Speaker #0Voilà, c'est fini. Sublime chanson de Jean-Louis Aubert, un artiste exceptionnel qui a bercé toute mon adolescence avec le groupe Téléphone et qui depuis mène une superbe carrière solo. Bref, vous avez compris, je suis assez fan. Mais ce n'est pas de musique dont je vais vous parler aujourd'hui, mais de ce fameux voilà que nous sommes tous très nombreux à utiliser dans différentes situations. Et je vous propose d'en décrypter quelques-unes, car elles nous éclairent dans notre rapport à la prise de parole. Il y a d'abord les voilà qui viennent se substituer à un mot qu'on n'ose pas dire. Le fameux bah tu sais comment il est, voilà Ou encore oui bon bah voilà, c'est comme ça, voilà Alors qu'est-ce que nous apprend ce genre de voilà Eh bien, il exprime tout simplement une gêne sociale. Nous sommes des animaux sociaux et nous avons besoin les uns des autres pour progresser dans nos vies. Et cela passe en grande partie par les interactions avec nos pères. Et très souvent, et en particulier dans le monde de l'entreprise, on ne s'autorise pas à exprimer ouvertement ce que l'on pense d'une situation ou d'un comportement. Pour autant, si vous souhaitez prendre la parole efficacement, il est essentiel de trouver et d'exprimer les mots justes, et en particulier dans les situations délicates. Cela demande de la préparation, parfois même du courage, mais comme l'a si bien dit Albert Camus, mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde. Il y a les voilà qui expriment une émotion positive, et ben voilà, on l'a fait, c'était pas si difficile, ou négative, et ben voilà, comme par hasard, sur qui ça tombe, sur moi. Quel est l'apprentissage de ce genre de voilà ? Et bien tout simplement que nous sommes des êtres de chair et d'émotion. Pour vous faire confiance, le public qui vous écoute a besoin de ressentir votre engagement émotionnel dans votre prise de parole. Et là aussi, c'est quelque chose qui se prépare bien en amont. Il faut être au clair sur votre objectif de présence. Qu'est-ce que vous voulez que le public ressente, pense et fasse après vous avoir écouté ? Alors évidemment, petit rappel plein de bon sens, le public préférera toujours suivre quelqu'un qui est clairement animé par des émotions et des intentions positives, plutôt que d'écouter un caramel mou qui passe son temps à se victimiser, ou un caramel dur qui cherche à en découdre avec la terre entière. Et enfin, il y a le roi des voilà, le king de la conclusion, le fameux Merci de m'avoir écouté, bah voilà Alors qu'est-ce que nous apprend ce voilà ? Le sous-texte de ce voilà conclusif, c'est le ouf de soulagement que l'on pousse intérieurement parce que ça y est, la présentation est enfin terminée. Ce voilà, c'est un symptôme visible d'un syndrome que nous appelons chez Zepresenters le syndrome du bon élève. Quelqu'un qui vient présenter pour montrer qu'il a bien travaillé et qui considère sa prise de parole comme un passage au tableau. Alors pour rester dans la métaphore, de notre point de vue, un bon orateur n'est pas un bon élève, mais c'est plutôt un guide de haute montagne, un premier de cordée qui prend soin de son public et qui l'accompagne pas à pas sur le chemin de ses idées. Et au bout de ce chemin, il y a un moment très important. C'est celui où on se dit au revoir. Alors c'est vrai qu'on dit souvent que les premières secondes sont cruciales dans une prise de parole. Mais on oublie que la conclusion est tout autant stratégique dans la trace émotionnelle que vous allez laisser dans la tête du public. Et j'aime beaucoup cette citation américaine The last impression is the lasting impression. La dernière impression, c'est celle qui dure. C'est la raison pour laquelle il est essentiel de soigner autant votre conclusion que votre introduction. Alors, des voilà, il y en a plein d'autres. Celui qui exprime le plaisir d'avoir trouvé un mot ou une idée que l'on cherche. Euh, ah ben voilà, c'est ce que je voulais dire. Ou encore celui qui vous permet d'acquiescer dans le sens d'une personne. Eh ben voilà, on est d'accord. Et je suis bien certain que vous en avez plein d'autres en tête. Voilà, voilà, voilà, voilà. C'est le moment de nous dire au revoir pour cette troisième saison. Franchement, je n'imaginais pas il y a un an, en plein premier confinement, qu'aujourd'hui j'en serais déjà au cinquantième épisode de Moments de Vérités. C'est un sacré challenge pour moi de garder ce rythme quasi hebdomadaire et en même temps, c'est un immense plaisir de les écrire et de les partager avec vous. Et je vous remercie sincèrement pour votre fidélité et tous les retours positifs que je reçois régulièrement, c'est une sacrée marque de confiance de votre part. Comme toujours, le meilleur moyen de soutenir ce podcast est de le partager sur les réseaux sociaux et de lui attribuer une note de 5 étoiles accompagnée d'un commentaire positif. Vous le savez sans doute, l'algorithme d'Apple Podcast adore ça. Je ne peux pas conclure cette saison sans remercier Robin Clément, mon grand-fiston de 21 ans, qui est aux commandes de la production sonore de ce podcast. Il vient tout juste de terminer ses études d'ingénieur du son. C'est également un musicien talentueux et il fait un travail remarquable et efficace. Bref, si vous cherchez quelqu'un de bien pour votre prochaine production sonore, vous savez qui contacter. On se retrouve début septembre pour la quatrième saison de Moment de Vérité, avec un rythme et des formats qui vont évoluer, mais je ne vous en dis pas plus. Alors pensez bien à vous abonner sur votre plateforme de podcast préférée afin de recevoir les notifications des prochains épisodes. Portez-vous bien, profitez de l'été pour vous reposer et pourquoi pas même de réécouter vos épisodes préférés. Merci encore pour votre confiance et votre fidélité. Je vous dis à très bientôt sur Moment de Vérité, le podcast qui vous aide à mieux présenter vos idées. Voilà, voilà. Ah ben je l'avais oublié celui-là.