- Speaker #0
Salut à tous et bienvenue sur Mental Camp, le podcast où l'on explore la préparation mentale.
- Speaker #1
Et voilà, on est en live ! Salut Laurent !
- Speaker #0
Salut Jonathan !
- Speaker #1
Comment tu vas ?
- Speaker #0
Écoute, ça va bien. Je suis à la fois content et très excité d'enregistrer ce tout premier épisode numéro 1 de Mental Camp, le podcast.
- Speaker #2
Et ouais,
- Speaker #1
moi aussi. Ça fait un moment qu'on en parlait, j'ai l'impression que ça fait même des mois. presque même un an qu'on avait échangé autour de cette idée-là, et puis là, ça y est. Pour les premiers auditeurs qui nous écoutent, qui nous rejoignent, eh bien on leur présente un peu, on leur dit ce qu'on a envie de faire de ce podcast-là.
- Speaker #0
Ouais, complètement. On en avait déjà parlé sur l'épisode 0, que vous avez pu découvrir peut-être il y a deux semaines, et puis là maintenant les choses se concrétisent avec une première série d'épisodes destinée pour la... préparation mentale du coureur. Tout ça, ça va se faire en plusieurs, on va appeler ça des mini-saisons de peut-être 5-6 épisodes qui seront dédiés par sport. Et à chaque fois, sur ces 5-6 épisodes, on va aborder différentes problématiques vues en préparation mentale avec quelques petits outils pour ensuite passer, quelques épisodes après, à un autre sport où on abordera de nouveau de la préparation mentale qui sera spécifique à cette discipline-là.
- Speaker #1
Et puis ce qui nous... brancher pas mal, c'était aussi d'aborder plein de sports, mais aussi plein de regards. C'est-à-dire que on a décidé qu'on allait inviter. Alors, dans cet épisode, on est ensemble. Alors, pour ceux qui ne nous connaissent pas, donc moi, je suis Jonathan Bellegrou, je suis créateur de Mental Camp et Laurent fait partie des membres. Non seulement, en plus d'être un pote, c'est un associé. Et ensemble, avec aussi Sofiane et Frédéric. vous pourrez croiser aussi sur ce podcast ou sur notre plateforme communautaire Circle. On a décidé d'ouvrir la préparation mentale et de parler de préparation mentale à travers le filtre de plein de domaines et plein de métiers différents. On aura par exemple des entraîneurs, on a des sophrologues, on aura peut-être même des kinés qui viendront au micro. Pour nous, ça semble hyper important de croiser les regards à travers cette... ce sujet-là ?
- Speaker #0
Oui, faire un petit peu de recadrage. C'est-à-dire de regarder une situation de différents points de vue, de voir un petit peu ce que la préparation mentale peut apporter à un entraîneur, à un athlète. Et puis aussi, moi, j'attends un petit peu avec impatience des épisodes où on va voir l'expérience d'un athlète qui aura fait la préparation mentale, participé à un projet après avoir été préparé mentalement. Et puis ensuite, pouvoir débriefer de tout cela pour voir ce qui a été utilisé comme outil, ce que ça a apporté. Et puis aussi, quelles ont été les limites de sa préparation et ce qui peut être changé ou modifié ou optimisé pour la suite.
- Speaker #1
Tiens, tu me fais penser à quelque chose. Ça fait un peu bande-annonce, mais tu me fais penser à quelque chose. J'ai reçu un feedback, un témoignage d'un athlète que je salue s'il écoute cet épisode, qui s'appelle Mika Maouem. qui est devenu champion du monde de bloc et qui m'a fait un feedback vachement intéressant et qu'on détaillera, peut-être même il sera invité sur le podcast sur la saison escalade où il dit en fait avec la préparation mentale j'ai appris que j'en avais pas besoin et c'est ça le plus gros cadeau de la préparation mentale et c'est vrai que ça fait partie des feedbacks d'athlètes parce que souvent on entend la préparation mentale ça a tout changé et tout et puis des fois en fait ça vient juste donner des éléments sur soi-même et sur là où on est et puis des fois ça a besoin d'être replacé recadré par rapport à d'autres dynamiques d'entraînement, d'autres piliers d'entraînement donc j'en dis pas plus mais voilà effectivement on invitera des athlètes et des entraîneurs parce que on s'adresse aussi aux entraîneurs on a même un espace qui leur est dédié un
- Speaker #0
espace dédié pour les entraîneurs et un espace dédié pour aussi comprendre ce que ça peut apporter On pense souvent au jour de la compétition, à la préparation mentale, mais par expérience personnelle, ça peut arriver d'avoir certaines anxiétés lorsqu'on découvre une séance qui est à faire peut-être dans la journée ou dans la semaine qui suit. Et ne serait-ce que déjà pour bien vivre sa propre préparation à une épreuve, la préparation mentale est déjà un outil.
- Speaker #1
Oui, juste pour pouvoir être pleinement disposé. à vivre l'entraînement des fois. On est loin de la complète, mais on va en avoir besoin. Pour donner un petit cadre pour ceux encore qui nous découvrent, toi, ton sport, il n'est pas éloigné de cette thématique, de cette série, mon Laurent.
- Speaker #0
Oui, et justement, moi, je fais de l'ultra-trail, principalement en montagne. Donc du coup, mon sport, à moi, ça reste quand même la course à pied de façon large, même si quelque part, j'aime bien dire que le trail, c'est presque un peu le triathlète de la course à pied. Il faut savoir courir à plat, il faut savoir courir en montée, il faut savoir courir en descente, il faut savoir marcher, donc triathlon, c'est peut-être pas suffisant, finalement. Pourquoi la longue distance ? Parce que le temps d'exposition est vraiment important, et au plus il est important, au plus il y a de choses qui peuvent arriver, au plus il y a de choses qui doivent être gérées. Un système digestif peut parfaitement fonctionner pendant deux heures. Et puis ensuite, du coup, il peut ne pas fonctionner au bout de 4-5 heures. Lorsqu'on augmente encore ce temps d'exposition, il y a la nuit, il y a le mauvais temps, il y a le changement d'altitude. Il y a tout un tas de choses. Et puis, d'un point de vue purement du thème que l'on va aborder aujourd'hui, il y a le temps d'avoir tout un tas de pensées qui viennent nous traverser l'esprit, qui parfois peuvent être d'excellentes pensées lorsque les sensations corporelles sont très très bonnes. Lorsque, par exemple, notre classement est bon, lorsque notre chrono est bon. D'ailleurs, en parlant de ça, on voit même des coureurs qui ne veulent pas savoir leur chrono. Et puis, ça fait écho un petit peu au point qu'on a vu et qui ont été développés par toi. Mais lorsque le physio donne des sensations qui ne sont pas forcément positives, ça peut entraîner tout un tas de pensées qui ne sont parfois pas forcément faciles à gérer.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
complètement. Et même d'ailleurs, si je prends par exemple une séance assez... commune, on va dire, à la course à pied, comme un 10x1000 sur piste. On peut déjà avoir une certaine forme de stress ou d'anxiété juste en découvrant la séance et les allures qu'on est censé y tenir. Mais si on a déjà des mauvaises sensations au bout du quatrième, on peut très rapidement se poser des questions, avoir tout un tas de pensées négatives pour savoir comment on va faire pour faire ces 10x1000, par exemple, si le quatrième est déjà très difficile.
- Speaker #1
Et là, on se met à cogiter. Alors, si vous vous reconnaissez là-dedans, attirer Attendez, attendez, la fin de l'épisode, on a décidé un peu de vous garder en surprise quelques techniques que vous pourrez utiliser juste après l'épisode, qu'on aura envie de vous partager. Toi, tu entraînes, tu fais la préparation mentale, mais tu coaches aussi des athlètes, toi-même, tu cours ?
- Speaker #0
Oui, j'en suis venu à la préparation mentale aussi pour ça, c'est-à-dire que... malgré le fait qu'on a des athlètes qui sont très très bien entraînés, si mentalement ils ne sont pas dans des bonnes dispositions en début de course, ça peut très rapidement être tout simplement une course échouée, voire même la catastrophe.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
complètement. J'ai même envie de dire qu'au moment où on enregistre, à l'heure actuelle, on est probablement à quelques instants de la fin de l'UTMB pour les premiers.
- Speaker #1
UTMB 2025.
- Speaker #0
2025, exactement. Et parfois on peut voir dans la communication non-verbale, des athlètes lorsqu'ils arrivent au ravitaillement ? Est-ce qu'ils se posent des questions ? Est-ce qu'ils doutent ? Est-ce qu'ils repartent franchement de leur chaise d'un air déterminé ? Ou est-ce qu'ils semblent avoir pas forcément envie d'y retourner ?
- Speaker #1
Ouais, c'est dingue, ça se voit.
- Speaker #0
Ouais, toujours très intéressant.
- Speaker #1
Hyper intéressant. Pour ma part, pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis pratiquant d'énormément de sports. J'ai pratiqué le format Ironman et puis semi-marathon et marathon. J'ai eu un petit passage même entraîneur sur la section course à pied du Nissa Triathlon. Si certains du Nissa Triathlon nous écoutent, casse dédi, Issa Nissa. Et en fait, pourquoi est-ce que je vous fais un tout petit peu sur le triathlon ? Parce que là, on va parler de la gestion des pensées. Ça va vraiment être le thème. Et c'est un thème qui est central, mais qu'on retrouve dans plein de sports. Plein, plein, plein. Donc même si vous n'êtes pas coureur, vous aurez sans doute des choses à apprendre. Notamment, je pense au triathlon, parce qu'en fait, au tout début de la course, des fois, quand il faut partir à 6h du mat dans l'eau et qu'il y a un peu de vagues et que l'eau est froide et que l'eau est sombre, là aussi, on voit qu'il y a pas mal de monde qui commence à cogiter. À l'inverse, on en voit qui arrivent à courir, promenade des Anglais à Nice. je pense à l'Ironman de Nice, qui clairement sont en train de ne pas penser parce que c'est redondant, parce qu'ils sont complètement ailleurs. Donc c'est une thématique qui est... hyper, hyper importante. Et elle nous concerne toutes et tous.
