Speaker #0« Bienvenue sur Musulmane en chemin, le podcast qui t'accompagne à cheminer vers Allah, te connaître, t'apprécier, pour une vie épanouie ici-bas en préparant l'au-delà. Je suis Amina Zamoun, ingénieure, coach professionnel, étudiante en sciences islamiques et ici ta coach musulmane qui t'aide à prendre soin de toi et de ta foi. Ça te dit ? Alors c'est parti ! » Es-salamu alaykoum wa rahmatou la'ouba ala katoum mes sœurs, j'espère que vous vous portez bien, je suis vraiment ravie de vous retrouver pour ce cinquantième épisode du podcast Musulmane en Chemin. Et avec ce chiffre tout rond, je suis ravie de parler d'un sujet qui sincèrement est d'une importance capitale et qui peut changer une vie. Et oui, rien que ça. Je pèse mes mots parce que c'est un sujet qui touche à notre relation à Allah, donc la relation la plus importante de notre vie. Également à notre manière de nous voir et à notre capacité à revenir vers lui. Parce qu'il y a un blocage que je retrouve très souvent dans le travail sur soi, dans le retour vers Allah, dans le cheminement de manière générale. Et ce blocage, ce n'est pas seulement le manque de discipline, ce n'est pas seulement « c'est un essai ouest-ouest » , ce n'est pas seulement nos habitudes, etc. Mais c'est aussi, parfois, souvent, la vision qu'on a d'Allah. Je vous en ai un petit peu parlé dans l'épisode précédent sur les épreuves intérieures. Vraiment, il y a quelque chose de très important, c'est qu'il faut être... OK, avec le fait de voir ce qu'il y a en nous, ce qu'on pense vraiment. Et ce n'est pas évident d'avoir le courage de regarder ça, parce qu'il y a des choses pas très très jolies, n'est-ce pas ? Mais c'est nécessaire, parce que parfois, au fond de nous, sans même qu'on s'en rende compte, il y a des choses qu'on croit profondément, comme par exemple le fait que c'est trop tard pour nous, qu'on ne peut plus se rattraper, qu'on a trop péché, qu'on est trop loin, qu'on ne mérite plus. Qu'on ne sera jamais à tel niveau, au niveau de telle personne, que c'est impossible pour nous. Ou encore, qu'Allah ne nous aime pas vraiment, qu'Allah pardonne les autres, mais pas nous. Voir qu'Allah est surtout là pour nous punir. Et en fait, c'est un peu lourd, hein ? Mais cette vision-là, en plus d'être fausse, eh bien, elle nous bloque complètement. Parce qu'elle nous empêche de revenir, elle nous empêche d'espérer, elle nous empêche de travailler sur nous, et elle nous empêche même parfois... de vouloir du bien pour nous, ici bas et dans l'au-delà. Subhanallah. Parce que si je crois qu'Allah ne veut pas mon bien, alors pourquoi est-ce que je ferais des efforts pour me rapprocher de lui ? Si je crois qu'Allah ne m'attend plus, alors pourquoi est-ce que je reviendrais ? Si je crois que ce n'est plus pour moi, ben forcément, je vais rester là où je suis en fait. Et ça, c'est l'impact de nos pensées sur nos émotions et nos actions. On en a déjà parlé dans plusieurs épisodes, mais notamment dans l'épisode 2, où je vous présentais un peu ça, je vous présentais l'importance... de travailler sur soi et ses pensées en tant que femme musulmane. Et n'hésitez pas à l'écouter ou même le réécouter si vous l'avez déjà écouté auparavant parce que c'est indispensable de comprendre l'impact de nos pensées sur notre vie, sur notre comportement. Et c'est logique parce que, si je prends un exemple un peu bateau là qui me vient, c'est que si je suis sur une falaise, que je vois le vide, je vais me dire, en fait si je saute, je meurs. Donc, je ne vais pas sauter, on est d'accord. Et alhamdoulilah, heureusement qu'Allah nous a configurés comme ça. Mais si on voit... de manière plus large dans ce qui se passe dans notre vie. On n'est pas tous les jours sur une falaise, n'est-ce pas ? Mais en gros, si je me dis que je ne suis pas capable de faire quelque chose, je ne vais pas le faire. Je ne vais même pas essayer. Par contre, si je me dis que je peux essayer, que c'est ok si je me trompe, etc., ça va être beaucoup plus facile pour moi d'essayer. Donc nos pensées, elles ont un impact très important