Speaker #0Il y a un peu plus de deux ans, j'étais épuisée. J'ai passé près de quatre ans sans faire une nuit complète. Un travail qui ne me ressemblait plus et cette petite voix insistante mais tenace qui me disait que quelque chose devait changer. Pendant longtemps, j'ai essayé de l'ignorer. Parce que j'avais une carrière stable. Parce que j'avais fait de longues études. Parce que, vu de l'extérieur, je Ausha toutes les cases de la réussite, tout allait bien. Pourtant, cette sensation de décalage ne faisait que grandir. Et puis j'ai fini par franchir le cap. Pas du jour au lendemain, pas sur un coup de tête, pas sans peur. J'ai juste avancé, étape après étape, un pas après l'autre. Alors aujourd'hui, deux ans après avoir quitté le salariat pour entreprendre, j'avais envie de partager avec vous mon expérience de ces deux dernières années. Ce que je referai sans hésiter, mais surtout ce que je ferai différemment. J'espère que ces leçons pourront vous être utiles pour votre propre reconversion professionnelle. Bienvenue dans Maman Risette. Le podcast des mamans en quête de sens dans leur vie professionnelle. Je suis Beverly Salis, maman de deux enfants et ancienne avocate d'affaires reconvertie. Aujourd'hui, j'accompagne les mamans qui veulent créer leur entreprise sans s'épuiser ni sacrifier leur vie de famille. Ensemble, nous sécurisons chaque étape de leur transition professionnelle pour avancer avec confiance. Ici, chaque semaine, on se retrouve pour des conversations sincères, sans filtre ni injonction, autour de la maternité, de la reconversion professionnelle. et de l'entrepreneuriat au féminin. Parce que oui, la maternité est un bouleversement. Mais loin d'être un frein, elle peut devenir un révélateur puissant de qui vous êtes et de ce que vous avez envie de bâtir. Alors pour clôturer l'année, j'avais envie de faire quelque chose d'un peu différent. Aujourd'hui, pas d'invité, juste vous et moi. Maintenant, au fil des épisodes, vous avez appris à me connaître, vous connaissez un petit peu mon parcours. Alors si vous me découvrez à travers cet épisode très rapidement, j'ai d'abord été avocate d'affaires. puis juriste d'entreprise. Bref, en apparent, j'avais une carrière plutôt brillante, mais dans laquelle je ne trouvais absolument plus de sens. Et mes deux maternités ont clairement tout changé. Bien sûr, dans le bon sens, ça m'a un peu ouvert les yeux. Ça a été mon électrochoc à moi. Elles m'ont permis de me rappeler quelque chose d'essentiel. Personne ne viendrait me sauver. Ma vie professionnelle m'appartenait. J'en étais l'actrice. Alors... Je n'ai pas sauté le pas du jour au lendemain, je n'ai pas quitté mon poste de juriste d'entreprise du jour au lendemain. Non, j'ai procédé par étapes, à mon rythme, surtout avec l'énergie dont je disposais. Ça, j'y reviendrai un petit peu plus tard dans l'épisode. Parce que vraiment, le slowprenariat m'a été très très précieux lors de mon lancement dans l'entrepreneuriat. Et puis encore aujourd'hui dans mes accompagnements, dans ce que je vous transmets. Alors dans cet épisode, je vais vous partager trois choses. D'abord, ce que je referai sans hésiter. Ensuite. ce que je ferai différemment après avoir pris ce recul de ces deux dernières années. Et puis, pour finir, le conseil le plus important que je donnerai aujourd'hui à une maman qui envisage de se reconvertir. Allez, c'est parti pour le dernier épisode de cette saison. Alors, d'abord, ce que je referai. Il y a quand même plus de choses que je referai que des choses que je referai différemment. Donc ça, c'est cool. C'est plutôt positif. Ce que je referai, la première des choses, c'est... avoir une vision macro. C'est-à-dire, quand on envisage une reconversion ou la création d'une entreprise, on a souvent tendance à prendre les choses un peu dans le mauvais