- Speaker #0
Est-ce que tu t'es déjà demandé si tu avais fait le bon choix d'études ? Si ta carrière était déjà toute tracée ou au contraire complètement floue ? Et si, en réalité, il existait mille façons de construire sa vie professionnelle ? Bonjour et bienvenue dans 1000 parcours pro au micro ! Le podcast qui te fait découvrir une multitude de parcours professionnels et de carrières différentes et variées, pour t'inspirer, te rassurer et surtout te redonner confiance. Aujourd'hui, je suis très heureuse de te proposer un nouvel épisode d'interview avec Amélie. Amélie vient tout juste d'être certifiée consultante en bilan de compétences, mais avant d'en arriver là, son parcours a connu plusieurs virages. A seulement 42 ans, elle a déjà exercé des métiers très différents. Agent en télécommunication, exploitante dans le transport, puis recruteuse en ressources humaines, avant de faire le choix d'accompagner aujourd'hui d'autres personnes dans leurs réflexions personnelles. Un parcours qui montre qu'une carrière n'est ni figée, ni linéaire, et qu'il est possible de changer de direction, même après plusieurs années d'expérience. Dans cet épisode, Amélie nous parle de ses transitions, de ses doutes, de ses prises de risques, et de ce qui l'a mené à se reconvertir vers un métier centré sur l'accompagnement et le sens. Comment savoir quand il est temps de changer ? Comment faire confiance à son intuition sans repartir de zéro ? Et comment transformer un parcours non linéaire en une véritable richesse professionnelle ? C'est ce que je te propose de découvrir dans cet épisode. Merci et bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour Amélie, comment vas-tu aujourd'hui ? Bien, merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors Amélie, on est là pour que tu nous parles de ta carrière. Je vais commencer par la première question, qui est la question que je pose le plus au tout début des podcasts. C'est comment est-ce que tu étais quand tu étais enfant, de quoi est-ce que tu rêvais, que ce soit un métier ou juste pas une passion, tu voulais être chanteuse, je sais pas, peu importe, de quoi tu rêvais quand t'étais petite ?
- Speaker #1
Alors j'étais une enfant plutôt sage et docile, d'après ma mère, et de quoi je rêvais ? Alors dans un premier temps je me souviens avoir le rêve d'être chanteuse. Il y a eu aussi le rêve d'être danseuse étoile et à certains moments, le rêve de vouloir être styliste.
- Speaker #0
Styliste. Et du coup, qu'est-ce qui te plaisait, tu penses, dans le stylisme ? Maintenant avec du recul. Qu'est-ce qui pourrait te plaire quand tu pensais au métier de styliste ? Ça t'évoquait quoi ?
- Speaker #1
C'était vraiment la libre création et la mode.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Et du coup, à l'école, t'étais plutôt quel type d'élève réservé, introverti, tu travaillais beaucoup, un petit peu, t'étais scolaire, pas scolaire, t'étais comment ? Alors, je dirais pas introvertie, mais plutôt docile, mais à l'aise avec les autres, à l'aise avec les autres enfants. Et je dirais peut-être un peu timide. Et sur le plan scolaire, alors c'était pas simple pour moi. J'avais, en tout cas, j'éprouvais des difficultés, notamment sur la concentration, la mémoire. Donc, c'était un frein sur le plan scolaire.
- Speaker #1
Ok. Et est-ce que tu aimais bien l'école, etc., au fur et à mesure que tu as grandi, ou ça a toujours été un peu plus compliqué ? Enfin, tu aimais bien voir tes copines, mais tu n'aimais pas forcément l'école, quoi.
- Speaker #0
En fait, c'est ça. C'est-à-dire que je pense qu'en primaire, je ne me posais pas trop de questions. Effectivement, il y a eu des instituteurs ou institutrices avec lesquelles ça a rendu ma scolarité plus complexe. Mais en primaire, j'y allais pour aller à l'école et après ça s'est durci au collège parce que forcément le niveau est plus dur. Et au travers des années collège et après troisième, ça s'est compliqué parce que les échecs donnent lieu à le non-intérêt pour l'école. Parce que l'échec ne donne plus envie, ne donne plus d'attrait au monde scolaire.
- Speaker #1
Et quand tu dis échec, du coup, tu parles... En fait, on parle juste de notes, au final ? Ou on parle de quoi ? Enfin, est-ce que t'as d'autres choses en particulier en tête quand tu parles d'échec ? Ou tu parles juste de notes et que du coup, ça t'a trop découragée ?
- Speaker #0
C'est ça. Essentiellement de notes et donc, du coup, du découragement. C'est exactement ça.
- Speaker #1
Ok. Et t'as fait quelle filière, du coup ? Je sais qu'à l'époque, c'était peut-être pas... Parce que ça a déjà changé mille fois déjà depuis 5-6 ans. Ça a déjà changé, donc... Oui. C'était comment ça ? C'était pas filière LSES ? Si, c'était ça déjà ou pas ?
- Speaker #0
Il y avait déjà ces filières-là. Et moi, effectivement, dans mon cas, sachant que j'ai fait... Donc très rapidement, on m'a orientée sur du professionnel. En tout cas, on m'a conseillée, c'est ce que j'ai accepté. Donc je suis allée en quatrième technologique, puisque les résultats n'étaient pas au rendez-vous. Donc très rapidement, dans le système scolaire tel qu'il est, Tel qu'il était à l'époque, et je pense que c'est toujours le cas quand même aujourd'hui, c'est que très rapidement, on nous met quand même dans des cases, ou on se met dans des cases aussi. Et donc très rapidement, ça a été la voie professionnelle et technologique qui s'est offerte à moi. Donc j'ai fait une quatrième et une troisième technologique. J'ai poursuivi avec un BEP secrétariat. Et je suis allée jusqu'au bac professionnel service qui est spécialisé accueil, assistance et conseil.
- Speaker #1
Ok, donc pour n'importe quelle boîte, enfin c'est pas spécialement dans un secteur, c'est vraiment très généraliste n'importe où. Ok, d'accord.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ok, et du coup donc ça donne un bac pro t'as dit, donc 18 ans ? 17 ans.
