Speaker #0Tim Tim, bois sec, yé cric, yé crac, est-ce que la cour dort ? Non, la cour ne dort pas. Yé, Misty Cric, yé, Misty Crac. Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast Mes Sorties Culture. Savez-vous pourquoi Manet a peint un tableau d'une asperge seule, après avoir réalisé ce tableau d'une botte d'asperges ? Écoutez jusqu'à la fin pour le découvrir. Aujourd'hui, je vais vous parler des asperges de Manet. Vous pouvez retrouver le visuel sur Internet, entre autres sur nos tartines de culture. Le lien vers l'article est dans la description. Le peintre Édouard Manet, célèbre pour son Olympia ou son Déjeuner sur l'herbe, aimait parsemer ses œuvres de petites natures mortes. Un genre auquel il s'est également adonné de façon plus classique, c'est-à-dire en mettant les objets au cœur du propos et toujours avec brio. C'est au cours du XVIIe siècle, en Hollanden que la nature morte "gastronomique" trouve ses lettres de noblesse. On y découvre généralement une table sur laquelle sont disposés des tissus, des mets et de la vaisselle luxueuse, avec parfois un couteau ou un élément en équilibre précaire au bord de la table, qui semble s'avancer vers nous pour plus de réalisme. L'abondance des poissons, les fruits de mer, les fromages et les fleurs dans ces représentations témoignent de la culture locale, tandis que d'autres aliments évoquent plutôt l'exotisme. C'est le cas par exemple des agrumes, souvent à moitié pelés pour créer du relief et plus de vraisemblance, et encore une fois prouver la virtuosité du peintre. Les bottes d'asperges sont un autre classique du genre. Abondantes en Hollande, leurs couleurs subtiles et leurs variations de formes offrent bon nombre de défis au pinceau des artistes. Peindre ses objets, pour l'artiste, c'est l'occasion de démontrer toute sa maestria technique en reproduisant des textures complexes pour un effet "plus vrai que nature". Il joue sur la transparence des verres, les reflets dans les ustensiles en métal, l'aspect appétissant et frais des aliments. Yé cric ! Yé crac ! Tim tim ! Bois sec ! Avec ses propres natures mortes, deux siècles plus tard, Manet s'inscrit dans le droit fil de cette école. En 1880, le richissime banquier Ephrussi, collectionneur d'art, lui commande une "botte d'asperges". Ce légume printanier est alors un mets de choix - c'est toujours le cas aujourd'hui - et même si la petite asperge verte est connue depuis longtemps en France, les variétés à la mode depuis le début du XVIIIe siècle, blanches, tendres et charnues, viennent plutôt de Hollande. Vers 1750, Les maraîchers d'Argenteuil, dans le Val d'Oise, se spécialisent dans la production de l'asperge et sélectionnent une nouvelle variété dite "Asperge d'Argenteuil", blanche et nacrée, à la pointe violette. On l'obtient en laissant le bout de l'asperge légèrement exposé à la lumière, un peu comme si elle avait pris un coup de soleil. Cette asperge d'Argenteuil est à l'origine de la plupart des variétés actuelles et c'est celle que Manet décide de peindre pour son commanditaire. Posée délicatement sur un lit de feuilles vertes, toutes les nuances des asperges apparaissent, sublimées par sa touche franche. Pour cette peinture, le prix fixé avec Ephrussi était de 800 francs, mais l'artiste en reçoit 1000. Manet décide alors, non sans humour, de peindre une asperge supplémentaire, toute seule, sur un petit format, et l'envoie à Eprussi avec un message « Il manquait une asperge à votre botte » . Je vous remercie pour votre écoute. J'espère que cette découverte culturelle vous a plu. Je vous invite à aller sur la plateforme d'écoute de votre choix pour nous laisser 5 étoiles ou un avis. Nous nous retrouverons dans deux semaines pour un nouvel épisode. Abonnez-vous à notre podcast « Mes sorties culture » pour ne rater aucun épisode. D'ici là, vous pouvez aller sur le site web messortiesculture.com pour trouver des visites guidées pour découvrir notre patrimoine culturel et aussi répondre à nos #mardidevinette et à nos #énigmeduvendredi toutes les semaines sur Instagram et Facebook. Tous les liens sont dans la description. A bientôt !