ordre, en tout cas à penser tout de suite « technique » . On va se demander quel statut juridique choisir, quel nom donner à son activité, est-ce qu'il faut un site internet, un logo, une carte de visite, bref, Tous ces éléments qui, bien évidemment, sont essentiels. avant de réfléchir à ces éléments, il faut d'abord commencer par le début, c'est-à-dire savoir où on veut aller. Donc la première étape, ce n'est pas de se poser toutes ces questions, c'est de savoir dans quelle direction on veut aller. Où est-ce que j'ai envie d'être dans six mois, dans un an, dans trois ans ? À quoi ressemble ma vie idéale ? Là, aujourd'hui, à l'instant T, quel est l'équilibre que je recherche ? Je dis bien à l'instant T parce que... on sait très bien que l'équilibre n'est pas quelque chose de figé, encore moins avec des enfants. Combien de temps je vais avoir à consacrer à mon activité, au développement de mon activité ? Quel impact j'ai envie d'avoir ? Bref, tout ça, ça va venir nourrir cette vision macro. Et c'est cette vision-là qui va vous servir un peu de boussole pendant toute votre transition professionnelle. Et surtout, dans les moments de doute. Parce que, clairement, quand on sait où on veut aller, on accepte plus facilement que certaines étapes prennent du temps. On ne vit plus chaque retard comme un échec. On comprend simplement dans quelle direction on veut aller et donc ce que l'on est en train de construire. La deuxième chose... que je referais sans hésiter, m'entourer, m'entourer. Pour moi, ça a été un indispensable. Alors, je ne dis pas qu'au début, ça a été hyper simple. Non, pas du tout. Au début, j'avais une vraie peur d'être jugée par d'autres entrepreneurs, d'être trop petite, trop débutante, pas encore légitime. Mais franchement, en fait, pas du tout. C'était des peurs absolument pas fondées. C'était des suppositions que je me faisais, mais ce n'était absolument pas la réalité. Parce que les gens qui sont passés par là savent exactement ce que vous traversez. Il n'y a aucun jugement. Il y a plutôt de la solidarité et de l'entraide. Et ça, c'est vraiment chouette. Et c'est le fait de m'entourer, c'est le fait de discuter de mon projet, de ma transition professionnelle, que j'ai commencé à avoir quelques réponses. Certaines conversations ont confirmé des intuitions, d'autres m'ont évité des erreurs. Bref, et puis on se sent... comprises en fait, on se sent beaucoup moins seul, on se sent soutenu. Ça fait la différence et ça participe grandement à la réussite de notre transition professionnelle. Et en plus pour nous, quand on est maman, franchement on porte déjà énormément de choses. La charge mentale, elle est là, clairement on ne va pas se mentir. On a la gestion des enfants, du quotidien, l'organisation familiale, bref, vous connaissez tout ça. Alors si on devait en plus porter toute seule sa reconversion professionnelle, ça serait extrêmement lourd. Alors non, on n'est pas censé tout faire toute seule. Et encore une fois, je le répète encore, je crois que je le répète dans de nombreux épisodes, demander de l'aide, s'entourer, évoquer ses craintes, ses peurs, ses difficultés, évoquer à l'inverse sa vision des choses, ce qu'on souhaite construire, ce n'est pas du tout un aveu de faiblesse, mais pas du tout. Et ça, c'est vraiment ce que j'essaie de transmettre aujourd'hui dans mes accompagnements. C'est un espace où on peut déposer ses doutes, parler sans crainte de ses peurs, de ses questions. n'a pas besoin de faire semblant. C'est hyper important. Donc, entourez-vous vraiment. Choisissez votre entourage sans arrière-pensée. La troisième chose que je referai sans aucune hésitation, c'est me sécuriser financièrement avant de franchir le pas. S'il y a bien un point sur lequel je ne transigerai jamais, c'est bien celui-ci. En ce qui me concerne, je