Speaker #0Bienvenue sur Musulmane en chemin, le podcast qui t'accompagne à cheminer vers Allah, te connaître, t'apprécier, pour une vie épanouie ici-bas en préparant l'au-delà. Je suis Amina Zamoun, ingénieure, coach professionnel, étudiante en sciences islamiques, et ici ta coach musulmane qui t'aide à prendre soin de toi et de ta foi. Ça te dit ? Alors c'est parti ! Assalamu alaikum wa rahmatullahi wa barakatuh mes soeurs, je suis ravie de vous retrouver dans ce deuxième épisode pour... parler de l'importance de travailler sur soi et ses pensées en tant que femme musulmane. Et vous voyez, j'en parle déjà dans le deuxième épisode du podcast parce que c'est extrêmement important, alors même que c'est quelque chose qu'on néglige beaucoup dans notre communauté. Et c'est surprenant. C'est surprenant parce qu'on sait et on parle beaucoup du bon comportement. On sait que c'est quelque chose de primordial dans l'islam. On sait qu'une des choses les plus importantes en islam, c'est d'avoir un bon comportement. Mais du coup, comment on fait pour avoir un bon comportement. Vous allez me dire, c'est quoi le lien avec les pensées ? Eh bien, vous allez voir que vous allez être servi, et vous allez comprendre, incha'Allah, pourquoi est-ce que notre communauté va mal aujourd'hui, pourquoi est-ce qu'on n'a pas un bon comportement. Et la deuxième chose très importante, c'est qu'en islam, on doit prendre ses responsabilités, on doit prendre soin de soi, on doit apprendre à utiliser notre vie de la meilleure des manières. Et là encore, le travail sur soi et ses pensées est indispensable. Bon, je vous propose du coup d'arrêter là le suspense et donc de tout d'abord démarrer cet épisode par l'impact de nos pensées dans notre vie. La première chose que je vous propose de voir ensemble, c'est le fait que nos pensées influent sur nos actions et donc notre comportement. Je vais répéter cette phrase parce qu'elle est importante et on va détailler après. Nos pensées influent sur nos actions et donc notre comportement. Vous allez voir que je vais vous démontrer un petit peu ça. et je vais utiliser pour cela des modèles qu'on utilise en coaching, notamment un modèle en particulier. Et pour info, ce sont des modèles qui sont issus de la psychologie et notamment de la TCC, donc la thérapie cognitive et comportementale, qui parle beaucoup du lien entre les pensées, les émotions et les actions. Et alors là, tout petit aparté, en coaching, on utilise des outils de la thérapie issus de la psychologie, mais nous ne sommes pas thérapeutes. On ne les utilise pas du tout de la même manière. En psychologie, en thérapie, on va utiliser beaucoup ces outils pour comprendre le passé. En coaching, on va les utiliser pour travailler sur l'avenir. On en reparlera d'une manière ou d'une autre, mais je voulais juste préciser ça. Et alors le modèle que j'ai choisi de vous présenter aujourd'hui, c'est le modèle de Brooke Castillo. Brooke Castillo, c'est une coach américaine qui a utilisé ces outils de la TTC et qui a mis des mots un petit peu différents dessus. pour expliquer un peu le fonctionnement de la cognition et qui nous apporte une grille de compréhension des situations. C'est une grille qui s'applique en fait à toutes les situations professionnelles, personnelles, enfin vraiment peu importe. Bien entendu, comme tout modèle, comme toute modélisation, elle a ses limites, mais c'est quand même très intéressant à utiliser encore une fois en grille de compréhension des situations. Et alors ce que nous dit Brooke, c'est qu'on peut catégoriser un peu tout ce qui nous arrive dans notre vie en cinq grandes catégories que je vais vous expliquer. Et en fait, on peut écrire toutes les situations qui nous arrivent avec ce modèle, ce modèle de Brocaccio, qui