- Speaker #0
S'expatrier aux Etats-Unis, c'est un sacré beau projet. Mais au-delà des démarches administratives, il y a quand même pas mal de questions à se poser. Comment s'intégrer une fois sur place ? Comment ouvrir un compte bancaire ? Est-ce compliqué d'affronter la barrière de la langue ? Pour en discuter, j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Agathe Mouillet, expatriée dans la région de Los Angeles depuis déjà plusieurs années. Mais avant d'accueillir Agathe comme il se doit, jingle ! Bienvenue sur Marc Employeur, le podcast qui t'accompagne dans ta vie professionnelle. A travers chaque épisode, tu découvriras plein de conseils pour trouver ta voie et t'épanouir dans ton travail. Je suis Guillaume Coudert et je suis très content de te retrouver pour ce nouvel épisode. Salut Agathe !
- Speaker #1
Salut Guillaume !
- Speaker #0
Trop content d'être avec toi aujourd'hui pour parler d'un sujet assez spécifique, celui de l'expatriation aux Etats-Unis, aux US pour les intimes. Alors comment ça se passe aux US de ton côté ?
- Speaker #1
Bah écoute, ça se passe plutôt bien. En ce moment, l'actualité n'est pas forcément terrible, mais honnêtement, on n'est pas directement impacté par ce qui se passe. Donc ça se passe vraiment bien, je suis contente d'être ici pour partager mon expérience à ce sujet.
- Speaker #0
Ok, alors... Pour nos auditrices et nos auditeurs, est-ce que tu peux nous dire où tu es exactement ? Parce que les US, c'est quand même super grand.
- Speaker #1
Exactement. Je suis en Californie, dans le comté de Los Angeles. Et plus précisément, je suis à Pasadena, au nord-est de Los Angeles.
- Speaker #0
On passe le bonjour à tous les Français qui potentiellement pourraient nous écouter dans le coin. J'imagine que tu as pas mal d'amis. Il y a peut-être une communauté de Français dans le coin ?
- Speaker #1
Il y a une communauté de Français, mais la communauté française est plutôt sur la partie ouest de Los Angeles. On n'est pas très nombreux sur la partie est de Los Angeles, mais il y a un petit réseau français quand même.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Alors j'ai bien envie de te poser beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions pour que cet épisode soit finalement, j'allais dire, la bible pour préparer son expatriation aux Etats-Unis. Alors déjà, avant toute chose, pourquoi les Etats-Unis ? Parce qu'en fait, il y a quand même plein de pays dans le monde, mais pourquoi tu as choisi les Etats-Unis comme destination d'expatriation ?
- Speaker #1
Alors très honnêtement, la raison principale... Pour les États-Unis et la Californie en particulier, je pense que c'est un État un peu à part. C'est un État beaucoup plus libéral que les autres. Donc, je pense que moi, c'est quelque chose qui comptait énormément. Et avant ça, j'étais en Angleterre. J'ai passé quasiment cinq ans en Angleterre. Et au niveau température, météo, etc., j'avais besoin d'autre chose. Très sincèrement, la raison numéro un, on ne va pas se le cacher, c'était la météo.
- Speaker #0
Ok, parce qu'en Angleterre t'as un peu subi, tu t'es dit là trop c'est trop, mais tu voulais comme un pays anglophone c'est ça ?
- Speaker #1
Oui je voulais garder un pays anglophone parce que je voulais aussi que mon fils à l'époque parlait déjà un peu anglais, continue à apprendre l'anglais et je pense que c'est vraiment important d'être en immersion. On aurait pu aller dans un pays hispanophone, au niveau opportunité quand même la Californie c'est assez extraordinaire au niveau opportunité professionnelle. que ce soit dans la région de Los Angeles ou plus haut sur la baie, c'est vraiment un état qui offre de nombreuses options.
- Speaker #0
Oui, justement, ça c'est une vraie question, parce que les États-Unis, c'est assez vaste, il y a plein plein de villes. Moi, je t'avoue que j'ai eu un gros coup de cœur pour New York, mais en même temps, je ne connais pas d'autres villes que New York aux États-Unis. Qu'est-ce qui t'a fait choisir la région de Los Angeles en particulier ? Pourquoi pas d'autres régions ? Quelles sont peut-être les particularités, les différences ?
