Speaker #0C'est mis d'être brut, donc je vais commencer par un sujet assez cash, et je vais même le dire un peu sous forme d'injonction. Ça paraît faux, pour une coach qui n'aime pas trop les injonctions. Et le titre... Fuyez les coachs qui sont culpabilisants et qui vraiment vous disent quoi faire. Je suis convaincu que les coachs qui vous disent quoi faire sans vous connaître, c'est une grosse erreur et c'est même dangereux. En fait, je récupère un tas de gens en coaching qui me disent « J'ai fait un coaching mais c'était un peu agressif et puis j'étais pas prête et du coup ça m'a bloqué, ça m'a fait mal, ça a tapé à des endroits. » Ok, je dis toujours que je comprends parce que je suis extrêmement d'accord avec ça. Ou plutôt je suis pas d'accord avec ça. Donc je commence sur ce thème parce que je trouve que c'est vraiment important. Et à défaut d'avoir commenté gourou en ligne, comme beaucoup de gens l'ont fait, donne mon avis ici. Ça me paraît plus simple et plus cash, plus vrai. Le coaching prescriptif qui te dit fais ci, fais ça, alors que la personne n'a même pas encore parlé. Qu'on sait même pas qui elle est. Qu'on sait pas jusqu'où elle peut supporter les questions. Ce qu'elle a vécu avant. ce qu'elle a réussi, ce qu'elle n'a pas réussi, et l'impact que ça a pu avoir sur elle, moi ça me paraît dingue. Parce qu'en fait, chaque personne qui vient, elle a une demande, elle a déjà le courage de venir en coaching, et de dire, hé, tu peux m'aider ? Tu peux m'aider sur ce truc, il y a un truc qui bloque ? Donc déjà, elle donne une confiance extraordinaire. Et je crois que notre boulot, en tant que coach, c'est pas d'aller taper, aller piquer à des endroits, peut-être regarder où ça frictionne, évidemment. Et c'est d'ailleurs beau. utiliser de son acuité, savoir regarder quand l'autre n'ose pas y aller, c'est notre taf. Mais d'aller culpabiliser, de dire à l'autre, ah mais tu sais, si t'avais fait ça, ça aurait pu être différent. Mais ouais, mais en fait, quand t'es coach, tu sais que si la personne ne l'a pas fait à ce moment-là, c'est bien parce qu'elle n'en était pas capable, parce qu'il y avait un frein, parce qu'il y avait un blocage, ou que c'était pas le moment, quoi. Et en fait, c'est juste la base, c'est la base de notre métier de comprendre ça. Alors bien sûr, moi aussi, des fois, ça m'arrive de dire en séance à la fin, pas sous forme de conseil, mais quand la personne l'a déjà dit, quand c'est là, quand ça vibre, quand c'est le moment, quand c'est ce qu'elle est venue chercher. Je pense que si tu fais ça, ce sera top, mais elle l'a dit d'abord, elle l'a questionné, on l'a questionné. Mais le coaching, si tu ne fais pas ça, c'est de ta faute, tout dépend de toi, si tu ne l'as pas fait, c'est pour ça que ça n'a pas marché. Le coaching, c'est du sur-mesure. c'est de la présence, c'est très souvent je pense énormément de finesse. Je vois ça un peu comme de la couture ou un endroit où vraiment on prend les fils, il y a une pelote, c'est la lecture de l'autre. On ne peut pas dire la même chose à deux personnes, à part si elles se ressentent vraiment, la problématique est la même. Ok, ok ça peut arriver. Il y a des moments où on radote mais on ne radote pas avec la même intention parce qu'on n'a pas la même personne en face. C'est de l'espace le coaching. c'est pas du contrôle, on contrôle pas ce qui se passe. On contrôle peut-être ce qu'on... comment dirais-je ? On contrôle peut-être ce qui serait bon, ce qu'on ressort, ce qu'on sent qu'est là, qu'est en train de venir, et c'est là où on pose la prochaine question. La question. La question qui va changer beaucoup de choses. La question qui va piquer. La question qui fait rire, qui met des larmes aux yeux, qui crée des silences. La question qu'il questionne, quoi. Pas