s'écrit en cinq étapes sur cinq lignes différentes. Je vais vous présenter le modèle en vous donnant un exemple assez trivial pour que vous compreniez, et puis ensuite on l'utilisera sur d'autres exemples un peu plus complexes. Donc, première ligne de modèle, Brocaccio nous parle des circonstances. Dans la vie, on est confronté à tout un tas de circonstances neutres, et les circonstances ce sont des faits qui sont dénués de tout jugement et indiscutables. Donc si on met une caméra dans la pièce, on voit ce qui se passe. Par exemple, ça peut être la météo, donc il pleut. Ça peut être, voilà, ma mère a dit ça et j'ouvre les guillemets. Ça peut être, je suis tombée. Voilà, c'est vraiment des faits. Donc encore une fois, c'est des faits indiscutables et il n'y a pas de notion de jugement. La notion de jugement, elle vient sur la deuxième ligne, la deuxième étape qui est les pensées. Donc de ces circonstances, on va avoir tout un tas de pensées. On va avoir tout un tas de pensées à propos de cette circonstance. Donc si je prends l'exemple trivial de la pluie, par exemple, il pleut. Ça c'est ma circonstance, on est tous d'accord là-dessus, on voit qu'il pleut. Eh bien je peux avoir des pensées différentes selon les individus. Je peux penser par exemple que c'est trop nul, c'est un temps pourri, que je ne vais pas pouvoir sortir. Et du coup cette pensée-là va générer en moi une certaine émotion, troisième ligne du coup du modèle. Une émotion c'est quoi ? C'est un ressenti qu'on a dans le corps et qui nous donne tout un tas d'informations. Et donc par exemple là potentiellement je vais me sentir frustrée de ne pas pouvoir sortir. Nos émotions vont générer une action. ou une inaction. Quatrième ligne du modèle, action. Et donc là, en étant frustrée de ne pas pouvoir sortir, eh bien potentiellement, je vais passer la journée sous la couette à regarder Netflix. On sent un petit peu le vécu quelques années auparavant, n'est-ce pas ? Et chaque action ou inaction crée un résultat. Donc cinquième et dernière ligne du modèle, le résultat. Le résultat c'est quoi ? C'est que j'ai passé ma journée sous la couette à regagner Netflix. Et ce qui est hyper hyper hyper important et intéressant dans le modèle, c'est qu'en fait tous les résultats qu'on crée dans notre vie viennent confirmer nos pensées. Donc là, concrètement, je suis restée sous ma couette toute la journée, et ça vient complètement confirmer ma pensée de base de « bah oui, je ne vais pas pouvoir sortir parce qu'il pleut » . Mais on est d'accord, je pense que vous le voyez, c'est pas parce qu'il pleut que je n'ai pas pu sortir, c'est parce que je me suis dit « il pleut, donc je ne peux pas sortir » . Donc c'est parce que j'ai eu cette pensée-là de « je ne peux pas sortir quand il pleut » que finalement, j'ai créé moi-même ce résultat dans ma vie de ne pas être sortie. Et vraiment, ça va être... extrêmement important d'en prendre conscience parce que ça va nous permettre de prendre nos responsabilités. Et en fait, ce qui est intéressant de voir, c'est qu'il y a tout un tas d'autres personnes qui auraient d'autres pensées par rapport à la pluie, comme j'aime trop la pluie, il y a des endroits dans le monde où il y a des sécheresses et du coup, ils n'ont pas du tout les mêmes pensées qu'en Occident, où finalement, on n'aime pas trop la pluie. Et je pense aussi d'ailleurs à un hadith du prophète, qui dit que par temps de pluie, il a même relevé son avis. pour que la pluie le mouille tout simplement parce qu'elle vient d'Allah. Donc finalement, il y a tout un tas de pensées possibles qui nous permettent de voir les choses différemment et donc de nous sentir différemment, d'agir différemment et de créer un résultat différent dans notre vie. Et donc là, je vous ai