- Speaker #1
Honnêtement, c'est plutôt par rapport au style de vie, le fait d'avoir la montagne à proximité. Moi, j'habite très proche des montagnes, 30 minutes de l'océan. Donc, j'avoue que c'est quand même un cadre de vie assez chouette. New York, avec des enfants, je sais que ça se fait, qu'il y a plein de gens qui le font, que c'est une ville qui est quand même adaptée. Mais je me voyais plus m'installer dans une ville où il y a de belles opportunités professionnelles et où il fait bon vivre avec des enfants malgré tout.
- Speaker #0
Oui, j'imagine que ça va intéresser les parents. On va y revenir sur le sujet enfant lors de cette émission. épisode. Maintenant, j'ai quand même bien envie de parler administratif. Alors, l'administratif, c'est jamais très agréable. Il y a peut-être des gens qui aiment ça. Mais justement, quelles sont les démarches administratives incontournables avant de partir aux États-Unis, avant de s'y installer ? J'imagine qu'il y a des sujets visa, des sujets permis de travail, assurance, etc. Est-ce que tu as une petite checklist à nous proposer, Agathe ?
- Speaker #1
Alors, totalement. Effectivement, pour venir aux États-Unis, l'indispensable, c'est le visa. J'entends encore parfois des gens qui viennent aux États-Unis et qui me disent « je me suis rendu compte deux jours avant de prendre l'avion que j'avais besoin d'un visa » . Et oui, effectivement. C'est l'ESTA, c'est ça le visa. Alors l'ESTA, c'est pour les touristes. On ne peut pas travailler avec un ESTA. Et il faut donc un visa de travail qui peut être délivré par un employeur en général. En tout cas, l'employeur peut servir de sponsor pour obtenir un visa. Il y a plusieurs options. Ça dépend totalement du domaine d'activité dans lequel on est. Il peut y avoir des visas dits de talent. Par exemple, on a beaucoup de cuisiniers français qui viennent s'installer. d'aller aux Etats-Unis pour travailler pour des pâtissiers renommés, des cuisiniers renommés, ou bien tout simplement d'autres professions. Il y a beaucoup d'acteurs qui viennent à Los Angeles aussi. Donc ça dépend. Il y a des visas dits de talent, et il y a des visas plutôt sponsorisés par des universités ou directement des employeurs. Ça, c'est un peu au cas par cas, mais c'est effectivement le point essentiel.
- Speaker #0
Alors, c'est galère ou pas de demander justement ce visa ? Est-ce que tu as un dossier énorme à compléter ? Est-ce qu'il y a des pièges à éviter aussi potentiellement ?
- Speaker #1
Alors, le visa, la partie principale va être faite par l'employeur en général, avec une partie administrative qui est assez conséquente aussi pour la personne qui remplit le dossier. Ça dépend totalement. Parfois, il y a un avocat qui va s'occuper de toute la partie administrative. Parfois, ça va être 50-50. Mais ce sont quand même des démarches administratives qui prennent du temps. Et puis après, il y a le fameux rendez-vous à l'ambassade des États-Unis à Paris. Ça peut être un rendez-vous assez stressant, tout simplement parce qu'ils ont le pouvoir de dire oui ou non, malgré le fait qu'il y ait une enquête préalable sur la personne pour rentrer aux États-Unis. Donc, ce n'est pas une partie de plaisir. Honnêtement, on ne va pas se mentir, mais c'est faisable. Il faut être patient. Ça peut prendre beaucoup de temps. C'est vraiment des choses... Justement,
- Speaker #0
quels sont... Je ne sais pas si tu as un exemple de question qui te pose... En général, je sais qu'ils posent pas mal de questions avant d'entrer sur le sol américain en tant que touristes. J'imagine que ça doit être encore pire lorsque tu souhaites t'y installer en tant qu'expatrié.