sur notre vie et donc a fortiori dans notre relation à Allah. Et du coup, si je reviens aux pensées quant à Allah, vous voyez bien que si je me dis qu'Allah est là pour me... punir, si je crois qu'Allah ne veut pas mon bien, ben en fait, je ne vais pas faire d'efforts pour me ranger de lui. Et c'est dramatique parce que c'est complètement faux. Allah veut notre bien. Allah veut qu'on revienne à lui. Allah veut nous voir au paradis. Allah veut le meilleur pour nous, ici-bas et dans l'au-delà. Et nos épreuves sont un bien. Et je vous renvoie à les épisodes précédents sur les épreuves, il y en a eu plusieurs. Donc je ne vais pas m'étaler là-dessus. Mais du coup, c'est pour ça que je fais cet épisode, parce que... Je crois profondément qu'on ne peut pas bien travailler sur soi si on a une vision faussée d'Allah. D'ailleurs, ça me fait penser à un hadith russie où Allah dit, en gros, dans le sens, « Je suis ce que mon serviteur pense de moi » . Donc ça montre à quel point, en fait, c'est hyper important de se demander « Qu'est-ce que je pense d'Allah ? » . Et je pense que, en tout cas, moi je le vois aussi comme ça, ce hadith, c'est aussi une invitation à se poser la question « Qu'est-ce que je pense d'Allah ? » Est-ce que je sais qui est Allah ? Et je crois profondément qu'on a besoin de réapprendre qui est Allah pour pouvoir revoyer envers lui, en regardant ce que Allah nous dit de lui-même et non pas ce que les autres vont nous dire de lui, n'est-ce pas ? Parce que justement, beaucoup d'entre nous ont grandi avec une vision déséquilibrée, pour ne pas dire complètement fausse, d'Allah. Certaines d'entre nous n'ont pas du tout connu l'islam, soit parce qu'elles étaient dans une autre religion, soit parce qu'elles n'avaient pas de religion. Elles ont été éduquées sans religion. Et certaines ont eu une certaine éducation religieuse, parfois une belle éducation, vraiment, alhamdoulilah pour ça. Mais d'autres qui ont eu quelque chose de très vague, d'autres avec globalement ce que disaient les médias de l'islam. Et d'autres encore, et c'est de ça dont je vais pas mal parler aujourd'hui, avec une vision très centrée sur le halal et le haram, la faute, la peur, la punition, la culpabilité. Et donc j'ai envie qu'on parle de cette dernière catégorie parce qu'elle crée des dégâts. Et en vrai, toutes les catégories qui ne regardent pas ce qu'Allah dit d'Allah, c'est compliqué. Mais on va parler de ça en particulier. Déjà, c'est important de se dire que, bien sûr que c'est vrai qu'il y a des interdits. Oui, il y a des punitions. Oui, il y a des conséquences. Oui, l'enfer existe, on ne va pas nier ça. Mais le problème, c'est quand on parle directement de ça et qu'on ne voit que ça. Et en fait, on a oublié l'essentiel. Parce qu'on parle de tout ça, vous voyez, et dans tout ce que j'ai dit, je n'ai même pas évoqué Allah. A l'heure même que, dès le début du Coran, dans le surat al-Fatiha, Allah se présente comme Ar-Rahman Ar-Rahim. D'accord ? Je sais que dans les traductions, on a le très miséricordieux, le très compatissant, le tout miséricordieux. Je trouve que c'est des mots qu'on comprend mal. En tout cas, moi, j'ai toujours eu du mal avec cette traduction, parce que c'est des mots qu'on n'utilise pas vraiment aujourd'hui. En tout cas, miséricordieux, ce n'est pas vraiment un mot qu'on utilise dans la vie de tous les jours. Et je pense que c'est toujours, toujours important de revenir à l'arabe, à ce que ça veut dire, et je ne peux que vous inviter à prendre des cours d'arabe, incha'Allah. apprendre aussi des cours. de tafsir pour comprendre. Et bien sûr, je ne peux pas ne pas citer notre chère Ousséla Zainab, qui a le podcast Coran de mon cœur et qui a créé la maison des Salihettes, où elle décortique chaque surat. Et donc, ce que je trouve bien, c'est que c'est très accessible, même aux personnes qui ne lisent pas l'arabe, parce qu'elle va prendre l'arabe et elle va expliquer chaque mot. Et du coup, si je reviens à la Rahma, en fait, la Rahma, ça vient de la racine Rahama, et ça signifie, je ne vais pas m'étaler