui sont en maison de disques et ce qui n'est pas une idée, enfin il y a du salariat en maison de disques, c'est un des seuls endroits où il y en a donc c'est bien mais il n'y a pas de, enfin c'est pas forcément aujourd'hui les maisons de disques qui gagnent le mieux leur vie mais en tout cas je me dis ça, à ce moment là je suis un peu fasciné par l'idéalisation du directeur artistique ou du producteur qui se balade de studio en studio, lunettes de soleil et tout tu vois, je me fais un peu un monde autour de ça et donc là je tente toutes les écoles de commerce et j'étais tout seul à faire ça tu vois j'avais zéro pote qui faisait ça ouais j'imagine pas du tout le cursus classique de fou et puis je rentre à l'OM Lyon et je me dis Voilà, où on s'est connus de fois et mois. Tout à fait.
- Speaker #0
On est devenus des early makers.
- Speaker #1
Exactement. Et donc voilà, arrivé à l'EMU, premier stage en maison de disques chez Columbia, un label de Sony Music. Donc super endroit.
- Speaker #0
Donc dream job.
- Speaker #1
Dream job. Dream job de fou.
- Speaker #0
Tu le savais dans tous les cas. En gros, quand là, tu as terminé tes études à l'EM, tu ne faisais pas partie des paumés comme moi. qui ne savaient pas du tout dans quelle industrie ils allaient bosser, etc. Toi, tu savais de toute façon que ça allait continuer dans la musique ?
- Speaker #1
Sûr, à ce moment-là,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Et donc, j'y vais, et en fait, là, des illusions graves. En gros, j'étais community manager, tu vois. En gros, des artistes et du label, tu vois. Donc, sympa, parce que tu as un contact rapproché avec les artistes. En gros, il y avait Julien Doré, Raphaël, tu vois, c'était plutôt de la pop et de la variété et tout. Tu vois, c'est super, mais ça ne m'a pas plu. Là, tu vois...
- Speaker #0
quand même un peu perdu quoi je me dis en gros c'est soit soit et musiciens un gestion ça me paraissait vraiment trop dur tu vois j'ai et financièrement aussi c'est pas moi je me fais peut-être une idée fausse du truc mais j'ai l'impression qu'un gestion studio etc c'est pas nécessairement truc où tu cannes maxi bien ta vie versus mais
- Speaker #1
on dit ce qui est c'est quelque chose de plus stable et plus c'est ça ouais donc c'est un peu aussi pour ça que tu as un peu écarté cette piste ou pas ouais ouais ouais complètement et donc du coup voilà après cette désillusion je je me rappelle très bien... un mec qui s'appelait Artus Gondel qu'on embrasse de fou et je lui dis ça j'aime la musique ça m'a pas plu je fais quoi tu vois il me dit fais du conseil, t'as pas besoin d'XP c'est le seul truc c'est vrai que c'est quand même bizarre ce métier, tu sais rien faire tu vois c'est l'inverse d'un métier qui exige une compétence t'as pas de compétence et tu apprends à quelqu'un qui Kiki connaît son métier, à faire son métier, en gros. Et donc, je suis assez halluciné de ce truc-là. Il m'explique qu'il a fait un premier stage. Bon, lui, ça ne l'avait pas plu, mais voilà.
- Speaker #0
Mais il t'a quand même recommandé chaudement de faire la même chose.
- Speaker #1
Et donc, je fais OK, bon, let's go. Et donc, j'ai eu la chance d'avoir ce cabinet qui s'appelait Nova Consulting, qui est une petite boutique de conseils en stratégie sur la place parisienne et qui est spécialisée dans la culture. Donc ça faisait bien le pas avec mon CV. Mais en tout cas, ils m'ont pris ce cabinet et franchement, j'ai bien aimé. Genre au niveau du métier, j'ai quand même trouvé que j'aimais bien le côté un peu compète, le côté où il fallait quand même bosser dur, le côté où c'était exigeant et tout. Et puis j'aimais bien le côté où j'étais payé 2000 balles en stage, c'était bien. Oui,
- Speaker #0
c'est pas mal.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Et donc ils m'ont pas pris, je pense que j'étais nul, en fait, en vrai de vrai je pense que j'étais nul.
- Speaker #0
Ah oui, t'étais toujours en stage, pardon, et donc ils ont pas converti en...
- Speaker #1
Non, mais voilà, donc ça m'a fait le premier pont, et puis après tout ça, à la fermeture de l'EM, j'ai commencé...
- Speaker #0
À la fermeture de l'EM ? Toujours plus, c'est pas parce que t'es parti que l'école a fermé.
