- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Justine, vous écoutez Melting Pod, le podcast où l'on parle de tous les sujets. Aujourd'hui, on se retrouve pour un nouvel épisode, let's go ! Salut vous, ça va ? Aujourd'hui on se retrouve pour un nouvel épisode de podcast et j'accueille Sirius.
- Speaker #1
Salut ! Ça va ? Ouais, ça va très très bien.
- Speaker #0
En pleine forme ?
- Speaker #1
Ouais, pleine forme, un peu allergisé.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ah ouais. C'est pour ça que si vous entendez parler du nez, voilà, c'est dû aux allergies.
- Speaker #0
On va pas se perdre avec le temps quand même.
- Speaker #1
Mais exactement, on prend, on prend.
- Speaker #0
Il fait beau pour une fois. Ouais, grave. Alors, je te reçois aujourd'hui pour le podcast, pour parler un peu de toi, parler du milieu aussi du rap, de la musique, et nous faire découvrir ton univers. Est-ce que tu pourrais te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas ?
- Speaker #1
Moi, c'est Sirius pour le nom de scène, Cyril pour le prénom civil, j'adore. Ça fait un petit moment maintenant, elle est vraiment 5-6 ans, on va dire, que je suis sorti de ma chambre. Et ça fait 3 ans que je fais ça professionnellement. Je suis chanteur, rappeur, musicien, top liner, tout ce qui finit en E à peu près. Non, non, non, c'est faux, c'est faux. Mais voilà, et puis j'évolue ici beaucoup dans la région lyonnaise au début, et puis maintenant on essaye de s'exporter un petit peu, et de faire grossir le projet au niveau national et même international.
- Speaker #0
T'es lyonnais de base ?
- Speaker #1
Ouais, 100%.
- Speaker #0
Tu viens d'où plus spécialement ?
- Speaker #1
Alors je suis né à Grange Blanche, à l'hôpital Edouard-Ariau, et j'ai vécu à 400 mètres de l'hôpital, c'est-à-dire à mon plaisir, pendant à peu près toute ma vie. J'ai voyagé, j'ai baboudé, tu vois, voilà. Mais ouais, sinon c'est ça, mon plaisir.
- Speaker #0
plaisir Lumière ok t'as toujours aimé la musique ?
- Speaker #1
ouais d'aussi loin que je m'en souvienne je pense que j'ai tout de suite apprécié la musique faudrait qu'on demande je repose la question à mes parents pour être plus sincère mais ouais ouais la musique alors je la dansais avant de la chanter j'ai toujours aimé tu faisais quoi comme danse ? pas mal de breakdance danse toutes les danses toutes les danses urbaines danse hip hop ouais j'avoue que j'ai pas trop été dans la musique classique dans la danse classique pardon je comprends même moi mes soeurs si donc du coup je les ai un peu euh Suivi, mais ça on fait pas mal de classiques en danse et de modern jazz, etc. Mais non, moi ça a été plutôt danse urbaine.
- Speaker #0
Ok. Franchement, c'est le meilleur.
- Speaker #1
Ok, yes, cool.
- Speaker #0
Et du coup, tu t'es lancé dans la musique, tu m'as dit, il y a six ans,
- Speaker #1
c'est ça ? Ouais, c'est ça. Ouais, véritablement. Après, ça fait une petite dizaine d'années maintenant que je pratique. Mais en fait, tu sais, il y a eu une longue étape. Moi, je suis resté longtemps dans ma chambre.
- Speaker #0
Ouais, comment tu t'es lancé à te dire, vas-y, je me lance ?
- Speaker #1
Ouais, ben franchement, sans mentir, ça serait beaucoup grâce aux amis. Ouais. Plus qu'à la famille parce qu'il y a encore cette période où tu sais quand tu développes quelque chose, moi j'ai fait des études rien à voir dans le contrôle de gestion, dans la comptabilité. Donc on m'attendait plutôt là-dessus tu vois dans ma famille puis en mode ouais il faut que tu fasses des études. Enfin tu connais le schéma un peu classique qu'on a en tout cas que nos parents s'enseignaient. Voilà souhaitent pour nous exactement pour qu'on ramène des gros salaires et qu'on soit confortable.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Sauf qu'on est une génération qui n'aime pas forcément que les gros salaires et on aime bien aussi se faire plaisir. Et donc du coup je pense que pour ça c'est beaucoup les copains, en gros c'est un peu cliché mais je lâchais des petits freestyles, mais dès que j'avais bu une ou deux bières à l'apéro avec les pugs c'était en mode allez vas-y tu veux bien nous lâcher un petit texte et tout, je suis en mode non non, puis là je sortais mon carnet et puis genre je commençais à rapper, puis petit à petit jusqu'à ce que je n'ai plus besoin de prendre les deux bières pour être désinhibé, et puis là ils me disent allez tu lâches un petit texte, oh mais grave j'ai écrit ça cette semaine depuis trop tôt tu vois, et donc du coup c'est eux au bout d'un moment qui m'ont dit, enfin qui m'ont poussé et même ils m'ont offert si tu veux mon... Mon premier micro avec une carte son que tu connais, je pense qu'il s'appelle la Focusrite 2i2. Voilà, c'est eux qui me l'ont offert. Et donc du coup, là, j'ai fait, OK, allez, c'était à 6h01. Et puis, je me suis dit, il faut que je trouve un blaze, il faut que je sorte de ma chambre, en fait, et qu'on mette quelque chose sur les internets. J'ai fait mes premiers open mic. Voilà.
- Speaker #0
Et pourquoi Sirius, Nico ?
- Speaker #1
Ah, eh bien, les copains. Pareil, pareil. Ouais les copains, les copains on cherchait un nom. Du coup on était là, ça y est j'ai enregistré le premier freestyle les gars, il faut qu'on le drop sur Youtube. Et puis là t'es tout prêt, tu penses que t'as tout prévu, et puis non en fait t'as pas ton blaze. Et on était là comme ça.
- Speaker #0
Le pratique en plus, quand tu penses même. Basique.