là-dessus, mais ça signifie globalement... l'amour, le soin, quelque chose d'expansif. Et donc Allah nous dit qu'il est Ar-Rahman. Ar-Rahman, c'est cette Rahma de manière intense et maintenant. Et Ar-Rahim, c'est cette notion de Rahma, mais de manière permanente, de manière aussi future. Donc sa Rahma, elle est là pour nous maintenant et après. Et Allah nous dit également dans le Coran, dans la surah Al-A'raf, donc la surah 7, il y a 156, dans le sens « Ma miséricorde, donc ma Rahma, embrasse toute chose. » Et c'est marrant parce que je viens de parler d'Oussad Azzainab et en fait c'est la ayah qu'elle a choisie dans l'épisode où je l'ai interviewée sur Musulmane en chemin. Donc bref, si vous avez envie d'aller l'écouter, n'hésitez pas. Mais du coup, Allah nous dit ici que sa rahma embrasse toute chose. Donc nous y compris, d'accord ? Même les non-croyants. Alors que dire des croyants ? Et donc je parle de ça parce qu'on ne peut pas parler d'Allah sans parler de sa rahma. Ce n'est pas possible en fait. On répète la basmala, donc Bismillahirrahmanirrahim, tout le temps. Et du coup, vraiment, je trouve ça fou, je trouve ça aberrant, je ne comprends pas, subhanallah, de ne pas commencer par là. Je ne comprends pas qu'on ne puisse pas nous apprendre d'abord qui est Allah avant de nous parler de tout le reste. Et on ne peut pas cheminer vers Allah seulement avec la peur. C'est faux, déjà, et donc, a fortiori, ça ne marchera pas. Et il y a une très belle image qui est donnée par un savant qui est Ibn Khaym al-Jawziyya, dont je vous ai déjà parlé dans d'autres épisodes, qui nous dit que le croyant, le cœur du croyant, est comme un oiseau. Donc il vole avec deux ailes. Une aile de la crainte et une aile de l'espoir. Et plus précisément, il nous dit que l'amour d'Allah, c'est la tête de l'oiseau. Et puis voilà, une aile pour la crainte, une aile pour l'espoir. Et donc globalement, si on enlève une des deux ailes, l'oiseau ne vole plus. On est d'accord. Donc on a besoin des deux. Le truc c'est qu'aujourd'hui, beaucoup ont perdu l'aile de l'espoir. Et donc on a un certain amour, driveé uniquement par la peur. Ça marche pas. Et parfois, à cause de ça, certaines personnes vont chercher ailleurs l'amour. Parce qu'elles ont l'impression que dans l'islam, il n'y a que la dureté, il n'y a que des interdits. Et qu'est-ce qu'elles font ? Elles vont dans l'extrême inverse, en recherchant l'amour sans aucun cadre. Alors qu'en réalité, la voie juste, c'est une mise en extrême. ni l'autre. Et aujourd'hui, je pense que beaucoup de cœurs ont besoin de réapprendre l'espoir. C'est de ça dont on parle aujourd'hui. Et ça, on le voit très concrètement dans les pensées qu'on a, notamment à propos d'Allah et nous-mêmes. Il y a des pensées qui sont très présentes, bien installées en nous, bien ancrées, et dont on ne se rend même plus compte. Ça fait partie de nous. Comme par exemple, je ne suis pas assez digne pour revenir vers Allah. Je retourne toujours, donc ça veut dire que je ne suis pas sincère. Peut-être que je n'ai pas vraiment changé. Peut-être que je n'arriverai jamais à changer. Bonjour les wassouettes de Shaitan, n'est-ce pas ? Et puis sérieusement, Parce que souvent, on se dit que Shaitan va nous pousser au péché directement. Mais en fait, j'ai envie de dire, il n'est pas bête, Shaitan. Il sait comment on fonctionne. Donc il ne va pas juste nous dire, allez vas-y, va voler de l'argent, va faire ceci, va faire un gros péché. Non. Alors là, surtout quand il voit que tu veux revenir à Varala, d'ailleurs c'est à ce moment-là qu'il va venir encore plus fort. Ce n'est pas quand tu es dans la rafla et que tu ne te rends même pas compte que tu n'es pas sur le chemin. Il va venir d'autant plus quand tu veux revenir à Varala. Et à ce moment-là, il ne va pas te dire juste, vas-y, fais quelque chose de mal. Il va plutôt te dire de manière plus subtile, non mais regarde, tu ne changeras jamais. Ce n'est pas pour toi. Tu ne seras jamais comme ça. Tu ne seras jamais comme elle. Oh là là, mais regarde, tu n'es pas sincère là. Ton