Speaker #1Je crois que c'est indissociable. À un moment, qu'est-ce que c'est qu'un film ? C'est une écriture, c'est un tournage, ce sont des acteurs, c'est un montage. Et c'est malgré tout cette enveloppe. Cette enveloppe qui donne tout le ton du film. Et là, le ton très très vite, dès les premières chorales, dès que le petit Jean-Baptiste commençait à chanter, ça y est, on était complètement bouleversés. Donc ce sont des choses qui sont évidentes, et le talent, c'est d'écrire des musiques qui nous semblent tout à fait évidentes, et qu'il ne pouvait pas y en avoir une autre. Et c'était vrai, dans les choristes il ne semblait pas qu'il y ait un autre type musical. Donc c'était ça, puis moi je me suis un peu... Non, j'avais déjà fait un film avec lui, je crois. J'avais fait Le Peuple Migrateur. Et puis on avait fait Himalaya, mais oui, j'ai fait plein de films avec Bruno. Non, non, mais c'est bien parce que je me dis souvent, je ne vais plus le prendre parce que c'est un peu beaucoup de le prendre souvent. Et puis je réfléchis, et puis finalement je demande à Bruno. Bien sûr, il n'a pas écrit longtemps en avance, pourtant je l'avais prévenu bien en avant. C'est une des choses que, dans les fêtes, on avait mis un petit micro, une fois, sur un oiseau, pour savoir quel est son type de respiration. Bien sûr, c'était tout simplement un enregistrement qui était témoin. Et donc, dans le déplacement, on est revenu, puis il y avait le bruit des ailes. C'est fort, c'est un effort constant. Et donc, dans le film... Dans l'enregistrement qu'il a fait, dans la composition qu'il a écrite, il y avait ça. Ah là là ! Là ! Là ! Et ça a donné toute la rythmique de toutes ces musiques qu'on voit dans le peuple migrateur. Il y avait cet espoir, cet effort constant. Et non seulement ça, c'était une petite expérience, enfin, une petite découverte. On s'est rendu compte qu'en ayant ce micro qui était branché sur les oiseaux, on l'a écouté aussi avec Bruno, quand les oiseaux atterrissaient, se posaient au sol, eh bien les oiseaux. Ils ne sont pas comme ça simplement à prendre le frais et puis à se dire « j'ai bien volé » . Non, ils sont épuisés. Et donc de se rendre compte que les belles balades, les belles évolutions aériennes, ça demande un effort. Et si ça demande un effort pendant qu'on les voit comme ça faire ces évolutions dans la journée, qu'est-ce que ça doit être quand ils font 5000 kilomètres ? C'est une épreuve, ce sont des marathons surhumains. Et donc Bruno a très très bien compris que c'était un effort considérable. Alors toujours, bien sûr, on comprend les choses à partir du moment où on les mesure à notre compréhension humaine, sans faire d'anthropomorphisme, mais il a très bien compris que ça passait par cet effort, par cette volonté de vivre, et donc le film est, au niveau musical, cette espèce d'entêtement à survivre. Parce que dans l'immigration, en dehors de tout ce qui peut arriver, la longévité, il y a les obstacles. C'est les montagnes qu'il faut pencher, c'est la mer qu'il faut pencher, c'est les orages qu'il faut passer. Et ça, il l'a traduit. Je pense que si on écoute simplement la bande musicale et qu'on sait que le thème c'est un oiseau, je crois qu'on peut imaginer des images vivant l'imaginaire de chacun, tout aussi belles que celles qu'on a essayé de tourner. Quand le film est fini, je mesure un peu le risque, quand c'est fini, quand l'épreuve est passée, quand le bonheur et l'épreuve sont passés. Et donc, suivant le découvert qui me reste à la banque, je mesure le risque, et des fois, il est long à disparaître. En tout cas, tous ces films qui sont sur les animaux ont tous marché. Et pour tous mes partenaires, ça a été une belle aventure parce qu'elle a été récompensée. par le succès récompensé par une remontée de recettes. C'est un peu plus complexe pour le producteur et donc l'autre film, on l'évoquera, c'était Océan avec Bruno, ça a été un peu dur et donc en tout cas quand on ambitionne ou quand on rêve, quand on a le désir de faire un film, on peut pas avoir ces deux sentiments. Quel bonheur on va faire ce film et quel risque je vais prendre. Il faut choisir. Donc où c'est le risque, où c'est le bonheur. où c'est la volonté d'y aller, et la volonté est là. Et la volonté, finalement, on le sait, elle vous fait entreprendre toutes les escalades possibles, monter toutes les montagnes et tout. Puis l'obligation