- Speaker #0
Oui, même le grimpeur, face à une voix avec une notation qu'il n'a jamais envisagée, ou peut-être après avoir justement raté une voix, tout un tas de pensées qui s'enchaînent.
- Speaker #1
Oui, c'est fou. C'est même le débutant comme l'expert. Des fois, en fait, je ne sais pas si tu as remarqué Laurent, mais il y a des... des débutants qui imaginent que les experts n'ont pas de pensée parasite, n'ont pas de problème avec leur pensée. Ils ont dit non, ça va, eux, ils savent se concentrer.
- Speaker #0
J'ai entendu ça il n'y a pas longtemps, les élites ne doutent pas. Et moi, je pense que les élites, ils doutent, mais qu'ils ont appris à gérer ça, justement. En tout cas, pour certains d'entre eux, parce que même parmi les élites, il y a aussi des défaillances comme chez tout le monde. Il y a aussi des pensées parasites comme chez tout le monde. Il y a parfois des élites qui les gèrent de façon optimale, puis d'autres pour qui c'est plus compliqué. Est-ce que tous les élites font de la préparation mentale ? Je ne peux pas le dire à leur place. Mais effectivement, même si sur la communauté Circle de Mental Camp, on aura des espaces qui seront dédiés par sport, et effectivement, aujourd'hui, on n'a pas encore d'espace pour chacun des sports, les épisodes, avec les outils qui y sont montrés, peuvent être utilisés dans pratiquement tous les sports. Il y aura quelques circonstances. Certains outils ne peuvent peut-être pas être utilisés en natation, par exemple. Mais en tout cas... apprendre à gérer ses pensées, c'est clairement central à tous les sports et j'ai même envie de dire la vie en règle générale. Ça peut être valable pour un musicien, ça peut être valable pour un danseur qui fait des représentations sur scène, ça peut être valable pour un acteur. Ce n'est pas uniquement destiné aux sports d'endurance.
- Speaker #1
Alors, justement, par rapport au... Pourquoi est-ce qu'on en parle plus sur les sports d'endurance que sur les autres sports ? Pourquoi est-ce que... Là, aujourd'hui, on a décidé de parler de la pensée sur ces sports-là. Peut-être parce que c'est parce qu'on a plus de temps. Les sports d'endurance,
- Speaker #0
c'est tellement important. Je pense que c'est aussi parce que c'est des sports où on n'est pas forcément concentré techniquement sur notre geste. On n'est pas non plus concentré. Alors, si je prends vraiment le côté ultra-trail, c'est aussi un peu valable pour le triathlon, on n'est pas directement en concurrence avec l'adversaire. Alors, peut-être que les 5-6 premiers du classement, oui. Mais par exemple, en ultra, l'adversaire, on ne le voit pas forcément. On est très souvent seul. On a souvent du monde loin devant et loin derrière. Et puis, on passe des longues périodes de course à pied sans forcément voir le ravitaillement. Et on peut aussi ressentir cette espèce d'effet de solitude sur le marathon. Mais ça, je vais y revenir juste après. Mais par exemple, lorsqu'on est très, très seul, qu'on n'a pas forcément besoin de penser aux endroits où on va poser les pieds, que finalement on a juste à penser à... par exemple se ravitailler toutes les X minutes, eh bien on a de longues plages pour penser, on a de longues plages pour que notre esprit puisse comme ça se promener. Et c'est à ce moment-là qu'il fait un petit peu ce qu'il veut. D'ailleurs, il fait pratiquement tout le temps ce qu'il veut. Sauf que nous, on a des techniques pour pouvoir essayer de l'orienter vers des pensées qui sont plutôt positives, plutôt que vers des pensées qui pourraient, par exemple, être largement influencées par des sensations par des sensations physiques difficiles. Si par exemple j'ai mal aux jambes à 30 km de l'arrivée, je peux très rapidement me dire « là je ne vais peut-être pas pouvoir franchir le prochain ravitaillement ou tous ces kilomètres qu'il me reste à parcourir » . Et dans un autre cas, sur les sports d'endurance, lorsqu'on est complètement en train de courir au milieu d'un groupe, ça peut être intéressant aussi de savoir gérer ses pensées. Parce que le fait de courir dans un groupe, on va très rapidement peut-être se laisser influencer par le groupe. par le comportement des gens du groupe, par l'allure du groupe, par si les gens se ravitaillent ou pas. Et ça peut être intéressant, justement, de recentrer ces pensées sur la tâche qu'on a déterminée à l'avance, pour pouvoir vraiment faire la course qui est optimale pour nous et pas celle du groupe dans lequel on est.
- Speaker #1
En fait, en t'entendant là, puis j'imagine que je suis un auditeur et je t'entends dire ça, je me dis, mais en fait, les pensées, il y en a tout le temps, il y en a partout. Si je suis seul, je vais en avoir. Si je suis avec du monde dans un pack, je vais en avoir. Tu as parlé de pensées positives. Du coup, forcément, ça sous-entend des pensées négatives. On a parlé de pensées parades. On prend un peu de temps pour définir ce que nous, on appelle des pensées.
- Speaker #0
Comment tu les vois,
- Speaker #2
toi ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est comme une espèce de flux continu.
- Speaker #0
Moi, si j'ai des images... C'est-à-dire, si je leur donne une image, ça me fait penser un petit peu à... Des fois, quand on regardait les informations à la télévision quand on était enfant, tu avais ce bandeau en bas. Et sans arrêt, tu avais des phrases qui défilaient sur ce bandeau.
- Speaker #1
et moi je vois un peu des phrases passer quand je pense à mes pensées d'ailleurs je pense à mes pensées on peut même revenir là dessus c'est ça qui est curieux peut-être que certains connaissent la méditation la pleine conscience et on pourra donner notre avis sur certains usages de ces techniques mais en tout cas il y a une chose c'est que l'être humain a priori c'est un être qui est capable de penser à sa pensée, de penser à lui-même Et la pensée est tellement présente dans notre vie qu'aujourd'hui, on arrive à imaginer qu'on a à peu près 80 000 pensées par jour. C'est le professeur Amen aux États-Unis en 2012 qui a parlé de ça. 80 000 pensées par jour, puis il a cartographié qu'il y avait à peu près 79 000 pensées qui sont des pensées qui pensent par elles-mêmes, qui sont automatiques. Lors d'un stage... le stage Mental Camp Surf parce qu'on organise des stages avec Mental Camp avec Laurent avec les autres et là lors d'un stage Mental Camp Surf il y avait quelqu'un qui lui a dit mais ok combien de pensées vous pensez avoir choisi dans votre journée sur les 80 000 il disait 10 000 15 000 et après en fait quand je lui ai dit 10 000 il fait bah oui en fait c'est vrai en fait très très peu réellement ont choisi bien souvent en fait la pensée est hyper automatisée et il y a même un hum Un avis, un présupposé là-dessus, c'est que 85% des pensées qu'on a eues hier, on les a aujourd'hui. Ce qui est fou parce que si je m'entraîne tous les jours à la course à pied, et que j'ai tendance en semaine à me dire que je suis fatigué, que je ne suis pas assez bon par rapport aux autres du club, je suis mauvais en coach, je suis mauvais en coach, je suis mauvais en coach, il y a de bonnes chances pour que je repense exactement la même chose le week-end lors de la course. En fait, on est hyper conditionné par nos pensées.
- Speaker #2
C'est dingue.
- Speaker #0
Oui, ou je pourrais dire que nos pensées peuvent être aussi conditionnées par, par exemple, nos croyances. Si tu crois intimement que tu es mauvais en côte, cette croyance va peut-être pouvoir venir régénérer des pensées au moment où tu te retrouves dans une côte et que tes sensations physiologiques ne sont pas optimales, et que tu ne te sens pas très bien, et que tu te sens un peu lourd sur tes appuis. Il y a deux choses dans la préparation mentale. Oui, c'est souvent le cas, mais en préparation mentale, il va y avoir deux choses. C'est-à-dire qu'il va y avoir sur quoi je travaille et combien j'ai de temps pour le travailler. Si on travaille sur un flux de pensée pour un athlète qui a une compétition dans plusieurs jours, voire pour plusieurs semaines, on va peut-être aller travailler sur la source de ses pensées, sur ce qui les génère. C'est-à-dire, par exemple, ça peut être une croyance, comme tu exprimais sur la côte. Si par contre je suis à une minute de la compétition ou si je suis pendant la compétition, à ce moment-là, on ne va peut-être pas mettre en place avec l'athlète, puisqu'on n'est pas avec lui, une séance pour travailler sur sa croyance. On va plutôt utiliser un outil de régulation sur la croyance elle-même. Si je reprends l'exemple de la tour récemment de l'UTMB, j'ai un athlète qui m'appelle la veille du départ. Moi-même, je suis à peu près à 600 km de l'UTMB, en tout cas à 6-7 heures de voiture. Je ne peux pas lui faire une séance complète parce qu'on n'en a ni le temps ni la possibilité logistique. Par contre, je peux tout à fait lui mettre en place des outils et prendre 5-6 minutes pour les expérimenter avec lui. Parce que là, son principal problème, c'était de trouver le sommeil. Et ce qu'il me disait, c'est qu'avant de trouver le sommeil, il avait un flux de pensée qu'il estimait être complètement incontrôlable sur sa course.