parlé de la pluie, mais en fait, ça va être pareil avec tout un tas d'autres choses. Ça va être pareil avec la prière, par exemple. On est d'accord que c'est complètement différent si je pense que la prière c'est quelque chose de lourd, que c'est une charge, que ça m'embête, etc. Versus si je me dis que ça va être mon tête à tête avec Allah, que ça va être ma source d'apaisement. Idem, par exemple, avec un autre sujet, les remarques qu'on peut nous faire. Si on me fait une remarque, je peux me dire « Oh là là, je suis vraiment nulle, la personne a raison » . Ou alors je peux juste me dire « C'est son opinion » . Là encore, il n'y aura pas du tout le même type d'action qui va découler de ses pensées. Pareil pour une injustice que je peux voir. Si je me dis, je ne peux rien y faire, il vaut mieux que je me taise, je risque de rouler si je parle, ce n'est pas pareil que si je me dis, c'est important de prendre position. Petit clin d'œil à l'actualité du moment. Idem encore pour n'importe quel projet qu'on peut avoir. Si je me dis, c'est impossible, je ne vais pas du tout avoir le même type d'action que si je me dis, avec Allah tout est possible. Donc je pense que vous commencez déjà à voir du coup l'impact de nos pensées sur notre vie. Et en fait, quand je parle de tout ça, et du fait de travailler sur ces pensées, on me dit souvent « non mais c'est mes pensées Amina, je peux pas les changer, c'est comme ça » . Et ça c'est une fausse croyance qu'on va démonter ensemble aujourd'hui, inshallah. D'ailleurs, notre belle religion nous dit de travailler sur nos pensées. Je pense là à un exemple très concret, le bon soupçon. Pour avoir le bon soupçon, ça demande de remettre en question ces pensées qui n'ont justement pas le bon soupçon. Et en ayant le bon soupçon, on adopte un bon comportement. Subhanallah, tout est dans le Qur'an et la Sunna. Mais on ne s'en rend pas compte parce qu'on ne se renseigne pas, parce qu'on n'apprend pas. Et tant qu'on ne s'en rend pas compte, ici par exemple avec l'impact de nos pensées sur notre comportement et dans notre vie en général, eh bien on ne prendra pas nos responsabilités. En parlant de responsabilités. On est dans une communauté où franchement, honnêtement, on se victimise beaucoup. Et ça fait un peu mal de l'entendre et de l'accepter, mais c'est vrai. Par exemple avec les discours. Non mais c'est comme ça. Allah m'a crié comme ça. Ou encore. Il faut patienter, il faut accepter son destin. Et patienter, oui bien sûr, mais pas sans rien faire. Accepter son destin, oui bien sûr. Accepter comment Allah nous a créés, oui, mais ça... vous voyez, c'est les circonstances. Ce sont les choses qu'on ne peut pas changer. Ce sont des choses qui nous arrivent, mais qui sont complètement indépendantes de notre volonté. Par contre, on peut changer la façon dont on réagit à ces circonstances. C'est à la fois notre part de responsabilité, mais c'est aussi la part sur laquelle on a du pouvoir. Et subhanallah, Allah ne nous dit-il pas qu'on a le pouvoir de changer notre destin avec tout un tas d'actions. Et notamment là, je pense à la nuit du destin pendant le jamzal. dans le ramadan, et tant d'autres choses. On sait qu'on peut changer notre destin grâce aux invocations, ou alors celles que les autres font pour nous. Et en tout cas, Allah nous demande d'agir. Et en agissant, en travaillant sur nous, en prenant notre part de responsabilité, on peut changer notre façon de penser, et donc nos actions. Et finalement, on peut prendre un autre chemin de vie. Et encore une fois, je vais vous reprendre le même verset du Coran, qui je trouve très très impactant et important. Dans le Coran, donc surat 13, verset 11, dans le sens « Certes, Allah ne modifie pas l'état d'un