- Speaker #1
Ils m'attendent encore et tout. Et après Covid... et là galère et tout recherche de taf et là fallait absolument trouver un taf quoi tu vois je suis en mode conseil à fond du coup sécurité sécurité voilà c'est important de passer ce cap en fait c'est ça ta raison et tu te dis toujours un peu il y en a quand même beaucoup tu vois des gens qui par exemple qui font de la musique tu vois et qui veulent être vraiment dans la musique quoi et en fait c'est vrai qu'il y a toujours une part où tu te mens un peu à toi même quoi t'en meurs d'envie Et t'as peur, comme tu dis, tu veux quand même valoriser ton diplôme aussi. Tu te rappelles les premiers salaires, on se disait « combien tu gagnes ? » Ça faisait partie du discours. Après, ça se détend beaucoup, mais au début, l'entrée dans la vie active, t'as pas envie de te louper, en gros.
- Speaker #0
T'étais toujours dans un mindset assez, finalement, école de commerce, études, reconnaissance parentale, etc. Et assez, du coup, driveé par un bon salaire, quelque chose qui a un peu de la renommée et tout.
- Speaker #1
de fou. Après, j'ai fait 5 ans en conseil interne à la SNCF. Boîte très sympa.
- Speaker #0
Il paraît que c'est très cool.
- Speaker #1
C'était très très cool. Franchement, je recommande. Et puis, ils ont été très encourageants aussi avec mon activité musicale et tout.
- Speaker #0
Parce que là, du coup, si on remet un peu le contexte, t'es quand même à fond, à côté de ton taf, dans la musique. C'est pas passé complètement au second plan non plus.
- Speaker #1
Du tout. Franchement, du tout. les soirs, les week-ends et tout, donc j'avais plusieurs projets mais en gros au début j'ai eu un duo avec un pote, après j'ai eu un duo avec ma copine donc j'ai jamais fait de carrière solo, jamais lancé de projet de solo, c'est toujours un truc que j'ai dans un coin de la tête et j'ai toujours eu envie d'être en groupe pour faire ça et donc on faisait ça. à côté du taf quoi.
- Speaker #0
Ouais donc vachement prenant.
- Speaker #1
Ouais de fou et puis enfin voilà, dans l'ensemble ça marchait quoi, on faisait quelques concerts, quelques trucs mais jamais eu vraiment de switch, de décollage quoi et puis en fait après ces cinq ans là je sais pas trop franchement le move j'ai pas trop compris ce que j'ai fait tu vois franchement J'adore. Toujours maintenant quand j'y repense, tu vois. En fait, j'avais repéré qu'il y avait la possibilité de, un jour, quand tu arrives à 5 ans, ininterrompre le CDI. De monter une entreprise et de prendre en gros le chômage pour le faire.
- Speaker #0
Comme si tu avais une rupture co, mais non. C'est ça,
- Speaker #1
exactement. Et donc voilà, j'ai repéré ce truc.
- Speaker #0
Et donc à ce moment-là, c'était une question de temps avant que tu te lances, en gros ? Ou c'était sûr ?
- Speaker #1
C'était sûr. Franchement depuis le début je crois que c'était quand même sûr tu vois.
- Speaker #0
Ouais ok.
- Speaker #1
Ça fait quand même longtemps que je l'avais en tête le truc tu vois. Je savais pas comment mais j'étais vraiment en mode... Il fallait de toute façon qu'avant mes 35 ans mettons... En fait avant d'avoir des gosses je pense tu vois.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Il fallait que j'ai un moment quand même dédié à ça tu vois. D'une manière ou d'une autre tu vois. Je pense que avant mes 35 ans, c'est facile à dire maintenant mais, j'y serais allé à poil quand même même si j'avais eu pas d'autres moyens tu vois. Sinon j'aurais trop eu peur d'avoir trop de regrets quand même autour de ça tu vois. J'avais coché quand même les casques qu'il fallait et tout, mais j'avais vraiment trop l'enfance qui tapait dans la tête en mode « t'as envie d'être musicien, mec » . Donc en fait, il faut quand même que je le tente un moment, je m'étais quand même dit ça.
- Speaker #0
Donc ça, c'était vraiment une certitude.
- Speaker #1
Ouais, franchement, c'était sûr. Et donc ce métier de consultant, par rapport au métier, par exemple, de musicien ou de producteur, où c'est que de la... Franchement, c'est beaucoup de compétences, tu vois. Moi, je voyais que le consultant... et parfois plus valorisé que le mec qui va encadrer. Et en fait, ce truc-là, ça m'embêtait. Et en fait, j'avais un peu le seum de ne pas être dans un métier plus technique. Et je me suis dit, je vais aller dans la data et l'IA parce que ça me permet d'aller plus vers la technique. C'était ça le plan. Je suis allé chez Artefact, qui est un cabinet de conseil en data et intelligence artificielle. Et en plus, franchement, Artefact, pour le coup, j'ai vraiment moins apprécié parce que... Parce que c'est moins intéressant, tout simplement. J'ai trouvé que c'était vraiment moins intéressant.
