- Speaker #0
Bienvenue dans Merci Simone, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui font vivre un droit fondamental, celui de choisir. On parle d'IVG, sans tabou, sans jugement, avec du vécu de l'expertise et surtout de la bienveillance. Ici vous entendrez des femmes, celles qui l'ont vécu, celles et ceux qui accompagnent ces femmes, des professionnels de santé, pour soutenir, informer et briser le silence. Merci Simone c'est aussi un hommage à Simone Veil bien sûr, mais aussi à Simone de Beauvoir. A toutes celles qui se sont battues et qui se battent encore pour que l'IVG reste un droit, un droit accessible, sûr et respecté. Aujourd'hui, je reçois Sarah. Sarah, elle avait 15 ans quand elle a appris qu'elle était enceinte. L'avortement par médicament n'était plus possible, alors elle a dû passer par une aspiration. A cet âge-là, pour elle, il était impensable que ses parents soient au courant. Et pourtant, son secret s'est ébrouté. Pas auprès de sa famille, mais au lycée. Entre MSN, les skyblogs et les rumeurs, le harcèlement a dépassé les murs de l'école. Alors les réseaux sociaux à cette époque-là n'existaient pas, et pourtant. Et pourtant son ex a appris la grossesse. Elle avait fait pourtant jurer à une de ses amies de ne pas lui en parler. Alors elle a été jugée, étiquetée, elle a traversé tout ça presque toute seule. Avec Sarah, on parle bien sûr de son avartement, mais aussi de la place des hommes dans cette décision,
- Speaker #1
du silence qui est parfois transmis de génération en génération, et on parle pour une fois, et surtout, de l'après. De l'après cette période dont on parle si peu. Enchantée
- Speaker #0
Sarah, merci de venir au micro, merci Simone. Ce que je te propose pour commencer, c'est que tu puisses te présenter, nous dire qui tu es, quel âge tu as et les choses que tu veux que l'on sache de toi avant de démarrer ton histoire.
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Sarah, j'ai 36 ans. Ce que j'aimerais qu'on sache de moi, c'est que je suis quelqu'un d'assez simple, curieux et puis toujours... un peu à l'affût de découvrir de nouvelles choses. Mais bon, ça, c'est un peu aussi en lien avec ma curiosité. J'aime beaucoup lire les musées. Je suis assez passionnée de culture et j'adore les animaux, la nature. Et là, je suis en reconversion professionnelle dans le secteur de la documentation.
- Speaker #0
OK, donc en lien aussi avec la culture.
- Speaker #1
Ouais, il y a des similitudes.
- Speaker #0
Bon alors, du coup, on va commencer à rentrer doucement dans ton histoire. Donc moi ce qui m'intéresserait c'est Avant même de parler de ce qui s'est passé Que tu nous donnes justement le contexte De ton histoire Dans quelle famille tu as grandi Sur le sujet de tout ce qui était Sexualité, avortement Est-ce que c'était tabou ? Est-ce que c'était évoqué ? Comment ça s'est passé dans ta famille Quand tu étais adolescente globalement ? Est-ce que c'était un sujet ou au contraire pas du tout ?
- Speaker #1
En vrai c'était plutôt un non-sujet. Parce que j'avais conscience qu'il y avait une sexualité, en tout cas par le biais de la culture, de la pop-culture, du collège aussi. Mais dans ma famille, c'était pas forcément abordé. Il y avait des personnes qui étaient plutôt contre d'évoquer ce sujet, d'autres qui ne l'évoquaient pas, d'autres qui l'évoquaient trop. Donc, j'ai un peu grandi dans cet environnement-là. Petite, on m'a diagnostiqué un dérèglement hormonal qui a duré une dizaine d'années. Tu vois, j'avais une puberté précoce. Il y avait déjà cette gestion-là de mes parents, tu vois, sur ce dérèglement. Donc, dans ma famille, c'était plutôt un non-sujet. Je ne sais pas si c'était réellement tabou, pour être honnête. J'ai l'impression que, en fait, mes parents, et ça, je l'ai su à posteriori, qu'ils pensent. c'est de moi que j'étais plus instruite là-dessus, que j'allais m'instruire toute seule. Donc, sur l'instruction, il y avait un peu de mal à évoquer ces sujets.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
voilà. L'adolescence, ça s'est un peu passé comme ça. Et le deuxième point qui me semble aussi important par rapport au récit, c'est que, partir du lycée, j'ai complètement changé. Je suis partie de cette ville où j'ai fait toute ma scolarité et je suis allée dans un lycée où je ne connaissais absolument personne. Et en fait, en ne connaissant personne, j'ai dû un peu apprendre aussi à me faire des amis, à me faire connaître. Et j'étais aussi dans une période assez difficile psychologiquement. J'ai eu des phases dépressives. Et ce qui fait que quand je suis rentrée au lycée, mon objectif, c'est un peu bizarre de dire ça comme ça, mais j'avais un peu cet objectif, je voulais plaire. Ça m'a semblé plus facile de plaire quand j'étais au lycée, vu que je ne connaissais personne.
- Speaker #0
Donc ça, du coup, c'est le début de l'histoire, le contexte. Et sur le contexte du coup du moment où tu as appris que tu étais enceinte, quel âge tu avais et qui tu étais à ce moment-là ? Quelle jeune fille tu étais à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors moi, j'avais 15 ans et j'étais une jeune fille mais complètement perdue. C'était vraiment, enfin j'étais dans une période rebelle on va dire, mais dans mes années de collège, tu vois. physiquement, je sortais un peu de l'ingratitude, on va dire. Tu vois, je n'avais plus mon appareil denté, tout ça. Et je me suis dit, ah, enfin, je vais pouvoir avoir un copain. Tu vois, c'était un peu mon objectif, sans me rendre compte, tu vois, de tout ce que ça englobait. Je me suis dit, ah, il faut que j'ai quelqu'un, tu vois. Et du coup, quand c'est arrivé, quand je suis arrivée au lycée, dans ma classe, il y avait un mec qui ne me plaisait pas plus que ça, mais il était un peu plus âgé que moi. Il avait déjà eu une relation auparavant. Et... Donc, en plus, on habitait dans le même village. Donc, on s'est rapprochés. Et au bout de deux semaines, j'ai fait ma première fois avec lui. On s'est protégés lors de cette première fois. Mais après, moins. Et en fait, il y avait une espèce de zone grise entre qu'est-ce qu'on fait, tu vois, de notre protection, tu vois, de notre contraception. Qu'est-ce qu'on en fait ? Moi, je ne savais pas du tout. Je n'en ai absolument pas parlé à mes parents. puisque déjà c'était vraiment comme je te disais un autre sujet donc au bout de quelques semaines un peu comme le discours de Nora tu vois tu te dis en fait tu penses pas que tu vas tomber enceinte moi je pensais pas parce qu'à ce moment là tu as 15 ans donc que t'as...