- Speaker #1
Et donc du coup, j'étais posé avec un de mes amis à ce moment-là. Il m'aidait à upload la vidéo sur YouTube. Et donc du coup, on s'est posé. Là, on a fait OK, pose dans l'upload. On arrête tout. On s'est posé pendant deux heures ou trois heures. Et puis là, on a fait... C'est comme un brainstorming. On a fait de la... Pour savoir ce qu'on allait prendre, j'avais quand même envie de garder quelque chose de mon identité parce que je n'ai pas un personnage dans Sirius. T'es toi. Ouais, j'ai envie d'être moi, mais tu ne peux pas te la jouer comme dans la chanson française où tu peux t'appeler, je ne sais pas, Cyril quelque chose. Tu vois, c'est dans le rap, dans le hip-hop, c'est quelque chose qui se fait un peu moins. Tout le monde a des pseudos, t'as un blaze aussi, tu vois, ça va avec le graphe, ça va avec tout ça qui est dans le hip-hop. Même les breakdancers aussi, les b-boys, ils ont tous des surnoms. Donc du coup on a cherché quelque chose qui pouvait faire l'entre-deux et du coup ben Sirius parce que c'est le début de Cyril si tu le lis à la française et aussi parce que j'avoue que dans mes textes j'ai toujours eu ce côté un peu sérieux où j'étais pas là plein des go-trips à baver sur les meufs ou à baver sur je sais pas les thunes que j'ai pas, les voitures que j'ai pas comme la plupart des rappeurs tu vois donc il y avait ce truc qui est ressorti dans le brainstorming ouais ouais ok puis là on commence à taper sur internet pour voir Putain, personne ne l'a pris, trop bien. Sirius, personne ne l'a pris, c'est super important pour le référencement. Je me remercie encore, on se remercie encore aujourd'hui pour ça. Et il y avait ce côté aussi, donc moi je suis un peu fan des étoiles, j'étais en tout cas, je ne suis pas un grand astronomiste, mais en tout cas j'aime bien le rapport au ciel, aux étoiles et tout. Et puis on a vu que Sirius A, c'était le nom scientifique de l'étoile du berger. Du coup il y avait ce petit truc, on s'est dit Sirius, Sirius, bon ça peut passer. Et puis je suis aussi un petit peu fan d'Harry Potter, il y avait peut-être le côté Sirius Black aussi. Bref, on s'est dit allez, vas-y.
- Speaker #0
Tout était aligné. Tout était aligné.
- Speaker #1
Chaque fois on le sentait bien, du coup on a mis ça et puis on s'est dit au pire, si ça marche pas dans un an, on change et puis tu vois, on est là six ans après à se parler de toi.
- Speaker #0
Toujours avec. Voilà, c'est ça. C'est pas dur pour toi ? Parce que quand je me suis lancée dans le podcast, tu sais, t'as pas de... Tu sais, faut chercher un peu comment faire, comment éditer, comment poster. Tu vois, genre tu démarres dans le rap, tu sais, t'as pas de... Y a quelqu'un qui t'a aidé un peu ou t'as été lancée toute seule, tu vois ?
- Speaker #1
J'adore ta question, déjà franchement c'est peu, on ne me l'a jamais posée donc merci à toi pour ça. Si, si, ce n'était pas évident. Ouais au début, après j'ai ce côté, du coup je ne sais pas si je te l'ai dit, mais je fais des études, si je les ai, de comptable, contrôle de gestion là-dedans, donc j'ai ce côté un peu carré, tu vois, de l'administratif, ça ne me fait pas peur, tu vois, je sais que j'ai beaucoup d'amis qui ont cette phobie de l'administratif, tu vois, genre ils sont en fait, non, il faut envoyer un papier à la CAF, mais comment ? Non, tu vois, moi du coup ça va, j'ai été formé là-dedans, j'ai travaillé là-dedans, j'ai travaillé là-dedans, j'ai bossé, donc ça c'est cool. Mais du coup j'ai fait ça en fait, j'ai étudié quoi. J'ai étudié comment ça se passe dans la musique, qu'est-ce qu'un label, comment un artiste doit se développer, quels sont les contrats. Je sais pas, à 25 ans, 24 ans. Donc ouais j'étais un peu plus vieux, j'avais ce truc là qui est cool, j'ai vécu pas mal de choses avant aussi, dans autre chose que de la musique. Maintenant, je ne sais pas si on aura peut-être l'occasion d'en parler tout à l'heure, mais en tout cas, j'ai étudié et je me suis mis à taper à toutes les portes de Lyon, toutes les salles de spectacle. Tous les dispositifs d'accompagnement, ils faisaient ce qu'on appelle des ateliers, des workshops, maintenant c'est plutôt le mot, tu vois. Et donc du coup, sur comment on s'inscrit à la SACEM, qu'est-ce que la SACEM, comme je te dis, quel est le fonctionnement. Tu vois, t'arrives, on te parle d'un éditeur, d'un distributeur, d'un label, d'un label 360, d'un tourneur, et t'es là en mode, mais attends, mais c'est quoi tout ça ? Moi je veux juste faire de la musique et faire des concerts en fait. Donc du coup, j'ai beaucoup étudié ça, même sur Internet, aussi beaucoup, un peu comme si j'allais à la bibliothèque, quoi, tu vois, tout en autodidacte.
- Speaker #0
donc voilà t'as pas que ce côté artistique t'as aussi quand même ce côté entrepreneur dans la musique ouais totalement par rapport à d'autres personnes, je pense.
- Speaker #1
Totalement. Je pense que si je n'avais pas ce côté entrepreneur et ce côté pas peur de l'admin et pas peur d'aller voir, de soulever les grosses piles de papier pour aller voir dedans, je pense que je n'en serais pas là où je suis aujourd'hui. Tu vois, on me l'a souvent dit, les personnes qui m'ont signé, du coup, je peux le dire, mon entourage professionnel, donc que ce soit Mediatone pour le tour, maintenant, je suis signé chez eux. Je suis resté indépendant sur la partie label, du coup. J'ai monté mon propre label, mais du coup, j'ai un éditeur et un distributeur et tous les trois disent ça. Ils m'ont dit, signe-toi plutôt qu'un autre, non pas parce que t'es... parce que sincèrement des artistes il y en a aussi, il y a que moi je l'ai toujours prétendu, j'ai aucun mal avec ça mais par contre on va te signer parce qu'on sent que t'as pas peur de mettre les mains dans le cambouis d'investir sur toi-même et de faire des dossiers dessus moi-même de faire tout moi-même donc du coup voilà,
- Speaker #0
je pense que ça m'a aidé et pourquoi le raf ?