- Speaker #0
Le sujet d'émission, tu veux dire. Le sujet d'émission,
- Speaker #1
exactement. Et j'ai l'impression, quand j'écoute des potes parler, que ceux qui sont heureux de leur métier, quand même, c'est les techniciens, tu vois, c'est les développeurs, c'est les avocats, c'est les médecins. En fait, c'est quand même des gens qui font des trucs, qui ont la sensation de faire des trucs avec leurs mains. J'ai l'impression. Dans nos formations à nous, je pense... versus peut-être les formations d'école d'ingé qui mènent un peu au même type de profession, j'ai l'impression qu'il y a plus de frustration autour de ce point-là précis. Je suis complètement d'accord. Le passage chez Artefact, ça m'a permis quand même de...
- Speaker #0
Est-ce que ce n'était pas un peu le job de la dernière chance ?
- Speaker #1
Si.
- Speaker #0
Ou un acte manqué pour bien t'enfoncer ? Tu vas être sûre que tu ne veux plus faire ça.
- Speaker #1
C'est grave possible. Oui, c'est possible. Oui, c'est ce que me disent... J'ai des potes qui me disent ça un peu. Que je me suis terminé comme ça, en fait. Parce que SNCF, c'était trop confort. C'était trop confort, en fait. Ça faisait pas assez mal d'aller au boulot.
- Speaker #0
Donc, si je résume, finalement, aller à SNCF, OK, c'est du conseil, etc. J'imagine que c'est quand même prenant, machin. Mais t'es quand même suffisamment peinard pour qu'il n'y ait pas d'électrochoc qui se déclenche, tout en ayant quand même cette vraie envie. de te lancer dans la musique à terme. Et donc, tu te mets un peu dans le dur en allant chez Artifact, et c'est là où il y a le vrai déclic qui s'opère. C'est là où tu te dis, ok, non, donc là, ma vie est vide de sens.
- Speaker #1
Complètement, oui.
- Speaker #0
Et tu te souviens d'un moment, parce que bon, comment tu passes à l'action ?
- Speaker #1
En fait, je me rappelle très bien que la mission à laquelle j'étais, ça ne me plaisait pas trop. Et donc, ma boss, on s'entendait très très bien. humainement elle était géniale et en fait un jour elle m'a fait un feedback et puis elle m'a donné des points d'amélioration et en fait je me suis un peu tiré une balle dans la jambe en disant qu'en gros j'étais nul et que si elle ne validait pas ma période d'essai en gros ça me permettrait de faire de la musique et que c'était pas grave donc je lui ai vraiment dit ça et sans lui demander Merci. tu vois, de me virer parce que... Mais je m'étais dit qu'elle comprendrait un peu le signal et en fait, elle l'a compris, tu vois. Genre, ma volonté, donc elle m'a effectivement non validé la période d'essai. Comme c'est l'initiative de l'employeur, ça te permet quand même de démarrer, quoi. Voilà.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Du coup, ouais, il disait quoi tes proches ? À ce moment-là, est-ce qu'ils te soutiennent ? Est-ce qu'ils ont peur ?
- Speaker #1
C'est un bon point. Le regard social, très important dans ce moment-là. Franchement, très important. Pas facile, tu vois. Dans l'ensemble, quand même, ça fait tellement longtemps que les gens me voyaient faire ça qu'ils se disaient, évidemment, tu vois. Donc, dans l'ensemble, franchement, soutien, tu vois. Mais effectivement, inquiétude. De toute façon, les parents, ils ne veulent que le bien. Mais il y a une grosse construction sociale autour de la réussite, au début. Maintenant ça fait un an que je fais ça, j'estime que c'est vraiment mon métier mais au début t'es juste un chômeur qui essaie de faire de la musique tu vois en gros. Et donc au début t'as pas les plans et tout et t'es pas serein tu vois. Et tu te lèves et il y a personne, moi je me rappelle que le plus dur à vivre ça a été que tu te lèves et il y a personne qui t'attend. Et ça c'est vraiment la diff quand même. Et quand t'es pas ultra discipliné, ce qui était franchement mon cas au début, tu fais des journées où en fait tu... te dis que tu es en train d'avancer mais tu n'avances pas vraiment parce que tu n'as personne qui te fouette et derrière de rien là en l'occurrence je n'ai pas de boss mais j'ai des clients maintenant et c'est les clients qui te maintiennent la pression alors très bon point déjà
- Speaker #0
juste Joséphine elle en disait quoi ta femme ? elle te soutenait ?
- Speaker #1
elle me soutenait à fond franchement elle me soutenait à fond et je l'embrasse très fort parce que en fait c'est vrai que la composante à deux, elle a été décisive là-dedans. C'est de savoir que j'étais soutenue.
- Speaker #0
Sachant qu'elle aussi, elle a une vibe artistique hyper forte.
- Speaker #1
Hyper forte, carrément. Elle préfère largement maintenant, comme je suis actuellement, qu'à l'époque.