me suis sécurisée sur le plan financier avant de quitter le salariat. C'était nécessaire. J'ai utilisé le dispositif de démission-reconversion. Ça m'a permis de bénéficier des allocations chômage pendant 18 mois pour construire mon projet. D'ailleurs, si ce dispositif vous intéresse particulièrement, si vous vous posez des questions à son sujet, etc., j'avais fait un épisode dédié sur ce sujet. Je vous mettrai le lien dans les notes de l'épisode. Bref, pour en revenir à mon propos, me sécuriser sur le plan financier, ça a changé. énormément de choses. Parce que construire un projet, construire sa reconversion, c'est extrêmement exigeant. Alors, le faire avec une pression financière, ça devient extrêmement difficile. Certes, moi, avec mon passé de juriste et d'avocate d'affaires, j'avais, je pense, un réflexe un peu particulier. Et avant de prendre une décision importante, j'avais vraiment besoin de comprendre mon cadre, quels étaient mes droits, quels étaient les dispositifs existants, quels étaient les risques réelle. et surtout de définir quelles étaient mes marges de manœuvre. D'ailleurs, c'est ce qu'on fait aujourd'hui dans mes accompagnements, notamment dans le diagnostic MAMA, et on le fait aussi un peu à travers le mentorat. Mais je vous aide à comprendre quelles sont vos marges de manœuvre réelles avec votre situation à vous. Et aujourd'hui, je constate qu'il y en a beaucoup qui surestiment le risque. Alors, non pas parce qu'elles sont pessimistes, non pas du tout, mais parce que bien souvent, elles prennent leur décision sur des informations incomplète parce qu'on va entendre que un tel n'a pas réussi à bénéficier de tel dispositif pour x ou y raisons, alors que sûrement sa situation est différente de la vôtre. Ou on se dit que nous, on n'est pas éligible à tel ou tel dispositif parce qu'on a entendu dire que. Mais non, en fait, ça ne fonctionne pas. Ces suppositions ne fonctionnent pas. Donc, entre ce qu'on imagine et la réalité des dispositifs existants avec... votre situation à vous, il y a parfois un monde. Et ça, c'est hyper important de l'avoir à l'esprit. Pour finir sur ce caractère financier, sécurisation financière, moi aussi, ce qui m'a beaucoup aidée, c'est de travailler sur mon scénario catastrophe. Et je me suis clairement demandé, non mais en fait, si toutefois, j'y arrive pas, si ça décolle pas comme je veux, si, voilà, pour x ou y raison, comment je peux faire pour le surmonter ? Qu'est-ce qui m'arrive dans le pire des cas ? Quelles sont les options qui s'offrent à moi ? Et en fait, juste de faire ce travail-là, d'avoir cette réflexion, ça permet d'inverser la tendance et ça permet clairement de reprendre le pouvoir. Parce que franchement, quand vous avez fait la paix avec le pire des cas qui puisse arriver, vous avancez beaucoup plus librement. La quatrième chose que je referai absolument sans aucune hésitation, c'est d'adhérer de manière complètement pleine et entière au slowprenariat dès le départ. C'est clairement grâce au slowprenariat que j'ai pu avancer à mon rythme et ne pas me cramer dès le départ. J'ai accepté de prendre mon temps de... ralentir dès le départ. Et franchement, autant dire que dans un monde où on glorifie la vitesse, cela peut sembler complètement contre-intuitif. On nous répète constamment qu'il faut aller vite, qu'il faut lancer vite, qu'il faut tester vite, qu'il faut publier vite, qu'il faut vendre vite, qu'il faut scaler vite, à tout prix. Alors, oui, il y a des choses, c'est vrai, effectivement, il ne faut pas attendre que tout soit parfait pour se lancer, etc. Mais pour ma... part dans ma situation, je vous le disais en introduction, quand j'ai quitté le salariat, j'étais clairement épuisée. J'avais un vrai manque d'énergie. Je venais de passer quasiment quatre ans sans faire une nuit complète. Ma