intention n'était pas bonne. Et vous voyez, la dernière là, elle peut paraître intéressante cette pensée. Ton intention n'est pas bonne parce qu'on le sait. Quand on commence à cheminer, on sait qu'on doit regarder notre intention, on voit qu'elle bouge. Et c'est normal, notre intention, elle est changeante. Mais là, quand on se dit juste, je ne suis pas sincère, qu'est-ce qui se passe ? Potentiellement, il y a une autre pensée qui vient derrière et qui se dit, il vaut mieux arrêter alors. Tu n'es pas sincère, donc ne le fais pas. Et donc vous voyez, son objectif, c'est pas seulement qu'on tombe, parce que tomber, on va tomber. C'est clair, on est des humains, on est faibles, faillibles, donc on tombe. Son objectif, c'est surtout que tu restes bloqué, et que tu veuilles même plus essayer. Son objectif, c'est de te décourager, que tu désespères. Et on va reparler de ça. Parce que justement, toutes ces pensées-là précédentes, que je vous ai citées, elles ont un point commun, c'est qu'elles nous paralysent. Elles nous empêchent d'avancer et d'espérer. Et en fait, à ce moment-là... Ça montre aussi à quel point on n'a rien compris de qui est Allah et on n'a rien compris de qui on est. Et Chétan, vraiment, il se joue de ça. « Aïdou bilhaminash salji » encore une fois. Parce que Allah, il nous a créé imparfaits, imparfaits. Il nous le dit dans le Coran et il y a aussi un hadith, pr. Salam, qui nous dit « Si vous ne péchiez pas, Allah vous remplacerait par des gens qui pécheraient, puis demanderaient pardon à Allah et il leur pardonnerait. » Ça veut dire qu'on a été créé avec cette capacité, j'ai envie de dire, à tomber, à pêcher. Avec cette fonctionnalité, plus que capacité. Mais aussi avec cette capacité pour le coup à revenir. Donc le problème, c'est pas de tomber. Le problème, c'est de ne pas revenir. Et en fait, quand on ne s'autorise pas à revenir, parce que c'est de ça qu'il est question entre autres aujourd'hui, eh bien, c'est comme si on n'acceptait pas de tomber. On n'acceptait pas notre faiblesse. On n'acceptait pas... notre condition humaine. Et ça, on en a déjà parlé dans d'autres épisodes, mais j'insiste dessus parce que vraiment, c'est un problème de fond qu'on a besoin de régler. Et justement, il y a une chose que j'aimerais bien poser ici dans cet épisode, comme la colonne verte à parler de cet épisode, j'ai envie de dire, c'est que ce n'est pas une question d'être digne, en fait. D'accord ? On ne va pas attendre d'être digne pour revenir. Parce que si c'est le cas, si on attend d'être digne pour revenir, on ne reviendra jamais. Parce qu'on ne sera jamais digne, on ne sera jamais parfait en fait. Et en même temps, on vit dans un monde où on nous évalue tout le temps par nos résultats, par notre niveau, par notre image, par ce qu'on montre, par ce qu'on a réussi à devenir. Alors forcément, à un moment donné, même dans notre religion, on peut avoir ce réflexe. Et on va se dire, quand j'aurais vraiment changé, là je pourrais revenir à Allah. Quand je serais plus stable, plus pieuse, moins incohérente, là je pourrais revenir à Allah. Quand je porterai le hijab ? Quand je ferai bien ma prière à l'heure ? Quand je ferai ci ? Quand je ferai ça ? Encore une fois, encore ce truc de stabilité, incohérence. Mais avec Allah, ce n'est pas du tout cette logique-là. Bien au contraire. Déjà, rappelons-nous que les résultats appartiennent à Allah. La transformation profonde appartient à Allah. La guidée, lui, appartient également. Toi, ce qu'on te demande, ma chère, me fais mal en chemin. C'est pas d'être arrivé, c'est de revenir, c'est de faire un pas. Encore une fois, c'est de faire les causes. Et le prophète sallallahu alayhi wa sallam nous donne une image que je trouve vraiment magnifique, vraiment que la première fois que je l'ai entendue, je l'ai retournée un peu dans tous les sens. En gros, il nous dit dans un hadith que la prière, c'est comme quelqu'un qui se lave dans une rivière cinq fois par jour. Est-ce que si une personne se lave cinq fois par jour, il restera encore de la saleté sur lui ? Non. La