- Speaker #1
Quand tu souhaites t'y installer en tant qu'expatrié, ils vont être très vigilants sur les pays que tu as visités, notamment dans les dernières années, en tout cas celles qui correspondent à ton passeport. Ils vont te poser beaucoup de questions sur tes voyages, les raisons de tes voyages. tes intentions de t'installer aux Etats-Unis ou non. Donc évidemment, ne pas dire que l'on souhaite s'installer aux Etats-Unis alors que notre visa est un visa pour trois ans. Il faut vraiment être très vigilant là-dessus, malgré l'enthousiasme de se dire « Ouais, je vais vivre aux Etats-Unis » . Non, je viens pour un temps limité parce que j'ai été recrutée pour telle mission. Ne pas s'emballer, rester concentrée. Ils posent des questions qui sont très précises. Ne pas s'étaler. Il y a une question, il y a une réponse. On ne va pas essayer de… de remplir, on répond vraiment uniquement à la question qui a été posée.
- Speaker #0
Donc en fait, il n'y a pas vraiment de question piège. L'idée, c'est simplement d'être au clair sur son projet, sur son projet long terme. Et ça, ça va rassurer l'administration américaine sur le fait de permettre d'obtenir ce fameux visa. Tu parlais justement d'un délai. Alors tout à l'heure, tu prenais l'exemple de quelqu'un qui se réveille deux jours avant. En gros, le délai, il est de combien à peu près ?
- Speaker #1
Ça dépend vraiment. Nous, je pense que ça a pris à peu près six mois. Mais parce qu'on était dans la période post-Covid et c'était une période très très lente au niveau administratif. Et je pense que ça peut être aussi beaucoup plus rapide. Il y a des visas talent qui peuvent être délivrés en quelques mois. Honnêtement, pour ces visas-là, il faut principalement avoir un très bon avocat, on ne va pas se mentir. Les visas, ça coûte cher, ça peut coûter même très cher. Combien à peu près ? Je dirais aux alentours de 10-15 000 dollars pour un visa talent, par exemple. Pour les autres types de visas, ils peuvent être sponsorisés par les entreprises qui veulent nous recruter. Donc, en général, on n'a que les frais liés au rendez-vous à l'ambassade, en gros, remplir la partie qui nous correspond à nous et que l'employeur n'a pas le droit de remplir pour nous. Donc, ce sont des frais, je pense, d'environ, si je me rappelle bien, peut-être qu'en tout, ça coûte en dessous de 500 dollars pour cette partie-là uniquement.
- Speaker #0
D'accord. Ok, je vois. Bon, en tout cas, ça commence à bien se préciser. J'imagine que les gens qui écoutent ce podcast pour l'objectif de s'expatrier ont bien compris qu'il fallait s'y prendre à l'avance et qu'il allait avoir quand même une petite batterie de questions à laquelle se préparer. Alors maintenant, quand on parle expatriation, on pense aussi budget. Est-ce que ça coûte cher de vivre aux États-Unis ? Déjà de s'y installer et ensuite d'y vivre.
- Speaker #1
Honnêtement, oui. Plus cher qu'en France, en tout cas. Ah oui, ça coûte très cher. Je pense qu'on a cette image, effectivement, des États-Unis. On sait que New York coûte cher, que Los Angeles coûte cher. effectivement, tout coûte très cher. C'est très compliqué de trouver un logement en dessous de 2 500 dollars pour une seule chambre et en dessous de 3 000 dollars pour quelque chose de vraiment basique, si on veut un appartement avec deux chambres. On est dans ces budgets-là. En tout cas, dans les grandes villes, j'imagine. Los Angeles, New York et d'autres. Alors, New York, c'est encore plus cher que Los Angeles. Non, Los Angeles, ça coûte quand même très cher au niveau logement, au niveau budget pour les courses. Et puis après, si on a des enfants, il faut également prévoir un budget conséquent pour ce qui est école. En tout cas, si on ne veut pas aller en école publique, en tout cas attendre l'âge légal pour l'école publique à partir de 4 ans. Avant 4 ans, il faut payer... La crèche.