fille aînée d'ailleurs, qui a passé quatre ans sans faire une nuit complète, a, pour la petite histoire, commencé à faire ses nuits au moment où moi j'ai commencé à être apaisée. Ça montre bien que les enfants, c'est des véritables éponges. Ils absorbent nos émotions. particulièrement les émotions négatives, bien évidemment, sinon ce n'est pas drôle. Et je croyais vraiment faire bonne figure, mais en fait, personne n'est dupe. C'est un truc de fou. Bref, et pendant longtemps, j'ai vu mes paramètres de vie et particulièrement ce manque d'énergie comme une contrainte, mais presque insurmontable. Je me suis dit, mais comment je vais faire pour y arriver ? Comment je vais faire pour tout mener de front ? Et en fait, avec le recul, je pense exactement l'inverse aujourd'hui. Parce que je pense qu'ignorer ces contraintes-là, c'est la meilleure façon de s'épuiser. Et c'est en les prenant totalement et pleinement en compte que j'ai choisi de construire ma reconversion différemment, autrement, par étapes. D'abord, sécuriser ma transition professionnelle sur le plan financier, comme je vous le disais tout à l'heure, en activant le dispositif d'émission reconversion. Ensuite, j'ai lancé le podcast, j'ai été à la rencontre de femmes, de mes invités, j'ai écouté leur histoire, j'ai essayé de comprendre leur... problématiques, savoir quels avaient été leurs parcours, observer ce qui revenait le plus souvent et seulement ensuite, des mois après, j'ai construit mes offres d'accompagnement. Et je suis convaincue aujourd'hui que cette lenteur apparente m'a finalement fait gagner beaucoup de temps parce que ça m'a évité de construire quelque chose qui n'aurait peut-être pas été aligné avec mes valeurs ou les besoins réels des mamans que j'accompagne aujourd'hui si j'avais été beaucoup plus vite. Et surtout... Ça m'a permis de préserver l'essentiel, ma santé, ma famille, mon équilibre. Parce que franchement, à quoi bon créer une entreprise ? À quoi bon se mettre à son compte si c'est pour reproduire le même épuisement que celui qu'on cherche justement à quitter ? Et si on n'y prend pas garde, on peut très rapidement devenir son pire patron. Vraiment ! Donc, prendre soin de soi, c'est franchement pas un luxe. Et le slowprenariat m'a vraiment... permis de l'avoir à l'esprit et de garder les pieds sur terre face à toutes les injonctions, à la performance, à la productivité qu'on peut entendre au quotidien. La cinquième chose que je referai sans aucune hésitation, c'est m'astreindre à une certaine discipline et des routines tenables. Des routines parfaitement imparfaites, mais tenables. Lorsqu'on parle d'entrepreneuriat, on parle souvent de motivation. Personnellement, je crois beaucoup plus à la discipline qu'à la motivation, parce que la motivation, ça va, ça vient, ça fluctue, ça dépend de notre énergie, de notre humeur, de la nuit qu'on aura passée, bref, des événements de la vie, de tous les imprévus qu'on connaît quand on est maman. Et clairement, il y a des jours où la motivation n'est pas là, mais les petites habitudes qu'on construit au fil du temps, qu'on conserve jour après jour, ces habitudes-là, elles restent. Donc j'ai juste appris à créer des routines qui... correspondent à ma réalité, qui sont tenables. Ce ne sont pas des trucs grandioses, mais en tout cas, c'est ce qui m'a permis de les répéter jour après jour au fil de ces deux dernières années. L'autre élément indispensable, je pense, et qui a été décisif pour moi pour préserver mon énergie, qui était vraiment indispensable, c'est que j'ai appris à dire non. Franchement, au début, ce n'est pas évident parce qu'on a l'impression de décevoir, parce qu'on n'aime pas dire non. Mais c'est en apprenant à dire non que j'ai commencé à sacraliser les temps pour moi, des temps qui me sont dédiés. Et ce temps-là, c'est