- Speaker #1
Hyper important ce que tu es en train de dire là. C'est-à-dire qu'on peut, des fois, avoir à gérer des pensées, mais le fait de trop penser, le fait de douter, de se poser des questions, des fois, ça peut revenir à quelque chose d'un peu plus profond, à un niveau de croyance. Mais en même temps, des fois, ça peut juste être avoir une technique, comme celle qu'on donnera tout à l'heure, qui... qui vont aider à mettre le cerveau sur Switch. Parce qu'en fait, c'est dingue. Moi, j'ai remarqué ça plein de fois, le nombre de personnes qui me disent « Ouais, mais moi, je pense trop. » Et je leur dis « D'accord, mais je sais pas, moins penser. » Pourtant, tout le monde, l'entourage, me dit « Hé, pense pas, pose le cerveau, cours. Fais-toi plaisir, cours. »
- Speaker #0
Pose le cerveau, cours. Alors, déjà, logistiquement, il faut qu'on m'explique comment je fais ça. Ensuite, c'est quelque chose qu'on entendait quand même beaucoup. Je ne sais pas si je pense qu'on l'entend encore maintenant. Il y a ce côté, je laisse mon cerveau au vestiaire et puis ensuite, je vais jouer le match. Est-ce que réellement, on arrive à aller jouer sans... l'activité du cerveau sans ses émotions, sans tout ça. C'était un petit peu dans les années précédentes où on pensait justement d'ailleurs que les émotions étaient négatives. Si les émotions sont négatives, j'ai envie de dire presque pourquoi on fait du sport, parce que finalement c'est ce qu'on vient rechercher dans le sport, c'est des émotions. Lorsqu'on voit des gens à l'arrivée d'un marathon, ce qu'ils viennent chercher c'est justement l'émotion qu'ils ressentissent à l'arrivée de ce marathon. l'émotion qu'il ressentit même ne serait-ce qu'au départ lorsqu'on va entendre le décompte Ou pendant la course, lorsque l'on a peut-être des amis, de la famille, ou même parfois des inconnus qui nous encouragent, tout simplement.
- Speaker #2
Oui, complètement.
- Speaker #1
D'ailleurs, puisque tu parlais des pensées positives et négatives, c'est quoi une pensée positive ? On va commencer par ça, pour toi.
- Speaker #0
Pour moi, ça dépend complètement du contexte. C'est-à-dire qu'une pensée qui peut être jugée positive dans un contexte peut ne pas l'être à un autre moment. Vas-y.
- Speaker #1
Tu as un exemple ?
- Speaker #0
J'ai un exemple. Si par exemple je prends comme exemple un grimpeur, si sa pensée c'est qu'il faut absolument que je place bien ma corde dans le mousqueton de la dégaine, ok très bien, là la pensée est positive pendant que je grimpe. Effectivement pour ma sécurité c'est important que j'ai cette action-là. Et c'est important que j'y pense. Si je prends ce même grimpeur et que la veille d'aller faire cette voie, Cette pensée revient sans cesse à l'esprit alors qu'il est allongé dans son lit en train de se reposer. Cette pensée-là, elle va devenir peut-être négative dans le sens où, au moment où il a envie de se reposer, il n'a pas forcément besoin de clipser son rappel dans la dégaine. Il a simplement besoin de mettre en pause cette pensée-là et de pouvoir se reposer tout simplement, plutôt que de rester dans son lit, à retarder le moment devenu du sommeil, parce qu'il est concentré sur ça. Donc on ne peut pas vraiment dire, c'est un peu comme les émotions, on ne peut pas dire négative ou positive. Moi j'aime bien dire plus facile à ressentir, plus facile à penser, ou plus agréable à ressentir, plus agréable à penser, si on reste sur le thème des pensées, mais ça dépend complètement du contexte.
- Speaker #1
Oui, je te rejoins là-dessus parce que sur l'aspect contextuel ou en tout cas temporel, il y a un moment pour chaque pensée. Le problème c'est que la pensée elle va... Je le disais tout à l'heure, il y a 80 000 pensées, et puis 85% des pensées de la veille, on les retrouve aujourd'hui. C'est que la pensée, elle va aussi dans trois directions, le passé, le présent, le futur. On peut penser à des choses... Les coureurs qui nous écoutent, ils vont connaître ça très très bien. Tu as ton dossard, tu vas le chercher, tu commences à cogiter, tu rentres chez toi et tu fais ton sac, et puis tu prépares ta petite photo Instagram. Et si c'est le cas, lors de votre prochaine photo Instagram, taguez-nous, ça nous fera plaisir si vous avez écouté cet épisode. Mais tu prépares ta petite photo Instagram, puis tu recheckes ton matos, tu recheckes ton matos, et ce qui te donne à rechecker ton matos, c'est que tu te mets à penser, penser, penser, mais ça c'est de la pensée qui va vers le futur. Ou qui va vers le passé si t'es déjà arrivé d'oublier 2-3 trucs sur une course précédente. Et la pensée qui est au présent, celle-là finalement elle est beaucoup plus factuelle. C'est pour ça que moi je parlais de fluide, c'est une pensée qui est plus... qui s'intéresse aux faits et à l'action même. Et c'est souvent les pensées qui viennent nous activer des émotions, finalement, c'est des pensées qui sont ou vers l'avenir, déjà, ou vers le passé. Genre, j'espère que je ne vais pas refaire la même chose que la dernière fois, j'espère qu'il ne va pas m'arriver la même chose au 30e kilomètre, comme le marathon de l'an dernier. J'espère que je vais faire une meilleure saison par rapport à l'an dernier, ou alors, j'espère que je vais réussir à faire ce timing-là. Moi, c'est ça aussi que je vois sur l'aspect contextuel. Complètement. Et ce que tu disais sur le côté agréable, je dirais même utile, en fait. Est-ce qu'une pensée est agréable ? Par exemple, je peux me dire, je suis en forme aujourd'hui, je suis en forme aujourd'hui. Ça peut être agréable, mais potentiellement, si ce n'est pas vrai, c'est peut-être juste pas utile. Et il vaudra peut-être mieux me dire, je ne suis pas hyper en forme, comme ça, je serai prudent sur... la première partie de ma course pour bien la gérer pour ensuite pouvoir finir plus correctement la deuxième partie c'est particulier quand je t'entends
- Speaker #0
le dire comme ça je suis plus d'accord sur le fait de dire si elle est utile tout à l'heure si je reviens au coup de mon grimpeur qui doit clipser un rappel dans une dégaine pour moi elle n'est pas forcément agréable cette pensée mais en tout cas elle est utile à sa survie Effectivement, une pensée agréable peut ne pas être utile. C'est-à-dire, surestimer ses capacités du jour, c'est agréable, mais ça peut être dangereux. Si on prend l'exemple d'un sport d'endurance où la course peut être longue, ça pourrait entraîner l'athlète à partir d'une intensité qui est peut-être trop élevée pour lui. Il y a quand même des sports comme la natation où on n'a pas systématiquement les yeux sur le pace, parce qu'on est en train de nager et qu'on ne va pas s'arrêter de nager pour regarder sa montre. Le pace est quand même bien souvent calqué sur du ressenti, sur de la sensation. Est-ce que je me sens bien quand je nage ? Et se laisser comme ça envahir par une pensée qui serait extrêmement agréable, mais qui ne serait peut-être pas forcément juste à avoir à ce moment-là, ce n'est pas forcément une bonne idée, effectivement.
- Speaker #1
En tout cas, cette notion d'utilité est vraiment importante. Notamment, elle nous rappelle que la pensée, normalement, elle est là un peu pour nous servir dans l'idéal. Et parfois, elle nous dessert. Et il y a des moments qui ne sont pas du tout agréables, qui pourtant nous servent. j'ai un exemple qui m'est venu pendant que tu parlais c'est un athlète avec lequel je bossais qui courait le 24h pour les auditeurs qui connaissent pas le 24h c'est à peu près la course pour moi je trouve que c'est la plus mentale je sais pas si t'es d'accord mais parce qu'en fait c'est une boucle d'un kilomètre et que tu cours dessus pendant 24h c'est des distances c'est celles qu'on peut retrouver sur des ultra trails mais y'a pas la variété de paysages c'est juste c'est fou quoi et même
- Speaker #0
pas la variété d'allure parce que en général ce sont des boucles qui sont hyper plates hyper régulières donc c'est vraiment il y a de moins en moins de choses à penser j'ai envie de dire,
- Speaker #1
ce qui fait que ça laisse de plus en plus de place aux pensées et effectivement continue ton exemple parce que je pense que t'es parti là dessus ouais ouais je voulais t'en parler parce que c'est quelqu'un qui me dit le début de la course C'est souvent difficile pour moi, puis la fin, c'est souvent beaucoup mieux. Et au milieu, j'ai un trou. Et c'est quelqu'un qui me dit, ben voilà, j'ai beaucoup de pensées au début. Et je lui demande, c'est combien de temps le début ? Et il me dit, c'est 6 heures. Donc c'est énorme. En 6 heures, je boucle un Half Ironman, quoi. Et lui, il est qu'au début. Donc ça fait quand même pas mal d'heures pour réfléchir. Et puis, il avait trouvé une astuce qui a... qui est absolument pas agréable. Il se débrouillait pour, s'il avait un petit caillou dans sa godasse, pour conserver ce petit caillou dans la godasse, voire même pour le caler un peu sous la voûte plantaire pour pas que ce soit pile-poil sur l'avant du pied et tout, ni sur le talon. Et ça lui permettait de fixer son attention, fixer sa pensée sur ce caillou en se disant, bon, prochain tour. Je l'enlève. Et il se répétait ça, cette pensée-là. Bon, prochain tour, je l'enlève.