- Speaker #1
Pourquoi le rap ? Parce que je suis né dedans. Franchement, je pense que je suis né dedans. Et par rapport à mon vécu aussi, c'est une manière de sortir les choses. Je pense qu'il me délivre aussi. Je pense que beaucoup de rappeurs, on a un peu nos autothérapeutes.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
Et on espère que ça sert de thérapie aussi, de thérapie douce, bien sûr, aux auditeurs. Mais en fait, je pense qu'on fait notre propre thérapie. Et va savoir, je pense que si j'étais né dans les 80, j'aurais fait du rock. Je pense que j'aurais fait du rock. Si j'étais né dans les 70, j'aurais peut-être fait de la funk. En tout cas, je suis né dans les 90, 2000. Donc forcément, c'était le style le plus gros. Du coup, je suis allé dedans et je m'y retrouve pas mal. Mais je suis influencé par aussi pas mal de choses comme le reggae, le saoul.
- Speaker #0
C'est quoi tes origines ?
- Speaker #1
Mes origines, c'est Martinique. Je suis né à Lyon, mais par contre, j'ai passé beaucoup d'été là-bas. J'essaie d'y aller dès que je peux. Mon papa est martiniquais, du coup, et il est venu ici en métropole quand il était, je crois, après le service militaire ou un truc comme ça, où il a rencontré ma mère et tout, et voilà.
- Speaker #0
Ok, du mélange.
- Speaker #1
Ouais, exactement, exactement.
- Speaker #0
C'est quoi tes inspirables ?
- Speaker #1
Mes inspirables, elles sont immenses, elles sont immenses. J'en ai tellement, ouais, il y en a beaucoup. Si on peut repartir de la base, franchement... Du coup, vu que la base du hip hop, c'est quand même aux States, tu vois. Moi, je suis team, j'avoue, j'avoue, je suis plutôt team West, côté West, tu vois, des États-Unis, parce que moi, c'est Nate Dogg. Une de mes plus grosses inspirations, en fait, j'étais beaucoup, bien sûr, Dr Dre, Snoop, bien sûr aussi des gens de la côte Est, Jay-Z, avant ça, enfin tous les groupes mythiques, Mobb Deep, etc. J'ai beaucoup écouté ça, de rap US, quand j'étais plus jeune, vu que j'étais en mode plus breakdance et tout, tu vois, ça allait mieux. Mais en fait, le jour où j'ai écouté Nate Dogg, je me suis dit. Ok, le truc de dingue, on peut chanter et être respecté comme un gros rappeur qui fait du rap. Et donc du coup, j'ai vraiment squatté Naïm Dog et je pense que c'est une de mes plus grosses inspirations. Sinon, comme je te dis aussi, le classique du rap US et en France, je serais plutôt de la team. Moi, c'est mes grandes sœurs qui m'ont fait l'oreille. Elles étaient là, ma grande sœur a 8 ans de plus que moi, après 7 ans et demi, et donc du coup, elle écoutait. J'étais tout petit, je devais avoir 5 ans, elle en avait 12-13. À un moment, tu veux écouter ta musique, elle écoutait NTM, mais elle plutôt aussi IAM et Fonky Family. Family plutôt Team Marseille. Du coup, j'ai beaucoup, beaucoup poncé ces sons-là. Alion, Cassius, Billy. Voilà, et puis après, je te parle vraiment de l'ancien rap. Maintenant, dans ces années-là, je dirais qu'en rap, si on parle que rap, ça serait plutôt l'école des petits frères de ça. Donc, ça pourrait être Youssoupha pour le côté parisien et pour le côté sud, ça serait plutôt du demi-portion.
- Speaker #0
Ok. C'est pas sur du Jul, t'es pas sur du...
- Speaker #1
Ah, mais j'ai rien contre.
- Speaker #0
J'ai rien contre.
- Speaker #1
Non, mais tu vois, parce que je sais qu'il y en a qui sont en mode... pas lui, pas lui, pas lui, non c'est juste moi mon truc, mais je respecte à fond et je trouve qu'il y a des morceaux qui pourraient me plaire et tout, mais voilà. C'est pas tes forces. Ouais c'est ça, Féfé aussi je pense, enfin je pourrais te citer vraiment beaucoup de noms, Hippocampe fou un petit peu aussi tu vois, bon ouais, il y a beaucoup d'inspiration.
- Speaker #0
T'en penses quoi du rap actuel aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je pense que c'est cool parce qu'il est riche et qu'aujourd'hui par rapport à quand j'ai commencé, là où moi je te disais c'était un peu dur d'assumer son côté chanteur parce que j'ai toujours aimé chanter, aujourd'hui c'est carrément cool. C'est vraiment, là on est en 2024, t'es rappeur, tu peux dire que t'es rappeur alors que tu rappes pas. Moi ça c'est un truc qui me... Je trouve ça trop mignon parce qu'en fait il y a beaucoup de jeunes, je fais des ateliers d'écriture etc. Ils sont en mode ouais vas-y je suis rappeur et tout et puis en fait ils rappent à aucun moment, vraiment ils chantent avec de l'autotune, tu vois mais vu que c'est passé maintenant tu vois c'est cool quoi. Et si on parle du rap à la base, du truc qui est vachement scandé qui vient des tripes et tout, mais le rap actuellement je sais pas, il est riche, il est diversifié je pense qu'il y en a pour tout, alors il y en a beaucoup et après si je réoriente ta question je dirais le rap mainstream qu'est-ce que j'en pense ? Je suis pas fan. Je ne vais pas te mentir, je ne suis pas fan parce que j'en écoute très peu, parce que ce n'est pas mes valeurs qui sont forcément...
- Speaker #0
Au niveau des textes aussi.
