Speaker #0Depuis tout petit on me dit, allez avance, c'est dans la tête. Mais il y a un truc qu'on oublie trop souvent. Ce truc là, il peut complètement te paralyser en plein match, il te fait rater une passe simple, et il te fait douter alors que t'as pas le droit à l'erreur. Ce truc, c'est cette petite voix. C'est cette pression invisible que personne voit, mais qui peut te flinguer ton jeu. Moi c'est Baptiste Cugerone, je suis coach et préparateur mental. J'ai pas un palmarès de fou, mais je sais transformer les échecs en opportunités. Grâce à ça, j'ai pu aider des dizaines de jeunes joueurs de haut niveau à sortir la tête de l'eau, à jouer enfin libéré, et à retrouver ce qu'ils avaient perdu, le plaisir. Dans ce podcast, on parle terrain, pression, pensée qui tourne en boucle, et surtout comment les dépasser pour kiffer à nouveau chaque seconde sur le terrain. Bienvenue dans Mental de Match, le podcast de préparation mentale pour les joueurs qui veulent jouer leur jeu à leur vrai potentiel tous les week-ends. Alors réchauffe-toi, c'est parti. Quand t'es en match et que tu rates ton premier ballon, tu te dis peut-être « C'est mort, mon match il est foutu » . Ou alors, avant de tirer un pénalty, tu penses « Celui-là il faut que je le mette, sinon je suis fini » . Si t'es dans ce cas-là, c'est que ton cerveau il est pas branché au bon endroit et... Vu que tu deviens ce que tu penses, si tu dis que t'es nul quand tu rates, il y a de grandes chances pour que tu le deviennes. Aujourd'hui dans cet épisode, je vais te partager les 7 croyances que je croise le plus. Ces 7 croyances, elles ruinent souvent tout le travail que t'as fait en entraînement depuis des semaines. Si t'as déjà croisé toutes les croyances que je vais évoquer dans cet épisode, c'est pas fait pour t'humilier, prends le pas personnellement, parce qu'au final on les a tous eues, même moi ça m'est arrivé. Je t'invite à plutôt les voir en face et te laisser la possibilité de les penser autrement. En gros cet épisode c'est un peu comme une introspection. Ça veut dire que je t'invite vraiment à ressentir chaque phrase que je vais dire pour que tu vois quelle résonance ça a à l'intérieur de ton corps. Et surtout, comment tu pourrais modifier cette phrase pour que ça en devienne une force. Peut-être que la phrase originale que je vais dire te motive, mais dans la plupart des cas, ça n'arrive pas. Donc je t'invite vraiment à t'interroger sur comment tu pourrais l'améliorer pour que ça soit une force. En peu après plus de temps, on va passer à la première croyance pour que ce soit tout de suite plus clair. Et on va parler d'une situation particulière au football, qui est le pénalty. Et la croyance associée, c'est il faut que je le mette. si t'es tireur, ou alors il faut que je l'arrête si t'es gardien. Quand tu mets ce « il faut » , tu rajoutes un stress qui est énorme. « Il faut » , ça fait référence à l'obligation. Et à l'époque, quand on était des hommes préhistoriques, on utilisait ce « il faut » , et si on le respectait pas, il y avait la mort. Par exemple, il faut que je tue cet animal, sinon je ne pourrais pas manger ce soir. Donc il y avait danger de mort. La deuxième fois où t'as entendu « il faut » , c'est soit à l'école, il faut que tu fasses cet exercice, sinon tu seras puni, ou alors à la maison, quand ton père ou ta mère te disaient « il faut que tu ranges ta chambre, sinon t'auras pas de dessert » . Et en fait, toi, ce que t'as fait, c'est que t'as dit, ok, à chaque fois qu'il faut, ça fait référence à une action. Et si je fais pas cette action, potentiellement, j'ai une sanction. Or, si tu rinds ta penalty, il va rien se passer. T'as déjà vu des pros en rater des penalties ? Saka, j'en parle dans l'épisode 3 d'ailleurs. Peut-être Messi, Ronaldo. Les autres grands joueurs. Il y en a énormément, des joueurs professionnels, qui ont raté des penalties. Et pourtant, ils