- Speaker #0
Vous vivez en Nouvelle-Calédonie et vous cherchez un compte de paiement qui vous ressemble vraiment ? Découvrez BeBank, le néo-compte 100% local, pensé aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Ouvrez votre compte en ligne en quelques minutes, recevez votre carte Visa, payez sans contact, retirez de l'argent et gérez tout simplement depuis l'application. Où que vous soyez, BeBank est avec vous. Retrouvez toutes les informations sur bebank.com Aujourd'hui, dans Nessens Insulaires, on reçoit un témoignage à la fois bouleversant, sincère et profondément humain. Océane nous ouvre les portes de son histoire sans filtre. Elle nous parle de son endométriose, de ce diagnostic qui vient tout basculer et de son parcours de PMA avec ce qu'il implique. Les espoirs, les attentes, mais aussi les surprises et les désillusions face à une infertilité à laquelle elle ne s'attendait pas. Dans cet épisode, on parle de patience, de corps qui résiste, de montagne russe émotionnelle, mais aussi d'amour. Parce qu'au cœur de tout ça, il y a son chéri, présent à chaque étape, un véritable pilier dans cette aventure. On préfère tout de même te prévenir, cet épisode aborde le sujet de la fausse couche. On t'invite donc à l'écouter dans les meilleures conditions, en prenant soin de toi. Bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour à tous, et bienvenue à toi Océane, sur le canapé de Nest Sensulaire ! Bonjour à tous ! Alors toi t'es venue nous raconter aujourd'hui ton parcours de PMA et aussi ton parcours de femme qui vit l'endométriose et le SOPK, le syndrome des ovaires polycystiques.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Et on va commencer tout de suite parce que déjà je pense que ça fait beaucoup de sujets à aborder en un épisode. Et puis toi et moi on est très bavardes comme on vient de le constater avant d'allumer les micros. Let's go !
- Speaker #2
Bon courage pour couper les séquences.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #2
Oui, alors moi je m'appelle Océane, j'ai 31 ans et il y a 7 mois ma petite star est venue au monde, Cameron.
- Speaker #1
Très bien, et donc il est venu au monde après une five. C'est ça. Voilà, alors c'est vrai qu'on a déjà un épisode de PMA en Nouvelle-Calédonie, mais comme je le dis à chaque fois, tous les parcours sont uniques et tous les parcours méritent d'être écoutés. Aujourd'hui, c'est le tien. Donc toi, tu rencontres ton chéri il y a dix ans.
- Speaker #2
Presque dix ans, oui. C'était mon pote à la compote.
- Speaker #1
C'était ton pote à la compote ?
- Speaker #2
Oui, à la base. Et puis bon, ça s'est fait tout seul. Et c'est vrai que lui, très rapidement, il a exprimé l'envie d'avoir des enfants. Et moi, à l'époque, vu qu'il était jeune, je me disais, bon, on se prend tranquille, ça va venir quand ça va venir. Et du coup... en 2019, j'ai décidé d'arrêter la pilule et je me suis dit bon, quand ça viendra, c'est que ce sera le bon moment. On découvrira plus tard que ça n'est jamais venu. J'ai dû forcer le destin. Et puis voilà, on vivait notre vie tranquillement comme ça. Et 2021, c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre. Moi, depuis mes premières règles, j'ai toujours eu mal. Mais on m'a toujours dit que c'était dans ma tête, que j'étais trop stressée, que c'était normal d'avoir mal. Et en 2021... J'avais mal non seulement pendant mes règles, mais j'avais mal à l'ovulation. Et puis, c'était rendu où j'en avais mal pratiquement tous les jours. C'était devenu handicapant. Je ne pouvais pas m'asseoir, pas m'allonger. J'avais du mal à m'alimenter et je faisais des malaises. Et du coup, grâce à mon chéri, j'ai eu le courage de retourner voir des médecins pour savoir un peu ce que j'avais. Donc, vu comment j'avais mal au début, je pensais que ça venait de mon dos. parce que ça irradiait dans le dos, donc j'avais un peu peur. Je me suis dit, bien sûr, j'ai un cancer de la moelle épinière. Enfin bon, c'est toujours dans l'exagération. Bon, pas du tout, je n'avais pas ça. Et donc, mon chéri m'accompagnait à chaque rendez-vous. On m'a conseillé un nouveau gynécologue. Et lui, effectivement, dès l'examen, à l'œil nu, si je puis dire, il a vu des lésions. Donc là, quand il me dit, je vois une lésion, je me dis, ah ouais, donc ce n'était pas dans ma tête. C'était littéralement pas du tout au même endroit que ce que tout le monde me disait. Et très vite, il me propose, c'est pas systématique, quand on a de l'endométriose, il n'y a pas de traitement. On n'en guérit pas aujourd'hui. Là, il y a des articles qui sont sortis, on n'en guérit pas non plus quand on a la ménopause. Voilà.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #2
Oui, parce qu'en fait, les cellules elles-mêmes se synthétisent. Donc, c'est un cycle sans fin. On n'en guérit pas. Mais par contre, il y a des traitements pour pouvoir soulager les douleurs. Et donc là, moi, on me propose, un, de me ménopause artificiellement pour arrêter le cycle et du coup, éviter qu'il y ait de nouvelles lésions. Et surtout, ça permet de faire une opération sans risque d'hémorragie. Donc, feu. Donc, juillet 2021, diagnostic plus ménopause artificielle. On m'opère en octobre 2021. Et à la base, en rentrant au bloc, moi, j'étais censée ressortir avec une stomie. Une stomie, c'est une poche qui ressort du corps où, en fait, les selles sont évacuées plutôt par là parce qu'il y aurait eu une opération qui consistait à me retirer une partie du... C'est pas de la mouffe, mais du grand rectum. Mais en fait, j'avais tellement mal que la stomie, je m'en fichais. Fallait y aller, quoi.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'en fait, t'es... L'endomysclose t'avait tellement abîmé que t'avais même une partie de tes intestins du rectum qui était touchée. Et tellement abîmée que ton médecin voulait l'enlever.