- Speaker #0
D'accord. Donc, il faut quand même avoir un bon petit budget. J'imagine qu'on ne part pas comme ça, les doigts dans le nez, aux États-Unis. Il faut quand même prévoir un petit peu tout ce qui est aspect budgétaire. Est-ce qu'il y a des frais auxquels on ne penserait pas forcément ? Je ne sais pas. Par exemple, notamment les pourboires. Je crois qu'aux États-Unis, la pratique, c'est au-delà du restaurant, de donner des pourboires. Est-ce qu'il y a des frais bancaires aussi à anticiper ? Potentiellement des frais de santé ?
- Speaker #1
Alors, pour la partie pourboire, effectivement, c'est drôle parce que c'est quelque chose auquel je ne pense plus du tout. Pour moi, c'est... logique que le prix que je vois sur la carte n'a rien à voir avec le prix final, puisque tu rajoutes la taxe et tu rajoutes le pourboire. En général, tu rajoutes 1%. Si tu es satisfait, il faut être vraiment compliqué pour ne pas être satisfait du service aux Etats-Unis, sincèrement. En tout cas, à Los Angeles, j'ai rien à dire. C'est excellent. C'est pas comme en France ? Non. Pas comme à Paris.
- Speaker #0
Ok, en tout cas. On salue les serveurs en France.
- Speaker #1
On les aime beaucoup. Il y en a des biens quand même. Il y en a des biens. On ne va pas faire une généralité, mais s'ils pouvaient sourire un petit peu plus, ça serait génial. Exactement. Non, à peu près 20% en plus de ce qui est affiché sur la carte. Donc effectivement, manger dehors coûte cher. Donc effectivement, il y a ça. Après, sur la partie santé, on en parlait. L'assurance santé peut coûter très cher. En général, c'est quelque chose... à négocier absolument avec votre employeur parce que ce sont des frais qui sont énormes. Lorsque je suis arrivée ici, j'étais sous l'assurance santé de mon mari mais qui ne nous payait pas l'intégralité de nos frais. Donc pour une famille, deux adultes, deux enfants, mais ça n'avait pas d'importance si on avait un enfant ou plus, on payait à peu près 800 dollars. Et il faut savoir que l'employeur... payer les trois quarts restants. Donc, c'est énorme. Et là, effectivement, j'ai la chance que ce soit pris en charge à 100% par mon employeur. C'est assez rare. Et c'est quelque chose qu'il faut négocier. Il y a quand même beaucoup d'entreprises maintenant qui proposent des choses intéressantes. Mais j'avoue que c'est rare que l'employeur prenne tout à sa charge.
- Speaker #0
Ok, donc là, vous avez eu du bol en fait sur ce coup-là. Exactement. Et par rapport à l'ouverture d'un compte bancaire chez KDPI, dans lesquels c'est particulièrement compliqué d'obtenir une autorisation, aux États-Unis, ça se passe comment concrètement ?
- Speaker #1
Alors, ouvrir un compte bancaire nécessite d'avoir une adresse et parfois, on n'a pas encore d'adresse vraiment fixe. L'autre point, c'est qu'il faut un numéro de sécurité sociale. C'est un peu le nerf de la guerre, c'est ce qu'on appelle le SSN. C'est un numéro d'identification qui nous permet de travailler et qui nous permet également de faire toutes les démarches administratives dans le but d'avoir un credit score. Un credit score, c'est ce qui va nous permettre de louer un appartement parce que la personne aura confiance en nous, parce qu'elle saura qu'on a un écho. un historique de crédit qui est bon. Et la principale difficulté dans le fait d'ouvrir un compte bancaire sans avoir ce numéro, c'est que la banque ne sait pas qui on est. Il n'y a pas de moyen de tracer qui on est.
- Speaker #0
Ok. Donc, ce n'est pas si évident. Ça aussi, il faut se renseigner. Est-ce qu'il y a des banques que tu recommandes en particulier ? Des banques justement qui seraient dédiées aux expatriés ou qui auraient un relationnel plus simple ?
