- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Naissance Insulaire, ce podcast que nous avons créé avec Solène. Moi, c'est Justine et aujourd'hui c'est ma voix que vous entendez au micro. Ce podcast est né d'un constat simple. En ligne, on trouve très peu de témoignages sur la parentalité en Nouvelle-Calédonie. Alors, on a eu envie de créer un espace pour laisser une trace, pour entendre les voix des parents d'ici, dans toute leur diversité. Ce podcast, c'est ça, des histoires simples, sincères et ancrées dans notre quotidien calédonien. Merci d'être là et bonne écoute !
- Speaker #1
Aujourd'hui, dans Naissance insulaire, on reçoit Nina. Nina, c'est un nom d'emprunt. Nina est venue nous raconter son histoire de maternité, mais aussi l'histoire d'une relation qui, au départ, ressemblait à un conte de fées. Un prince charmant, une rencontre qui semble évidente, un projet de famille. Et puis, petit à petit, les choses changent. Les mots deviennent plus durs, les attitudes aussi. Ce qui semblait normal ne l'est plus vraiment. Et l'emprise s'installe souvent sans qu'on s'en rende compte tout de suite. Dans cet épisode, Nina nous parle avec beaucoup de courage de ce chemin-là, de la manière dont les violences psychologiques, physiques et sexuelles se sont installées progressivement dans sa vie de couple. Mais elle nous raconte aussi autre chose, le moment où elle a trouvé la force de partir. Partir avec un enfant, ce n'est jamais simple. Mais pour Nina, c'était devenu nécessaire, pour elle et pour son enfant, qui commença à comprendre que parfois, papa et maman sont plus heureux séparés qu'ensemble. Avant de commencer l'épisode, on préfère vous prévenir. Cet épisode contient des témoignages de violences psychologiques, physiques et sexuelles. Prenez soin de vous si ce sujet est sensible pour vous. On vous laisse avec le témoignage de Nina.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bonjour à Nina, qui utilise aujourd'hui un prénom d'emprunt parce qu'elle préfère témoigner de manière anonyme. Et donc Nina, on t'accueille aujourd'hui à nos micros parce que tu vas venir nous parler de devenir maman quand on est dans une relation toxique et quand on est sous emprise du géniteur de notre enfant. C'était important pour toi de témoigner en anonyme parce que comme ça tu peux dire vraiment ce que tu as ressenti sans avoir peur des représailles, on va dire. Mais bon, ça, ça va être... Tu vas tout nous expliquer dans ton épisode. Mais déjà, je vais te laisser te présenter.
- Speaker #2
Bonjour à tous. Alors oui, moi, c'est Nina. Je suis à la fin de ma vingtaine. Je suis née et j'ai grandi en Nouvelle-Calédonie. Et je suis maman d'une petite fille.
- Speaker #0
Eh bien, parfait. Justement, on va parler de ta petite fille. Comment est-ce qu'elle est arrivée dans ta vie ? Et comment était ta relation avec... avec le papa de ta fille ? Comment le projet bébé est arrivé dans votre couple ? Et comment est-ce que ton couple allait à ce moment-là ?
- Speaker #2
Alors, avec le papa, tout se passait très très bien. C'était même, comment dire ça ? C'était un rêve. J'étais une reine. Très rapidement, lui et moi, étant donné qu'on a un certain écart d'âge, moi je voulais être maman, lui il voulait être papa. Mais déjà, le premier red flag que je n'ai pas vu par amour, c'était « je veux un enfant avant tant de temps » . Moi, je suis rentrée dedans, je suis tombée rapidement enceinte, mais tout ça par amour. Tout se passait très bien, je ne me sentais pas non plus mise au pied du mur. Je suis tombée très rapidement enceinte. La nouvelle a été très bien accueillie, donc tout se passait très bien. jusqu'à la fin de ma grossesse.
- Speaker #0
Et là, maintenant, avec le recul, tu t'aperçois que c'était un red flag parce qu'en fait, il t'a imposé une limite de temps, c'est ça ? Qui, en fait, à l'époque, te correspondait puisque toi, tu avais un projet de devenir parent et votre relation se passait super bien, donc tu ne te dis pas pourquoi pas.
- Speaker #2
Pour moi, il n'y avait pas de... Non, il était parfait, tout était parfait, donc il n'y avait pas de raison pour que ça se passe mal. Et en fin de compte... arrivant dans le concret, la descente, elle a été terrible. Mais oui, je ne pensais pas que ça allait se passer comme ça.
- Speaker #0
Je pense que personne ne s'attend à ce qu'une relation se passe comme ça, surtout quand on va mettre au monde un enfant. Vous allez le comprendre dans l'épisode, mais le masque est un petit peu tombé pendant la grossesse. Même si vous vous êtes séparés vraiment bien après, 4 ans après cette grossesse, c'est pendant la grossesse que tu t'es rendu compte que cette relation qui était idyllique, en fait, elle ne l'était pas du tout.
- Speaker #2
C'est ça. En fait, tout se passait très, très bien. Il me traitait très, très, très bien. Pendant toute ma grossesse, j'ai été choyée, tout allait très bien. Puis, vers mon huitième mois, on a vécu quelques événements qui ont fait que je pense que ça a touché son égo, ou je ne sais quoi, pour un homme, ça a dû toucher à son égo d'homme. Et qui fait qu'en fait, le masque est tombé. Oula, ça a été... J'ai dû tout reprendre du jour au lendemain, alors que j'avais pas mal de symptômes à gérer moi aussi pendant ma grossesse, comme le syndrome du canal carpien, mes remontées acides où je dormais assise, voire je ne dormais plus. J'avais aussi une grossesse qui était assez fragile et compliquée, vu que j'ai été alitée assez rapidement et arrêtée tout le temps de ma grossesse, parce que j'ai eu des contractions très très tôt. Mon col s'était ouvert à un des trois mois. Donc, il y avait pas mal de choses à prendre en compte.
- Speaker #0
Est-ce que tu étais en menace d'accouchement prématuré, ce qu'on appelle la MAPS ?
- Speaker #2
Alors, ils ne m'ont pas mis ça, mais ma sage-femme soupçonnait ça. Au Médipol, ils n'ont pas voulu. Enfin, pour eux, non. Mais ma sage-femme, oui. Donc,
- Speaker #0
ta sage-femme te disait que tu étais en MAPS, donc menace d'accouchement prématuré. Mais au Médipol, ils n'étaient pas...
- Speaker #2
Non, pour eux, non. C'était quelque chose qu'ils avaient déjà vu. Donc, il n'y avait rien de très... Alors oui, à faire attention, mais ça pouvait, tant que je restais tranquille à la maison et que je ne faisais pas trop de... ça devrait aller.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Donc, au huitième mois de grossesse, il a perdu son emploi et il a perdu un membre de sa famille. Ce qui a fait que, forcément, il était triste, il n'était pas bien. Donc, moi, j'ai... J'ai essayé d'être là pour l'épauler, à mon grand regret, parce que du coup, il m'a prise au mot. Il n'a plus rien fait du tout du jour au lendemain. Je me suis mise à tout reprendre, la cuisine, le ménage, alors que je n'étais pas forcément hyper en état de le faire. On se disputait énormément parce que du coup, la personne qui l'a perdue, il n'a pas pu la voir avant son départ. Du coup, ça le frustrait beaucoup et il s'en prenait beaucoup à moi alors que je n'avais rien à voir dans l'histoire. En même temps, moi, quand il n'avait plus de travail, j'avais peur. Je me suis dit, on va avoir un bébé. On va l'accueillir comment ? Moi, j'avais un métier, j'étais vendeuse. Donc, je ne gagnais pas plus que ça. Plus une maison à payer. Puis, la petite est arrivée.
- Speaker #0
C'est-à-dire que dans votre famille, c'est lui qui avait le plus gros revenu.
- Speaker #2
C'est lui qui avait le plus gros revenu.
