Speaker #0Minute papillon, c'est l'histoire. La rentrée des mamans. Ce matin, c'est la rentrée. Pauline s'est réveillée la première. Elle se lève... et va secouer sa maman qui dort encore. Elle lui dit. Réveille-toi maman. Allons, c'est l'heure. On va être en retard à l'école. Non, non et non. Je veux pas. Pas déjà. Il est trop tôt. Et puis, j'ai envie de me promener avec toi. D'aller nager et jouer avec ton papa. Non et non, je veux parler à l'école. Pauline dit doucement. Voyons maman, sois raisonnable. Allez, lève-toi, tu es grande tout de même. Tu sais très bien que l'été ne peut pas durer toujours. Et après l'été, qu'est-ce que c'est, hein ? C'est l'automne. Et à l'automne, qu'est-ce qu'il y a ? La rentrée, voilà. C'est tout, c'est comme ça. Alors la maman se lève en ronchonnant. Elle laisse au placard le short rouge, son maillot de bain vert, ses sandales blanches et son sac de plage en plastique. Ah, elle enfile enfin sa jupe grise. Elle s'énerve un peu parce qu'elle n'arrive pas à la graffer. S'il te plaît, aide-moi, Pauline, et cherche mon sac et mes clés. Elle enfile son impaire et ses bottes, et elle prend son sac que Pauline a trouvé. Elle dit d'un air boudeur, je suis prête. Et les voilà partis. En chemin, Pauline essaye de distraire sa maman. Regarde comme l'automne est joli ! Les feuilles sont déjà dorées et l'air est si doux encore. Tu sais maman, la journée va passer vite. Tu vas courir au bureau, lire ton courrier, taper deux ou trois trucs à l'ordinateur, téléphoner à mamie et à tes amis pour leur raconter la rentrée. Et il sera déjà midi ! Mais maman boude et ralentit le pas. Pauline se dit... Elle le fait exprès pour m'énerver. « Allons, marche un peu plus vite, maman ! Tu vas nous mettre en retard ! » À la grille, il y a plein d'autres mamans qui boudent devant l'entrée. Leurs petites filles et leurs petits garçons font semblant de ne pas s'en apercevoir. Ils retrouvent leurs copains. « Oh, Pauline ! Tu es allée à la mer ? Est-ce que t'es bronzée ? » « Oh non, moi j'étais à la campagne ! » « Il y avait des cochons, des mouches et des myrtilles. Je te raconterai. » « Oh, regardez Mimi, elle s'est coupée les cheveux. Ça lui va drôlement bien. » Les mamans parlent beaucoup entre elles, mais sans beaucoup d'entrain. « Mon fils a pris 5 centimètres. » dit l'une. « Le mien, 2 kilos. » dit l'autre. « Ma fille a attrapé des papillons. » dit l'une. « La mienne, la rougeole. » dit l'autre. Enfin, la cloche sonne. Les enfants se précipitent dans les bras de leur maman. Pauline dit. À tout à l'heure, maman. Bon courage. Allez, file prendre ton autobus maintenant. Il est grand temps. Antoine dit. Travaille bien, maman. À ce soir. N'aie pas peur. Il ne m'arrivera rien pendant ton absence. Nina dit. Prends tes vitamines, maman, si tu te sens un peu mollassonne. Ne perds pas tes clés comme l'an dernier, hein ! Bref, les enfants font leur dernière recommandation. Quelques mamans ont la larme à l'œil. Elles reniflent parce qu'elles ont oublié leur mouchoir à la maison. Certaines ne veulent pas quitter les bras de leurs enfants. D'autres restent accrochées des deux mains aux grilles de l'école. Les mamans réclament. Encore un bisou ! Et comme c'est le jour de la rentrée et que les enfants sont encore très patients, il leur donne encore un bisou sur la joue. Enfin, Pauline prend un air sévère. Allez maman, ça suffit maintenant, moi j'ai du travail. A tout à l'heure. Et les mamans, agrippées à leur sac à main ou à leur caddie, font un dernier signe d'adieu. Et elles repartent bien courageusement vers le bureau, le marché ou la maison. Quand les mamans sont parties, les petites filles et les petits garçons sont bien soulagés. Finalement, Pauline dit... Ouf ! Ma maman à moi n'a pas fait trop d'histoire. Mais elle a été dure à lever ce matin. Nina soupire. Ma maman à moi a d'abord oublié son sac, puis ses clés et, pour finir, elle est partie sans son porte-monnaie. C'est fou ce qu'elle a la tête en l'air ! Antoine dit. Vous savez, il faut bien leur laisser le temps de s'habituer. C'est dur pour les mamans à la rentrée. Dans la cour de récréation, le soleil joue dans les feuilles du marronnier et les enfants peuvent enfin s'amuser.