- Speaker #0
17-18 ans, ouais. Ok.
- Speaker #1
Ok, et du coup, à la suite de ton bac pro, quelle a été ta première expérience professionnelle ? Est-ce que tu avais déjà fait des petits boulots avant ? Parce que ça aussi, je trouve que c'est important. Enfin, c'est chouette aussi et c'est important dans le développement. Est-ce que tu avais déjà fait des petits boulots avant ? Et sinon, quelle a été ta première expérience professionnelle après justement ton bac pro ?
- Speaker #0
Alors, ma première expérience professionnelle à 15-16 ans, 16 ans, ouais, 15-16 ans. Je faisais du sport aux enfants le soir via la mairie de ma commune, puisqu'à l'époque, on pouvait travailler plus facilement à 16 ans. Donc voilà, je faisais le sport le soir aux enfants. J'ai également, l'été, fait des ménages dans des quartiers sensibles, on va dire, sur les logements communs. Et donc, À l'époque, j'avais également passé mon BAFA, ce qui m'a permis également l'été de faire les colonies de vacances en tant qu'animatrice.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu retiens de ces périodes où tu étais encore ado, enfin de l'adolescence, mais ado et que tu travaillais ? Est-ce que tu te souviens d'avoir eu des réflexions, de te dire... Ah ça c'est sympa, peut-être j'aimerais bien faire mon métier, ou ah non ça sert vraiment jamais de la vie, faut vraiment que je travaille, je veux pas faire ça, enfin ou faut que je fasse autre chose, ou tu vois, ou juste des réflexions en voyant les gens, parce que quand tu travailles au début, bah tu découvres le monde du travail de façon générale, donc tu découvres tout ce qui va autour, l'employeur, tout, et du coup est-ce que tu te souviens de t'être fait des réflexions, de t'être dit...
- Speaker #0
Ah oui, très rapidement. C'est-à-dire que, aussi bien sur les deux expériences où j'ai fait du ménage, je comprends en conscience très rapidement que c'est des métiers très, très compliqués, avec des collègues plus âgés qui font ça toute l'année. Et là, je me dis, OK, ça, clairement, c'est ce que je n'ai pas envie de faire. Donc, ça permet d'identifier tout de suite. Et ça, c'est important, mais ça, on s'en rend compte. après quelques années. Et c'est ça... Là, je vais plus loin dans le raisonnement, mais c'est important de savoir ce qu'on veut, mais c'est surtout ce qu'on ne veut pas faire. Donc ça, très rapidement, je l'identifie. Et quand je fais mes premières colonies en tant qu'animatrice, je comprends très rapidement qu'en fait, j'avais identifié le fait de... J'aimais animer, mais je pense que ce qui m'animait à ce moment-là un peu plus, c'était d'aider, en fait. Et très rapidement, je me dis, OK, être animatrice, c'est bien. Mais pour pouvoir avoir les billes en main, il faut pouvoir être en direction. Donc voilà. Et donc, à ce moment-là, je commence à avoir les premières envies de me dire, OK, ça, est-ce que je peux le transposer sur une carrière professionnelle ? Voilà. Et suite à ça, donc mon premier objectif. était un parcours qui pouvait aller m'emmener jusqu'au BAFD, parce que c'est comme ça qu'on appelait. Le BAFD, en fait, c'est un acronyme où je n'ai plus le détail en tête, mais qui permet d'être directeur ou directrice de centres de loisirs, ou colonies de vacances, tout ce qui accueille du jeune public.
- Speaker #1
Et du coup, ça allait aussi en vrai avec les études, enfin avec le bac pro accueil, etc. ou pas du tout ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr, ça pouvait. Alors, autant le BEP secrétariat que j'ai fait dans un premier temps était quelque chose qui m'a été plus ou moins imposé, on va dire. Ça a commencé à se préciser effectivement avec le bac pro service parce que même si j'avais cet objectif en tête, J'avais commencé à me rendre compte de la dureté du marché du travail. Et en fait, je me suis dit, ok, moi j'ai cet objectif-là, mais je voulais ouvrir le champ des possibles, parce que j'avais conscience que tout pouvait changer, tout le temps. Et en fait, le bac pro service était un bac pro polyvalent, et donc du coup, ce bac pro-là permettait beaucoup plus de souplesse après sur le marché du travail. Mais en ayant quand même... après l'objectif de faire un BTS qui pouvait... Alors, c'est pareil, j'ai pu l'appellation précise du BTS, mais c'était un BTS qui orientait plus sur le tourisme, notamment. Et je visais aussi bien le BAFD, qui était à la suite du BAFA, après ça, pour vraiment se spécialiser. Et je n'étais pas contre l'idée de, même plutôt pour, de viser un emploi, en tout cas des emplois Alors, notamment en tant que guide interprète, ça ça m'aurait vraiment plu. Donc voilà, il y avait plein d'idées comme ça et j'avais conscience que tout se construisait petit à petit.
- Speaker #1
Ok, oui, très important. C'est le but aussi du coup vraiment du podcast, c'est vraiment que tout se fait petit à petit, étape par étape et que tout arrive à un moment. Enfin voilà, il y a mille opportunités, mille possibilités et qu'on fait tous notre petit bonhomme de chemin. Et donc, une fois que tu as eu ton bac, ensuite il s'est passé quoi ?
- Speaker #0
Et bien les choses ne se passent pas toujours comme on l'a prévu.
- Speaker #1
Voilà, encore un...
- Speaker #0
Alors il y a eu un petit aléa du direct, mais très positif, c'est que je suis tombée enceinte, en fait pendant ma première année de bac pro. Et donc j'ai mis mon premier enfant au monde à à peine 20 ans, pendant la deuxième année de ce bac professionnel. Et donc effectivement, la responsabilité... Facilité matérielle, financière notamment et surtout, qui m'a amenée sur le chemin du travail juste après le bac professionnel. Un peu plus vite que prévu. J'ai un peu abandonné, à ce moment-là, j'ai un peu abandonné mes rêves.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Et donc, à ce moment-là, on est sur ta vingtaine, début de ta vingtaine. Donc, du coup, tu commences à travailler ?