- Speaker #0
C'est quelque chose que vous aviez travaillé ensemble ou il l'avait mis en place tout seul ? Non,
- Speaker #1
il l'avait mis en place tout seul. D'ailleurs, je me suis un peu dit bon, on va faire de la prépa mentale pour l'amener à éviter ça, d'avoir besoin de ça.
- Speaker #0
La même chose sans qu'il se blesse le pied avec un caillou ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et en fait, très vite, je me suis... Je suis revenu sur mon a priori parce qu'il m'a dit mais moi, ça ne me dérange pas. Par contre, je préfère qu'on bosse pour mieux gérer les six premières heures et les six dernières où il y avait beaucoup d'enthousiasme et où des fois, l'allure s'accélérait et tout, fin de nuit. Mais finalement, au milieu, ce qui se passe avec mon petit caillou dans la chaussure, ça va, Jonathan. Donc, est-ce que c'était agréable ? Non. Mais est-ce que c'était utile parce que ça fixait ses pensées, parce que ça l'amenait à oublier le... le comptage de tours et tout, à priori, plutôt bien.
- Speaker #0
Complètement, oui. En tout cas, c'était super intelligent de sa part, d'avoir mis ce type de mécanisme. Ce serait presque une forme de saturation. C'est-à-dire, en fin de compte, pour bloquer des pensées que je ne veux pas avoir, je me concentre vraiment sur un point bien précis. J'imagine qu'il devait avoir quand même des capacités de concentration assez élevées. À force de l'avoir travaillé, cette technique, il devait bien la maîtriser.
- Speaker #1
Il devait bien, il la maîtrisait très bien. Et pourquoi très bien ? Parce que très longtemps, en fait. Maîtriser une technique sur la gestion des pensées, deux secondes, c'est déjà un bon début, mais ce n'est quand même pas suffisant sur des épreuves d'endurance. Toi, tu en as vu d'autres stratégies comme ça chez des athlètes ou même chez toi au niveau de la gestion des pensées ?
- Speaker #0
Oui. Alors j'en ai une que j'avais expérimentée la nuit en trail. c'est d'avoir en fin de compte mes yeux qui étaient littéralement figés sur le rond de lumière de la lampe frontale et pendant que je fixais ce rond de lumière j'essayais de me demander ce qu'il pouvait y avoir autour c'est à dire dans l'espace que je ne voyais pas donc ça correspond un petit peu à une technique qu'on pourrait appeler la vision périphérique c'est à dire j'ai les yeux figés à un endroit et j'ai mon attention qui elle se promène dans le reste de mon champ de vision puis ça allait aussi dans mon champ auditif Hum hum. Et puis comme ça, je laissais promener un peu mon esprit. Je dis, tiens, il y a un torrent ici, ou il y a un rayon de pleine lune par là, ou parfois peut-être un peu plus effrayant, il y a quelque chose qui a bougé à droite. Et au bout d'un moment, on finit par avoir l'impression que ce n'est plus nous qui avançons sur le chemin, mais c'est le chemin qui se déroule sous le rond de lumière de la lampe frontale. Ça m'est même arrivé de le faire longtemps, suffisamment longtemps, pour... que je sois obligé de mettre une alarme sur la montre pour me rappeler de manger et de boire parce que au bout d'un moment ça roule tout seul. En plus quand on court de nuit on a quand même une sensation de vitesse qui est un peu supérieure à quand on court de jour et avec cette technique là effectivement le flux de pensée est complètement c'est pas qu'il est coupé en fin de compte c'est qu'il est occupé à autre chose. Ça marchait plutôt bien.
- Speaker #1
Pour donner un peu plus d'éléments, nous c'est une technique qu'on utilise assez souvent et pour les auditeurs alors si vous êtes en voiture en train d'équiper d'écouter ce podcast, ne la testez pas tout de suite. Mais si vous êtes en train de courir, testez-la maintenant. Comment toi, tu l'amènes cette technique-là ? Et puis surtout, parce que tu as parlé de le faire aussi sur les sons et je trouve ça génial parce qu'on parle de vision périphérique, mais toi, tu nous parles d'audition périphérique, donc ça veut dire que tu n'as pas des écouteurs à ce moment-là, tu es en train de... Voilà, go ! Si tu devais donner un petit mode d'emploi aux auditeurs ?
- Speaker #0
Le mode d'emploi pour les auditeurs, en fin de compte, c'est tout simplement de fixer un point, et tout en gardant les yeux fixés sur ce point, de laisser son attention se promener dans le reste de son champ de vision. Bien entendu, si on court, le point est mouvant. Donc quand on court avec une lampe frontale, il suffit simplement de fixer le rond de lumière. Si on le fait par exemple sur une piste d'athlétisme, on peut simplement laisser ses yeux à par exemple 3-4 mètres devant soi, qui sont sans arrêt posés sur la ligne banche de la piste d'athlétisme. Et pendant ce temps, on peut laisser son attention se promener peut-être sur la bande de gazon qui va se retrouver à notre gauche, sur le reste des couloirs qui vont se retrouver à notre droite. Ça peut être le souffle du coéquipier qui court derrière nous ou devant nous. Ça peut être plein de choses. Moi, je me rappelle que j'avais fait cette technique-là aussi il y a quand même bien longtemps de ça, sur des épreuves de vélo. À l'époque, on avait des étriers de freins qui n'étaient pas des freins à disque. Maintenant, ils sont quand même beaucoup sur des freins à disque. Et je laissais tout simplement mes yeux posés sur l'étrier de frein de la personne devant moi. Et dessous, j'avais l'impression que le goudron se mettait à dérouler dessous. Et puis là, après, on peut se concentrer sur plein d'autres choses. Moi, je le fais sans musique, malgré le fait que je sois quand même très fan de musique. Mais si on le fait de nuit, moi, j'aime beaucoup le faire de nuit parce qu'on peut même... construire le paysage qui est autour de nous juste avec les sons qu'on peut entendre. Et en fin de compte, le cerveau est complètement saturé dans le sens où il est occupé à imaginer ce qu'il peut y avoir ailleurs que sur le point qu'on est en train de fixer. Et ça coupe fortement le flux des pensées.
- Speaker #1
C'est drôle, ça me fait penser...
- Speaker #0
On est ramené même d'un point de vue temporel, je le coupe parce que ça me rappelle à ce que tu as dit tout à l'heure, à ce qui est là maintenant, tout de suite. Et on n'a pas son flux de pensée qui va dans le passé ou qui va dans le futur. On est juste là en train de l'occuper à ce qui est autour de nous, à notre environnement finalement.
- Speaker #1
Ça m'évoque le retour qu'a fait Mathieu Blanchard, si il écoute, on le salue, sur sa course, tu sais, dans le froid, là où il a passé quasiment huit jours sans dormir. Et en fait, il raconte qu'il voyait des formes, mais que ça l'occupait. Il voyait des formes au-delà. en dehors de son champ de vision. Il évoquait un dromadaire. Il évoquait aussi la petite tortue de Mario Kart qui ramène les cartes, qui les remet sur la piste. Enfin bref, il imaginait tout ça jusqu'à un moment où, par épuisement, c'était des hallucinations fortes, trop fortes. Et là, généralement, il se reposait. Mais voilà, en tout cas, ça occupe. C'est-à-dire que là où va notre attention... notre concentration va également, mais si notre attention, elle est sur la lumière, là, tout de suite, maintenant, à mes pieds, du coup, en fait, il n'y a rien d'autre qui existe que courir et continuer d'avancer sur cette lumière, et c'est souvent ça, en fait, c'est que nos pensées, elles... elles peuvent nous happer notre attention dans des scénarios qui vont nous générer du stress ou de la pression ou des choses comme ça. Et en fait, cette technique, elle ramène fortement au présent.
- Speaker #0
À l'instant présent et à la tâche qui est en cours.
- Speaker #1
Et toi, quand tu dis que tu as même eu à mettre un timer, c'est parce que tu l'avais maintenu longtemps, cette technique-là ?
- Speaker #0
je la maintiens plusieurs heures pratiquement d'un ravitaillement à un autre ravitaillement et des fois il peut y avoir des plages horaires de 3 heures d'un ravitaillement à un autre et ça m'est arrivé d'oublier de manger ou d'oublier de m'hydrater ce qui est quand même un problème sur des sorties qui sont vraiment longues c'est un problème il faut éviter mais du coup j'ai un timer toutes les heures je mange, je bois, et puis une fois que c'est fait, je refixe mes yeux sur ma lampe frontale et en avant. Et d'un point de vue plus habituel, c'est-à-dire pour des gens qui voudraient expérimenter cette technique de façon à l'entraînement, puisque c'est aussi l'un des points qu'on veut aborder chez Mental Camp, c'est d'avoir des techniques mentales qui sont applicables tous les jours pour pouvoir s'y entraîner de façon régulière. C'est pas une technique qu'on va découvrir le jour de la course, mais on peut... tout à fait le faire, comme je l'expliquais tout à l'heure, sur une piste d'athlétisme sans aucun problème et pas forcément sur une séance difficile. Une piste d'athlétisme où on va faire un footing en 2F qui va être relativement long, qui n'est pas forcément très excitant. On peut facilement poser ses yeux sur la ligne blanche et voir ce qui se passe lorsqu'on a les yeux fixés sur la ligne blanche et qu'on a l'attention qu'il se promène tout autour sur ce qui se passe dans le stade. Est-ce qu'il y a des gens qui jouent au foot au milieu ? Est-ce qu'il y a des personnes qui me doublent ou que je double ? Etc. Et puis,
- Speaker #1
ça peut même arriver.
- Speaker #0
On ne voyait pas le temps passer en faisant cet exercice-là.
