Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans Mama Story, le podcast court qui parle maternité, grossesse, postpartum, sans filtre et sans pression. C'est le compagnon idéal de tes pauses, à écouter avec ton café, entre deux tétés, avant de dormir, sous la douche ou avant ton rendez-vous médical. L'idée ? Partager, informer, déculpabiliser, sans te voler ton temps. Parce qu'on le sait, avant ou après la naissance de bébé, s'accorder une parenthèse, c'est déjà un exploit. Moi c'est Laura. jeune maman et je te partage mon expérience de la grossesse et de la maternité. Quand je repense à l'annonce de ma grossesse au travail, je me souviens surtout d'un truc: la peur. Pas l'émotion, pas les papillons de bonheur, la joie, non, vraiment la peur, l'angoisse de l'annoncer. Parce que c'est vrai que finalement, contrairement à ma famille, à mes proches, mes amis, l'annonce au travail et à tes directeurs, tu ne fantasmes pas, tu flippes, tu ne t'imagines pas de sourire ou de larmes, de câlins, des choses que les proches peuvent t'apporter. Tu imagines vraiment les conséquences de l'annonce de cette grossesse sur ton travail et sur ce qu'on va penser de toi. Est-ce que ça va poser un problème ? Est-ce qu'on va me voir différemment ? Est-ce qu'on va penser que je ne suis plus aussi investie ? Est-ce que mon poste va changer ? Est-ce que je vais devenir aussi la femme enceinte ou la future maman avant d'être moi, tout simplement. Voilà, toutes ces questions qui trottaient dans ma tête, qui furent compliquées et qui, je pense, le sont pour un grand nombre d'entre nous. Et avant de l'annoncer, il y avait déjà le corps qui lâchait un peu et le silence obligé qui était difficile à accepter. Ça a été vraiment dur puisque j'étais épuisée, j'étais fatiguée, j'étais fatiguée au point de presque, pas plus me reconnaître, mais un petit peu. Je pleurais très facilement. Je pleurais pour une remarque anodine. Et j'avais du mal à encaisser la pression comme je pouvais le faire avant. J'étais un peu submergée et je pouvais rien dire. Ça faisait que quelques jours, quelques semaines que j'étais enceinte. Donc je devais continuer à faire comme si tout allait bien. Puisque c'est vrai qu'on a toujours tendance à attendre ces fameux trois mois et en tout cas la première écho qui permet d'être entre guillemets sûr que tout se passe bien, tout va bien et on peut envisager que la grossesse aille jusqu'à son terme et que tout aille pour le mieux pour le bébé. Donc c'est vrai que là, c'était assez violent de se dire que son corps était en train de fabriquer une petite vie, que les hormones nous retournent. mais on doit faire avec. Dans mon travail, on doit en plus en faire beaucoup, étant une femme, pour être vraiment respectée, pour que son travail soit encore plus respecté. Donc j'ai trouvé ça quand même assez violent. On en parle de plus en plus, mais pas encore assez. On vit en fait quelque chose d'immense, et je ne suis pas sûre que tout le monde se rende compte à quel point c'est incroyable, mais épuisant, de fabriquer une petite vie. Et le premier trimestre est vraiment dur et fatigant. Donc la première personne après à qui j'ai pu le dire au travail, ça a été ma collègue, mon binôme de service. À ce moment-là, on était en sous-effectif, on avait énormément de travail, on faisait beaucoup d'heures, de déplacements. On était à bout, pour être honnête. Et là, un soir dans le bureau, elle me dit qu'elle a envie de ralentir, peut-être même de partir, de changer de travail. Donc là, je ne pouvais plus lui cacher mon état. Il y avait trop d'émotions en moi. je lui ai dit. Ce n'était pas du tout un moment parfait. Je n'aurais jamais imaginé au travail pouvoir dire ça de cette manière, etc. Mais j'étais clairement vulnérable et au bord des larmes. Et c'est là où je lui ai annoncé ma grossesse. Donc à la fois une incroyable nouvelle et elle était très heureuse pour moi. Mais si brute et imparfaite, je pense. Ensuite, je l'ai annoncé à mon directeur, à mon N+1, un soir d'événement où je me suis dit que je ne pouvais pas attendre plus longtemps. Les médecins et ma sage-femme commençaient à me dire qu'il fallait peut-être que je ralentisse, voire si ce n'est s'arrêter avant le congé maternité. J'étais vraiment épuisée, j'avais une sciatique qui me paralysait de douleur. C'était assez compliqué de gérer travail et grossesse en même temps et toute cette pression. Je l'ai annoncé à mon directeur, j'ai eu la boule au ventre toute la journée avant l'annonce. J'avais l'impression que je faisais une bêtise, quelque chose de mal, comme si j'allais déranger. Et en même temps, je me suis dit quelque chose. En fait, Laura, si ton directeur le prend mal, c'est qu'il a une vision de la vie et des choses qui n'est pas la même que la tienne. Et dans ce cas-là, demain peut-être, dans un futur plus ou moins proche, tu décideras de faire autre chose ou du moins de travailler avec quelqu'un d'autre, si tel est le cas. De me dire ça, je me suis donnée un peu de force, tout simplement. Et en fait, quand je lui ai annoncé, il a été juste heureux pour moi, très sincère, très bienveillant et respectueux. En vrai, ça m'a fait un bien fou. Je ne m'attendais pas à cette réaction. J'avais peur et ça m'a fait du bien. Ça m'a vraiment rappelé qu'on pouvait être professionnelle et enceinte, future maman mais aussi investie et compétente parmi la fatigue. Donc voilà, ça m'a fait du bien. S'en est suivi l'annonce à mes autres collègues, j'ai préféré leur dire très vite, leur expliquer. Je savais que j'allais être bientôt arrêtée, donc j'ai voulu leur dire, en tout cas ceux que j'ai pu croiser rapidement. Et en fait, finalement, personne ne m'a fait sentir que c'était un problème. On m'a félicité. Tout le monde était vraiment content pour moi et on m'a dit de prendre soin de moi et qu'on se retrouverait quelques mois plus tard si je le souhaitais. Donc finalement, je me suis fait plus de peur que de mal, comme on dit. Mais c'est vrai que la grossesse, finalement, ça m'a appris quand même quelque chose. La grossesse, ça déborde, ça chamboule, ça fragilise, ça ralentit, mais c'est tout à fait normal. Et porter un enfant, ça ne fait pas de nous des femmes moins fortes. Au contraire, ça nous rend humaines et je pense sincèrement que ça nous rend même encore plus puissantes. Vraiment. Donc voilà, si toi aussi, tu as eu peur d'annoncer ta grossesse au travail, n'hésite pas à me raconter en commentaire comment ça s'est passé. J'imagine que certaines personnes, certaines d'entre vous, n'ont pas eu la même chance que moi ou alors ont vécu des moments encore plus extraordinaires et positifs. Dans tous les cas, on traverse une transformation qui est énorme. Juste un petit rappel, c'est qu'on a le droit d'être fatiguée, on a le droit d'être complètement émotif, de pleurer pour tout et n'importe quoi, à n'importe quelle heure, et comment on veut, et comme on veut. Et on a le droit tout simplement d'exister autrement qu'en tant que la femme qu'on a été toutes les années précédant cette grossesse. Merci d'avoir écouté cet épisode de Mama Story. Si ce moment t'a parlé, si tu t'es reconnue ou que ça t'a simplement fait du bien, n'hésite pas à t'abonner, à partager autour de toi ou à commenter. On se retrouve très vite pour continuer à raconter la maternité avec douceur, vérité et sans pression. A bientôt !