ont continué leur carrière. Ils ont gagné deux titres après. Alors, est-ce qu'on pourrait pas imaginer que tu t'autorises à le rater ? La phrase, ce serait plutôt, je vais tout donner pour le réussir, parce que je suis capable. Mais je reste prêt à gérer l'après quoi qu'il arrive. Qu'est-ce que tu ressens quand je dis cette deuxième phrase ? Qu'est-ce qui se passe à l'intérieur de toi ? Tu peux prendre un papier et le noter, si ça t'inspire. Essaye de voir la différence entre il faut que je le mette ou alors il faut que je l'arrête. Et je vais tout donner pour l'arrêter, je vais tout donner pour le mettre, parce que j'en suis capable. Mais je reste prêt à gérer l'après quoi qu'il arrive. C'est quoi la différence entre les deux ? La deuxième croyance, c'est une croyance qui est très répandue aussi. C'est après avoir raté une passe, tu te dis j'abuse, je dois faire mieux. Le je dois c'est pareil que le il faut. C'est-à-dire que si tu ne le fais pas, Il y a danger de mort après. Et en gros, tu t'enfermes dans quelque chose qui n'a aucune nuance. En gros, c'est soit blanc, soit noir. Et puis d'ailleurs, tu parles de faire mieux. Mais c'est quoi faire mieux en fait ? Imaginons qu'aujourd'hui, tu ne te sentes pas bien. Est-ce que ce n'est pas OK de se dire, aujourd'hui, je ne peux pas faire mieux en fait ? Peut-être qu'à la place, tu pourrais te dire, OK, sur cette passe-là, ce n'était pas mon niveau. Ce n'était pas vraiment moi. Mais maintenant, je supprime ce qui vient de se passer. Je me remets dans le match. Et là, tu te dis une stratégie claire. Un objectif que tu as défini avec ton coach. Ou un objectif que tu as défini de manière individuelle. D'ailleurs, je pense faire un épisode sur les objectifs. Donc si ça t'intéresse, n'hésite pas à me le dire, soit dans les commentaires de ce podcast, soit sur Instagram, @brain.coaching.performance. J'essaierai de te faire un épisode dessus. La troisième croyance, c'est le « si je rate, je vais être remplaçant » . Quand t'as cette pensée-là, avant même de toucher la balle, tu joues déjà avec la peur. Du coup, qu'est-ce qui se passe ? Du coup, tu es crispé. Du coup, forcément, tu ne fais pas les bons gestes. Et du coup, tu seras remplaçant. Quand je t'ai dit en introduction, tu deviens ce que tu dis de toi, et bien c'est vrai. Alors après, il y a deux choses. La première chose, c'est qu'est-ce que ça signifie pour toi remplaçant, déjà. Est-ce que remplaçant, ça veut dire celui qui ne va jamais jouer ? Ou remplaçant, c'est celui qui va rentrer à la 85ème et qui va faire gagner son équipe ? Ça, je te pose la question. Et puis la deuxième chose, c'est qu'est-ce que t'en sais en fait ? Le fait d'être remplaçant ou pas, ça tu ne peux pas le maîtriser. Alors à quoi ça sert de vouloir à tout prix quelque chose que tu ne maîtrises même pas ? Au lieu de faire ça, si tu te concentrais sur quelque chose que tu peux montrer maintenant, que tu maîtrises maintenant, sans te projeter à la place du coach, qu'est-ce que ça ferait ? Qu'est-ce que ça te procurerait comme émotion ? Est-ce que tu serais plus concentré ? Est-ce que tu serais plus détendu ? Est-ce que tu serais plus heureux ? Pose-toi cette question. En tout cas, je pense que ça peut être intéressant de te poser la question. La quatrième croyance, et celle que j'ai peut-être le plus entendue depuis que je suis préparateur mental et même depuis que je suis joueur, c'est « l'arbitre, il est contre moi » . Alors cette phrase-là, elle est assez caricaturale du football. C'est un peu une blague. Mais en même temps, c'est important d'apprendre à le gérer. Parce que oui, peut-être que tu as raison. L'arbitre, il est contre toi. Et alors ? C'était pas capable de reconnaître que... L'arbitre, il est capable aussi de faire des erreurs ? Franchement, arrête de jouer. Soit tu acceptes qu'il est capable de faire des erreurs, soit tu n'acceptes pas. À ce