- Speaker #1
C'est un exo que moi, j'avais bossé avec Asdin Habs, qui faisait le 1500 qu'on a vu aux Jeux Olympiques, et Alice Finault également. Et en fait, sur le 1500...
- Speaker #0
Alice, elle est sur du stipple.
- Speaker #1
Elle est sur le stipple, pardon. J'ai oublié de préciser. Elle est sur le stipple. Elle fait une belle place de quatrième, là, avec demande en mariage et tout. ou si elles écoutent, on les salue. En tout cas, le 1500 et le 3000, c'est normal qu'il y ait de la pensée. Le 1500, par contre, c'est hyper dur. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est vraiment un effort où on finit complètement farci et on perd en lucidité au fur et à mesure où on court parce que l'effort est intense. Sauf qu'en fait, il faut rester suffisamment lucide pour...
- Speaker #0
attaquer généralement les 400 derniers mètres et puis il y a quand même un peu de stratégie pas forcément faire son parcours proche du deuxième couloir pour pas faire trop de distance,
- Speaker #1
pas se faire enfermer faut pas se faire enfermer c'est toute une stratégie qui fait qu'il y a certains même 1500 qui courent pas très vite dans le jargon parce que on se regarde c'est une course d'attente avant d'attaquer sauf que il... Si c'est une course d'attente, c'est une course de doute. Si c'est une course de doute, c'est une course où il y a plein de pensées, où il y a plein de réflexions et des fois, il faut pouvoir faire court et regarder.
- Speaker #0
Et réagir vite.
- Speaker #1
Et réagir vite.
- Speaker #0
Ce qui n'est pas évident si on est plein de pensées.
- Speaker #1
Exact. Oui, c'est Bergson qui dit qu'il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action. Mais des fois, quand on a trop de pensées, ça nuit à l'action. Les personnes qui, des fois, ont du mal à passer à certaines choses et à... prendre des initiatives et qui procrastinent un peu, savent que les pensées, finalement, des fois, c'est ce qui vient les bloquer. Donc là, en course à pied, on avait bossé ça. Et en fait, c'était drôle parce que c'était un entraînement où sur la piste, il y a une lumière qui suit et qui donne l'allure. Et donc, on mettait juste l'allure, puis on demandait, OK, suis cette lumière, ne la regarde pas, mets-toi en vision périphérique, juste observe-la, et juste cours en suivant cette lumière-là.
- Speaker #0
Est-ce que la lumière, c'est un point qui est sur un appareil, sur un rail, ou est-ce que c'est un point qui est comme un laser sur le sol qui est devant lui ?
- Speaker #1
C'est un rail sur le côté, sur la gauche.
- Speaker #0
Ok, donc elle est vraiment à portée de vue. Oui,
- Speaker #1
elle est à portée de vue. Et en fait, c'était sur un entraînement où on avait enchaîné des 800 comme ça, 800 et 1200. Et à la fin, il a dit, mais c'est marrant, parce que non seulement il terminait l'entraînement en bien meilleur état, mais en plus, il avait cette perception du temps qui avait complètement changé. J'ai l'impression que l'entraînement, on est à la moitié de l'entraînement, non, il était terminé. C'est qu'il avait moins eu de temps de penser. finalement. Et en ayant moins de temps de pensée, il était plus dans le temps d'action et le temps d'action finalement était assez court sur un entraînement comme ça. Et c'est assez drôle parce que ça fait le lien sur, finalement, nos pensées nous donnent aussi vachement l'impression du temps et quand dans les sports d'endurance on voit le temps passer, peut-être qu'on le voit parce que justement on a beaucoup de pensée.
- Speaker #0
J'ai une question alors. Je suis en train de me demander si... On voit le temps passer sur une montre par rapport au nombre de secondes qui sont passées. Est-ce que notre mental voit le temps passer par rapport au nombre de pensées qui sont passées ? Au plus, il voit de pensées passer. Au plus, il a trouvé que le temps était long. Au moins, il en voit passer. Au plus, il a trouvé que le temps était court. C'est un peu ce que tu dis ?
- Speaker #1
Peut-être. Peut-être que nos pensées sont finalement nos secondes du temps interne. Faudrait voir. En tout cas, dites-le nous. Je ne sais pas, peut-être que certains auditeurs pourront nous dire, mais moi, en fait, plus j'ai de pensées, plus le temps me semble long et inversement. En tout cas, tu le vois, quand tu es reprise, hiver, il commence à faire froid, il commence à faire gris, l'heure change et tout. des fois ton 40 minutes de course à pied il te semble beaucoup plus long que lorsque tu es en train de courir En plein été, au bord de la plage, au petit matin et tout. Et finalement, le temps n'a pas changé. C'est toujours 40 minutes.
- Speaker #0
C'est toujours 40 minutes.
- Speaker #1
Donc, finalement, on revient à ton idée du contexte. Moi, il y avait une chose que je voulais partager par rapport à la vision périphérique. C'est pour les auditeurs qui pratiqueraient d'autres sports. C'est une technique qu'on utilise aussi. Moi, je l'avais utilisée pour moi-même quand je faisais de l'eau libre. Donc, natation en eau libre en mer. sur le 5, le 10 et le 25 km enfin je fais une seule fois 25 km mais je l'avais aussi utilisé pour moi et je l'avais aussi utilisé avec Lara Grandjean qui était membre de l'équipe de France d'équipe de natation en eau libre et en fait la natation c'est propice à la vision périphérique alors attends j'ai plusieurs questions est-ce que tu fais 25 km en type longe-côte ou est-ce que tu fais par exemple plusieurs fois une boucle ah non moi je faisais Nice-Monaco
- Speaker #0
Ok, et du coup, un petit peu comme tout à l'heure pour le 100 km course à pied, il y a quand même pas mal de moments où tu n'as pas grand chose à penser, c'est-à-dire peut-être simplement viser un point relativement loin pour essayer d'aller le plus droit possible, et le reste se fait assez automatiquement ?
- Speaker #1
Tu n'as que ça à penser. Et puis même en compétition, tu vois, c'est la bouée, en gros.
- Speaker #0
La bouée,
- Speaker #1
le pick-back, tu vois. Et rester dans le drafting, rester dans les pieds de celui que tu as devant pour essayer de... diminuer la force de frottement. Mais tu n'as pas des masses à penser. Mais par contre, quand tu nages et que tu te mets à penser, déjà, tu nages en mer. Certains vont à mon avis se reconnaître. Tu peux imaginer deux, trois trucs en dessous. Alors que tu es en train de regarder la profondeur des fonds marins, tu te dis, mais moi, je regarde la profondeur des fonds marins, mais du fond marin, qui me regarde ? Moi. Bon, tu vois, ça, c'est le genre de pensée, clairement. Elle n'est pas utile. Elle n'est pas utile. Elle peut être agréable métaphoriquement, tu vois, à réfléchir comme ça, mais au moment où tu es en train de nager, pas utile.
- Speaker #0
Elle peut même être délétère.
- Speaker #1
Ah ben celle-là, en plus si tu as une petite musique, un film de 1979 je crois donc tu vois t'as toutes ces pensées là qui arrivent et puis t'as toujours à un moment une méduse un truc que tu vois waouh, mais s'il y en a une, il y en a deux, il y en a trois, il y en a plein, enfin bref. Donc ça vaut la peine d'utiliser cette technique, c'est ça que j'essaie de dire, dans plein d'autres domaines de votre vie, et pour ceux qui veulent s'y entraîner, moi souvent ce que je propose c'est ou de l'entraîner là en écoutant ce podcast, à la fin de l'épisode, tester sur 500 mètres la vision périphérique en courant, ou alors pour les plus citadins, c'est de faire une station de métro, ou une station de bus ou de... d'aller à pied déjà en marchant en maintenant une bonne vision périphérique vous verrez que vous voyez en fait très bien mais qu'il y a quelque chose de plus intuitif avec moins de pensée,
- Speaker #0
moins d'attention j'ai une question alors comment tu fais la vision périphérique quand tu nages ?
- Speaker #1
tu regardes le fond
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas difficile justement de regarder le fond alors que tu dois tourner la tête pour respirer tous les deux mouvements par exemple ? Ou sortir la tête pour viser une bouée qui est droit devant toi ?
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait, c'est vraiment la distinction entre le regard et l'attention. Le regard, tu le portes. Tu le portes pas sur un point, mais tu le portes dans une direction. Donc quand tu crawles, c'est juste l'horizontale. Et sinon, quand t'es en train de nager et de souffler dans l'eau, c'est vers le fond du bassin ou de la mer, quoi.
- Speaker #0
Ok. Ou du lac.
- Speaker #1
Après, de toute façon, avec un peu d'entraînement, vous le verrez, les auditeurs, et puis toi tu le sais, mais on passe de la vision focalisée à la vision défocalisée assez facilement. Tu peux regarder une bouée, revenir en vision périphérique, et ainsi de suite. comme ça, ça permet d'avoir une maîtrise de sa pensée, de plus en plus fluide.
- Speaker #0
Ouais, ça marche.
- Speaker #1
Maintenant, moi j'ai vu des personnes, et peut-être que tu en as vu aussi, souffrir vraiment de la pensée la veille d'une compétition. Qu'est-ce que tu sais avoir déjà fait ?
- Speaker #0
J'ai vu là, dans la semaine qui précède le départ de l'UTMB. et il y en a pour qui c'est très dur c'est très dur déjà parce qu'il y a la source de ces pensées comme on disait tout à l'heure ça peut être des émotions, ça peut être du stress et ensuite ça peut empêcher de dormir ça n'a jamais été mesuré mais on pourrait voir s'il n'y a pas des gens qui ont des déficits de sommeil pendant les semaines qui précèdent leur course c'est même certains sont devenus un peu fatalistes, où ils disent, oui, la veille d'une course, c'est normal de ne pas arriver à bien dormir, mais est-ce que c'est habituel ou c'est courant ? Je veux bien, mais est-ce que c'est normal et est-ce qu'on ne peut pas faire quelque chose ? Ça, par contre, je refuse d'y croire.
