- Speaker #0
Par exemple ma mère qui est psy elle comprenait totalement parce qu'elle voit du burn out tous les jours et que limite notre génération c'est son fond de commerce parce qu'on est beaucoup en fait. T'es un peu la boule au ventre que t'as le dimanche soir quand tu sais que tu dois retourner au taf. Bah en fait moi j'ai pas ça parce que déjà je suis chez moi donc en fait j'ai pas de boule au ventre de passer de ma chambre au salon. Parce qu'il faut se dire que les gens qui ont des talents à l'âge de 5 ans, que ce soit le piano, le dessin, c'est quand même rare. La plupart des gens apprennent leur métier. Puis même, c'était vraiment... Je pleurais en fait. J'allais au bureau, j'étais en train de fumer ma cigarette, je pleurais derrière mes lunettes de soleil et tout.
- Speaker #1
Bienvenue sur Make Stuff, le podcast qui part à la rencontre de celles et ceux qui ont quitté leur taf de bureau pour tenter de vivre de leur créativité. Des gens qui ont fermé leur ordi un soir, rendu leur badge et ont quitté l'open space la tête haute. Je m'appelle Romane Messmin, je suis salariée de la Startup Nation, donc rien à voir avec le thème, vous me direz. Mais ces trois dernières années, j'ai eu environ 250 idées de business créatif et absolument aucune que j'ai menées jusqu'au bout. Par peur de l'insécurité financière, du regard des autres, par manque de courage, probablement un peu de tout ça. Alors j'ai décidé d'arrêter de fantasmer une vie d'artiste idéalisée et de mener l'enquête auprès de celles et ceux qui ont lancé leur business créatif qui sont devenus artisans ou artistes. Je veux comprendre à quoi ressemble vraiment leur journée, ce que ça implique de transformer une passion en métier, quelles sont leurs joies, leurs doutes, pourquoi ça marche ou pas. Ma mission, démêler le vrai du fantasme et répondre à une question simple. Est-ce que la vie est vraiment plus belle sans team building ni powerpoint ? Bonne écoute ! Mon invité aujourd'hui c'est Louise. Oui, une deuxième Louise. Louise a 30 ans. et pendant 5 ans, elle a été commerciale dans la pub chez Publicis. Son rôle, c'était de faire le pont entre ses clients, des marques de cosmétiques, et les créatifs de la boîte. Et finalement, la partie qui lui plaisait le plus dans son boulot, c'était justement la partie créative. Le Covid arrive, puis un burn-out, et Louise réalise qu'elle ne trouve plus de sens dans ce qu'elle fait. Alors elle change de vie. Aujourd'hui, 3 ans plus tard, elle est graphiste, directrice artistique et illustratrice. Donc Louise, toi t'as fait des études qui sont liées à l'art ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors pas du tout, j'ai fait une école de commerce à la base, donc une école de commerce classique, dans laquelle justement je me suis spécialisée un peu plus pendant les stages et pendant les cours, les modules, etc. dans la publicité justement. Et ensuite, quand j'ai décidé de me reconvertir, là j'ai fait une formation spéciale de six mois, une formation adulte en fait, de direction artistique.
- Speaker #1
Ok, très clair. T'as toujours eu un petit peu cette fibre artistique ? Où ça t'est venu sur le tard ?
- Speaker #0
Non, j'ai toujours eu cette fibre artistique, c'est-à-dire que depuis que je suis petite, je fais beaucoup de choses manuelles, de la peinture, du dessin, enfin un peu de tout, du tricot, enfin vraiment des choses très diverses et variées. J'aime bien essayer des choses un peu différentes dans le monde créatif depuis que je suis toute petite. Et puis au moment du bac, le moment de l'orientation, tu te demandes un peu ce que tu peux faire et c'est vrai que je pense qu'à ce moment-là, j'étais mal renseignée. sur les débouchés, ce genre de choses. Je n'avais personne dans mon entourage, dans ma famille ou dans mes proches qui avait fait ce type de chemin. Je savais qu'il y avait des écoles, les Beaux-Arts, Peningen, ce genre de choses, mais je ne savais pas où vraiment concrètement ça allait me mener, vers quel type de métier. Et donc, je choisis l'école de commerce parce que justement, c'était assez généraliste. Et finalement, j'ai fait un master marketing du luxe, ce qui m'a finalement menée vers justement ce que je faisais. chez Publicis dans les cosmétiques de luxe.
- Speaker #1
Tu te souviens pourquoi tu as choisi ce master-là ?
- Speaker #0
Honnêtement, je ne me souviens plus trop, mais je pense qu'il y avait un côté qui m'attirait, qui était un peu le prestige de cet univers. C'était vraiment me dire, comme j'avais déjà fait des stages dans la publicité, je me suis dit que les univers, les pubs de parfums, ce genre de trucs, c'est là où tu as des beaux budgets publicitaires concrètement, où tu peux être très créatif. parce que c'est justement des univers complètement à créer.