moment-là, je te conseille d'arrêter le football. Parce que tu vas en rencontrer des arbitres qui vont se tromper. Tu vas en rencontrer des arbitres qui ne vont pas aimer ton comportement. Et d'ailleurs, est-ce que ce n'est pas une opportunité pour te remettre en question ? Tu l'auras compris, plus tu bases ton schéma de pensée et ton état d'esprit sur des choses que tu ne maîtrises pas, parce que la décision arbitrale, tu ne peux pas la maîtriser, plus tu fais ça, plus tu as de chances d'être irrégulier. Ce qui compte vraiment, c'est le plan de match que tu as défini à l'avance, que tu as défini à l'entraînement. C'est le placement et les déplacements que tu as demandé le coach. Et ça, l'arbitre, il n'y peut rien. S'il ne t'y arrive pas, il n'y peut rien. Si tu fais des erreurs, il n'y peut rien. Ça ne sert à rien de dire qu'il est contre toi, parce que de toute façon, tu ne pourras pas le changer. Imagine que tu te concentres sur des choses qui sont plus rationnelles. Par exemple, le plan du match, c'est des choses que tu peux toucher, palper, que tu peux vraiment changer, alors que le comportement de l'arbitre, tu ne pourras jamais le changer. Et encore une fois, si tu n'arrives pas à accepter que l'arbitre peut se tromper, arrête de jouer. Vraiment, j'insiste. Parce que des arbitres qui vont faire des erreurs, il y en aura des centaines dans ta carrière. Et c'est important que tu sois prêt à y faire face. La cinquième croyance, qui fait un peu référence à la troisième, c'est le « Si je ne suis pas pris, c'est que le coach ne veut plus de moi. » Alors là, on a encore une chose que tu ne maîtrises pas, mais en plus, tu te racontes une histoire alors que tu n'es sûr de rien. Déjà, est-ce que tu lui as demandé pourquoi tu n'étais pas pris ? Est-ce que tu as identifié des comportements chez toi qui justifiaient le fait que tu n'étais pas pris ? avant de lui poser la question, essaye quand même de faire une introspection, c'est-à-dire de te demander, ok, qu'est-ce que j'ai pu faire de mal ? Première chose. Une fois qu'il te l'a dit, essaie de voir comment tu peux faire pour t'améliorer. Et au final, être remplaçant, est-ce que ça remet tout en cause encore une fois ? Oui, je sais, c'est dur, mais est-ce que ce n'est pas finalement un moyen pour que tu fasses en sorte que ça soit temporaire ? Parce que si tu es sur le banc pour une erreur, je pense que c'est une opportunité pour que tu puisses bosser encore plus, physiquement, peut-être mentalement, et apprendre de tes erreurs pour préparer ton moment. celui qui va faire basculer le schéma de pensée du coach, mais surtout faire basculer une rencontre. L'avant dernière croyance, elle n'a pas forcément à voir avec les autres, c'est le « il faut rendre fier à mes parents » . Donc là, on retrouve le « il faut » bien évidemment, avec l'histoire qui va derrière. Et il y a une chose importante qu'il faut que tu comprennes avec ces croyances, c'est que oui, je sais que tes parents te donnent de la motivation, mais si un jour, pour x ou y raison, ils ne sont pas là, ton plaisir de jouer, il sera comment ? Si tu jouais d'abord pour toi, et que finalement leur fierté... ça devienne un bonus, qu'est-ce que ça te procurerait ? Ce truc-là, par rapport aux parents, il est hyper important parce qu'il y a énormément de jeunes qui jouent pour faire plaisir à leurs parents. Et moi, la première chose que je leur dis en ce sens, c'est « Ok, qu'est-ce qui se passe si tu joues pour toi ? S'il n'y a que toi qui vois tes exploits, s'il n'y a que toi, est-ce que tu es fier de toi ? » Pose-toi vraiment toutes ces questions parce que je pense vraiment que ça peut t'aider à t'enlever de la pression par rapport au fait qu'il y ait tes parents ou pas au bord du match. Et surtout, ça peut créer une conversation avec eux où tu peux leur poser la question « Qu'est-ce qui se passe si je rate en fait ? » La dernière croyance, c'est