- Speaker #0
peu d'informations. Je ne sais pas si à ce moment-là, au collège, avant, tu as eu des informations sur l'éducation sexuelle et à la vie affective ou pas du tout. Oui, c'est ça. Quand ça arrive, finalement, tu manques clairement d'informations et de ce qui peut se passer si tu ne te protèges pas, même au-delà de tomber enceinte sur tout ce qui va être IST ou tout ça. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et puis même les représentations que tu as quand tu vois dans la culture, la pop culture, elles sont biaisées, parce qu'on ne parle pas de tous ces sujets-là. Donc moi, j'avais un peu cette représentation-là. Ma mère, dans mes souvenirs, ne m'en a pas du tout... Enfin voilà, elle ne m'en parlait pas. Et donc en gros, je sors avec lui, mais j'ai bien senti que je n'ai pas réellement de sentiments pour lui. C'est ma première fois, c'est mon premier vrai copain. Et puis au bout de deux mois... je tombe amoureuse d'un autre garçon. Donc, je me dis, bon, je vais, enfin, voilà, je me rapproche de ce garçon, on se plaît, donc je me dis, bon, voilà, je ne suis pas du tout attirée par mon copain, autant arrêter. Et puis, en fait, je me mets très rapidement avec l'autre garçon, donc déjà, ça commence à faire jaser. Et, en fait, je me rends compte que je n'ai pas mes règles. Mais je me dis, bon... Ce n'est pas grave, j'ai un retard. Bon, ce n'est peut-être pas très grave. Mais il y avait quand même des symptômes, c'est assez paradoxal. J'avais l'impression de le savoir sans le savoir. J'avais la poitrine gonflée, j'avais le bas du ventre aussi qui commençait à gonfler. J'avais des envies aussi, genre de pain au chocolat. C'était très prégnant,
- Speaker #0
tu vois. Tu disais un dérèglement hormonal. Est-ce qu'à un moment donné, du coup... Tu t'as mis ça un peu sur le dos du dérèglement hormonal en disant, ça se trouve, c'est ça, c'est normal si je n'ai pas mes règles ?
- Speaker #1
Pas du tout. Alors, jamais. Non, non, je n'ai pas du tout mis là-dessus. Je me suis juste dit, bon, c'est juste un retard, tu vois. Je me suis vraiment pensée, bon, ça peut arriver parce que j'avais des règles plutôt pas irrégulières. Mais des fois, il y avait des délais un petit peu longs. Donc, je me disais, bon, ça peut arriver, ce n'est pas grave, c'est le stress. Je suis dans un nouveau lycée, tu vois. Et les symptômes,
- Speaker #0
par contre, de grossesse, tu les connaissais peut-être par la pop culture ou tu avais déjà entendu des personnes parler des symptômes de grossesse. Donc ça, tu les identifiais un peu, ça t'allumait quand même cette petite ampoule dans ta tête.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Je me disais, bon, il y a quand même des trucs un peu bizarres. Et puis, je prends la décision d'aller voir l'infirmière scolaire. On lui dit, non, je n'ai pas mes règles et tout. Puis là, elle me le dit un peu cash. Bon, on va peut-être faire un test de grossesse. Tu vois, là, mes souvenirs sont un peu plus flous. on en fait un je ne sais plus s'il est positif ou pas J'ai un gros doute. Mais elle me conseille quand même d'aller au planning familial. Et c'est au planning familial de Madville où là, je leur explique la situation. Et on me dit, faites une prise de sang. Donc, je fais une prise de sang. Et je m'en souviens que quand j'ai fait la prise de sang, le jour de récupération du résultat, je ne comprends pas très bien. En fait, je vois la chose et je me dis, non, non, non, il faut que... Je vois qu'il y a un truc et je demande à la personne de l'accueil, en fait, qu'est-ce qu'il en est ? Vous pouvez me lire les résultats ? Ah ben, vous êtes enceinte de, je ne sais plus combien de semaines, tu vois, genre six semaines, sept semaines. Et là, je me décompose. Littéralement, je fais OK.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, tu l'as lu, tu as sûrement lu positif et tu t'es dit oui, non, enfin… Dites-le moi,
- Speaker #1
parce que là... Oui, c'est ça, je voulais vraiment que ce soit factuel. Dites-le moi, je pars au planning et je me souviens, ce jour-là, il pleuvait des cordes, mais vraiment des cordes. J'ai chialé comme pas possible. Je remontais, en plus il y avait une longue route un peu en... Tu vois qu'il y a une longue côte pour aller jusqu'au planning. J'arrive, j'en parle avec la gynéco, elle me dit « Là, en gros, c'est trop tard pour une IVG médicamenteuse, en fait. » Parce que le délai était passé.
- Speaker #0
Mais là, du coup, elle te parle directement d'IVG. Toi, à ce moment-là, tu te dis quoi ? Tu te dis « Ce n'est pas possible que je sois enceinte, il faut que j'avorte. » Ou tu te dis « Je peux le garder. » Qu'est-ce que tu te dis dans ta tête ? Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
- Speaker #1
À ce moment-là, l'IVG s'est venue direct. Je ne me suis même pas posé la question. Il faut le faire. Je ne m'imagine pas enceinte, ni le garder à 15 ans, en plus dans une situation amoureuse qui était irrégulière, même personnelle. Je ne me sentais absolument pas prête émotionnellement. Et puis, je n'étais pas suffisamment mature pour le garder. Et du coup, on programme. on programme l'IVG par aspiration, dans un hôpital pas loin de chez moi, mais il faut trouver quelqu'un, quelqu'un de majeur. Et oui, là, c'est ce que j'allais dire,
- Speaker #0
le planning, ils te disent tout ça. Et à quel moment ils te disent, mais par contre, vous êtes mineure, on ne va pas faire ça comme ça.
- Speaker #1
Oui, voilà, ça, tu vois, ils me le disent aussi dans le discours. Et du coup, je me dis, oh là là, déjà, il faut programmer ça. plus trouver quelqu'un, en sachant que j'en ai absolument pas parlé à mes parents. Des adultes, alors l'infirmière de l'école, je pouvais pas la solliciter vu qu'elle bossait, tu vois. Donc là, par chance, mais je ne sais pas comment, il y a en fait un des anciens amis de mon ex avec qui je m'étais rapprochée, mais il ne m'appréciait pas tellement. C'est trop bizarre parce qu'il ne m'appréciait pas vraiment. sa mère a accepté de m'aider.
- Speaker #0
Ok, donc ça veut dire que là, à ce moment-là, tu commences à en parler autour de toi quand le planning te dit « Par contre, Sarah, il faut quelqu'un de majeur. » Là, tu te dis « Ok, il faut que j'en parle à quelqu'un. » Tu te dis « J'en parle pas à mes parents. » Et qui, justement, tu vas aller solliciter ? À qui tu vas aller en parler pour que ça arrive jusqu'à la maman de cette amie, de cet ex ?
- Speaker #1
Je pense que j'en ai parlé à l'infirmière scolaire. Et qui a dû, à cette époque, me suggérer de voir quelqu'un, tu vois, d'essayer de solliciter dans mon entourage. Donc, c'était très, très compliqué. Et puis, en fait, bizarrement, ce garçon, enfin, la mère de ce garçon que je ne connaissais pas plus que ça, lui, en tout cas, n'appréciait pas du tout mon ex. Donc, quelque part, c'était un peu un prétexte. Tu vois, il s'est dit, oh là là, bon, je vais l'aider, la pauvre. C'est encore une victime de ce gars-là. Je pense que c'est aussi un peu dans cette démarche-là. Et ça s'est fait naturellement. Et après, on est devenus amies, lui et moi.