- Speaker #1
Pendant cette période, tu ne t'es jamais dit que tu pouvais vivre de tes créations et de ton côté artistique ?
- Speaker #0
J'avoue qu'à ce moment-là, non. Encore une fois, parce que je pense que je n'avais pas d'exemple vraiment marquant dans mon entourage pour qui ça avait marché. Et aussi parce que je pense que jeune, j'étais aussi ambitieuse et attirée par la reconnaissance. d'un beau nom de poste, d'un beau nom de boîte, ce genre de choses, de travailler pour des belles marques, etc. Je pense que j'étais plus attirée par ça, aussi rassurée, parce qu'à la fois il y a le... Le côté, je me crée un pont un peu solide quand je suis jeune et le côté aussi financier qui est plus rassurant. Non, à ce moment-là, franchement, je ne m'étais pas dit que j'allais faire ça un jour, mais c'est venu un petit peu au fil du temps.
- Speaker #1
Ok. Et tu voyais faire quoi comme carrière ? Tu parles d'ambition aussi, du fait que peut-être c'était des jobs un peu mieux rémunérés. Tu te voyais aller où, toi ? Tu le sais ?
- Speaker #0
Honnêtement, je ne sais pas, mais je m'étais dit qu'il y a des strates hiérarchiques dans le monde de la publicité. D'abord, tu es chef de pub, ensuite tu es chef de groupe, ensuite tu es directeur de clientèle. Et je me suis dit qu'il fallait que j'arrive à être directrice de clientèle avant 30 ans, ce genre de choses. Et je pense que c'est aussi un peu, malgré tout, cette attitude qui m'a menée vers le burn-out. Parce que forcément, tu te mets un peu des espèces d'objectifs. Et tu te rends un peu parfois malade, c'est le cas de le dire pour ça. Et puis finalement, aujourd'hui, ça me paraît presque un peu dérisoire, mais c'est parce que j'étais jeune. Et puis finalement, je suis contente d'avoir fait tout ça parce que ça m'a mené là où je suis aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, quand on commence sa carrière, on a tout un tas d'idées un peu préconçues sur la réussite. Et voilà, ça évolue avec le temps. Donc, tu viens d'évoquer rapidement ton burn-out. Est-ce que c'était ça, l'élément déclencheur ?
- Speaker #0
Ça a été ça l'élément déclencheur, je vais dire un truc un peu cliché, mais ça a aussi été le Covid, le moment où on se retrouve un peu chez soi, un peu isolé des collègues, justement de ce côté un peu frénétique que je pouvais avoir, quand tu es un petit peu dans le tumulte et dans le rythme un peu intense du quotidien, tu es aussi galvanisé par ça, galvanisé par le groupe, et c'est vrai qu'en perdant un petit peu cette dynamique-là, en ayant le côté visio, le côté un peu solitaire aussi, parce qu'on était tous un peu isolés, tu commençais à te poser des questions. Et puis comme on avait plus de temps à ce moment-là, je reprenais les activités un peu manuelles, de la fabrication de bijoux, de la poterie, plein de choses différentes. Et donc quand ça a repris, entre-temps j'avais changé de boîte de pub, quand ça a repris un petit peu la vie... Tu sais, un peu hybride entre télétravail, on revient au bureau un ou deux jours par semaine, etc. Vraiment, les jours où je revenais au bureau, déjà, vraiment socialement, je me sentais mal. Au bout d'un moment, c'était... Pourquoi ?
- Speaker #1
Tu te souviens ?
- Speaker #0
Je me sentais en fait mal à l'aise, je me sentais plus du tout alignée avec, tu vois, ce côté on donne tout pour du mascara, ce genre de choses. Je me sentais vraiment en décalage.
- Speaker #1
Tu as un exemple précis dont tu te souviens ? Je ne sais pas, un lancement, un projet ?
- Speaker #0
Je me souviens que notre gros client, c'était une grosse marque de luxe cosmétique et qui nous avait invités pour le moment où ils présentent vraiment toutes leurs nouveautés. Et je me souviens avoir vu cette salle remplie de gens, vraiment les yeux pétillants devant la vidéo de retranscription de l'événement. Tu sais, avec... Mais tu sais, ils s'habillent en haut de cou. couture pour la présentation c'est des présentations hyper futuristes où ils ont mis un budget de fou tu vois avec des anglicismes ils sont là this new mascara is the new dawn of the makeup era machin et moi je trouvais ça grotesque en fait et là je me suis dit c'est vraiment le moment où je pense que j'ai décroché à la fois du sujet qui était les cosmétiques à la fois du sens que ça m'apportait à la fois du sens dans le monde aussi Oui. Je me sentais plus alignée. Et j'étais plus prête aussi à faire les sacrifices qui sont que tu as parfois des deadlines impossibles, les clients dans le luxe sont extrêmement exigeants, voire parfois un peu fous, il faut le dire. C'est un peu comme dans les films. C'est un peu des caprices de diva.