- Speaker #1
C'est vrai que ça fait partie des mythes, si on prenait quelques mythes comme ça, c'est la veille d'une course, tu ne dors jamais bien.
- Speaker #0
Alors, tu ne dors jamais bien, mais ça pose quand même un problème sur un ultra, sachant que 80% du peloton va déjà passer deux nuits blanches quasiment. Donc si jamais il ne dorme pas bien la veille, ça va faire une troisième. Peut-être que ça expliquerait certains phénomènes d'hallucination ou de ce type de problématiques. Lorsqu'on fait trois nuits blanches d'affilée, ça commence à faire beaucoup.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment beaucoup. Alors qu'il existe vraiment des outils qui permettent au moins d'avoir des nuits qui sont tout à fait correctes avant les courses. Là, j'ai quand même un athlète qui a réussi à faire une sieste de plus de 50 minutes, 3 heures avant le départ de l'UTMB.
- Speaker #1
C'est pas mal.
- Speaker #0
Oui. Il avait fait des nuits tout à fait correctes avant, pleines, malgré le fait qu'il ait un enfant en bas âge. Plus 50 minutes de sieste 3 heures avant, c'est qu'il est quand même relativement bien.
- Speaker #1
Oui, c'est plutôt bon signe.
- Speaker #0
Plutôt encourageant.
- Speaker #1
Mais la majorité, ce n'est vraiment pas le cas. Pourquoi est-ce que c'est si compliqué ? Est-ce que c'est l'enjeu ? Est-ce que c'est l'équilibre vie pro, vie perso, entraînement ? Est-ce que c'est le fait d'être en semaine légèrement de décharge avant l'événement et on se met à douter parce qu'on est moins dans l'action ? Toi, d'après toi, qu'est-ce que tu remarques ?
- Speaker #0
J'ai combien de temps pour répondre ? Il y a plein de choses.
- Speaker #1
Ça vaut la peine de faire un épisode juste sur ça.
- Speaker #0
Je serais ravi de faire un épisode sur l'enjeu, moi. parce qu'on entend beaucoup dire que les athlètes professionnels ont plus d'enjeux que les athlètes amateurs. Alors certes, il y a de l'enjeu, mais quand un athlète amateur a dépensé une certaine somme d'argent, qu'il a embarqué toute sa famille dans la préparation d'un Ironman, qu'il a acheté un vélo, qu'il a peut-être pris des cours de natation, qu'il y a passé peut-être 15 heures par semaine à aller s'entraîner le matin avant d'aller au travail, etc. je pense que le jour de la course, il y a quand même de l'enjeu pour lui, il est là pour réussir. Bien entendu qu'on a des problématiques qui sont différentes chez un athlète professionnel, mais il y a aussi de l'enjeu. C'est juste que l'enjeu n'est pas basé sur le même type de but ou le même type d'objectif. Maintenant, quand on a un athlète que l'on sort de son contexte habituel, la personne n'est plus dans son rythme de travail classique ou dans son rythme d'entraînement classique. on le fait décharger d'un point de vue de la quantité d'entraînement qu'il a l'habitude de faire. Si c'est un athlète amateur et qu'il travaille, on le sort de son travail pendant toute une semaine. Bien souvent, en avance, on est assez content. On se dit, cette personne-là, elle n'a plus que ça à gérer. Et finalement, dans le plus que ça à gérer, qu'est-ce qu'il gère ? Donc ça laisse de la place aux pensées. Ça laisse de la place pour réfléchir, se demander comment la course va se passer, consulter la météo, rechecker 5-6 fois son matériel. Et ça laisse de la place justement au flux de pensée, à ce flux de pensée qui peut devenir incontrôlable, complètement décontextualisé, et complètement inutile au moment même où ces pensées sont là, et problématiques. Je t'ai fait une réponse hyper large, parce que sinon il faudrait faire un épisode en entier.
- Speaker #1
On va le faire, et on va le faire. D'ailleurs, n'hésitez pas, je le rappelle là, à nous soumettre des sujets, d'épisodes, de saisons, de séries, de sports, de personnes. Nous, ça nous fait plaisir. Par rapport aux pensées et au temps, c'est marrant, parce que pendant cette phase de décharge, il y a deux périodes auxquelles je pense quand je bosse avec un athlète, c'est l'avant et l'après. J'ai remarqué qu'il y avait certains athlètes qui ont des pensées sur l'après-course. Qu'est-ce que je fais demain ? Que vont dire demain les autres si je réussis, si je ne réussis pas, et ainsi de suite. Donc, il y a un point d'interrogation sur l'après. Et donc, il faut y répondre avant pour éviter finalement que la pensée puisse aller y cogiter. Et il y a aussi cette phase de décharge avant la course en disant, je récupère du temps. Et en fait, si j'enlève du temps d'entraînement, Je récupère du temps pour autre chose. Si je ne le remplis pas, il ne faut pas s'étonner que notre cerveau, lui, cherche à le remplir. Donc, c'est intéressant de prévoir ce que je fais du temps que j'alloue, qui m'est disponible avant la course. Je dis souvent qu'on a deux manières d'être par rapport au temps. Une plage de temps horaire ou une plage de journée. à attendre. On a deux positions où on est en train de choisir ce qu'on en fait où on est en train de subir l'attente. Mais je peux aussi choisir d'attendre. Je peux aussi choisir d'aller attendre en lisant un livre ou d'aller faire une sieste de 50 minutes. Mais je peux aussi subir l'attente du départ. C'est intéressant, je trouve, de se demander, ah mais là je suis en train de subir, qu'est-ce que je pourrais faire si je choisis ma manière d'attendre, ma manière de gérer les deux derniers jours, trois derniers jours. Et ça est... Et souvent, ça met en position déjà d'acteur par rapport à la perte.
- Speaker #0
Ça met moins dans une position de personne qui va subir ces instants-là sans trop savoir ni quoi faire ni comment les prendre.
- Speaker #1
Oui, complètement. Je vois le temps qui passe. Il y a une autre technique sur les pensées que j'aime bien, qui est... qui n'est pas en fait pour diminuer les pensées, mais plus pour les organiser un peu différemment. Nous, en préparation mentale, il y a ce qu'on appelle le dialogue interne, on l'utilise, c'est cette petite voix qui nous commande pas mal de choses, et qu'on a toutes et tous. Et lorsque l'on a une pensée qui arrive, c'est de se rappeler, en tout cas c'est une idée, c'est de se dire que toute pensée qui arrive repart. Elle va et elle vient. C'est un peu comme un papillon. Alors, c'est une autre image par rapport à ce qu'on se disait, mais au début, c'est un papillon qui arrive. Si je m'en saisis, par exemple, j'ai une pensée genre c'est hyper dur ce qui est en train de m'arriver dans cette montée-là. Si je m'en saisis et je capture ce papillon, c'est sûr qu'il va avoir moins d'espace, il va voler un peu partout à l'intérieur de moi, à l'intérieur de ma tête. Par contre, si je le regarde aller et puis je le regarde partir, sans l'accrocher, sans l'attraper, il ne va ne faire que passer. Il aura très peu d'impact sur moi. Et ça veut dire que toutes nos pensées qui arrivent, repartent. Et si on tourne en boucle dessus, c'est juste qu'on les a attrapées comme un papillon. Essayer de les regarder, mais vraiment de se les représenter et les regarder aller et venir. Puis en plus de ça, comme quand on est en train de courir, on est en train d'avancer, on peut en laisser derrière. un paquet, juste ce travail d'imagination là il est pas anodin il est très très très très efficace moi je les mets sur mon épaule,
- Speaker #0
non mais je rigole pas en plus il y en a certaines que je mets sur mon épaule ça dépend des fois mais je les range comme ça, si j'ai peur je l'édite celle-ci je la mets là, ok je t'ai entendu, pas de problème, reste là il y a une descente difficile qui arrive
- Speaker #1
reste là puis quand on amorce la descente tu me le rappelles que c'est maintenant ouais c'est rigolo c'est rigolo mais c'est en même temps c'est plein de techniques parce que pour les auditeurs ils vont se rendre compte que en faisant ça en fait on n'est pas en train de se dire allez va-t'en la pensée non je veux pas que tu sois là non on n'est pas en train de lutter avec on est en train de lui donner une place ou un temps ou un rôle ok là merci d'être là Merci de venir me rendre visite, mais je te regarde partir. Merci d'être là, mais attends, un peu moins fort. Je te mets juste sur l'épaule. Tu me parles de quoi ? De la montée, de la descente ? Très bien. Ok, là pour l'instant on est sur du plat, ça va. Tu attireras mon attention plus tard, quand ce sera nécessaire. Et finalement, c'est d'en faire une alliée, cette pensée.
- Speaker #0
Moi j'ai tendance à dire qu'au plus on essaie de les ignorer, au plus elles augmentent le volume pour se faire entendre. Un petit peu comme finalement, elles pensent que, elles se disent que le message qu'elles ont à délivrer est important, donc du coup, il faut vraiment qu'on les entende. Et le fait de le prendre comme ça, en disant ok, je suis pas là pour t'ignorer, comme tu le disais, mais tout de suite là, je sais pas ce message-là dont j'ai besoin, donc tu me le rediras plus tard. Ça évite souvent qu'elle vienne me refrapper à la porte plusieurs fois.