un pilier non négociable. C'est ce qui me permet de me ressourcer, de me recharger en énergie et c'est ce qui me permet de rester focus et de préserver ma santé mentale. Donc en fait, ce n'est pas une option, c'est une obligation. D'ailleurs, j'en parle dans l'épisode 50 que j'avais fait sur le doute, comment traverser les moments de doute. Et il y en a, et ils sont nombreux tout au long de la reconversion professionnelle. Donc si vous voulez aller l'écouter, je parle de ce point un peu plus en profondeur dans cet épisode. Bref, pour moi, c'est vraiment une condition pour durer. La sixième chose qui rejoint un peu ce que je viens de dire, que je conserverai sans hésiter, c'est... une organisation toute simple qui me permet justement de tenir la discipline dont je viens de vous parler. Alors, j'entends quoi par organisation toute simple ? Je ne suis pas une grande adepte des outils hyper compliqués, etc. Mais quand on se lance dans l'entrepreneuriat, on entend plein de méthodes d'organisation différentes. Le time blocking, le Pomodoro, des applications d'organisation, des tableaux, des méthodes. Et à chaque fois, on a l'impression qu'il y a quelque chose qui va nous simplifier la vie et qui va révolutionner notre manière de travailler. Finalement, j'avais plus l'impression de passer plus de temps à organiser mon travail qu'à travailler réellement. Bon, c'est un peu problématique. Et j'ai fini par revenir à quelque chose de beaucoup plus simple qui me correspond parfaitement. Et bon, je me disais, ce n'est pas suffisant, etc. Tu devrais tester autre chose, de plus moderne. Mais ça ne fonctionnait pas pour moi et donc j'en suis revenue à... l'agenda papier, au carnet de notes, à ma petite liste de priorités. Alors, pas une liste à rallonge, mais déjà deux, trois priorités par jour, c'est amplement suffisant et c'est tout. Ça fonctionne très bien. Tout ça pour dire que votre organisation n'a pas besoin d'être impressionnante. Elle a juste besoin d'être efficace pour vous. C'est déjà pas mal. Bon, je viens d'évoquer avec vous ce que je ferai à nouveau, sans aucune hésitation si je devais me reconvertir aujourd'hui. Alors maintenant, bye. qu'est-ce que je ferais différemment ? Quelles sont mes leçons de ces deux années ? Bien évidemment, avec le recul, je ne regrette absolument rien. Chaque erreur m'a appris quelque chose. Chaque détour m'a permis d'ajuster ma trajectoire. Sur le moment, bien évidemment que ce n'est pas évident à vivre. Ce n'est pas un chemin qui est parfaitement linéaire. Mais si demain, je devais me reconvertir, il y a quelques éléments que je ferais quand même différemment. Premier élément. La communication. Je communiquerai bien plus tôt. C'est vraiment, je pense, le point sur lequel je changerai le plus de choses. J'ai travaillé pendant très longtemps dans ma grotte. Clairement, il faut se le dire. J'avais l'impression qu'il fallait attendre d'être prête, attendre d'avoir l'offre parfaite, attendre d'avoir tout clarifié, attendre d'être légitime. et bien évidemment, ce moment-là, il n'est jamais arrivé. Mais c'est seulement... avec le recul que je me rends compte aujourd'hui que c'était plus un problème identitaire que j'avais. Pendant très longtemps, les gens m'avaient connu comme l'avocate, comme la juriste. Et moi-même, j'avais probablement encore du mal à me voir autrement. Et quand on change de voie, même juste quand on change de statut, qu'on passe de salarié à entrepreneur, même si on fait une activité qui est similaire, à celles qu'on a connues jusqu'à présent dans le salariat, il ne s'agit pas seulement de construire un projet. Il faut aussi accepter de devenir quelqu'un de nouveau professionnellement. Et ce process là, ça prend du temps. Puis pour ma part, je pense que j'avais aussi une peur un peu plus profonde, la peur d'être