- Speaker #2
En fait, c'est ça aussi où c'est un peu pénible. C'est que tu as beau faire des IRM, parce que du coup tu fais un IRM pour te préparer à l'opération, parfois les lésions ne sont pas visibles même à l'IRM. Donc la seule façon d'être sûre, c'est d'aller en celluloscopie. Donc on te passe une caméra par le nombril, ça t'évite d'avoir une trop grosse ouverture. Et donc, lui, qu'est-ce qu'il avait pronostiqué ? Je ne sais pas si ça se dit. Mais son pronostic par rapport à mes symptômes, c'était « Bon, il y a une atteinte au niveau des intestins et du grand rectum. » Donc, je me suis dit « Ben, ouais, en fait, là, j'ai tellement mal que d'avoir une stomie... » C'était provisoire, c'était six mois le temps de réparer à l'intérieur et tout, mais je m'en fichais. Donc, je me suis dit « Allez, on y va, quoi. Feu. » Donc, on y va, je me fais opérer, et puis le ciel est avec moi, parce que je me réveille, et mon premier réflexe, c'est... hop je lève la revanche oh donc en fait j'avais qu'une lésion dans ce qu'on appelle le cul de sac de Douglas je ne sais pas qui est Douglas je ne sais pas qui a dit que c'était son cul de sac mais j'avais une lésion à cet endroit là et elle a été retirée avec succès ok donc à partir de là je me replonge dans le projet bébé un peu mentalement je me dis bon maintenant que ça va mieux bah oui c'était ça ma prochaine question parce qu'en fait en 2019 tu arrêtes la pilule mais entre 2019 et 2021 on a fait un grand bond oui
- Speaker #1
Mais j'imagine que les mois passent et le bébé n'arrive pas. Donc, tu dois commencer à te poser des questions.
- Speaker #2
Oui. Alors, en fait, déjà avec le SOP, j'ai toujours été réglée, mais j'ai été réglée avec la pilule, en fait. Et quand j'ai arrêté la pilule, j'ai eu des retards. Moi, je pensais que parce qu'il y avait des bébés, donc je ne sais pas combien de tests de grossesse j'ai acheté et combien de fois j'ai fait pipi sur un truc. Donc, ça ne venait pas. Mais là encore, je ne paniquais pas trop. Je me disais, bon, on va laisser venir. Et du coup, après l'opération, déjà en fait, en préparant l'opération, le gynéco m'avait demandé est-ce qu'il y a un projet bébé et tout ça. J'ai dit bah oui, mais bon, un projet sans être trop un projet, ça va venir quand ça va venir. Et il me dit bah de toute façon, moi, je ne m'inquiète pas quant à ta fertilité parce que, en fait, la lésion, elle est un endroit qui ne touche pas le système reproducteur à proprement parler. Donc tes ovaires, ils sont polycystiques, mais ça va. Et ton utérus, il est en bon état. Donc je me suis dit, c'est bon. Donc je me remets dans ma tête, dans le projet bébé. Entre temps, on achète du coup notre maison et on la rénove nous-mêmes. Donc on fait les travaux. Donc moi, ça me permet aussi de ne pas être trop focus dessus parce qu'au bout d'un moment, tous ceux qui ont eu un projet bébé, que ce soit long ou court, je pense qu'on a un peu tous, surtout les filles, ça ne devient plus trop spontané les rapports. C'est très calculé. Donc en fait, il n'y a plus de plaisir de se rencontrer pour faire ça, c'est pour faire le bébé. surtout avec le SOPK j'imagine que tu essayais d'un peu de target ton ovulation puisque c'est un peu c'est difficile de le traquer ok je prenais ma température j'avoue que j'ai pas acheté les kits de test d'ovulation parce qu'en fait moi je suis quelqu'un qui est beaucoup dans le déni je me suis dit je vais pas faire ça parce que sinon je vais être trop focus dessus mais en fait j'étais déjà focus dessus même sans ça si tu prenais ta température quotidiennement oui oui oui c'est vrai que c'est
- Speaker #1
c'est le meilleur moyen de traquer son ovulation.
- Speaker #2
Tout à fait. Et les travaux, moi, ça m'a permis un peu de relâcher la pression dessus. Et puis bon, t'as toujours les gens qui vont te dire « N'y pense pas, ça va venir tout seul. Moi, j'ai fait ci, moi, j'ai fait ça. » Alors c'est gentil, mais ça marche. Enfin, c'est pas universel, quoi. Donc moi, ça n'a pas marché de ne pas y penser. Ça n'a pas marché d'y penser, non.
- Speaker #1
On est en vacances. Si on se fait en vacances. Oui,
- Speaker #2
alors tu me payes le billet, il n'y a pas de problème. J'y vais, en fait. Et donc, du coup, on fait les travaux. Et puis, j'avais un gros retard. Je pense que j'avais un truc genre 46 jours. Et donc, mon chéri, lui, il suivait mon cycle. Il était très, très, très, très investi. S'il pouvait être tombé enceinte, je pense qu'il l'aurait fait.