- Speaker #0
Et tu en as parlé à ton ex ? Ton ex, il est tout courant ? Ou tu t'es dit, je ne lui en parle pas ?
- Speaker #1
Après, parce que je m'en suis beaucoup voulue. Et en fait, j'en avais parlé aussi. Et ça, je pense que ça a beaucoup joué. C'est que j'en ai parlé à une de mes copines de classe. qui était très proche de mon nouveau copain, tu vois. Je lui ai dit, écoute, je suis désolée, je ne vais pas être là, mais surtout, tu n'en parles pas à Pierre. Je l'ai appelé Pierre, mon nouveau copain. Sauf qu'elle n'a pas tenu sa langue. Voilà. Et en fait, mon Pierre m'en a énormément voulu.
- Speaker #0
Ok. Ouais, donc là, enfin moi, c'est toujours ça que j'imagine aussi. C'est à cet âge un peu ingrat, comment ça se passe pour la jeune fille que t'es quand ça commence à se savoir du coup ? Est-ce que ça s'ébruite ? Est-ce que du coup, là, il se passe des choses pour toi ? Enfin moi, j'arrive même pas à imaginer en fait euh La moi du collège, lycée, s'il se passait ça, je me dis mais on est tous cons à cet âge-là. C'est tellement l'âge ingrat. Donc toi, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que ça s'ébruite déjà ? Et comment ça se passe pour toi ?
- Speaker #1
En fait, ça s'ébruite parce que je ne sais pas comment ça s'est ébruté, mais ça s'est ébruté. Je pense que j'étais un peu une proie facile. Je ne me suis pas forcément bien comportée au lycée sur certains points parce que je voulais me faire apprécier. J'avais des comportements qui étaient problématiques. Je m'en rends compte avec le recul, avec toute l'éducation féministe que j'ai maintenant. Je pense que ça ne méritait pas d'être éburité non plus. Et ça ne méritait pas que mon nouveau copain soit en colère parce que je n'ai pas dit... Pour moi, c'était un secret. Ça me faisait honte. Et en fait, mon copain, mon ex-copain, l'a appris de cette manière. Voilà. Et il m'a dit, il m'a appelée. Et il m'a dit, mais Sarah, pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Et je lui ai dit, écoute, déjà, je t'avais larguée pour un autre mec. Tu étais presque au bout de ta vie. Donc, je ne vais pas te parler de ça, en fait. J'avais trop honte. Je ne pouvais pas, je n'arrivais pas à le dire. Je pense qu'il ne m'en a pas voulu du tout, mais c'était compliqué pour moi. Et en fait, ça s'est quand même pas mal ébruté au sein du lycée. Ouais,
- Speaker #0
donc à ce moment-là, ce qui prédomine, c'est le sentiment de honte de ne pas vouloir en parler. Sauf qu'en fait, l'information, tu n'arrives pas du tout à la gérer. Elle passe d'oreille en oreille, de bouche en bouche, de chacun qui partage cette information qui te concerne toi et que tu voulais garder sûrement entre toi et toi.
- Speaker #1
Bien sûr. Et puis, ça légitimait un peu cette impression qu'on avait de moi, genre de fille facile, alors ce qui n'était pas tout à fait vrai. C'est pour ça que je l'ai cachée aussi, parce que je me suis dit, ah ouais, d'accord, en fait. C'est bon, je vais m'en prendre plein la gueule parce que j'ai couché avec un mec pour ma première fois à 15 ans et qu'on ne s'est pas bien protégé à tous les coups et que je suis tombée enceinte et que je ne l'aimais pas, donc je le largue, je sors avec un autre gars avec qui je n'ai eu aucun rapport. Mais voilà, tu vois, ça légitimait tout ça aussi. Et ça me faisait peur. Et puis on était dans une... Je pense que tu as connu ça aussi, tu vois, dans les années 2000. Les a priori sexistes qu'on avait vis-à-vis des filles, ils étaient quand même bien marqués. Ils le sont toujours, mais...
- Speaker #0
C'était hard, ouais. Il y a effectivement un a priori hyper sexiste de... Faut plaire, mais pas trop, parce que si tu plais trop, après, t'es la fille facile. Donc, il y a des limites à trouver sur ça. Et c'est hyper jugeant. Et jugeant pas que par les garçons, même par les filles qui sont hyper dures entre elles. le côté entre filles, on est hyper durs entre nous, il n'y a aucune sororité.
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
Mais pas encore passer par là.
- Speaker #1
Non, mais ouais, tu vois, ça me fait mal, parce que moi aussi, tu vois, j'ai contribué à ça. Et maintenant, en y repensant, je me dis, oh punaise, mais quand même, ça m'embête, ça m'embête vraiment. Après, c'est passé, c'est passé, et bien évidemment, on évolue, on change. À 15 ans, ce n'était pas le cas. Et puis, bien sûr, tu es dans un lycée avec personne que tu connais. Et puis, c'est l'époque aussi de tout. Maintenant, ça n'existe plus, mais genre les skyblog et tout.
- Speaker #0
Ah ouais !
- Speaker #1
Là, ça te pousse à l'harcèlement. Ça te pousse au cyberharcèlement. Il y avait des trucs violents. Moi, je me suis retrouvée. Et je pense que c'était un peu après cette période. Tu en avais pris une photo de moi. Je ne sais pas forcément à mon avantage. Et il y a un mec qui m'a dézingué sur son blog.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on dit beaucoup, oui, à l'époque, il n'y avait pas les réseaux sociaux, etc. Alors quand même, pour ceux qui sont plus jeunes, s'il y en a qui écoutent et qui ne connaissent pas le Skyblog, ça vient de la radio Skyrock. Et ils avaient des blogs qu'on avait tous et toutes quand on était au collège et au lycée. où on avait chacun un blog individuel, où on postait des trucs vraiment pas intéressants, mais sur notre vie quotidienne, ce qui était globalement les réseaux sociaux. Et en plus, c'était toujours agrémenté d'une jolie photo. Et chacun pouvait commenter et devenir le blog star. Donc c'était quand même les prémices des réseaux sociaux, couplées avec MSN.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
et avec aimer. Et du coup, il y avait quand même des prémices de réseaux sociaux où le harcèlement pouvait déjà sortir de la cour du lycée ou du collège. Donc toi, c'est ce qui s'est passé du coup à ce moment-là. Il y a eu du harcèlement, très clairement, de ce que tu dis, de garçons qui ont publié une photo de toi.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc là, à ce moment-là, tu viens d'arriver dans ce lycée. Le contexte, c'est tout ça. Il se passe tout ça. T'apprends que t'es enceinte. L'information circule dans le lycée. Et en même temps, tu dois gérer le fait qu'il faut passer à l'action aussi, puisque tu as envie très clairement d'avorter.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Donc là,
- Speaker #0
tu te mets en contact avec cette maman qui va t'aider ?
