Speaker20 h 44, le 11 octobre 2019.
Un grand quotidien national annonce en une qu'il a été arrêté à l'aéroport de Glasgow, en Écosse.
L'Agence France-Presse confirme.
La nouvelle se répand dans toutes les rédactions.
Tout part d'une dénonciation anonyme.
Un homme a été interpellé à l'aéroport de Glasgow en provenance de Roissy.
Et dans un premier temps, selon les policiers écossais, ses empreintes correspondent à celles du fugitif.
Au même moment, une perquisition est menée dans une maison de Limay dans les Yvelines, à l'adresse qui figure sur le passeport de l'homme tout juste arrêté.
Édition spéciale, plateau ouvert, envoyés spéciaux devant un aéroport et pendant une nuit entière, un pays entier y croit.
À Nantes, le procureur de la République appelle à la prudence.
Et le lendemain, à la mi-journée, une expertise ADN vient disculper le septuagénaire interpellé.
L'homme arrêté n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès.
C'est un retraité francilien marié à une Écossaise.
Il allait simplement rejoindre son épouse.
Huit ans qu'un pays recherche le même homme.
Et cette nuit-là, en deux mille dix-neuf, il a cru l'avoir.
Alors qui cherche-t-on exactement ?
Et surtout, comment un homme de cinquante ans peut se volatiliser pendant quinze ans dans un pays qui le cherche ?
Allez, installez-vous, on ouvre le dossier.
Et au passage, si vous tombez sur MYRX pour la première fois, bienvenue sur ma chaîne.
Ici, on raconte des affaires criminelles réelles, documentées et sourcées où on n'invente rien.
Bon, prenez vos affaires on part à Nantes.
Avril 2011, un quartier calme au nord de Nantes, la façade blanche d'une maison bourgeoise boulevard Robert Schuman, une famille de six : le père, la mère et quatre enfants.
Le genre de maison devant laquelle on passe sans la voir.
Et ce qui va faire basculer ce dossier ne sera ni une empreinte, ni un témoin, ce sera Un objet posé au mauvais endroit dans un jardin.
Depuis près de deux semaines, plus de nouvelles de la famille.
La mère ne se rend pas à son travail, les enfants ne sont pas sur les bancs de l'école.
Et au début, ça n'inquiète pas grand monde.
Selon une voisine interrogée à l'époque, on a trouvé bizarre que la maison soit fermée, mais on s'est dit qu'ils sont partis en vacances et puis c'est tout.
Pas besoin d'en faire tout un plat.
Mais les doutes s'installent.
Le cinq avril, un huissier se présente au domicile familial pour une dette de vingt mille euros.
On ne lui ouvre pas, la maison restera fermée.
Quelques jours plus tard, une commerçante du quartier alerte la police.
Elle trouve étrange de voir les volets de la maison fermés Depuis une dizaine de jours, alors que la voiture de la mère de famille est toujours garée dans la rue.
Les policiers entrent de force et ils ressortent les mains vides.
La maison est partiellement vidée.
Le bail a été résilié, les comptes bancaires sont clôturés, des lettres sont parties vers les proches et vers les établissements scolaires.
Selon ces lettres, la famille est partie précipitamment pour l'Australie pour une mutation professionnelle.
Même la boîte aux lettres est retirée de la façade.
À la place, un simple mot : courrier à retourner à leur expéditeur.
Merci.
Quelqu'un a pris le temps d'écrire ça.
Et quelques jours avant tout ça, à des centaines de kilomètres de là, il était passé dans une- un magasin de bricolage d'un village de l'Indre.
Il s'était procuré des sacs poubelles et un paquet de dalles adhésives.
Retenez ce magasin, on y reviendra dans dix ans.
Reprenons depuis le début.
Le premier avril deux mille onze, Xavier Dupont de Ligonnès achète dans plusieurs magasins du ciment, une bêche et une houe.
Le lendemain quatre sacs de dix kilos de chaux.
Le trois avril, le couple et trois des enfants dînent dans un restaurant avant de se rendre dans un cinéma dans Nantes.
Selon le parquet de Nantes, la nuit du trois au quatre avril est considérée comme la date très probable du décès de la mère de famille et de trois des enfants.
Le cinq avril, le quatrième enfant rentre à Nantes dans la soirée à la demande de son père.
Et là, la maison se referme.
Retenez cette date.
À partir de là, il reste seize jours avant que quelqu'un ne regarde sous la terrasse.
Et on va se faire une petite chronologie.
Le dix avril, le suspect, Xavier Dupont de Ligonnès, quitte Nantes.
Le onze, le collège des deux benjamins de la famille et l'employeur de l'épouse reçoivent des courriers Justifiant leur absence par une mutation en Australie.
Ce même jour, neuf des proches découvrent une lettre.