- Speaker #1
Tu te souviens d'un caprice particulier ou pas ?
- Speaker #0
Je me souviens qu'il y avait eu une réunion où il y avait un changement de mannequin de dernière minute. Et puis là, tu as une directrice, je ne sais plus quel était son titre exactement, qui commence à jeter ses affaires en disant « mais ce n'est pas possible ! » en s'énervant, mais pour un truc, vraiment, on était du changement de mannequin. Alors que tu sais, pendant le casting, tu as 40 différentes têtes avec des filles. Elles sont décrites, mais vraiment parfois aussi comme des morceaux de viande. C'est ça aussi parfois qui me gênait dans les réunions ou des choses comme ça. Je me disais, parfois je ne suis pas tellement en ligne avec la vision de la femme. Tu parles d'elle en numéros, concrètement. En numéros. Oui. En fait, tu as des numéros, tu as des catégories, etc. En fonction de la taille, le poids, la couleur de peau, ce genre de choses. Et tu vois, c'est des choses... in fine qui te mettent en tant qu'humaine un peu mal à l'aise au bout d'un moment. Donc c'est un peu tout ce genre de comportement aussi qu'au bout d'un moment, j'arrivais plus à supporter. Et le côté burn-out, il s'est vraiment manifesté par des symptômes physiques qui étaient vraiment cette espèce d'aversion à aller au bureau, ce côté un peu misanthrope que j'avais développé. Et puis même, c'était vraiment, je pleurais en fait, j'allais au bureau. J'étais en train de fumer ma cigarette, je pleurais derrière mes lunettes de soleil et tout. Je ne savais même pas expliquer pourquoi. Au bout d'un moment, je me suis dit, quand ton corps essaye de dire des choses, c'est qu'il y a un problème. J'étais triste tout le temps. J'y allais en pleurant, j'y allais avec la boule au ventre. Dès que je pouvais me rentrer chez moi, je rentrais. Et puis voilà, le moment où j'ai vraiment craqué, c'est en fait une de mes juniors qui m'a appelée et qui était en pleurs. Et qui commence à me dire, écoute, ça va pas parce que si, parce que ça, parce qu'il y a cette deadline. Et en fait, pour moi, ça a été un énorme échec, tu vois, de voir que j'avais pas pu, elle, la protéger. Le fait qu'elle m'appelle et qu'elle pleure, je pense que c'est vraiment la goutte d'eau où en fait, j'avais envie de pleurer avec elle à ce moment-là. Donc j'étais en train d'essayer de trouver les mots pour la rassurer, alors que moi-même, j'étais dans la même torpeur et dans le même état. Je pense que c'était un jeudi et le vendredi, j'allais chez le psy et il me mettait en arrêt maladie. Donc c'était...
- Speaker #1
Oui, ok. Comment tu te sens une fois que tu as été arrêtée ?
- Speaker #0
Déjà, premier soulagement, parce que du coup, ça met tout de suite une distance, même s'il y a le moment un petit peu compliqué où tu dois expliquer à tes managers que tu t'arrêtes. Et le moment vraiment qui a été plus marquant et libérateur, c'est le moment de la rupture conventionnelle, de pouvoir quitter. Parce que quand tu es dans l'arrêt maladie, heureusement, ça n'a pas duré très longtemps, tu as toujours ce côté où tu es liée.
- Speaker #1
Tu es dans l'entre-deux.
- Speaker #0
Et le moment où tu signes ta rupture conventionnelle, là, tu es vraiment libre complètement de ta vie. Donc non, c'est vraiment ce moment-là qui a été libérateur.
- Speaker #1
Et tu signes ta rupture co. Là, dans ta tête, tu as une idée précise de ton plan d'action, de tes prochaines étapes, où tu te dis justement, tant mieux, je vais avoir du temps pour souffler et me projeter.
- Speaker #0
J'avais l'idée qui germait quand même dans un coin de ma tête depuis un moment, et je me suis dit c'est l'occasion. J'ai eu la rupture co au moment, juste avant les réformes Macron, etc., où t'avais le chômage plein pendant, enfin pas plein, mais j'ai plus combien de pourcents, mais pendant deux ans, t'avais pas de palier dégressif ou de choses comme ça, et en fait j'ai tout de suite eu cette idée, j'ai regardé les formations, il y en avait une qui commençait en janvier, le burn-out ça s'est passé à peu près octobre, quelque chose comme ça, le temps de faire la rupture qu'au deux mois à peu près. Donc tout se goupillait bien. En plus, merci la France, mais la formation était entièrement financée par la région Île-de-France. Donc finalement, on paye beaucoup d'impôts. Mais finalement, ça nous est rendu quand on a un problème ou quoi que ce soit. Oui, mais en fait, ça a été assez évident. Je me suis dit, le métier ne me plaît plus. Ce que je fais ne me plaît plus. Et finalement, ce que j'aime faire... C'est vraiment des choses créatives, des choses manuelles. Et comment en vivre ? C'est par les métiers du graphisme, où là, à ce moment-là de ma vie, j'avais plus compris ce que tu pouvais en faire comme débouché parce que j'avais été au contact de personnes dont c'était le métier pendant plusieurs années, pendant que moi, j'étais commerciale. Et voilà, donc je me suis inscrite à cette formation et j'ai démarré au mois de janvier.
