Speaker #0Tim Tim, bois sec, yé cric, yé crac, est-ce que la cour dort ? Non, la cour ne dort pas, yé mysticric, yé mysticrac. Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast Mes Sorties Culture. Savez-vous quelle lecture nous pourrions avoir du baiser de Klimt ? Écoutez jusqu'à la fin pour le découvrir. Aujourd'hui, je vais vous parler de baisers mythiques de l'art. Vous pouvez retrouver le visuel sur Internet, entre autres sur nos tartines de culture. Le lien vers l'article est dans la description. Un baiser peut cacher plus que l'amour ou l'amitié. Que peuvent cacher certains baisers mythiques de l'art ? Le 5 octobre 1979, à Berlin, c'est le 30e anniversaire de la RDA. Lorsque les deux hommes s'embrassent, Le photographe Régis Bossu déclenche son appareil : Leonid Brejnev, secrétaire général du Parti communiste de l'URSS, embrasse sur la bouche Erich Honecker, président du Conseil d'État de la RDA. C'est le baiser fraternel socialiste. Salutations entre personnalités d'États communistes qui consistent en une étreinte suivie de trois baisers alternés sur les joues. Pour montrer une proximité exceptionnelle, les baisers se font sur la bouche. Cette photo sert de modèle en 1990 au street artist russe Dmitri Vrubel, qui réalise une fresque sur la partie du mur de Berlin connue sous le nom d'East Side Gallery. L'œuvre comporte deux légendes, l'une en russe et l'autre en allemand. « Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel » . Plutôt que l'amitié, cette peinture n'évoque-t-elle pas la soumission, voire l'étouffement de la RDA par l'URSS ? Hans Breinlinger est un peintre allemand. Il crée plus de 80 vitraux et de nombreux chemins de croix, ainsi que des tableaux religieux. Ses premières œuvres se caractérisent par des couleurs vives, peintes au pinceau large, à la spatule ou aux doigts. L'arrestation de Jésus est l'un des épisodes bibliques majeurs. Peu après la Cène, Jésus prie alors que les apôtres dorment. Des gardes du Sanhédrin font irruption. L'apôtre Judas, traître, embrasse Jésus, le désignant ainsi aux gardes qui se saisissent de Jésus. Jusqu'à nos jours, c'est un thème récurrent dans l'art. Sans le baiser de Judas, y aurait-il eu crucifixion, résurrection et christianisme ? Pour que Jésus devienne Jésus-Christ, ne faut-il pas que Judas existe ? Grave question autour d'un baiser. Tim Tim, bois sec, yé cric, yé crac ! Reconnu pour ses grandes peintures d'histoire et pour la grande finesse de ses portraits, Francesco Hayez est un artiste italien du romantisme du milieu du XIXe siècle. Dans "Le baiser" au décor moyenâgeux, on découvre un couple qui s'enlace. Autour d'eux, les ombres dominent, menaçantes. Ce baiser semble être réalisé en cachette et à la hâte, presque volé. Il existe trois autres versions de ce tableau. Cette représentation du baiser, peinture datant de 1859, a une dimension politique. Est-ce un baiser d'adieu ? Comme le laisse entendre le pied du jeune homme sur une marche prêt au départ, volontaire engagé pour l'indépendance italienne, ou bien parle-t-il de l'accord passé en 1858 entre Cavour et Napoléon III, accord qui stipule que la France obtient le comté de Nice et le duché de Savoie et accorde au royaume de Sardaigne son assistance militaire en cas de conflit avec l'Empire d'Autriche-Hongrie. Le 26 avril 1859, l'Empire austro-hongrois déclare la guerre au Piémont et la France entre en guerre contre l'Autriche-Hongrie permettant aux nationalistes italiens de parvenir à la création du royaume d'Italie en 1861. Hayez appartient au cercle nationaliste. La couleur (bleu, blanc, rouge) des vêtements des amants envoie un message politique, faisant du tableau une sorte d'allégorie célébrant la collaboration entre les deux nations. Sauf que Napoléon III ne respecte pas complètement les clauses de l'accord et signe une paix séparée avec l'Autriche-Hongrie. Gustav Klimt s'illustre par son utilisation de l'or au travers de ses toiles. "Le baiser", œuvre majeure, est considéré comme le symbole de l'amour, cette peinture inspirant aujourd'hui encore des milliers d'artistes. Un homme debout et une femme agenouillée entre ses bras. À l'exception des pieds de la femme, d'un de ses bras à demi cachés et des têtes des deux personnages, le tableau forme une unique mêlée de couleurs où l'or domine, la femme du tableau ayant l'air abandonné et heureux. Symbole de l'amour, vraiment ? Mais que dire alors de la position de la femme, agenouillée ? Certes, elle a un bras passé autour du cou de l'homme et semble s'abandonner à lui, mais ses paupières closes pourraient bien évoquer la soumission ou le refus bien plus que la passion. Elle a les lèvres fermées, elle ne sourit pas du tout et ne manifeste aucun plaisir. L'homme la tient immobile et approche sa tête comme pour exprimer sa domination, ses mains tenant le visage de la femme comme pour la forcer. Est-ce un baiser spontané ou un baiser forcé ? Peut-être que la femme ne veut pas, que l'homme brutal insiste et la fait mettre à genoux, lui arrachant un baiser de force. Et n'ayant pas d'échappatoire, peut-être ferme-t-elle les yeux pour ne rien voir, pour oublier cette violence. Je vous remercie pour votre écoute. J'espère que cette découverte culturelle vous a plu. Je vous invite à aller sur la plateforme d'écoute de votre choix pour nous laisser 5 étoiles ou un avis. Nous nous retrouverons dans deux semaines pour un nouvel épisode. Abonnez-vous à notre podcast Mes Sorties Culture pour ne rater aucun épisode. D'ici là, vous pouvez aller sur le site web mesortiesculture.com pour trouver des visites guidées pour découvrir notre patrimoine culturel et aussi répondre à nos #mardidevinette et à nos #énigmeduvendredi toutes les semaines sur Instagram et Facebook. Tous les liens sont dans la description. A bientôt !