- Speaker #1
Oui. Et le jour où on va à l'hôpital, c'est elle qui m'emmène. Donc, j'avais... Normalement, tu as le droit à une journée. Enfin, tu es dispensé. Tu sais, quand tu fais un avortement mineur, tu es dispensé pendant une journée au lycée. Donc, j'ai été dispensé. Et on va à l'hôpital. Et on va m'emmèner à l'hôpital. Et là, se passe la fameuse journée que je n'oublierai jamais de ma vie, je pense.
- Speaker #0
Donc là, du coup, comment ça se passe ? Déjà, dans l'hôpital. Parce que ça dépend très clairement des villes. Est-ce que la partie orthogénie est liée à la partie maternité ou c'est un environnement un petit peu séparé ? Comment t'es accueilli ? Est-ce que t'arrives à te rappeler un petit peu de tout ça ?
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas eu ce sentiment d'avoir été mal accueilli. En revanche, la manière dont c'est passé et s'est déroulé toute la journée, c'était quand même assez marquant. Déjà, en premier, quand j'arrive dans la chambre, et qu'on veut me mettre la perf, je n'ai pas des veines très saillantes. Et du coup, on a du mal à me piquer. Et il y a je ne sais pas combien d'infirmières qui arrivent et qui essaient de me piquer. Impossible de me piquer. Donc, la perf se finit sur ma main. Ça m'a fait un mal de chien. Donc, je vais au bloc. Après, on m'emmène au bloc avec ma perf sur la main. On me dit, bon, on va vous endormir. On vous met un liquide. Donc, je me souviens très bien de ce liquide blanc un peu... un peu lactique. Tu sens en plus quand il rentre dans ta veine. Et puis là, je m'endors. Je pense que ça ne dure pas longtemps en plus, les IVG par aspiration. Je crois que c'est une quinzaine de minutes.
- Speaker #0
C'est ça. C'est 15 minutes. C'est rapide.
- Speaker #1
C'est super rapide. Et je me réveille et là, je regarde mon vagin, tu vois, et je vois une mare de sang. Déjà, ça commence... Voilà, c'est un peu... Ça fait très film d'horreur, mais je vois une mare de sang. On me ramène dans la chambre. Je ne sais plus trop ce qu'on m'explique, mais tu vois, je me rhabille.
- Speaker #0
Le médecin vient te parler à ce moment-là ? Il te dit...
- Speaker #1
Ouais. Donc là, la mère de mon pote me raccompagne chez moi. Et puis le soir, tu vois, même ça, je pense que j'étais un peu groguée, un peu fatiguée et tout. Je dors. Alors, ça n'a pas du tout éveillé les soupçons de mes parents.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'allais demander. Et tes parents, dans tout ça, sur cette journée, parce que j'imagine que tu as dû partir un peu tôt pour l'hôpital. Le soir, tu rentres à côté de tes pompes, j'imagine. Ils se sont doutés de rien. Tu as réussi à donner le change.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. En plus, c'était un peu compliqué avec mes parents. Donc, bon, tu vois, ça ne changeait pas. Si j'étais de mauvaise humeur et tout, ça ne changeait pas grand-chose.
- Speaker #0
Et le rôle de cette maman qui, du coup, ne dit rien à tes parents.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Ouais, et ça, je trouve ça hyper chouette de me dire qu'il y a des femmes comme ça qui prennent ce rôle de référente et qui tiennent leur parole d'accompagner des jeunes femmes sans le dire aux parents. Ouais, c'est fort ce qu'elle a fait cette femme pour toi à ce moment-là.
- Speaker #1
Ouais, complètement. Mais ça, c'est vrai que je lui en serais toujours reconnaissante, tu vois. Même mon pote, je leur dis à chaque fois, je fais moi, il m'a sauvé la vie, en fait.
- Speaker #0
Ouais, très clairement. Enfin, ça part quand même de ce garçon qu'à cet âge-là, qu'il ait eu la conscience d'en parler à sa mère pour lui demander d'être présente pour toi. C'est beau quand même dans ton histoire, cette aide-là que tu as pu recevoir en expérience de ta famille.
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est clair. Et je crois qu'en plus, le lendemain, je ne sais pas si j'étais... Je suis allée au lycée, parce que c'était un peu avant les vacances de Noël. Le retour à la réalité a été hardcore. Parce que je me suis faite engueuler par mon copain, par ce Pierre. Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Et puis ma pote, en fait, je lui ai dit, mais pourquoi tu me l'as dit ? Pourquoi ? Non ! Donc, du coup,
- Speaker #0
tu dois gérer. Alors, moi, c'est toujours ça que je trouve flou. En fonction de l'âge qu'on a, le retour le lendemain, soit au collège, au lycée, au travail, et devoir gérer son corps le lendemain d'un avortement, en faisant comme si de rien n'était aux yeux de la société. Et toi, en plus de ça, à ce moment-là, tu reviens au lycée avec la gestion de tous les ragots sur toi et ton copain qui n'est pas content de ne pas avoir été au courant.
- Speaker #1
donc Oui, ça a été assez violent. Ça a été hyper violent psychologiquement. Puis j'ai essayé de m'en remettre aussi, tu vois. Je pense que je suis allée voir l'infirmière forcément, tu vois, pour lui dire comment ça s'était passé. Et puis tu as un rendez-vous qui est programmé avec le planning aussi à posteriori pour mettre en place, en tout cas la mise en place d'une contraception. Et donc, bon, il y a ça avec mon copain. Enfin, ça a créé de la distance. Ça a joué sur notre relation. Donc, il y a les vacances de Noël qui arrivent. Ça se tasse plus ou moins. Enfin, oui et non, tu vois, ça commence à se tasser. En parallèle aussi, au moment où j'étais enceinte, j'avais parlé à une pote de pote d'une envie que j'avais. Elle me dit, non, mais là, je pense que t'es enceinte. Comme ça. cash. Tu vois, moi, j'étais là.
- Speaker #0
Et à ce moment-là, toi, t'avais déjà fait le test ou pas ?
- Speaker #1
Je crois pas. Je crois pas. Je crois que je l'avais pas fait. Et en fait, j'ai appris que cette pote de pote, elle, elle est tombée enceinte, mais elle est tombée enceinte à l'âge de 13 ans. Ça m'a... Waouh ! En plus, ça a été vraiment d'une maturité exceptionnelle pour son âge. Elle était un peu plus jeune que... Enfin, attends. Et donc, on s'est rapprochées, elle et moi, et je lui ai parlé à posteriori, tu vois, de... de l'avortement et tout. Et puis, elle m'a raconté aussi son histoire. Et ouais, elle m'a dit à 13 ans qu'elle s'était fait avorter et tout. Et tu vois, c'était un peu une personne ressource aussi parce que j'avais pas...
- Speaker #0
Wow, c'est hyper chouette à votre âge, à ce moment-là, d'avoir pu en parler entre vous.