- Speaker #0
Et donc là, d'un coup, tu as le pilier qui est ton coparent. ton partenaire qui s'effondre, qui tu ne le reconnais pas, plus une insécurité financière qui s'installe.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
Donc en fait, ça shift complètement à ton huitième mois de grossesse.
- Speaker #2
Ah oui, à tout qui part en vrille. Je demande de l'aide auprès de sa famille, je demande de l'aide auprès de ma famille, mais c'était que le début. C'était que le début et ce n'était pas le plus grave. quand la petite est arrivée, que là, ça a commencé à devenir plus intense. Et d'ailleurs, le jour de son arrivée, ça a été vraiment le début de la descente en enfer encore plus, parce que je n'aurais jamais imaginé une seule seconde ayant assisté à tous mes cours de sage-femme, toutes les promesses d'être là pour moi le jour de l'accouchement. Je n'aurais jamais cru qu'en fait, il serait à côté de moi, assis, à dormir, regarder son téléphone et manger des chips et à me demander de faire plus vite. Donc, ouais.
- Speaker #0
Ah, il t'a demandé d'accoucher plus vite ?
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
Parce que lui, il en avait marre.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
C'est lunaire.
- Speaker #2
Voilà, ça a commencé là. Et pourtant, j'étais tellement dans une phase, j'étais en train de m'accoucher. Donc, moi, je lui ai dit, si tu veux, on échange. C'est très bien,
- Speaker #0
ça a marché comme ça pendant longtemps.
- Speaker #2
Voilà, pas répandant. Et en fin de compte, et même quand la petite est venue au monde, moi j'ai toujours vu et idéalisé ces choses où le papa est ému. Moi j'ai pleuré comme s'il y avait la mort, alors que pas du tout. J'ai pleuré de joie, mais d'émotion. Enfin, elle est là. Et non, lui, à côté, c'est bon, je t'ai préparé. Elle est là. Ni plus ni moins. Il n'y avait pas d'émotion, il n'y avait rien. Je me rappelle même très clairement, quand on me l'a posé sur moi, il m'a dit... T'es contente ? Oui, oui, je suis contente. Je l'ai regardée bizarrement, je me suis dit, c'est quoi cette question ? Et puis après, j'ai fait une hémorragie. Bref, il y avait pas mal de trucs qui ont suivi. Elle et moi, on a fait une infection toutes les deux. On a eu de la fièvre. Elle a eu une infection materno-fétale. On me l'a annoncé le lendemain matin. Et donc, avec les hormones et tout, j'arrêtais pas. pleurait. Moi, j'avais peur. Je croyais que j'allais perdre mon bébé alors que pas du tout. Et toute ma maternité également à l'hôpital, ça a été comme la veille de mon accouchement, on s'est disputés et on faisait chambre à part depuis déjà quelques jours. Moi, je pensais qu'à l'arrivée de la petite, on allait passer à autre chose. C'est un plein d'émotions, un plein d'amour. Donc c'est bon, on passe à autre chose. Eh bien non. Il est resté dessus. Et ça, ça a été... Non, j'avais besoin de lui. J'étais vulnérable. J'étais fatiguée. J'étais... Donc le rêve, il s'est brisé, quoi. C'était... Non, c'était très, très dur. Puis après, on est rentrés à la maison. Donc il faut savoir aussi que quand j'ai accouché, j'ai eu une côte fêlée. Et il n'y croyait pas. Ils n'y croyaient pas. Ils ne croyaient pas au fait qu'une femme, quand elle accouche, elle a besoin de temps pour se remettre intimement. J'ai eu une grande déchirure. Je ne sais plus comment on appelle ça.
- Speaker #0
Au périnée ? Sur le périnée ?
- Speaker #2
Oui, de haut en bas, en zigzag. Du coup, moi, ma sage-femme, même l'hôpital m'avait dit, Madame, c'est six mois, là. En plus, j'avais un œdème et tout. Donc, lui, non. Non, ce n'est pas six mois. Non, je n'y crois pas. Non, tu n'as pas de code fêlé. Non, c'est... Lui, dans sa tête, ce n'était pas comme ça. Et je pense que parce qu'il s'était imaginé un truc autrement, que du coup, il a mal vécu ma rémission, on va dire. Lui pensait que bébé va arriver, il y aura peut-être quoi, un mois de stop et ça va être remis. Mais pas du tout. Donc là, en fait, ce n'est pas ce qu'il s'attendait, c'est ce qu'il m'a imposé, du coup, quand je suis rentrée, quand on est rentrée. Tout de suite, le lendemain, j'ai acheté des trucs, fait la cuisine, fait le petit déjeuner. Un mois après, il faut passer le mop dans la maison. Et en fait, je l'ai fait par les nerfs tellement que j'en pouvais plus de tous les jours. Il faut savoir aussi qu'après mon accouchement, il sortait tous les week-ends, voire en milieu de semaine. Dès qu'il avait l'occasion de sortir, je ne le voyais pas avant 5h du matin. ou le lendemain à midi où j'appelais l'hôpital, j'appelais les flics, j'appelais tout le monde parce que je ne savais pas où il était, qu'est-ce qu'il faisait, il ne répondait pas. Et un jour, j'apprends qu'il me trompe. Et la seule excuse a été, bah oui, mais c'est de la faute à qui ? Enfin, je suis à la coucher. Et du coup, quand j'ai su ça, je me suis... comment dire ça ? Une mise en tête qu'il fallait que je fasse mon devoir de femme et de mère, un peu comme dans l'ancien temps. Maintenant, il faut que je lui donne, même si il ne faut pas, s'il faut en fait. Donc, c'est là qu'ont commencé les attouchements, pendant que je dormais, pendant que je disais non et continuais. Il n'y a pas eu de viol, je tiens à le préciser. Les... sorties ont continué, malgré mes menaces de me partir avec ma fille, ça a continué quand même. Les sorties ont duré six mois. Et les attouchements, ils ont duré deux ans, jusqu'au jour où j'ai compris que c'était des attouchements, parce que je ne me rendais pas compte. Pour moi, c'est mon partenaire, il me touche. Il m'aime. Et en fait, une amie à moi m'a dit non. Tu n'es pas consentante, tu dormais. Tu as dit non, c'est non. Et là, en fait, ça a été différent dans ma tête. Donc à partir du moment où je lui ai dit, il s'est arrêté. Mais par contre, j'avais toujours des violences psychologiques. T'es une mauvaise mère, je vais t'enlever ta fille, je vais partir avec. C'était presque toutes les semaines.
- Speaker #0
Dès qu'en fait, tu faisais quelque chose qui n'allait pas dans son temps. Voilà,
- Speaker #2
exactement.
- Speaker #0
La menace, c'était de t'enlever ta fille.
- Speaker #2
C'est ça. C'est le mot en S. J'avais droit à tous les insultes. Tous les insultes inimaginables. Et ça devant notre fille. Des fois, je mettais notre fille dans sa chambre pour pas qu'elle entende. Et à un moment donné, on parlait tellement fort. Enfin, voilà. Donc ça, pendant quatre ans après la naissance de la fille. Parce que j'ai essayé quand même, malgré tout, je l'ai aimée. Je l'ai aimée, j'ai essayé de me battre. Je me suis dit, ben non, je veux retrouver l'homme que j'ai connu, parce qu'il est là. En fait, l'homme que j'ai connu, c'était le prince charmant. Il n'était pas réel. La réalité, elle était là, en face de moi. C'était son vrai visage. Et avec le temps, j'ai appris qu'il avait eu des épisodes de troubles psychologiques par le passé. J'aurais aimé le savoir avant, parce que j'aurais réfléchi à deux fois peut-être avant de faire un enfant. Après, je ne dis pas que ça le définit, mais c'est quand même des choses à prendre en compte.
- Speaker #0
Donc oui. Je ne t'ai pas posé la question, mais il y a eu combien de temps entre le moment où vous vous êtes rencontré et le moment où tu es tombée enceinte ?
- Speaker #2
Un an, pile poil.