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Ok. Et tu fais quoi ?
- Speaker #0
Donc je trouve un poste, enfin je postule, je suis acceptée sur un poste de conseiller service après-vente en espace SFR.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Et t'as fait ça du coup pendant combien de temps ?
- Speaker #0
Pendant trois ans.
- Speaker #1
Et donc là par exemple ? Quand tu avais du service, tu avais de la relation client ?
- Speaker #0
Complètement, tout le temps.
- Speaker #1
Et tu faisais quoi au quotidien ?
- Speaker #0
Alors c'était de la relation clientèle principalement. C'était dans le secteur de la téléphonie mobile qui à l'époque était en pleine expansion puisqu'on était sur l'explosion, enfin sur la sortie de la 3G à l'époque. Ce qui était assez grandiose. Tout le monde s'arrachait les derniers téléphones. Donc, c'était effectivement une relation assez particulière puisque le service après-vente, comme son nom l'indique, le client, quand il vient à nous, il y a un mécontentement. Donc, ça rend effectivement le relationnel compliqué. Mais en tout cas, pour répondre à ta question, mon objectif au quotidien, c'était la prise en charge des appareils. Les emmener en centre technique pour qu'ils soient réparés ou non. Ça pouvait être assurer des échanges s'il le fallait et si ça rentrait dans le cadre des procédures. Assurer les suivis de dossiers, notamment. Et gérer un stock de téléphonie mobile.
- Speaker #1
Ok, donc quand même plusieurs compétences, encore une fois, la polyvalence.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ok, et du coup, ça tu m'as dit trois ans. Et donc ensuite, tu as changé de toi-même. Est-ce que tu as voulu voir autre chose ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
Alors, il s'est passé qu'entre temps, j'ai eu mon deuxième enfant qui a orienté... Alors, il y a plusieurs choses. Il y a effectivement l'arrivée du deuxième enfant. On est donc à l'époque, voilà, qui dit... Enfin, c'est toujours le cas, mais c'est un poste dans le commerce, en fait. Donc qui dit poste dans le commerce, en tout cas dans la vente, qui dit horaire décalé, puisqu'à l'époque j'étais en Ile-de-France, c'est un bassin où les magasins... sont ouverts quand même assez tard. Tout est relatif. Tard peut être très subjectif en fonction des personnes, mais en tout cas, factuellement,
- Speaker #1
quand tu as une vie de famille,
- Speaker #0
clairement, je commençais pas forcément tôt, mais par contre, je pouvais rentrer très tard chez moi. Je travaillais les samedis en période d'affluence. On travaillait les dimanches. En fait, c'était le début des ouvertures le dimanche des centres commerciaux. Et donc, effectivement, très rapidement... Envie d'autre chose, envie d'avoir des horaires un peu plus structurés avec des enfants. Voilà, et l'envie d'autre chose.
- Speaker #1
Et du coup, tu t'es tournée vers quoi ?
- Speaker #0
Alors, j'ai répondu à pas mal d'annonces qui étaient dans mes cordes. Et j'ai été acceptée sur un poste, un secteur d'activité que j'ignorais complètement, qui était le milieu du transport de marchandises, en l'occurrence surgelé. Mais j'ai découvert cet univers. Voilà, cette occasion.
- Speaker #1
Et là, dans ce poste-là, tu es restée un moment ?
- Speaker #0
Alors, j'ai fait plusieurs postes dans cette entreprise, mais je suis restée 14 ans. 13 ans.
- Speaker #1
Effectivement, oui. Donc, ça veut dire qu'il y avait quand même des points positifs, je pense, en restant 13 ans. Tu as changé de poste, tu as évolué, tu as bougé, même en transversal, à peu près dans les grandes lignes. Qu'est-ce que tu faisais ? Enfin, quels ont été tes différents postes dans cette entreprise ?
- Speaker #0
Alors j'ai commencé en tant qu'assistante administrative sur ce qu'ils appelaient à l'époque le service national, qui assurait effectivement le réseau de transport de marchandises sur tout le service national. Au bout d'un an, je m'ennuyais, j'en avais déjà fait le tour, donc je me suis manifestée auprès de ma direction qui m'a confié un autre poste. Pareil, au niveau du statut, j'étais toujours en tant qu'agent administratif, mais sur le bassin de la région parisienne, qui était effectivement un peu plus mouvementée au niveau des journées, parce qu'on n'est presque plus dans le même métier. Donc ça permettait de voir autre chose. Et au fur et à mesure des années, quand j'ai arrêté, ça faisait déjà peut-être trois ans. J'ai fait pendant trois ans. Alors, si je remets un peu d'ordre. Je rentre en tant qu'assistante administrative, je continue, je monte un peu des échelons parce qu'il y avait des systèmes de premier degré, deuxième degré, troisième degré. Donc ça, c'est plus le statut et l'augmentation de salaire qui va avec. Alors, je ne sais plus en quelle année, si en 2013, je travaille de nuit, qui là est un autre versant du métier. Et c'est là, effectivement, où je commence à toucher un peu plus à de l'exploitation pure, qui m'intéresse toujours autant. En 2015, je repasse deux jours pour des raisons physiologiques, parce que ça a été deux ans compliqués, qui étaient hyper intéressantes, mais sur le plan physiologique, j'arrivais plus à tenir, donc j'ai demandé à basculer de jour. Par chance, il n'avait pas de problème. pas réussi, donc c'est assez flatteur, effectivement, mais par chance, pendant deux ans, ils n'avaient pas réussi à pérenniser mon poste. Il y avait des gens qui étaient passés, mais ils n'arrivaient pas à retrouver la qualité qu'ils avaient pu avoir avec mon travail. Donc du coup, en fait, c'était positif pour moi et ils m'ont rebasculé toujours sans problème. Donc ça, c'était en 2015.
