- Speaker #0
Bienvenue dans Merci Simone. Le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui font vivre un droit fondamental, celui de choisir. On parle d'IVG, sans tabou, sans jugement, avec du vécu de l'expertise et surtout de la bienveillance. Ici vous entendrez des femmes, celles qui l'ont vécu, celles et ceux qui accompagnent ces femmes, des professionnels de santé, pour soutenir, informer et briser le silence. Merci Simone, c'est aussi un hommage à Simone Veil bien sûr,
- Speaker #1
mais aussi à Simone de Beauvoir, à toutes celles qui se sont battues et qui se battent encore pour que l'IVG reste un droit. Un droit accessible, sûr et respecté.
- Speaker #0
Aujourd'hui, nous abordons un sujet crucial et souvent méconnu, l'interruption médicale de grossesse. L'IMG est différente de l'IVG, mais il est essentiel de mener un combat commun pour ces deux droits, parce que partout où l'avortement est menacé, l'avortement thérapeutique l'est aussi, mettant en danger la vie des femmes. Alors l'IMG est proposée dans deux situations, soit parce qu'il y a un risque de la santé de la mère, soit parce qu'il y a de fortes probabilités pour que l'enfant ne soit pas viable. ou naissent avec de graves handicaps. Et aujourd'hui, je reçois Lauriane, qui, après quatre tentatives de FIV, tombe enceinte de jumeaux. Alors,
- Speaker #1
elle va nous raconter cette histoire, cette immense joie, brisée par la nécessité de prendre la décision déchirante de l'IMG. Son témoignage est nécessaire et poignant, et je vous laisse l'écouter tout de suite.
- Speaker #0
Alors, aujourd'hui, je reçois Lauriane. Lauriane, je te laisse te présenter ton âge, ce qui fait que tu témoignes au micro aujourd'hui. Est-ce que tu veux qu'on sache de toi ? globalement.
- Speaker #1
Ok, donc effectivement, je suis Lauriane, j'ai 52 ans et je suis sensible à la cause. Merci Simone. Donc c'était important pour moi d'apporter mon témoignage et de mettre en avant un autre aspect de l'avortement qui est l'IMG, l'interruption médicale de grossesse.
- Speaker #0
Ok, merci beaucoup. On est rendu à la deuxième prise, donc je ne vais pas te refaire la même news insolite. Il y a une femme politique, qui a écrit ses mémoires et qui a profondément défendu le droit à l'avortement. Et la news insolite, c'est de savoir qui est cette femme. Parce que c'est surcrenant que ce soit elle, cette femme-là, qui défend le droit à l'avortement.
- Speaker #1
Moi, quand je pense au droit à l'avortement, je pense forcément à Simone Veil. Hormis, j'y attends, je réfléchis un peu.
- Speaker #0
Je peux te donner un indice sur sa nationalité. Elle est américaine.
- Speaker #1
Non, je vois pas.
- Speaker #0
C'est la femme d'un politique.
- Speaker #1
Ça ne peut pas être la femme d'Obama, je ne pense pas. La femme de Trump.
- Speaker #0
Oui. La femme de Trump a écrit dans ses mémoires qu'elle défendait le droit à l'avortement et s'insurgeait sur le fait que le gouvernement puisse restreindre ce droit. Et du coup, je trouve cette news folle parce que c'est la femme de Trump. Voilà.
- Speaker #1
Effectivement, c'est totalement à l'encontre de ses idées à lui.
- Speaker #0
Voilà. Et du coup, ça fait le lien avec la news récente aussi qui s'est passée aux Etats-Unis. Début juin, Trump est revenu sur une directive que Joe Biden avait prise, et là qui est en lien avec ton histoire, sur le fait que, on peut considérer que c'est des IMG, soit dorénavant interdit. En fait, Joe Biden avait permis de mettre en place cette directive pour pallier au fait que la Cour suprême des Etats-Unis était revenue sur le droit à l'apportement. Et ça permettait notamment, pour des raisons médicales d'urgence, de permettre l'avortement, donc médical. Et Trump, début juin, est revenu sur cette directive, ce qui fait que maintenant, le droit à l'avortement est totalement interdit dans certains États fédéraux des États-Unis, dont l'intervention médicale de grossesse. Alors, je ne t'ai pas fait dire ce que ça voulait dire IMG.
- Speaker #1
Alors, c'est Interruption médicale de grossesse, ou on appelle ça également avortement thérapeutique.
- Speaker #0
Donc, on va sûrement utiliser beaucoup ces deux termes-là, IMG et avortement thérapeutique, en termes contractés. Donc, est-ce que tu peux, du coup, nous raconter maintenant ton histoire ? À quelle époque c'était ? Nous donner un petit peu de contexte sur ta vie à ce moment-là.
- Speaker #1
Alors, c'était, on va dire, au début des années 2000. J'avais 30 ans, j'étais mariée. J'ai désiré un enfant à partir de 30 ans. Donc, on a lancé le processus avec mon mari. Et au bout d'un an d'essais infructueux, on a donc décidé de faire des tests, des examens plus poussés. Il s'est avéré que mon mari était stérile. Il avait une algénésie bilatérale des canaux différents. C'est un bien grand mot qui signifie qu'il n'a pas les petits canaux qui rejoignent les testicules, là où se trouvent les spermatozoïdes, et l'éjaculat. Les spermatozoïdes sont bloqués dans les testicules et ne peuvent pas redescendre. Donc, moi, j'avais fait des examens de mon côté. A priori, tout semblait normal. Donc, la solution qui s'ouvrait à nous, c'était de faire une FIV. C'est-à-dire qu'on allait prélever les spermatozoïdes de mon mari, les congeler, et puis, moi, stimuler mes ovaires pour ensuite pouvoir procéder à une FIV.
- Speaker #0
À ce moment-là, du coup, c'était il y a presque 20 ans ?
- Speaker #1
C'était en 2002, 2003.
- Speaker #0
Et c'était quoi du coup le droit autour de la chive en France ? C'était assez facile, on avait déjà entendu parler ?
- Speaker #1
Oui, c'était vraiment entrer dans les mœurs. On avait quand même un certain nombre d'années d'expérience sur la chose. C'était quelque chose de pas tabou. Ça se faisait très facilement.
- Speaker #0
Donc toi, ça ne vous a pas... plus inquiétés que ça, à part le fait que ça compliquait quand même le parcours pour être enceinte ?
- Speaker #1
Oui, non, moi, ça me posait à priori pas de soucis.
- Speaker #0
Donc, du coup, vous vous êtes lancé dans cette FIV ?
- Speaker #1
On s'est lancé dans la FIV, donc on a travaillé avec... parce qu'on nous habitait en La Roche-sur-Yon, on a travaillé avec l'hôpital de Nantes, qui était plus spécialisé en la matière. Donc, on a lancé le processus, qui consistait donc... a récupéré les spermatozoïdes de mon mari, ça a été fait. Il a subi une petite opération. Et moi, il fallait que je fasse des traitements pour stimuler les ovaires, pour pouvoir produire un maximum d'ovules et de bœbocytes.