- Speaker #0
Un an, pile poil. Et là, en fait, ça a été un an de masque.
- Speaker #2
Après, je vais dire, la première année, dans chaque relation, tout est beau, tout est rose. Après, ça dépend lesquels. Oui, ça dépend. C'est autrement. Par exemple, ma relation actuelle, un an, tout n'est pas tout beau, tout rose. On est dans le concret, on est dans la réalité, on est une famille recomposée. Enfin, voilà, c'est le vif, c'est le nerf de la vie, quoi. Mais avec lui, oui, tout était parfait. Des restos, des... cadeaux plus chers les uns que les autres. D'ailleurs, aujourd'hui, je ne peux plus les cadeaux, je les vois différemment aujourd'hui. Je n'aime pas. Enfin, j'aime bien, c'est bien.
- Speaker #0
Mais t'as l'impression qu'il y a quelque chose derrière.
- Speaker #2
Pour moi, il y a quelque chose derrière maintenant. C'est comme les fleurs. M'offrir des bouquets de fleurs, je ne le prends plus comme avant. Tellement j'en ai eu avec lui qu'un bouquet de fleurs, c'était pour demander pardon. Donc, j'ai plus de... J'adore les fleurs. Je les vois en horreur quand c'est de la part d'un homme. J'ai beaucoup de mal. Mais oui, un an. Et encore, on va dire, oui, je suis tombée enceinte au bout d'un an.
- Speaker #0
Tous les buts d'abstention,
- Speaker #2
c'est neuf mois. Donc, il y a eu un an et demi, vraiment, juste tous les deux. Donc oui, c'était... Non, je n'avais rien à dire. C'était vraiment parfait. Il y avait des petits... Avec le recul, je vois qu'il y avait des petits moments où... Par exemple, quand il buvait, il y avait des red flags qu'aujourd'hui je perçois avec le temps, avec du recul. Comme quand il buvait, parfois, il avait l'alcool mauvais et il avait une colère. Il devenait violent envers le monde, en fait. Pas envers moi, au contraire, parce qu'à ce moment-là, j'étais la seule à réussir à le calmer. Personne n'y arrivait sauf moi. Sauf qu'avec le temps, cette colère s'est redirigée vers moi. De par les mots, pas par les actes physiques.
- Speaker #0
Avec lui, tu n'as jamais subi de violence physique ?
- Speaker #2
Une seule fois. Et j'ai porté plainte le lendemain. Ça ne s'est jamais reproduit. Il a peur des forces de l'ordre. Il a peur de perdre sa fille aussi. Ce qui est normal. Ça s'est passé une seule fois parce qu'à force de subir... J'ai voulu rendre la monnaie. Malheureusement, quand tu fais ça, c'est à double tranchant. Soit ça fonctionne, soit tu ramasses encore plus.
- Speaker #0
C'est-à-dire quand tu dis rendre la monnaie ?
- Speaker #2
Je sortais.
- Speaker #0
Tu t'es permise de sortir ?
- Speaker #2
Je me suis permise de sortir. Au bout d'un moment, oui. Je me suis permise de sortir. Je rentrais tard. Je buvais.
- Speaker #0
Tu as fait la fête.
- Speaker #2
rien d'exceptionnel rien de fou je rentrais l'été 21h ou 22h entre copines enfin entre collègues mais ça je supportais pas parce que je travaillais essentiellement aussi avec des garçons pourtant je restais avec les filles je restais pas avec les garçons et en fait bah non ça n'a pas plu un soir je suis rentrée l'été 21h euh... Et quand je suis rentrée, c'était qu'une pute, t'es qu'une salope, t'es habillée comme une pute. J'avais un tailleur professionnel avec une chemise, d'accord. Et là, je voyais ma fille qui écoutait tout ça à côté. Et je lui ai dit, mais arrête, c'est devant la petite, il y a la petite qui entend là. J'en ai rien à foutre. Il continue, il continue, bref. Et jusqu'à un moment donné où en fait, c'est moi qui a câblé. Et là, je lui ai dit, de toute façon... Mes mots ont dépassé ma pensée. Et là, je lui dis, de toute façon, tu n'es qu'un mauvais père. Parce que quand je travaillais et que toi, tu ne travaillais pas, le soir, ma fille n'était pas bénie. Elle n'avait mangé que des gâteaux toute la journée. Rien n'était fait, rien n'était préparé. Et tu étais en train de boire la bière avec un voisin. Et là, en fait, ça a été la phrase de trop. En fait, j'ai sorti des trucs que je n'avais jamais dit. Où là, en fait, il a tout balancé, toutes les bouteilles qui traînaient sur le comptoir. Donc là, moi, j'ai eu peur parce que je ne l'avais jamais vu comme ça. J'ai voulu prendre mon téléphone, appeler mon père. Il m'a arraché le téléphone des mains. Du coup, j'ai couru. Je me rappelle, j'ai attrapé vite ma fille dans mes bras. J'ai couru dans la chambre. Et il m'a ouvert de la chambre sur moi, en fait. Et après, j'ai voulu prendre le téléphone fixe pour rappeler mon père encore une fois. Et je me suis vite sauvée dans la chambre, encore une fois. Et là, il a réouvert la porte et je me suis sauvée dans le lit. Et en fait, dans le lit, il m'a attrapée. Il a attrapé le téléphone. Et en attrapant le téléphone, il a attrapé mes cheveux. Il m'a arraché les cheveux. Et là... Je ne sais pas, je me suis mise en mode survie. J'ai vite couru pour prendre les clés de ma voiture. J'avais toujours ma fille dans les bras. Dans tout ça, j'avais ma fille dans les bras. Je ne l'ai jamais lâchée. Et là, en fait, il m'a poussée contre le mur avec la petite. On a tapé contre le mur. Et après, je n'avais plus rien. Je n'avais plus de téléphone, plus de voiture. Je n'avais plus rien. Il m'a enfermée avec la petite dans la chambre de la petite. Pendant, je ne sais pas, peut-être deux heures. Comme ça, dans la chambre. J'ai endormi ma fille pendant ce temps-là parce que je ne voulais pas qu'elle continue à voir et entendre des choses. Il a fini par me sortir de la chambre et on a discuté. Je lui ai dit qu'il avait franchi la ligne. Il savait déjà, c'était une condition quand on s'était mis ensemble. Pas de violence physique, parce que je ne connaissais pas la violence psychologique.
- Speaker #0
Et sexuelle.
- Speaker #2
Et sexuelle, voilà. Pourtant... J'avais déjà été victime d'agressions sexuelles quand j'étais plus jeune, mais pas de mon partenaire. Donc, je ne me rendais pas vraiment compte. C'est un autre sujet.
- Speaker #0
Mais c'est important que tu en parles parce que c'est vrai que le consentement, c'est même en couple.
- Speaker #2
Oui, c'est hyper important. Et peu importe sous quelle forme. Peu importe sous quelle forme. Même pour les hommes. Pas que les femmes. Oui, bien sûr.
- Speaker #0
C'est dans les deux sens. Qu'on soit en couple ou pas, le consentement, c'est essentiel.
- Speaker #2
C'est hyper essentiel. C'est négociable,
- Speaker #0
c'est non discutable. Il n'y a pas de « oui, mais t'es machité, on est en couple, oui, mais on a un enfant » .