- Speaker #0
Trop bien. C'était quoi, selon toi, ta plus grosse peur avant de te lancer ? Le gros point noir dans ta tête qui disait « Putain, est-ce que je fais une grosse connerie ou pas ? »
- Speaker #1
Je pense que c'était là, de toute façon c'est quand même l'argent, c'est sûr, mais plus précisément je pense que c'était surtout le vide, enfin en fait c'était le vide, franchement c'était le vide, c'est le fait de, d'un coup t'as quand même pas mal de temps disponible quoi, et le temps il s'étire en fait, et j'étais en mode il faut que je remplisse tu vois, et j'ai rempli comme un malade au début tu vois, j'ai pris beaucoup trop de projets, je fais beaucoup de trucs, je le fais toujours mais je vais quand même avoir...
- Speaker #0
puissance vachement plus infiltrée et au début j'étais en mode il faut remplir l'agenda et c'est pas malin parce que du coup c'était un peu du jour au lendemain parce que si t'as fin de période d'essai et arrivé à un moment bref le lendemain t'as plus de boulot et
- Speaker #1
là toi tu bossais déjà avec des clients t'avais déjà une petite base donc t'étais quand même un petit peu baqué ouais mais ouais en fait le résultat est directement proportionnel à Merci. force de travail que t'as, c'est pas des tâches qui s'automatisent beaucoup. Là quand même, l'investissement de ton temps, il faut être assez malin. Au début, je pense que j'ai pas été malin. Je suis parti comme un bourrin, apprendre absolument tout ce que je pouvais faire, et puis il y a pas mal me disperser. Après, il faut être complet, mais t'hésites entre ton branding, est-ce que tu dois vraiment te positionner en tant que guitariste ? Moi, à la base, je suis guitariste, donc est-ce que je suis plus un guitariste qu'un compositeur ? Est-ce que je suis aussi un auteur ? Est-ce que j'écris aussi ? Découler des paroles pour les gens ? Est-ce que je suis plus un réal qu'un compositeur ? Mais bref, tout ça je le découvre, tu vois, je me rends compte aussi de ce qu'il y a derrière comme système de répartition, de valorisation du droit d'auteur et comment tu peux gagner ta vie en fait dans ce game. Et parce que le business model en fait au début il est pas clair, enfin déjà je savais que c'était pas facile, tu vois, je savais que c'était la guerre, mais savoir comment tirer quand même son épingle du jeu dans cette guerre.
- Speaker #0
On va y revenir sur la partie vraiment financière du truc. Est-ce que tu peux me dire maintenant, c'est quoi ta semaine type aujourd'hui ? À quoi ça ressemble ?
- Speaker #1
Alors forcément l'activité est quand même tellement variable que bien sûr c'est trop facile de répondre qu'il n'y a pas de semaine type. Mais il n'y a pas d'organisation claire et figée néanmoins.
- Speaker #0
Tu n'as pas des weekly meetings qui sont dans ton agenda ?
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, exactement. Mais il y a quand même par contre des types d'activités qu'on retrouve tout le temps. Il y a vraiment trois grands types. Il y a l'activité studio. Donc là, c'est vraiment un artiste vient chez moi début de journée, tu vois, 10h. Parfois, il y a du page blanche. Donc, page blanche, j'appelle ça page blanche, c'est tu pars de rien. Donc, on prend une guitare, on prend un piano et on démarre, on cherche mélodie et texte. Parfois, il y a une compo un peu démarrée, tu vois. Et donc là tu pars de ça et tu produis le son autour. Donc ça c'est la partie vraiment studio. Après donc il y a la partie live où quand même je tourne pas mal.
- Speaker #0
Tu es à la cigalière.
- Speaker #1
Oui c'est vrai, c'est vrai, avec un artiste qui s'appelle Chilou qui est formidable et que j'embrasse. Cette partie live, il y a le live en tant que tel, donc jouer devant les gens, et puis il y a le live au sens promo, donc on fait pas mal de promos radio. Donc ça c'est une grosse partie là, je ne pensais pas du tout au début, mais j'en fais vraiment beaucoup des promos radio.
- Speaker #0
Ok, donc c'est quoi ? Tu vas dans une radio, tu dis coucou, je suis avec mon artiste, on a sorti ce son, et tu chantes en live ?
- Speaker #1
C'est ça, moi du coup je ne chante pas, mais c'est ça. Toi tu fais la guitare derrière ? Voilà, exactement. Juste,
- Speaker #0
pardon, pour comprendre ce que tu fais avec tes artistes. Donc, je sais que toi, tu vas faire donc la... la compo musicale etc donc potentiellement trouver les mélodies jouer la guitare derrière est-ce que pour tous tes artistes à chaque fois tu fais du live avec eux ?
- Speaker #1
pour l'instant oui parce que j'adore le live tu vois genre vraiment c'est quand même la raison pour laquelle je fais ça au départ tu vois j'adore la scène et moi j'aime quand même partir avec l'artiste tu vois sur les parties guitare c'est trop stylé ça doit être hyper excitant d'être sur scène de fou c'est le rêve ah ouais c'est l'aboutissement du truc tu vois et Et...