- Speaker #1
Non, moi, je n'ai pas du tout de banque à conseiller. Je ne suis pas du tout passée par des banques qui ont des accords avec les expatriés. Donc, je n'aurais pas forcément de conseils à donner là-dessus. Je conseillerais plutôt de regarder ce qu'ils offrent comme avantages intéressants par rapport à tout ce qui est carte de crédit. Parce qu'il est indispensable, en fait, ici, d'avoir une carte de crédit pour avoir un meilleur credit score. Donc, c'est plutôt ce qu'il faut regarder. La principale chose à savoir, c'est d'aller au... à l'agence qui permet de délivrer les numéros de sécurité sociale parce que sans ça, vous ne pourrez rien faire. Et c'est assez rapide. Je pense qu'en une ou deux semaines, vous obtenez ce rendez-vous.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Ok, je comprends. Alors là, il faut savoir que quand on enregistre, on a à peu près une dizaine d'heures de décalage. Je crois qu'il est à peu près 8 heures chez toi.
- Speaker #1
Il est 8h29. On a 9 heures d'écart.
- Speaker #0
9 heures d'écart, oui, c'est ça. Je viens de me réveiller. Ça ne s'entend pas en tout cas. Donc, tu as l'air en pleine forme. C'est cool. justement, est-ce que ça donne la pêche de vivre aux États-Unis ? Est-ce qu'il y a une dynamique ? Justement, est-ce que tu te sens plus motivé de vivre aux États-Unis par rapport à la France ? Je sais qu'en France, on critique parfois un petit peu le système, on critique le monde du travail, etc. Est-ce qu'il y a cet état d'esprit aussi aux États-Unis ? Peut-être cette défiance qu'on peut avoir vis-à-vis du monde du travail ?
- Speaker #1
Je pense que la culture, elle est extrêmement différente sur le monde du travail. En France, je dirais qu'on travaille pour vivre. Aux États-Unis, on vit pour travailler. C'est vraiment, vraiment peut-être un cliché. mais je trouve que c'est la réalité et il y a quand même cette ouverture d'esprit au niveau du travail qui fait que si t'es vraiment quelqu'un de très très motivé, on va te laisser ta chance peu importe ton diplôme alors ils vont quand même regarder ton diplôme et tes expériences professionnelles mais ils peuvent être souples sur la manière de penser que tu vas t'adapter d'un univers à un autre.
- Speaker #0
Ils ne vont pas forcément se baser que sur ces critères très rationnels du diplôme, des expériences professionnelles. Ils misent aussi sur ton potentiel. Exactement. En fait,
- Speaker #1
je trouve qu'ils apportent énormément d'importance à ce qu'on appelle les soft skills. Alors, je pense que tu peux me donner la traduction, Guillaume.
- Speaker #0
Ça, t'inquiète pas. Soft skills, on l'utilise beaucoup en France aussi. Tes compétences comportementales, compétences humaines, tout ce qui sort des compétences techniques.
- Speaker #1
Exactement. Ça, c'est extrêmement valorisé. et il y a énormément de gens aux Etats-Unis qui ont commencé tout en bas de l'échelle et qui ont atteint des postes de dingue même au niveau des histoires entrepreneuriales alors après on y croit ou on y croit pas on trouve ça bien ou pas ça donne en tout cas une énergie de dingue je trouve que en plus de se réveiller tous les matins avec le soleil etc je trouve que c'est c'est quand même hyper agréable d'être dans un environnement où les gens ne se plaignent pas Merci. Mais vraiment, c'est super rare d'avoir des gens qui se plaignent de leur travail ou de leurs collègues. Le fait de ne plus entendre de gens se plaindre, c'est assez exceptionnel,
- Speaker #0
j'avoue. On ajoute ça à la liste des motivations à se déplacer ou en tout cas à s'expatrier aux États-Unis, puisque c'est tout le sujet de notre épisode du jour. Alors, tu nous as parlé de vie professionnelle, comme quoi on vit presque pour travailler. C'est peut-être un cliché, mais en tout cas, il y a peut-être pas mal de gens qui s'épanouissent dans leur travail, et tant mieux. Maintenant, dans la vie quotidienne, comment ça se passe ? Alors déjà... Est-ce qu'on s'adapte assez facilement à cet environnement-là, lorsqu'on vient de France ou d'un autre pays d'ailleurs ? Est-ce que c'est vraiment très différent de vivre aux États-Unis que de vivre en France, par exemple ?