- Speaker #1
Oui, au niveau des textes, c'est ça, au niveau des textes, au niveau des sujets, de ce qui est ramené. On sait très bien, tu vois, je me bats avec ça, avec les jeunes et tout, c'est genre, on sait très bien que la plupart des artistes qui sont là à parler de la rue, à mettre que ça en avant, à parler d'être gros, d'être le cahier de ventre, de fourguer et tout, etc. En fait, moi, je leur dis, à ton avis, vraiment, si ce gars-là, il vend ça dans sa musique... Est-ce que, genre, à ton avis, il le fait vraiment ? Est-ce qu'il aurait intérêt à le faire, tu vois ? Ne serait-ce que par rapport à la justice, ne serait-ce que par rapport au temps qui va passer dans les studios. Quelqu'un qui est bien en bas du bloc sur un banc... En fait, pourquoi il aurait perdu du temps en studio et à créer de la musique et à faire de l'art ? C'est qu'il n'y est pas si bien, peut-être. Réfléchis. Donc en fait, c'est un peu ce truc-là, ce truc où on va mentir un peu au public. Et surtout qu'on sait que le public, malheureusement, sur le rap, 50%, c'est des jeunes. Et en fait, on va aller leur mentir. Donc ça, je ne suis pas fan. Maintenant, si tu sors du rap mainstream, donc entre guillemets, désolé Sky, mais si tu n'écoutes pas Sky, pas tout ce qui passe en boucle à la radio, mec, tu vas fouiner sur des artistes de rap et tout. Mais il y a des trucs qu'ils font, c'est incroyable. Mais genre, vraiment incroyable. par exemple.
- Speaker #0
Et le milieu de la musique en général, tu trouves que c'est un bon milieu ou c'est compliqué ?
- Speaker #1
Ouais, c'est compliqué, mais je pense comme la société. Et à ne pas confondre avec la vie, mais comme la société, je pense qu'on a construit tout ce que l'homme a construit, il se complique la vie, donc la société est compliquée, il y a plein de choses qui sont compliquées. pour plein de gens, pour plein de réalités différentes. Et malheureusement, l'industrie musicale, on l'a compliquée. Alors qu'en fait, de base, on pourrait... Par exemple, on fait tous la place pour être dans le top 10, tu vois. Pour être dans le top 10. Alors pourquoi, en fait, on ne se dit pas juste, en fait... il n'y aurait peut-être même pas d'artistes nationaux. Je te dis une bêtise, tu vois. Et pourquoi on ne fait pas que des artistes régionaux ? Et régionalement, tu es super connu, c'est des gens comme toi et moi, on peut se toucher, on peut se parler, on peut se raconter des choses. Et voilà, le milieu de la musique, c'est un milieu qui est hyper difficile. Quand tu arrives dedans, tu ne connais rien. Il y a des gens qui peuvent essayer de mettre la main sur toi, ou au contraire, il y a des gens qui peuvent te dire, toi, là, tu vois, toi, tu ne vas pas monter à Paris. Parce que moi, j'ai les portes d'entrée, j'ai les clés de Paris. En gros, un mec ou une nana, même son nom, qui est dans la musique, dans l'industrie, qui a qu'à passer un coup de fil. Et là-haut, on t'ouvre les portes et tu vas rentrer dans tous les studios. Et au contraire, elle a qu'à passer un coup de fil. Et elle dit non, mais ce gars, oublie, pas intéressant, il va pas sortir du long. Et en fait, voilà, t'es là-dedans. T'es sur une personne.
- Speaker #0
Après, tu bosses comme un fou. Après,
- Speaker #1
tu bosses comme un fou, tu fais tout. Donc, le milieu n'est pas facile. Mais en même temps, moi, j'ai décidé d'y rester pour essayer aussi. Alors avec, genre, je garde les pièces. sur terre et tout, je trouve plus le mot, peut-être que tu vas pouvoir m'aider, mais genre, pour essayer de faire changer ces choses-là de l'intérieur, en fait, tout doucement, sans prétention, voilà, c'est ça que je voulais dire. Sans prétention de, je vais révolutionner le truc, je vais être le Jésus de l'industrie musicale en France, non, non, c'est pas ça que je suis en train de dire. Mais je me dis, en fait, si tous les gens comme nous, qui ont cette vision, si on arrête tous parce qu'on est dégoûté du truc, comme j'ai perdu beaucoup de copains et de copines artistes, tu vois, sur la route, qui étaient dégoûtés du milieu de l'industrie, qui sont partis en burn-out, qui sont, tu vois, genre vraiment des gros trucs, je me dis, putain, mais en fait, si on arrête tous... Désolé, mais il ne reste que les pourris en fait. Comme dans beaucoup de milieux, comme de partout. Les pourris, ceux qui marchent, et voilà, tu vois, il n'y en a pas beaucoup. Et donc du coup, tu te dis, en fait, j'ai l'impression que je suis resté dans le game, justement pour ça en fait. Je suis resté dans le game parce que je me suis dit, en vrai... Même si je ne le fais pas pour moi, peut-être qu'on va percer, on ne va pas percer. Déjà, on pourrait revenir sur cette question, sur ce que c'est de percer. Perso, dans les yeux de ma mère, ma grand-mère, j'ai percé. Donc, ça m'achète bien.
- Speaker #0
Mais c'est important.
- Speaker #1
Grave. Mais peut-être que si je ne le fais pas pour percer, peut-être que je peux rester juste pour montrer qu'on peut rester authentique, qu'on peut rester les pieds sur terre, good vibes, se dire bonjour, ne pas se planter des couteaux dans le dos, essayer de pousser les uns les autres tout en respectant ses valables. Et sans se bouffer soi-même non plus. Parce qu'après, il y en a qui essaient de rester comme ça, mais qui finissent par être bouffés ou pas pouvoir remplir le frigo. Ça, c'est une autre réalité aussi.