- Speaker #0
Et du coup, pardon, après on revient sur ton... On met juste ce petit aparté là-dessus. Donc, tu es sur scène, tu es généralement un peu derrière l'artiste. Tu joues de la guitare derrière, etc. Est-ce que toi, de ton côté, il y a une petite frustration du fait d'accompagner quelqu'un et de ne pas être là en maxi guest star ?
- Speaker #1
C'est un très bon point. La réponse est que je suis extrêmement heureux et bien à ma place. C'est vrai, tu vois. Après, ce n'est pas une frustration, mais une envie artistique quand même. où parfois t'as quand même l'air de rien envie de porter des messages qui soient textuels tu vois des paroles ou de dire des choses mais aussi musicaux tu vois de faire la musique vraiment que t'as profondément envie de faire et ça sur ce point là c'est le seul moyen de le faire c'est d'avoir son projet tu vois son projet solo un jour je développerai quelque chose c'est sûr je sais pas trop quelle forme il aura et on verra tu vois mais ce sera pas trop par envie d'être célèbre et tout ce sera par envie de faire vraiment profondément ce que j'ai envie de faire tu vois franchement ouais très clair
- Speaker #0
Et sachant que tu continues quand même tes projets que je l'appelle perso du coup, mais qui sont tes projets en duo, soit avec Joséphine, soit avec le groupe convertible que vous avez, etc.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc tu as quand même cette source un peu d'épanouissement perso. Vachement.
- Speaker #1
C'est une aventure qui est mieux quand elle est vécue à plusieurs. Et donc tu as raison sur ces trucs-là. Après, le truc, c'est qu'il faut une dalle monstre. Enfin, c'est comme... peut-être la politique ou des trucs comme ça, il faut vraiment avoir profondément envie. La musique, c'est une grosse partie de sang et sueur. J'ai toujours vu ça sous cet angle. C'est peut-être l'aspect un peu conservatoire qui a dépeint. Mais pour moi, depuis le tout début, c'est 30% de plaisir et 70% vraiment de taf où tu te fais mal. Et donc ça, quand tu partages ton projet avec d'autres gens, forcément, tu as des décalages. Oui, tu partages la peine.
- Speaker #0
Mais l'alignement sur l'effort à fournir,
- Speaker #1
il est parfois pas toujours facile à trouver. Et c'est pour ça. Pour citer concrètement mon duo avec ma copine, ma copine, elle n'a pas envie de devenir musicienne pro. Donc c'est normal qu'elle soit moins investie et qu'elle ait moins envie. Et donc il ne faut pas forcer les gens à faire des trucs qu'ils n'ont pas envie de faire. Et voilà.
- Speaker #0
Et sur ton quotidien, est-ce qu'il y a un truc auquel tu t'attendais pas du tout ?
- Speaker #1
complètement il y a pas mal de choses que tu désidéalises ouais de fou globalement j'avais compris que c'était concurrentiel, qu'il fallait être partout et tout je dirais que le principal truc quand même c'est la vie de tournée qui est quand même moins idyllique que ce que j'imaginais au départ c'est bien sûr que on se doute qu'il y a les nuits courtes, les trucs comme ça mais effectivement il y a vraiment un truc de gestion de l'intensité où t'arrives dans des endroits, tu t'installes tu fais les balances, tu joues tu replies le matos tu charges le van, tu vas à l'hôtel t'es tout seul et tu recommences et en fait j'adore vraiment le moment où on est sur scène mais tout l'autour il faut quand même être prêt à avoir conscience ça de...
- Speaker #0
de ce que c'est que c'est juste pas toujours marrant tu vois alors tu es entre potes c'est trop cool tu vois genre mais c'est quand même beaucoup de logistique ouais ouais c'est comme tu vois j'ai énormément d'admiration pour les gens qui bossent dans le cinéma et qui doivent se taper toute la logistique d'un tournage ou d'un truc comme ça mais c'est épuisant de fou et puis on se lève super tôt tu as ton camion tu as tout le matos a2 bon quand tu es en pas quand tu es l'acteur principal du film on s'entend mais quand tu bosses dans ce genre de milieu tu mets quand même vachement la main dans le cambouis encore une fois Et c'est éreintant physiquement, c'est pas forcément super quali les endroits où t'es logé, t'es pas forcément dans un confort non plus de malade.
- Speaker #1
C'est clair, ouais.
- Speaker #0
Tu es un peu épuisant quoi.
- Speaker #1
Ah ouais de fou. Et donc il y a ce truc là. Après moi j'ai pas encore eu la chance d'être vraiment sur des grosses tournées. Tu vois donc en fait en gros soit il y a un tourbus soit il n'y a pas de tourbus. Et quand il n'y a pas de tourbus c'est mon cas tu vois. Et c'est un petit peu différent. Mais donc quand il y a un tourbus quand même tu dors dans le tourbus.