Elle explique le départ soudain de toute la famille pour les États-Unis par la double vie d'agent secret qu'aurait eu le père.
Les onze et douze avril, il dort dans un hôtel cinq étoiles près de Toulouse.
Dans la nuit du douze au treize, il va dîner seul et dort dans une luxueuse auberge du Vaucluse.
On est maintenant le 13 avril à Nantes et sont passés des premiers appels à la police nantaise.
Ce sont des voisins de la famille qui sont inquiets.
Le 14 avril, à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, des caméras de surveillance l'enregistrent en train de retirer trente euros à un distributeur.
Trente euros.
Selon la journaliste qui a enquêté sur cette affaire, il sait que dans les hôtels et aux distributeurs de billets il y a des caméras et il sait qu'il va être filmé en retirant cette toute petite somme.
Il passe la nuit dans un hôtel bon marché de la commune et sa voiture sera ensuite retrouvée abandonnée sur le parking.
Le quinze avril, il est vu pour la dernière fois par un témoin, s'éloignant à pied avec un sac sur le dos.
À partir de là, sa trace se perd.
Le dix-neuf avril et on arrive presque au bout de cette chronologie, une enquête est ouverte pour disparition inquiétante de l'ensemble de la famille.
Et on arrive au 21 avril, les enquêteurs fouillent la maison.
Selon la journaliste qui a enquêté sur cette affaire, une policière du jardin s'étonne de voir une gamelle qui est coincée entre le matelas des chiens et le sol.
Un chien, ça ne mange pas dans une écuelle coincée.
Alors elle soulève les matelas et avec ses collègues, ils aperçoivent du ciment plutôt frais.
Ils grattent.
Le même jour, le procureur de la République de Nantes convoque les journalistes en urgence pour une conférence de presse.
Un reste humain vient d'être découvert dans le jardin de cette famille sous la terrasse.
Et là, c'est l'horreur.
Cinq Corps sont exhumés Les restes humains de la mère et des quatre enfants sont retrouvés, ainsi que les cadavres des deux labradors de la famille.
Un seul corps manque à l'appel, celui du père.
À partir de ce jour, la police n'enquête plus sur une disparition inquiétante.
Elle traque un homme.
L'enquête bascule sur une qualification criminelle de séquestration et d'assassinat.
Et le vingt-six avril, une marche blanche d'hommage aux victimes réunit quatre cent cinquante personnes à Nantes.
Le même jour, la recherche change d'échelle.
Quelques jours plus tôt, un premier mandat de recherche n'avait couvert que la zone Schengen.
Il est désormais recherché dans le monde entier en vertu d'un avis diffusé par Interpol.
Deux jours plus tard, ce sont les obsèques.
Près de mille quatre cents personnes sont présentes durant la cérémonie.
Puis le dossier franchit encore un nouveau cap.
Le 10 mai, un mandat d'arrêt international était mis contre lui.
Et ensuite, pendant quinze ans, il ne se passe qu'une seule chose : des signalements.
Au printemps 2026, plus de mille sept cent cinquante signalements avaient été Des faits partout dans le monde et jusqu'ici, aucun n'a porté ses fruits.
En juin 2011, selon un grand quotidien national, une enseignante affirme l'avoir vu dans un bus à Versailles.
Elle l'a pris en photo, mais a oublié d'enlever le cache de l'objectif.
En mars 2012, un couple de restaurateurs français installé près de Cuneo en Italie est certain de l'avoir vu à dîner La police saisit les couverts, le verre et la bouteille de vin servis au suspect.
Les analyses ADN ne donneront aucun résultat.
Il y a aussi eu en février 2013, le gérant d'un hôtel de Dieppe est persuadé de l'avoir logé.
Le client a vidé les cendriers et a effacé l'historique de ses recherches sur l'ordinateur de l'hôtel.
Prélèvement ADN dans la chambre.
Là encore, ce n'était pas lui.
En juin 2013, un cadre en état de décomposition est retrouvé à Cogolin, à une vingtaine de kilomètres de l'endroit où le fugitif a été vu pour la dernière fois.
Ce n'est pas lui.
En avril deux mille quinze, des ossements sont découverts par un promeneur dans une forêt près de Fréjus.
Le profil génétique ne correspond pas du tout.
Juillet deux mille quinze, le bureau nantais de l'AFP reçoit un courrier signé de son nom.
À l'intérieur, une photo de ses fils et au dos, une phrase qui va un peu glacer le sang : « Je suis encore vivant. »
Une expertise graphologique est demandée et les expertises n'ont pas établi que ce courrier ait pu être écrit par le père de famille, ni permis d'identifier son auteur.
En octobre 2016, un homme ressemblant fortement à Xavier Dupont de Ligonnès est aperçu au casino de Nérys dans l'Allier.
Il est interpellé.