peuple, tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » On pourrait aussi citer la surat 8, verset 53, dans le sens « C'est qu'Allah ne modifie pas un bienfait qu'il a accordé à un peuple, à moins que ce peuple ne change ce qui est en nous-mêmes. Et Allah est odiant et omniscient. Et je trouve que ces versets, et un à d'autres, montrent vraiment l'importance de travailler sur soi. Et ça commence par travailler par ce qui est en nous-mêmes, et donc notamment nos pensées. Et du coup, vous allez me dire, comment on fait ? Et avant de regarder comment on fait, on peut se demander, d'où est-ce que viennent nos pensées ? Et alors, elles viennent de tout un tas de choses. On ne va pas aller vraiment fouiller là-dessus parce qu'en coaching, on ne va pas essayer de trouver l'origine des choses. On s'intéresse beaucoup plus à comment je fais pour avancer dans ma vie, pour aller dans la direction dans laquelle je souhaite aller. Mais c'est néanmoins important de comprendre quelques petites choses. En gros, nos pensées peuvent venir de tout un tas de choses, je vous le disais. Ça peut venir par exemple de notre éducation, notamment notre culture, donc notre passé, ce qu'on a vécu, notre enfance, ce que les gens nous ont dit, etc. Ça peut également venir de nos fréquentations. Donc, ce que les gens nous disent, ça vient également de ce qu'on consomme. Donc, est-ce que vous êtes plutôt team BFM TV, Netflix, autre ? Et ça peut également venir de Chetan. Eh oui, les fameux Wess Wess. Chetan, qu'est-ce qu'il fait ? Eh bien, il nous fait des propositions en nous connaissant. Il ne nous propose pas n'importe quoi. Il nous propose des choses qui pourraient peut-être nous intéresser. Donc là, déjà, je pense que vous voyez que ça vient de diverses choses et variées. et probablement de tout un tas d'autres choses que j'ai oubliées ou dont je n'ai pas la connaissance. Mais en tout cas, c'est important de se rendre compte d'une chose, c'est que nos pensées ne sont pas forcément les nôtres. Et c'est quelque chose de très important même, d'en avoir conscience. D'ailleurs, Ibn Khaymi Majd Jauziya, qui est un savant musulman, nous dit une chose très intéressante qu'il a remarqué. Il a remarqué qu'on était sans arrêt traversés par des pensées, et qu'on ne contrôle pas finalement les pensées qui nous viennent à l'esprit. En tout cas, pas de manière... direct. Il nous dit également que notre esprit travaille continuellement et qu'il est continuellement traversé par des pensées tant positives que négatives. Et c'est super intéressant ce qu'il nous dit parce que c'est un savant musulman du 13e-14e siècle et ce qu'on a découvert à notre époque c'est qu'effectivement on avait environ 60-70 000 pensées par jour. Donc énorme, n'est-ce pas ? Bien entendu dans toutes ces pensées on a beaucoup de pensées automatiques qu'on ne remarque même pas et heureusement parce que vous imaginez avoir conscience de 60 000. 60 ou 70 000 pensées par jour, c'est quand même énorme. Et je pense notamment à quand vous conduisez par exemple, quand on conduit on va passer à la première, à la seconde, etc. On va faire ça de manière instinctive et heureusement qu'à chaque fois qu'on fait des actions comme ça, on ne va pas penser consciemment à tout ça, ça serait l'horreur. Donc Alhamdoulilah, Allah a très très bien pensé les choses. Néanmoins, on peut se demander, qu'est-ce qu'on fait de toutes ces pensées ? Qu'est-ce qu'on fait de ces pensées tant positives que négatives ? Parce que je vous parlais de Merci. prendre sa part de responsabilité. Donc comment est-ce qu'on prend notre part de responsabilité ? Alors il y a plein de choses à faire, et encore une fois on ne pourra pas parler de toutes dans cet épisode, mais on va parler déjà de certaines qui sont très importantes. Et