- Speaker #1
Du coup, cette formation-là, tu la commences au mois de janvier, elle a duré combien de temps, tu m'as dit ? Six mois ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça, six mois.
- Speaker #1
C'était en présentiel ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok. Tu apprenais quoi pendant la formation ?
- Speaker #0
Au début, tu avais toute une partie un peu plus créative. Donc là, tu avais à peu près une petite intro comme ça qui était pendant un mois et demi. Et ensuite, tu avais vraiment une partie de direction artistique pure où là, tu apprenais les logiciels Adobe, Photoshop, InDesign, ce genre de choses. Enfin vraiment pour apprendre le métier de graphiste de A à Z. Et à la fin, tu avais vraiment un cas qui était un... de refaire le branding d'une marque qui existe.
- Speaker #1
Les gens qui étaient formés avec toi, c'était que des gens qui étaient novices aussi comme toi ?
- Speaker #0
Il y avait un peu de tout. En fait, tout le monde était à la recherche d'une formation plus poussée en direction artistique, de logiciel, etc. Mais il y a des gens qui étaient déjà dans le monde de l'art ou des choses comme ça. Mais il y avait un peu de tout.
- Speaker #1
Du coup, toi, comment tu te positionnais au niveau de ton talent ? Quel était ton sentiment là-dessus ?
- Speaker #0
En fait, ce qui était intéressant dans cette formation, c'est que justement, je pense que quand tu commences, tu as un peu un syndrome de l'imposteur en te disant, moi, je ne sais rien faire, je ne sais pas dessiner, je ne sais pas si vraiment j'ai une vision artistique prononcée ou un style intéressant ou ce genre de choses. Et ce qui est bien dans cette formation, c'est qu'ils t'apprennent justement à le construire.
- Speaker #1
C'est intéressant ça. Comment ils t'apprennent ça ?
- Speaker #0
En fait, c'est justement par... En libérant tous tes a priori sur tout ce qui est beau, tout ce qui est géométrique, tout ce qui est... Voilà, c'est vraiment... Apprendre à t'exprimer par ton style, parce que tu as cette idée aussi que, par exemple, moi je vais parler de l'illustration parce que c'est un domaine où justement je me suis un peu découverte et épanouie pendant cette formation. C'est le côté dessin, tu te dis je ne sais pas dessiner, donc tu vois tu peux partir de nulle part, sauf qu'avec de l'entraînement, tout le monde peut apprendre à dessiner et tu peux avoir un style qui est différent d'un illustrateur à l'autre. Donc, en fait, il faut vraiment trouver un petit peu son champ d'expression sans forcément se brider à des choses préconçues. Et forcément, quand tu pars de zéro, tu ne peux pas être tout de suite au niveau. C'est vraiment l'entraînement qui fait que tu vas te perfectionner. Enfin, il faut rater un certain nombre de fois et jeter un certain nombre de papiers à la poubelle avant de pouvoir faire des choses jolies et qui te... Enfin, jolies selon toi, jolies selon... Qui plaisent. Voilà. Voilà, exactement, qui te plaisent justement. Mais il y avait, voilà, dans cette formation, ce qui était intéressant, c'est qu'il y avait toute une partie un petit peu sur ça, où tu désamorces tes idées préconçues sur l'art, ce qui est beau, ce qui est convenable, ce qui est bien, ce qui est pas bien. Et du coup, ça t'aide à te forger un petit peu une légitimité là où, quand tu n'as jamais fait ça, tu te dis, ah, mais je vais jamais arriver au niveau, justement, des gens qui ont fait des écoles spécialisées ou qui ont un talent pour le dessin depuis l'âge de 5 ans ou des choses comme ça. Parce qu'il faut se dire que les gens qui ont des talents à l'âge de 5 ans, que ce soit le piano, le dessin, c'est quand même rare. La plupart des gens apprennent leur métier. Donc voilà, il faut juste essayer de se libérer un petit peu de ces complexes.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a eu un moment au cours de cette formation où tu t'es dit « Ah ouais, là c'est pas mal ce que j'ai fait, je commence à trouver mon style » .
- Speaker #0
Il y a un projet que j'ai beaucoup aimé, c'était un livre de recettes avec des illustrations. C'était ça l'exercice. C'est un peu cet exercice-là qui m'a permis de me dire que j'aimais beaucoup l'illustration, que j'avais beaucoup aimé ça et que j'aimerais bien continuer dans ce sens-là. Je me suis acheté une tablette ensuite. Je pense que c'était un peu ça l'exercice où j'ai eu un peu le déclic, où je me suis dit que ce côté-là, vraiment, ça me plaît.