- Speaker #0
Ok, donc toi, il fallait quand même que tu fasses une stimulation ovarienne, où tu te piques régulièrement ?
- Speaker #1
J'avais des piqûres très régulières dans le ventre. Je t'ai suivie par une infirmière, j'avais des dosages à faire de façon régulière. Et quand, on va dire, les ovules étaient arrivés en bon nombre et à maturité, là, il y avait un prélèvement. Enfin non, je crois que je dis des bêtises. Il n'y avait pas de prélèvement quand j'étais arrivée à la maturité. Ils inséminaient les spermatozoïdes de mon mari. Sauf que ça ne s'est pas passé si facilement que ça. Premier essai, je n'ai pas répondu à la stimulation ovarienne. C'est-à-dire que je ne produisais que très peu d'ovules au lieu d'en produire... 5 ou 6, je devais en produire 1 ou 2.
- Speaker #0
Alors qu'avant, tu avais fait un test et qu'il y avait des théories.
- Speaker #1
Oui, au niveau des tests, c'était bon. Donc, ça n'a pas fonctionné. On a décidé de faire un deuxième essai. Toujours la même chose, je ne répondais pas à la stimulation ovarienne. On a fait un troisième essai, toujours la même chose. Et là, on m'a dit, écoutez, désolé, mais on va arrêter. Vous ne répondez pas aux stimulations ovariennes. Il va falloir trouver autre chose pour avoir un enfant. C'est plutôt maintenant faire une five avec un don d'ovule.
- Speaker #0
Est-ce que le nombre de fives est limité à trois ou non ? C'est qu'eux considèrent que si ça n'a pas fonctionné trois fois, ça ne fonctionnera jamais ?
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y avait pas de nombre limite de fives, mais qu'eux considéraient qu'au bout d'un moment, si ça ne fonctionnait pas, on arrêtait. Donc là, je me suis un peu battue. J'ai dit, mais non, on essaye une dernière fois et c'est pas grave. Enfin, on s'est mis d'accord avec la médecin. C'est pas grave, même si je ne produis que très peu d'ovules. On essaye quand même avec celle-ci. Donc, on a fait un quatrième essai où j'ai produit peut-être deux, trois ovules, je ne sais plus. Mais on a quand même essayé.
- Speaker #0
Donc ça, j'imagine en plus sur une période plutôt longue quand même. Enfin, ça ne s'est pas passé en trois mois.
- Speaker #1
C'est passé 2003, après je suis tombée enceinte en 2004. Oui, c'était sur toute l'année 2003 peut-être.
- Speaker #0
Oui, ça reste un long processus où à chaque fois, t'espères, on attend.
- Speaker #1
C'est effectivement une période assez compliquée où on a des grosses périodes d'espoir qui sont réduites à néant au bout de quelques temps. Il faut recommencer, il faut garder l'agnac pour avancer. Mais j'avoue qu'a posteriori, là, j'ai plus trop de souvenirs, en tout cas, de cette période précise. Voilà, ça s'est passé, j'ai pas... Enfin, j'ai pas mis un bon ni un mauvais souvenir. On a donc fait la quatrième five. Et là, ça a fonctionné. Donc, j'avais deux embryons. Moi, j'ai commencé, j'ai débuté une grossesse. C'était au mois de, je ne vais pas me tromper, février-mars 2004.
- Speaker #0
Là, deux embryons, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils inséminent un embryon ?
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'en fait, ils ont inséminé les spermatozoïdes et que ça a pris deux fois.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et que potentiellement, je pouvais avoir deux bébés. Bon, grande joie, évidemment, d'apprendre ça. Et puis, très, très vite, j'ai des saignements dès le premier mois, notamment une fois où j'ai une très grosse hémorragie. Et là, je me dis, c'est terminé, j'ai dû faire une fausse couche, en fait.
- Speaker #0
Et tu avais déjà un peu parlé de fausse couche. Très vite, c'est venu sur le fait que potentiellement, tu avais fait une fausse couche. Tu étais un peu sensibilisée à ça ou pas du tout ?
- Speaker #1
Je savais que ça pouvait ne pas fonctionner, ni plus ni moins en fait.
- Speaker #0
Oui, comme pour toutes les femmes.
- Speaker #1
Donc j'ai un très gros saignement, je suis anéantie, je me dis c'est terminé. Je vais voir la gynéco qui me dit non, non, c'est bon, il y a effectivement un embryon qui s'est décroché, mais il en reste un. Et là on me dit par contre, grossesse à risque, vous restez habité, vous ne travaillez plus. et il ne faut faire aucun effort.
- Speaker #0
Ok, donc à ce moment-là, tu fais quand même une fausse couche sur le premier embryon.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Au bout de combien de...
- Speaker #1
Je ne me rappelle plus trop, mais je dirais que c'était dans le premier mois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Premier mois, peut-être, oui, premier mois.
- Speaker #0
Et la gynéco te rassure quand même sur le fait qu'il y a toujours un embryon qui est là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et comment tu vis quand même, du coup, cette fausse couche d'un embryon sur les deux qui...
- Speaker #1
En fait... Ce qui est marrant, c'est que c'est assez vieux. Je n'ai pas trop de souvenirs. Oui, je l'ai mal vécu, mais je n'ai pas tant de souvenirs que ça. Je n'arrive pas trop à me revoir à ce moment-là. Je suis plutôt résignée en me disant qu'il faut que je fasse attention. Je vais mettre toutes les chances de mon côté.
- Speaker #0
La bonne élève. Tu te dis... Il m'en reste un, je ne bouge plus, je suis alitée et je ne fais plus rien.
- Speaker #1
Et je suis même tellement bonne élève que je vais m'installer chez mes parents pour qu'il y ait une présence constante avec moi en cas de pépin.
- Speaker #0
Donc ça, c'est au bout d'un mois, donc très tôt ?
- Speaker #1
Oui, très tôt. Donc au bout d'un mois, je passe mes journées assise dans un fauteuil ou allongée sur un canapé. À ne rien faire du tout. Bon, j'avoue que c'était un peu compliqué, un peu stressant. J'attendais surtout la première écho avec impatience. Parce que pour moi, arriver aux trois mois et à la première écho, si c'était bon, on était sortis d'affaire.
- Speaker #0
Oui, c'est souvent ce qu'on dit. Souvent, il n'y a pas d'annonce avant les trois premiers mois. D'ailleurs, là, est-ce que... Alors, j'imagine à tes parents, parce que s'ils t'ont vu débarquer chez toi, chez eux, tu en avais parlé. Mais est-ce que tu l'as annoncé à d'autres personnes ?
- Speaker #1
Oui. Et en fait, tous les proches étaient au courant qu'on avait fait une five, que du coup, ça avait fonctionné. Je n'avais pas d'effet d'annonce pour dire ça y est, je suis enceinte.
- Speaker #0
Tout le monde savait que vous essayiez.