prière, elle est là pour effacer les péchés, pour nous purifier. Et ça, c'est hyper important à comprendre parce que... On n'attend pas d'être propre pour se laver. Est-ce que tu vas te dire, quand je serai propre, j'irai me laver ? Non, justement, c'est parce qu'on est sale qu'on va se laver. C'est exactement la même chose. On n'attend pas d'être parfaite pour revenir à Allah. C'est justement parce qu'on ne l'est pas qu'on doit revenir. Et c'est comme ça qu'on pourra s'élever, se purifier, se rapprocher de qui on a envie de devenir, un pas après l'autre. Et justement, En parlant de qui on a envie de devenir, on se met tellement la pression. Oh là là, la comparaison, n'est-ce pas ? On va commencer par là. On se compare énormément, d'une part aux autres, mais également et peut-être même surtout à une version idéalisée de nous-mêmes. On a un peu le fantasme de cette femme qu'on aimerait devenir, cette musulmane qu'on aimerait être. Et en vrai, ce n'est pas mauvais en soi de vouloir devenir meilleure, n'est-ce pas ? Bien au contraire, c'est plutôt bien. T'espérer évoluer, progresser, devenir meilleur, aller vers l'Ihsan, n'est-ce pas ? Mais le problème, c'est qu'on voit ça comme une montagne, une grande montagne. Et on se place tout en bas de la montagne et on regarde le sommet. Je suis très visuelle, donc visualisez avec moi. Et là, on se dit, non mais regarde, je suis trop loin, j'y arriverai jamais en fait. C'est pas possible de monter sur cette montagne, de grimper jusqu'au sommet. Alors que... Ce regard, en fait, il est biaisé. Déjà parce qu'on oublie toutes les montagnes qu'on a déjà gravies. Eh oui, on oublie d'où on vient. On oublie les efforts qu'on a déjà faits. On oublie les étapes qu'on a déjà franchies. On oublie les moments où on a déjà changé, on a déjà évolué, on a déjà fait des pas vers Allah. Et franchement, je vous invite juste à regarder dix ans en arrière. Je suis sûre qu'il y a eu des changements, alhamdoulilah. C'est sûr et certain. Même, je vais aller encore plus loin que ça. Il y a un moment donné, vous étiez un bébé dans votre vie, d'accord ? Vous ne saviez même pas parler. Maintenant, vous savez parler, vous m'entendez, vous comprenez, vous êtes en train d'écouter là, le mal en chemin, j'imagine que vous écoutez même d'autres choses pour vous aider à cheminer. Donc ça montre bien que vous avez évolué. Et le truc, c'est que quand on ne regarde que vers le haut de la montagne, on ne voit plus tout ça, tout notre passé. Et on ne valorise plus tout ce cheminement passé. Alors qu'il est là, il existe, et il nécessiterait d'être valorisé et... d'avoir du hamd, d'avoir de la gratitude envers Allah par rapport à ça. Donc ça, c'est une première chose. On ne voit plus notre passé et le cheminement passé. Et toutes les montagnes qu'on a déjà gravies, rappelez-vous de ça. Et ensuite, parce que justement, le truc, c'est que même si tu arrives en haut de cette montagne que tu vois là aujourd'hui, il y en aura une autre, et puis une autre, et encore une autre. Parce que le chemin vers Allah, ce n'est pas un point A, un point B et on est arrivé, non. C'est un chemin et il n'y aura jamais un moment où tu peux te dire « ça y est, je suis arrivée, c'est bon, j'ai plus rien à travailler sur moi, je suis parfaite » . Non, on sera toujours en chemin et Inch'Allah jusqu'à la fin. En tout cas, c'est ce que je nous souhaite. Mais du coup, si on attend d'être arrivé à un point qui n'existe pas, d'accord, pour revenir à vers Allah, on ne reviendra jamais. Parce que cette version parfaite qu'on a en tête, elle n'existe pas. Et ce qu'Allah nous demande, ce n'est pas d'être à un certain sommet. Ce qu'Allah nous demande, c'est de cheminer, d'avancer et de commencer par un pas. Et quel pas ? Parce que ce qu'Allah aime, c'est ce pas vers lui. Allah aime le repentir. Et le repentir, c'est le retour vers Allah. Et il y a un hadith que j'aime beaucoup aussi, qui nous dit globalement « Allah est plus heureux du repentir de son serviteur qu'un homme qui retrouve sa monture perdue dans le désert. » Et encore une fois, je