de convaincre les autres, parce que quand on fait un film, si je suis producteur, je ne suis pas tout seul. Il y en a plein d'autres qui viennent avec moi. Et les gens qui viennent, tout simplement, on peut dire à fond perdu, des investisseurs, des industriels. qui ont un retour en vitrine, une belle image, en ayant accompagné un film singulier, et puis les autres, les institutionnels, quoi, et qui, jusqu'à présent, dans ces films, se retrouvent bien. Mais, donc, je ne peux pas penser à... Oh, ça va être dur, ça va être difficile. Vous savez, toujours cet exemple, hein. Est-ce que, quand le navigateur est au large du Cap Horn, il se dit, mais pourquoi je suis là ? Mais pourquoi je suis là ? Mais pourquoi il reçoit des... paquet d'eau dans la gueule, son bateau qui va à tous les côtés puis qu'il a à peine franchi. Il dit « C'était tellement beau ce que j'ai passé ! » Donc quand on fait des films, on est quand même avec cet attachement extraordinaire. Vous savez, comme on essaye d'être très très proche de ce que peut être la vie animale, la vie des autres, des êtres vivants, l'observation proche que l'on a, parce qu'on emploie des techniques. particulières qui sont à chaque fois innovantes, révolutionnaires, on les met au point et tout ça pour accompagner au mieux l'animal et pour qu'on comprenne que c'est une certaine façon de déclaration d'hymne à la vie et donc voilà c'est un attachement à la vie. Et bien quand on le fait, et ça rejoint tous les collaborateurs, et Dieu sait s'il y en a sur les films animaliers, les caméramans, il y en a plusieurs, c'est eux qui font le film tout autant que nous. Et puis le musicien vient, le compositeur, et donc le compositeur il est très bien, très grand, s'il s'émet au même niveau que les autres, et qu'il ne participe plus aussi, il a une part, mais il n'a qu'une part. Bien sûr le film, s'il fait une mauvaise musique, il ne s'agit pas de ça, si on a un mauvais caméraman, ce sera foutu. Mais c'est essentiel, cette musique. D'autant plus essentiel, c'est qu'on a tout fini et on vous donne. Tiens, maintenant, tu peux tout détruire ou tout réussir. Mais cela dit, il y a des réajustements, des mouilles au point avec le compositeur et Bruno pour ça. S'il a un grand talent, il a une grande humilité aussi. Donc on peut lui dire, c'est pas ça, on va essayer, on va essayer. Donc on s'approche et tout ce que l'on fait si on met 4 ans pour faire ses films, c'est que c'est pas comme ça. Et c'est pas le grand risque qu'on va prendre, il se mesure. sur quatre ans. La vie s'écoule tellement lentement et d'une façon tellement passionnelle pendant ces quatre ans. Donc voilà, au bout d'un certain temps, chacun trouve sa place, trouve sa place qui n'est pas simplement d'une unique compétence dans ce type de film. Je pense qu'on va chercher la polyvalence des talents de chacun. Il y en a souvent qui ont des talents qu'ils ne connaissent pas et qui d'un seul coup se libèrent et s'expriment à l'intérieur de nos films. Et donc voilà, au bout du compte, on rencontre Bruno qui va nous faire une mélodie. qui va nous faire imaginer, penser et rêver. Et rêver que ce que l'on a fait, c'était une belle aventure. Les poissons et les animaux de la mer, il y a une grande acceptation de l'autre. jamais on entend un poisson avoir peur de quelqu'un qui est laid. Il n'y a que nous qui pensons qu'il y a des êtres qui sont laid, sinon ils sont tous acceptables. Et donc ce qu'on ne voulait pas, c'est que le monde de la mer devienne une planète qui fait peur. Une planète tout à fait étrange, où il y a des monstres. Les monstres, ils existent dans nos têtes. C'est Victor Hugo, l'hydre, les pieuvres, tout ça, tout ce qu'on peut imaginer. Non, c'est un monde qui est formidable. C'est un monde d'ailleurs, il y a le quatrième épisode de la série que l'on a faite aussi, qui est un monde où on y va avec volupté, puisqu'on vient, il y a quelque temps, on vient tous de cet univers liquide, et on y retourne avec bonheur, avec un sens de paisible. Et donc ce qu'on avait demandé à Bruno, surtout pas de musique agressive, surtout pas de musique qui fasse peur. On n'est pas dans la cage aux lions qui ferait peur. Non, c'est un univers. formidable. Donc c'est ça qu'il faut exprimer, c'est que rejoindre la mer c'est c'est glisser, c'est s'évanouir dans un environnement tout à fait délicieux. Voilà c'est ça et donc il l'a fait.