celle que j'ai dit dans l'intro. C'est le « si je rate mon échauffement, mon premier ballon, je vais rater mon match » . Alors là, on a la totale. L'histoire, le « il faut » . En gros, tout ce qu'il faut pour faire un bon match pourri. Alors déjà, l'échauffement, il est uniquement fait pour augmenter ta température corporelle. Ça n'a rien d'une prédiction, ça n'a rien d'une boule de cristal. Il est surtout là pour préparer ton corps à faire des efforts. Et puis si jamais tu fais une mauvaise entame de match, est-ce que ce n'est pas une opportunité pour finir à balle ? Et puis si finalement tu fais un mauvais match, Qu'est-ce que ça veut dire sur toi ? Et surtout, qu'est-ce que tu peux faire pour rebondir la semaine prochaine ? Parce que oui, au foot, on a de la chance d'avoir des matchs tous les week-ends. Donc si tu fais un mauvais match ce week-end, peut-être que le week-end prochain, tu peux faire le match de l'année. Oui, je sais, c'est pas très régulier, mais il vaut mieux que tu fasses un mauvais match et un bon match que deux mauvais matchs, on est d'accord ? Donc l'échauffement, ça ne prédit en rien le reste de ton match. Si tu fais un mauvais début de match, sache que c'est une bonne occasion pour faire une bonne fin de match, pour te remettre dedans, supprimer ce qui vient de se passer et te dire que t'es capable de faire mieux. Si tu rates complètement ton match, sache que tu as une opportunité pour te rattraper la semaine prochaine. Au final, toutes ces croyances, moi je les ai entendues chez les jeunes, au niveau pro, et pour certaines, je les ai eues moi en tant que joueur. Parce que oui, personne n'y échappe totalement. Mais l'important, c'est pas forcément de les supprimer, parce que peut-être qu'il y en a certaines qui te donnent de la force. L'important c'est surtout de les reconnaître, savoir qu'elles sont là. Parce que savoir qu'elles sont là, c'est s'offrir la possibilité de penser autrement. Quand ça peut te poser un problème, mais surtout quand ça peut bloquer. quand ça peut bloquer ton potentiel. Pour ça, je te partage un petit exercice. Celui-là, il est vraiment bonus, il est vraiment pépite, et tu vas voir qu'il peut totalement changer la manière dont tu abordes les matchs. Ça s'appelle le check-up d'avant-match. Tu peux prendre deux minutes dans le vestiaire, avant d'arriver au vestiaire d'ailleurs, prendre deux minutes sur ton match et te poser la question « qu'est-ce que je crois par rapport à ce match ? » Là, tout de suite, maintenant. Tu notes une phrase, tu relis et tu te demandes « est-ce que cette pensée-là, elle me rapproche ou elle m'éloigne de mon objectif ? » Peut-être que juste dire ça, ça va bousculer la manière dont tu vas aborder le match. Peut-être que tu vas passer d'un mauvais schéma de pensée, d'un mauvais état d'esprit à quelque chose d'un peu plus motivant, d'un peu plus engageant. Alors... Ça dépend de la pensée, tu ne pourras pas tout changer en deux minutes. Mais tu peux déjà semer une petite graine qui fera émerger l'état d'esprit pour faire face à certains défis. Et ce sera ton mindset parfait pour ce moment-là. Le mindset parfait, en général, il prend un peu plus de temps à arriver. C'est comme la tactique, c'est comme la technique, c'est comme le physique. Ça ne bouge pas en claquant des doigts. Voilà, en tout cas, je t'invite vraiment à tester cet exercice. J'espère que cet épisode t'a plu. Dis-moi dans les commentaires ou sur Instagram si tu t'es reconnu dans certaines croyances. Et puis... Moi, je te dis à la semaine prochaine. Merci de m'avoir écouté. Salut. On en a fini pour cet épisode de Mental de Match. Merci de l'avoir suivi. C'est tout ce que je t'ai dit, ça t'a parlé. Partage cet épisode à un pote qui joue la tête à l'envers. Et souviens-toi, ta tête, c'est ça la clé. On se retrouve au prochain épisode. Et n'oublie jamais que le plaisir, c'est dans la tête. Ciao.