vu. Parce qu'à partir du moment où on commence à parler de son projet, ça devient une réalité. Les gens savent, les gens peuvent critiquer, émettre un jugement. Ils peuvent poser des questions auxquelles on n'aura peut-être pas encore de réponse. Ils peuvent exprimer des doutes, des critiques. Alors, rester discrète, ça me donnait un peu l'impression de me protéger. Mais en fait, si je suis parfaitement honnête avec moi-même, c'est juste un moyen de me cacher. Mais je vous dis très souvent que la clarté vient en marchant. Là, c'est clairement le cas parce que communiquer plus tôt, échanger, venir parler de ses idées, c'est ça qui va nous permettre d'être plus au clair sur notre projet professionnel, sur la construction de ce projet. Et si j'en avais parlé plus tôt, je pense sincèrement que cette reconstruction identitaire dont je parlais aurait été un peu plus rapide. Après, outre le fait d'en parler autour de moi, etc., je pense que j'aurais gagné également du temps sur la clarté de mon projet si j'avais communiqué plus tôt sur les réseaux sociaux. Mais moi, sur ce point-là, ça a mis beaucoup de temps. à se décoincer, à débloquer cette vision que j'avais très anxiogène de la communication. J'ai mis six mois à vraiment parler du podcast. Puis après mon accompagnement, j'ai mis un temps infini et j'avais des idées préconçues sur la communication. Je pensais qu'il fallait être absolument sur Instagram, alors que ça me prenait énormément d'énergie. Au final, je me suis rendu compte que LinkedIn, ça me correspondait beaucoup mieux. J'aime écrire et j'arrive... beaucoup mieux à transmettre ma pensée à l'écrit. Et c'est en communiquant sur LinkedIn, en nouant de vraies connexions. humaine que j'ai pu obtenir mes premières clientes. J'ai été recommandée par ces personnes rencontrées sur LinkedIn qui étaient convaincues par mon approche. Donc communiquez, parlez avec authenticité, sincérité, restez comme vous êtes, ne jouez pas un jeu, juste communiquez, intéressez-vous vraiment aux gens, racontez-leur ce que vous faites, racontez-leur les raisons de votre projet, de votre cheminement et je vous assure que vous... Vous pouvez vraiment être amené à faire de belles rencontres et que vous construirez votre projet de manière complètement différente. Si à l'heure actuelle, vous êtes en pleine réflexion ou au tout début du lancement de votre projet, propose juste une micro-action. Prenez rendez-vous avec 3-4 personnes de votre réseau dans le mois qui vient. Prenez un café avec ces personnes-là. Pas pour vendre, juste pour parler de ce que vous êtes en train de construire. Ah, et puis je vous vois venir parce que... au-delà de la peur d'être exposé, de la peur d'être vu, il y a aussi la peur parfois que quelqu'un vous pique votre idée. Alors, je vous rassure, bien sûr, il ne faut pas être naïf. Il y a des protections utiles à mettre en place selon votre activité, avec le dépôt de marque, le nom de domaine, etc. Bon, ça, c'est d'autres problématiques techniques. Mais le simple fait de parler de votre projet, d'évoquer quelques bribes de votre projet, ça vous permet avant tout de vous entraîner à exister dans votre vie. nouvelle identité professionnelle. Et ça, c'est une étape essentielle. Et vous pouvez choisir bien évidemment ce que vous allez évoquer. Vous pouvez rester très en surface. C'est déjà très très bien. Vraiment. Voilà pour ce premier point. Après, la deuxième chose que je ferai différemment, pour laquelle j'ai eu un peu de mal quand même à passer à l'action, c'est oser même si c'est imparfait. Oser plus vite même si c'est imparfait. Pourtant, je vous assure que la phrase « mieux vaut fait que parfait » , je l'avais bien intégrée, je l'avais bien en tête, je la comprenais parfaitement intellectuellement, mais en pratique, je ne l'appliquais pas vraiment. J'avais