- Speaker #1
Oui, oui, c'est très différent sur plein de choses, sur les habitudes alimentaires, sur même le rythme de vie. C'est vrai que les gens ici, à 18h, ils mangent, même parfois un petit peu avant. Moi, j'ai pris le pli, honnêtement, parce que finalement, en plus, quand on a des enfants, c'est sympa de les faire manger tôt.
- Speaker #0
Comme ça ils dorment tôt et comme ça t'es tranquille plus tôt aussi Ouais c'est ça,
- Speaker #1
ça marche pas trop mais on essaye Il y a vraiment cette culture assez différente sur le rythme de vie Ils se lèvent plus tôt que les français j'ai l'impression de manière générale Ils se couchent aussi beaucoup plus tôt Les restaurants en général ferment plus tôt aussi Donc c'est quand même un rythme de vie assez différent Je pense que personnellement, ce qui m'a aidée, c'est que j'habitais en Angleterre avant, donc j'avais quand même déjà cette appréhension du monde anglo-saxon. Mais je pense que pour quelqu'un qui vient directement de France et qui n'a pas eu d'autres expériences à l'étranger, ça peut être effectivement un choc culturel assez important. Et il faut quand même se préparer au fait que ce ne soit pas toujours facile.
- Speaker #0
Pas facile dans quel sens ?
- Speaker #1
Je pense que... Je pense que... Il y a cette facilité à parler avec les gens, en tout cas à Los Angeles. New York, c'est différent. New York est un peu plus comme Paris. Les gens sont pressés, stressés, etc. Donc, ils ne vont pas forcément prendre le temps de parler avec toi dans la rue. Mais à Los Angeles, moi, je ne passe pas une journée, en tout cas à Pasadena, dans la ville dans laquelle j'habite. Je ne peux pas aller dehors sans que quelqu'un me parle, en fait. Et c'est vraiment des gens qui ont besoin de parler aux autres. Il y a cette ouverture aux autres qui est assez... Au départ, c'est assez surprenant. Métisser des liens véritables avec les gens, c'est vrai que quand on est sorti du monde des études, ça peut être un petit peu plus compliqué. Donc, il ne faut pas avoir peur de s'inscrire dans des associations sportives ou bien même dans des... Les États-Unis, ça fonctionne beaucoup par communauté. Donc, il faut trouver un peu une communauté à laquelle on se sent appartenir. ça peut être tout et n'importe quoi honnêtement,
- Speaker #0
ça peut être un groupe d'escalade c'est comme si tu préparais ta retraite ouais c'est ça c'est ça,
- Speaker #1
allez vous inscrire au petit groupe de couture mais d'ailleurs en plus la couture c'est hyper trendy ici t'es inscrite toi même du coup ?
- Speaker #0
non non moi je coûterais très mal ok on va pas juger mais ok je vois donc vraiment aller s'inscrire dans des associations des clubs de sport, ne pas hésiter à rencontrer des gens à travers Merci. par ces biais-là. Et finalement, les gens te parlent assez naturellement dans la rue. Ça ne veut pas dire que ça va devenir tes BFF.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tes meilleurs amis.
- Speaker #1
Ce qui aide aussi, je suis maman de deux petits garçons. Honnêtement, ça aide énormément parce qu'à l'école, il y a tout le temps des activités. C'est même trop en fait parce qu'en tant que parent, moi, je n'ai que dix jours de vacances. Et les écoles, forcément, elles ferment plus longtemps. Et il y a des événements, mais ça peut être un mercredi. Un petit jour de vacances. Oui, ça peut être un mercredi à 15h. Ça n'a aucun sens, ils organisent des choses le jeudi à midi, le vendredi à 14h. Et c'est vrai qu'il y a un peu cette culture de la maman qui reste à la maison et qui ne travaille pas. Sauf que ce n'est pas mon cas, donc ça peut être compliqué.
- Speaker #0
C'est ça, au niveau culturel, c'est un peu différent quand même de la France.