- Speaker #0
Il y a aussi l'argent à prendre, on en parlera après. Mais il y a aussi une notion, comme tu dis, percer ou non percer. Au final, on peut juste aussi, ça reste de l'art, on peut aussi se faire plaisir, profiter, et comme tu dis, faire plaisir aussi à sa famille. Et toi, du coup, tu estimes aujourd'hui que tu as percé quand même dans ton milieu, tu estimes que tu as encore du chemin à faire, c'est par rapport à tes ambitions de l'époque aussi, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, carrément. En fait, justement, j'ai l'impression que j'ai eu la chance parce que mes ambitions, elles ont fait que grossir. Au début, on était trop contents de faire les premiers cafés-concerts qu'on remplissait. Là, on n'est pas très loin ici de la Fourmilière. Et pour nous, c'était un truc de fou. On a rempli deux, trois fois peut-être la Fourmilière plein, craqué et tout. On se disait mais c'est bon, on a réussi. Et puis après, tu sors de là, tu te dis... Attends mais on va un peu plus lent. On veut faire le marché-gare, puis après on veut faire cette péniche, on veut faire la marquise, puis après on veut faire le transbo, puis après tu veux faire l'Olympia, puis après tu vois, tu sais il y a ce truc, donc du coup on y va step by step. Donc du coup je dirais, je suis content, on a réussi certaines choses, on a réussi pas mal de choses, et je suis fier de nous, je remercie la vie, et le fait qu'il y a des choses qui se sont alignées aussi, c'est pour ça que je dis qu'il y a toujours une part de chance, même s'il y a beaucoup de... de ce que les gens appellent le travail. Moi, je parle œuvrer, tu vois, parce qu'on ne peut pas parler de travail pour moi dans la musique. Je fais ça pour le kiff. Donc voilà, il y a beaucoup de temps passé, il y a beaucoup d'acharnement et de temps passé. Mais à côté de ça, je pense qu'on va essayer de tout faire, en tout cas pour aller plus loin et percer. Percer, en fait, je pense qu'on dit percer, c'est être reconnu nationalement. Si on prend cette définition, ouais, j'aimerais bien et on va tout faire propre. On va tout faire pour. En fait, ce n'est pas pour une question d'ego. En fait, c'est pour toucher le plus de chœurs possible. Bien sûr. Une fois de plus, c'est ça. Le but, c'est, tu te dis, OK, là, j'ai touché tant de personnes. Et si on arrivait à en toucher plus, est-ce que ta musique... Après, tu te remets... Il y a beaucoup de phases de doute. Tu te dis, est-ce que ma musique, elle mérite de toucher plus de personnes ? Après, tu te dis des fois non. Après, là, je suis dans une période, je t'avoue, je suis en mode, oui, oui, elle mérite. Allez, vas-y, ce serait cool qu'elle ait sa place. Donc voilà.
- Speaker #0
Tu es avec qui dans ton équipe ?
- Speaker #1
Avec, je parle on, parce que la musique on ne la fait jamais toute seule ou toute seule. Donc je pense à tous les compositeurs avec qui je travaille. Je pense avec les musiciens avec qui je suis sur scène. Du coup, Adrien Labatterie, Margot Clavier maintenant, qui nous a rejoints là depuis un mois et demi, deux mois. Je pense notamment à Joéva. qui a monté le label avec moi, qui est, on va dire, ma productrice, du coup. Je pense à Mediatone, mon entourage, comme je te disais, donc Ludo de chez Mediatone. Je pense à Baco aussi, Édition et Baco du Strip. Enfin, tous les gens qui gravitent autour du projet. Voilà, des journalistes aussi, un peu comme toi. Tu vois, tous les gens qui nous permettent d'avancer. Exactement. Donc, c'est pour ça que je dis où parce que voilà, c'est un peu comme un grand train, le locomotive, il y a plein d'arrêts. Il y en a qui montent, il y en a qui descendent, qui remontent après. Et puis voilà, quoi. C'est ça.
- Speaker #0
C'est ça. Est-ce que tu as eu… Quand tu t'es lancée, tu as eu peur du regard des autres ou pas ? Ou alors tu dis que tu étais avec tes potes, tu ne voyais pas forcément le plus loin et tu te dis vas-y, je lance et on verra
- Speaker #1
Si je pense qu'il y avait cette peur, forcément au début, la première fois que tu... Comme je te dis, j'avais besoin de prendre deux bières pour être désinhibé. Donc si j'avais aucune peur. Après, on va dire que j'avais eu l'avantage d'avoir connu par la biais de la danse le fait de monter sur scène. Alors c'est différent parce que tu ne prends pas la parole.
- Speaker #0
Exactement, moi j'ai vécu les deux. Et c'est une peur je trouve qui est très différente. Mais on a déjà eu le fait d'être sur scène seul, ce qui est différent.
- Speaker #1
mais de prendre la parole c'est encore je trouve s'exprimer d'une autre manière t'es vraiment seule je trouve ouais car la danse tu peux te mettre dans ta bulle et quand tu parles t'es face aux gens la musique puis la danse c'est ton corps qui parle et puis là tu te dis quand tu parles c'est des mots c'est pas la même chose je trouve ouais exactement mais donc on va dire que j'avais ce petit entraînement tu vois On va dire que c'est comme si tu t'entraînes à courir 5 km, puis vas-y tu dois faire le marathon. Ce n'est pas la même chose, mais tu vois, tu as couru un petit peu.
- Speaker #0
C'est ça, j'ai couru un peu.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Donc, oui, j'avais quand même peur, mais j'ai travaillé dessus. J'ai travaillé dessus, je te dis la vérité. J'ai fait beaucoup de visualisation, de la méditation pour lâcher des trucs. J'avais fait aussi un atelier. Alors, c'était un atelier, ce n'était pas une séance individuelle, mais de PNL, donc ce qui ressemble à de l'hypnose, de la programmation neurolinguistique. pour essayer d'aller trouver ce qui me faisait peur. Et puis tu remontes à des visions de quand tu es au tableau et qu'on se fout de ta gueule. Tu vois, généralement, c'est ça. Ou que tu as... Ou alors on se fout pas de ta gueule mais c'est que t'as mal préparé ton exposé parce que vas-y tu fais pas tes devoirs et t'es comme ça, t'as 14 ans et t'as pas fait ton truc d'anglais et tu te dis de toute façon ce sera jamais moi qui va être tiré au sort et là bim, t'es tiré au tableau et t'es là euh euh euh. Et en fait les gens se foutent même pas de ta gueule mais c'est toi-même l'image que t'as et t'as honte en fait d'être au tableau et de rien avoir à dire donc en fait tu travailles là-dessus. Donc j'ai essayé de travailler là-dessus et je trouve que ça va beaucoup mieux maintenant.
- Speaker #0
C'est bien, c'est bien. Même de monter sur scène moi je pense que c'est quelque chose... Tu es tout seul au début, tu partais de nouveaux textes, tu sors quelque chose. Il y a cette appréhension au début même de sortir un nouveau texte, de voir ce que les gens vont aimer et ce qu'ils ne vont pas aimer. Du coup, tu l'as souvent, mais tu sors quand même souvent des fiches.