- Speaker #2
Parce que j'ai mis longtemps à me rendre compte que ce n'était pas normal de la part de son partenaire. Donc, c'est important de le savoir. Et du coup, ce soir-là, on a décidé de se séparer. On a comme un accord. OK. Ma fille, elle avait deux ans, deux ans et demi. OK, tout se passe bien. Je ne sais pas à quelle heure on a discuté de ça. Tout ce que je me rappelle, c'est qu'à 5h du matin, je me fais sortir du lit. Plein d'insultes, encore une fois. Plein de menaces. Il est persuadé que je l'ai trompé. Alors que pas du tout. Là, il était dans un mode... Je ne sais pas ce qui s'est passé. Très clairement, je ne sais pas. Et je me rappelle très très bien, parce que comme il était persuadé que je l'ai trompé, il m'avait dit, t'as qu'à appeler tes bâtards de collègues pour qu'ils viennent te chercher, parce que du coup, il fallait que j'aille travailler. Parce qu'en fait, toutes les voitures étaient à son nom. En fait, dans cette relation, je n'avais plus rien. J'ai vendu ma voiture. J'ai fait un prêt avec lui où je savais très bien que je ne pouvais pas payer autant que lui. Je n'avais rien à moi, très clairement.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que ça faisait partie de son emprise ? Avec le recul, oui. Est-ce que tu penses que c'était calculé ? Dans le coup, est-ce que tu t'es dit, mais oui, François Armand, c'est l'homme qui assume sa famille, il m'achète ma voiture, il paye la maison, il va assurer pour notre famille ? Ben oui. Parfois arrive et que... quand c'est dans un relat de fiancée, il n'y a pas de soucis. Mais est-ce que là, tu penses que de sa part, c'était un calcul pour que l'emprise, en plus d'être psychologique, soit aussi financière ?
- Speaker #2
Oui, clairement oui. Parce que justement, juste après ça, j'ai porté plainte le lendemain, donc il s'est excusé, même auprès de ma famille. C'est allé très très bien. Après, on a réussi à retrouver un peu, pas comme avant, mais... On retrouvait quelque chose d'un peu plus sain. Je me suis dit, ça y est, on est reparti sur un bon truc. Mais finalement, chasse le naturel, il revient au galop. Et en fait, cette jolie phase a duré trois semaines. Et il ne m'a plus jamais retouchée, comme avant. Je n'avais plus d'attouchements, je n'avais plus de violence physique, ça c'est sûr. Par contre, la violence psychologique, elle a été beaucoup plus importante et de façon imprévisible. C'est-à-dire que pendant trois jours, une semaine, je ramassais, je me faisais insulter, rabaisser et tout, du matin au soir. Et d'un seul coup, pendant trois semaines, tout allait très bien. J'étais la septième merveille du monde. Tout allait très, très bien. Je ne savais jamais trop sur quel pied danser. Je lui ai proposé une thérapie. Il n'a pas voulu. Je ne sais pas, mais j'étais accrochée à cet idéal familial. Non, non, il faut continuer, il faut s'accrocher. On a fait un enfant. Je m'accrochais encore au truc qu'on vivait avant. Je voulais le retrouver à tout prix. En fait, ça n'allait jamais revenir. Il y avait une espèce d'emprise bizarre, malsaine. J'avais peur de partir aussi. J'avais peur des représailles parce que c'est quelqu'un qui a des contacts dans la justice. Et il te le disait ? Oui, il l'utilisait. Moi, j'ai mon avocat. Mon père, il connaîtait l'avocat. Alors que son père... Aujourd'hui, il n'a pris aucun parti. Mais moi, j'y croyais à tout ça. Je me suis dit, non, ils ont de l'argent. Ils ont des contacts. Je n'ai rien, moi. Je vais faire quoi ? Je me suis dit, je vais rester.
- Speaker #0
Tu avais peur qu'ils prennent ta fille ?
- Speaker #2
J'avais une peur bleue qu'ils me prennent ma fille. L'essentiel. Parce que la voiture, le travail, tout ça, je m'en fous. La maison, c'est matériel. Il n'y a pas de... Ma fille, non. Pas ma fille. Et en fait, ma fille avait trois ans quand je l'ai quittée encore. Et cette fois-ci, on est parti sur un début de garde alternée.
- Speaker #0
Toi, t'es retournée habiter chez tes parents ?
- Speaker #2
Je suis partie vivre avec ma meilleure amie. Avec ma meilleure amie, ça se passait plutôt bien. Même si lui, il essayait de me rattraper encore et encore. On l'envoyait des messages à elle. enfin, lui envoyer des messages à mon amie. Mais moi, je voulais plus le voir. Et là, forcément, dans ma période, j'ai décidé d'aller voir ailleurs.
- Speaker #0
Vous étiez séparée, donc... Bah oui, voilà.
- Speaker #2
Sauf que, bon, lui, il le voit pas de la même manière, encore aujourd'hui. J'ai quand même... En fait, ce qui s'est passé, c'est que... Alors, je l'ai quitté. Du coup, notre séparation a duré un mois. Parce qu'il m'a demandé en mariage. J'y ai cru. Je ne sais pas pourquoi, mais j'y ai cru. Je me suis dit... Et il m'avait promis qu'on allait faire une thérapie. Je me suis dit, peut-être c'est bon, il a compris le fait que je sois partie aussi longtemps, on a fait une garde partagée et tout. Peut-être qu'il a compris. Sauf que je n'ai pas accepté sa demande en mariage. J'ai accepté comme une...
- Speaker #0
Comme une pression.
- Speaker #2
Non, je l'ai accepté. Pour moi, la bague, je l'ai prise comme une bague de promesses. Je ne veux pas me marier, mais j'attends de voir ce que tu me promets, en fait. Et si tu vas au bout de tes promesses, alors dans ce cas... On se mariera. Malheureusement, j'ai attendu longtemps cette thérapie qui n'est jamais arrivée.
- Speaker #0
Il y avait toujours une excuse pour ne pas y aller ?
- Speaker #2
Non, pas du tout. C'est à toi de prendre le rendez-vous parce que c'est toi qui as un problème dans notre relation. Moi, je n'ai pas de problème avec toi. C'était ça qu'il me disait. Et moi, je lui disais, non, tu as des problèmes psychologiques à résoudre. Tu as... peut-être par rapport à son passé, ce qu'il a vécu dans sa vie. Résout tes problèmes. Après, on les résout ensemble, notre couple, pour notre couple. Mais ce n'est pas moi qui vais prendre le rendez-vous. Parce que moi, je t'ai quitté. Moi, je ne veux plus être avec toi. Aujourd'hui, je suis là, c'est pour notre famille. Je t'aime toujours un peu, mais mon amour a pris un coup. Il faut que toi, tu fasses le nécessaire pour que je veuille rester.
- Speaker #0
Après qu'il a accepté de suivre une thérapie, tu es retournée habiter chez vous ?
- Speaker #2
Oui, je suis revenue.
- Speaker #0
En fait, je revenais par alternance. Parce que du coup, il avait retrouvé son ancien travail qu'il avait perdu. Et du coup, quand il avait séjour off, il était à la maison avec la petite. Et quand il avait séjour on, moi, j'étais à la maison avec la petite. Voilà, je partais que quand il était là, en fait.
- Speaker #1
Ah oui, ok. Oui, donc vous partagez la maison, mais vous ne cohabitiez plus.
- Speaker #0
Exactement. Il y a eu des fois où on cohabitait, mais dans ce cas-là, on faisait chambre à part. Vu qu'il y avait pas mal de chambres.
- Speaker #1
Et même toute cette année-là, où vous étiez retournée habiter là-bas, vous faisiez quand même chambre à part ?
- Speaker #0
Non. Alors au début, oui. Après, bon, c'est vrai que ça marchait plutôt bien. On avait retrouvé un petit rythme assez sympa. Donc je me suis dit, pourquoi pas ? Mais il y avait une cassure, ça se sentait, en fait. Mais en tout cas, j'ai essayé encore une fois. Et c'est cette année-là où j'ai essayé d'avoir un autre enfant. Parce que je me suis dit, merde. Si on a un autre enfant, et qu'en plus on va faire la thérapie, ça va permettre de réparer la venue de notre fille, qui s'est passée dans le chaos, et redonner de l'amour à tout ça, à cette petite famille qu'on a essayé de construire, peut-être que c'était juste une mauvaise passe. Je n'avais pas envie de jeter pour remplacer, je voulais vraiment essayer de réparer encore et encore. Le souci, c'est qu'il n'y avait plus rien à réparer. Donc, il voulait que je quitte mon travail. Le fameux travail où je travaillais avec des garçons. Enfin, presque. Il y avait des filles aussi. J'ai quitté mon travail. J'ai dit, cette année, on va se donner cette chance. Je vais tout mettre en œuvre pour y arriver. Et je voulais aussi le mettre dans de bonnes conditions. Je le maternais beaucoup. Dans de bonnes conditions pour qu'il se dise, oui, je vais prendre ce rendez-vous et faire cette thérapie. Donc, je faisais tout en œuvre. pour qu'il veuille aller jusqu'au bout. C'est très bizarre à dire.