déjà, Inraim, il nous dit qu'on a la main sur une chose déjà, c'est ce que notre âme consomme. Donc on peut se demander, comment est-ce que j'alimente mon esprit ? Et oui, parce qu'on agit de manière active sur notre part de responsabilité, avec quoi je nourris mon âme. Qu'est-ce que je lis ? Qu'est-ce que je regarde à la télé, sur YouTube, les réseaux, etc. Mais également, avec qui est-ce que j'échange ? Donc, les fréquentations, les discours auxquels je suis confrontée, etc. Et ce qu'il nous dit, c'est qu'on peut développer davantage nos pensées positives et donc, mathématiquement, il y aura moins de place pour les pensées négatives. Donc déjà là, on a un élément important sur lequel on peut agir. Et il nous fait d'ailleurs une comparaison intéressante. Il nous dit que l'esprit fonctionne comme une meule. C'est un exemple un petit peu ancien. A l'époque, on utilisait une meule pour moudre le blé et donner de la farine. On pourrait faire la même analogie aujourd'hui avec un mixeur. Mais bon, on va garder la meule, mais si vous voulez faire l'analogie avec un mixeur, vous pouvez. Mais globalement, il nous dit que notre esprit fonctionne comme une meule qui va moudre sans arrêt. Et en fonction de ce que je mets dans cet espace, soit ça va me donner un produit de qualité, soit ça va me donner un produit de mauvaise qualité. Et donc si je mets des bons ingrédients, si je mets de bons produits, du blé de bonne qualité, et bien ça va me donner de la farine de bonne qualité. Par contre si je mets de mauvais ingrédients, si je mets par exemple des graviers, et bien là ça va me donner une poudre de gravier. Ça ne va pas du tout me donner une bonne farine, on est d'accord. Et donc ça nous montre bien l'importance de faire attention à ce qu'on met dans notre esprit. Et tout comme on peut voir l'importance de notre santé physique, de ce qu'on donne à manger à notre corps, Et bien c'est pareil pour notre santé mentale. Qu'est-ce que je donne à manger à mon esprit ? Avec quoi est-ce que je nourris mon âme ? Et on l'a bien vu, et ça rejoint le modèle de Brocastillo, selon ce avec quoi je nourris mon âme, ça va avoir une influence sur ma façon de penser, et de ma façon de penser va découler une action. Donc première façon d'agir, faire attention à ce que son âme consomme. Deuxième façon d'agir, ce qui est important et intéressant de prendre conscience, c'est que nos pensées, Une fois qu'elles nous viennent à l'esprit, eh bien on a le choix. On n'est pas obligé d'obéir à nos pensées. On a le choix d'alimenter ou non cette pensée. On a le choix de bloquer les pensées avec lesquelles on n'est pas d'accord. Et par exemple, les West-West de Shetan. Shetan, son seul pouvoir, c'est de nous faire des propositions. Et à nous de les accepter ou pas. Et là je parle des West-West, mais c'est pareil avec des pensées qui sont plutôt négatives, qui ne viennent pas forcément de Shetan, qui peuvent venir, je vous le disais, de la société ou tout un tas d'autres choses. Et tout comme ce que certaines personnes extérieures nous disent en général, on va nous faire tout un tas de propositions. Notre famille, nos amis, notre entourage, peu importe. Tout le monde fait des propositions. Mais on ne va pas blâmer les autres pour nos actions. On nous fait des propositions, de bonnes ou de mauvaises actions. Et après, la question c'est est-ce que je les accepte ou pas ? Et bien c'est exactement pareil pour les pensées. Bien entendu, ça demande un certain travail, ce n'est pas immédiat. Mais c'est de notre responsabilité de faire ce travail. Troisième manière d'agir sur nos pensées, c'est de stimuler, de créer de nouvelles pensées positives et utiles de manière consciente. Et il y a plein de façons de faire ça. On va en parler en long, en large, en