Speaker #0Dans cet épisode, j'ai envie de parler d'un phénomène qui est de plus en plus présent et qui, je pense, consciemment ou inconsciemment, joue sur beaucoup de monde et qui fait peut-être aussi beaucoup de mal, beaucoup de stress. Et je pense que c'est très très lié à la comparaison, à la règle. rapidité de ce monde, à cette envie d'être reconnu à tout prix. J'en ai parlé du piège du toujours plus. Toujours plus de réussite, toujours plus de visibilité, plus de performance, plus d'ambition. Un peu comme si la seule façon d'être heureux, c'était de vivre une vie XXL, spectaculaire, instagramable, avec des likes, quelque chose qui impressionne les autres, avant de s'impressionner soi, je pense encore. Mais je pense foncièrement que la vraie vie, la vie qui nourrit chaque personne, même celle qui réussit d'une manière extraordinaire, et je trouve ça chouette, je suis pour la réussite des gens, ce qu'elles construisent, je pense quand même que la vraie vie qui nourrit, c'est la vie qui fait du bien, elle est souvent à taille humaine, elle est dans la justesse, elle est certainement dans la qualité, dans les relations simples et vraies, dans ce qui est aligné en soi aussi, dans ce qui est aligné, parce que je pense qu'avoir des milliers de followers, s'il n'y a pas d'alignement derrière, si on ne sait pas trop pourquoi on le fait, Si ça parle aux autres mais que ça ne parle pas à soi, je pense qu'on peut être à côté de ce qui est censé impressionner. J'ai envie de me dire que l'injonction à la performance du toujours plus, du XXL, du spectaculaire et de la productivité, de la surenchère, c'est certainement un piège parce que je vois beaucoup de gens qui essaient de s'y engouffrer et puis des années après, ils reviennent et ils disent « j'ai voulu faire comme les autres » . Par exemple, dans le monde du coaching, j'ai voulu scaler, j'ai voulu faire de l'extraordinaire avec des prix qui n'étaient pas juste pas alignés pour eux. qui était peut-être trop, finalement. Je suis pour, comme je l'ai déjà dit, la réussite, le fait d'aller plus haut, bien sûr, c'est chouette, c'est beau, mais ça a été prouvé quand même. Ce n'est pas le plus, plus, plus qui rend plus heureux. Ce n'est pas le plus de suivi qui rend plus légitime. Ce n'est pas le plus de projet qui rend plus épanoui. Sinon, si ce sont des projets réussis, oui, bien pensés, oui, mais ce n'est pas la plus de performance qui donne plus de valeur à une personne. Mais en fait, aujourd'hui, on le garde comme ça. Ah, cette personne est très suivie, elle doit avoir beaucoup, beaucoup de valeur. Ok, ça paraît logique, mais finalement, à chacun de juger ce qu'il trouve dans cette valeur. Le nombre de gens qui sont likés avec des choses qui, honnêtement, ne plaisent pas à une autre majorité, c'est pas pour rien. Il y a aussi cet effet de surenchère, de suivre, de se dire, ah, c'est super. Mais en fait, est-ce que c'est vraiment super ? Est-ce que cette personne est heureuse aussi de ça ? On n'en sait rien. Tant qu'elle ne nous l'a pas dit, on n'en sait rien. Donc je pense que... C'est quand même intéressant de se poser cette question d'aller plus haut pour quoi ? D'aller plus haut pour qui ? Et je le répète, c'est bien d'aller plus haut dans ses projets, c'est bien d'aller plus haut dans ses aspirations, mais toujours se demander pourquoi je le fais, comment je le fais, est-ce que ça respecte mes valeurs, est-ce que ça me parle foncièrement, est-ce que je le fais pour moi, est-ce que je le fais pour les autres, est-ce que je le fais pour l'image, est-ce que je le fais pour l'argent ? Je trouve que c'est vraiment important de poser ces fondations, parce que comme je le dis, je pense que des gens qui ont voulu aller trop trop vite, on en a vu, Et la chute, elle est assez brutale. Et je pense que la chute, elle est brutale parce que le socle n'était pas assez solide, parce que ce n'était pas ancré, parce que c'était « go, go, j'y vais » . Ok, mais tu vas où ? Et il y a des réussites spectaculaires qui ne viennent de pas grand-chose, et c'est fantastique, parce que la personne, elle a été surprise, parce que les gens l'ont surprise, parce que je pense que ça venait du cœur, et que ça marchait, ça s'est envolé, et c'est fantastique. Mais attention, une fois de plus, on est toutes et tous très différents, et surtout quand je regarde autour de moi, Les gens qui m'impressionnent le plus, ou les gens que je trouve formidables ou remarquables. Alors évidemment, il y a des gens qui font partie de milieux où ils sont très reconnus, évidemment, aucun problème avec ça. Mais il y a aussi des gens du quotidien, des gens qu'on croise tous les jours, qui sont là, qui bossent, et qui sont fiers et qui sont heureux de ce qu'ils ont fait, et ça leur