- Speaker #1
C'est ça, je disais à ma collègue hier, mais nous, il y a la kermesse le 30 juin et c'est un samedi matin en fait.
- Speaker #0
Ok. Donc c'est quand même assez différent, il faut s'y adapter, il faut adhérer en fait. C'est soit t'adhères, soit t'adhères pas finalement à ce format-là. Et pour les personnes justement qui se diraient, ouais mais moi en fait je parle pas suffisamment bien anglais. Je peux prendre mon cas, tu vois, moi je parle anglais, mais bon, tranquille quoi. Mais de là à m'installer dans la région de Los Angeles, je me dis ouais, il y a pas mal de phrases à mon avis que je comprendrais pas. Est-ce qu'on s'y fait assez vite ? Est-ce que tu connais des gens justement dans ton entourage qui parlaient pas forcément très bien anglais, qui se sont adaptés ?
- Speaker #1
Oui, franchement, j'ai une copine qui ne parlait pas très bien l'anglais quand elle est arrivée. Et elle a commencé à travailler dans un café. Et je pense que vraiment, ça peut être des expériences qui peuvent aider à booster l'anglais de manière hyper efficace. Au-delà de ça, on peut aussi être dans un emploi totalement similaire à ce qu'on faisait en France ou dans d'autres pays. Parce que c'est quand même assez simple de communiquer avec les Américains. Et Los Angeles en particulier, ou New York, toutes ces grandes villes. Ils ont l'habitude des accents et surtout, ils adorent l'accent français. L'accent français, la cuisine française. Sincèrement, c'est un gros avantage d'avoir l'accent français. Et ils sont hyper indulgents. Nous, on est très compliqués avec les étrangers lorsqu'ils font des erreurs de grammaire. On peut être hyper difficile. Non, eux, ils sont extrêmement gentils, bienveillants. Donc, même si on fait des petites erreurs, voilà. Moi, dans mon métier, je n'ai pas trop le droit de faire de bêtises, mais ils me corrigent gentiment. C'est hyper bienveillant, c'est jamais méchant.
- Speaker #0
Donc on voit que de ton côté, en tout cas, c'était plutôt une bonne surprise que de t'installer là-bas. Est-ce qu'il y a quand même des choses que tu aurais fait autrement, que tu aurais fait différemment, si c'était à refaire ?
- Speaker #1
J'avoue que moi, je n'étais pas le détenteur du visa principal. Enfin, je n'étais pas la détentrice, je ne sais pas comment on dit. Oui,
- Speaker #0
détentrice, très bien.
- Speaker #1
Je n'étais pas la détentrice du visa principal. Donc les délais pour obtenir mon autorisation de travail... Il était un petit peu long. Il y avait deux, trois mois, je pense, d'attente. Donc ça, j'aurais davantage anticipé. Après, je pense que le budget, c'est quelque chose d'hyper important. Petit exemple, mon mari, au bout de trois mois, il a négocié une augmentation de salaire de 45 %. Ah oui,
- Speaker #0
d'accord. Et ça a été accepté ?
- Speaker #1
Oui, parce que c'était impossible qu'on reste sur place s'il ne l'avait pas eu. Par rapport aux réalités de la vie sur place, Alors qu'on avait fait beaucoup de recherches, on s'était beaucoup servi d'Internet pour voir le prix des loyers, le prix de la vie sur place. Sauf qu'on est arrivé dans un contexte spécial qui était celui post-Covid et tout a pris à peu près 20-30%. Et ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait anticiper. Il y a eu une inflation de dingue en 2022 quand on s'est installé.
- Speaker #0
Alors tu parlais justement de te renseigner. Est-ce qu'il y a des sites que tu pourrais recommander à nos auditrices, nos auditeurs ?
- Speaker #1
Honnêtement, je conseille souvent d'aller sur des groupes Facebook des Français aux États-Unis. C'est marrant parce que Facebook, on n'utilise plus trop. C'est un réseau qu'on n'utilise vraiment plus trop. Mais pour les communautés d'expatriation, ça a vraiment du sens. Il y a beaucoup de pages Facebook, par exemple les Français de Los Angeles, les Français aux États-Unis, les Français en Amérique du Nord. Et c'est des ressources que j'ai beaucoup utilisées, davantage que des sites web qui ne sont pas forcément à jour. Là, ce sont des... des groupes qu'on peut rejoindre et on peut expliquer un peu notre projet ou tout simplement regarder dans les précédents postes ce qui a été partagé, parce que ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent finalement.