- Speaker #1
Que j'essayais et que j'étais en mode alité à faire attention.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, premier écho arrive. Je me rappelle, je vais chez une sage-femme. qui me dit, c'est ok, bébé va bien, aucun problème. Donc là, un grand ouf de soulagement, parce que j'avoue que je stressais énormément.
- Speaker #0
Tu m'étonnes.
- Speaker #1
J'avais peur de perdre le deuxième. Donc voilà, je me dis, ça y est, enfin, je commence une grossesse un peu plus sereine, même si je dois rester alitée et faire attention. Voilà, mon bébé, ça y est, je peux me projeter, je peux commencer à... À faire des projets de chambre, des projets de prénom, etc.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'étais interdit jusque-là ?
- Speaker #1
Je m'étais interdit jusqu'aux trois mois. Donc, ce qui se fait, effectivement, je commence à mettre ma tête de côté, je crois, des mémoires. Je ne peux pas faire des petites choses.
- Speaker #0
Tu n'es plus alitée ? Il considère toujours la grossesse à risque ?
- Speaker #1
Il considère toujours la grossesse à risque. Et comme j'ai de temps en temps des petits mots de vente, etc., on continue à oublier de faire attention. Donc je continue à être très bonne élève et à ne rien faire du tout.
- Speaker #0
Est-ce que tu te rappelles de pourquoi ils ont considéré cette grossesse à risque ? Est-ce que c'est parce que tu avais fait une fausse couche sur le premier embryon au bout d'un mois ? Ou est-ce qu'il y avait autre chose de spécifique ?
- Speaker #1
Parce que de mémoire, je ne veux pas dire de bêtises, je crois que les fives sont davantage considérées à risque que des grossesses qui se font naturellement. et que effectivement comme j'avais perdu aussi un premier et que c'était une grossesse comment dire très désirée et qui avait été longue longue à venir on voulait prendre absolument aucun risque pour que je puisse la mener à terre donc voilà le troisième mois se passe quatrième mois donc bon an mal an ça allait à peu près Voilà, j'ai plus trop de souvenirs.
- Speaker #0
Là, du coup, tu te rappelles que tu es soulagée globalement.
- Speaker #1
J'étais soulagée, je commençais à faire des projets de chambre, etc. Peut-être pas de prénom encore, mais en tout cas de chambre. Et arrivé au cinquième mois à peu près, enfin cinquième mois et demi, un jour, je prends un bain pour me détendre. Je sors du bain, je me couche et là, je sens de l'eau couler. Et je me dis, c'est rien. Ça doit être l'eau du bain qui est en train de s'évacuer. Voilà, je n'en fais aucun cas. Le lendemain, je saigne. Je vais voir ma gynéco. Je lui dis que ce n'est pas normal. J'ai des saignements. Il faut arriver à ce stade-là. Je voudrais qu'on vérifie. Elle vérifie. Elle me dit non, non, tout va bien. Il n'y a aucun problème. Je rentre chez moi.
- Speaker #0
Tu es rassurée ou tu as quand même un...
- Speaker #1
Moyennement rassurée parce que les saignements persistaient.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
donc comme les saignements persistaient je vais aux urgences et là je vois un médecin qui me dit mais attendez, il y a un gros problème votre poche enfin votre poche est fissurée vous êtes en train de perdre le liquide amniotique donc ça, l'école n'avait pas vu donc ils m'hospitalisent ils surveillent justement la fuite du liquide amniotique donc là énorme stress Je ne savais pas, enfin voilà, énorme stress. Et là, les médecins me disent, écoutez, on n'est pas sûr que vous puissiez mener la grossesse à terme. Si vous perdez effectivement, si le liquide amniotique continue à s'évacuer, l'enfant, l'embryon ne pourra pas continuer à se développer normalement et on devra nous mettre un terme à la grossesse. Donc là, on était totalement effondrés. On ne savait pas quoi faire, on s'en remettait vraiment aux médecins. Et les médecins nous disent, dans ces cas-là, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on se réunit en comité. Il y a un gros comité qui se fait toutes les semaines à Nantes. On discute de votre cas entre nous et on décide de ce qui doit être fait.
- Speaker #0
OK, donc là, la décision ne vous revient même pas à vous, à toi et ton mari.
- Speaker #1
Elle nous revient un peu, mais sur un avis médical très poussé. C'est-à-dire que... valait peut-être mieux suivre leur avis. Mais on n'était quand même pas obligés de suivre leur avis. Donc, ils reviennent vers nous.
- Speaker #0
À ce moment-là, du coup, tu restes sur toute cette période-là hospitalisée ? Hospitalisée,
- Speaker #1
à l'hôpital de La Roche. Donc là, c'était la fin du monde. Honnêtement, je ne faisais que pleurer. Pour moi, c'était terminé. Et donc, les médecins reviennent me voir et me disent « Bon, écoutez, Le mieux c'est d'interrompre la grossesse parce que le liquide continue à s'évacuer, l'embryon ne va pas pouvoir se développer correctement et même si on attend, il y a de très forts risques de malformation pour votre bébé ou même carrément qu'il décède au cours de la grossesse. Donc ils nous disent en haut qu'est-ce que vous voulez faire.
- Speaker #0
Ouais, sachant que là, la décision, c'est...
- Speaker #1
La décision, en gros, c'était avoir un enfant, enfin, si ça fonctionnait, avoir un enfant handicapé ou non. C'était simple.
- Speaker #0
Et dans le fait de continuer la grossesse, potentiellement, il pouvait y avoir aussi le risque, de toute façon, que ça s'arrête tout court.
- Speaker #1
Le bébé ne soit pas viable, effectivement.
- Speaker #0
Au bout, du coup, là, tu étais à 5 mois et demi.
- Speaker #1
J'étais à 5 mois et demi. J'étais à 5 mois et demi.
- Speaker #0
Ok, donc il n'était même pas question de le faire naître très prématuré. Alors,
- Speaker #1
il aurait pu, effectivement, de toute façon, s'il était né, il aurait été né très grand prématuré et avec potentiellement de fortes malformations, des handicaps, etc. Donc la décision, elle a été finalement assez rapide, être mon mari. On s'est dit, non, on n'est pas prêt du tout à assumer un enfant. Non pas avec un petit handicap, ça aurait été avec un handicap très très lourd.
- Speaker #0
Oui, même lui, pour sa vie, ça aurait été...
- Speaker #1
Donc pour nous, c'était inenvisageable. Donc on a dit, ok, on fait une IMG. Notre option médicale de grossesse.
- Speaker #0
Donc là, à ce moment-là, le choix vous revient à vous.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et c'est vous qui décidez, enfin, le choix vous revient.
- Speaker #1
En même temps, il nous était fortement conseillé par les médecins.
- Speaker #0
Par l'étudiant des médecins.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ok. Donc là, c'est presque au bout de six mois.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Que vous décidez finalement d'accepter cette IMG.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et de mettre fin à cette grossesse que vous aviez désirée.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
Ok. Et là, comment ça se passe dans les jours ? qui suivent une fois que la décision est prise ? Est-ce que ça prend du temps ?
