Speaker #0Depuis tout petit on me dit, allez avance, c'est dans la tête. Mais il y a un truc qu'on oublie trop souvent. Ce truc là il peut complètement te paralyser en plein match, il te fait rater une passe simple, il te fait douter alors que t'as pas le droit à l'erreur. Ce truc, c'est cette petite voix, c'est cette pression invisible que personne voit mais qui peut te flinguer ton jeu. Moi c'est Baptiste Cugeronne, je suis coach et préparateur mental. J'ai pas un palmarès de fou mais je sais transformer les échecs en opportunités. Grâce à ça j'ai pu aider des dizaines de jeunes joueurs de haut niveau à sortir la tête de l'eau, à jouer enfin libéré et et à retrouver ce qu'ils avaient perdu, le plaisir. Dans ce podcast, on parle terrain, pression, pensées qui tournent en boucle et surtout comment les dépasser pour kiffer à nouveau chaque seconde sur le terrain. Bienvenue dans Mental de Match, le podcast de préparation mentale pour les joueurs qui veulent jouer leur jeu à leur vrai potentiel tous les week-ends. Alors réchauffe-toi, c'est parti ! Si t'as déjà eu envie de sortir du terrain juste parce que t'as raté un truc facile ou que t'as déjà balancé une bouteille, crié, insulté un arbitre, un pote, juste parce que t'étais énervé. alors t'as cliqué sur le bon épisode. Oui parce qu'avant j'étais comme toi et je croyais que j'étais juste un nerveux et que c'était comme ça. Jusqu'au jour où j'ai compris que la colère elle a une vraie fonction. Et le problème c'est que tant que tu la comprends pas elle prend possession de toi elle te contrôle elle te fait faire n'importe quoi elle te sort du match et après t'as des regrets et surtout tu mets ton équipe dans la merde. Dans cet épisode je vais t'expliquer à quoi sert la colère pourquoi tu te mets en colère à travers des exemples de coachés que j'ai eus. Et surtout je vais donner un outil alors respire jusqu'à la fin. Parce que je pense que cet outil peut vraiment faire la différence pour l'année prochaine et surtout pour les prochains matchs et les prochaines gestions qui vont arriver. Si jamais tu n'écoutes pas ce podcast au mois de juin 2025. Alors reste bien jusqu'à la fin. Premièrement, la colère, ce n'est pas quelque chose de mal, ce n'est pas quelque chose à éviter. C'est une émotion comme les autres qui a, on va dire, trois fonctions principales. Tant que tu ne connais pas à quoi elle sert, tu ne seras pas capable de la gérer. La première fonction qu'elle a de la colère, c'est tout simplement un signal d'alerte. Elle indique qu'un besoin que tu as un besoin fondamental, donc besoin d'appartenance, besoin physiologique, besoin de reconnaissance. Un de tes trois besoins fondamentaux n'est pas satisfait. Soit parce que tu as connu l'injustice, soit parce que tu as connu l'échec, soit parce que tu n'as pas été reconnu à ta juste valeur. Ce qui est un peu l'injustice en soi. Ça, c'est la première fonction de la colère. La deuxième fonction, c'est une énergie d'action. C'est-à-dire que la colère, c'est une sorte d'élan si tu es capable de la canaliser. Quand on prend l'exemple de Novak Djokovic en tennis, c'est quelqu'un qui est très nerveux à la base, Mais qui est capable d'utiliser l'énergie provoquée par la colère pour pouvoir faire face aux défis qu'il rencontre pendant les matchs. Et si tu regardes l'énergie qu'il met à chaque point, c'est en partie grâce à la colère qu'il est capable de mettre autant d'énergie dans un match. Et la dernière fonction, c'est tout simplement la protection de ton identité. La colère, elle montre à quel point réussir ce geste, à quel point faire les choses bien, c'est important pour toi. Elle protège tes raisons d'être. Si tu n'es pas capable de faire cette bonne passe, du moins si tu as raté cette bonne passe, à faire c'est parce que c'était important pour toi de réussir cette passe. Le problème avec tout ça, et avec ces trois fonctions, c'est que quand tu réagis à l'émotionnel sans écouter ce que la colère signifie, et quelle fonction elle a, et bien tout simplement, tu passes du côté obscur entre guillemets, et du coup, tu fais des actions que tu regrettes à la fin du match tout simplement. Que ce soit frapper quelqu'un, ou simplement râler parce que t'as raté quelque chose. Pour illustrer ce que je viens de dire, j'ai pris trois exemples de coachés que j'ai eus, qui montrent différentes raisons pour lesquelles tu te manques de colère. Premièrement, on va prendre Elliot. Elliot, il joue au basket. Et quand il rate un shoot, souvent, c'est le premier shoot qui va indiquer s'il va faire un bon match ou pas. Parce que sinon, s'il rate le premier