- Speaker #1
Oui, tu me disais qu'il avait l'application Flow sur son téléphone. C'est quand même...
- Speaker #2
Non, c'est quelque chose. Et du coup, il me dit, tu as pensé à faire un test ? Et j'en avais. tellement marre de faire pipi et de voir qu'une seule barre. J'ai dit, tu sais, ça me brise le cœur à chaque fois. Je ne te le dis pas, mais je commence à culpabiliser parce que je sais que toi, tu veux cet enfant et moi, je ne te l'emmène pas. Enfin, il ne vient pas. Et il me dit, non, mais ce n'est pas grave, moi, je vais t'acheter un test et tu vas faire le test. Donc, le lendemain matin, il me réveille. Il me dit, tu fais pipi dans un verre là et moi, je vais faire le test pour toi. J'ai dit, bon, d'accord. J'imagine la scène dans le... Oui, mais moi, j'étais pas... J'ai dit non, je veux pas. Il me dit si, si. Là, tu vas faire pipi dans le verre et je vais faire des... Et donc, je fais pipi dans le verre. Déjà, c'est bon. On a franchi encore un step. Là, je me dis bon, là, il tient mon pipi dans ses mains quand même. Et donc, il trempe. Et instantanément, quand il trempe, il me regarde et je vois ses yeux, ils sont un peu humides. Mais je veux pas interpréter. Donc, il me dit c'est positif. Et je dis non, c'est pas positif. Il me dit si, c'est positif. J'y croyais tellement pas que dans la journée, j'ai dû faire six tests. Et de les voir positifs, je voulais pas être trop heureuse, fort. Du coup, je restais un peu poker face, tu vois. Et il me dit le jour même, j'ai envie de l'annoncer à ma famille. Je dis, attends, t'es sûre ? Il me dit, que ça se passe bien ou que ça se passe mal, je veux que nos proches, ils soient au courant. Et c'est particulier, cette grossesse-là, parce qu'en fait, en même temps, on a eu l'annonce. De la grossesse de quelqu'un dans la famille aussi. Donc moi, je me voyais déjà enceinte en même temps qu'elle et tout. C'était rigolo. Donc on l'annonce à nos familles. Et le lendemain, on va faire les travaux et tout. Et lui, il parlait déjà, il faisait déjà des plans sur la comète. On fera ci, on fera ça avec le bébé. Et on l'appellera comme ci ou peut-être comme ça. Et moi, je ne parlais pas trop. Et je commence un peu quand même à me lancer et à y croire. Donc j'appelle ma mère, je dis j'ai un truc à lancer, je lui annonce. Et quand je lui annonce, bon, elle est contente et tout. Et moi, je suis super soulagée. Je me dis, c'est bon, ça roule, quoi. Et j'ai envie de faire pipi. Je vais faire pipi. Quand je m'essuie, je vois qu'il y a un peu de sang. Je dis, bon, c'est sûrement ce qu'on appelle l'anidation. Je ne m'inquiète pas plus que ça. Je dis, non, allez, J'ai quand même un petit coup de froid, quoi. Je me dis, non, non, ce n'est pas ce que tu crois. Ça passe comme ça. On retourne sur le chantier. J'avais invité des amis pour venir voir notre terrain. Et puis, quand elles arrivent... On a acheté au Mont d'Or, donc elle venait de Nouméa. Et pile au moment où elles arrivent, je commence un peu à avoir mal au ventre. Je me dis, moi, ça doit être l'endométriose. Mais genre vraiment mal au ventre. Et bon, pour la petite anecdote, vu qu'on était en travaux, nous n'avions pas les toilettes. Et du coup, je me prends d'une envie de faire pipi fort. Donc je vais faire pipi dans les brousses, à la route. Et quand je fais pipi, je sens quelque chose qui coule. Et je regarde et j'avais un morceau comme un morceau de steakhouse dans la main. Enfin que je récupère dans ma main. Et je me dis, bon, ok, ça passe. Là, mes copines arrivent, donc le timing n'est pas terrible. J'essaye quand même de me composer parce que je me dis, bon, attends, ils ont fait toute la route. Bon, tranquille, quoi. Et puis, quand je vais leur ouvrir, je sens qu'il se passe quand même quelque chose en bas. C'est dur, quoi. Mon ventre est dur. Je fais, bon, ok. Je retourne m'isoler. Et bon, là, je vois mon bébé dans ma main, clairement. Des petits trucs comme ça, avec des yeux. Il n'y a plus de doute. J'appelle quand même mon conjoint pour qu'il vienne regarder. Et puis, on tombe des nues. Mais on est toujours un peu dans le déni. Donc moi, j'envoie un SMS à mon gynéco. Malheur pour lui, il m'a donné son numéro de portable. Donc je lui envoie un SMS et je lui dis, voilà, j'ai fait un test de grossesse hier. C'est hier que j'ai appris que j'étais enceinte. Mais là, je perds des morceaux de steak. Est-ce que je dois m'inquiéter ? Et il m'envoie, je viens tout de suite à l'hôpital. Donc, de le Mont-d'Or jusqu'à la clinique. Mais dans la voiture, je suis toujours un peu dans le déni. Je me dis non, mais non, c'est pas ça. Donc, on arrive à l'hôpital. Effectivement, ils confirment. J'ai fait une fausse couche, comment on appelle ça ? Une fausse couche précoce. Et il me dit une phrase qui, en soi, c'est pas mauvais. Mais c'est sûr que sur le moment, t'as pas envie d'entendre ça. Il me dit, bon déjà, je suis content parce que tu peux tomber enceinte. Ouais.