- Speaker #1
Non, ça va très très vite. Je crois que le lendemain, ou peut-être dès le lendemain, il y a le processus thérapeutique qui se monte. Donc ça se déroule en deux étapes. Ils donnent un médicament qui met fin à la vie du bébé et ensuite ils donneront, quelques temps après, un médicament pour déclencher un accouchement par voie naturelle.
- Speaker #0
Ok. Il te laisse le choix, du coup, à ce moment-là, du format, entre guillemets, de l'accouchement. C'est par voie naturelle, césarienne ?
- Speaker #1
Non. De mémoire, non. Je n'ai pas le choix. Ça, c'est un accouchement par voie basse.
- Speaker #0
Ok. Et avec du recul, est-ce que... Enfin, tu n'as pas vécu l'autre situation, mais est-ce que tu as préféré accoucher par voie basse ou tu aurais préféré... Ne pas être là, on va dire, psychologiquement à 100 molles.
- Speaker #1
J'avoue que je n'ai jamais réfléchi à ça. Je crois qu'à partir de ce moment-là, il y a eu un peu un blackout chez moi. Et ça s'est passé. J'ai des souvenirs très, très vagues. Voilà, ça s'est passé. Je me suis laissée porter. Je n'avais même pas la force ou l'initiative de demander autre chose. de me renseigner sur autre chose. Je me suis vraiment laissée...
- Speaker #0
Oui, tu n'avais plus la force pour rien. Tu suivais ce qu'on te disait.
- Speaker #1
Je suis un zombie et je suivais ce qu'on me demandait de faire.
- Speaker #0
Et du coup, ça a été hyper rapide. Ça a été un moment où tu commences à perdre les os chez toi et cette décision-là a dû y avoir une bonne semaine,
- Speaker #1
peut-être.
- Speaker #0
Je dis que c'est rapide, mais en même temps, pour toi, ça a dû être...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Une semaine juste d'angoisse et de...
- Speaker #1
Oui, cette semaine à l'hôpital était terrible. J'en ai un... Là, c'est très, très flou encore pour moi, mais je sais que je me revois, je me revois discuter avec des personnes qui étaient venues me voir et je sais que c'était tout simplement la fin du monde, quoi.
- Speaker #0
Oui. Et est-ce qu'à ce moment-là, eux, ils mettent un processus spécifique en place, une procédure avec des psychologues dans le cadre d'une IMG ? Est-ce qu'ils font... En parler ou pas tout de suite ? Ils attendent un moment ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
J'ai une psychologue qui est venue me voir, mais après l'accouchement. Ils ne mettent pas de procédure en place avant. Je me rappelle avoir vu quelqu'un, effectivement, après l'accouchement.
- Speaker #0
Lié à l'hôpital, du coup ? Oui,
- Speaker #1
une personne de l'hôpital.
- Speaker #0
Un ou deux jours avant, ils te préviennent, ils t'expliquent les médicaments qu'ils vont prendre ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et comment ? Ça va se passer ?
- Speaker #1
Ils expliquent tout simplement, on va vous donner un médicament qui mettra fin à la vie de votre enfant, parce que les fœtus, même s'ils sont petits, peuvent être traumatisés par l'accouchement, et ça peut être très très douloureux pour eux. Donc en fait, voilà. Ils arrêtent le cœur de la bébé avant que le bébé soit sorti du lycée. Ok.
- Speaker #0
Tu prends le premier médicament.
- Speaker #1
Le seul souvenir que j'ai... Et c'est une des choses qui me marquent encore le plus, c'est que je pense, à ce moment-là, j'ai senti mon bébé. À un moment donné, j'ai senti mon bébé énormément bouger. Et je me dis, ça devait être sans doute le moment de la fin pour lui.
- Speaker #0
Oui, parce qu'à cinq mois et demi, six mois, en fait, tu devais déjà le sentir bouger. Oui,
- Speaker #1
très, très légèrement. Mais là, à un moment, j'ai senti vraiment deux, trois secousses assez importantes. Comme si l'enfant sursautait ou se débattait. C'est l'idée que je me fais, en tout cas. Et je me dis, c'est sans doute peut-être le médicament qui...
- Speaker #0
À ce moment-là,
- Speaker #1
son cœur s'est arrêté. Peut-être qu'il a voulu un instinct de survie, etc. Et qu'il a bougé plus fortement. Donc ça, c'est un des souvenirs les plus marquants que j'ai de cette interruption de grossesse.
- Speaker #0
Sur la prise du premier médicament, presque traumatisant d'avoir ce... Ce rappel de ce mouvement-là, en disant que toi, en tout cas, tu l'as matérialisé comme ça dans ta tête.
- Speaker #1
Pas sûr, mais a posteriori, c'est ce que je me suis en tout cas dit. Je sais que je lui parlais, je ne me rappelle plus ce que je lui disais, mais je sais que je lui parlais. Et après, il donne mes médicaments pour l'accouchement et là, ça va très très vite. J'ai eu très vite des contractions et je me suis retrouvée en scène d'accouchement assez rapidement. Par contre là, blackout. Je me souviens très peu de l'accouchement, voire pas du tout.
- Speaker #0
Il te donne quelque chose ? Non, c'est du coup tellement le choc, entre guillemets, que...
- Speaker #1
Je crois que j'étais en état de choc, sans doute. Et voilà, j'accouche, mais je te dis, j'ai aucun souvenir. Et d'autant moins que ça s'est mal mis, puisque j'ai fait une... une très très grosse hémorragie en fin d'accouchement. Ils ont dû m'endormir. Ils m'ont mis un masque pour m'endormir et procéder sans doute à un cure-tâche ou je ne sais pas, après avoir expulsé le bébé. Ce qui fait que moi, en gros, je me suis réveillée plusieurs heures après.
- Speaker #0
Ok. Ah ouais, donc tu as eu le début de la généalogie et tout à coup,
- Speaker #1
j'ai en gros, je me rappelle, du début de contraction et d'un réveil.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et ton mari, il était là à ce moment-là ? Mon mari était avec moi,
- Speaker #1
je crois qu'il était avec moi au début. Par contre, il en fait très vite sortir quand j'ai fait l'homorragie. Il en fait sortir de la pièce.
- Speaker #0
Et petite pause rapide. J'espère que l'épisode vous plaît autant que j'ai aimé le préparer. Et si c'est le cas... Prenez juste deux secondes pour vous abonner à ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée et éventuellement mettre 5 étoiles si le cœur vous en dit. Mais surtout, partagez cet épisode avec quelqu'un qui pourrait être intéressé. C'est la meilleure façon de m'aider à faire grandir cette communauté. Et si vous voulez aller encore plus loin, venez me rejoindre sur Instagram, merci.simone.podcast. Je vous laisse tout de suite avec la suite de l'épisode.
- Speaker #1
Donc lui, c'était pour lui terrible puisque... Il avait non seulement la perte de l'enfant, mais il craignait aussi pour ma vie à moi. Ben oui.