vraiment encore ce réflexe de la bonne élève, j'avais vraiment besoin que tout soit prêt, que tout soit parfait, que tout soit bien cohérent. Et cette recherche de perfection m'a clairement fait perdre un temps considérable. Je m'en souviens très bien, au tout début... Le premier message de prospection que j'ai envoyé pour inviter quelqu'un sur le podcast, déjà j'ai mis deux mois avant de l'envoyer, j'ai relu le mail, je ne sais pas combien de fois, il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. Et puis surtout, j'avais la peur complètement irrationnelle et inconsidérée d'avoir un nom. Alors certes, avoir un nom, ce n'est pas un drame, mais sur le coup, pour moi, ça l'était. Et au fil du temps, j'ai compris que de passer à l'action, ça crée davantage de choses. de clarté que la réflexion, que de rester dans sa tête. Bien sûr qu'il faut réfléchir, qu'il faut préparer, mais à un moment donné, il faut y aller. Pour faire un peu le parallèle, finalement, on n'apprend pas à nager en restant au bord de la piscine. Je vous donne cet exemple parce que je suis en plein dedans avec mes enfants en ce moment. Mais voilà, je trouve que l'image est assez parlante. Bref, à ce moment-là, j'ai compris que c'était essentiel de passer à l'action, même si ce n'est pas parfait. Le premier non, ce n'est pas un drame, ce n'est pas un échec. Ça fait juste partie du process et c'est OK. En revanche, quand vous allez recevoir un oui, là, je vous assure que ça peut tout changer. Ça vous donne confiance. C'est là que vous allez pouvoir créer des opportunités. On ne sait pas ce qui peut se passer. Si vous avez du mal à passer à l'action, à passer outre ce souci de la perfection, la micro-action que je vous suggère, c'est choisissez une seule action imparfaite à réaliser là dans les sept prochains jours. Une toute petite action. Et faites-la sans attendre d'être prête. Vous allez voir que votre monde ne va pas s'effondrer. Tout va bien se passer. Le troisième point que je vais évoquer rapidement, parce que j'en ai déjà parlé un petit peu tout à l'heure, que je ferai de manière différente, c'est choisir dès le départ la simplicité des outils simples, une organisation simple. Je vous le disais dans les choses que je conserverai sans hésiter, parce qu'aujourd'hui, c'est ce que j'ai adopté, une organisation simple, un agenda papier. Une liste de priorités vraiment complètement réduite. Bref, des outils basiques. Et ça va très bien. Je pense que j'ai perdu du temps quand même à accumuler entre Notion, Excel, Google Drive, des listes, des méthodes, etc. Et j'ai perdu un peu de temps quand même à essayer de mieux organiser mon travail qu'à faire avancer mon projet, mon activité. Et je pense que des fois, d'essayer de trouver la méthode parfaite encore une fois. L'outil révolutionnaire nous fait perdre finalement plus de temps. On fait peut-être ça pour se rassurer. Mais voilà, je crois qu'il n'y a rien de mieux que la simplicité au tout départ. Avant de passer à la dernière partie de cet épisode, j'ai envie d'insister sur quelque chose. Parce que je sais à quel point les réseaux sociaux, la comparaison excessive, peuvent parfois nous faire perdre nos repères. On a l'impression que les gens réussissent en 30 jours, qu'il y a certaines entreprises qui explosent du jour au lendemain. Il y a des reconversions qui semblent évidentes, totalement fluides, mais il faut garder à l'esprit que tout ce qu'on voit, c'est qu'une partie. de l'histoire, c'est qu'une partie émergeait de l'iceberg. Vraiment. Souvent, ce qu'on vous montre, c'est le résultat de plusieurs années de travail invisibles. Vraiment, des mois de doute, des périodes de découragement, des ajustements permanents, des erreurs, des remises en question, des échecs. Donc, si vous êtes actuellement dans une période où tout