le j'y vais en mode bourrin ou bourrine, et puis je vais aller lui faire mal dans les tripes. Parce qu'en fait, moi je pense que le coaching, c'est tout l'inverse. C'est pas aller faire mal dans les tripes, c'est aller dans les tripes, voir ce qui éventuellement bloque, pour que ce soit beau derrière, pour que ça vivote, pour que l'énergie revienne, pour que les plans soient plus clairs, pour que les actions se mettent en place. En fait, je remarque en plus que, Les personnes qui viennent vous voir en coaching, à part quand vraiment en tant que coach tu t'es planté, que t'as accepté quelqu'un, qu'était pas prêt, ou qu'avait pas bien visualisé ce que c'était, les personnes qui viennent à moi en tout cas, elles savent déjà énormément d'elles. D'ailleurs beaucoup d'entre ces personnes sont entrepreneurs, entrepreneuses, pas mal sont thérapeutes, sont coachs, elles manquent pas du tout de volonté ces personnes-là. Elles manquent d'un espace pour se voir, pour se voir dans l'intimité. pas toute seule, mais à deux, avec non seulement un effet miroir, mais aussi un endroit, entre le miroir et le neutre, un miroir propre. Elles manquent d'un endroit où elles ne seront pas jugées du tout, où elles ne pourront pas se juger, parce que si elles le font, on le questionne, et du coup on démêle, et on démêle encore. Elles ont souvent besoin d'être reconnues là où elles sont. Et déjà, de poser les mots, d'oser dire à un coach, je viens avec mes doutes, avec mes peurs, avec mes frictions, avec mes blocages, parce que je suis ça, mais je n'y suis pas encore vraiment. C'est beau et c'est courageux. C'est un endroit où on peut se répéter ce qu'on est déjà, même si ce n'est pas encore évident. Et moi, je trouve ça aussi beau d'y assister que bon en termes d'énergie. Je pense que c'est un accélérateur vraiment. pour les personnes qui viennent. En fait, les personnes qu'on accompagne en coaching, elles ont besoin d'être comprises beaucoup plus que d'être guidées. Je pense que ce qui les guide, elles le savent déjà. D'ailleurs, ça se révèle sur le travail sur les valeurs, ça se révèle dans les mots cachés, ça se révèle dans les lapsus et dans ce qui est dit à voix basse. Les personnes, elles savent ce qu'elles veulent, mais elles ont une friction, un nœud, quelque chose qui est là, qui les empêche encore, et c'est pas grave, parce qu'elles viennent pour se l'enlever. Parce que mon taf et le taf d'un coach, c'est d'essayer au mieux de dénouer ce nœud, mais certainement pas d'accuser. Je pense même que ça fait mal au métier, que c'est un peu une honte de taper sur les gens, et que j'en suis convaincu, c'est pas ce que les gens recherchent. Alors peut-être qu'il y a quelques personnes qui ont besoin du coach bourrin, c'est certainement pour ça qu'il fonctionne aussi, mais je me demande combien de temps il fonctionne en termes d'énergie. Je me demande aussi si le coach manque pas de... comment dirais-je, de recul sur lui-même, et surtout de se dire vraiment que la personne en face, c'est forcément du sur-mesure. Je crois absolument pas aux recettes toutes faites, même si on le verra dans d'autres épisodes, évidemment, il y a des choses qui fonctionnent, se mettre en action, ça fait du bien. Accepter de douter, c'est bon, un tas de choses comme ça qu'on verra plus tard, mais je crois vraiment que... que le coaching bourrin et les injonctions avec une force extraordinaire, comme si elles étaient certaines, comme si ça pouvait s'appliquer à tout le monde, je crois vraiment que j'y crois pas en fait. Je crois vraiment que j'y crois pas. Donc si ça vous intéresse qu'on aborde encore plus de sujets comme ça, vraiment restez et pour aujourd'hui, ce sera tout. N'hésitez pas à liker, à partager, à vous abonner, et on se voit la suite des épisodes.