travers dans ce podcast. Mais une des manières de le faire, que j'ai envie d'aborder avec vous aujourd'hui, c'est de travailler sa relation à Allah. Parce qu'en travaillant ma relation à Allah, je vais automatiquement développer des pensées positives. Si, par exemple, je reprends mes exemples du début, si je comprends la ni'ma qu'est la pluie, eh bien je ne vais pas du tout avoir des pensées négatives par rapport à la pluie. Si je comprends comment et pourquoi Allah nous a donné ce cadeau qu'est la prière, si je comprends les circonstances de la révélation par rapport à la prière, je ne vais plus du tout voir la prière comme un fardeau. Si je travaille ma conscience en Allah, mon tawakkul, eh bien bien entendu que je vais développer des pensées qui vont m'aider dans les situations, même quand je trouve que des circonstances sont plutôt difficiles à vivre. Et alors il y a un point intéressant dont nous parle Ibn Qayyim et qui va rejoindre le modèle de Brocacio dont on a parlé tout à l'heure, c'est que Ibn Qayyim va nous dire que si on a des pensées positives, ces pensées vont générer tout un tas d'actions positives et un ensemble d'actions positives vont induire un bon comportement. Donc vous voyez, ça rejoint pas mal la TCC et le modèle de Brocacio. Et là où Ibn Qayyim va nous ajouter quelque chose qui est très intéressant, C'est qu'il nous dit que ces pensées positives ne naissent que d'une très forte relation à Dieu. Et donc plus je vais avoir une forte relation à Dieu, plus je vais développer des pensées positives, plus je vais faire d'actions positives et meilleur sera mon comportement. Et c'est hyper intéressant et fort, je trouve, de combiner à la fois le modèle de Rocastillo et le modèle finalement d'Ibrahim El Javzia. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve ça absolument fascinant et intéressant pour nous aussi. à comprendre et à appliquer. D'autant plus que ce qu'il nous dit, c'est que pour développer notre relation à Dieu et avoir une forte relation à Dieu, eh bien, ça va être important et intéressant de développer sa conscience éveillée de Dieu, c'est-à-dire d'avoir conscience de Dieu, de la présence de Dieu, presque tout le temps, de vivre la présence de Dieu. Et car là, nous permettre de développer vraiment cette conscience éveillée de Dieu, incha'Allah. Tout est vraiment interconnecté, je pense que vous le voyez. Mais dans tous les cas, Avant de pouvoir changer les choses, encore faut-il avoir conscience de ses pensées et de quelles pensées nous posent problème. Et ma question à vous, à vous toutes mes sœurs qui m'écoutez, c'est est-ce que vous savez à quoi vous pensez réellement ? Et je pense sincèrement que la majorité d'entre vous ne sait pas. Parce que j'étais l'une d'entre vous. Et c'est ce que je vois avec 90% de mes clientes et même 99% des personnes que je côtoie. Je fais un peu des stats à l'œil, ce ne sont pas du tout des stats issues d'une étude, mais c'est juste pour vous dire que vraiment, la majorité des gens ne sont pas au courant réellement de leurs pensées. Et franchement, je blâme personne, parce que déjà, on ne nous a jamais appris à le faire. Encore moins dans cette société qui va à mille à l'heure, où on ne prend plus le temps de réfléchir. Encore moins d'apprendre à se connaître. Et alors là, encore moins d'apprendre à connaître Allah. Mais du coup, la première chose à me faire, c'est de savoir ce qu'il y a dans notre tête. Savoir ce qu'on pense, parce que comment est-ce qu'on peut travailler dessus sinon ? Et je vous disais au début que vous allez comprendre qu'est-ce qui fait que notre communauté a un mauvais comportement. Eh bien, dans notre communauté, on a un mauvais comportement parce qu'on ne se remet pas en question. Parce qu'on ne travaille