- Speaker #1
Ok, trop cool. Si on passe aujourd'hui à la réalité de ton quotidien, donc tu as terminé ta formation, comment ça s'est passé déjà pour trouver tes premiers clients ? Qu'est-ce que tu as fait après cette formation-là pour pouvoir vivre de ce métier ?
- Speaker #0
Alors au début, je m'étais dit que j'allais commencer en freelance directement et puis finalement, en fait, parfois les planètes un peu s'alignent. Il y avait une boîte de coloriage que je connais bien qui avait mis une annonce pour un stage en illustration. Je postule et en plus, j'avais une convention de stage dans le cadre de la formation. Je me dis parfait, je postule, je suis prise, je fais les six mois, ça se passe super bien. Je suis très contente, j'aime beaucoup ce que je fais. Et finalement, heureusement que j'ai fait ce stage parce que ça m'a quand même appris beaucoup de réalités, enfin, beaucoup de réalités de terrain et beaucoup aussi de nouvelles choses que je n'avais pas forcément vues pendant la formation. qui m'ont vraiment aidé plus tard ça t'a mis un pied dans le concret ça m'a aidé encore une fois un peu à construire ma légitimité parce que ça se passait bien donc j'étais contente ils étaient contents etc t'avais besoin de construire ta légitimité je pensais que t'avais des doutes je pense encore un petit peu parce que j'avais juste fait la formation donc je savais pas dans la réalité si ce que je faisais avait une bonne valeur ou pas donc voilà c'était important et c'est bien que je l'ai fait Et puis ça s'est bien passé. Après, ça a été mes clients. Enfin, quand le stage s'est fini au bout de six mois, cette boîte-là, ça a été mes clients pendant quasiment trois ans, un truc comme ça. Oui,
- Speaker #1
donc tu convertis réellement l'essai.
- Speaker #0
Oui, voilà. Donc c'est ça, ça a converti l'essai. Moi, ça m'a donné un coup d'ego boost et justement la légitimité aussi de me dire, voilà, je peux me lancer en freelance. Il me restait aussi... six mois de chômage à ce moment-là, et essayer et voir ce que ça donne pendant ces six mois. Je me donne ces six mois-là pour voir si ça convertit, si au bout de six mois j'arrive à avoir un salaire correct, enfin voilà, tout ce genre de choses. Donc finalement les planètes se sont bien alignées en termes de timing à ce moment-là.
- Speaker #1
Est-ce que tu t'étais donné réellement un objectif financier à atteindre pour être sûre de continuer dans cette voie ?
- Speaker #0
Honnêtement, pas tellement. J'avais pas tellement d'idées de salaire minimum ou de choses comme ça. Au début, je pense que je tournais, tu vois, à 3 000 euros, entre 1 500 et 3 000 euros de CA. Mais il faut savoir que comme je suis en SASU, je donne plus de la moitié à l'État. Donc, tu vois, il faut faire les calculs un peu comme ça en disant... au moins 50% que j'enlève, est-ce que je peux vivre avec ou pas ? Les premiers mois, j'ai essayé. Puis en fait, ce qui était bien aussi dans le chômage, c'est que tu peux commencer à cumuler du chiffre d'affaires en continuant à percevoir les indemnités du chômage. Donc c'est ce qui s'est passé, moi je touchais mon chômage. En attendant, j'avais ma boîte qui commençait à toucher de l'argent via les différentes missions que je commençais à faire. Et en fait, ce qui fait qu'au bout de six mois, à ta gueule. Un petit matelas qui s'est constitué, qui permet de directement te payer dès le premier mois où le chômage se termine.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que ça te stressait, ce sujet financier, ou pas spécialement ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr, ça me stressait parce que forcément, je ne connais pas. J'avais mes grandes idées, mes grands principes, mais je ne savais pas dans la réalité si vraiment ça allait marcher. Donc, c'était vraiment le test. Et aujourd'hui, trois ans plus tard, il n'y a pas... J'ai eu de la chance parce qu'il n'y a pas eu de mois où je me suis dit « Ah, je ne vais pas pouvoir me payer ce mois-ci. » Donc, je touche du bois. D'un sûr, il y a des moments où tu te dis « Ah, il y a des moments où tu perds un gros client, un truc un peu running parce qu'il y a des missions ponctuelles, mais aussi il y a des clients que tu peux avoir sur plusieurs mois slash années. » Si tu en perds un, tu te dis « Oh là là, j'espère que je vais en retrouver » ou des choses comme ça. Mais j'ai de la chance, il n'y a pas eu une fin de mois où je me suis dit « Là, je ne peux pas me verser le salaire. » Donc, j'ai cette chance-là.