- Speaker #1
Et c'est ça en fait qui est aussi énergivore. C'est que lorsqu'on rentre dans un truc de notamment parce que j'ai du temps, sport d'endurance, semi-marathon, marathon, je pense trop je gère mes pensées, elles reviennent, je recommence et je fais ça pendant tout le temps. Puis en fait, il y a une espèce de fatigue, presque de charge mentale du coureur, en tout cas du sportif d'endurance, qui vient s'ajouter au ressenti sur une perf, sur un chrono et tout. Puisqu'on parle de ça, je pense au chrono, au chrono, au montre, au data. Est-ce que tu as remarqué ? Une différence entre lorsque un coureur court avec sa montre, il a toutes ses données, il a le cardio, il a la lumière, et sa manière de gérer les pensées. Est-ce qu'il gère plus ses pensées facilement quand il a ça, ou quand il ne l'a pas et qu'il court au sens actuel ?
- Speaker #0
Ça dépend de ce que les datas lui racontent.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est clair. Si ta data te raconte que tu es en avance sur ton temps, souvent ça déclenche des pensées qui sont assez favorables. En tout cas, tu te sens bien. Quand je dis favorable, je n'ai pas dit forcément utile. Moi, en tout cas, sur les trials, je trouve que c'est assez délicat de travailler avec des temps de passage. Parce qu'en fin de compte, ça ne va apporter rien de réellement bon ou en tout cas rien de réellement utile. Si jamais je suis en retard sur mes temps de passage, on peut très rapidement avoir un flux de pensées qui n'ont pas grand-chose à faire là. En tout cas, qui ne seront pas utiles pour la suite des événements. On peut se mettre à penser qu'aujourd'hui, je ne suis pas en forme. Et puis finalement, ça ne va pas aussi vite que ce que je croyais. Et puis finalement, je n'ai pas fait une bonne course. Alors que réellement, on n'en sait rien. Si jamais on est en avance sur ces temps de passage, ça pourrait nous inciter peut-être à vouloir maintenir ces avances. Ça pourrait vouloir nous inciter à, par exemple, je ne sais pas moi, se dire qu'aujourd'hui on est incroyablement fort, et alors à ce moment-là, on pourrait accélérer son pacing. D'autant que le trail, c'est quand même un sport un petit peu comme la natation, c'est-à-dire qu'on a du mal à savoir À un moment bien précis, quelle est notre allure ? À un moment, ça descend, il y a des passages qui sont techniques. Donc même si on lit l'allure sur une montre, ce n'est pas du tout fiable. Ensuite, il y a aussi autre chose, c'est que l'allure des entraînements, et même si on l'a travaillé longtemps en avance, est-ce que le jour de la course, il ne faut absolument pas se fier à cette allure-là à la seconde près ? J'ai un gros doute là-dessus. Et ensuite, il y a aussi le croisement des datas qu'on peut avoir avec d'autres coureurs. Il y a quand même aujourd'hui, maintenant, avec des réseaux sociaux qui sont destinés au sport. Rapidement, on peut se dire que quand je fais mes sorties d'entraînement en EF, je les fais moins vite que les autres, ou quand je fais mes fractionnés, je les fais moins vite que les autres, et finalement, par rapport à un tel, un tel ou un tel, je ne suis pas si fort que ça. Il ne s'agit pas forcément de trouver des solutions pour se dire « je suis fort » ou « je ne suis pas fort » , ce n'est pas tellement ça la question. Là, on est juste simplement sur le flux de pensée que ça peut générer. Après, d'un point de vue factuel, réellement, on n'en sait rien. Mais c'est toujours très délicat. d'avoir une gestion de pensée qui soit assez optimale en croisant des datas. J'aime bien un collègue qui dit qu'il faut apprendre à compter, mais il faut aussi savoir ce qui compte. Et par rapport à ça, les datas, c'est quand même quelque chose de vraiment sympa. Moi, j'en utilise assez régulièrement et je connais beaucoup d'athlètes qui les utilisent régulièrement. 9 fois sur 10, ils ne les comparent pas à celles des autres. Et puis, 9 fois sur 10, ils savent à quel moment ils y sont attachés, à quel moment... Ils n'en tiennent plus compte, mais à leur plus compte du tout. Et là, il y a un travail, pour le coup, de préparation mentale où on doit être capable d'arbitrer à quel moment elles sont utiles, à quel moment elles ne le sont plus, voire même délétères.
- Speaker #1
Moi, je m'étais amusé avec des athlètes du triathlon à Nice, sur la course à pied, à leur demander de pratiquer. C'était la vision périphérique, justement, sur un entraînement, et d'essayer de repérer ensuite à quel moment ils avaient utilisé la technique. par rapport à la récupération de ces datas.
- Speaker #0
est-ce que l'allure avait bougé est-ce que ça correspondait avec les moments où au niveau du cardio c'était moins haut tous ces éléments là en fait c'était une appropriation des datas par rapport à un état interne quelque part et je trouvais ça assez intéressant en tout cas moi avec ma casquette d'entraîneur préparateur mental ça m'allait bien et puis ça leur permettait aussi de leur montrer que regarde en fait quand tu penses à moins de trucs quand tu regardes pas ton allure et tout tout il y a des moments où tu cours très très bien et de ramener à la sensation du corps parce que c'est ça, la pensée elle nous amène dans la tête mais on voudrait je connais personne qui s'est dit j'ai pas assez pensé pendant ma course, j'aurais aimé avoir beaucoup plus de pensée, je connais que des gens qui disent j'aurais voulu moins me prendre la tête et moins cogiter et plus me fier plus entendre mes sensations pour prendre la bonne décision pour m'arrêter avant de me blesser ou pour appuyer un peu plus puisque j'en avais sous le pied encore Oui.
- Speaker #1
Il y a un chercheur qui s'appelle Alain Groland-Berre qui travaille énormément sur le pacing justement. Et lui il part du principe qu'au final il n'y a aucun appareil qui a été créé aujourd'hui qui est capable de gérer autant de capteurs que ce que peut faire le cerveau. Donc si on en croit ses recherches, il semblerait qu'aujourd'hui le pacing à la sensation, c'est ce qu'il y a de plus optimal, à condition exactement d'être relié à ses sensations corporelles. et de savoir utiliser tous les signaux qu'on peut ressentir d'un point de vue physique, d'un point de vue physiologique, et de voir un petit peu quelles sont les pensées que ça peut générer pour pouvoir gérer réellement une allure. Aujourd'hui, je pense qu'il y a quand même beaucoup de coureurs qui se fient systématiquement à une fréquence cardiaque ou à un pace quand on court sur du plat, tant de minutes au kilomètre. Mais est-ce que réellement, ce jour-là, ils sont... reconnecter à la sensation corporelle, c'est beaucoup moins évident. Moi, je suis un peu dans ta façon de voir les choses, c'est-à-dire que je pars du principe où l'optimal, ce serait vraiment d'arriver à avoir cette finesse, de pouvoir interpréter le plus optimalement possible ces sensations corporelles. Et je me sers aujourd'hui des datas sur la montre comme ça. C'est-à-dire, par exemple, ça peut m'arriver d'essayer en courant, de dire, selon mes sensations, là... je pense que je suis dans telle fourchette de fréquence cardiaque. Et d'essayer comme ça de me reconnecter à mes sensations. Alors ça peut être mon rythme de respiration, ça peut être plein de choses. Et on se rend compte que lorsqu'on n'est pas forcément habitué à le faire, puisque moi ça fait quelques années que je le fais, mais au début c'était le cas, on tombe très rarement sur ce qu'on avait imaginé comme intensité d'effort. En tout cas en termes de fréquence cardiaque. Et la préparation mentale, elle peut aider justement à ça. C'est-à-dire avoir, d'une part, ce lien direct qu'il y a entre les sensations physiologiques et les pensées qu'elles peuvent générer.
- Speaker #0
C'est là où ça devient intéressant de l'utiliser à l'entraînement. C'est ça que...
- Speaker #1
Ouais, parce que le jour de la course, c'est trop tard.
- Speaker #0
C'est trop tard pour adapter, pour bien connaître sa physio, pour bien reconnaître quelles sont les pensées, les stratégies mentales qui vont aider. Et c'est là où on entraîne la tête et le corps.
- Speaker #1
C'est là qu'on entraîne la tête et le corps et c'est aussi là qu'il va y avoir un travail très intéressant à faire à l'entraînement pour savoir déjà d'une, par quoi peuvent être générées nos pensées, parce qu'elles ne sont pas forcément générées uniquement que par le physio. Elles peuvent être aussi générées par exemple par un effet de groupe. Être capable d'interpréter des sensations corporelles lorsqu'on court seul et le refaire quand on court dans un groupe, ce n'est pas tout à fait la même chose puisque certaines pensées peuvent venir du physio puis d'autres du contexte extérieur. Et là, il y a tout un travail à faire qui est intéressant lorsqu'on fait des entraînements groupe ou seul. Ça n'a rien à voir.