pas sur nos pensées, parce qu'on ne travaille pas sur notre mindset, et on ne sait pas ce que c'est qu'avoir un vrai muslim mindset. Donc la première étape que je vous propose, c'est un outil que j'aime beaucoup, qui est gratuit, accessible à tout le monde, qu'on peut faire de partout. C'est le flow de pensée. Le flow de pensée c'est quoi ? C'est le fait d'écrire toutes nos pensées, donc tout ce qui nous passe par la tête. Soit en répondant à une question précise, plus ou moins orientée, Comme « qu'est-ce que je pense de ma relation à Allah ? » Ou alors une question beaucoup plus large du type « à quoi est-ce que je suis en train de penser ? » « Comment ça va ? » « Comment je me sens ? » Et de dérouler en fait toutes vos pensées à partir de là. Et dans tous les cas, l'objectif c'est d'exprimer librement ses pensées, de s'exprimer librement, sans réfléchir, sans intellectualiser, sans censure, sans vouloir bien écrire. Parce que franchement, le flot pensée, le but c'est que ça reste juste entre vous et vous. Et du coup, je vous invite vraiment à laisser libre cours à votre cerveau et noter tout ce qu'il vous propose. Je sais que dans un premier temps, franchement, c'est pas forcément évident, parce qu'on ne nous a jamais appris à le faire. Et pour la petite anecdote, quand j'ai commencé, franchement, c'était la page blanche pour moi. Le seul mot qui sortait, c'était « je sais pas quoi je pense » . Et puis, à force de se poser la question, eh bien c'est venu. Et c'est comme la liste de courses. Vous savez, quand on fait une liste de courses, on pense à deux, trois choses. Et puis dans la journée, il y a d'autres choses qui nous viennent à l'esprit. Parce que le cerveau, en fait, il travaille en tâche de fond. C'est incroyable, notre cerveau, comment il fonctionne. Et du coup, je vous dis ça pourquoi ? C'est juste que si, comme moi, vous expérimentez la page blanche, mais vraiment, posez-vous des questions, posez-vous la question, et votre cerveau va travailler en tâche de fond de Charles-Lac, un peu comme un ordinateur, et ensuite, il vous donnera des réponses. Et cet exercice, même si elle n'a pas l'air, c'est un exercice hyper puissant, tout en étant accessible à tous. Parce que, encore une fois, on pense savoir à quoi on pense, mais en fait, non. Et ça va être vraiment intéressant de voir ce qui ressort de nos pensées. Si certaines de nos pensées ne sont pas réellement les nôtres, et dans le cas où elles nous desservent, voir ce qu'on veut en faire par la suite. Et du coup, comment faire concrètement le flot de pensée ? Moi, ce que je préconise vraiment, c'est de le faire à l'écrit. Donc soit sur papier, soit à l'ordinateur, soit sur le téléphone, enfin vraiment, peu importe, moi personnellement, je fais un peu de tout, ça dépend vraiment des moments et de mon envie. Et bien entendu, ça peut aussi être à l'oral, si vous préférez utiliser l'oral, vous pouvez par exemple vous enregistrer sur votre téléphone par exemple. Il n'y a vraiment pas de règles, l'essentiel c'est juste que ça sorte, le but c'est de ne pas rester dans sa tête, parce que ça permet vraiment de verbaliser. D'ailleurs nos pensées ne sont pas vraiment faites de mots à la base, c'est nous qui avons créé le langage, c'est l'humain qui a créé le langage. Et du coup le fait de le verbaliser, de sortir de sa tête, ça a beaucoup plus d'impact, et c'est pour ça parfois d'ailleurs que c'est dur de dire les choses et de le mettre sur papier, parce que ça devient réel. Et on me demande souvent quand est-ce que je peux faire mon flot de pensée. Et bien quand vous le voulez. Vraiment le mieux c'est de le faire relativement régulièrement pour que vous vous habituez à le faire. Et puis plus ça devient une habitude et plus on peut le faire un peu