- Speaker #1
Ok, ça c'est incroyable. Donc ça c'est dès le démarrage, dès tes premiers mois post-chômage. Voilà,
- Speaker #0
après les six mois qui sont aussi les six mois un peu nécessaires, je pense, pour apprendre à démarcher, trouver des premiers clients, constituer un book, parce qu'en fait, forcément, quand tu postules pour une mission, on te demande des références, donc au début, t'en as pas, donc t'es un peu obligé de dire oui à tout et à n'importe quoi. Au début, franchement, je faisais des trucs, des flyers pour le salon de la tapisserie ou des trucs comme ça. Forcément, mais je le faisais avec humilité parce que forcément, il faut commencer quelque part. Et petit à petit, tu commences à aller sur des projets un peu plus sympas. Ou là, justement, tu peux mettre dans ton book parce que tu vois le flyer sur le salon de la tapisserie, je ne l'ai pas mis dans mon book. Ce n'est pas le truc que je trouve le plus sympa ou le truc à mettre en avant. Donc au fur et à mesure des projets, tu t'apprends aussi un petit peu au fur et à mesure à construire ton offre commerciale. Donc voilà, ces six mois sont assez nécessaires pour tous ces aspects-là, pour être vraiment un peu plus prête. Enfin bon, je dis six mois, aujourd'hui trois ans plus tard, j'apprends toujours de ce que je fais.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais me décrire une journée ou une semaine type, quelque chose qui reflète bien ton quotidien ?
- Speaker #0
Une journée ou une semaine type, souvent les projets commencent par des briefs. Donc souvent j'ai des appels ou des visios avec un brief. Une autre partie de la semaine, ça va être quand le projet est un peu plus lancé, quand j'ai eu le brief. Ça va être justement de me lancer dans la partie créative. Je fais souvent ça le matin parce que je suis plus focus le matin. Et ensuite je passe vraiment à la création graphique. du logo ou là tu vas créer le logo avec le nom, tu vas chercher des typographies, si tu fais une petite illustration avec le logo.
- Speaker #1
Et tu as des rencontres en physique avec tes clients ? Enfin là, dans ta semaine, tu vois, est-ce que tu es tout le temps chez toi ? Est-ce que…
- Speaker #0
Ça dépend, ça m'arrive parfois d'aller chez des clients pour des réunions ou des choses comme ça, ça dépend des projets ou d'aller sur des événements, ça dépend un petit peu des projets. Mais la plupart du temps, je suis quand même chez moi. Après, j'ai pas mal de calls aussi.
- Speaker #1
OK. Et qu'est-ce que tu préfères, toi, dans ton métier aujourd'hui ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que je préfère ? J'aime bien le démarrage, en fait, du projet, où vraiment, là, t'es dans un peu l'émulation et la réflexion. Parce que souvent, quand t'as le brief, c'est pas au moment où tu ouvres ton ordinateur que t'as l'idée. C'est le moment où on t'a parlé du brief, tu vas être dans le métro, tu vas prendre ta douche, tu vas y réfléchir, tu vas voir des choses qui te font penser à ce dont on a parlé. Tu vas prendre un café avec une amie. En passant, tu vas voir un truc dans un magazine. J'aime bien cette partie-là qui est un peu la partie où les idées commencent à émerger. Donc c'est vraiment la première phase créative qui est la plus intéressante.
- Speaker #1
Et comment tu nourris ta créativité ?
- Speaker #0
Ça peut être par plein de choses différentes. Ça peut être... Tu vois, parfois, j'aime bien justement être dans le métro parce qu'il y a toutes les affiches sur les quais. Et tu vois un petit peu les nouvelles typos qui sont à la mode, les nouveaux styles de couleurs. Donc c'est beaucoup en fait dans ta vie du quotidien. Tout ton quotidien finalement peut être source d'inspiration. Bien sûr, je vais aussi à des expositions, dans des musées, etc. Je suis aussi pas mal d'artistes, d'illustrateurs, ce qui me permet aussi de voir un peu leur travail et ce qu'ils font. Et puis aussi Pinterest par exemple ou des plateformes comme ça. Franchement, c'est un peu basique mais c'est le top. parce que ça te permet vraiment d'avoir une richesse visuelle. Enfin, tu as d'autres plateformes un peu comme ça qui te permettent un peu justement de te mettre à jour et de t'ouvrir à d'autres univers un peu visuels.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un cliché sur ta profession ou quelque chose auquel tu t'attendais pas avant de commencer ?
- Speaker #0
Non, oui, il y a un côté un peu geek au fait d'être graphiste, chose que je suis un peu. Donc c'est pas un cliché ? Non, c'est pas forcément un cliché. Non, mais c'est vrai que tu vois, parfois j'ai un mythe beaucoup, mais parce que c'est vrai que je trouve que t'as besoin de beaucoup de silence et de beaucoup d'être seule parfois pour justement être presque parfois... de t'ennuyer un peu pour justement qu'il y ait des choses créatives qui viennent donc ouais il y a un côté un peu ermite tu sais les gens en freelance tu les vois genre en mode avec un énorme setup chez eux avec genre la chaise le truc, l'énorme mac le gros casque etc bon moi j'ai pas tout ça parce que je trouve ça pas hyper beau mais c'est vrai qu'il y a un côté un peu ermite geek que moi j'ai qui est assez vrai et quelque chose alors qui t'aurait surprise dans la réalité de ton quotidien ? Il y a quelque chose qui est assez agréable, c'est que ce que je faisais avant, le côté commercial, tu avais un côté où les gens n'étaient pas forcément contents d'être en réunion avec toi ou contents de te voir. Alors que la partie créative du travail des gens, c'est souvent leur partie fun. Du coup, ils sont assez contents et vraiment, ils ont une attitude beaucoup plus positive et beaucoup plus agréable parce que tu es la partie fun de leur journée. Du coup, ils sont contents et aussi, ils valorisent un peu plus ce que tu fais.