- Speaker #0
Oui, comme toi, il venait de perdre son enfant. Et en plus, il s'est rajouté la peur tout à coup de perdre sa femme. Et on lui dit, sortez.
- Speaker #1
Donc, voilà. Lui, il a pu voir l'enfant.
- Speaker #0
OK. Il laisse le choix, du coup, dans ce cas-là.
- Speaker #1
Je sais qu'ils lui ont montré. Voilà, il l'a vu. Je sais moins souvent s'il l'a pris ou pas. En tout cas, il l'a vu. Moi, je ne l'ai pas vu.
- Speaker #0
Toi, du coup, vu que tu étais endormi à la salle de réveil, impossibilité de le voir ?
- Speaker #1
Je l'ai vu après en photo. Ils font des photos.
- Speaker #0
Donc là, c'est à ce moment-là où vous découvrez le sexe du bébé. Après, il commence à ressembler.
- Speaker #1
C'est une petite chute.
- Speaker #0
Vous ne saviez pas le sexe avant, du coup ? Vous ne l'aviez pas demandé ?
- Speaker #1
Je crois que non. Si, peut-être qu'on le savait. Peut-être qu'on a dû le savoir à une écho qu'on avait dû faire peut-être au quatrième mois. Peut-être que c'était une fille. Voilà.
- Speaker #0
Donc là, quand tu te réveilles en salle de réveil, c'est pas ce qui s'est passé en fait.
- Speaker #1
Je sais que j'ai donné naissance, que j'ai expulsé une petite fille, que j'ai fait une hémorragie. J'ai une sonde urinaire, je suis reliée de tous les côtés. Là aussi, je pense que c'est toujours blackout. Très peu de souvenirs, de sons. Et ce n'est que j'ai qu'une envie, c'est après sortir au plus vite de l'hôpital. Voilà, une fois que c'est fait.
- Speaker #0
Ça se passe comment la suite ? Tu restes combien de temps finalement à l'hôpital ? Ton corps aussi, parce qu'en fait, tu as accouché de cette petite fille. psychologiquement, j'imagine que c'est un... Enfin, je ne peux même pas imaginer, d'ailleurs, que c'est juste un choc. Et en même temps, ton corps, en plus, a fait une hémorragie.
- Speaker #1
Je suis très fatiguée. Je me souviens, j'ai qu'une envie, c'est sortir de l'hôpital. Mais à ce moment-là, ils viennent quand même... Alors, je vois une psychologue, forcément. Mais j'avoue que... Honnêtement, je n'aurais pas vu de psychologue, c'était pareil. Ça reste des phrases lambda, très basiques.
- Speaker #0
Et puis là, du coup, c'était le lendemain, le jour même.
- Speaker #1
Je n'avais pas envie d'en discuter avec une personne extérieure. Et il se pose la question, et c'est là que je regrette.
- Speaker #0
d'avoir été justement dans cette situation un peu de blackout ou de laisser aller, se pose la question de ce qu'on va faire du corps du bébé.
- Speaker #1
Et oui.
- Speaker #0
Donc là, on a plusieurs alternatives, il me semble. Mais j'ai l'impression qu'on ne m'en a proposé qu'une. En gros, il est incinéré à Nantes et ses cendres sont dispersées dans un cimetière pour enfants.
- Speaker #1
Ok. À Nantes, parce que tout ça s'était passé à Nantes ?
- Speaker #0
Non, je dis des bêtises. L'accouchement s'est passé à La Roche, mais on propose de faire ça à Nantes. C'est à Nantes que se fait la crémation. C'est à Nantes que peuvent se disperser les cendres, parce qu'il existe un cimetière pour enfants. Je crois qu'à l'époque, à La Roche, on n'avait encore pas le cimetière de la Péronnière, et je crois qu'on n'avait pas encore de cimetière pour enfants. Je crois que... Cette possibilité n'était pas possible sur la roche.
- Speaker #1
Donc si c'était ce choix-là, c'était forcément Nantes en fait ?
- Speaker #0
C'était forcément Nantes. Par contre, j'ai appris a posteriori, puisque c'est arrivé à une autre personne de ma belle famille, que j'aurais pu enterrer mon enfant, lui faire un petit cercueil, l'enterrer comme n'importe qui.
- Speaker #1
Oui, pas forcément faire le choix de l'incinérase là.
- Speaker #0
Et j'ai l'impression que cette option n'a pas été proposée.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ou alors peut-être qu'elle m'a été proposée et que... Vu mon état d'esprit, on s'est laissé guider au plus simple et voilà.
- Speaker #1
Parce que ça, du coup, c'est presque directement quand tu reviens en chambre, le jour suivant, tu dois prendre des décisions dès le lendemain. Oui, donc tu n'es pas encore en état d'avoir...
- Speaker #0
Non, non. Donc ça, je le regrette un peu parce que je me dis que... Parce que du coup, à Nantes, j'y suis allée, on n'y est allé qu'une fois, mais elle n'est allée se recueillir qu'une fois et dans l'année qui a suivi. Et on n'y est jamais retourné depuis. On n'en a pas ressenti le besoin. Mais je me dis que si son corps avait été à la roche, peut-être que ça m'aurait permis d'y aller plus facilement. Donc ça, c'est un petit regret.
- Speaker #1
On vous a présenté ce choix-là de l'incinération. Et ça se fait directement dans les jours suivants ? Enfin, toi, tu sors de l'hôpital ? Comment ça se...
- Speaker #0
Je pense, de mémoire, que le corps de l'enfant est envoyé à Nantes dans les 24-48 heures. Et moi, je sors aussi dans les 24-48 heures.
- Speaker #1
Ok, donc c'est hyper rapide.
- Speaker #0
Tout est très rapide. J'ai souvenir que cette semaine-là, il y avait une autre dame qui avait subi la même chose que moi, une IMG, et qu'ils envoyaient les deux corps en même temps à Nantes.
- Speaker #1
Ok. Parce que là, du coup, très factuellement, dans l'hôpital, tu es dans le service maternité ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Avec des femmes qui accouchent et qui ont leur bébé ?
- Speaker #0
Oui. Donc, je l'étais au début. Enfin, j'étais dans une chambre avec une autre personne au moment où on m'a appris qu'il fallait que je mette fin à la... Enfin, qu'il était préférable que je mette fin à la grossesse. Ok. je me suis retrouvée très vite dans une chambre seule. Parce que je pense que c'était très compliqué pour la personne à côté de moi de me voir pleurer et d'entendre...
- Speaker #1
Ah oui, c'était même pas pour toi, en fait.
- Speaker #0
C'est-à-dire que ma voisine de chambre, elle avait aussi une grossesse sans doute un petit peu à risque, mais qu'elle était... qu'elle entendait tout ce qui se passait pour moi et que... Sans doute, ça pouvait la stresser à un point. Donc très vite, ils m'ont mis dans une chambre toute seule.