- Speaker #1
enfin bon je peux aussi le perdre comme tu peux le constater et il me dit et t'as tout évacué toute seule t'as pas besoin de cure-tâche donc c'est trop bien quoi ouais ok cool yes ok donc on sort de là moi je suis dépitée je parle plus en fait et l'ambiance elle est lourde quoi ça fait beaucoup d'infos on est déjà en 2022 donc ça fait ça fait déjà 4 ans tu viens d'apprendre que Merci. Waouh, ça y est, il y a un petit bébé qui se prépare et puis en fait tu le perds tout de suite dès que tu l'annonces. Et puis tu l'as vu, mine de rien. Tu vois là, quand tu le dis, tu le dis sur un ton un peu entre guillemets humoristique, etc. Mais c'est quand même traumatisant de voir des choses comme ça. Surtout quand tu as attendu si longtemps, enfin même quand tu ne l'as pas attendu longtemps en fait.
- Speaker #2
Oui, peu importe.
- Speaker #1
Il n'y a personne qui porte ça dans sa culotte.
- Speaker #2
Oui, j'utilise beaucoup l'humour pour les traumas. Et beaucoup le déni. On va le voir par la suite. Mais c'est vrai que moi, j'ai ri jaune littéralement. Je me revois. J'ai cru que je perdais la tête. Je suis sortie de l'hôpital. Je pleurais. J'ai allumé une cigarette en mode « fuck it » . En fait, j'ai dit « bébé, pourquoi je fais attention ? » . J'ai rigolé parce que je me suis dit « en fait, la vie se fout de moi » . Parce qu'hier, j'apprends que je suis enceinte, mais je ne veux pas y croire. Aujourd'hui, j'y commence à y croire. Et en fait, non. Pourquoi ?
- Speaker #1
Montagne rouge.
- Speaker #2
C'est ça. Alors, on a beau me dire, oui, mais c'est parce que la nature est bien faite. Il n'était pas viable et tout. Oui, il n'était pas viable, mais j'avais mon bébé, en fait. Et en plus, c'est super dur de faire le deuil de quelqu'un dont tu ne connais pas les traits. De quelqu'un que tu n'as pas touché. C'était bizarre. Moi, je n'arrivais pas à faire mon deuil. On a fait nos deuils de façon différente, mon conjoint et moi. Lui, il parlait beaucoup du bébé, de son ressenti et tout ça. Et moi, je n'en parlais pas. Il y avait une partie de moi qui avait un peu honte aussi d'en parler parce que je me disais, moi, j'étais maman 15 jours. Mais en fait, j'étais quand même maman. Donc, je ne veux plus parler de faire un bébé et tout ça. Et du coup, je me mets dans le déni. Donc, je me mets à fond dans le travail. Je veux dire, ma fausse couche, c'était le dimanche. Le lundi, je suis allée au taf. Bon, comme d'autres gens, mais je veux dire, j'ai fait comme si de rien, je travaillais et tout. Je me suis dit, il vaut mieux pas que je pense à lui, parce qu'en fait, sinon, je sors pas du lit. Et donc, ça passe comme ça. Et comme mon chéri me dit, ouais, mais moi, je veux quand même un enfant. Puis en plus, je veux un enfant avec toi. Je dis, ah, ça tombe bien, c'est avec moi que t'es en couple. Il me dit, mais qu'est-ce qu'on peut faire pour... Qu'est-ce que je peux faire, moi ? Il me dit, qu'est-ce que je peux faire pour que t'aies moins peur, quoi ? Je dis, mais c'est pas à toi. Là, moi, j'ai pas confiance en mon corps. j'ai dit attends Il faut me laisser le temps de digérer. En 2021, j'apprends que mon corps, en fait, il ne fonctionne pas bien. J'ai de l'endo, j'ai du SOPK. En 2022, j'ai un bébé que je ne tiens pas. Donc, en fait, déjà, j'en étais arrivée à un stade où là, ça va mieux. Je me suis réconciliée avec mon corps, mais j'ai détesté mon corps. Je lui en voulais. Je me suis dit, je me voyais un peu comme quelque chose qui est en putréfaction. Tu vois, j'avais l'impression de sentir mauvais. J'avais l'impression de sentir la mort. Donc, je lui ai dit là, non. On va se laisser le temps de digérer tout ça. En plus, moi, de dire à tout le monde que j'avais perdu le bébé, c'est débile, mais j'avais un peu honte de leur avoir fait espérer qu'elle allait avoir un bébé. Et en fait, j'apporte rien. Donc, on laisse comme ça. Et puis, à force d'en parler, je lui dis, peut-être vers 2023, je lui dis, écoute, je me suis renseignée. Ce qu'on peut faire, c'est que s'il n'y a rien, en 2024, je te propose qu'on aille à l'hôpital et on va au service de PMA. pour voir ce qui ne va pas chez moi et s'il y a des solutions pour nous aider à avoir un bébé. Il me dit, spoiler alert, il n'y a pas de bébé en 2023. En 2024, on y va. Je ne sais pas, je lui dis 2024, c'est là qu'il faut y aller parce que plus tard, je n'irai pas. On y va. 2024, avec les événements qu'on a connus, c'était assez cocasse. En février, du coup, on fait les examens. Donc, lui fait son spermogramme.