- Speaker #1
C'est une emprise.
- Speaker #0
Avec le recul, je me dis que c'est lunaire. Mais aujourd'hui, je serais incapable de refaire ça. C'est mort. Mais oui, c'était clairement ça. Comme avec un enfant, où tu le mets dans les conditions pour qu'il fasse une activité, qu'il aille avec telle personne. C'est pareil. C'est exactement pareil. Donc j'ai quitté mon travail. J'ai quitté mon travail, il y a eu les émeutes. Difficile de rebondir après ça. Donc après les émeutes, il y a eu trois mois de pur bonheur. On était ensemble, H24. Et c'était super. Je me suis dit, enfin, on y arrive. Et sans thérapie en plus. Incroyable. Et ça a duré trois mois. Puis après trois mois, je ne sais pas ce qui s'est passé. Jusqu'à aujourd'hui, je ne comprends toujours plus. pas ce qui s'est passé et je cherche plus à comprendre du jour au lendemain il se remet à m'insulter à me rabaisser de façon encore aléatoire et j'essaye, je me fais jolie, je me fais des nouvelles coiffures je dis ah tu me trouves jolie, ah bah non t'as coupé tes cheveux je veux pas,
- Speaker #1
enfin j'avais pas coupé court mais j'avais coupé voilà et je cherchais à avoir encore ce truc mais il y avait plus
- Speaker #0
Et c'est là que je commençais à comprendre qu'on s'accrochait à quelque chose qui n'existait plus, tout simplement. Jusqu'au jour où on aignait une dispute, où je pense que je devenais tellement... J'étais tellement matrixée, en fait, par ces insultes et ces rabaissements. Et du coup, il y a eu un moment où moi, j'ai voulu mettre fin à ma vie, très clairement. Je cherchais les cachets antidépresseurs qu'on m'avait donnés après la naissance de ma fille. Parce que, justement, c'est un truc que j'avais... En fait, ma sage-femme avait vu que j'étais sous emprise, que j'étais dans une relation toxique. Donc elle m'avait prescrit des petits cachets dans les moments où je sentais que j'allais trop m'énerver. J'avais droit qu'à un demi, pas plus. C'était vraiment juste pour chill. Sauf que là, il y a eu un moment où je me rappelle, j'en avais tellement marre que j'ai cherché cette boîte absolument partout. Je voulais tous les prendre et partir parce que je n'en pouvais plus. Je me disais, mais pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait en fait ? Je ne l'ai jamais trouvé cette boîte. Merci. Et en fait, à force de m'acharner à la chercher et que je ne la trouvais pas, au bout d'un moment, j'ai baissé les bras et je me suis dit, ça ne va pas. Ça ne va pas. Il y a une petite derrière. Il y a une petite, tu es sa mère, tu ne vas pas partir. Tu ne vas pas l'abandonner avec lui. En plus, c'est un bon papa, attention. Mais non. Donc, c'est là qu'après, j'ai commencé à... penser différemment, à agir différemment et est arrivé des moments dans cette fin de relation où en fait, pendant les disputes, je ne pleurais plus, je rigolais. J'éclatais littéralement de rire, des fous rires. Parce que je ne sais pas ce qui se passait en fait. J'en pouvais plus. J'en pouvais plus. Et jusqu'au jour où ma fille est venue me dire « Maman, je ne veux plus que vous soyez ensemble. » Pas avec ces mots exacts, elle avait 4 ans. Mais elle a dit, je ne veux plus que papa et toi soyez ensemble parce que tu pleures, ça ne va pas et tout. Donc là, ça m'a fait un déclic. J'ai été voir son père, je lui ai dit, écoute, il faut que ça s'arrête. Parce que là, c'est carrément notre fille qui me demande ça. Elle a 4 ans, elle a 4 ans. Ce n'est pas normal. Et là, une énième promesse. Que je ne prends pas au sérieux, pour le coup.
- Speaker #1
Et c'est quoi qui t'a promis ce qu'il t'avait déjà tout promis, et puis il ne faisait rien ?
- Speaker #0
C'est exactement ce que je lui ai dit. J'ai dit, mais pourquoi tu veux me faire encore une promesse, alors que tu m'as fait une promesse genou à terre ? Et tu es incapable de tenir. Il a dit, non, mais si, cette fois-ci, je vais le faire. Je sais, je suis désolée, je suis désolée. J'ai dit, mais je te crois pas. Je te crois pas. On a une petite fille qui a 4 ans. Tout son début de vie, ça a été ça. Des up and down. Un coup, maman et papa, ils s'aiment. Un coup, ils s'aiment pas. Un coup, ils se disputent. Un coup, c'est violent. Un coup, c'est... Non. Mon début de maternité, ça a été ça. Des pleurs, des cris, de la violence. C'est pas ce qu'on s'était promis. Et finalement... En fait, c'est resté en suspens. C'est resté en suspens et trois semaines après, il m'a regardée, il m'a dit... Alors, on était en train de faire le sapin de Noël. Je ne sais pas pourquoi, je me suis emportée parce qu'il a commencé le sapin de Noël sans moi, avec la petite. Alors que ça, c'est un truc que j'ai toujours fait, elle et moi. Il n'a jamais voulu participer. Et je ne sais pas, ça m'a piqué. Et donc, dans cette discussion-là, il me dit, écoute, je pense qu'il vaut mieux qu'on arrête. Et là, je le regarde et j'ai fait. Mais ça fait longtemps qu'il faut qu'on arrête. Il faut absolument qu'on arrête. Il me dit, ok. C'est comme ça qu'on s'est séparés. Il me dit, ok. J'ai dit, ok, je vais trouver un autre endroit où vivre. Je vais... T'inquiète pas. T'inquiète pas. Faisons... Alors, c'était notre condition. On se sépare. On ne montre rien devant la petite pour le moment. On fait Noël avec nos familles pour marquer un dernier Noël en famille. Et après, chacun fait son chemin. Malheureusement, ça ne s'est pas passé comme ça. Encore une fois, à Noël, je me fais insulter devant toute sa famille. Je ne sais pas pourquoi. D'un seul coup, j'étais en train de discuter tranquillement. Il arrive, il m'insulte. Personne n'a compris non plus. OK, le lendemain, je pars faire Noël avec ma famille, sans ma fille, parce qu'il ne voulait pas que j'aille avec la petite. Donc ça a été très, très dur. Et je rentre, je me fais encore insulter. Et je ne sais pas pourquoi. J'ai pris deux sacs et je me suis barrée pendant deux jours. Et là, quand je suis revenue, ça a été gendarmerie, procédure. Parce qu'il m'interdisait de revenir dans la maison, il m'interdisait de revoir ma fille. Donc la procédure s'est lancée.
- Speaker #1
Est-ce que c'était considéré comme un abandon de domicile de ta part ?
- Speaker #0
Non, parce que nous ne sommes pas mariés. Alors ça, il faut bien que les gens le savent, comme homme. Vous n'êtes pas marié, il n'y a aucun abandon de domicile. Même si tu trempes ton partenaire, tu n'es pas marié, ce n'est pas une infidélité, ce n'est pas un adultère. On ne peut pas porter plainte pour ça. On ne peut pas déposer une main courante pour ça. Par contre, tout ce qui est violence, qu'elle soit invisible ou visible, tu le fais. Tu le fais. Même moi, parce que j'ai pas... Comment dire ? Pour tout ce que j'ai subi dans la relation, j'ai jamais porté plainte. Je l'ai fait bien après qu'on se soit séparés. Et ça a été pris en compte.