- Speaker #1
Dans un sens comme de l'autre. En fait, c'est juste horrible de se dire, même toi, tu es enceinte et on t'apprend que tu dois mettre fin à ta grossesse à côté d'une femme qui est enceinte. Ou tu ne sais pas si ça se passe bien ou pas, mais on l'espère pour elle. Et que toi, on te dit, bah non, tu n'auras pas ce bébé. Et pour elle qui est encore enceinte, de se dire, mais ma voisine de chambre, on va lui enlever son bébé. fin. Dans les deux cas...
- Speaker #0
Oui, mais je ne le perçois pas... Peut-être que sur le coup, c'était comme ça, mais là, avec beaucoup d'années de recul, je me dis que je pense qu'ils ont fait ce choix-là parce que c'était plus compliqué pour elles que pour moi.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Moi, je pense que j'étais dans un tel état de... Je ne sais pas, pas de déni, mais de choc que je ne me rendais même pas compte de ce qui se passait à côté de moi.
- Speaker #1
Oui. Oui, tu étais enfermée dans ta bulle. En fait,
- Speaker #0
dans ma bulle. Je ne percevais même pas ce qu'il y avait à côté.
- Speaker #1
Ouais, mais en fait, même pour toi, peut-être que ça... Enfin, à ce moment-là, même si tu t'en souviens pas, je me dis... Waouh, enfin... À côté de toi, il y a une femme qui est enceinte et toi, on t'apprend que t'auras pas ton bébé. Ouais, on a divagué un peu. J'étais revenue très factuellement parce que ça m'intéressait justement de savoir comment ils te plaçaient dans une maternité ou pas, avec des femmes enceintes ou pas. Et à quel point ça peut être psychologiquement aussi hyper dur d'en rajouter un peu une couche à quelque chose qui est déjà... horrible.
- Speaker #0
Donc forcément, après l'accouchement, ils ne te remettent pas là non plus avec quelqu'un parce que là, ils savent pertinemment que ce serait une énorme souffrance pour toi qui as perdu ton bébé de te retrouver avec une femme qui a affûté,
- Speaker #1
qui a son bébé,
- Speaker #0
qui a accouché ou qu'on passe de l'aide. Là, du coup, je pense que le choix se fait de manière inévitable.
- Speaker #1
Oui, là, ils font attention.
- Speaker #0
Ils font attention.
- Speaker #1
Et donc là, du coup, ce que tu disais, il y a une femme qui a vécu la même chose que toi. sensiblement, en tout cas une IMG, au même moment. Et donc, c'est deux corps de bébés partenantes.
- Speaker #0
Pour être incinérées. Après, la dame, je ne sais pas ce qu'elle a fait. Mais en tout cas, les deux enfants, elle est incinérée à Nantes. Et oui, ce que j'ai oublié de dire, c'est que par contre, on a pu lui donner un prénom. Puisqu'elle a été considérée comme viable. C'est-à-dire qu'elle aurait pu, même si j'avais accouché, on va dire à partir de 5 mois, je crois que c'est 22 semaines d'aménorée et au-delà de 500 grammes de poids, un enfant est considéré comme viable et donc figure sur le livret de famille et donc peut avoir un prénom et un nom. Donc moi, je devais être peut-être 23 semaines d'aménorée. tout juste passé et elle pesait 550 grammes donc là c'est une vraie enfin c'est pas une fierté mais c'est un soulagement de se dire qu'elle est reconnue qu'elle a existé qu'elle a existé qu'elle est reconnue et qu'elle est sur le livret de famille est-ce
- Speaker #1
que tu veux dire son prénom ?
- Speaker #0
oui c'était Salomé Salomé voilà donc ça c'est c'est un soulagement c'est voilà de se dire ben oui j'ai eu un enfant quoi
- Speaker #1
Que ce soit reconnu que cet enfant-là a existé, qu'il a fait partie à un moment de votre famille. Et que ce n'est pas juste une histoire qui s'est passée juste dans vos têtes et qu'il n'y a rien matérialisé quelque part.
- Speaker #0
Exactement. Je sais que ça, c'était très important pour nous.
- Speaker #1
Oui, je comprends le côté matérialisé que cette naissance a eu lieu. En plus, tu as accouché par voix basse. Il y a quand même...
- Speaker #0
Oui, et puis c'était un enfant qui avait été hyper désiré. On s'était battu pour l'avoir avec les filles. Donc voilà, c'était quand même le résultat de quelque chose. C'était, voilà, on s'est battu. On a quand même mis au monde, on a eu notre enfant, quoi. Même s'il est décédé, on a eu notre enfant.
- Speaker #1
Vous avez eu cette petite fille. Oui, ça a été. Quand tout ça, ça s'est terminé, vous avez, je ne sais pas, préparé un enterrement ou c'est resté très... Très confidentielles entre vous deux.
- Speaker #0
On n'a rien fait, tous les deux. On a subi la perte. On a mené un dernier combat avec mon employeur. Ça aussi, c'est un fait très marquant. C'est qu'à partir du moment où l'enfant est noté sur le livret de famille et considéré viable, j'ai le droit au congé maternité comme n'importe quelle mère. Et mon employeur me le refusait. En me disant, mais non, votre enfant, il est décédé, vous n'avez pas le droit au congé maternité. Et donc, on avait beau lui expliquer que si, si, un enfant était, que mon enfant était considéré comme viable parce que j'avais dépassé les 22 semaines d'aménorée et qu'il faisait un poids supérieur à ce qui était légal. Il ne voulait rien savoir et il nous a demandé à retourner à l'hôpital, avoir un certificat médical des médecins qui m'avaient accouché. qui lui spécifiait que mon enfant aurait pu être né vivant. Donc ça, c'était très, très dur. Très, très compliqué. Autant pour moi que pour Philippe. On s'est battus une dernière fois pour faire reconnaître ça. Faire reconnaître mes droits de maman, en fait. Pour moi, c'était important de faire reconnaître mes droits de mère.
- Speaker #1
Et là, moi, je me dis juste... Même au-delà du légal ? Alors, c'est légal. Et en plus, même moralement ?
- Speaker #0
Non, mais aucune empathie, aucune psychologie. Enfin, c'était aberrant. C'était improbable comme situation.
- Speaker #1
Puis là, du coup, juste après la perte, ça a suivi directement ce combat-là. De devoir prouver que si, tu as le droit à ce que j'ai maternité là.
- Speaker #0
Et c'est là qu'on voit la méconnaissance que les gens ont de l'IMG. Parce que même, j'avais dû faire appel, je pense, je crois, à la médecin du travail. Parce que là, en l'occurrence, pour la personne qui nous avait demandé le certificat, c'était quelqu'un de très administratif. Très administratif, je n'ai pas d'autre mot. Et j'avais quand même demandé l'aide de la médecin du travail qui s'était trouvée totalement démunie aussi parce que je pense qu'elle avait eu une méconnaissance aussi du sujet et qu'elle avait été d'absolument aucune aide.
- Speaker #1
Ah oui, démunie dans ce sens-là.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Elle n'avait pas pu nous aider.