va complètement, ça leur va complètement. Est-ce que nos grands-parents auraient rêvé d'avoir des followers et de se trouver heureux face à un écran ? Alors, peut-être pas en fait. Peut-être pas, peut-être que c'était déjà super chouette de rentrer à la maison avec un plat chaud, avec une famille qui va bien, avec de quoi se faire plaisir, et peut-être même avoir la chance de partir en vacances. Et attention, mon discours, il n'est pas du tout de se contenter. Ça n'a rien à voir avec se contenter. Je pense juste qu'on peut être heureux tous à des différents niveaux, et qu'il n'a pas besoin d'être forcément extrêmement haut en termes de reconnaissance ou que sais-je. Avant d'être sur tous les réseaux, on voyait bien qu'il y avait des gens heureux, des gens malheureux. Des gens qui étaient épanouis, des gens moins épanouis. Mais pour autant, on ne se likait pas, on n'était pas instagrammable. Et il y avait déjà ça. Des gens qui voyaient plus haut que les autres, des visions plus grandes, des visions plus étroites. Il y a toujours eu. Et aujourd'hui... Si quelqu'un a sa vision terre à terre, heureux dans son petit quotidien, ouais, mais cette personne, quoi cette personne ? Peut-être que cette personne est beaucoup plus heureuse que toi, peut-être que cette personne est exactement là où elle veut l'être, peut-être que cette personne ne se demande pas où elle voudrait être, parce que là où elle est, ça lui va. Et je pense que c'est important de se rappeler tout ça, que ouais, c'est pas forcément spectaculaire, que les meilleures soirées, c'est souvent les improvisations, que les plus belles rencontres, c'est souvent... inattendu, et que tout ça, même si ça devient spectaculaire, c'était pas prévu, on l'a pas fabriqué pour autant. Et j'aime bien me rappeler ça tout le temps. Me rappeler que la vie commence à plein d'endroits, et des fois, ce à quoi on s'attend pas, c'est ce qui nous emmène au plus haut. Et pourtant, on a mis de l'énergie ailleurs. J'aime bien cet effet de surprise, même si on construit, même si on sème, même si toutes les graines qu'on pose, elles nous emmènent quelque part, et j'en suis convaincue. Le travail paie, les efforts paient, le travail sur soi aussi, mais quand même. C'est pas obligatoirement spectaculaire, j'en suis convaincu, et je veux aussi dédramatiser pour tous les gens qui pensent que ce qu'ils voient sur les réseaux, c'est génial. Mais combien de fois les gens disent « mais derrière mon écran, je suis pas bien, et en fait je suis en burn-out, et en fait je suis en train de me faire emporter dans un nouveau système, et je m'y attendais pas, et je m'y retrouve pas. » Et voilà, je trouve ça intéressant d'y songer, et de se dire que le toujours plus, il a été créé, mais justement pour qu'on consomme plus, justement pour qu'on se compare plus, justement pour qu'on consomme plus. Donc voilà, j'ai envie de dire ici à chacun de rester à son échelle, de ne pas se contenter, de ne pas s'empêcher de grandir, mais de ne pas pour autant vouloir exploser des plafonds qui ne sont pas les vôtres, parce que ça, quand on le voit, la chute, elle fait mal, mais surtout, ça fait du bien de se dire des fois, mais c'est vrai, je cours après quoi ? Et pour qui je le fais ? Et en fait, il s'agit de comparaison. On y reviendra, mais la comparaison, c'est dangereux. C'est dangereux, pourquoi ? Parce qu'on ne connaît pas ce qui se passe chez l'autre. On n'a aucune idée. On ne connaît pas ses besoins. Quoi qu'il n'y ait pas le prix de son loyer, on ne connaît pas la rage qu'il anime pour réussir ses projets. On n'en sait rien en fait. Tant qu'elle ne nous l'a pas dit, on n'en sait rien. Donc que chacun revienne déjà à son échelle, à ce qui lui plaît vraiment, à ce qui lui parle, à ce qui l'épanouit. Et puis j'aurais envie de terminer sur quelque chose qui m'a toujours beaucoup marqué, qu'on entend souvent. C'est Bronnie Ware, une soignante en soins palliatifs, qui disait « Les cinq regrets les plus fréquents des personnes proches de la mort sont » J'aurais aimé avoir eu le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, fidèle à moi-même, pas celle que les autres attendaient de moi. J'aurais aimé avoir travaillé moins dur. J'aurais aimé avoir eu le courage d'exprimer mes sentiments. J'aurais aimé avoir gardé le contact avec mes amis. J'aurais aimé m'être donné la permission d'être davantage heureux. Et je pense que tout a chacun d'analyser ça, mais je pense que ces cinq regrets sont très rarement dans l'extraordinaire, mais plutôt dans le temps qu'on n'a pas pris dans les choses ordinaires qui sont peut-être très souvent. les plus importantes. Voilà pour aujourd'hui, ce sera tout. N'hésitez pas à liker, à partager et à vous abonner. Vous recevrez la suite des épisodes.