shoot, en général, il va crier, se renfermer. Et au bout de 15 minutes, c'est-à-dire un quart temps, en général, c'est mort parce qu'il va rentrer dans un cercle vicieux qui va se dire qu'il est nul, qu'il n'est pas capable, que c'est tout le temps pareil, etc. Et du coup, le coach va le sortir. Il ne rentrera plus jamais. Il va mettre ses collègues dans la merde. Hugo, lui, il est milieu de terrain. Il joue foot. et lorsqu'il se frustre, c'est parce qu'il fait des bons appels et qu'on ne lui donne pas la balle. Ça arrive qu'il insulte ses coéquipiers à cause de ça à l'entraînement et il déteste aussi quand l'arbitre fait des erreurs et ça lui est déjà arrivé de parler mal à un arbitre. Si tu as bien identifié, dans le premier exemple, c'est plutôt un truc de « je suis capable de le faire mais je n'y arrive pas, donc c'est important pour moi d'y arriver » . Dans le deuxième, on est plutôt sur l'injustice. Dans le dernier exemple, on est un peu comme le premier mais dans le sens où Bastien, c'est quelqu'un qui... a une relance simple à faire et joue défenseur. Et quand il rate sa première relance, ou quand il rate une relance de manière générale, il prend son maillot, il se le met sur la tête, et il se dit à quel point il l'abuse parce qu'il sent qu'il va mettre ses coéquipiers dans la merde. C'est plus l'idée de mettre son équipe dans la merde qui lui pose problème plus que lui-même. Là, pareil, on est sur un signal de je suis capable de le faire, et plutôt sur un besoin de reconnaissance. Tous ces joueurs que je viens de citer, ils sont bons. Techniquement, ils jouent au plus haut niveau régional, voire même au niveau national l'année prochaine. Mais leur colère, c'est un frein à leur progression. Et ça les coupe totalement dans l'élan qu'ils ont dans leur progression. Et si toi aussi t'es en train de vivre ça, toi qui m'écoutes, c'est que t'as pas encore appris à l'utiliser au lieu de la subir. Comment l'utiliser ? Je vais t'expliquer dans un exercice qu'on va voir ensemble après. Avant de te présenter cet exercice, j'aimerais d'abord te raconter une petite expérience personnelle. Si je te parle de la colère aujourd'hui, c'est tout simplement parce que la colère, c'est peut-être l'émotion que je connais le mieux. Parce que moi aussi, j'ai toujours été nerveux quand j'étais sur le terrain, même en dehors. Et j'étais comme ça parce que je savais que je pouvais faire mieux. Je savais que j'étais capable de faire des bons matchs. Et j'étais énormément frustré quand je ratais parce que j'étais énormément exigeant avec moi-même. Et je sentais à quel point c'était important pour moi de réussir dans le football. Mais qu'est-ce qui a fait la différence ? Déjà, je voyais que les colères que je prenais en dehors, elles avaient un impact fort sur mon entourage. Et des fois, je lui disais des choses, je faisais des choses que je rejetais. Et j'ai pu prendre conscience de tout ça grâce au coaching. Un jour en séance, j'ai parlé de ça, de l'impact que la colère avait sur les autres. Et je voulais vraiment mieux la gérer. Et pendant une séance, j'ai compris que ma colère, elle voulait dire quelque chose. Sur moi, sur mon passé, etc. Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais en gros, ça voulait dire que je veux faire mieux. Je veux progresser. Et surtout, je voulais être reconnu. Mettons que cette colère, elle parlait à ma place. je perdais mes moyens et je rentrais dans cette spirale infernale qui me faisait sortir des matchs et surtout qui ne montrait pas une belle facette de moi-même. Alors maintenant, je vais t'expliquer comment moi je la régule grâce à ces trois étapes. Mais avant de te présenter les étapes, je tiens à dire que ce n'est pas en appliquant ça que forcément ça va tout changer pour toi. Peut-être qu'à court terme, à moyen terme, ça peut changer des choses. Mais sur long terme, je pense que c'est important de comprendre l'origine de cette colère parce que si tu n'es pas capable de comprendre ça, je pense que tu ne passeras jamais un cap par rapport à la colère. Il faut quelqu'un qui te pose les bonnes questions, il faut quelqu'un qui sache comprendre ton identité. Et tant que tu n'auras pas compris d'où ça venait, ce trait de caractère, eh bien, tu ne seras pas capable de l'agir, tout simplement. Ceci étant dit, je vais quand même te présenter les trois étapes que j'utilise pour mieux réguler la colère. La première étape, c'est tout simplement être capable de la reconnaître. Je reconnais que je suis en colère parce que je suis plus tendu, je parle mal. Et franchement, cette étape, c'est l'étape la plus