- Speaker #1
En admin,
- Speaker #0
du coup, ou tu étais toujours en exploitation comme la nuit ? En fait, je touchais à l'exploitation, mais à ce moment-là, j'avais toujours le statut d'admin. d'agent administratif. Et après, j'ai un peu joué des coudes parce que c'est un milieu d'hommes, essentiellement. En tant que femme, ce n'est pas simple de se faire sa place et d'assurer sa crédibilité aussi. Donc voilà, j'ai joué un peu des coudes et j'ai réussi à avoir mon statut d'agent de maîtrise exploitante. Et donc, j'ai exercé jusqu'en 2017.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, agent de maîtrise, exploitation, qu'est-ce que c'est concrètement ? Qu'est-ce que tu fais quand tu exploites ? Qu'est-ce que c'est l'exploitation ?
- Speaker #0
L'objectif d'un exploitant transport, c'est d'organiser des tournées de marchandises qui doivent être chargées dans différents camions par des agents logistiques. Et l'objectif de l'exploitant est, à travers l'organisation de ces tournées, rentabiliser le coût du transport de marchandises. Ça passe aussi effectivement par le management de conducteur, puisque en tant qu'exploitant, on reste non pas supérieur hiérarchique, mais on va dire plus donneur d'ordre. Donc il y a quand même du management direct à assurer auprès des conducteurs et également des relations de partenariat avec des entreprises sous-traitantes aussi.
- Speaker #1
Ok, donc encore une fois, assez polyvalent, un peu de notion de planning, de finance, de management. Et donc là, on voit déjà une évolution, en fait, dans ton parcours depuis le début, depuis ce que tu nous disais. Là, on en est déjà, on a déjà bien avancé dans ton parcours. Et donc là, déjà, est-ce que le travail à ce moment-là, forcément en termes horaires, le travail a toujours une importance dans notre vie. Mais est-ce que le travail, c'est quelque chose pour toi à ce moment-là qui est important ? Ou est-ce que c'est quelque chose, on en travaille tous parce qu'il faut qu'on gagne de l'argent, mais est-ce que ça t'apporte quand même un petit truc, même s'il y a des jours où on n'a pas envie d'y aller, etc. Mais voilà, est-ce que c'est important ou pas pour toi à ce moment-là, à peu près, dans ta vie de travail ?
- Speaker #0
À ce moment-là, c'est important et en fait, ça a toujours été important. Voilà, je pense que j'ai ces valeurs-là du travail et je suis intimement convaincue que l'être humain n'est pas fait pour oisifter tout le temps. temps, même si, oui, il y a un côté très agréable et je pense que après, c'est une quête ou pas qu'on a de trouver le juste équilibre. Et ça, c'est propre à chacun d'en définir le partage de temps, en fait, entre tout ça.
- Speaker #1
Donc, 2017. Et ensuite, qu'est-ce qui se passe en 2017 ? Où vas-tu ? Que fais-tu ?
- Speaker #0
Alors, en 2017, je donne naissance à mon troisième enfant. Avec mon mari, on décide de partir en région touraine, suite à un poste qu'il accepte. C'était une décision commune, avec toutes les raisons qu'on peut imaginer, avec cette volonté de vouloir partir d'Île-de-France. Voilà, donc je donne naissance à mon troisième enfant, je l'ai dit, et après je décide de rester, alors je m'étais dit au moins pendant un an, un an et demi, je voulais pouvoir profiter de mes enfants. Chose que je n'avais jamais fait avant, parce que je les ai laissés tout petits, Donc à ce moment-là, j'en suis là. Et après, oui, il se passe plein de choses. Mais bon, je te laisse orienter les questions. Parce que sinon, je peux partir vite dans tous les sens.
- Speaker #1
Ok, donc tu restes à la maison un petit peu, tu t'occupes de tes enfants. Ce qui doit faire aussi du bien après beaucoup d'années de... travail, même si on aime ça, même si c'est important pour nous, ça reste dur, donc je pense que c'est vrai que quand même se poser un an ou deux, ça fait quand même du bien, je pense. Puis ça fait réfléchir aussi, justement, à ce qu'on veut, au passé, à ce qu'on veut pour le futur, etc. Et du coup, d'un point de vue et personnel et professionnel, est-ce que cette période, elle t'a apporté, même professionnellement, du coup, qu'est-ce que tu t'es dit à ce moment où pendant un an ou deux ans, t'es restée à la maison ? Est-ce qu'il y a des changements qui se sont faits dans ta tête par rapport... au monde professionnel ou par rapport à ta carrière plus précisément ce que tu voulais ?
- Speaker #0
Oui, oui, complètement. Alors au début, non, je ne me pose pas trop de questions et je savoure le moment. Et après, très clairement, au bout de un an, un an et demi, je commence quand même à refaire mon CV et à me mettre en recherche. Alors active, je dirais dans un premier temps quand même. Pas soutenue, mais je dirais active, pour essayer un petit peu de tâter le marché et de voir ce qui s'offre à moi. Parce que, même si effectivement j'appréciais ce moment sans activité, je ne voulais pas que ça dure trop longtemps non plus. Parce que ma crainte, c'était de trop longtemps éloigner du marché. Ma crainte, c'était de laisser un peu trop de temps passer. Et d'être en retard. Pas en retard. Alors après, c'est vrai que sur le plan informatique, tout va très vite. Mais bon, ça, je dirais qu'on peut réussir à s'adapter. Mais je pense qu'on peut vite se déconnecter du monde du travail. Et en tout cas, pour moi, je pense que si je laissais un peu trop le temps passer, j'avais peur, alors peut-être d'y prendre goût aussi, je ne sais pas, et d'être trop déconnectée.
- Speaker #1
Ok, donc au bout d'un an et demi, tu commences à regarder. Et quel est le premier poste que tu reprends après ces quelques mois, années avec tes enfants ?
