Speaker #0bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon avocat ma famille et moi le podcast qui parle famille enfants séparation et surtout émotion aujourd'hui on va parler d'une situation que je rencontre très souvent un parent qui ne respecte pas le jugement et ce qui est important de comprendre c'est que ça ne commence presque jamais par quelque chose de grave au début c'est plutôt il est en retard On a échangé le week-end, il a modifié sans me prévenir. Et souvent le parent me dit « bon, c'est pas si grave » . Parce qu'au début on minimise. Au départ on s'adapte. On se dit « je vais pas faire toute une histoire pour ça, je préfère que ça reste calme » . Et c'est compréhensible. Très souvent on sort d'une procédure déjà difficile, on ne veut pas relancer le conflit. Mais quelques semaines ou quelques mois plus tard, le discours change. En fait, c'est tout le temps. Je ne peux plus m'organiser, il fait comme il veut. Et là, on n'est plus sur un incident, on est sur un fonctionnement. Quelques exemples très concrets. Au départ, 10 minutes de retard, puis 20, puis 30. Je passe plus tard, finalement je ne viens pas. Et à la fin, l'organisation dépend uniquement de l'autre parent. Et il faut être très clair, le problème ce n'est pas le retard, c'est le cadre qui disparaît. Les arrangements sont utiles, mais il y a des conditions. Il y a un point dont on ne parle pas assez, les arrangements entre parents. Au départ, c'est ça. Si tu peux me le garder ce week-end, on échange, ça m'arrange. Et ça peut très bien fonctionner, tant que c'est ponctuel et réciproque. Mais ce que je vois souvent, c'est autre chose. C'est un parent qui demande et l'autre qui accepte, encore et encore. Et un jour, ça devient, j'ai l'impression que tout repose sur moi. je n'ose plus refuser. Et quand je refuse, ça devient conflictuel. Là, on n'est plus sur un arrangement. On est dans un déséquilibre. Et il y a une bascule très nette. On s'arrange, tu dois t'adapter. Parfois, les parents me disent on ne peut plus communiquer. Chaque message devient un conflit. Dans ces cas-là, il faut être très clair. Le jugement devient le cadre. On applique le jugement. Point. Ce n'est plus le moment de négocier, de s'adapter en permanence. Parce que sans cadre, le conflit prend toute la place. Mais attention, tous les manquements ne se valent pas. Il faut aussi nuancer. Un regard de 15 minutes, ce n'est pas une non-représentation d'enfant. Mais la répétition change tout. Un écart ponctuel, c'est tolérable. Des écarts répétés, c'est problématique. Et certaines situations sont clairement graves. Le refus de remettre l'enfant, des décisions unilatérales, des empêchements de droit. Je rencontre deux erreurs très fréquentes. La première, c'est de tout accepter, par peur du conflit. Résultat, le cadre disparaît. La deuxième erreur, c'est de réagir trop fort, trop vite. Des messages longs, des reproches, de la pression. Résultat, le conflit explose. Ce que le juge regarde vraiment. Le juge ne regarde pas seulement qui a respecté le jugement ou non. Il va regarder la fréquence, la gravité et surtout comment chacun a réagi. Et c'est là que beaucoup de parents se fragilisent. Alors à quel moment faut-il saisir le juge ? C'est une question essentielle. Et c'est aussi celle sur laquelle il y a le plus d'hésitation. Parce que très souvent on attend. On se dit que ça va s'améliorer. Je ne veux pas relancer la procédure. Je vais encore laisser passer. Mais il y a un moment où il faut être lucide. Alors, trois signaux d'alerte. Le premier, c'est la répétition. Ce n'est plus ponctuel, c'est régulier, c'est prévisible. Il est toujours en retard, il change tout le temps. Là, on n'est plus dans un incident, mais dans une organisation parallèle. Deuxième signal, l'impact sur votre quotidien ou sur celui de l'enfant. Vous ne pouvez plus vous organiser. l'enfant est perturbé, les transitions deviennent compliquées. À ce moment-là, ce n'est plus supporté. Troisième signal, le refus de recadrage. Vous avez essayé de dire, de recadrer, de poser des limites et rien ne change. Dans ce cas, sans intervention extérieure, la situation va continuer. Ce qu'il faut comprendre, c'est que saisir le juge, ce n'est pas punir l'autre parent. C'est reposer un cadre quand il n'en existe plus. Et ce que je vois très souvent, ce sont des parents qui viennent me voir trop tard. Quand la situation est installée, Quand l'enfant s'est adapté et quand revenir en arrière devient beaucoup plus difficile. Parce qu'à un moment, ce fonctionnement devient la norme. Et c'est souvent à ce moment-là que les parents viennent me voir. Pas au début, mais quand ils réalisent que ce qu'ils ont laissé passer s'est installé. Alors concrètement, comment réagir ? Première situation, c'est l'écart ponctuel. Accepter, c'est possible, mais il faut... poser un cadre. Ok pour aujourd'hui, mais on reprend le fonctionnement prévu. Deuxième situation, la répétition. Il faut recadrer, mais calmement. Je constate que cela se répète. On revient à ce qui est prévu. La troisième situation, la situation grave. Là, il faut agir parce que plus on attend, plus la situation s'installe. L'erreur piège, c'est de se dire je vais compenser. Je vais compenser et pour le punir, je ne vais pas remettre l'enfant ou je vais modifier moi aussi les règles. Mais en réalité, on se met au même niveau que l'autre parent. Et c'est l'enfant qui souffre. En conclusion, quand un jugement n'est pas respecté, le problème n'est pas seulement ce qui se passe, c'est ce qui s'installe. Un petit écart, ce n'est pas grave. Un déséquilibre durable, si. Et la vraie question à se poser, c'est est-ce que je suis encore dans un ajustement ? ou déjà dans un glissement. Je vous remercie de m'avoir écouté. Et si vous êtes dans cette situation, vous savez que ce n'est pas si simple d'y voir clair seul. Je vous dis à très bientôt dans un nouvel épisode de Mon Avocat, Ma Famille et Mon.