- Speaker #1
Donc s'il y a des femmes qui nous écoutent et qui vivent ça aujourd'hui, très concrètement, elles ont le droit à partir du moment où le bébé a été reconnu comme viable. inscrits sur le livret de famille, a priori, à avoir le droit au congé maternité, comme toute autre femme qui...
- Speaker #0
C'est ça, il y a vraiment cette notion de poids de l'enfant et de semaine d'aménorée. C'est ça qui détermine toute la viabilité de l'enfant et le fait qu'il soit reconnu, en fait.
- Speaker #1
Mais il espérait quoi derrière ton employeur ? Parce que de toute façon, j'imagine que tu n'étais pas apte non plus à reprendre directement le travail.
- Speaker #0
De toute façon, j'aurais été en arrêt maladie. Je n'aurais pas été en congé maternité, mais en arrêt maladie. Je ne sais pas. Honnêtement, je ne sais pas.
- Speaker #1
Parce que pour lui, ça ne changeait rien. Mais pour toi, ça permettait quand même de reconnaître ton statut de maman. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Je ne sais pas ce qu'a pu... Ce manque d'humanité, je me pose toujours la question. Je ne suis pas tombée sur le bon numéro.
- Speaker #1
Mais du coup, il a fini de faire par le verbe le reconnaître.
- Speaker #0
Il a le noir sur blanc que les médecins disaient que oui, oui, mon enfant... J'aurais pu accoucher d'un enfant né vivant. Mon mari et moi, on a même demandé de l'aide juridique pour avoir des textes de loi qui lui prouvaient, noir sur blanc, qu'au-delà de tel poids et de tel âge, il a fallu qu'on lui prouve. Il a fallu qu'on se batte ou qu'on continue à remuer un peu le couteau dans la plaie. Après l'accouchement, on aurait voulu... Un peu changer d'air, mais passer un peu à autre chose. En tout cas,
- Speaker #1
ne pas avoir à se battre pour reconnaître ce qui s'était passé. Après, tu as quand même eu ton congé maternité.
- Speaker #0
J'ai accouché en fait au mois de juillet. Et donc, j'ai dû reprendre le travail. C'est qu'en septembre ou en octobre.
- Speaker #1
Donc, assez rapidement. Et comment ça s'est passé ce congé maternité ? Est-ce que tu t'en rappelles ?
- Speaker #0
J'ai très... Si j'ai quelques souvenirs du premier mois, enfin en tout cas le mois de juillet, oui le premier mois où c'était très compliqué, même si je n'avais pas vu le bébé, même si je ne l'avais pas tenu, je ressentais un véritable manque physique. J'avais un manque physique. Je ne peux pas l'expliquer. Voilà, c'était comme ça. Et puis je vous rappelle qu'au mois d'août après, on est partis en vacances, ça a dû nous faire du bien. Et après, j'avoue que je n'ai pas trop de souvenirs. Je ne me cachais de rien. Ce n'était pas tabou pour moi. Je disais, j'ai perdu un enfant, j'ai accouché, j'ai perdu un enfant. Je ne me cachais pas. Ça a été plus compliqué pour mon mari. Je pense que j'ai digéré assez rapidement. En tout cas, c'est le souvenir que j'en ai. Mon mari a mis plusieurs mois pour s'en remettre. Parce qu'en plus,
- Speaker #1
une fois que vous l'aviez vécu, la grossesse avait été annoncée. Il fallait annoncer à l'entourage aussi.
- Speaker #0
Oui, il a fallu annoncer, même si on a dû le faire auprès de nos amis. Après, au niveau de la famille, je pense que mes parents s'en sont chargés. Mais c'est des choses dont on n'a pas assez peu parlé, en fait, après. Même si ce n'était pas tabou, mais on en a assez peu parlé.
- Speaker #1
Et vous en avez peu parlé ? parce que vous ne souhaitiez pas forcément en parler ou parce que les gens n'osaient peut-être pas en parler ?
- Speaker #0
Je pense les deux. Je pense que nous, on n'avait pas envie de s'étendre sur la chose. Et puis, je pense qu'effectivement, autant pour nous, ce n'était pas tabou, ça pouvait l'être sans doute peut-être pour les autres.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, c'est souvent quelque chose qu'on entend, même dans le cadre de fausses couches, que parfois les personnes aimeraient pouvoir en parler. plus librement, mais qui sentent presque un malaise chez les autres de se dire en fait je vais les plomber si je parle de ça, ils n'ont peut-être pas envie que je parle de l'enfant que j'ai perdu et de la peine que j'ai et du coup finalement t'en parles moins parce que aussi les autres c'est peut-être pas tabou pour toi mais c'est tabou pour les autres.
- Speaker #0
Effectivement. Voilà, et après on est parti sur d'autres projets.
- Speaker #1
Ok. Et je me posais une question, pareil, très factuelle et matérielle, mais tu disais au tout début que quand il y avait eu un petit peu de soulagement, vous avez commencé à préparer la chambre ou à acheter du matériel.
- Speaker #0
Alors, pas acheter du matériel, mais à imaginer en fait.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
On imaginait la couleur, quelle couleur ça pourrait être. Je pense que je regardais des catalogues de meubles, ce genre de choses. Ouais, on n'achetait pas encore.
- Speaker #1
Ok. La chambre n'était pas commencée ?
- Speaker #0
Non, non, on a bien...
- Speaker #1
Parce que je me demandais si ça avait été commencé, comment après...
- Speaker #0
Non, je crois que j'avais ça, je crois que j'avais rien. Non, je crois que j'avais rien acheté. Enfin, je suis quasi sûre, peut-être un petit pyjama et un corps, je suis sûre.
- Speaker #1
Sur toute cette période-là, à partir du moment où vous avez appris qu'il y avait des risques pour le bébé, qu'il ne soit pas viable et que ce choix a été fait de l'IMG, jusqu'à du coup la perte de ce bébé et puis même après. Toi, qu'est-ce qui t'a fait... Il y a deux questions en une. Qu'est-ce qui t'a fait du bien ? Qu'est-ce qui, parfois, a permis quand même de soulager peut-être un peu cette peine ? Ou qu'est-ce qui, au contraire, des fois, a augmenté cette peine ? Je ne sais pas, en fait, je me dis, s'il y a des femmes qui nous écoutent et qui vivent ça, quelles ont été pour toi les choses ressources et quelles ont été les choses dont tu t'es plus éloignée, qui ont pu te faire du mal ?
- Speaker #0
Moi, les choses ressources, ça a été que fille soit reconnue. Vraiment, que ma grossesse soit reconnue, que mon statut de mère soit reconnu. Que ma fille soit identifiée et reconnue. Ça, c'est vraiment ce qui m'a fait le plus de bien, en fait, dans cette épreuve. Et après, je sais que pendant un certain temps, ma meilleure amie était enceinte. Exactement en même temps que moi. Et j'ai mis un certain temps à pouvoir aller la voir. Alors moi, j'avais accouché au mois de juillet et elle a accouché au mois d'août.