- Speaker #0
Il y a un premier poste que je prends, mais que je ne fais pas très longtemps en tant que responsable opérationnel dans la logistique. Clairement, ça dure deux mois. Je comprends très vite que ce ne sera pas pour moi. En tout cas, je ne vais pas m'épanouir. Et ce qui rebondit aussi sur la question que tu m'as posée, qu'est-ce que j'ai pu aussi... en quoi ça m'a servi, ce temps d'arrêt, en fait. Ça m'a servi surtout à essayer d'identifier ce que j'avais fait, ce que je voulais, ce que je ne voulais plus, à me remettre dans un processus de questions et de me dire qu'est-ce qui est important pour toi ? L'une des premières réponses, c'était... Alors, je savais qu'il y avait des choses que je voulais, il y avait des choses que je ne voulais plus. Et en fait, aussi bien avec ce poste-là et dans le cadre de mes recherches d'emploi, parce que, alors j'ai fait beaucoup d'entretiens, il y a des postes qui m'ont été refusés, parce que voilà, c'est comme ça, c'est le jeu, il y a toujours meilleur que soi, et il n'y a pas de débat. Et puis il y a des postes que j'ai refusés aussi. Et à un moment donné, ça m'a permis de me poser les bonnes questions. C'est-à-dire que, par exemple, le transport, j'aimais ça, c'était dans mes cordes, et je recherchais là-dedans un peu par automatisme, dans ce secteur par automatisme. Et en fait, très rapidement, je me suis dit, mais il faut que tu te poses les bonnes questions. C'est-à-dire que... Ce secteur-là veut qu'effectivement il y ait telle contrainte. C'est le package qui va avec. Et bien si tu n'es plus en accord avec deux impératifs du poste, n'y retourne pas. Et en fait l'idée c'était surtout de prioriser ce qui était important pour moi ou pas. Et j'en arrivais à cette conclusion que j'aimais le transport, mais il y avait quand même des choses qui mettaient des freins à cet équilibre que moi je cherchais entre ma vie pro et ma vie perso que dans ce secteur d'activité je ne pouvais pas trouver. Donc ça m'a amené à cette première réponse de Ok, du coup le transport, il faut peut-être que j'enferme la porte Parce que du coup, il faut accepter Si je te donne un exemple, c'est comme quelqu'un qui va te dire Moi je veux travailler dans le commerce, mais je ne veux pas bosser les samedis Ça ne matche pas C'est une contrainte réelle Mais si on n'en veut pas de cette contrainte-là Il ne faut pas se lancer là-dedans Sinon on se fait du mal à soi-même
- Speaker #1
Ok Donc de moi et T'as le courage de te dire ok bah c'est bon, j'arrête ? Du coup, ça devait être pendant la période d'essai, je pense.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, en fait. J'annonce tout simplement à mon directeur que je ne vais pas rester. Donc, ça se fait de manière très transparente. Je ne le prends pas en traître. Je le préviens longtemps à l'avance. D'ailleurs, il me convainc effectivement de rester jusqu'à telle date. Enfin, voilà, ça s'est fait franchement de manière très, très transparente, honnête et bienveillante dans les deux cas. euh... Comme quoi, l'honnêteté pète tout, paye toujours.
- Speaker #1
Tu as fait ces deux mois, tu t'es rendu compte que ce n'était plus pour toi. Et ensuite, que se passe-t-il ?
- Speaker #0
Et alors ensuite, que se passe-t-il ? Pour la suite, n'hésite pas à me recadrer, en fait, si je pars un peu dans tous les sens. Parce que pour le coup, c'est une période un peu transitoire. Je reviens juste en arrière, vraiment, je fais une parenthèse. En 2009, j'avais fait un bilan de compétences.
- Speaker #1
Ok, donc toi, tu avais été soumise en gros à un bilan de compétences. de compétences, on a fait le bilan de tes compétences.
- Speaker #0
Exactement. Donc en 2009, j'ai fait un bilan de compétences via le fonds Gécif à l'époque. Aujourd'hui, c'est finançable par CPF et par Transition Pro. Les organismes ont changé, mais c'est toujours juste l'appellation qui a changé. Mais effectivement, à l'époque, j'ai fait un bilan de compétences et donc j'étais déjà dans le transport à ce moment-là. Mais je me posais déjà beaucoup de questions. j'aimais ce milieu ma question c'était est-ce que je vais faire ça toute ma vie voilà donc après je suis comme ça je suis quelqu'un où je me pose mille et une questions à la minute, tout le temps, je remets toujours, enfin je remets tout le temps tout en question, non, mais j'ai cette facilité à me poser beaucoup de questions et à m'introspecter souvent. Donc je fais ce bilan de compétences et ce qui en ressort à l'époque, c'est un intérêt assez fort et des prédispositions pour le secteur RH. A la suite de ce bilan de compétences, j'entame une démarche pour faire une formation. pour faire un BTS. Donc reprendre ce que j'avais laissé quelques années plus tôt. Et les portes se sont fermées pour des raisons de financement. Donc voilà, cette parenthèse étant fermée, c'est que ça va insuffler cette transition en fait à ce moment-là. Et donc, après cette expérience du coup en tant que responsable opérationnel, je continue mes recherches. Après, c'est ce que je te dis, moi je suis un peu à ce moment-là en... Toujours en introspection, en fait. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, je me dis, OK, bon, ça, ce poste-là, il n'est pas pour moi. Mais les questions continuent, en fait. Donc, en fait, je suis partagée entre le travail alimentaire, devoir travailler sur le plan alimentaire, pour manger, en fait, clairement. Mais je suis encore en train de me poser mille et une questions. Et au travers d'une expérience... assez douloureuse pour mon mari, sur le plan professionnel, fait ressortir un constat qui était pour moi assez clair. Depuis maintenant quelques années, le constat c'était de se dire, alors qui a été repris par des sociologues, enfin quand je dis repris, qui a été constaté, qui a été identifié, qui a été étudié par des sociologues, mais ça je l'ai su par la suite. Mais en tout cas, le constat, c'est de se dire souvent, le problème, c'est pas tant le métier qu'on fait. On peut aimer plein de métiers, mais parfois, ce qui peut être complexe, c'est les conditions de travail, en fait. Et donc, j'en arrive à ce constat-là, et en fait, un matin, alors ça, par contre, je sais pas si j'aurai la réponse un jour de pourquoi je me lève avec cette idée-là le matin, et je me dis, mais en fait, c'est ça que je veux faire, je veux accompagner les gens. à traverser des périodes complexes, des périodes de questionnements, etc. Sauf qu'une fois ce constat étant fait, n'ayant pas fait d'études non plus, en tout cas post-bac, qu'est-ce que j'en fais de ça ? Comment je le mets en place et comment je le construis ? Donc je me mets à rechercher, alors au travers de mes contacts, internet, tous les canaux étaient branchés. pouvoir avoir de l'info.
