Speaker #0Bonjour, vous écoutez le 57e épisode de Moment de Vérité, le podcast qui vous aide à mieux présenter vos idées. Aujourd'hui, je vous explique comment transformer un projet en histoire. Mon nom est Bruno Clément, je suis le cofondateur de Zepresenters, un cabinet de conseil en stratégie narrative. Et mon métier, c'est d'aider les gens à exprimer clairement leurs idées et les présenter efficacement en toutes circonstances, de la machine à café au palais des congrès. Il y a quelques semaines, nous avons préparé l'ensemble des prises de parole d'un grand événement international qui se déroulait sur Lisbonne. Ça c'est pour la REF afin que le client se reconnaisse. Et notre job chez Zepresenterq sur ce type de projet, c'est de garantir la cohérence du fil narratif d'une trentaine de pitchs multilingues de 5 à 7 minutes. A l'image d'une bonne série, tous les pitches sont les équivalents des épisodes qui, mis bout à bout, doivent constituer une grande histoire cohérente et inspirante, celle de la stratégie mondiale de notre client. Bref, on a fait notre boulot de conseil en stratégie narrative, et en vrai, on adore ça. Sauf que bien évidemment, certains épisodes sont plus complexes que d'autres à co-écrire. Et sur un des pitches que je préparais avec un orateur, à la question Alors c'est quoi l'histoire que tu as envie de raconter ? la réponse merveilleuse que mon interlocuteur m'a faite a été celle-ci. Alors Bruno, sur ce projet, l'histoire c'est très simple, on va faire un POC de stock en cluster. Ce à quoi j'ai répondu, on va faire un POC de stock en cluster. Franchement, c'est un super exercice de prononciation, mais ce n'est pas terrible en termes de compréhension ni de narration. Et en même temps, ça m'a fait sourire, car j'avais en face de moi l'incarnation de ce que nous appelons chez Zepresenters le syndrome de l'expert. Quelqu'un qui, bien que sincèrement animé par l'envie de partager son projet, n'y arrive absolument pas parce qu'il est submergé par la complexité de son métier. Alors pourquoi est-ce si difficile de transformer la complexité d'un projet en une histoire claire et cohérente ? Tout simplement parce qu'il y a une grande différence entre les besoins d'une vision-projet et d'une vision-narrative. Une vision-projet, c'est un peu comme une carte IGN qui recense les moindres détails d'un territoire. Et c'est essentiel pour un expert de bien connaître cette carte pour ne pas se perdre et prendre les bonnes décisions. Une vision-narrative, c'est choisir de tracer le chemin que vous décidez de prendre sur cette carte pour aider votre public vers les points remarquables de votre projet. Et forcément, il faut faire des choix, car on a rarement le temps de présenter tous les détails d'une carte IGN. Et en vrai, ce n'est pas vraiment très utile pour votre public. Alors comment faire pour passer d'une vision projet à une vision narrative ? Comment tracer le chemin sur cette carte IGN ? Si vous écoutez ce podcast régulièrement, vous m'avez déjà entendu dire qu'un bon orateur, c'est comme un guide de haute montagne. C'est un premier de cordée qui prend soin de son public et qui l'accompagne pas à pas sur le chemin de ses idées. Et un bon guide doit se poser à minima trois grandes questions avant de se lancer dans une expédition avec des clients. Et ces trois questions sont bien évidemment applicables pour bien préparer vos prises de parole. Première question, quels sont les points remarquables que j'ai envie de faire découvrir ? Quel que soit le territoire, il y a toujours des incontournables et des points de vue à ne pas manquer. A l'échelle d'une présentation, ça c'est les points clés et stratégiques de votre projet. Et pour identifier ces points clés, Posez-vous cette simple question. Parmi tout ce que j'ai envie de partager, qu'est-ce qui est essentiel et qu'est-ce qui est juste important ? Et bien évidemment, vous ne gardez que l'essentiel pour votre présentation. La deuxième question qu'un bon guide doit se poser, c'est quel est le niveau de mon public ? En randonnée ou en alpinisme, il y a toujours des voies plus ou moins complexes à prendre. Et on ne fait pas vivre la même expérience à une famille avec trois enfants qui découvrent la montagne ou à une bande de potes hyper sportifs à la recherche de sensations fortes. C'est la même chose pour vos prises de parole. Il est essentiel de bien choisir le juste niveau de complexité en fonction du degré de connaissance de votre public sur le sujet que vous présentez. Cette prise en compte du public est essentielle, car si vous faites trop simple face à un public d'experts, vous perdez en crédibilité, et si vous faites trop compliqué face à un public de néophytes, vous perdez l'attention de votre auditoire, et dans les deux cas, vous perdez leur confiance. Troisième et dernière question qu'un bon guide doit se poser, quel est le meilleur chemin à prendre ? Une fois que vous avez identifié les points remarquables, le niveau de connaissance de votre public et le temps dont il dispose, vous êtes en mesure de tracer un chemin parfaitement balisé. Et vous pouvez choisir les histoires, les anecdotes, les faits marquants que vous avez envie de raconter tout au long de ce chemin. Et pour vous y aider, commencez par vous poser systématiquement cette question. Comment je le raconte, plutôt que comment je l'explique. Puis, pour tracer un chemin clair et cohérent, je vous conseille d'utiliser la boucle narrative dont je parle dans l'épisode 38 de ce podcast. Donc, en synthèse, les trois questions à vous poser pour transformer vos projets en histoire qu'on a envie d'écouter sont 1. Quels sont les éléments essentiels que je souhaite partager, afin d'identifier les points remarquables qui méritent d'être racontés ? 2. Quel est le niveau de connaissance de mon public, pour identifier le juste niveau de complexité que vous allez adopter ? 3. Comment je le raconte ? Pour tracer le chemin le plus clair, le plus cohérent et le plus pertinent pour votre projet et identifier les anecdotes, les faits marquants que vous avez envie de raconter afin d'illustrer votre propos. Ces trois questions vous permettront progressivement de passer d'une posture d'expert qui explique à une posture d'orateur-narrateur qui, tout comme un bon guide, prend soin de son public et l'accompagne pas à pas sur le chemin de ses idées. Merci d'avoir écouté ce 57e épisode de Moment de Vérité. Dans le prochain épisode, je vous parlerai d'une pratique éviante que l'on voit encore trop souvent en entreprise, le slido-masochisme. Si vous avez envie d'en savoir plus sur Zepresenters, notre méthodologie, notre offre de conseils, de formations et de conférences, je vous invite à télécharger gratuitement notre petit guide de survie pour rendre vos idées désirables que vous trouverez sur le site www.thepresenters.com. Enfin, si vous aimez Moment de Vérité, le meilleur moyen de le soutenir, d'en parler autour de vous et de vous abonner sur la plateforme de votre choix, Apple Podcast, Spotify, Deezer, en y laissant un commentaire positif accompagné de 5 étoiles. Encore merci pour votre écoute et votre fidélité. Je vous dis à très bientôt sur Moment de Vérité, le podcast qui vous aide à mieux présenter vos idées.