- Speaker #1
Sauf pour la fois où il y a eu de la violence physique. Tu disais que tu avais porté plainte. Voilà,
- Speaker #0
j'avais porté plainte, mais finalement, on l'a transformé en main courante parce qu'on s'est remis ensemble, donc on est passé au-dessus. Sauf qu'après la séparation, il a continué encore et encore et encore, jusqu'au jour où il m'agresse physiquement. et verbalement également, pendant la passation, où là, j'ai tellement eu peur, parce qu'il a couru comme un fou sur la voiture pour me toucher et tout. Je suis partie à la gendarmerie, j'ai porté plainte, et là, pour tout ce que j'avais subi dans la relation. Et ça faisait... Ça faisait sept mois qu'on était séparés. Sept ou huit mois, un truc comme ça. J'ai dû voir des médecins, j'ai dû voir des psychologues juridiques. J'ai eu 7 jours d'ITT, ce qui est assez grave. Donc j'ai vu des juristes, j'ai vu des avocats. J'avais lancé la procédure, pour moi, c'est on y allait. Puis, quand il s'est fait convoquer par la gendarmerie, il m'a appelé. Il a eu la trouille. Et là, il m'a demandé si je pouvais retirer ma plainte. Et là, j'ai dit que je retirais ma plainte à condition. Quand on est allé au tribunal pour la petite, que je voulais que ce soit marqué, acté, qu'on ait une garde partagée, qu'il y ait une séparation des biens pour la maison, dont on est toujours propriétaire. Enfin, voilà, qu'il y ait quelque chose de concret pour notre fille, que ce ne soit pas fait. Il est tellement imprévisible. Depuis qu'on est séparés, il me dit qu'il va quitter le territoire, après qu'il ne quitte plus le territoire. il va faire tel métier mais que finalement il fait plus tel métier. Moi, je ne sais plus sur quel pied danser. Donc voilà. Donc il m'a dit oui, ok, on ira. Donc là, le dossier est lancé. On n'a pas tout fini de déposer les documents. Donc on n'a pas encore la date pour le tribunal. Mais alors, je n'ai pas retiré ma plainte. Parce qu'en fait, quand on dépose plainte pour violence, mais surtout pour attouchement, pour violence sexuelle. Tu ne peux pas retirer ta plainte comme ça. Il faut faire appel au procureur. Et c'est le procureur qui décide. Il y a eu un petit temps, donc du coup, on a dû passer un à un avec la gendarmerie. Et finalement, le procureur a décidé de ne pas retirer la plainte, mais de la laisser en main courante. Donc s'il y a récidive, pour lui, c'est mauvais. Mais voilà, il y avait beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Ça a été un sacré, sacré parcours.
- Speaker #1
Oui, peut-être qu'il y en a qui nous écoutent et qui disent « Oui, mais pourquoi à chaque fois tu y retournes, en fait ? »
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Mais je pense que...
- Speaker #0
J'avais cette... Je ne voulais pas rester sur un échec.
- Speaker #1
Oui, puis il y avait de l'emprise sur toi, en fait.
- Speaker #0
C'est ça. J'avais peur. J'avais peur. C'est difficile à expliquer, en fait. Je l'aimais, mais en même temps, je l'aimais moins. Et en même temps, j'avais peur. Et en même temps, je me disais, je reste pour ma fille, pour qu'elle sache ce que c'est de vivre avec papa et maman. En même temps, je ne veux pas rester sur un échec de séparation. Ah non, je n'ai pas fait tout ça pour ça. Mais en même temps, je savais ce que je subissais. C'était compliqué. C'est très compliqué à exprimer, en fait. C'est une emprise. C'est ça, en fait. vivre avec un... parce que c'est ce que c'est c'est un pervers narcissique parce qu'il n'y en avait que pour lui il s'en fout de ce que toi tu ressens, il s'en fout de ce que toi tu vis, il s'en fout c'est lui, en plus c'était vraiment le personnage moi je, je connais tout j'ai tout vu, tu connais rien t'es une petite, comme on a un certain écart d'âge ce qui est très drôle c'est que quand tout allait bien C'était, t'es une femme forte, t'es courageuse, malgré ton jeune âge, t'es mature et tout. Et quand tout est devenu mal, t'es qu'une petite, tu connais rien de la vie, t'es ceci, t'es cela. Donc oui, c'est sûr que les gens vont se demander pourquoi, mais il n'y a pas forcément de réponse. Quand t'es dedans, même toi, tu ne comprends pas pourquoi tu retournes dedans, en fait. Et c'est une fois que t'es sortie... réellement, je parle vraiment réellement, quand vraiment ça y est, tu t'es dit ça y est, c'est fini, que là, tu commences à te refaire un peu le schéma, à essayer de te retrouver, parce qu'aujourd'hui, ça fait un an et demi qu'on n'est plus ensemble, et pourtant, je garde quand même toujours des séquelles. Aujourd'hui, j'ai refait ma vie, mais il y a toujours des séquelles. Je ne me sens pas traumatisée. Parce que forcément, je ne veux pas laisser ça me définir et définir ma vie. Je suis maman, la vie continue. OK, c'est une partie de mon histoire, de notre histoire. Parce que la petite aussi, c'est son histoire aussi. mais aujourd'hui mon partenaire il va me sortir des petites boutades pour rigoler, moi je le prends je le comprends pas de la même manière, moi je le prends à coeur alors que non, tout va bien c'est pas grave ou même des trucs j'ai pas allumé l'eau chaude comme ça c'est pas grave alors qu'à l'époque c'était vraiment le schéma de l'ancien temps Et il me l'a dit, mon ex, il me le disait, la place de la femme, c'est dans la cuisine.
- Speaker #1
Sans commentaire.
- Speaker #0
Voilà. Il me l'a dit qu'une seule fois.
- Speaker #1
Et la question logique après tout ça, c'est est-ce que tu as toujours eu confiance en lui pour s'occuper de votre enfant ?
- Speaker #0
Alors, c'est une bonne question. Oui. Et non. Aujourd'hui encore, c'est oui et non. Parce que oui, c'est un bon papa. Il donne énormément d'amour à sa fille. Même trop. Il lui sait tout. Absolument tout. C'est une vraie princesse. Et non. Parce qu'elle apprend le mensonge. Elle apprend la manipulation.
- Speaker #1
Mais t'as jamais eu peur pour sa sécurité physique ?
- Speaker #0
Non. Jamais. Je sais qu'il ne lui fera pas de mal. Au contraire. Je sais que sa fille, c'est sa septième merveille du monde. Ce n'est pas pareil. La façon dont il est avec une partenaire et la façon dont il est avec sa fille, c'est vraiment deux choses distinctes. Deux choses différentes. Et heureusement. Heureusement. Mais voilà. Le seul truc, c'est qu'il lui apprend des mauvaises choses comme mentir et manipuler. C'est quelque chose que je ne tolère absolument pas. Tout simplement. un truc tout bête il lui achète des sous-vêtements de garçon parce que c'est moins cher de ce qu'il dit bref, sans commentaire je ne tolère absolument pas c'est une fille, c'est une petite fille elle a des culottes de fille, pas des slips, pas des caleçons de garçon donc je montre à ma fille comment différencier selon les coutures et tout, je lui montre et très bêtement donc je lui demande mais pourquoi tu lui achètes ça ? Parce que c'est moins cher et tout. D'abord, il ne disait pas. Ah mais non, mais c'était une amie pour dépanner quand on était chez elle. Et quand je montre à ma fille, elle me dit, mais pas du tout. Il l'a acheté au magasin. Mais il ment. Ma fille me ment des fois pour des trucs de chez son père ou des trucs dans la vie de tous les jours avec ma belle-fille. Elle me ment. Et elle sait que je ne tolère pas le mensonge. Mais le problème, c'est que comment tu veux que je lui donne une bonne éducation sur ça, si à côté, elle voit son père me mentir en permanence ? Pour elle, c'est quelque chose de normal, en fait. Donc, c'est manipulé dans le sens où... Après ça, je pense que c'est tous les enfants, quand c'est des gardes partagés, ou peut-être même quand papa et maman sont ensemble. Ah, mais avec papa, j'ai le droit de faire ça. Mais avec toi, non. Enfin, des petits trucs bêtes comme ça, tu vois. Mais bon, je me dis qu'avec l'âge, ça va se résoudre. Je ne m'en fais pas trop. Donc oui, ça va. Si je peux lui faire confiance d'un point de vue sécurité, tout ça, je n'ai rien à dire. Le seul problème, c'est qu'encore aujourd'hui, il gère très mal son côté financier. En fait, il veut tellement tout donner à notre fille qu'il se met à mal pour ça. Sauf que, ben non. Elle ne va pas mourir parce qu'elle n'a pas mangé de McDo ce week-end, en fait. Ce n'est pas très grave.