- Speaker #0
Ça n'a rien à voir. Moi, je voulais partager, pour terminer, deux pensées qui me semblent vraiment, en tout cas, deux moments de pensée qui me semblent importants à dénouer, ou en tout cas que les auditeurs ne se fassent pas avoir par ça. La première pensée qui est assez classique. c'est celle de penser au résultat. Il y a des gens qui se mettent à courir en pensant « je ne vais pas y arriver, je vais y arriver, je vais finir à tel moment » et tout et tout. Quand on commence à penser au résultat au milieu d'un semi-marathon, ou d'un marathon, ou d'un 24 heures, ou d'un triathlon, ou n'importe quel sport d'endurance, tout de suite on est dans le futur et en fait, ça faut vraiment revenir au présent. Très souvent, le résultat est intéressant les jours avant, mais... d'y penser, mais il faut s'en détacher. Ça, c'est le premier piège, en tout cas, la pensée classique, c'est que je me suis mis à penser aux résultats, je me suis dit que j'allais finir quatrième, ça m'a agacé j'ai baissé les bras ou j'ai accéléré mais j'ai pas tenu jusqu'à la fin ça peut être un peu délétère dans les deux cas et l'autre pensée c'est celle du départ où on se dit mais qu'est-ce que je fais là celle-là elle est classique on peut même se demander qu'est-ce qu'on fout là pendant la course aussi ça peut arriver mais tu sais au départ c'est quand tu regardes le peloton moi je l'ai eu mais qu'est-ce que je fais là qui l'a pas eu mais qui l'a eu de manière utile à quelle vitesse vient la réponse en fait c'est ça en fait c'est marrant parce que moi ce que je dis des fois c'est de dire tout le travail dans préparation mentale permet d'avoir une réponse si cette question-là vient le jour J, une seule réponse, avoir une réponse à qu'est-ce que je fais là. Je suis là pour... Ou, encore mieux, c'est ne pas avoir à se poser la question.
- Speaker #1
Ouais. Alors là, ce n'est pas un outil qui est utilisable le jour de la course parce que c'est trop tard. C'est un outil qui est quand même majeur dans la préparation mentale et c'est même l'outil qui ouvre... la plupart du temps les sessions de préparation mentale avec un athlète c'est la détermination d'objectifs bien faire la différence entre le but chiffré, par exemple je veux couvrir, on va pas être trop optimiste 1h59 au marathon et ensuite, donc ça c'est le but et ensuite qu'est-ce que je mets en place comme objectif pour pouvoir couvrir ce chrono qui est simplement délirant et ça ça va être les objectifs Et ensuite, qu'est-ce que je fais là ? Ça ramène à la raison profonde de pourquoi j'ai entrepris ce projet. Pourquoi 1h59 ? Pourquoi pas 2h07 ? Pourquoi pas 1h55 ? Pourquoi pas 3h02 ? Et tout ça, ça se travaille réellement dans cette détermination d'objectifs et c'est ce par quoi on commence pratiquement systématiquement lorsqu'on rencontre un athlète. Aujourd'hui, on sait très bien. Chez Mental Camp, on va dire qu'il n'y a pas de préparation mentale sans un objectif. On prépare quelqu'un à quelque chose. C'est important de définir le quelqu'un, mais c'est aussi très important de définir le quelque chose pour savoir strictement vers quoi on va. C'est une réponse large, parce que si je rentre dans les détails, on peut faire un épisode sur la détermination d'objectifs.
- Speaker #0
Avec plaisir. En tout cas, c'est ce qu'on fait, on aide les... les gens à se poser ces questions-là sur la communauté Mental Camp. Il y a un accès gratuit. C'est le moment où je fais la partie pub, mon Laurent. Il y a un accès gratuit où vous pouvez avoir déjà beaucoup de choses. On anime des Minds, donc des Mental Intentions of the Day, donc vraiment des sessions d'entraînement mental. On donne le thème le mardi. Le mercredi, on fait le live. Donc, vous avez un préparateur mental en live. Ce ne sont pas des cours qui sont pré-tournés. Non, non. Vous avez un préparateur mental en live, vous pouvez poser vos questions, vous pouvez regarder le replay. On est plusieurs à animer cette communauté, donc vous avez toujours quelqu'un, c'est pas une IA, une vraie personne. Et puis vous avez, bien sûr, pour vous qui écoutez, qui pratiquez la course à pied, peut-être d'autres sports, vous avez des espaces qui sont cette fois-ci spécifiques, privés, sous forme d'abonnements, adaptés à chaque sport, où là on rentre un peu plus dans le détail. En tout cas, vous pouvez en parler autour de vous. vous avez un largement de quoi faire. Si vous êtes entraîneur, parlez-en à vos sportifs. Au moins pour la partie gratuite, il y a énormément de choses. Ça permet de mettre un pied dans la préparation mentale. Nous, c'est vraiment notre but. C'est de rendre la préparation mentale accessible au plus grand nombre. Un mot de la fin, Laurent ?
- Speaker #1
Un mot de la fin sur l'utilisation des différents outils pour gérer les pensées, qui sont finalement des outils qu'on peut utiliser de façon complètement... J'ai envie qu'on... J'ai envie de dire simplement qu'on peut s'y entraîner tout le temps en fait. On peut s'y entraîner en buvant son café le matin, on peut s'y entraîner en éteignant la lumière le soir juste avant de dormir, on peut s'y entraîner pendant qu'on pratique son sport, on peut s'y entraîner pendant qu'on joue de la musique, on peut s'y entraîner pendant qu'on fait une sculpture ou pendant qu'on joue au Lego avec ses enfants. Et finalement, on a quelques petits outils comme ça qui donnent déjà des résultats qui sont assez surprenants. Et si vraiment je rajouterais quelque chose qui nous tient vraiment à cœur chez Mental Camp, c'est le fait que la préparation mentale, c'est surtout un entraînement mental. Tout comme en préparation physique, on ne pourrait pas devenir quelqu'un de fort au squat en faisant des squats une fois de temps en temps, on va dire tous les mois. mais au contraire, d'avoir des petites interventions comme ça, chroniques et régulières. Pas forcément longs en temps, il suffit parfois de quelques secondes. Et de quelques secondes en quelques secondes, ça finit par faire du volume, comme tous les coureurs connaissent, le volume c'est un peu la clé. Et à force de le faire, ça devient même un automatisme de gestion de pensée. Donc c'est un petit peu ça le mot de la fin.
- Speaker #0
Oui, en fait, il y a plein d'endroits sans doute, dans la vie des auditeurs, en tout cas des sportifs avec lesquels on bosse, On arrive déjà à gérer ses pensées. Des fois, il n'y a pas besoin d'inventer une nouvelle technique, il y a juste besoin de faire le parallèle. Dans ce domaine-là, j'arrive bien à le faire, je vais le réexpérimenter. Et puis finalement, il n'y a pas un moment où on est coureur, et puis un autre moment où on est papa, ou un autre moment où on est maman, où on est entrepreneur, où on est salarié. En fait, à un moment, notre tête, elle est là tout le temps. Donc, ce qu'on sait faire avec notre tête dans un contexte, on peut savoir le faire dans un autre. et puis Et puis voilà, ça va permettre d'avancer. Moi, j'avais une dernière... J'avais une citation par rapport aux pensées. Franchement, je vais faire mon espèce d'intellectuel, mais c'est Gandhi qui disait « Mes pensées deviennent mes croyances, mes croyances deviennent mes comportements, mes comportements deviennent mes habitudes, et mes habitudes deviennent mes attitudes, et ça devient mon quotidien. » Donc, il faut surveiller ses pensées. Là, c'était plutôt sur l'aspect méditatif. Mais globalement, il y a pas mal de choses qui découlent de nos pensées. Et si des fois, on veut... changer une manière de se voir, de courir, de s'évaluer, de se féliciter. Il ne s'agit pas d'un seul coup de se dire, ça y est, je suis le meilleur, je vais y arriver, je peux tout casser, je peux faire 1,59 comme Laurent l'a dit sur le podcast.
- Speaker #1
Moi, je ne peux pas.
- Speaker #0
Moi, clairement pas. Des fois, il faut juste se dire, ok, je suis capable, c'est bien, c'est bien ce que je fais, c'est mieux qu'hier, c'est bien. Je n'avais pas envie de sortir, puis j'ai mis mes baskets, puis je suis parti courir, puis ce n'était pas évident. Je n'ai peut-être pas fait 40, mais j'ai fait 30, et puis c'est déjà pas mal. Je n'ai pas fait une heure, puis je n'ai pas fait 10 kilomètres, j'en ai fait 9, mais ce n'est pas grave. Demain, je ferai un peu plus. En fait, c'est dans cette zone de discipline sur le long terme, mais discipline avec de la tolérance, des fois qui amène les gens, les passionnés, les amateurs, parce que ce podcast est autant pour les amateurs que pour les pros, à continuer. de s'épanouir à travers le sport. Parce que si on ne s'épanouit pas à travers le sport, il faut arrêter.
- Speaker #1
Je pense. Moi, je n'aurais pas dit mieux.
- Speaker #0
À bientôt pour un prochain épisode. On ne dit pas trop ce qui se passe dans le prochain épisode, non ?
- Speaker #1
On ne dit pas trop, mais là, tu m'as déjà donné plein d'idées avec ta phrase de Gandhi. Parce que là, on a donné des outils pour gérer des pensées au moment même où elles arrivent. Mais on pourrait faire des épisodes qui parlent de... pourquoi on a ces pensées qui arrivent et comment on peut faire pour agir sur ce pourquoi.
- Speaker #0
Allez, moi je suis partant. En tout cas, merci de nous avoir écoutés jusque là. Merci Laurent pour ce moment, c'est toujours passionnant.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
On se connaît bien et pourtant à chaque fois, on peut parler longtemps, puis il y a même des points où on n'est pas d'accord, puis ça marche bien. Non, on n'est pas d'accord. N'hésitez pas à partager l'épisode. liker, le réécouter, le faire écouter autour de vous. Et puis à nous faire des commentaires, nous dire ce que vous aimez, ce que vous aimez moins, les thématiques que vous aimeriez qu'on aborde et à nous rejoindre sur la plateforme communautaire Mental Camp. A bientôt Laurent !
- Speaker #1
Avec grand plaisir, à très bientôt ! Salut ! Bye bye ! Merci d'avoir écouté Mental Camp le podcast. Pour plus de contenu, vous pouvez rejoindre la communauté sur Circle. Le lien est dans la description.