quand on veut. Moi personnellement maintenant j'ai pas vraiment de rythme. Parfois c'est tous les jours, parfois c'est une fois par semaine, ça dépend vraiment de mon besoin. Mais au début c'est bien d'être régulier comme dans tout, d'autres manières. Et de tester différents moments de la journée. Le matin, le midi, l'après-midi, le soir. Vraiment tester et regarder ce qui vous convient le mieux. Et pour info, au début, moi, je pensais que j'étais vraiment du soir. Et finalement, honnêtement, maintenant, je préfère le matin parce que ça me permet de bien démarrer la journée. Et parfois, je fais le soir aussi quand j'ai la tête vraiment pleine, que ce soit émotionnellement et que j'ai besoin de décharger ou bien lorsque j'ai plein d'idées qui fusent et ça va m'empêcher de dormir. Donc vraiment, faites-le comme vous voulez, comme vous le sentez. Ça a plein de bénéfices. Vraiment, déjà, encore une fois, rien que le fait de mettre des mots sur ses pensées, ça a un bénéfice énorme. Ça permet de nous apprendre à nous connaître. Ça permet de se décharger mentalement. Vive la charge mentale, n'est-ce pas, qui nous crée parfois des insomnies. Et bien entendu, a posteriori, on pourra justement travailler sur ses pensées, voir ce qu'on veut en faire, voir comment est-ce qu'on peut les changer. Parce que travailler sur soi, c'est bien beau, mais à partir de quoi ? Du coup, pour résumer un petit peu l'épisode du jour, on a vu ensemble l'impact de nos pensées dans notre vie, sur nos actions, sur notre comportement, et donc l'importance de travailler sur soi et ses pensées. Déjà, ça permet de se sentir mieux, ça permet de devenir... actrice de sa vie, Inch'Allah, et non pas de subir sa vie, ça permet de se rapprocher d'Allah, ça permet d'avoir un meilleur comportement, et tout un tas d'autres choses. Et donc l'exercice du jour, ce que je vous propose, c'est de faire un flot de pensée. Et que ce soit la première fois que vous en faites, ou pas du tout, je vous propose deux types de questions dont je vous ai parlé. A la fois des questions très larges, et à la fois des questions un peu plus précises. Et pour les questions larges, je vous propose de vous demander déjà tout simplement à quoi est-ce que je pense ? Comment est-ce que je me sens ? Ça, c'est des questions larges que vous pouvez vous poser souvent pour être connecté à vous-même. Et pour les questions plus précises, ce que je vous propose de vous poser, c'est vous demander est-ce que je suis satisfaite de ma vie aujourd'hui ? Question pas forcément évidente. Mais ensuite, vous demander de quoi est-ce que je suis satisfaite et de quoi est-ce que je ne suis pas satisfaite. Et je sais que c'est des questions qui peuvent piquer et on ne se les pose pas parce que ça fait mal, mais en même temps, je pense que si vous êtes là, mes sœurs, c'est que vous avez envie d'arrêter de faire l'autruche. Alors bismillah. Voilà pour cet épisode, il est assez dense, je pense que je vous donne beaucoup d'infos, donc n'hésitez pas à le réécouter si besoin. Prenez le temps de faire l'exercice si c'est ok pour vous et que ça vous parle, parce que, encore une fois, franchement, c'est un des meilleurs exercices pour travailler sur soi. Et dans le prochain épisode, on va continuer dans cette direction parce qu'on va parler de se retrouver soi-même pour pouvoir retrouver Allah. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si c'est le cas, j'imagine qu'il l'a apporté. Et dans ce cas, n'hésite surtout pas à le partager autour de toi. C'est un vrai cercle vertueux de Hassanet. Et bien entendu, si ce n'est pas déjà fait, n'hésite pas à laisser un avis accompagné de 5 étoiles sur la plateforme de ton choix. Car Allah te préserve, ma sœur, et te facilite tout ce qui est un bien pour toi.