- Speaker #1
Ah ouais,
- Speaker #0
juste après. Et j'ai mis un certain... autant pouvoir aller la voir et voir le bébé. Ça, c'est ce qui a été le plus dur pour moi, de voir que la vie pouvait continuer autour de moi avec des bébés, etc. Ça, c'était le plus compliqué. Après, j'ai passé le pas. J'ai dû aller accoucher en août, j'ai dû aller voir sa fille. Elle avait en octobre peut-être deux mois. J'ai mis deux, trois mois.
- Speaker #1
Oui, tu as eu besoin de mettre une distance. Et ton corps ?
- Speaker #0
C'est vitre mis.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Mon corps s'est vite remis. J'ai accouché au mois de juillet, c'était mi-juillet. Et dès le mois d'août, mes cycles ont repris. Je me suis remise assez rapidement. On va dire qu'il m'a fallu l'été pour me remettre physiquement.
- Speaker #1
Ok. Oui, donc ça a été assez vite au final au niveau de mon corps de retrouver un cycle. Du ventre, des seins, je ne sais pas. Il y a déjà des choses qui commençaient.
- Speaker #0
Oui, j'avais quand même commencé à prendre du poids, etc. Mais non, on va dire qu'en septembre, ce n'était ni vu ni connu physiquement. Oui, c'était autre chose. J'avais une aide, du coup, j'ai dû demander une aide psychologique.
- Speaker #1
Après, à partir de septembre, à la fin de ton congé maternité ou pendant ton congé maternité ?
- Speaker #0
Dès l'été. Dès l'été, j'ai pris des médicaments pour m'aider à tenir le cours. Et après, j'ai vu quelqu'un régulièrement.
- Speaker #1
Pour parler spécifiquement de ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ça t'a fait du bien, ça t'a permis d'avancer ?
- Speaker #0
Oui, oui, ça m'a permis de... Je pense que ça m'a fait du bien, ça m'a permis d'avancer en tout cas plus vite que mon mari, par exemple, qui lui avait tout intériorisé et...
- Speaker #1
Vous ne l'avez pas du tout.
- Speaker #0
De la même façon. Alors que moi, on va dire peut-être six mois. Je dis six mois comme ça parce que je n'ai plus trop de souvenirs. Mais en tout cas, ça a été beaucoup plus vite.
- Speaker #1
En ressources, c'est la reconnaissance de ce bébé et aussi l'aide psychologique qui t'a permis d'avancer sûrement plus rapidement que si tu avais été toute seule sur ce sujet, de pouvoir en parler et de mettre des mots dessus aussi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et tu disais du coup qu'après vous êtes partie sur d'autres projets ?
- Speaker #0
Oui, c'est très très long. Le projet suivant, ça a été, comme a priori c'était compliqué pour moi aussi d'avoir des enfants naturellement, on m'avait proposé de faire des filles avec dents d'ovule et c'était pour moi un veto. Je ne voulais pas, je ne voulais pas des ovules d'une autre personne, j'étais absolument pas prête.
- Speaker #1
Et ça, c'était combien de temps après l'accouchement de Salomé ? Ça a été très rapide pour vous de vous dire, on relance ce projet ? Ou vous avez eu besoin d'un ?
- Speaker #0
Non, on a eu besoin d'un. Je dirais que, ça c'était en 2004, je dirais... que dès 2005 ou 2006, on a commencé à penser à avoir un autre enfant.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Alors du coup, pas par voie naturelle.
- Speaker #1
Oui, ça de fait, c'était exclu.
- Speaker #0
C'était exclu. Si ce n'est faire une fille avec d'endovules, ce que je ne voulais pas. Je refusais de... Je ne sais pas pourquoi. Je refusais d'avoir les ovules d'une autre personne. J'ai fait un gros blocage là-dessus. Donc on s'est tournés naturellement vers l'adoption. L'adoption devenant de plus en plus compliquée, avec des délais d'attente extrêmement longs. Et chemin faisant, j'ai accepté l'idée de refaire une fille avec un don d'ovule. Ce qu'on a fait et ce qui a fonctionné.
- Speaker #1
Et donc aujourd'hui, vous avez une petite fille. Et aujourd'hui,
- Speaker #0
nous avons une fille qui a 14 ans.
- Speaker #1
Voilà. Finalement. Est-ce que vous en parlez avec elle de cette... de petite sœur qu'elle n'a pas connue ? Ou c'est pas quelque chose dont vous parlez ensemble ?
- Speaker #0
On lui en a parlé. On lui a dit, on lui a expliqué ce qui s'était passé. Après, on ne parle pas. On lui a expliqué une fois. Toutes les questions qu'elle nous pose, il n'y a pas de problème, on va lui répondre. Elle sait que son deuxième prénom, c'est Salomé. Donc, elle sait pourquoi. C'est un sujet dont on ne parle plus. On y pense tous les ans. Au mois de juillet, à la date fatidique, on a une petite pensée pour notre fille, mais c'est tout.
- Speaker #1
Oui, le temps a permis de guérir.
- Speaker #0
Le temps, bien sûr, et je pense l'arrivée de Thelma, on guérit tout ça.
- Speaker #1
Ok, mais du coup, Thelma sait que quelque part, elle a une grande soeur.
- Speaker #0
Elle sait qu'elle a une grande soeur.
- Speaker #1
Et que son deuxième prénom vient d'ici, voilà, ok. Merci beaucoup pour nous avoir raconté ton histoire. Est-ce que s'il y a une femme qui nous écoute aujourd'hui et qui traverse ça, qu'est-ce que tu aimerais lui dire ? Est-ce qu'il y a des choses que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #0
Alors ça va paraître un peu désuet parce que je sais que quand on traverse ces périodes-là, on n'est pas prête à entendre ce genre de choses. Mais je pense qu'il faut garder espoir et que... effectivement, c'est une tragédie et une épreuve de perdre un enfant, mais que ça n'empêchera pas une autre grossesse, surtout pas, et que le temps permettra d'effacer un peu la douleur.
- Speaker #1
Eh bien, merci beaucoup, Lauriane. Ton épisode est terminé. Merci infiniment, Lauriane, pour ton courage et ta générosité dont tu as fait preuve en partageant ton histoire. Ton histoire souligne une fois de plus la nécessité de maintenir et de défendre fermement le droit de choisir, que ce soit l'IVG ou l'IMG, et surtout d'assurer un accompagnement digne, humain et sans jugement pour toutes les femmes qui traversent ces épreuves. Alors si ce témoignage vous a touché, ou si vous êtes vous-même concerné, sachez que vous n'êtes pas seul, n'hésitez pas à vous tourner vers les associations spécialisées. Si cet épisode vous a touché, n'hésitez pas à le partager, à en parler autour de vous, ou à me laisser un message. Je vous invite aussi à vous abonner sur votre plateforme de podcast favorite, à mettre 5 étoiles, ça aide au référencement et à la visibilité du podcast. Si vous souhaitez avoir plus de contenu, vous pouvez vous abonner à ma page Instagram merci.simone.podcast en attendant le prochain épisode. Merci Simone !