- Speaker #1
Je suis heureuse.
- Speaker #0
Donc, ouais. C'est plus ce côté-là. Mais c'est un très très bon papa, ça, j'ai rien à dire.
- Speaker #1
Ok, donc quand c'est à son tour d'avoir la petite, parce que là vous fonctionnez en garde alternée, t'es pas stressée non plus qu'elle aille chez lui ?
- Speaker #0
Non, non, non, du tout.
- Speaker #1
C'est un point important. C'est hyper important,
- Speaker #0
parce que c'est vrai qu'il y en a qui n'ont pas cette chance-là. Quand c'est toxique, c'est toxique jusqu'en bout, même jusqu'à l'éducation. Je le vois avec certaines personnes, où le parent... Bien que ça a été toxique dans la relation, il est toxique aussi avec l'enfant. Par le physique ou de par le verbal. Si c'était le cas, j'aurais continué mon procès, j'aurais laissé ma plainte, je serais allée jusqu'au bout. Et comme je sais que c'était mon papa, c'est pour ça que j'ai fait un peu table rase, on va dire. Mais les gens peuvent aller jusqu'au bout. Ça aussi, c'est fabuleux. C'est pas que c'est pas bien, c'est... Moi, j'ai mis fin à ça parce que je voulais pas que notre fille nous voit se déchirer dans un tribunal. parce que ça, ça ne dure pas quelques mois. Ça peut durer un nombre d'années aussi. Mais il y a des gens qui subissent plus, plus grave, ou même à la même échelle, peu importe. S'ils veulent aller jusqu'au bout, il faut. Il faut. Parce que c'est important que justice soit faite aussi. C'est important de comprendre que ce n'est pas normal de vivre ça, homme ou femme. Et c'est important de comprendre que ce n'est pas parce qu'il y a un enfant qu'on... qu'il faut rester dans la relation. J'ai mis du temps à comprendre, mais maintenant je sais. Et il y a plein de choses que je referai différemment, ça c'est sûr. Mais c'est comme ça, ça s'est passé comme ça, c'est que ça devait être comme ça. Moi je suis quelqu'un où je sais que c'est un truc que je me suis mise dans la tête dans cette relation et qui me poursuit jusqu'à aujourd'hui. Tout est temporaire. La vie est temporaire, le travail c'est temporaire, la santé c'est temporaire, tout est temporaire. que ça, c'est quelque chose que ça m'a sauvée, en fait.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, si tu devais donner un conseil à une jeune femme, une future maman ou une maman qui est dans une relation où elle sent qu'il y a quelque chose qui ne va pas bien, je ne me permets pas de dire qu'elle est avec un pervers narcissique ou qu'elle est dans ci ou dans ça, parce qu'en fait, moi, je n'ai pas ma place pour juger ou donner un diagnostic au coup à moi. Mais du coup, si la personne voit qu'elle est dans une relation où quand même, il y a des choses où effectivement, ce n'est pas normal. On en a parlé, les violences physiques, les violences psychologiques, les violences sexuelles, l'emprise, etc. Si tu devais te parler à cette jeune femme, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Pars, pars, pars. Tout va bien se passer. C'est dur. Ce sera toujours dur, parce que tu le verras toujours. Parce que vous avez un enfant ensemble. Mais pars. Il ne va rien t'enlever. Il ne va rien t'enlever. Jamais. Il faut vraiment que tu sois une mère ou un père abusif envers l'enfant pour que l'autre parent puisse te l'enlever. Si tu n'as rien fait, tu veux juste te délier de ta relation, c'est tout. Pars. Alors oui, malheureusement, il y a des gens qui sont un peu fous sur terre. Il y a des gens qui sont extrêmement violents. Alors pars, mais pars là où tu peux te sentir en sécurité. Moi, je suis partie chez mes parents. Je suis partie chez mes parents parce que je savais que j'allais être en sécurité, que je savais que mes parents allaient être là pour moi. Je savais que ma fille serait entre de bonnes mains aussi.
- Speaker #1
Est-ce que tu savais que si tu retournais chez tes parents, ce serait plus difficile de retourner chez lui ? Parce que peut-être que si tu... Je savais que... Tu partais chez une copine, etc.
- Speaker #0
Je partais pas chez mes parents. Parce que je savais que c'est à partir du moment où j'inculquais mes parents.
- Speaker #1
Tu les impliquais dans l'histoire ?
- Speaker #0
Je les impliquais dedans, mais surtout qu'il n'y avait pas de marche arrière. Mon père, il a été très cash avec moi. Il m'a dit, tu retournes avec lui. Je ne veux plus jamais te voir. Plus jamais. Ben non. Alors, je sais qu'il y en a qui sont capables de ça. Mais moi, mes parents, ils m'ont donné la vie. Mes parents, ils m'ont éduquée. Mes parents, ils m'ont tout donné. Jamais de la vie, si mon père... Et puis aujourd'hui, je suis maman. Je me mets à la place aussi d'un parent. Moi, si ma fille, dans 15-20 ans, elle vient chez moi avec son enfant et qu'elle me dit qu'elle va repartir avec cet homme qui la maltraite, je... Non, mais en fait, ça suffit. Non, non, je peux pas voir ça. Je peux pas être spectatrice de ça. C'est mort. Donc je comprends. que mon père, en disant ça, il est voulu me faire un déclic aussi, je pense. Parce qu'il m'a pas dit « Je ne veux plus te voir. » Enfin, il m'a dit « Si. » Mais il m'a dit aussi « Je te déshérite. Je ne veux plus te voir. » Voilà. Il a sorti l'armada, quoi. Voilà. Tu ne remets plus un pied à la maison. Plus jamais je ne veux entendre parler de toi. Plus jamais je veux entendre parler de lui. Plus jamais je veux entendre parler de vous. Plus jamais. Et tant pis, je ne verrai plus ma petite fille. Mais plus jamais je veux entendre parler de vous si tu retournes avec lui. Plus jamais je veux entendre te plaindre. Plus jamais. Maintenant, ça ne vaut pas le coup. Ça ne vaut pas le coup. Ne serait-ce que pour ma fille qui ne verra plus ses grands-parents, qui ne verra plus sa famille. Pour moi qui ne verra plus mes parents, mes frères et soeurs. Pour moi, je mettais tout dans le lot. Je me disais, si je ne vois plus mes parents, je ne vois plus tout le reste de ma famille. Donc, ça ne vaut pas le coup. Et c'est pour ça que c'est important. Les parents, ça dépend des parents. Après, ça peut ne pas être des parents, ça peut être un tonton, une tantine, ça peut être une amie chez qui tu te sens en sécurité, mais il faut écouter les points de vue extérieurs parfois. Quand tu es dedans, tu n'écoutes pas trop, tu dis oui, oui, je sais, je sais, mais tu retournes quand même, parce que ça, je l'ai vécu, je le sais. Mais il faut écouter. C'est hyper important. Avec du recul, si j'avais écouté dès le début, je n'aurais pas vécu tout ça. Mais bon, c'est comme ça.
