Speaker #0Bonjour, vous écoutez le 37e épisode de Moment de Vérité, le podcast qui vous aide à mieux présenter vos idées. Aujourd'hui, je réponds à une question que l'on me pose très souvent. Comment faire quand on ne m'écoute pas ? Mon nom est Bruno Clément, je suis le cofondateur de Zepresenters, un cabinet de conseil en stratégie narrative. Et mon métier, c'est d'aider les gens à exprimer clairement leurs idées et les présenter efficacement en toutes circonstances, de la machine à café au palais des congrès. Je partage dans ce podcast des conseils concrets issus de notre méthodologie, le Hubstory. Et si vous avez envie d'en savoir plus, rendez-vous sur le site www.zepresenters.com. 58%. C'est le pourcentage de gens en entreprise qui, lors d'une réunion, avouent penser ou faire autre chose que d'écouter l'orateur. Ce chiffre est issu d'une étude que nous avons menée en 2019 chez Zepresenters avec Opinion Way auprès d'un échantillon représentatif de managers en entreprise. Donc, quand vous prenez la parole, dites-vous bien qu'il y a de fortes chances qu'a priori plus d'une personne sur deux ne vous écoute pas vraiment. Les activités connexes les plus fréquentes étant rédiger des mails ou textos pour 43% et travailler sur d'autres choses pour 1 personne sur 3. Quand on voit ces chiffres, on comprend pourquoi il y a une véritable guerre de l'attention dans toutes les prises de parole en public. Et imaginez ce que cela donne quand on est en visio et que les gens qui sont censés vous écouter n'ont pas branché leur caméra. Alors comment faire quand le public ne vous écoute pas ? Et bien généralement à cette question, je réponds non sans une pointe de provocation. Si on ne vous écoute pas, c'est de votre faute. C'est un peu comme si un humoriste se plaignait que les gens ne rient pas à ses blagues. Si le public ne rit pas, c'est qu'il n'est pas drôle. Alors évidemment, ce n'est pas si simple, et parfois l'auditoire auquel vous faites face est plus ou moins attentif et positif à votre égard. Pour autant, tout comme un humoriste qui ne peut pas forcer son public à rire, vous ne pouvez pas forcer les gens à vous écouter. En revanche, votre responsabilité d'orateur est de tout faire pour. Et pour vous y aider, je me propose de partager avec vous trois conseils. Premier conseil, acceptez de ne pas être écouté par tous. Quelle que soit votre maîtrise de l'art oratoire, certaines personnes ne vous écouteront pas. Et surtout, ne le prenez pas personnellement. Il y a mille raisons pour lesquelles les personnes ne vous écoutent pas. Une urgence à traiter, une charge mentale trop importante, des soucis personnels, un haut degré de fatigue, une présence imposée par la hiérarchie, etc. Votre objectif en tant qu'orateur n'est certainement pas de convaincre tout le monde, mais d'embarquer celles et ceux qui seront le plus réceptif à vos idées et vos projets. Alors plutôt que de vous focaliser sur les personnes qui ne vous écoutent pas, faites le choix conscient de vous adresser à tous les autres, celles et ceux qui vous montrent de l'intérêt pour votre propos, par un regard, un hochement de tête, voire une question. Et puis, si vraiment vous faites face à un public hostile, et oui, ça arrive, faites comme moi. Dites-vous simplement qu'on ne peut pas forcer un âne à boire s'il n'a pas soif. Mais votre responsabilité d'orateur est de lui montrer la direction du puits. Deuxième conseil, préparez-vous à l'imprévu. En parallèle de mon activité chez Zepresenters, il se trouve que depuis 15 ans, je joue régulièrement dans des pièces de théâtre en tant que comédien. C'est d'ailleurs comme cela que j'ai rencontré Sébastien Bernard, mon associé. Et pour avoir joué dans une douzaine de pièces, je peux vous dire que bien que le texte soit identique, chaque représentation est unique. Et il arrive parfois que l'on ressente que le public est plus mou que d'habitude, qu'il réagit moins, voire même qu'il ne rit pas à une réplique dont vous savez