- Speaker #1
Le réseau.
- Speaker #0
Le réseau et pas que en réalité. Mais le réseau,
- Speaker #1
même familial, informatique, tous les réseaux.
- Speaker #0
Tous les canaux sont mis vent debout. Et à ce moment-là, on est en Covid aussi. Voilà. On est en période Covid. Donc, je fais appel au cabinet de recrutement. avec lesquels je suis en lien dans ma recherche d'emploi. Je fais également appel à un organisme de formation, du coup, parce que je me dis, OK, il va falloir que je me forme. Sauf que pour faire cette formation, il y a des prérequis. Et des prérequis qui sont liés au niveau d'études ou à l'expérience. Et donc, pour faire la formation qui m'intéressait, pour être dans l'accompagnement des transitions professionnelles, il fallait que j'aie soit une expérience dans les RH, soit... Alors, c'est un master. RH, etc. Donc, je n'ai pas accès à cette formation. Et là, j'ai un peu des barrières qui se mettent devant moi. Et par la suite, j'accepte. Dans le cadre des relations que j'ai avec des cabinets de recrutement, notamment un, je fais un entretien pour un poste, pas chez eux, mais un poste pour une autre société, qui ne va pas forcément... Le recrutement ne va pas jusqu'au bout. Et en fait, j'ai osé faire un truc que j'ai jamais fait de ma vie en entretien. C'est le consultant qui me recevait en entretien. Je lui ai dit très clairement, moi, un poste comme le vôtre, ça m'intéresse. Et ça a marché. Ça n'a pas marché tout de suite. Sur le moment, la directrice d'agence a dit un non, clairement. Et puis... Un alignement des planètes, un concours de circonstances, il s'avère que la personne qui devait prendre un poste ne l'a pas accepté au dernier moment, je crois que la mutation ne pouvait pas se faire, et elle m'a rappelé. Donc j'accepte ce que je fais. ce poste de consultante RH spécialisée dans le recrutement, transport et logistique. L'aventure dure 5 ans et après je te laisse éventuellement centrer les questions parce que c'est là où je te dis...
- Speaker #1
Oui voilà c'est ça ! Donc du coup, avant d'aller sur la suite et actuelle, où est-ce qu'on en est aujourd'hui, et bien du coup en prenant en compte cette dernière expérience de 5 ans en tant que consultante RH, tout au long de ta carrière jusqu'à ce point là du coup quel a été ton ou tes plus grosses épreuves y compris la dernière expérience déjà tes plus grosses épreuves et puis après on passera sur les plus grandes réussites entre guillemets ou les plus grands les plus grands moments de ta carrière donc le ou les peu importe comme tu veux alors il y a
- Speaker #0
Une épreuve, alors des épreuves, il y en a beaucoup, mais en tout cas, il y en a une qui m'a marquée. La première qui m'a marquée, c'est quand je travaillais en espace SFR, donc dans le commerce, sur ce poste de conseiller service après-vente. Et en fait, j'ai subi une agression, très clairement, de la part d'un client. Et ça, ça a été... hyper violent et traumatisant. D'ailleurs, ça a été les prémices qui m'ont servi après à pouvoir commencer à identifier ce que je ne veux pas, ce que je ne veux plus. Et j'ai trouvé ça d'une violence inouïe et je me suis rendu compte qu'à quel point l'être humain pouvait être aussi mauvais que formidable. Voilà, donc ça, ouais.
- Speaker #1
Et du coup, ça a contribué aussi à construire qui tu es et du coup aussi ton parcours professionnel parce qu'on dissocie. notre parcours pro de notre vie perso souvent, mais en vrai, on est la même personne. Donc au final, si ça construit un côté, un penchant de ta vie perso, ça construit forcément un penchant de toi dans ta vie pro. Donc ça, ça a été une épreuve. Qu'est-ce que tu en as tiré de cette épreuve-là ? Après la douleur et la remise en question peut-être, l'assimilation de l'événement.
- Speaker #0
La première conclusion, c'est que ça a déclenché l'épreuve. première réalité de je ne veux pas être en relation clientèle particulière. En tout cas, à ce moment-là. Mais parce que j'étais aussi en recherche à ce moment-là de ce que je pouvais faire après et de ce que je voulais faire après.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Et peut-être du coup, bon parce que j'ai déjà discuté avec Amélie, donc c'est pour ça que je peux orienter un petit peu. On va déjà à partir sur... un des événements qui t'a marqué en positif dans ta carrière ? Et après, on reviendra à l'instant un peu actuel.
- Speaker #0
Eh bien, le premier événement positif, en tout cas pour moi, qui est marquant et positif, c'est effectivement le fait d'être acceptée sur ce poste de consultant RH parce que ça a généré chez moi le « en fait, tout est possible » . Et ouais, voilà ce que... En fait, ça a été marquant dans ce sens-là, parce que ça, c'est un prisme que je n'avais jamais vu, jamais identifié, ou en tout cas, pour lequel, de par ma personnalité, je m'étais toujours mis des freins avant, en fait.
- Speaker #1
Ok, et c'est vrai, et d'ailleurs ça c'est très important, et ça montre ça, t'as eu le cran de le faire, mais du coup, de se dire... que des fois, en fait, il faut tenter. Des fois, il faut y aller au culot. Au pire, ils me disent non, et puis c'est tout, quoi.
- Speaker #0
C'est ça. Je pense que tant que c'est fait toujours dans le tact, dans le respect, intelligemment, et que ça montre quelque chose de positif et une envie, go, il ne faut pas se poser de questions. En fait, il y a beaucoup de choses que je n'ai pas dites ou pas faites par peur, par crainte. Enfin, c'est le même mot, mais... Il y a des fois, c'était de la peur, vraiment, mais en fait, il n'y a pas de risque. En fait, on ne pourra jamais nous reprocher de marquer de l'intérêt pour quelque chose. Mais ça, je pense aussi que quand on est jeune, c'est normal de ne pas oser. Et c'est justement au travers des années, quand on arrive à identifier ce qu'on veut, ce qu'on ne veut plus et ce qu'on est capable de déployer comme énergie, c'est plus facile de se positionner.