- Speaker #1
Pour ne pas refaire l'histoire.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Tu en es où maintenant aujourd'hui de ta vie ? Parce que tu nous l'as dit plus ou moins, mais bon, tu as un nouveau chéri, ça se passe très bien. Et ce n'est pas du tout le même schéma que ton ancienne relation. Et ça, je pense qu'en fait, c'est à l'affût des signaux, peut-être, aussi, beaucoup plus qu'avant.
- Speaker #0
Oui. Je suis plus susceptible. Ça, je ne veux pas le cacher. C'est un travail à faire, du coup. Parce qu'il faut que je me retrouve. Il faut que je regagne de nouveau confiance en moi. Quand tu as été rapacée pendant des années, c'est très difficile. Mais oui, j'ai refait ma vie très rapidement. Très, très rapidement, ce qui a été vachement surprenant, en fait, parce que je me suis séparée, je me suis remise en couple peut-être deux ou trois mois après. Mais c'était quelqu'un que je connaissais déjà, quelqu'un que j'ai aimé par le passé. Je savais que je pouvais lui faire confiance. C'est quelqu'un que mes parents connaissent, c'est quelqu'un que tout le monde connaît. Donc, je savais que j'allais être entre de bonnes mains. Mais le début a été un peu difficile parce que j'avais du mal à... Même si je savais que je pouvais faire confiance, j'avais un peu du mal à me lâcher. Forcément, je venais de sortir d'une relation. Après, je n'aimais plus le père de ma fille depuis un bon moment. Quand on s'est séparés, ça a été cassé. Donc forcément, voilà. Mais ce n'est pas du tout la même dynamique. Je retrouve une vie sociale parce que c'est quelqu'un qui a une vie sociale. qui a des amis, qui le voit tout le temps, tous les jours. C'est sa deuxième famille. Il a un enfant lui aussi. Ça aussi, c'est une nouvelle dynamique de famille recomposée. Du coup, je découvre une nouvelle facette de la maternité parce que je suis belle-maman. C'est comme si on adoptait un enfant. J'apprends à aimer un enfant que je n'ai pas mis au monde. Et tout se passe très très bien. Mes parents l'adorent, ce qui est complètement à l'opposé de ce que j'ai vécu pendant six ans. C'est quelqu'un qui est débrouillard. Si demain je ne suis pas là pendant trois jours, il va savoir gérer les enfants et la maison et le jardin et tout.
- Speaker #1
Oui, ils ne vont pas manger des gâteaux.
- Speaker #0
Voilà. Il fait la cuisine, il fait le ménage, il fait le jardin. Il ne m'impose rien, absolument rien, rien. Bien évidemment, comme dans toutes les relations, il y a des moments où... Il y a des petits... C'est normal. Il y a des up and down, c'est normal. Mais pour des broutilles, pas pour des trucs comme avant. Pour des broutilles genre, on n'a pas fait la vaisselle, puis l'aide, mais c'est toujours moi qui fais. Non, c'est pas ça. La vie normale, c'est la vie. C'est normal. Mais il y a le respect. Il n'y a pas d'insultes. Il n'y a pas de rien. Il y a le respect, il y a le consentement, il y a l'écoute, il y a... Il y a les émotions, parce que c'est quelqu'un qui est aussi sensible que moi, parce que lui aussi, il a un vécu. Donc, il y a toutes ces petites choses. C'est quelqu'un qui ne cherche pas à se faire pardonner qu'un bouquet de fleurs ou un cadeau vienne au contraire. C'est bon, j'ai dit pardon, on passe à autre chose. On ne va pas s'éterniser, sinon ça change complètement. C'est rien à voir. Et je me rappelle que quand on s'est mis ensemble, peut-être... On n'a pas dit tout de suite aux filles.
- Speaker #1
Oui, normal.
- Speaker #0
On a voulu laisser un temps parce que lui, il voulait préserver ma fille. Comme je sortais d'une relation, il ne voulait pas qu'il y ait trop de chamboulements pour elle. Donc, on l'a énormément préservée. On a attendu. On a attendu 4-5 mois avant de pouvoir dire, écoute, c'est mon amoureux, c'est mon amoureuse. Voilà. On a attendu. Presque un an pour emménager ensemble. Et je me rappelle qu'au début, quand on a commencé à faire un week-end ensemble, les moments où il n'y avait que ma fille avec nous, ça c'est un truc qui m'a marquée. Parce qu'en fait, ma fille, elle n'a pas l'habitude de voir maman rigoler avec un homme, jouer avec un homme. Donc nous, on se taquine, on se fait des guillis, ça se passe bien, c'est ça. Ma fille, elle avait peur. Elle ne comprenait pas que j'ai rigolé. Elle croyait que je pleurais. Ah oui. Surtout si tu disais que les dernières disputes, les grosses disputes, c'est vrai que tu rigolais parce que nerveusement, tu ne savais pas comment réagir. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. Et donc, elle le prenait, elle le tirait de moi. Touche pas à ma maman, laisse ma maman. Il a compris très vite. Il s'est mis à genoux devant elle et il lui a promis que jamais, jamais, il ne fera de mal à maman et jamais il ne fera du mal à elle aussi. qu'il est là, ici. on est tous là, c'est pour rire pour se donner de l'amour, pas de méchanceté pas de violence jamais je ne ferai ça à ta maman et jamais je te ferai ça à toi, je vais vous protéger j'ai les larmes aux yeux très clairement et là je me suis dit ok ok, c'est bon ça va bien se passer et j'ai commencé à relâcher un peu en pression un peu en... ouais
- Speaker #0
le karma existe dans le bon sens le karma existe dans le bon sens je pense qu'on peut conclure par ça de toute façon généralement quand tout le monde pleure c'est que c'est la fin de l'épisode donc oui donc c'est un épisode où on a parlé de parentalité différemment parce que c'était important aussi d'avoir cet aspect là en fait c'est pas parce qu'on est parents qu'on est obligé de rester ensemble quand ça va pas
- Speaker #1
C'est ça en fait qu'on voulait...
- Speaker #0
C'est comme ça que tu nous as présenté ce que tu voulais laisser dans ton témoignage.
- Speaker #1
Parce que j'entends et je connais beaucoup de personnes qui restent pour l'enfant. Non.
- Speaker #0
Et qui a plein de manières d'être une famille. Même une famille heureuse.
- Speaker #1
Exactement. Et je dis toujours, vaut mieux avoir des parents séparés heureux que des parents ensemble malheureux. Il n'y a rien de plus destructeur pour un enfant que de grandir en croyant que l'amour, c'est un papa et une maman qui se disputent tout le temps, qui sont violents. Non, moi, je veux que ma fille comprenne que l'amour, c'est du sourire, de l'amour, que tout va bien. C'est ça. Donc oui, on ne reste pas dans une relation pour un enfant. Ce n'est pas ça.
- Speaker #0
Je crois qu'on a tout dit. Merci beaucoup Nina, on t'embrasse, on est honoré que tu sois venue déposer ce témoignage, et puis on te souhaite le meilleur à toi et à ta petite famille.
- Speaker #1
Moi je vous remercie surtout à vous, parce que si je fais ça, c'est pour aider les personnes, hommes comme femmes, à comprendre qu'ils ne sont pas bloqués, qu'ils peuvent sortir de là et qu'il ne faut pas avoir peur. Et ça va aller. il faut le faire. Et en même temps, ça m'aide moi aussi parce que parler, ça aide beaucoup à extérioriser. Je vous remercie à vous deux de me laisser l'opportunité de raconter mon histoire et que je l'espère, ça aidera aussi d'autres personnes à comprendre qu'elles ne sont pas bloquées, que l'avenir reste meilleur.
- Speaker #0
Oui, parfait. Merci beaucoup. Tata tout le monde.
- Speaker #1
Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager et à nous donner un maximum d'étoiles sur ta plateforme d'écoute. Je te souhaite une très belle journée et à très bientôt !