- Speaker #1
Oui, exactement. Oui, ça, tu l'as toujours cette peur, cette appréhension. En fait, je te dis, c'est trop marrant parce que dans la création, je ne sais pas si ça te le fait toi, mais en fait, tu as plusieurs étapes. Tu as l'étape. Pendant que tu le fais, t'es trop content. En fait, ça se fait en trois étapes. T'es trop content, t'écris, t'enregistres, t'es là en mode mais c'est bon, c'est un tube mon gars, t'es là, allez, vas-y, let's go. Donc une fois que t'as enregistré, généralement, moi ça me fait ça et tu sais que c'est définitif. Là, tu retentes une deuxième étape, t'es en mode, attends, attends, parce qu'on aurait pu changer ça, ça. Et puis, putain, mais en fait, c'est pas si bien que ça parce qu'en plus, pendant ce moment-là, il s'est passé, t'es déjà en train d'écrire d'autres morceaux et de faire la suite et tu te dis, mais non, en fait, celui qui arrive, il est mieux, tu vois ? Ouais. Et par contre,
- Speaker #0
tu dois réfléchir trop.
- Speaker #1
Voilà, tu dois réfléchir trop. Donc au bout d'un moment, moi, je stoppe le cerveau. Je lui dis, attends, attends, attends. C'est fini. Je pose une date. Ça va sortir. Et là, généralement, ça revient le truc. Non, mais ça va. En fait, ça va. Il est cool et tout. Il faut apprendre à lâcher. Mais je pense que ça va me le faire encore pendant un petit peu. C'est de mieux en mieux.
- Speaker #0
Tu mets combien de temps à sortir un son ?
- Speaker #1
Ça dépend. Mais franchement, en dessous de trois mois, c'est très difficile. Entre l'écriture, l'enregistrement, le mix du son. Je ne sais pas si les gens voient toute cette étape et tout, mais en gros, quand l'ingénieur du son... Il travaille le son, il met des petits filtres, il met des equaliseurs, il règle le volume de chaque élément, de la base, de la ligne de guitare, de la voix, etc. Pour que tout ait bien sa place. Ça, il fait des allers-retours, du coup il t'envoie les fichiers, tu lui dis, attends, remets un peu plus de reverb, et puis il te renvoie, et puis machin, truc. Ensuite, il y a le master, donc ça c'est la couche de vernis, c'est pour que le son soit bien pimpé. Au standard, sur les plateformes, etc. pour qu'il sorte au même son. Et là... tu dois le caler et Spotify te demande, en vrai, tu pourrais le faire en trois jours, tu pourrais le faire même en 24 heures en express, mais Spotify te dit, en gros, enfin, je dis Spotify, mais toutes les plateformes te disent, c'est cool de l'avoir un mois avant. En fait, eux, dans les algorithmes, etc. Donc, voilà. Donc en fait, tu vois, il se passe tout ça. Donc je te dis, au plus court, tu fais trois mois, et puis il suffit qu'entre-temps, tu aies des vacances, ou il suffit que, je sais pas, ouais, ça soit les périodes de Noël, que ton ingé son, il est pris parce qu'en fait, il a plein d'autres projets, ou alors c'est toi qui es sur d'autres projets, parce que t'écris un autre projet, ou t'écris pour quelqu'un d'autre, tu réponds pas tout de suite, si tu laisses une semaine, enfin tu vois, ça peut vite aller sur six mois, quoi. De trois à six, tu vois. Trois, quatre, cinq, mais voilà, ouais.
- Speaker #0
Et la plupart de tes sons, t'as envie de... Parler de quoi ? Tu racontes quoi ?
- Speaker #1
Ouais, moi, c'est trop drôle ce que tu dis, parce que, genre, on a l'impression, avec pas mal d'amis, là, je parle de ça, et moi, plus le temps passe, je sais pas si tu vas me dire si ça te fait ce truc-là, mais plus j'ai l'impression qu'en fait, un artiste, il a plus ou moins un thème, et qu'il distille de plein de manières différentes. C'est-à-dire que même, tu vois, par exemple, je suis pas big up à RSP, mais je suis pas Daju, et je suis pas là tout plein de chansons d'amour, tu vois. Mais même dans mes chansons d'amour, je vais un peu... Rester dans le sérieux, c'est-à-dire que sérieux, il dit quoi ? Je crois qu'il a beaucoup envie... Sérieux, il est là un peu pour donner la force à nous, à notre génération, et à dire les gars, c'est chaud, mais on est en train de le faire. On va le faire tout doucement. Venez, on se concentre sur ce qu'il y a de mieux. sur les points positifs, parce que je te prends un exemple, je pensais à ça sur la route avant de venir, je me disais, tu sais comme quoi ça avance, genre il y a 20 ans, je pense que malheureusement, mais des couples homos, dans les deux sens, n'osaient même pas la place, belle course, tenir la main devant les gens, tu vois. Tu vois, et en fait tu te dis, putain mais ça prend du temps, parce qu'on est des millions en fait. Mais par contre, tout doucement, tout doucement, on avance. Et moi en fait, sérieux, il vient pour dire ça, tu vois. Et il vient pour dire, ouais, j'ai vécu des trucs pas drôles, mais je me concentre pas dessus, tu vois. Parce qu'en fait, quand je regarde autour de moi, tout le monde à son échelle a vécu des trucs pas drôles. Et ça ne veut pas dire que la personne qui est née dans le 6e arrondissement de Lyon et qui a des parents avocats avec le compte blindé, tu crois qu'il est mieux parce que toi ou d'autres ont vécu son nez dans la cité et qu'ils n'ont rien à becquer et tout. Mais en fait, tu regardes, il a d'autres problèmes. Peut-être qu'il n'a même pas passé du temps avec ses parents. Peut-être que ses parents ne s'ont jamais aimés et qu'il a souffert de ça. Peut-être qu'au fin de choix, on a tous des problèmes et il n'y a pas de comparaison là-dedans. En gros, c'est, venez, on laisse tomber ce truc-là, tout le passé, tout ce qu'il y a sur les épaules, venez, on le transmute et on se dit, qu'est-ce qu'on peut en faire ? Moi, personnellement, ce que j'ai essayé d'en faire, tout ce qui m'est arrivé, c'est cette arme pour me faire avancer, en fait. C'est de l'essence, c'est de me dire, le petit gamin que j'étais, qui a vécu des trucs, cool ou pas cool, et bien, tu sais, genre d'essayer de lui dire, regarde, tu n'as pas vécu pour rien, parce qu'aujourd'hui, c'est l'essence qui te permet d'avancer. Et sérieux, il dit ça, voilà.