- Speaker #1
Ah oui, lui, tu as dit 2024, tu ouvres le Champagne Nouvel An, vous étiez à l'hôpital. Ah oui, oui.
- Speaker #2
Parce qu'en fait, quand je dis c'est maintenant, c'est maintenant, parce que je ne ferai pas après. Donc là, je dis c'est maintenant, on y va. Et puis, de toute façon, il était impatient. Parce que je lui ai dit aussi, pour être honnête avec toi, j'ai regardé un petit peu des témoignages. Ça peut être très long comme parcours. Donc, déjà, toi, tu voulais un enfant avant 28 ans, c'est mort, tu vois. donc essayons de le faire vite et puis il y avait une partie de moi qui disait il faut y aller vite comme ça j'ai pas le temps d'y penser j'ai pas le temps de me rendre compte de ce que je suis en train de faire comme pour mon opération en fait je vois ce que tu veux dire c'est comme le porsement là quand tu le fais d'un coup on y va, l'opération il m'a dit on peut faire l'année prochaine non là cette année, en mot permanent pour la lésion bah là pareil j'ai dit là le bébé c'est maintenant on fait les examens, on fait tout là la stimulation, tout ce qu'il faut faire, les opérations s'il y en a à faire donc en février on fait les examens Euh... Lui, il est inquiet. Il me dit, imagine, ça vient de moi. Et je lui dis, je sens que ça ne vient pas de toi. Je sens que ça vient de moi. Et je m'étais dit, moi, de toute façon, quand on a attaqué ça, je me suis dit, si jamais c'est trop compliqué d'avoir des enfants parce que, je ne sais pas, j'ai une infertilité qui est vraiment, vraiment, vraiment galère à surmonter, je le quitte. Il fera un enfant avec quelqu'un d'autre, mais je ne vais pas lui imposer un parcours où il va espérer que peut-être il n'aura jamais d'enfant. Et donc, du coup, lui, il fait son spermogramme, ses analyses. Donc, il faut faire spermogramme, analyse d'hormones. Il faut regarder aussi s'il y a des maladies sexuellement transmissibles. Nickel. Il a des nageurs de qualité qui se déplacent très bien. Donc, il est content. Je dis, voilà, c'est le manat. Tout va bien, ne t'inquiète pas. Viens à moi. Donc, je fais l'analyse des hormones. qui n'est pas mauvaise en soi. MST aussi super. Et je fais la fameuse hystérosalpingographie. J'adore ce nom pour un examen qui n'est pas du tout glamour en fait. Donc avec une ventouse qui permet de dépressuriser l'utérus. Et ensuite, on t'injecte de l'iode pour voir si tu as les trompes qui sont bouchées.
- Speaker #1
L'iode qui est utilisé comme un produit de contraste en fait.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
À l'imagerie pour qu'on voit bien.
- Speaker #2
Ah c'est cocasse Je me revois C'est marrant parce qu'après on te dit T'as une ventouse Je te fais pas de dessin Et on te dit mets toi sur le côté Un peu compliqué Mais du coup examen qui est pas très agréable Il paraît que c'est très douloureux On te dépressurise ton utérus On te dit un petit coup Bon bah là je vais faire une dépressurisation Vous vous sentez bien ? Ah oui je sens Ok je fais la deuxième Et Et... J'avoue que cet examen-là, j'avais peur. Je me suis dit, imagine, je me suis fait des films, c'est bouché, ça ne se débouche pas. Parce que des fois, avec cet examen-là, le fait d'injecter l'iode, ça débouche les trompes. Et en fait, non, pas bouché. Parfait. Ils me disent, là, vous avez tous vos examens, vous retournez à l'hôpital, et puis le médecin va vous dire quelle méthode sera la plus adaptée à vous. Et donc... On discute avec le gynéco, il me dit que c'est super. Donc, il voit que j'ai des ovaires polycystiques. Il me dirait que ça peut être ça aussi qui peut expliquer un petit peu l'infertilité. Parce que du coup, avec tous les kystes qu'il y a autour, parfois, le follicule, il ne se libère pas vraiment. Il reste enfermé, puis après, il est réabsorbé par le corps. Ça peut être aussi l'endométriose, parce qu'en fait, quand tu as de l'endométriose, tu as un terrain inflammatoire. Donc, ce n'est pas propice à la vie. Donc déjà, j'avoue, c'était le début. Mais quand on me redit ça, je me suis dit... J'ai pas un terrain propice à l'ami, quoi, super.
- Speaker #1
Ouais, c'est difficile. Ouais, c'est sûr que c'est dur.
- Speaker #2
C'est dur parce que, bon, c'est pas toutes les femmes qui sont comme ça, parce qu'on n'est pas nées pour créer des bébés, on n'est pas des poulpe-pondeuses non plus. Mais moi, je voyais pas faire ma vie sans avoir d'enfant. Et donc, quand on me dit, t'as pas un terrain propice, c'est un peu dur quand même. Mais concrètement, c'est ça, ça peut être ça. Donc, du coup, on me dit, il y a plusieurs méthodes de... de procréation médicalement assistée. Il y a l'insémination, donc on recueille le sperme du monsieur et après stimulation de madame, on lui injecte directement. Et moi, ça a été directement la FIV. Donc la FIV, c'est comme ce qu'on regarde à la télé, c'est les bébés qu'on fait dans les éprouvettes. On prend l'ovocyte de maman, on prend le sperme de papa et on les fait se rencontrer. Et moi, comme c'était du sperme de bonne qualité, très mobile et que j'avais... semble-t-il, j'avais une bonne réserve d'ovocytes. On m'a dit, ce qu'on va faire, c'est qu'on ne va pas faire comme dans les films, la film X, je crois que ça s'appelle. XI. Où on injecte, on force un peu l'entrée de l'ovocyte avec une seringue pour entrer le spermatozoïde. On va les mettre ensemble, ils vont se rencontrer tout seuls. Ok, super. Donc avant ça, il va falloir stimuler pour que ton corps reproduise plein d'ovocytes. plus ou moins à maturité pour qu'on puisse faire un recueil après un tri des ovocytes qui sont viables. Et ensuite, avec le sperme de papa, on va les faire se rencontrer et puis on verra combien d'embryons à la fin. Donc c'est particulier, mais j'ai commencé à écrire un petit livre pour mon fils qui s'appelle l'Odyssée de Cameroun. Donc j'ai vu ça un peu comme notre aventure.
