Speaker #0J'étais fasciné par la musique russe. D'ailleurs toute son orchestration de Don Père Givald Grand-Père... Bon, alors c'était pas Duremsky-Korsakov, c'était pas Dushastakovitch, c'était... C'était une espèce de désir de... Il n'était pas russe lui, il n'avait rien à voir avec des russes, mais il était fasciné par la musique russe. Et dans toutes ses orchestrations, on retrouve beaucoup de russes là-dedans. Et ça s'est surtout vu dans la valse du Soud Plateau Nord. pièce de Tchékov qui a été jouée au TNP et moi j'ai entendu pour la première fois, c'est là où je l'ai entendu pour la première fois. Et moi je suis assez sensible comme je suis d'origine russe, donc je suis très sensible à la musique russe bien sûr, et j'ai tout de suite vu que ça ressemblait beaucoup. Et voilà, alors après il a fait les Dragueurs avec moi. Et les dragueurs, il a inventé la marche des dragueurs. Ce qui était bien dans sa musique, c'est le film « Comment s'il y a des jeunes qui marchent dans la rue cherchant des femmes, à aborder des femmes dans la rue » , c'était les dragueurs. Et alors il a trouvé une musique, une espèce de musique qui imitait le pas de ces dragueurs. On avait l'impression en écoutant la musique que quand on le mettait sur les dragueurs qui marchent, ça allait tout à fait parce que quand il marchait, il y avait la musique, on avait l'impression qu'il avait vu la scène. Alors ça, on l'a remis évidemment dans le film plusieurs fois. Et le film a été un énorme succès mondial. Donc ça peut-être contribue un peu à l'éclosion de sa carrière parce que la tête contre le mur est restée confidentielle. Je veux dire, c'est pas un film... Il est devenu célèbre après, il a eu 12 prix, mais alors maintenant c'est un classique incontournable, mais à l'époque, comme tous les films de ce type, donc Casque d'or et tout ce que j'ai dit, La règle du jeu, c'est devenu des films cultes 10 ou 15 ans après. Tandis que les Dragers, ça a été une explosion tout de suite. Donc cette musique ayant été connue dans le monde entier... et qui a été la musique la plus connue parce qu'il a fait quand même d'autres films, La main chaude je crois ou des trucs comme ça, avec Gérard Hauy, je ne sais pas ce qu'il a fait, il a fait d'autres films. Mais c'était des films où la musique, ce qu'on lui a demandé, n'était pas la même, il n'y avait pas autant de personnalité que dans ces deux films. Et alors peut-être que ça a contribué, je le souhaite, à son explosion en Amérique, ça l'a peut-être aidé un peu. Et après il est parti là-bas et alors je l'ai revu une fois à Los Angeles et puis après je l'ai revu à Auxerre quand il m'a invité avec Rochefort et quand il était sur scène en costume blanc, il dirigeait cet orchestre de je ne sais où, une espèce de de grands orchestres, habillés en smoking blanc. Et puis il s'est adressé à la... il y avait 3000 personnes dans une espèce de hall, je sais pas quoi, un grand machin, il parlait des congrès ou un truc comme ça, et il s'est adressé, il s'est avancé, il a dit je suis heureux que Jean Rochefort et Jean-Pierre Moquis seront là. Voilà. Beaucoup de réalisateurs qui n'aiment pas la musique des films, alors ils font n'importe quoi, surtout dans les comédies. Aujourd'hui, il y a pratiquement plus de musiciens de films. Il en reste 3 ou 4, 5, peut-être 6. Parce que les jeunes qui font de la musique, ils font soit du rap, soit du folk, un rôle, soit... Ils veulent être dans le coup, donc déjà ma propre femme n'aime pas les valses, vous voyez, elle est jeune, elle n'aime pas les valses, les valses c'est pour les vieux. Alors quand on pense qu'Etoile des Neiges récemment a fait un triomphe, je sais, c'est quand même très ringard Etoile des Neiges. Mais les valses, si vous voulez, la valse, c'est pour lui, et pour moi, on en parlait souvent avec Jarre de cette histoire de valse, Joseph Strauss est, si vous voulez, le maître de tout le monde, parce qu'en fait, il faut aller en Autriche pour comprendre la joie de vivre, parce que nous, ici, on est un peu tristounés, etc., mais cette joie de vivre des valses de Strauss, moi, je n'en connais pas, parce que les autres valses, Ibelius, machin, tout ça, c'est triste. Le vals triste et puis Brahms, c'est du triste. Tandis que ce type, Johann Strauss, et même ses cousins, ses frères, tout ça, il y avait une joie de vivre extraordinaire. Vous pouvez entendre du Strauss, il est en train de crever, vous êtes gai quand même. Alors, c'est... Tandis que c'est très rare des musiques comme ça. Et quand j'étais avec Elton John, j'ai dit, mais toi tu fais pas de vals. Mais pourquoi tu fais pas de vals ? Je me dis parce que je n'aurais pas de succès chez le débat. Enfin, il avait ça de l'argumentation. Et je crois que Maurice, il aimait les valses. Les chansons de Lara et puis beaucoup d'autres. Il aimait les valses. Et il aimait les valses, et moi aussi. Voilà, en gros, c'était ça. Alors l'importance de la musique, c'est tout simplement parce que le principe du cinéma, c'est le thème. S'il n'y a pas de thème, ou s'il y a un thème qu'on ne mémorise pas, à mon avis, il n'y a pas de musique. Vous sortez de la salle. Vous avez entendu vaguement un accompagnement pour certaines scènes. Alors le suspense, les bruits qui font peur, etc. Tout ça c'est de l'accompagnement, c'est pas de la musique. Donc on appelle ça, j'en parlais avec Philippe Sard, il a beaucoup fait de musique au kilomètre, on appelait ça de la musique au kilomètre. C'est-à-dire on fait des trucs, des tris, des machins. Et puis alors on accompagne le film presque comme on le faisait quand il était muet. Quand le film était muet, on faisait ça. Il n'y avait pas de thème. Le pianiste, il regardait le film, il jouait n'importe quoi, etc. Tandis qu'aujourd'hui, tous les films dont vous vous en plaît, moi je me rappelle de Troisième Homme, Gelsomina, j'étais l'assistant de Fellini, mais l'Astrada, moi je l'ai fait l'Astrada. Donc moi j'ai fait l'Astrada comme assistant. Alors l'Astrada, si vous voulez, on le jouait l'air, parce que Nino Rota avait déjà écrit la musique. Donc quand Zampano arrivait et qu'elle prenait sa petite trompette, il y avait déjà l'air pendant le tournage. Alors donc, pour moi, Gesomina c'est une musique sublime, et Nino, de toute façon, c'était un très très grand musicien, bien supérieur à Ennio Morricone à mon avis. Mais ceci posé, la valse et les teintes, quels qu'ils soient, sur une vase ou une marche, comme dans le Pont-d'un-River-Croy ou bien... Il faut ça. Et même, regardez sur le Lelouch, qui est plutôt, disons, bon, un truc un peu pour Midinette, un homme et une femme, mais c'est aussi un thème. Alors donc, ça veut dire qu'un film qui n'a pas de musique mémorisable, c'est une connerie, quoi. Il ne faut pas mettre de musique du tout. Et il y a un film japonais sublime qui s'appelle l'île nue, alors une musique alors une musique occidentale pour un film japonais parce que généralement japonais c'est là c'est de la musique occidentale que le mec a mis, qui est déchirante déchirante alors la musique c'est à mon avis 33% du film enfin c'est vrai pas toujours parce que quelquefois on revoit des films uniquement pour la musique