- Speaker #1
Ok, c'est vrai, je suis tout à fait d'accord avec ça. C'est très important, je trouve, à avoir conscience. Et comme ça, je me dis, peut-être qu'il y en a qui peuvent prendre conscience un peu plus tôt, ils peuvent tenter un peu plus tôt. Ok, donc je reviens à la fin de ton écrou. expérience RH. Ce moment-là, comment se passe-t-il ?
- Speaker #0
Alors, la fin de ces 5 ans sur le poste de consultant RH se solde par un burn-out. Voilà, alors, je ne sais pas si tout le monde sait, je pense que oui, on en entend parler quand même, un burn-out. C'est un trop-plein, effectivement. Alors, le poste de consultant RH, ça a été 5 ans en cabinet, agence, donc euh d'intérim, enfin emploi temporaire, donc intérim, CDD, CDI, donc par des rythmes assez denses, en lien à l'humain tout le temps, en permanence, avec énormément d'interactions de tous genres, et avec trois métiers en un. Donc, 40 heures par semaine, minimum, bien entendu, contractuellement, 40 heures, à se répartir entre le poste de commercial, le poste de recruteur et le poste de gestionnaire de paie. Donc, bon, voilà. Et ça se solde par un burn-out.
- Speaker #1
Est-ce que tu as quand même aimé, alors pas la fin, parce que forcément, si on est en burn-out, c'est que ça ne va plus, c'est que c'est compliqué. Est-ce que tu as quand même aimé ton expérience RH ? Qu'est-ce que ça t'a appris ? Et est-ce que tu as aimé ça ?
- Speaker #0
Alors, j'ai aimé. J'ai aimé. Et en fait, comme toute expérience, c'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'une expérience ne se termine pas comme on l'aurait souhaité, qu'elle est... pas constructive, en fait. Tout est constructif. Et j'ai passé 5 ans malgré tout extraordinaires, en plus avec une équipe terrible, des collègues au top. Ça m'a appris énormément de choses parce que là, on était vraiment sur une réorientation à 360. Donc, j'avais tout à apprendre sur les 3 sphères du métier. Donc, autant la partie technique transport m'a servi pour pouvoir échanger, communiquer avec mes candidats et aussi bien avec mes clients. Mais sur le reste, j'avais tout à apprendre. Donc, peu importe comment ça s'est soldé. Moi, là, aujourd'hui, ce que je retiens, c'est que ça a été un tremplin professionnel incroyable.
- Speaker #1
Super. Donc ensuite, qu'est-ce qui se passe ? Il faut un moment, je pense, pour se reposer, se remettre. Est-ce que tu décides de... Du coup, ok, c'est terminé pour ce poste-là. Une fois que la phase compliquée du burn-out est un peu derrière toi, qu'est-ce que tu envisages ? C'est pareil,
- Speaker #0
si je reviens juste un petit peu en arrière, effectivement, quand j'ai eu la chance d'accéder à ce poste de consultant RH, mon objectif était là. C'est-à-dire que... que je le voyais quand même déjà sur un poste tremplin. Par contre, ce que je n'avais pas à ce moment-là, c'était la temporalité. Combien de temps j'allais rester sur ce poste ? Est-ce que j'allais y rester 3 ans ? Est-ce que j'allais y rester 5 ans ou 10 ans ou 15 ans ? Je ne m'étais pas mis de pression par rapport à ça. Mais je m'étais dit, ça reste un poste tremplin puisque j'avais effectivement un objectif toujours en tête. Pour être précise par rapport à ma réponse, Je mets à peu près globalement neuf mois pour me réparer et construire la suite. En fait, c'est ça. Et comme toute période qui peut être ou paraître néfaste, parce que c'est le cas à ce moment-là, elle est constructive, parce que là, ça permet de recentrer les priorités, de comprendre. Je me suis fait aussi accompagner par une professionnelle, par une psychologue. C'était ça l'enjeu. L'enjeu de cette saison, je dirais, ça a été de pouvoir identifier ce qui m'a amenée à ce burn-out. Par contre, à l'avenir, qu'est-ce que je mets en place pour ne pas que ça se reproduise ? Et j'avais qu'un objectif, c'était ça. C'était là où je suis tombée, je ne veux pas y retourner. Parce que c'est dangereux. Et donc, une fois que j'étais prête psychologiquement, Alors, j'ai presque envie de dire, des fragilités, j'en ai encore. Mais si effectivement, à ce moment-là, je me dis, voilà, j'ai deux solutions. Soit, effectivement, je continue à rester chez moi, mais ça peut mettre énormément de temps. Soit, je prends un peu le taureau par les cornes et je fonce et on voit. Et en fait, effectivement, le fait aussi de redonner du sens, eh bien, ça m'a permis d'engager la suite.
- Speaker #1
La suite, du coup ?
- Speaker #0
qui est de décider d'aller au bout de cet objectif qui s'était construit 6 ans auparavant et du coup avec le recul en réalité plus de 10 ans, 10-15 ans, d'accompagner les transitions professionnelles. Donc je me suis inscrite à une formation certifiante pour pouvoir être consultante en transition. professionnelle.
- Speaker #1
Et donc aujourd'hui, là, à l'heure où on discute, t'en es où ? Est-ce que t'es toujours au cours de cette formation ? Est-ce que t'as terminé ? Voilà, t'en es où ?
- Speaker #0
Alors, elle a commencé début septembre et elle se termine très bientôt. Elle se termine officiellement le 20 et le 21 novembre. Je passe devant un jury pour ma certification.