- Speaker #0
Ah tu dors dedans ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ah ouais ok.
- Speaker #1
Ouais ouais en fait tu vois il y a des couchettes. Et donc en fait il y a un côté téléportation quoi. Tu termines le show tu vas te coucher. tu te remettais dans la ville d'après. Et en fait, ça, ça sauve... Ouais, ouais, grave, de fou. Et ça, ça sauve beaucoup, apparemment, des retours que j'ai, beaucoup la qualité de vie.
- Speaker #0
Donc, la tournée, ça peut être un peu le truc... C'est plus tricky que ce que tu pensais.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et est-ce que t'as des regrets de ta vie d'avant ? Des doutes encore présents, des trucs où tu dis quand même, c'était pas mal.
- Speaker #1
Ouais, ouais, grave, complètement. Franchement, ma vie d'avant, déjà, quand j'y repense... J'ai pas le souvenir d'avoir été particulièrement malheureux et là je...
- Speaker #0
C'est un peu le problème du taf confort, c'est que t'es pas malheureux.
- Speaker #1
T'es pas malheureux.
- Speaker #0
Mais t'es pas maxi-drivé par... T'es pas maxi...
- Speaker #1
Ouais exactement, c'est ça.
- Speaker #0
Désolé pour les anglicismes omniprésents.
- Speaker #1
Pareil. Et euh... Non non, exactement. Et donc en fait, quand je repense à ma vie d'avant, je pense que ce que j'aimais bien, c'était quand même l'absence de nécessité de prospection. Le fait de jamais avoir à démarcher quoi que ce soit, en fait, ça c'est quand même vraiment agréable. Une fois qu'il y a des projets qui tournent, je pense que ça va. Une fois que tu passes un certain cap, ce n'est pas du tout encore mon cas. Et donc aujourd'hui, chaque chose que tu envoies, chaque truc que tu produis, en fait, tu as la sensation, je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais que tout peut s'arrêter à n'importe quel moment, tu vois. Et je pense que cette sensation-là, tu la gardes un moment, quoi. Et tu l'as quand même moins d'entreprise.
- Speaker #0
Ce qui est juste un petit aparté avant de passer sur la... partie un peu plus financière rapidement sans rentrer dans les chiffres mais ce que je retiens quand même c'est que comparé à d'autres métiers d'artiste le métier de musicien il a pas l'air si solitaire que ça, est-ce que toi tu trouves que c'est un métier assez solitaire ou pas trop ?
- Speaker #1
Non, c'est pas un métier solitaire, par contre c'est un métier impactant sur la vie privée tu vois bien sûr c'est vrai qu'on a pas tant que ça parlé mais ouais bien sûr en fait franchement mes potes hors musique, j'avoue, c'est drastique à quel point je les vois moins. Parce qu'en fait, elle a maintenant une grosse partie de mon temps de soirée, de week-end et tout, je le dédie à ça. Bien sûr,
- Speaker #0
et puis en plus, t'as pas des horaires de boulot normaux. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Donc en fait, t'es tout le temps avec des gens, mais finalement, c'est pour ça que ce que je constate, c'est que sa famille musicale, c'est très important. C'est-à-dire des gens vraiment du milieu. C'est mignon. Mais vraiment, avec qui tu te sens bien et tout. parce que tu passes beaucoup de temps avec eux et ça te permet aussi, bien sûr, comme les gens qui partent en voyage, de recentrer pas mal ta vie perso. Ouais,
- Speaker #0
tu vas à l'essentiel.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, exactement.
- Speaker #0
Très bon point, on a failli passer à côté de ce sujet-là qui est en fait capital, je trouve, dans cette histoire. C'est que, du coup, comment tu gères tes potes ? Oui, en effet, tu fais le tri, ça je comprends bien. tu vois moins, tu te concentres sur l'essentiel. Il y a les gens de la musique, que tu vois à toute heure du jour et de la nuit, grosso modo. Il y a ta femme qui, elle, a un boulot normal. Du coup, comment vous jonglez entre vos emplois du temps respectifs ? Est-ce qu'elle t'accompagne parfois à des events ? Est-ce qu'elle s'est adaptée à cette nouvelle situation ?
- Speaker #1
Carrément. Du coup, j'ai la chance que ça lui plaise. Ouais déjà,
- Speaker #0
que le milieu lui plaise, moi je serais tétanisé mon dieu.
- Speaker #1
Ouais ouais, de fou. Franchement, ça c'est une grosse grosse chance. Après elle a toujours eu ce caractère très porté vers les gens et tout, donc ça colle bien. Et puis tout simplement elle aime bien la musique, effectivement, on a un projet musical tous les deux et tout, donc ça lui parle quoi. Donc en fait, là-dessus ça se passe très bien. Effectivement par contre c'est vrai qu'on se voit pas. Qu'on se voit beaucoup moins. Et donc parce qu'elle travaille énormément. et que moi aussi et que nos travaux respectifs ne sont pas sur les mêmes plages horaires. Donc voilà, on se voit moins. Et je pense, ouais, en fait, on essaye d'être plus...