vous disais, je suis très visuelle, comme 80% de la population, donc j'imagine que beaucoup d'entre vous aussi. Et vraiment, imaginez la scène. Imaginez un homme dans le désert, il perd sa monture. Ça veut dire qu'il perd son moyen, alors soit il avait de la nourriture et de l'eau avec sa monture, soit un moyen d'en trouver. Mais du coup, ça veut dire qu'il est condamné, quasiment. Ça veut dire qu'il se dit, bon ok, je vais mourir là. Et soudainement... il retrouve sa monture. Imaginez la joie qu'il doit ressentir à ce moment-là. Je pense que c'est inimaginable. Et le Prophète sallallahu alayhi wa sallam, il nous dit qu'Allah est encore plus heureux que ça quand son serviteur revient vers lui. Subhanallah. Donc, ça veut dire qu'Allah, il se réjouit de ton retour, ma chère musulmane en chemin. Il montre une joie immense. Et non pas parce qu'Allah a besoin de nous, mais parce qu'il aime que son serviteur revienne. Et ça, ça change. Tout dans la manière de le repentir, en fait. Parce que tu ne reviens pas vers un Seigneur qui te repousse, qui te blâme, qui va te fermer la porte. Tu reviens vers un Seigneur qui aime ton retour. Et en réalité, ce retour vers Lui, c'est un grand bienfait pour nous. Pourquoi ? Parce qu'on revient vers ce qui est bien pour nous, ici-bas et dans l'au-delà. Et je trouve que ça va être difficile de se mettre à la place d'un l'un. Starfajar, on ne pourra jamais. Il y a une image qui est intéressante pour essayer de comprendre ça. Une image assez simple, c'est celle d'un parent. Une maman, pour nous, d'accord ? Les mamans, les femmes, les mamans. Qu'on soit maman ou pas. Juste, voilà, imaginez un enfant qui fait une erreur. On va imaginer un enfant plutôt grand, un ado, jeune adulte. Un enfant qui fait une erreur. Notre enfant qui fait une erreur, qui s'éloigne, qui fait des choix qui ne sont pas bons pour lui. Et puis un jour, il revient. Il reconnaît son erreur. Il demande pardon, sincèrement. Il veut changer. Qu'est-ce qu'on ressent en tant que maman ? Et qu'est-ce qu'on va lui dire ? Est-ce qu'on va lui dire non non mais c'est trop tard, vas-y, pars, tu mérites pas. Ou est-ce qu'on va ressentir de la joie, du soulagement, de l'amour ? Parce qu'on voit que son enfant il revient vers ce qui est bon pour lui, et on aime notre enfant donc on veut ce qui est bon pour lui. Et là on parle juste d'un parent, d'une maman, d'un être humain. Mais imagine Allah, imagine celui qui t'a créé, celui qui te connaît parfaitement, qui veut ton bien plus que toi-même, qui t'aime plus qu'une mère aime son enfant. En sachant que quand tu reviens à lui, ce n'est pas lui qui gagne quelque chose encore une fois, c'est toi. C'est toi qui retrouves son chemin, c'est toi qui retrouves son équilibre, c'est toi qui te rapproches de ce pourquoi tu as été créé, c'est toi qui te rapproches du paradis. Et c'est pour ça qu'Allah aime que tu reviennes en fait. Et c'est pour ça qu'Allah nous rappelle ça dans le Coran, dans surat Az-Zumar, donc la surat 39 et il y a 53, Allah nous dit dans le sens Ô mes serviteurs qui avez commis des excès contre vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Allah pardonne tous les péchés. Il est certes le pardonneur, le miséricordieux. Quel magnifique ayah, surtout en arabe. Et juste après, il nous dit quoi dans l'ayah 54 ? Dans le sens et puis en partie, je ne vais pas tout lire. Revenez à votre Seigneur en repentance et soumettez-vous à lui. Et ce partage, il est vraiment, vraiment, vraiment beau. Et bouleversant même, j'ai envie de dire. Parce que, déjà la première chose, en tout cas la première chose que ça me fait, c'est il commence par nous appeler ses serviteurs. Oh mes serviteurs. Il dit, oh mes serviteurs. Même ceux qui ont commis des excès. Même ceux qui ont dépassé les limites, contre eux-mêmes du coup. Alors là, il les appelle encore, il nous appelle encore, mes serviteurs. Il nous dit pas, non mais ça y est, vous faites plus partie de mes serviteurs. Non, on est toujours ses serviteurs. Donc il y a toujours ce lien, cette proximité, vous voyez ? En tout