- Speaker #1
Est-ce que, du coup, t'es contente ? Est-ce que ça te plaît ? Donc là, je suppose que tu es en plein apprentissage. Est-ce que ça te plaît ? Est-ce que tu dis que, franchement, en tout cas, tu as parlé de saison tout à l'heure et c'est vrai que j'aime bien ce terme-là. Est-ce que pour la saison actuelle, est-ce que c'est bon ? Est-ce que ça te va ? Est-ce que...
- Speaker #0
Ah oui, parfaitement. Je suis dans mon élément. J'apprends plein de choses. J'avais besoin de me nourrir davantage et je suis très heureuse. Je pense... La suite me le dira, parce que même aujourd'hui, je sais qu'aujourd'hui je suis à ma place, je sais qu'aujourd'hui je veux faire ce métier. Après, ce qui va se passer dans dix ans, je ne l'ai pas. Moi, en fait, je pars du principe que je me construis des objectifs, mais je suis consciente que tout peut changer, en fait, tout le temps. Et je trouve que c'est ce qu'il y a de génial avec notre génération, c'est qu'on n'est plus figé, en fait, dans un métier, dans un secte. En tout cas, si on le fait, c'est parfois quelque chose que l'on s'inflige ou parfois un choix. Mais en tout cas, pour ceux qui n'ont pas envie de subir ce choix ou qui n'ont pas envie de faire ce choix-là, c'est OK. Tout peut changer tout le temps. Il suffit juste de... Enfin, il suffit juste. C'est parfois plus facile à dire qu'à faire. Bien sûr que ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple. Mais... Tout peut changer tout le temps à celui qui a envie et qui est déterminé.
- Speaker #1
Et du coup, ça m'amène à te poser la dernière question de ce podcast parce que j'ai trouvé ça vraiment très très... En fait, je trouve que ta carrière est très très riche alors que t'es encore quand même jeune. Et c'est aussi le sujet vraiment du podcast, comme je le disais tout à l'heure, c'est de montrer qu'on peut commencer quelque part, finir à un endroit totalement différent. avoir traversé 5 continents entre temps et 15 saisons différentes et ce que je trouve intéressant avec ton parcours c'est qu'à chaque fois t'as su te recentrer analyser et te recentrer par rapport à aujourd'hui j'ai 2 enfants, ça c'est plus possible pour moi, je passe à autre chose ok bah aujourd'hui le transport c'est plus possible pour moi, je passe à autre chose, ah je me souviens qu'en 2009 j'avais fait un bilan de compétences et en fait tout fait sens au final parce qu'en 2009 C'est exactement ça, c'est exactement, c'est un puzzle. Et donc je trouve ça très intéressant. Ma dernière question, c'est vraiment, je sais que tu as des enfants qui sont dans cette tranche d'âge à peu près, tu as un jeune en face de toi, qui a entre 18, 20 ans, 21, 22, 25, peu importe, qui est perdu, qui ne sait pas, qui a l'impression, souvent les jeunes ont l'impression que tout se joue. À 18 ans, quand on doit choisir là pour le bac, qu'est-ce que tu dirais à ce jeune pour le rassurer et lui dire que tout va bien se passer et voilà.
- Speaker #0
Moi, ce jeune, j'ai envie de lui dire, donne-toi du temps, donne-toi le droit d'échouer, donne-toi le droit de changer, donne-toi le droit d'avancer à ton rythme, donne-toi le droit de te poser les bonnes questions, d'expérimenter et que rien n'est figé en fait. Donc tu as le droit et de prendre ton temps. Expérimente, prends ton temps, rien n'est figé. Et en fait, une carrière, ça se construit quoi. Une vie professionnelle, ça se construit avec une vie perso. Et fais-toi confiance. Donc ça va le faire. Mais par contre, il faut juste se donner du temps et se donner le droit à l'erreur. Et ce n'est pas grave. Et on est OK avec ça. Tout va changer et c'est normal. Parce qu'à 10 ans, on est une personne. À 20 ans, on est une autre personne. À 30 ans, on n'a pas les mêmes envies. À 40 ans et à 50 ans non plus. Et ça revient à ce que je disais de tout à l'heure. Même là, voilà, moi aujourd'hui j'ai 42 ans, aujourd'hui je veux faire ça à 55 ans, j'en sais rien. Peut-être que j'aurai encore envie d'autre chose. Donc voilà, on se donne le temps d'avancer, avance à ton rythme et donne-toi le temps en fait.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de 1000 Parcours Pro au micro. Si le parcours d'Amélie t'a parlé, fait écho à tes propres questionnements ou t'as simplement rassuré sur le fait qu'une carrière peut toujours évoluer, changer, se réinventer, Alors cet épisode a rempli sa mission. Ce que j'aimerais que tu retiennes surtout, c'est qu'il n'y a pas d'âge, pas de timing parfait et pas de parcours en retard ou mal construit. Il n'y a que des trajectoires différentes avec leurs détours, leurs pauses et parfois, comme tu as pu le constater, leurs grandes remises en question. Si ce podcast te fait du bien, n'hésite pas à t'abonner, à le partager à un jeune de ton entourage ou à quelqu'un qui se pose des questions sur sa vie professionnelle. Et pour l'épisode de la semaine prochaine, petit teasing. on va s'attaquer à une question que beaucoup se posent, parfois sans oser se la formuler. À quoi servent vraiment les études dans le monde du travail ?
- Speaker #0
Pourquoi a-t-on parfois l'impression de ne jamais utiliser ce qu'on a appris ? Est-ce que ça veut dire que les études ne servent à rien ? Ou est-ce qu'on se trompe simplement sur ce qu'elles sont censées nous apporter ? On parlera de savoir, de compétences, de décalage entre l'école et l'entreprise, de ce fameux moment où on doit apprendre à faire, et surtout de pourquoi ce sentiment de flou est normal, et même essentiel dans la construction d'une carrière. Un épisode pensé tout particulièrement pour les étudiants, les jeunes actifs, mais aussi pour tous ceux qui ont déjà eu l'impression un jour d'avoir appris pour rien. Je te donne donc rendez-vous mardi prochain pour continuer ensemble à déconstruire les idées reçues et élargir le champ des possibles. D'ici là, prends bien soin de toi et à très vite dans 1000 Parcours Pro au micro.