- Speaker #1
C'est ça. Ouais. Je pense qu'il y a des signes un peu du destin qui, tu vois, entre elle qui m'en parle, la mère de mon pote et tout. Tu vois, il y a eu... plusieurs choses comme ça qui se sont mises sur mon chemin et il fallait qu'elles soient là en fait pour me guider et pour m'aider à aller mieux. Je passe les vacances de Noël chez ma grand-mère. Je crois qu'une fois je vais aux toilettes et là je perds un caillot de sang. Ça m'a... J'en ai eu des frissons tellement je ne m'attendais pas à ça. Je ne savais pas ce que c'était. Je me suis dit mais qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est que ce caillot de sang ? Mes règles, je ne savais pas trop ce que c'était. Bref, passe Noël. Ma grand-mère n'en savait absolument rien et je ne pouvais rien dire. Je tire la chasse des toilettes.
- Speaker #0
Je fais comme si dans une ville toute seule. Tu essayes de cacher au maximum.
- Speaker #1
Après, quand j'ai rendez-vous avec le planning, on me dit de prendre une contraception. C'est ce que je fais. Est-ce qu'à ce moment-là, ils m'ont proposé d'aller voir un psy ? Je ne sais pas, mais j'allais déjà voir ma mère m'emmener voir des psychologues du CMP, mais pas pour les mêmes raisons.
- Speaker #0
Tu n'en parles pas à ce moment-là avec les psychologues du CMP ?
- Speaker #1
Non, je n'arrivais pas à en parler. En fait, la manière dont je parlais après, comment j'ai vécu à posteriori de l'avortement, ce qui est très bizarre, et je pense que c'était une manière de me protéger aussi, c'est que je rigolais de mon trauma. Tu vois, je disais, ah bah moi, presque à des inconnus. Genre, ah bah tiens, moi, je me suis faite avorter. Tu vois, genre normal. Alors que ce n'est pas drôle, enfin. Mais parce que je ne savais absolument pas le gérer. Tout ce qui m'est arrivé, allez, je vous sers ça sur un plateau d'argent. Voilà, comme ça, on ne peut plus m'attendre.
- Speaker #0
Et le planning familial, quand même, tu les revois aussi pour faire une échographie et t'assurer que... L'avortement s'est bien passé, qu'il n'y a plus rien, ou tu refais une prise de sang. Est-ce que tu as ce moment quand même où tu t'inquiètes de savoir s'il n'y a plus rien et si du coup il y a cette validation-là que tout est bien OK et que l'avortement a fonctionné ?
- Speaker #1
Écoute, la validation, oui, mais alors comment elle s'est faite ? Je ne suis pas sûre que ça s'est fait par une prise de son, plutôt par un écho.
- Speaker #0
Oui. Plutôt par une écho. Et puis, quand j'ai eu mes règles...
- Speaker #1
Oui, ça a confirmé de fait...
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Exactement. Ça a confirmé de fait le fait que je n'étais plus enceinte, tu vois. Puis, je n'étais pas informée. J'avais... Enfin, j'étais mal informée ou peu informée. Je ne me souviens pas du médecin, tu vois, à l'hôpital, qui me disait, bon, vous allez perdre un caillot de sang. Peut-être qu'il me l'a dit, mais peut-être que, tu vois, ma mémoire a été trop sélective pour l'oublier.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe après psychologiquement et physiquement ? Et à quel point c'est important aussi de soigner cette étape-là pour la continuité après, même de sa vie sexuelle, de sa vie à soi, santé mentale, etc. Et toi, du coup, qu'est-ce qui s'est passé justement sur ce
- Speaker #0
« après » ? Et petite pause rapide. J'espère que l'épisode vous plaît autant que j'ai aimé le préparer. Et si c'est le cas, prenez juste deux secondes pour vous abonner à ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée.
- Speaker #1
et éventuellement mettre 5 étoiles si le cœur vous en dit. Mais surtout, partagez cet épisode avec quelqu'un qui pourrait être intéressé. C'est la meilleure façon de m'aider à faire grandir cette communauté. Et si vous voulez aller encore plus loin, venez me rejoindre sur Instagram merci.simone.podcast. Je vous laisse tout de suite avec la suite de l'épisode.
- Speaker #0
Je pense que c'est un des événements, si ce n'est l'événement le plus traumatisant que j'ai vécu dans ma vie. Même... Après, tu vois, après l'IVG, je me rends compte que je n'étais pas bien protégée. Mais littéralement, que ce soit de moi-même et des hommes, c'est que la relation d'après, enfin, le rapport d'après que j'ai eu avec un homme, ce n'était même pas un garçon, c'était un jeune homme. Il avait, je crois, 21, 22 ans, tu vois. J'en avais 15. On était un peu dans ce truc de... Toujours de la culture où les filles s'intéressaient. Tu vois, il y avait un truc un peu comme la Lolita, en fait. Et puis le mec, il est canon, tu vois. Donc tu te dis, oh putain, il s'intéresse à une meuf comme moi. Mais en fait, c'est très problématique. C'est très problématique parce qu'en plus, moi, je me protégeais. Mais lui... ne s'est pas protégée. Il m'a sorti un prétexte bidon, genre, j'aime pas la capote,
- Speaker #1
j'ai fait allergique au latex.
- Speaker #0
Voilà, tu vois, j'en ai eu des... Non, mais... Voilà, c'est encore la responsabilité féminine, tu vois, de... Donc, je vis ça. Donc, lui, il le savait pas. Je vis ça, je suis pas protégée. J'ai une contraception, mais en fait, ça me protège pas de... La toxicité masculine, ça ne me protège pas de tout ça. Je reste quand même une gamine.
- Speaker #1
Et ça ne te protège pas d'IST. Et en plus, la pilule, ce n'est pas 100 % non plus. Enfin, voilà.
- Speaker #0
C'est ça. Et puis, le nombre de fois aussi où j'ai pris la pilule du lendemain parce que j'ai eu encore ce truc de « Ah non, je ne mets pas la capote et tout. » Donc, ça t'angoisse. Et puis, tu n'as pas envie d'être rejetée parce qu'il y a aussi une très grande blessure du rejet que j'ai énormément intériorisée et qui m'a un peu définie sur beaucoup de choses dans ma vie, même actuellement, qui fait qu'en fait, je dis OK, Et j'ai eu du mal à... Faire tes limites et à dire... Faire mes limites, ouais. Ouais, ouais, énormément. Donc, après, il a été très, très difficile parce que... J'ai eu des phases dépressives assez hardcore. Je suis tombée dans des addictions. Ça a été très, très dur.
- Speaker #1
Et ce que tu disais à ce garçon-là, qui est ta relation suivante, tu ne lui en parles pas. Du coup, tu fais le choix de ne pas lui en parler ?
- Speaker #0
Non, parce qu'en plus, c'était comme un coup d'un soir. Je me dis, j'ai une petite amourette, vu qu'avec celui, avec Pierre... Il m'a larguée comme une merde. Voilà, tu vois, c'était un peu un truc transitoire. Mais je n'avais absolument pas envie de me confier. Mais je voyais bien que j'étais absolument pas prête.