- Speaker #1
J'adore l'idée, j'adore le titre déjà, l'Odyssée de Cameroun, j'aime trop.
- Speaker #2
C'était une odyssée riche en émotions qui nous a appris beaucoup de choses sur nous-mêmes. En fait, quand t'aimes, t'as pas de limites. Du coup, ça part comme ça.
- Speaker #1
T'en as résilience aussi,
- Speaker #2
quelque part. J'avoue qu'avec mon copain, on avait connu des gros moments de galère déjà. Ça nous avait rapprochés très vite. Ma maladie, lui aussi, il a eu des gros problèmes de santé. Et là, encore un truc. Mais sur ça, on était sûrs qu'on allait tenir le coup ensemble parce qu'on avait déjà vécu ça. Mais c'est vrai que ça nous a appris des choses sur nous-mêmes aussi. Lui, je lui ai dit, t'as vu, tu peux t'infirmer. C'est lui qui m'a fait toutes mes piqûres, parce que c'est hors de question que je me pique. Et donc, du coup, voilà. Je me dis, c'est bon, on a notre plan.
- Speaker #1
Lui, il t'avait déjà fait le test de grossesse dans un verre et tout. Et puis,
- Speaker #2
après mon opération pour mon endo, il m'avait fait, je crois, 20 jours d'anti-coagulant à me piquer. Il n'est pas impressionné par ça. Moi, je ne lui ferai jamais de piqûres, tu vois.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #2
Bon courage. Je ne me sens pas capable. J'ai trop peur de... Imagine, j'éternue, je casse les guillemets. Non, ça n'arrivera pas. Non, mais imagine. Genre, imagine. Il m'arrive toujours des trucs.
- Speaker #1
Il pense à ça à part toi.
- Speaker #2
Il m'arrive toujours des trucs. Tu te dis, c'est pas possible. Tu as fait exprès.
- Speaker #1
Mais ça sonne bien, parce que c'était lui qui devait te faire les piqûres.
- Speaker #2
Tout à fait. Et donc, on a le plan en tête. On est content. Lui, j'avoue qu'au début, il est... En fait, je n'avais pas compris pourquoi il avait... pas l'air bien et c'est qu'après il m'a dit bon bah ça me fait un peu mal de voir que tu vas devoir subir tout ça donc moi toujours dans mon esprit je suis bête et disciplinée dans ce genre de moment je réfléchis pas à ce que je vive je suis les instructions et c'est vrai que comme l'a dit Ségolène t'as pas besoin de réfléchir il t'envoie des mails pour te dire ce que tu dois faire à quelle heure te piquer quel médicament prendre, à quelle fréquence et tout,
- Speaker #1
donc on commence c'est quand même une sacrée logistique
- Speaker #2
Oui, oui. Du coup, je me suis acheté un pilulier. J'étais obligée parce que je ne me rappelais plus. J'ai mis mon ovule, je n'ai pas mis mon ovule. J'ai pris mes cachets, je n'ai pas pris mes cachets. Du coup, je m'étais fait un pilulier. J'avoue que je ne me rappelle plus quand est-ce qu'on a commencé. De toute façon, on n'a fait qu'une fois la stimulation. Mais ce n'était pas longtemps après. Il y a eu les émeutes après. Moi, j'habite au Mont-Dore. Et à un moment, le service a menacé de fermer. Les émeutes et le laboratoire aussi, il y avait un souci. Donc là, je me suis dit, on vient juste de savoir. C'est le début de l'Odyssée,
- Speaker #1
on arrête l'Odyssée. C'est non.
- Speaker #2
Ce n'est pas écrit dans le script. En fait, non, c'est bon. Océane, c'est bon, c'est calé. Ça commence, il paraît que le parcours classique, on te stimule avec des cachets. Il y a plusieurs buts. Il y a épaissir l'endomètre. L'endomètre, c'est la paroi utérine qui s'épaissit pour accueillir l'embryon et qui se désagrège en règle quand il n'y a pas de grossesse. Donc, épaissir ça parce que du coup, ça va passer naturellement, c'est artificiel. Donc, on stimule l'endomètre, on stimule les ovaires pour produire des ovocytes. Et donc, en fait, souvent, il faut faire ce qu'on appelle des monitoring ou monitorage. Il y a un soldat de monitoring où tu fais le matin une prise de sang. Et ensuite, tu dois aller faire une écho pour vérifier l'état des ovaires et de voir si les ovocytes y grossissent. J'avais peur de ne pas réagir aux hormones. Et au final, on a appris que j'avais beaucoup d'ovocytes. Alors, ça ne veut pas forcément dire qu'ils sont tous viables, mais j'en avais 44, les deux ovaires réunis. Pas les 44 qui étaient gros, mais il y avait une bonne réserve. Donc du coup, ça grossit tranquillement. On voit avec les prises de sang que je réagis bien. Et on voit aussi aux échos que ça avance. Donc très vite, on me propose une... Donc en fait, pardon, je vais juste faire un aparté. Ça peut être contraignant, ce genre de parcours, dans ton travail. Heureusement, j'ai une manager qui est au top, très compréhensive. Mais quand on te dit, tu viens à l'hôpital à 9h ou tu fais ta prise de soins à telle heure, tu ne peux pas dire, attends, là, je vais à mon travail, je sors après. C'est à l'heure où on te dit. Je devais m'absenter du taf pour aller à l'hôpital faire mes examens et tout. Elle a été très conciliante sur ça. Elle m'a aidée à faire mon bébé. Elle ne le sait pas, mais elle m'a aidée à faire mon bébé.