- Speaker #0
Ça me fait honte, tu parles de Sirius à la troisième personne. Oui,
- Speaker #1
oui, mais parce que je t'ai dit, je n'ai pas de personnage, mais j'en ai forcément un petit. C'est-à-dire que quand je prends le stylo, je prends le stylo pour Sirius. Aujourd'hui, si tu me demandais d'écrire une chanson, j'aimerais bien pouvoir me mettre à ta place pour le faire. Et du coup, pas être Sirius. Et du coup, si je te dis n'importe quoi, je devais écrire pour Angèle, j'essaierais de me mettre à la place d'Angèle, tu vois, et pas de Sirius. En gros, c'est pour ça que je disais Sirius, il dit ça. C'est quand je sais que j'écris pour mon projet, pour Sirius, du coup,
- Speaker #0
c'est ce que j'essaie. Ouais, c'est ça. Est-ce que tu penses que, puisque ça fait six ans, t'as vieilli entre-temps un petit peu, est-ce que tes sons ont évolué ? Ton écriture, ce que tu racontes a évolué en six ans ou pas ? Ouais,
- Speaker #1
je pense. Je pense que la transition, elle est encore plus intense en ce moment. Je tisse de ouf, mais je pense que tout ce qui va sortir dans les prochains mois, voire années, il y aura une démarcation encore plus nette. Mais oui, je pense que ça a beaucoup évolué dans la précision, dans... dans les placements aussi, des paroles, des flows, des thèmes, moins d'urgence peut-être. Avant, j'avais beaucoup ce truc d'urgence, mais c'était une urgence interne. Il fallait que je sorte, il fallait que je sorte. Je pense que ça évolue dans le bon sens en tout cas. Je pense comme un bon vin, on va dire. C'est plutôt cool, je trouve ça plutôt intéressant. Mais oui, je pense que tout doucement, on peut voir la transition.
- Speaker #0
Tu penses que c'était une nécessité pour toi d'écrire, comme tu disais tout à l'heure, on parlait d'autothérapie. Ouais. C'était une nécessité pour toi de parler, de raconter ça et de t'aider à avancer et à te créer aussi toi ?
- Speaker #1
Ouais, je pense. En vrai, je pense que oui, ça m'a beaucoup aidé. Je pense que ça m'aide beaucoup. Aujourd'hui, je le vois de toute façon, pour les gens qui vivent avec moi au quotidien, franchement. Je sais que ma doudou, par exemple, elle peut me dire maintenant, elle a capté, elle peut me dire ce truc. Oula, toi, ça fait un moment que t'as pas écrit, non ? Parce que genre, je suis tout tendu, je suis tout... Quand je fais beaucoup d'admins, beaucoup que des concerts, de la promo, de l'admin, des ateliers d'écriture, des trucs, et que genre, j'arrive pas à prendre du temps de création, en fait. Ben ouais, je me sens tendu et puis hop, là, dès que j'ouvre le cahier et tout, ça fait du bien, ça gêne, ça évacue. Ouais, exactement. Même si ça sort pas, je jette énormément. je dois jeter 80% de ce que je crée. Ça touche.
- Speaker #0
De base, en même temps...
- Speaker #1
Ça, c'est sur l'ordi ou sur le cahier. Mais je ne sors pas.
- Speaker #0
Tu ne sors pas parce que tu n'es pas fier de ça ou parce que c'est trop perso ?
- Speaker #1
Je pense que pas assez abouti et pas envie d'aboutir plus. Il y en a où tu sens, c'est une vibe. Dans ce truc que tu disais dans la question juste avant, c'est que tu sens qu'il y en a... Peut-être que c'était la chanson que j'ai écrite. entre deux chansons mais qui va me permettre d'atteindre le niveau que j'ai sur l'autre.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Un petit tremplin. Ouais, exactement. Tu vois, je pense que ça serait ça.
- Speaker #0
Parait que tout à l'heure il te fait vaguement, financièrement.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est dur d'être autonome du coup financièrement avec la musique ?
- Speaker #1
Ouais, c'est pas facile surtout quand tu fais le choix de l'indépendance, quand tu fais le choix de rester à Lyon et de pas monter sur Paris.
- Speaker #0
Il y a ça aussi.
- Speaker #1
C'est un choix que j'ai fait, que je vois la plupart des copains artistes, copains, copines, quand je dis copains, c'est toujours, je pense aussi aux copines artistes, et je pense qu'ils ont fait le choix de monter sur Paris, où pour eux, ça allait beaucoup plus vite.
- Speaker #0
Ça va toujours plus vite à Paris.
- Speaker #1
Ben voilà, et en même temps, moi j'ai fait le choix de rester à Lyon pour plein de choses, parce que j'aime notre ville, et parce que je pense qu'il faut faire des choses ici aussi, et que j'aime pas beaucoup Paris non plus. Mais on y monte, on y monte. Ne vous en faites pas, les Parisiens, on arrive. Ouais, donc du coup, je pense que c'était pas évident, mais en tout cas, j'y suis. Je pense qu'on a beaucoup de chance. Aujourd'hui, je suis intermittent. Donc on a beaucoup de chance d'avoir ce statut-là en Europe, parce qu'il existe aussi d'une certaine façon en Suisse, d'une autre façon aussi en Belgique. Je sais pas trop comment c'est pour l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, mais je crois qu'ils ont aussi des trucs similaires. Mais ouais, c'est pas évident. Quand tu fais le choix de rester indé et tout, maintenant, bah écoute, on y arrive. Je fais beaucoup de concerts. une trentaine à peu près par an au minimum. Et puis après, le reste, ça va être des choses qu'en plus, moi, j'apprécie beaucoup, comme tout ce qui est de l'action culturelle. Du coup, j'en parlais tout à l'heure, des ateliers d'écriture, des cours de chant, des initiations à la musique en général, etc. Ok,
- Speaker #0
pour aider aussi les gens.
- Speaker #1
Exactement, pour aider les gens, moi ça me permet de compléter mon statut, pour avoir l'intermittence, et ça me permet aussi de partager ma passion différemment. Je trouve ça très cool, et ça permet aussi à d'autres, et souvent c'est des plus jeunes chez qui je le fais, mais pas que, ça m'arrive aussi d'aller en milieu fermé, comme en prison pour adultes, etc. Donc dans des milieux où il n'y a pas du tout la culture, et d'arriver, d'amener, de leur dire, en fait, toi aussi tu peux le faire. Donc je trouve ça trop cool, c'est gagnant dans tous les côtés. Et voilà. Pour l'aspect financier, aujourd'hui, ça va, je ne me plains pas, je ne rentre pas des mille et des cents, mais je suis là, je rentre mon salaire, je paye mon loyer, je suis bien. Ouais, grave.