- Speaker #1
Ça rend ton quotidien un peu plus facile.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tu vois tout le côté dont je parlais tout à l'heure où les gens étaient désagréables, égotripes, etc. Bien sûr, parfois, il y a des personnalités dont tu es moins fan, etc. Mais je trouve que les gens sont beaucoup plus attentifs, bienveillants et valorisent aussi beaucoup plus ce que tu fais parce que justement, tu as cette arc dans ton métier qui te permet d'avoir de vrais... Une vraie expertise.
- Speaker #1
Donc tu parles d'expertise. Aujourd'hui, il y a quand même l'IA qui se développe à toute vitesse. Est-ce que tu es sereine pour l'avenir ? Comment tu vois tes prochaines années ?
- Speaker #0
Oui, je suis assez sereine pour l'avenir parce qu'en fait, le graphisme, c'est un métier finalement assez vaste. Tu vois, pendant un moment, je faisais beaucoup d'illustrations. Là, depuis l'arrivée de l'IA, j'en fais un peu moins parce qu'honnêtement, l'IA fait de très belles choses en illustration, malheureusement. pour moi, mais c'est vrai que c'est pas encore au niveau mais c'est pas encore au niveau d'un vrai trait, d'un vrai style, etc. Mais je veux dire, ils font des choses assez qualitatives et ce qui suffit à certains clients, tu vois. Et donc c'est vrai que j'ai un petit peu moins de demandes sur l'illustration mais en fait, je suis quand même sereine par rapport à l'avenir parce que le graphisme, c'est tellement large, c'est un métier qui évolue. Et où il y a tellement de portes différentes dedans que finalement, tu peux faire beaucoup de choses différentes.
- Speaker #1
Ok, donc pour l'instant, t'empathies un peu au niveau de l'illustration, mais le graphisme, c'est tellement vaste que tu restes sereine. Et est-ce que depuis ta reconversion, t'as eu un moment de vrai doute ?
- Speaker #0
Honnêtement, non. Franchement, quand j'y réfléchis, quand je parle avec des gens qui sont dans la vie encore corporate, ou quand moi-même, parce que j'ai des clients qui ont une vie corporate, donc parfois je suis dans des réunions, tu sais, ou j'en sais rien, on dit, oui, donne une couleur pour donner ton émotion et tout. Et genre, moi, je suis là, mais merci en fait que je sois seule chez moi en mode ermite, parce que ce genre de politique au travail, ou ce genre de choses, je peux pas. Donc à la fois sur le côté, le métier en lui-même me plaît beaucoup plus. Enfin vraiment, le matin, je me lève, je suis contente. Et à la fois sur l'aspect corporate, vraiment la vie de freelance, c'est quelque chose qui me convient parce que vraiment, la vie de corporate, je ne pouvais plus. Il y avait trop de mécanismes humains qui me dérangeaient, le côté politique, tous ces côtés-là, j'avais du mal. Donc non, franchement, je ne regrette pas du tout. Non, je ne regrette pas du tout.
- Speaker #1
Et aucun moment où tu as remis en cause ta légitimité ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a deux projets où ça n'a pas matché avec le client, où forcément tu te remets un peu en question, où ça s'est fini en disant « bon, je suis désolée, mais ça ne matche pas, les propositions que tu m'as faites ne me plaisent pas » , ou des choses comme ça. Quand tu as un échec comme ça, il faut essayer de prendre du recul et un peu analyser ce qui s'est passé. parfois c'est un peu dur, forcément tu le prends à cœur. Donc voilà.
- Speaker #1
C'est ça le plus difficile pour toi dans ton taf ?
- Speaker #0
De quoi ? De prendre du recul ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ouais, oui, c'est vrai que c'est un peu difficile parce que je pense que comme dans tout, quand tu mets du cœur et surtout quand t'as un métier un peu passion, quand tu mets vraiment un peu un bout de toi dans ce que tu fais, tu vois, beaucoup plus que un travail corpo où finalement tu vends le produit de quelqu'un d'autre. Je pense que c'est dur de prendre du recul parce que forcément, c'est un peu plus émotionnel.
- Speaker #1
Tu as dû faire des sacrifices, du coup, suite à cette reconversion ?