difficile. Elle est capable d'identifier les signes qui montrent que tu es en colère. Après avoir fait ça, tu peux te poser la question à quoi ça sert ? La question de l'utilité. Si je me mets en colère, est-ce que ça va plutôt me motiver ou au contraire, ça va me faire prendre un carton et du coup, je vais mettre mon équipe dans la merde ? En fait, c'est tout simplement être capable de dire est-ce que je m'autorise à y aller ? Maintenant que je sais que je suis en colère, est-ce que je m'autorise à y aller ou pas ? Si je m'autorise à y aller, ça veut dire que je suis conscient des risques que ça implique. Si je ne m'autorise pas à y aller, il n'y a pas de débat, on n'y va pas et on prend sur soi. Dans tous les cas, je te conseille de passer, même si tu décides d'y aller. de passer par la troisième étape, qui s'appelle la régulation. La régulation, c'est tout simplement, je suis capable de me calmer, donc à travers la respiration. Je te montrerai des astuces pour mieux respirer, parce que tu ne sais pas respirer. Et après avoir respiré, l'idée c'est de vraiment agir avec engagement dans le jeu. C'est-à-dire, peut-être que je vais faire un tacle, je vais jouer le ballon, je vais aller dur, pour évacuer cette colère-là. Alors, peut-être qu'au début, ça va mal se passer, et il faut que tu sois ok avec ça, mais petit à petit, tu vas prendre conscience que Ça peut être une vraie source de motivation. Dans tous les cas, il faut que tu portes ton attention sur quelque chose qui est clair, sur un objectif clair. Tout simplement pour transformer cette colère en un signal utile. L'idée, ce n'est pas de te punir à cause de la colère, mais plutôt de te donner un signal, un élan, qui va te permettre ensuite de ne réussir. Donc, trois étapes. Reconnaître à quoi elle sert. Et ensuite, être capable de la réguler à travers la respiration et un objectif clair. Ceci étant dit, comme j'ai dit, la colère, ce n'est jamais un... combat qui est gagné d'avance. Et même un de mes formateurs, qui aujourd'hui a plus de 80 ans, ça fait plus de 50 ans qu'il travaille là-dessus, qu'il travaille sur lui, il m'a dit une phrase qui aujourd'hui me marque encore et qui me permet de relativiser par rapport à ça, et je te la partage aujourd'hui, qui est ma plus grande difficulté, c'est toujours la colère. Ça veut dire que même à 80 ans, il est capable encore de se mettre en colère, ça a un impact sur ses relations autour de lui, mais même à 80 ans il se met en colère. Alors que ça fait plus de 40 ans qu'il essaie de gérer ça. Non, c'est pas parce qu'il est mauvais, c'est juste parce que des fois, tout simplement, tu peux pas toujours tout contrôler. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que ce combat, contre la colère, n'est jamais totalement gagné. Déjà, il faut que tu sois capable de l'accepter. Mais surtout, à chaque fois que tu la comprends un peu mieux et que tu comprends pourquoi tu te mets en colère, tu reprends un peu plus de pouvoir sur elle. Et du coup, sur toi. Et indirectement, tu prends du pouvoir sur ton jeu et tu contrôles un peu plus ce que tu fais. Maintenant, comme j'ai dit, si tu n'es pas capable de comprendre les origines et que tu n'es pas capable de comprendre pourquoi elle est là, tu ne seras jamais capable de la réguler totalement. Et de toute manière, même si tu la comprends, tu ne seras jamais capable. de la réguler totalement. Et la clé, je pense que c'est juste de l'accepter qu'elle soit là et qu'elle fasse partie de toi. Mais simplement qu'elle te serve de motivation à aller vers l'avant et pas comme quelque chose qui te freine et quelque chose qui te fait faire des choses regrettables. Écoute, j'en ai fini pour cet épisode. J'espère qu'il t'a plu. Si c'est le cas, n'hésite pas à mettre 5 étoiles à ce podcast, à me dire dans les commentaires c'était quand la dernière fois que tu as pété les plombs et à me suivre sur Instagram @brain.coaching.performance et à me dire qu'est-ce qui est important pour toi par rapport à la colère. Est-ce que c'est plus... d'être capable de mieux la gérer ou simplement de comprendre les origines, ou les deux peut-être. Je serais ravi d'échanger avec toi sur ce sujet. Comme je t'ai dit, c'est l'émotion que je connais mieux. Je te souhaite une bonne journée et je te dis à bientôt. Salut ! On en a fini pour cet épisode de Mental de Match. Merci de l'avoir suivi. Si tout ce que je t'ai dit, ça t'a parlé, partage cet épisode à un pote qui joue la tête à l'envers. Et souviens-toi, ta tête, c'est ça la clé. On se retrouve au prochain épisode et n'oublie jamais que le plaisir, c'est dans la tête. Ciao !