- Speaker #0
Ouais, forcément. Ok, donc bien quand même se renseigner en amont, ça évite les déconvenus lorsqu'on s'installe aux Etats-Unis. Alors j'ai quand même quelques petites questions bonus, une question nostalgie, je parle pas de la radio. Est-ce que tu as le mal du pays de temps en temps ? Est-ce que tu te dis bon, je reviendrai bien quand même en France de temps en temps.
- Speaker #1
Alors, j'ai parfois la nostalgie, mais très honnêtement, je ne me vois pas revenir en France. Donc, j'arrive plutôt facilement à gérer ce côté un peu nostalgique. Je crois que c'est horrible, mais je pense vraiment que la chose qui me manque le plus, c'est évidemment ma famille, mes amis, mais la nourriture aussi. Je pense que c'est la nourriture finalement. Ça peut être compliqué de ne pas retrouver exactement la même saveur dans les aliments qu'on mange. Mais honnêtement, non, je me sens bien ici. Je suis rentrée il y a quelques mois en France et je pense qu'on a ce sentiment, après huit ans d'avoir vécu à l'étranger, de ne plus vraiment appartenir au pays d'où on vient. C'est un espèce d'entre-deux. On est étrangers là où on habite, mais on vient... Enfin voilà, on ne sait plus trop qui on est finalement.
- Speaker #0
Tu ne vis plus trop en fait avec la culture française. Mais peut-être que tu apprécies d'autant plus le fait de revenir de temps en temps, voir ta famille, manger ce qui te plaît ici aussi. Ok. Et puis les enfants aussi, j'imagine qu'ils sont contents de renouer aussi avec la France à certains moments. Même s'ils sont peut-être plus américains que français, non ?
- Speaker #1
Ils ne sont pas encore rentrés, figure-toi. Mais oui, oui, je pense qu'ils sont contents. Ouais, ouais.
- Speaker #0
Ok, comme ça, ils vont pouvoir découvrir aussi la France.
- Speaker #1
Mais c'est hyper important, effectivement, cette biculturalité. C'est ce qu'on essaye d'entretenir. On leur parle français et ils apprennent l'anglais.
- Speaker #0
Ok, trop intéressant. Hyper riche, en fait, culturellement.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Trop cool, en tout cas. Merci beaucoup, Agathe. Est-ce que tu as un dernier petit conseil à partager ? Je ne sais pas, un petit résumé à partager, justement, aux personnes qui souhaiteraient s'expatrier aux États-Unis ?
- Speaker #1
En termes de ressources, je pense que le consulat offre aussi de nombreuses ressources. Le consul de Los Angeles fait un super travail. Il propose beaucoup de ressources pour les Français aux États-Unis. Ne pas hésiter à regarder ce qui se passe sur l'actualité. Il y a vraiment de belles choses qui sont réalisées. Ça peut être des conseils au niveau du budget, des conseils pratiques.
- Speaker #0
Plein de bons conseils, ça fait plaisir. Encore merci Agathe. Je ne sais pas si tu vas te rendormir ou pas. Merci Guillaume, je vais me préparer,
- Speaker #1
je vais aller travailler. Il est 8h41.
- Speaker #0
t'as bien du courage mais comme tu l'as dit tout à l'heure on prend plaisir à travailler aux Etats-Unis franchement oui,
- Speaker #1
merci beaucoup Guillaume ça fait plaisir,
- Speaker #0
merci Agathe, à bientôt
- Speaker #1
3, 2, 1
- Speaker #0
Marc Employeur, c'est fini pour aujourd'hui merci d'avoir écouté cet épisode j'espère évidemment qu'il t'a plu si tel est le cas, n'hésite pas à t'abonner pour ne pas louper le prochain, à bientôt