C'est un sosie.
Selon une source proche du dossier, les enquêteurs reçoivent à l'époque un signalement de ce genre par semaine, en moyenne.
Un par semaine pendant des années.
Janvier 2018, des fidèles d'un monastère du Var pensent reconnaître le fugitif parmi les moines.
Les policiers s'y rendent directement, c'est toujours pas lui.
Et puis vient la nuit du 11 octobre 2019, celle par laquelle on a commencé cette histoire.
Un homme sans lien avec ce dossier, dont le visage a fait le tour du pays en une nuit.
Septembre 2020, deux habitants du Doubs signalent aux gendarmes un sans domicile fixe qui lui ressemble fortement.
Et malgré cette ressemblance troublante, la piste Est écartée.
On est en mai 2020, un témoignage conduit les policiers à perquisitionner l'abbaye de Saint-Michel-en-Brenne dans l'Indre.
Quelqu'un pense avoir reconnu le fugitif.
Le même département que le magasin de bricolage, dix ans plus tôt.
Coïncidence.
Le résultat des perquisitions est resté infructueux.
On est en juin 2021, un mois plus tard, et plusieurs tombes sont inspectées et fouillé dans un cimetière du Var, une région où il a passé une partie de ses étés étant enfant.
Un autre fait marquant en septembre deux mille vingt-quatre, les enquêteurs nantais retournent fouiller le cimetière de la ville où il a été vu pour la dernière fois.
Aucun élément significatif.
Voilà où en est cette traque.
Elle ne bute pas sur un manque d'informations, elle bute sur l'inverse.
Il y a trop de pistes et jusqu'ici, aucune n'a permis de le localiser.
Si vous êtes toujours avec moi, mettez gamelle en commentaire comme ça je sais que vous êtes encore à ce moment-là de l'histoire.
Pendant que la traque piétine, une autre bataille s'installe autour de ce dossier, celle des récits et des théories.
En mars 2024, la sœur du suspect publie avec son mari un livre.
Elle y défend l'hypothèse selon laquelle Xavier Dupont de Ligonnès et sa famille ont été exfiltrés vers les États-Unis.
Dix jours après la parution, le procureur de la République de Nantes fait une mise au point dans un communiqué.
Selon ce communiqué, aucun élément ne permet de donner judiciairement du crédit à cette version.
Au printemps deux mille vingt-cinq, un influenceur suivi par plus d'un million de personnes assure que le père de famille a été aperçu dans un pays asiatique.
Il lance une conversation de groupe où il informe trois cent quatre-vingt mille personnes de l'avancée de sa propre enquête.
Fin avril, le procureur de la République de Nantes se voit obligé de démentir ces rumeurs.
Il écrit qu'il n'y a aucun élément factuel et vérifiable pouvant prouver qu'il ait été localisé.
En mars 2026, le bureau du shérif du comté de Brewster, au Texas publie un appel à témoins.
Il aurait été aperçu en 2020 dans le sud du comté avec un labrador noir.
Le parquet de Nantes a affirmé le 26 mars n'avoir pas été informé de la diffusion de cet appel à témoins.
Et en juin 2026, rappelez-vous, une émission de télévision reçoit en direct un homme qui se présente comme un prêtre.
Cette émission était présentée par Julien Courbet.
Selon lui, il aurait recueilli en 2022 la confession de Xavier Dupont de Ligonnès dans un monastère de l'Aude.
L'évêque du diocèse dément dès le lendemain matin et la chaîne présente ses excuses.
Et dans la nuit, l'homme finit par avouer qu'il n'était pas prêtre.
Le parquet de Nantes saisit quand même le juge d'instruction, comme il le fait depuis quinze ans à chaque révélation.
Le procureur de la République de Nantes rappelle alors que toutes les informations extrêmement nombreuses parvenues de tout horizon font l'objet de vérifications par les enquêteurs.
Et jusqu'ici, sans succès malheureusement.
Quinze ans après, cinq personnes sont mortes et l'homme que la justice recherche n'a jamais été retrouvé.
Il est évidemment le principal suspect, il n'a jamais été jugé et à ce jour, il reste introuvable On sait ce qui a été découvert sous cette terrasse, mais hormis ce que les enquêtes ont pu déchiffrer ou révéler, on ne sait toujours pas exactement ce qui s'est passé dans cette maison.
Merci beaucoup aux courageux qui m'ont écouté jusqu'au bout.
Si jamais ce dossier vous a plu, n'hésitez pas à mettre un petit like, à vous abonner, c'est gratuit, ça peut tout changer de mon côté.
Il y a une vidéo de ce type-là qui sort une fois par semaine et plusieurs shorts qui sortent dans la semaine également en format court.
Voilà, on est au bout.
Rendez-vous très vite pour un nouveau dossier et prenez soin de vous surtout