- Speaker #0
Et du coup, tu commences à être suivi par des personnes, pas mal de personnes. Tu le commences à être suivi.
- Speaker #1
Franchement, je trouve ça assez cool. Il faut toujours garder l'aspect positif de ça. Il y a des trucs, parfois, ça peut être un peu étouffant. J'ai écrit et sorti un son il n'y a pas longtemps là-dessus. Parce que vu que je suis indé et que je fais pas mal de choses tout seul, les journées passent très vite et tu te retrouves très vite. Par exemple, le lendemain de conserve avec 150 DM, et puis tu n'arrives jamais, tu as ce truc de frustration. Parce que c'est trop cool. En plus, entre les stories, les gens qui t'ont DM pour te dire J'ai trop aimé et tout et moi, j'ai envie de répondre à tout le monde. Sauf que t'es pas une machine, et si tu veux prendre le lendemain pour te reposer, prendre du temps avec ta douce, tes parents, ta famille, etc. Aller voir ta grand-mère, faire tes courses, te faire à manger, aller te balader pour t'aérer. Et puis, en fait, sinon, je pourrais passer vraiment mes journées, tu vois, sur les réseaux. Donc, il y a ce côté qui est un peu difficile, mais en même temps, c'est tellement cool parce que, vu que, pour l'instant, on est un peu pas trop aimé, on va dire, des radios et des... des choses plus généralistes et plus mainstream et ce que je comprends, chacun a sa ligne éditoriale y'a pas de soucis, je respecte le choix de tout le monde et donc du coup c'est un lien direct aussi avec les gens qui t'écoutent et je trouve ça trop cool donc un énorme respect à la Serious Family, merci à eux aussi de me suivre dans les aventures t'as des projets ? des projets qui arrivent ? quel genre de projet ?
- Speaker #0
dans la musique ? ce que tu peux me dire ?
- Speaker #1
ouais bien sûr Ben ouais, on est sur des petits projets. Je pense qu'il va y avoir pas mal de sorties dans les prochains temps. Donc assez content de ça. Là tu vois on a sorti Solitude il y a pas longtemps. Là dans pas longtemps du tout il y a Meilleur Futur qui arrive aussi. Donc voilà qui est un titre... Je suis retourné un peu aux bases, qui est un titre pur acoustique. Où tu vois on a fait... Donc je dis on parce que là pour le coup il y avait Jeezz et puis Adri aussi. Et on a joué tous les instruments. Tous les instruments c'est des instruments organiques quoi. Il n'y a rien qui est fait par ordinateur quoi si tu veux. Donc ce qui change un peu aussi, on s'est amusé. Et puis voilà donc il va y avoir pas mal de sorties dans les... ...les prochains temps et un projet normalement pour la rentrée. Un projet pour la rentrée. Donc voilà, et je pense même 2024-2025, pas mal de projets. Un autre projet aussi qui arrive normalement pour 2025. Des concerts aussi qui vont repartir 2024-2025. Donc bien cool, ouais. Ouais, on est là-dessus. Ouais, on revient, je sais pas si on est partis, mais on est là en tout cas.
- Speaker #0
Parfait. Et du coup, on peut t'écouter où, t'as dit ? Du coup, Spotify, Deezer, toutes les plateformes ?
- Speaker #1
Ouais, partout, même TikTok, parce que maintenant, les jeunes, ils écoutent sur TikTok. C'est ouf, ça, c'est ouf ! Je fais des ateliers d'écriture la dernière fois, et genre, je dis, ok, vous écoutez sur quoi et tout, t'écoutes quoi, c'est une question de la crainte et tout, et ils me regardent pas sur TikTok ! Je fais, attends, attends. Comment ça sur TikTok ? Je dis t'écoutes des extraits sur TikTok ? Non, non, ils écoutent toute leur musique sur TikTok, genre vraiment en mode extrait quoi. 30 secondes,
- Speaker #0
merci au revoir. Et puis voilà, on bosse pour 30 secondes finalement. Exactement,
- Speaker #1
du coup je me suis dit je vais faire que des refrains. Je vais laisser un bout d'intro, refrain et fin.
- Speaker #0
Ça y est, c'est fini.
- Speaker #1
Mais ouais, sinon du coup sur toutes les plateformes de streaming et puis aussi si jamais pour ceux qui le souhaitent, il y a le CD du dernier album, Brie, qui est sorti il y a quelques mois. qui est dispo sur mon bandcamp. Du coup, lien directement dans la bio Instagram, tu connais si tu veux le commander. Et puis, on va voir, on attend qu'il y ait un peu plus de moula pour faire des vinyles, mais on aimerait bien.
- Speaker #0
Ok, c'est cool ça aussi.
- Speaker #1
Ça serait très bien.
- Speaker #0
Et festival du coup ?
- Speaker #1
Et festival, ouais. Cet été, on n'a pas pris beaucoup de dates cet été. Mais il faut savoir laisser la place aux autres aussi, je pense que c'est important. Et puis comme ça, nous, on peut travailler dans les fourneaux et puis revenir comme ça, comme je te disais. Du coup, on a le 29 juin une date qui s'appelle Festival de Ouf. Il me semble que c'est vers Rouen. On a le 5 juillet un festival à Rieux-la-Pape qui est organisé par les jeunes de Rieux-la-Pape. Gros big up, ceux qui ont tout fait, ils se débrouillent comme des chefs. Et je pense que ça va être très, très cool. Et on a le festival Fête Escale à Vénissieux aussi le 12 juillet.
- Speaker #0
au plateau il y aura Giorgio enfin ouais ça va être très très cool top et bah merci beaucoup à toi et bah merci merci à toi pour l'invitation c'était avec grand plaisir je t'accueille trop cool et écoute j'espère j'ai hâte d'écouter ce qui va nous sortir ouais en tout cas et du coup on se retrouve aussi sur les réseaux sociaux ouais avec plaisir je me suis toutes ces aventures merci à toi merci de prendre le temps avec grand plaisir plein de force plein de lumière à toi aussi c'est gentil merci beaucoup nous on se retrouve la semaine prochaine pour un prochain épisode sur ce Bye !