pourtant qu'elle fait habituellement mouche. Et clairement, cela peut être très déstabilisant. Et nuire à la qualité de votre jeu si vous vous laissez submerger par le doute. Eh bien, il en va de même pour vos prises de parole. Parfois, le public est moins réceptif, moins attentif. Et dans ces moments-là, il est essentiel d'être à même de mobiliser toutes vos ressources pour continuer à délivrer une présentation claire et impactante de vos idées. Et pour y arriver, il n'y a pas d'autre secret que de faire comme les comédiens. Préparez soigneusement votre intervention et la répétez autant de fois que nécessaire pour vous sentir en pleine confiance quelles que soient les circonstances. Confiance en vos idées, confiance en votre projet et confiance en vous. N'oubliez pas que les comédiens ne répètent pas pour être bon, mais pour être prêt, y compris à l'imprévu. Troisième et dernier conseil, prenez soin de votre public. Je vous l'ai déjà dit dans un précédent podcast, personne ne se lève le matin en se disant Chouette, il y a une réunion PowerPoint à 9h, qui plus est en visio Alors certes, une présentation n'est pas un spectacle que les gens ont envie de voir, Pour autant, c'est une expérience que vous faites vivre à votre public. Et au-delà du contenu que vous partagez, votre responsabilité d'orateur est de faire en sorte que cette expérience soit à la fois utile et agréable. Les deux mots comptent et de mon point de vue sont indissociables. En effet, utile mais pénible, ça tout le monde sait faire. C'est ce que nous appelons chez Zepresenters le syndrome de l'expert. Quelqu'un qui ne fait pas l'effort de simplifier son propos pour en amplifier l'impact et noie son public dans le torrent de sa propre complexité. A l'inverse, agréable mais futile, c'est tomber dans un autre syndrome, celui du showman, quelqu'un qui est là pour faire le show et qui présente pour se faire plaisir. Alors certes, c'est souvent agréable à écouter, mais dans le contexte d'une intervention professionnelle, c'est rarement efficace car ça donne le sentiment au public d'avoir perdu son temps. Et la bonne nouvelle, c'est que plus vous prendrez soin de votre public en créant une expérience utile et agréable, plus il prendra soin de vous en vous accordant une écoute attentive. Donc, pour résumer, trois conseils à suivre pour moins subir et prendre plus de plaisir, quelles que soient les circonstances et le comportement du public auquel vous avez affaire. Premier conseil, acceptez de ne pas être écouté par tous. Deuxième conseil, préparez-vous à l'imprévu. Et troisième conseil, prenez soin de votre public. Et pour terminer, j'ai un dernier conseil bonus. Soyez exemplaire. Quand vous êtes de l'autre côté du miroir, dans le public, bien installé dans une salle de réunion ou devant votre écran d'ordinateur en visio, et que vous faites face à un orateur qui prend soin de vous en partageant ses idées de manière claire et inspirante, prenez soin de lui en lui accordant une écoute attentive. Montrez-lui de l'intérêt, posez-lui des questions. Et si vous êtes à distance, branchez votre caméra. Merci d'avoir écouté ce 37e épisode de Moment de Vérité. La semaine prochaine, on va parler storytelling et de l'importance d'avoir un fil narratif cohérent. Si vous avez envie d'en savoir plus sur Zepresenters, notre méthodologie, notre offre de conseils et de formation, je vous invite à télécharger gratuitement notre petit guide de survie pour rendre vos idées désirables que vous trouverez sur le site www.thepresenters.com Pour ne manquer aucun épisode, vous pouvez également vous abonner sur la plateforme de votre choix, Apple Podcasts, Deezer, Spotify. Et si vous aimez le contenu de Moments de Vérité, la meilleure façon de le soutenir est de laisser un avis positif accompagné de 5 étoiles sur Apple Podcasts. Cela permettra à d'autres de le découvrir plus facilement. Je vous dis à très bientôt sur Moments de Vérité, le podcast qui vous aide à mieux présenter vos idées.