- Speaker #1
Oui. Et l'ex, de qui tu es tombée enceinte ? Est-ce que lui, il a été... Parce qu'il l'a su par les piapias. Est-ce que lui, il a été présent après auprès de toi ? Il s'est assuré que tu allais bien ? Parce qu'il a quand même dit, pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Dans sa réaction, on a l'air de se dire qu'il aurait aimé être là pour toi. Est-ce qu'il a été présent pour toi ?
- Speaker #0
Il a été un petit peu plus présent, mais pas tant que ça. Je pense qu'il... Oui, j'ai été présent. Oui et non. Je pense qu'il le considérait, tu vois, mais il ne s'est pas dit forcément, tiens, je vais passer du temps avec elle ou de savoir toute l'histoire ou de dire comment tu te sens derrière et tout. Non. Mais ce n'était pas hostile entre nous, tu vois. Ça allait.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça allait.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Mais bon, ça restait très superficiel.
- Speaker #1
Oui, c'était pour lui pas un sujet, c'était pas lui qui était touché.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Et je me le dis encore plus quand on est jeune, même quand on grandit, quelle est la place des hommes dans l'avortement d'une femme ? On leur dit qu'ils n'ont pas leur mot à dire dans le choix. Mais pour autant, après, sur la présence pour accompagner la femme ou la fille qui le subit. Il y a quand même encore du travail. Et j'imagine à 15 ans, encore plus. Toi, tu es déjà en tant que femme, pas informée, tu ne sais pas ce qui va se passer, mais les petits garçons à cette époque, ça leur passe au-dessus.
- Speaker #0
C'est ça. Oui, c'est ça. Oui, l'après, ce truc-là, je le cloisonnais. J'apprenais à le cloisonner, ou comme je te disais, le tourner en dérision, mais c'est après coup. C'est après coup que je me suis rendue compte qu'en fait, ça a été un événement qui a été ultra marquant. Et puis en plus, l'après, ça c'est un détail qui a quand même son importance, c'est que j'en avais absolument pas parlé à mes parents, sauf que j'avais un papier de l'hôpital et je l'ai caché dans ma chambre. Et ma mère l'a découvert.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Aïe,
- Speaker #1
Donc là, on est combien de temps après quand ta mère le découvre ?
- Speaker #0
Je ne sais plus, c'était en seconde, si j'étais encore en seconde ou première, je dirais quelques mois après.
- Speaker #1
Donc la réunion familiale, comment ça se passe ?
- Speaker #0
Là, je crois que ma mémoire est volontairement sélective. Je crois que je m'en prends quand même plein la gueule. Oui, elle m'a dit clairement qu'elle me pensait plus intelligente que ça. Mais après, tu vois, je ne l'antagonise pas parce que je pense qu'aussi, il y a eu toute une éducation. Ma grand-mère qui a un côté très conservateur, qui elle aussi a vécu un avortement. Et je pense qu'elle a vécu un avortement clandestin. J'ai une fille et un garçon aussi. inévitablement, je leur en parlerai parce que...
- Speaker #1
Tu briseras cette chaîne de silence qu'il y a eu dans la transmission de ta grand-mère à ta mère à toi. Vous avez tous les trois vécu la même chose. Et vous n'avez pas été capable d'en parler ensemble tellement c'était... Après, je ne connais pas l'histoire de ta grand-mère et de ta maman, comment elles ont vécu, mais c'est vrai que c'est fou de se dire... Dans la transmission, ça n'a pas été dit et vous l'avez toute vécue à une génération d'écart. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Quelle est la responsabilité du jeune fille de 15 ans qu'on n'a pas prémunie et qu'on n'a pas éduquée sur ce sujet-là ?
- Speaker #0
J'aurais aimé avoir cette relation-là avec ma mère. Parce que même s'il y a eu des personnes sur mon chemin, il n'y a pas eu ce lien. Ce n'était pas ma mère. Il n'y avait pas eu ce lien plus profond. sans jugement, en étant rassurée, en disant « Ok, c'est une épreuve que tu as vécue, tu t'en sortiras. » Tu t'en sortiras parce que ça met beaucoup de temps. Même 20 ans après, c'est un sujet qui reste quand même difficile, sur lequel je travaille aussi en thérapie parce que ça me marque beaucoup.
- Speaker #1
En fonction de l'histoire aussi des générations qui nous ont précédées.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
L'accompagnement est différent. Puis c'est aussi très clairement une histoire aussi de génération. C'est qu'aujourd'hui, on se retrouve autour d'un micro pour en parler. En fait, il y a quelques années, c'était impossible d'imaginer ça. Et en fait, les femmes qui en parlaient et qui militaient pour, c'était... Waouh ! C'était énorme. Alors aujourd'hui, ça l'est toujours et c'est hyper courageux de venir témoigner. Et en même temps, la porte, elle a déjà été ouverte par des femmes avant nous qui nous permettent aujourd'hui d'en parler. Là où nos générations précédentes, moi, je n'ai jamais parlé de ça avec ma maman non plus. Et en même temps, toi, c'est beau quand même dans ton histoire de se dire qu'il y a quand même une maman qui a été là pour toi, cette référente. Et puis ta copine de 13 ans, ta copine qui a vécu ça à 13 ans,
- Speaker #0
du coup,
- Speaker #1
comme tu dis, le destin t'a quand même mis sur la route des petites personnes comme ça, en se disant qu'elle n'a pas sa maman, mais on va lui mettre une copine, une autre maman.
- Speaker #0
Oui, et puis même maintenant, tu vois, avec la thérapeute qui me suit, ça m'aide aussi de travailler sur ça en thérapie. C'est d'où l'intérêt aussi d'avoir un accompagnement psychologique à posteriori d'avortement. Sauf si on le vit très bien et auquel cas, tant mieux, tu vois.
- Speaker #1
Moi, c'est une question qui me travaille beaucoup parce que moi, mon avortement, il a eu lieu il y a deux ans. Et je suis encore dans cette phase de psychoté, tu vois, d'avoir peur de retomber enceinte alors que je me protège. Mais tu en as parlé un tout petit peu en disant que tu avais repris des fois la pile du lendemain. À quel point ça a impacté les années suivantes de tes relations ? La peur de retomber enceinte ou pas du tout ? Et c'était quelque chose que tu avais vraiment réussi à remettre de côté ?