- Speaker #0
Je n'ai pas dû faire tellement de sacrifices, mais c'est vrai qu'il y a un côté un peu d'image, tu vois, par rapport à ma famille. Par exemple, ma mère qui est psy, elle comprenait totalement parce qu'elle voit du burn-out tous les jours et que limite notre génération, c'est son fond de commerce parce qu'on est beaucoup en enfer. Mais tu vois, mon père, qui est un peu plus vieux de la vieille, lui, il avait du mal à comprendre pourquoi, après avoir fait l'essai, qui des grandes écoles et avoir été dans des grandes boîtes, je me reconvertissais vers un métier un peu manuel, tu vois. Enfin, tu vois, pendant longtemps, il me disait, et des trucs de graphisme, des choses comme ça, où il va dire à ma grande-tante, par exemple, oui, Louise, elle s'est reconvertie vers un métier manuel, alors que pourtant, c'est une intellectuelle ou quelque chose comme ça. comme si... je suis tombée de ma tour d'Eldorado alors que pas du tout. Aujourd'hui, je gagne finalement plus d'argent que ce que je gagnais avant. Je suis plus heureuse, plus épanouie. En termes de réussite, à mon sens, je réussis beaucoup plus aujourd'hui. C'est un peu cette dichotomie qui te permet aussi de grandir. C'est constituer aussi, toi, quelle est ta vision de la réussite et quelle est ta vision de l'épanouissement et quel est... ton épanouissement à toi et pas forcément celui des autres.
- Speaker #1
Et alors du coup c'est quoi ta vision de l'épanouissement ?
- Speaker #0
En fait moi ma vision de l'épanouissement c'est de me lever le matin et d'être contente de ce que je fais que ce que je fais comme métier me permette de vivre la vie dont j'ai envie et surtout être heureuse de ce que je fais et pas forcément être dans la quête de reconnaissance
- Speaker #1
Ouais donc ta vision elle a bien évolué depuis tes débuts de carrière Qu'est-ce que tu préfères dans ton quotidien aujourd'hui ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que je préfère ? La liberté honnêtement, parce que je suis libre de dire bon bah aujourd'hui je travaille pas, bon bah aujourd'hui j'ai envie de partir en vacances, bon bah il n'y a personne à qui je demande la permission de faire comme ci ou comme ça. Enfin bien sûr j'ai des clients, j'ai des deadlines, j'ai des contraintes, mais tout ce qui est autour, c'est moi qui le gère et qui le crée tu vois. Le fait déjà de ne pas prendre les transports, de ne pas être dans ce stress quand tu vas au travail. Tu vois, j'en parlais avec des amis le week-end dernier. Tu es un peu la boule au ventre que tu as le dimanche soir quand tu sais que tu dois retourner au taf. En fait, moi, je n'ai pas ça parce que déjà, je suis chez moi. Donc en fait, je n'ai pas de boule au ventre de passer de ma chambre au salon. Je n'ai pas de boule au ventre de faire ce que je fais parce que j'aime vraiment bien ce que c'est. Ce que je fais, pardon. Oui, la pure liberté, comme tu dis, géographique. c'est à dire que Je vais bientôt déménager en Normandie. Donc, en fait, je n'ai pas du tout de contrainte d'être physiquement à Paris ou de choses comme ça. Je vais avoir plus d'espace. Je vais avoir aussi un vrai espace bureau, un peu, justement, plus geek, comme je disais tout à l'heure.
- Speaker #1
Tu vas investir, du coup, dans le matos.
- Speaker #0
Et même, tu me parlais tout à l'heure des choses qui inspirent. Je pense que la nature aussi, c'est quand même quelque chose qui t'inspire et que c'est quand même... Même si... La ville et tout, la dynamique de la ville est intéressante aussi. C'est vrai que le calme et l'ennui que tu peux avoir parfois à la campagne, il est assez créateur et assez intéressant.
- Speaker #1
T'as hâte ?
- Speaker #0
Ouais, très hâte.
- Speaker #1
Dernière petite question. Est-ce que t'aurais un conseil pour quelqu'un qui voudrait faire le même type de reconversion que toi ? Quelqu'un qui doute, qui doute de ses capacités, etc. ?
- Speaker #0
Je dirais qu'en fait, il faut toujours commencer un peu par quelque part. Et qu'il ne faut pas forcément être trop dans le perfectionnisme. Il ne faut pas attendre qu'on te donne la permission de le faire. Et surtout, il ne faut pas attendre justement de te sentir légitime. Plus tu essayes d'attendre le bon moment, plus il va te passer sous le nez. Donc, c'est toi qui dois provoquer aussi ton bon moment et commencer simplement.
- Speaker #1
Super. Merci beaucoup, Louise.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
J'espère que ça t'a plu. Et écoute, à très vite. Bon déménagement. Et voilà. Merci beaucoup. Je t'en prie. Ciao. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu, n'hésite pas à en parler autour de toi, à t'abonner à Make Stuff et à mettre une note et un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Tu peux également t'abonner à la page Instagram Make Stuff Podcast pour suivre toutes les actualités. A très vite !