cas, lui, il n'a pas cassé ce lien. Souvent, c'est nous, en fait, qui nous éloignons. Ce n'est pas lui qui nous éloigne de nous, c'est nous qui nous éloignons. Donc lui, il garde le lien. C'est très, très beau. Et ensuite, il ne dit pas, c'est fini pour vous. Non, il nous dit, ne désespérez pas. Parce qu'à l'heure-là, il nous connaît. Il sait ce qui va se passer un peu dans nos cœurs. Il sait qu'on va ressentir de la culpabilité, qu'on va avoir honte, qu'on va douter, on va avoir plein de pensées là qui vont nous polluer. Et qui vont nous dire que c'est plus pour nous, que c'est trop tard, etc. On n'est plus sincère, tout ça, tout ça. Et justement, Arlin, il vient couper court à tout ça. Vous voyez, il va en faire un petit court-circuit. Il va nous dire, non, ne désespérez pas. Comme si c'était un peu la première chose à corriger. Avant même les actes, avant même les changements, c'est OK. Corrige cette pensée-là. Hop, allez, on change son mindset. Parce que tant que tu crois que c'est trop tard, tu n'avanceras pas, en fait. Et donc, finalement... À ce moment-là, la première chose à faire, c'est pas encore de tout réparer. La première chose à faire, c'est de refuser de nourrir ce désespoir intérieur s'il est là. Même si c'est juste en début. C'est de refuser cette petite voix qui te dit que c'est trop tard. De refuser cette pensée qui te bloque avant même d'essayer. Parce qu'on l'a vu, au fond, c'est là que tout se joue. Tant que tu crois que c'est fini, bah tu bougeras pas. Tant que tu crois que t'y arriveras pas, tu resteras là où t'es. Et Chétan, il a même plus besoin de te pousser au péché parce que t'es déjà bloqué. T'es déjà... Tu vois, c'est soit t'avances, soit t'urcules. Là, dans quel camp c'est quoi ? Et donc vous voyez, le travail qu'on a à faire, parce que oui, c'est un vrai travail, apprendre à repérer ses pensées, à les attraper, à ne plus les laisser tourner en boucle dans notre tête, là, comme ça, sans les remettre en question. Apprendre à les déconstruire, les remplacer par quelque chose de plus juste, de plus vrai. Parce que toutes les pensées qu'on a dans notre tête, ne sont pas vraies. je suis sûre que vous devez voir des pensées contradictoires que vous avez dans votre tête, donc ça montre bien à quel point elles ne sont pas toutes vraies. A nous de faire le tri. Et c'est exactement un des objectifs de cet épisode, c'est de commencer à changer sa façon de penser. De revenir à quelque chose de plus juste, de plus aligné avec ce qu'Allah lui-même dit. Parce que tant qu'on est en vie, il y a de l'espoir. C'est un dicton qu'on dit souvent, mais c'est vrai. Tant qu'on est en vie, la porte est ouverte. Le repentir est possible, le changement est possible. Une fois que la mort arrive, la witi est terminée. Et à ce moment-là, je pense qu'on donnera tout pour un enfant de plus. Une seule prière de plus. Une petite occasion de demander pardon, de revenir vers Allah. Alors, ce que je vous propose mes chers musulmans, mes chères sœurs, c'est de ne pas laisser Chetan Ghani, de ne pas laisser ses pensées nous empêcher d'avancer vers Allah, de ne pas laisser une vision faussée d'Allah nous priver de notre propre retour vers lui. Subhanallah, c'est un comble. Et du coup, aujourd'hui, je vais vous inviter à une chose simple. Je ne vais pas vous proposer de tout changer d'un coup, je pense que vous me connaissez normalement si vous écoutez depuis quelques temps. Je ne vais pas vous demander de devenir une autre personne du jour au lendemain. Mais ce que je vous propose, c'est de faire un pas, un petit pas sincère. Peut-être que ça va être pour certaines une prière, en demandant pardon. Peut-être que ça va être faire de l'istirfar. Peut-être que ça va être une invocation, une dua'a, qu'on va faire sincèrement, en parlant à Allah. Peu importe, et là j'ai donné que quelques exemples qui me viennent en tête, mais vraiment, je vous propose de chercher vous, en fait. Je te propose à toi, ma chère musulmane en jugement, ma chère sœur, de rechercher, de te demander, ok, c'est quoi le premier petit pas que je