- Speaker #0
Quand j'étais adolescente, je me laissais un peu... Je pense que je n'étais pas complètement prudente sur certains points. Je pense que c'était plutôt de l'ordre de la méconnaissance. Et je pense qu'il y a une part en moi de vouloir me dire « Je me suis trop responsabilisée » . En fait, on a trop responsabilisé les femmes aussi. Faites un peu votre taf, c'est bon là, ne dites pas on ne sent rien, je suis allergique, tout ça. Bon, j'ai envie de dire, faites quand même un effort, c'est juste que vous ne le voulez pas, même si ça vous fait chier, mais c'est juste que vous ne le voulez pas. Donc, sur la compte maintenant, je suis quand même assez prémunie. Il y a ce truc-là, de la protection, de la vigilance, je suis quand même assez vigilante dessus. Et puis, je le suis aussi dans les discours que j'ai pu tenir avec mes proches, tu vois. Donc, je pense que là-dessus, ça m'a quand même pas mal marquée et j'essaie de m'éduquer énormément sur ce sujet, tu vois, en essayant de suivre pas mal de contenus assez engagés, militants, qui prévient de tout ça. Et comme tu dis, le planning permet aussi, tu vois, de se faire dépister. C'est super important. Ça aussi, tu vois, quand j'étais plus jeune, bah ouais, tu as un rapport. rapport sans protection. De ton côté, mais bon, bien évidemment, c'est juste ça t'évite de tomber enceinte. Mais c'est encore moi qui faisais cette démarche. Allez, je fais des prises de sang. Et j'en ai fait pas mal des prises de sang, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, pour toi, savoir si t'avais pas de maladie, si c'était ok. Et du coup, tu disais aujourd'hui sur le sujet de la maternité, alors ça... peut-être un petit peu de l'IVG, mais peut-être que ça a un lien. Pourquoi ? Parce que tu disais que tu... Je ne sais plus comment tu l'as dit, mais tu as dit je ne sais pas encore ou pas si je veux un enfant ou pas. Et le sujet de l'IVG avait l'air d'être un sujet dans cette question-là. Est-ce que c'est le cas ou pas du tout ? Je me trompe.
- Speaker #0
Non, complètement. Complètement, parce que déjà, ça a changé mon rapport au corps. Et oui, sur la maternité, ça me fait peur. Parce que c'est vrai que quand je l'ai vécu, l'avortement, et que tu te lèves, enfin, tu te réveilles, et que tu vois une marre de... Tu vois, moi, j'ai imaginé un accouchement, mais même le changement du corps, tu vois. Le changement du corps, mais ça me terrifie. Ça me terrifie complètement. Donc, vu à quel point j'étais terrifiée quand j'avais 15 ans, mais qu'est-ce que ça va être quand je vais être enceinte pendant 9 mois ? Je n'ose même pas l'imaginer, tu vois. Et puis, aussi, il y a le truc de... Qu'est-ce qui se passe après ? Parce que être, voilà, c'est qu'est-ce qui se passe après ? Tu ne sais pas en fait. Tu ne sais pas ce qui se passe après. Et si ça ne te plaît pas, c'est horrible à dire. Mais c'est vrai, j'ai eu cette conversation avec mon copain il n'y a vraiment pas longtemps. Je pense qu'il faut d'abord que je me priorise. Tu vois, c'est un peu, c'est un discours qu'on entend beaucoup et qui peut paraître hyper égocentrique, mais je n'ai pas envie de transmettre des traumas. Je n'ai pas envie de ça, tu vois. Ça m'embête profondément de transmettre des traumas. J'aimerais être la personne la plus bienveillante et en tout cas accompagner au mieux mon enfant vers une éducation sexuelle, affective, relationnelle, totalement safe, consentie et être aussi une personne référente, tu vois, de me dire, mon enfant, ma fille ou mon fils peut venir me voir pour... pour ces choses-là. Il peut m'en parler librement, sans tabou. Et ça, ça nécessite quand même un travail sur soi, tu vois. Là, actuellement, je n'en suis pas capable.
- Speaker #1
Je trouve ça hyper positif. Effectivement, il y en a qui diront que c'est égocentrique, égocentré, égoïste. Moi, je trouve ça juste... Je partage tous tes questionnements mille fois. Et si toutes les personnes qui ont des enfants et avaient eu des enfants s'étaient posé ces questions avant d'en faire et avaient travaillé sur elles, effectivement, peut-être qu'il y aurait eu moins de traumas de transmis. Et je trouve ça juste merveilleux de se poser toutes ces questions-là. Et tout sauf égoïste. Je me dis, en fait, non, c'est le contraire de l'égoïsme, de faire cette réflexion-là, de se dire, peut-être que oui, j'aimerais bien, mais en fait, j'ai des traumas, j'ai des choses à travailler sur moi et je n'ai pas envie de transmettre tout ça. Et donc, je préfère faire ce travail-là plutôt que faire un enfant égoïstement.
- Speaker #0
Oui, pour l'égo.
- Speaker #1
Et sur moi. et pour les autres. Et parce que ma mère a envie d'être grand-mère et parce que ma grand-mère a envie d'être arrière-grand-mère, on ne fait pas des enfants pour les autres, on fait des enfants aussi pour l'enfant en soi et la vie qu'on va lui offrir. Et du coup, c'est tout sauf égoïste, je trouve, tes réflexions.
- Speaker #0
C'est gentil.
- Speaker #1
Bon, pour continuer du coup un petit peu le sujet, si tu pouvais parler du coup à la petite Sarah de 15 ans. qu'est-ce que tu aimerais lui dire aujourd'hui avec tout ce recul que tu as et la maturité que tu as pris et l'éducation féministe que tu t'es construit aussi, qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire à cette petite Sarah ?
- Speaker #0
Je vais penser à cette question j'ai pensé ce que j'aimerais lui dire je dirais d'un côté d'écouter son instinct et de s'écouter parce que ça c'est hyper ça me semble hyper important euh On vit toujours dans une société patriarcale. Il y a une régulation, ce qui est pas mal, mais il y a quand même des fuites, il y a toujours un peu des stigmates dans les discours masculinistes et tout ça. Moi, je lui dirais, ce que tu vois, de ce que j'ai pu voir, n'est pas la réalité. Et que tu n'es pas une trentenaire de Sex and the City qui vit avec toutes ses copines et qui a une... sexualité libre et consentie. Non, c'est pas ça. Mais j'ai rien contre Sex and the City, bien évidemment, j'adore cette série, mais c'est pas la réalité. À 15 ans, ce n'est pas la réalité. Et ça aussi, vraiment de peut-être s'écouter et surtout de se dire que ça va aller et que t'as la ressource, t'as les ressources en toi. Et le chemin, t'es capable de beaucoup. Voilà ce que je lui dirais. je dirais vraiment ça de prendre force et d'avoir toujours un regard bienveillant sur soi sur les autres et sur soi parce qu'on ne connaît pas on ne connaît pas les histoires des autres on connaît enfin mon chemin j'ai fait qu'une partie du chemin pas toute pas toute c'est pas toute mon histoire ça reste un chapitre c'est pas le livre c'est pas les tomes que j'ai écrits tu vois mais de vraiment ne pas se juger. Parce que ça aussi, c'est très dur. D'essayer de tendre, de s'aimer avec ses forces, ses faiblesses, ses défauts, ses qualités, inconditionnellement. C'est ça, c'est ce qui importe. Parce que la relation qu'on entretient toute sa vie, la première relation, c'est celle qu'on a avec soi. Et c'est la, je pense que c'est la plus importante.
- Speaker #1
Je suis bien d'accord avec toi.
- Speaker #0
C'est vraiment le... Vraiment de se prioriser, quoi qu'il advienne, de se prioriser. Et c'est tout, vraiment. J'ai du mal à le comprendre et j'essaie, tu vois, de le mettre en pratique au quotidien. Ce n'est pas évident, mais je me dis, voilà ce que je dirais à une adolescente, à une personne de 15 ans qui passe par cette épreuve-là, par cet événement. Priorise-toi.