- Speaker #0
Carré sur le gestion du calendrier. Sur se dire tel week-end, on va vraiment le bloquer.
- Speaker #1
Et vous vous mettez une sorte de deadline entre vous ou pas ? Parce que tout à l'heure, tu me disais que je ne sais pas que vous vous donniez un an où vous étiez à fond dans le boulot. Et j'imagine que vous ne vous projetez peut-être pas comme ça sur des années et des années. Parce que le but c'est quand même de se voir. C'est quoi le projet ? Merci.
- Speaker #0
T'as raison. En vrai, même sur la notion de parentalité. Ouais, de vie de famille, bien sûr. Et c'est vrai qu'il faut réussir, de mon côté en tout cas, il faut que je réussisse à trouver un truc stationnaire, où j'ai vraiment mon rythme, mon truc qui tourne, où je ne suis pas en train d'être en lutte. Ouais, je vois. T'as l'impression d'être en lutte là. Un peu quand même. Un peu d'être toujours en train d'essayer de... de faire mon nom, tout simplement. Là, j'estime que je suis en train de faire mon nom. Je ne suis pas en position stationnaire. Mais c'est intéressant. Je ne sais pas si ce n'est pas une sensation que tu as un peu toute ta vie. Mais en tout cas, pour moi, j'en suis là. Moi, je m'étais toujours dit que c'était... Il y avait un salaire à partir duquel tu peux vivre à Paris normalement, rembourser... Donc, on est propriétaire avec Joséphine. Donc, rembourser ton prêt et vivre heureux. Et là... de ce que j'observe, c'est autour de 2200 euros par mois. Donc en fait, j'estime que si 100% de mon activité me rapporte autour de 2500 euros par mois, on sera un ménage tout à fait heureux toute la vie. En fait, ça me va très bien de gagner ça toute ma vie, si je fais ça toute ma vie, franchement.
- Speaker #1
Donc ça paraît atteignable, ce qui est plutôt cool. Tu serais OK pour ne pas être multimillionnaire. Tout à fait.
- Speaker #0
Et ça c'est vrai que c'est un truc que tu sais pas forcément au début. Moi je croyais que j'aimais bien l'argent, tu vois. Et franchement en fait je crois que j'aime pas l'argent. Enfin je te promets, peut-être que je te dirai quelque chose de différent dans trois ans, mais en tout cas actuellement j'ai l'impression de vivre d'amour et d'offrir... Alors c'est déjà un très gros salaire bien sûr. Mais voilà, en tout cas c'est le cap auquel...
- Speaker #1
Et aujourd'hui t'en es loin de ce cap ?
- Speaker #0
Non, aujourd'hui j'y suis. mais je sais que je fais des trucs ouais déjà il y a le chômage en complément quand j'y suis pas et donc en fait quand je fais 2000 je prends pas de chômage tu vois ce que je veux dire c'est un vase communicant en gros ça faisait longtemps que j'avais pas été aussi ric rac on va dire et ça fait longtemps que j'avais pas été aussi heureux c'est vrai tu t'adaptes bien c'est un truc de malade au début ça me revient vraiment Moulin. la baisse de dépenses. Et c'est très inconscient. Je vais beaucoup moins au resto. Et en fait, sans trop m'en rendre compte, quand même, il y a tendance à baisser un peu le truc. Et franchement, ça se fait. Moi, je pense que ça l'a fait. Et ça vaut le coup. Vraiment, je recommande dix fois. Franchement, ça va. Après, c'est vrai. Il y a plein de trucs. Il y a plein de dépenses peut-être que j'aurais eu tendance à faire avant. et que je ne fais pas, tu vois. Mais ce n'est pas du tout un truc qui m'a fait souffrir, quoi. Vraiment.
- Speaker #1
Et au-delà de l'aspect financier, est-ce que tu ressens un certain changement dans la perception que les autres ont de toi ?
- Speaker #0
100%.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est vrai ?
- Speaker #0
Un truc de fou. Un truc de fou. Ça, ça a vraiment toujours... Et ils te trouvent plus cool ? Ouais. En fait, ils me trouvent plus en place. Enfin, plus ancré, tu vois. Moins en doute, moins en déséquilibre, et moins en recherche de ce que je veux faire, tu vois. Ils sentent quand même... C'est très intéressant.