puisse faire ? Et que j'ai... envie de faire. Parce que parfois on va imaginer justement des grands pas. Et justement, si le pas est trop grand, découpez-le. Ok, c'est quoi le tout petit premier pas que je puisse faire ? Et je commence par ça. Et bon, j'avais dit que je vous demandais juste une chose, mais je vous propose une deuxième. Une deuxième petite invitation, qui va peut-être être plus importante que la première, mais en tout cas prioritaire. Allez, ce que je vous invite, c'est de prendre de quoi noter, là à la fin de l'épisode, Inch'Allah, et de noter une chose qui vous a touchée, une chose qui vous a marquée. Une prise de conscience. Parce que souvent, on écoute plein de podcasts, on écoute des choses et on se dit « oui oui c'est vrai, c'est vrai, ah ouais c'est vrai ! » et puis on passe à autre chose et rien n'a changé. Et là, j'ai envie qu'on ancre ça. J'ai envie que ça change votre vie, comme je vous le disais au début de l'épisode. Parce que ce genre de prise de conscience, ça peut changer une vie. Et bien sûr, c'est pas l'épisode en lui-même, d'accord, qui va changer votre vie. D'accord, je dis pas du tout ça. Ça peut être une cause, incha'Allah. Et ce qui est sûr, c'est que changer sa manière de voir les choses... Ça peut changer la suite de notre vie, ça peut changer ce qu'on s'autorise à faire, ça peut changer la manière dont on se regarde, bien entendu la manière dont on revoit Allah, la manière dont on revient à lui. Et en fait tout ça, ça commence généralement par quelque chose de simple, une prise de conscience, qu'on prend le temps d'ancrer. Et c'est pour ça que j'insiste un peu, parce que vraiment, ma chère M. Larchemin, ne laisse pas passer ça. Et ça prend vraiment uniquement quelques secondes de venir noter ce qui nous a impacté, ce qu'on veut garder. Voilà pour cet épisode, j'espère que ça vous aura apporté. Et si jamais c'est le cas, je vous invite à le partager autour de vous, à une sœur, à une amie, autour de soi sur les réseaux, parce que franchement, on partage tellement de choses futiles sur les réseaux, mais là, je pense que c'est essentiel. C'est un sujet qui est trop important pour le garder pour soi. Et parfois, un simple partage peut être vraiment une cause de bien pour quelqu'un. Donc n'hésitez pas, soyons bien les unes pour les autres, mes chères sœurs. Et sachez, incha'Allah, que dans le prochain épisode... on ira voir ensemble une petite suite que j'avais prévue d'ailleurs d'aborder dans cet épisode-ci mais quand je vois le temps qui passe en train d'enregistrer je sais que ça sera beaucoup trop long donc on le fera la semaine prochaine Inch'Allah on verra ensemble à quel point Allah a tout mis en place pour que nous allions au paradis et vraiment c'est Inch'Allah ça sera un épisode qui sera très beau en tout cas moi toutes ces prises de conscience que j'ai eues, toutes ces connaissances que j'ai acquéries Alhamdoulilah par la grâce d'Allah Merci. Ça me permet vraiment de me dire, mais en fait, ouais, Allah, il est bon. Il veut qu'on aille au paradis. Regarde tout ce qu'il a mis en place. Et encore, bien entendu, je ne vais pas tout citer. C'est impossible de tout citer. Mais Inch'Allah, ça peut, encore une fois, aider à ancrer cette prise de conscience et ce changement de mindset par rapport à la vision qu'on a d'Allah. Donc, on se retrouve Inch'Allah la semaine prochaine pour cet épisode. Et en attendant, n'hésitez pas à faire les deux petits exercices que je vous ai proposés aujourd'hui. Et qu'Allah nous permette à tous de revenir à lui constamment, avec sincérité, Inch'Allah. Faisal Malillah mes sœurs. Assalamu alaikum wa rahmatullahi wa barakatuh. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si c'est le cas, j'imagine qu'il l'a apporté. Et dans ce cas, n'hésite surtout pas à le partager autour de toi. C'est un vrai cercle vertueux de Hesenet. Et bien entendu, si ce n'est pas déjà fait, n'hésite pas à laisser un avis, accompagné de 5 étoiles, sur la plateforme de ton choix. Car Allah te préserve, ma sœur, et te facilite tout ce qui est un bien pour toi.