semble lent, si vous doutez, si vous avez l'impression que votre projet n'avance pas assez vite, ne comparez pas votre chapitre 1 au chapitre 20 de quelqu'un d'autre. Non. Alors, pour finir, Si je devais retenir qu'une seule chose à vous transmettre, ça serait celle-ci. Écoutez cette petite voix. Pas celle qui vous dit que c'est trop risqué, qui est là pour vous protéger. Pas celle qui vous répète que vous n'êtes pas légitime. Pas celle qui vous demande ce que vont penser les autres. Non, la petite voix discrète, celle qui revient régulièrement. Parfois au détour d'une conversation. Parfois le soir quand tout le monde dort. Parfois quand vous regardez votre vie professionnelle et que quelque chose sonne faux, que vous sentez ce décalage intérieur. Cette voix-là, elle mérite d'être écoutée. Je ne suis absolument pas en train de vous dire qu'il faut tout quitter sur un coup de tête. Pas du tout. Je suis juste en train de vous dire que cette voix, elle détient les réponses et elle ne vous garantira pas que tout fonctionnera à la perfection. Mais elle sait souvent quelque chose d'essentiel. Elle sait ce qui ne vous convient plus. Et c'est déjà énorme. Parce qu'il y en a beaucoup qui essaient de faire taire cette petite voix pendant des années. Et moi, la première, je me disais, mais je dois être reconnaissante. Je ne vais pas faire mon caprice quand même. Ma situation n'est pas si mauvaise. Alors on s'accroche, on continue, encore un mois, encore une année, voire plus. Sauf qu'un jour, l'écart risque de devenir trop grand entre la vie qu'on vit et puis la vie qu'on aimerait vivre. Alors si cette petite voix revient régulièrement, ce n'est peut-être pas un hasard. Peut-être qu'elle essaie simplement d'attirer votre attention sur quelque chose qui mérite d'être regardé. Alors j'ai juste envie de vous dire, n'attendez pas d'être certaine pour avancer. parce que la certitude arrive rarement avant l'action. Vraiment, ça c'est ce que j'ai retenu de ces deux dernières années, clairement. C'est le premier pas qui va créer la confiance. La confiance ne précède absolument pas le mouvement. Elle se construit pendant le mouvement, pas à pas. C'est exactement ce qui s'est passé pour moi. Quand j'ai quitté le salariat, j'étais certaine de rien. Je n'avais pas toutes les réponses. Ce n'était absolument pas le plan parfait. J'avais simplement la conviction profonde que je ne pouvais plus continuer comme avant. Et parfois, c'est suffisant pour commencer. Vraiment. Cet épisode touche à sa fin. Il s'agit du dernier épisode avant la pause estivale. Comme d'habitude, si cet épisode vous a plu, je vous invite à vous abonner, à laisser une note de 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. C'est un tout petit geste, mais il m'aide énormément à faire connaître le podcast et à permettre à d'autres mamans de le découvrir. Je vous retrouve à la rentrée de septembre pour une nouvelle saison du podcast Maman Reset. Je vais profiter de cette pause pour réfléchir à la suite, pour voir comment je vais faire évoluer le podcast. Bien évidemment, je vous tiendrai informé de tout cela. D'ici là, je vous laisse avec plus de 60 épisodes à écouter ou réécouter. Et avant de partir, j'aimerais vous laisser avec une dernière pensée. Si cet été, vous avez quelques moments de calme dans la voiture, pendant la sieste, au bord de la mer, Utilisez-le, pas pour avoir des réponses, juste pour commencer à vous poser les bonnes questions. Parce que les réponses ne sont peut-être pas aussi loin que vous le pensez. Lâchez-vous la grappe. Pensez à vous. Profitez de vos enfants, des petits moments de bonheur qui se trouvent dans les plaisirs simples de la vie. Et surtout, écoutez cette petite voix qui insiste en vous. Je vous souhaite de passer un très très bel été. Et je vous dis à très vite. Bye bye.