- Speaker #1
En tout cas, c'est vrai qu'on peut faire un point. Merci à tous les managers et à tous les patrons qui sont OK pour que les femmes aillent à leurs examens quand elles ont besoin d'y aller, sans que ce soit un casse-tête d'horaire et de machin. Parce qu'il n'y a pas le choix, en fait.
- Speaker #2
Oui, et je me sentais un peu... Tu sais, déjà, étant... Bon, c'est un gros aparté. Les gens étant malades d'endométriose, ils ont déjà fait beaucoup au niveau RH pour moi. pour que je puisse, par exemple, prendre une journée en télétravail quand j'ai vraiment une crise, mais que je peux travailler. Ils sont très compréhensifs aussi quand je ne viens pas travailler et tout. Donc là, je me disais, funèse, je ne viens déjà pas travailler des fois parce que j'ai tellement mal. Et là, je dois m'absenter du taf, je me sentais mal. Mais bon, elle a été super cool sur ça. Mes collègues aussi, je n'ai pas eu de problème. Oui,
- Speaker #1
ceci dit, je pense qu'il n'y a pas plus efficace qu'une femme qui a un bébé à faire ou qui a un bébé à la maison. Je ne sais pas ce que je veux dire. en fait Le temps est tellement précieux et tellement compté que je pense qu'une femme qui a des enfants, son taf va être fait parce qu'elle sait qu'elle n'a pas envie de faire le soir à la maison une fois qu'elle a fait les petits. Il y a aussi un truc où tu équilibres. Au cas de 9h, tu as la prise de sang. Par contre, tu es arrivée plus tôt et tu sais que le taf sur la journée est fait. Oui,
- Speaker #2
c'est sûr. Je me dis que ce n'est pas juste par rapport aux autres qui ne peuvent pas s'absenter pour des raisons qui peuvent être aussi importantes. Et donc ça se passait bien. On me propose une date du coup pour faire la ponction d'ovocytes. Donc ça c'est sous anesthésie générale. Et ça se passe très bien. Donc je me réveille. La gynéco vient me voir. Elle a le sourire jusqu'aux oreilles. Et elle me dit, si je ne dis pas de bêtises, ils avaient réussi à en prendre une vingtaine.
- Speaker #0
Donc c'est super, parce qu'on s'attendait plutôt à une dizaine. Et elle me dit, bon, et puis dans les prochains jours, on va vous appeler pour savoir combien sont viables et les embryons, comment c'est. Oui, mais ça,
- Speaker #1
en fait, si déjà tu pars avec 20, sachant que c'est sûr que ça va te réduire, tu pars déjà haut, donc...
- Speaker #0
Normalement, mais là, j'étais refaite. Donc le jour où toi, tu fais ta...
- Speaker #1
Quand tu travailles d'une anesthésie, t'es un peu...
- Speaker #0
Aussi, en fait. En plus, je faisais trop la meuf. Je ne sais pas pourquoi je fais ça, c'est ridicule, mais... Tu viens de t'avoir opéré, mais j'essaie de me composer, mais on s'en fout, en fait. Genre, je dormais, et elle arrive, je suis genre que je suis réveillée depuis longtemps. Oui, tout à fait. Quand elle part, je dis à Julia, qu'est-ce qu'elle a dit ? Je suis dans le coltard, je peux fermer les yeux ? Ok. Et du coup, pendant que toi, tu fais ta ponction, il y a le recueil de sperme, qui s'est bien passé aussi, qui ne doit pas être un moment rigolo aussi pour le mec, parce que je me dis, c'est spécial quand même, tu es dans une salle de salle.
- Speaker #1
Mais c'est son histoire, il viendra peut-être un jour nous le raconter.
- Speaker #0
On verra. Et du coup... Donc plus les jours passent, plus ils m'appellent. Et au final, il y a 7 embryons qui sont bons. Donc nous, il y a plusieurs façons de réimplanter l'embryon. Ça se fait aussi de les réimplanter à J3. Donc ça fait 3 jours qu'ils sont développés. Moi, j'ai décidé à J5 parce que c'était plus sûr à 5 jours. Il y a quand même moins de chances qu'après l'embryon, tu découvres qu'en fait, ils ne se développent plus. Il y a moins de chances, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de chances qu'ils ne le fassent pas. Le problème, c'est que j'avais... tellement bien réagi au traitement. De toute façon, je le sentais. Le jour de la ponction, elle l'a bien dit, Sego. C'est comme si tu étais une poule et tu sentes à plein d'œufs. Il faut les enlever, en fait. Moi, j'ai dit, là, il faut vraiment que vous vous midiez parce que mon ventre va exploser. Et du coup, j'avais trop bien réagi au traitement. Elle m'a dit, là, il vaut mieux qu'on les congèle. On ne peut pas te les remettre à cinq jours après parce qu'il faut laisser ton corps redescendre et on te les remettra à ton prochain cycle dans un mois. Donc là, déjà, tu te dis. Tu dois attendre un mois, là, en fait.