- Speaker #1
Ok, merci beaucoup. Et si du coup il y a des personnes qui écoutent aujourd'hui cet épisode, j'aime bien aussi poser cette question, et qui ne sont pas en accord avec les choix que nous on a fait un jour, et comme il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, qu'est-ce que tu aimerais dire à ces personnes-là qui pourraient juger ce choix ou qui ne sont pas en accord ? avec le droit à l'avortement. Si tu as envie de leur dire quelque chose, parce qu'il y a déjà des personnes qui m'ont dit, rien à leur dire.
- Speaker #0
Noël, elle l'a très bien dit. Elle a exprimé un très beau message. Je dirais que, encore une fois, c'est toujours la question aussi de se prioriser, si on peut se prioriser, et de se prémunir de tous les dangers. Parce qu'on parle d'une IVG qui peut être choisie, mais comment on fait quand ce n'est pas le cas ? Comment on fait pour toutes les Merci. femmes, les personnes trans, les personnes non-binaires, qui, dans d'autres pays, n'ont pas ce droit-là, se retrouvent dans des situations difficiles, extrêmes. Comment font-elles ? Celles qui ne peuvent pas et qui aimeraient, parce que ça sauverait leur vie, peut-être faudrait penser, ça serait bien de penser à elles. Et voilà ce que je dirais. Il y a aussi toutes ces personnes-là, et il faut y penser.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des questions, des sujets sur lesquels je ne t'ai pas emmenée et dont tu veux parler avant qu'on clôture ton épisode ?
- Speaker #0
Des sujets, mais plus des suggestions, mais pour des ressources qui peuvent aider d'écouter des podcasts, ton podcast, où tu essaies de mettre en lumière ces témoignages. La lecture aussi, moi, ça m'a beaucoup sauvée. Je ne sais pas si tu l'as lu, mais l'événement d'Annie Ernaux, c'est quelque chose, tu vois. Et ça en écho avec ce qu'on disait il y a quelques minutes. Je pense que c'est un livre qui est nécessaire. C'est un livre qui peut être hyper intéressant à étudier. Alors, il y a plein de ressources dans la lecture, dans le cinéma aussi, des témoignages qu'on peut trouver et qui peuvent aussi... nous aider à nous dire qu'on n'est pas seuls et que le combat est nécessaire, est important à penser pour toutes les femmes, toutes les femmes de ce monde, toutes les personnes qui peuvent avorter dans ce monde.
- Speaker #1
L'événement, c'est un livre qui a été écrit sur l'avortement clandestin, que ce soit légalisé en France. C'est un témoignage hyper fort. Il y a aussi le film de Annie Coller. qui parle aussi de cette période-là. Le film Simon Veil qui raconte toute l'histoire de Simon Veil, notamment dans les camps de concentration, mais qui raconte aussi son combat pour l'IVG. Donc ça, c'est des ressources, effectivement, que j'ajouterais. Il y a aussi Arte qui a fait énormément de documentaires sur l'IVG qui sont hyper intéressants. Et pas que sur la France, aussi dans le monde. Donc oui, il y a plein de ressources documentaires et culturelles.
- Speaker #0
ce qui est important. En tout cas, quand j'ai parlé de... Enfin, je voulais travailler sur l'IVG, de ce trauma avec ma thérapeute, avec ma psy. Et en fait, elle m'a donné un exercice à faire. Ça a été... Je pense que c'est très difficile. C'est de raconter son histoire, tout ce qui s'est passé, mais au présent. Donc au début, tu vois, je raconte un peu. Bon, ça va, ça va, j'ai l'habitude de le raconter. Et je crois que... Quand je dis la phrase qu'au moment où je me réveille sur le lit d'hôpital avec le sang, je lui dis que c'est comme si une partie de moi était morte, comme si j'avais tué quelque chose en moi. Et ce qui a été très bizarre et qui a légitimé mon discours, c'est que jamais de la vie j'aurais pensé que ma thérapeute allait pleurer face à moi. J'ai toujours eu ce ressenti de « je ne le dis pas parce que, tu vois, conformément à ce que disait ma mère, je l'ai mérité, c'est de ma faute, je suis responsable » . Et je ne tiendrais même pas ce discours à une personne, enfin je ne tiendrais jamais ce discours, tu vois, à une personne qui a le même âge que moi, quand elle l'a vécu ou peu importe à quel âge elle l'a vécu. Et je me suis dit « peut-être que là, mon discours, il est quand même légitime » . Et ce qu'elle m'a suggéré de faire, c'est de… de faire soit une lettre, je donne ce petit tips, pour des personnes qui n'ont pas les moyens d'aller chez une thérapeute, ou alors de faire une petite cérémonie symbolique avec un objet transitionnel. Je ne l'ai pas encore fait, je pense que je vais le faire. Et le fait d'en parler aussi, tu vois, dans ton podcast, c'est aussi un moyen d'apprendre à vivre avec qui est de... m'apaiser, de légitimer mon discours. Et voilà, c'est la ressource que je voulais partager pour les personnes qui vivent aussi cet événement.
- Speaker #1
Merci Sarah. On arrête ici ?
- Speaker #0
On arrête ici.
- Speaker #1
Merci beaucoup. J'arrête, du coup, je suspends l'enregistrement.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Et voilà, l'épisode de Sarah est terminé. J'espère qu'il vous a plu. Moi, je remercie sincèrement Sarah pour sa confiance et pour la force de son témoignage. Je suis ravie de l'avoir rencontrée, d'avoir pu échanger avec elle. Et aujourd'hui, je suis toujours en contact d'ailleurs avec elle. Et je suis tellement contente que le projet de mon podcast... me mettre en contact directement avec vous et que je garde de temps en temps contact et que je continue à avoir de vos nouvelles. Je suis super heureuse d'avoir pu partager son histoire qui montre que parfois l'avortement ne s'arrête pas à l'hôpital, que de temps en temps, pour certaines, il y a un après. Le regard des autres, le silence, la culpabilité parfois, et cette impression de ne pas être légitime dans ce qu'on ressent. Alors si cet épisode fait écho en toi, je voulais juste te rappeler que tu as aussi le droit de ressentir ce que tu ressens. Que tu as le droit d'être triste, d'être en colère, d'être perdu. Et que tu as aussi le droit de te choisir, de te prioriser et d'avancer à ton rythme. Et aujourd'hui, on vit encore dans une société qui juge énormément, et surtout les jeunes filles. Alors peut-être que tu peux être la personne la plus douce envers toi-même, et te prioriser et t'écouter.
- Speaker #0
Je te remercie d'avoir écouté Merci Simone, et on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Si cet épisode vous a touché, n'hésitez pas à le partager, à en parler autour de vous,
- Speaker #1
ou à me laisser un message. Je vous invite aussi à vous abonner sur votre plateforme de podcast favorite, à mettre 5 étoiles, ça aide au référencement et à la visibilité du podcast. Si vous souhaitez avoir plus de contenu, vous pouvez vous abonner à ma page Instagram merci.simone.podcast et si vous aussi vous souhaitez venir témoigner au micro de Merci Simone et nous raconter votre histoire, écrivez-moi. En attendant le prochain épisode, merci Simone !