- Speaker #1
C'est hyper positif. Ah ouais,
- Speaker #0
hyper positif. Ça, c'est un truc très très positif. Au début, il y a eu... Ouais, comme je te disais, un peu de... Bien sûr, en fait, tu passes de l'autre côté de la société, quoi. Tu passes de ceux qui cotisent à ceux qui... Ils s'attendent en banque, quoi. Ouais, ouais, ouais. En fait, c'est ça. Non, mais c'est ça. Dès que tu changes de camp, quand même, sur le système de distribution des richesses en France, tu vois, les gens, ils te voient... Ils voient que tu passes de l'autre côté, en fait, tu vois. Et donc... Et au début, t'es... t'es juste un gars qui essaie de faire de la musique et maintenant qu'effectivement il voit en fait c'est quand même des trucs qu'il faut un petit peu rêver quoi on est passé à la LDLC à Lyon il y avait 14 000 personnes dans la salle et en fait c'est ma vie Lyon donc t'as la famille qui vient alors mes parents ils ont jamais douté de moi mais le regard un peu plus large tu sens qu'il y a une idéalisation du truc et surtout un truc de il se sent bien dans ce qu'il fait quoi et donc comme il se sent bien dans ce qu'il fait il se pose moins de questions donc c'est quelqu'un de plus stable Et donc finalement tu ressembles plus à un adulte à leurs yeux quoi, tu vois ce que je veux dire ? Ouais, complètement. Et ça vraiment je le sens, vraiment je le sens. Et c'est vrai que c'est vachement agréable quoi, genre pour le coup.
- Speaker #1
C'est hyper positif.
- Speaker #0
Ouais. Ouais, ouais, de fou. Ouais. Mais j'ai eu des... franchement, des... J'ai quand même déjà, juste avant tout, une immense chance d'être dans la famille dans laquelle je suis, tu vois. Franchement, des deux côtés, donc côté de mon père et de ma mère, y'a quand même des gens qui sont vraiment, quand même, positifs. Mais c'est sûr que, particulièrement maintenant, quoi, qu'ils sentent quand même que c'est un truc viable sur le long terme, quoi, tout simplement, tu vois. Euh... Je... Ouais.
- Speaker #1
je trouve que ça se sent vraiment tu sens le regard qui change quoi franchement ok trop bien et ambiant ce qui est archi cool ouais grave bon en même temps parce que je sais que c'est hyper stigieuse ce que tu fais enfin je sais ça monte sur scène enfin c'est quand même assez dingue tu fais des super salles c'est super gentil mais
- Speaker #0
on veut toujours plus et je suis que un challenger encore dans ce game là c'est tout ce qu'on te souhaite du coup en effet pour conclure tu dois où dans les prochaines années en gros Merci.
- Speaker #1
est-ce que tu as des objectifs à atteindre pas financiers mais des objectifs un peu de star de musicien à atteindre est-ce que tu en as un et est-ce que tu te vois faire ça encore longtemps tu vois moi le grand truc mon rêve franchement
- Speaker #0
en ce moment c'est d'avoir un titre où j'ai participé vraiment à sa jeunesse à sa création et qui porte vraiment loin trop bien parce que d'habitude tu peux intervenir un petit peu plus tard c'est ça exactement dans le process tu vois et puis j'aimerais en tout cas de toute façon mécaniquement il faut même que ça m'arrive en fait pour pouvoir m'établir longtemps dans ce game là mais voilà pour l'instant j'ai aucune certification j'ai pas un disque de platine un disque d'or, j'ai rien et donc je côtoie des gens qui ont des certifications sur tout leur mur et donc déjà tout simplement peut-être avoir une certification juste un single d'or Chez moi, ce sera déjà un premier pas pour se dire qu'on est rentré dans le monde des grands.
- Speaker #1
Trop bien, je comprends. Trop la classe de l'être aussi,
- Speaker #0
de décorer ton studio.
- Speaker #1
Un dernier conseil à quelqu'un qui voudrait faire comme toi, un musicien qui hésite à se lancer, un petit tips, ou si ce n'est pas un tips, une mise en garde, j'en sais rien. Qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Que la phase de training, d'apprentissage, elle est toute la vie sur ce truc-là, la musique. Mais qu'il ne faut pas hésiter à croire quand même qu'on devient compétent à partir d'un certain moment. C'est-à-dire que moi, je vois toute la journée des guitaristes qui sont meilleurs que moi, vraiment meilleurs que moi. Et je sais qu'il me faudrait une vie pour atteindre leur niveau. néanmoins avec mes moyens actuels j'ai quand même moyen de faire des choses et donc il faut vraiment y croire parce que le syndrome de l'imposteur sinon il est éternel super intéressant,
- Speaker #1
trop bien merci mille fois Charles,
- Speaker #0
c'était trop trop cool merci beaucoup à toi Romain ça m'a fait trop plaisir à très vite, à bientôt,
- Speaker #1
salut merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout et n'oubliez pas de mettre une note ou un commentaire s'il vous a plu Au lieu de remettre mon super jingle, je vous fais découvrir le dernier projet de Charles et de l'artiste d'Affaudil, Maquillez-vous les hommes. C'est cadeau !
- Speaker #2
Maquillez-vous les hommes, mettez-en plein les yeux, devenez des icônes, pas des marins malheureux Et si ça vous dérange de porter une jupe, un petit short à franges, vous ne deviendrez pas putes