- Speaker #1
J'attends depuis 2019, là. Encore ?
- Speaker #0
Je me dis, attends, moi, dans cinq jours, je t'ai dans ma tête, je t'enceinte, en fait. Elle me dit, non, un mois, parce que là, tu risques embolie pulmonaire, flébite, c'est pas top, quoi. Je dis, ouais, ouais. Donc, qui en va attendre ? Donc, j'attends avec impatience mes règles. Quand t'as tes règles, t'envoies un message au service qui te propose une date pour, du coup, le transfert d'emboyant congelé. Et effectivement, quand t'arrives, c'est un peu marrant parce que ça fait très solennel un peu. Genre, il décline ton identité, il vérifie l'identité de monsieur et de madame. Chacun signe un accord. Monsieur est d'accord de donner ses gamètes, toi t'es d'accord de donner tes ovocytes pour recevoir l'embryon. Et tu t'assoies, t'as la vessie pleine pour pouvoir voir le transfert. Donc, il te montre. Alors tu vois là, c'est ton utérus, je vais te poser, je vais le débonner. Toi tu fais genre tu vois mais tu vois rien du tout. Ah oui, oui, parfait.
- Speaker #1
Ah, c'est là le cul-de-sac de Douglas ? On y revient ?
- Speaker #0
D'accord, Winch. Ce fameux Douglas. Et du coup, ça se passe bien. Donc moi, je pose des questions un peu débiloses, mais je dis, est-ce que je dois rester en mode poirier ? Elle me dit, non, mais en fait, tu fais ta vie, tu retournes au travail, ou je suis pas chez elle. Ah, d'accord, non, mais j'ai pris ma journée au cas où, qu'il fallait que je reste en poirier. Et après, il faut attendre.
- Speaker #1
Mais même, je pense, impossible de se concentrer.
- Speaker #0
Non, je pouvais pas. J'ai dit à mon copain, je dis, je sais pas si toi, tu vas pouvoir retourner au travail. Il m'a dit, non, moi non plus. Je lui ai dit, moi, je peux pas, parce qu'en fait, je vais... Vous savez pas, mais là, j'ai fait un transfert. Vous savez pas, mais là, il y en a plus. Il y a un embryon, en tout cas. Et du coup, on s'est reposé tranquille et tout. Et donc, après, tu dois attendre une dizaine de jours pour pouvoir faire la fameuse prise de sang, donc à J plus 10, et puis après, 48 heures après, pour voir si ça a doublé. Et en fait, dans ce parcours, nos deux familles respectives, elles étaient au courant, elles suivaient toutes les étapes avec moi. Mais du coup, arrivé à ce moment fatidique, J'ai regretté de leur avoir dit dans le sens où...
- Speaker #1
Tu envoyais des messages ?
- Speaker #0
En fait, j'étais carrément chez ma belle-sœur quand j'attendais les résultats de ma prise de sang. Mais j'étais stressée parce que je me disais « Putain, imagine, j'en sois les résultats et... » Enfin, je me disais...
- Speaker #1
Tu n'avais pas envie de porter... En fait, toi, tu aurais eu déjà ta déception et tu n'avais pas envie de porter le poids de leur déception. Ouais,
- Speaker #0
de... Ils n'auraient pas été déçus de moi, mais ils auraient été déçus qu'ils ne soient pas là.
- Speaker #1
Et on peut les comprendre. Comme tu disais plus tôt, toi, tu as ce côté où... quand t'as eu ta grossesse arrêtée bon y'en a qui disent faut se coucher grossesse arrêtée t'avais ce côté un peu t'avais honte entre guillemets que ça t'arrive et peut-être que tu te serais dit encore une fois bon bah là on fout la fille et en plus ça prend pas faut encore encaisser quoi oui surtout que tout le monde était super positif autour de moi ma
- Speaker #0
belle-sœur était là mais elle elle m'a porté la chance quoi elle était là non mais moi je sais qu'il est là il est accroché là et moi bah je voulais y croire sans y croire et c'est en fait c'est pendant ce parcours que je me suis rendu compte que Merci. Je pensais avoir fait le deuil de ma fausse couche. Mais en fait, je portais toujours le deuil en moi. Parce qu'on verra, mais la grossesse, c'était un peu au même angle. Et donc, positif ! test positif super 48h mais du coup moi je me réjouis sans me réjouir je suis là ouais est-ce qu'il va tenir maintenant et mon mec il me dit moi ce que je fais c'est que je prends chaque étape qu'on a réussi c'est une victoire il dit là maintenant on est comme les gens lambda on est enceinte ça
- Speaker #1
marche ou ça marche pas mais comme tout le monde en fait c'est dur c'est beaucoup plus dur à accepter qu'à le dire mais il a tellement raison c'est une odyssée tu l'as dit donc Là, c'était déjà encore...
- Speaker #0
Là, il m'a dit, pour moi, on n'est plus en train de faire une filtre. On est comme tout le monde. Et oui, c'est vrai. Oui, tu as raison. Vu comme ça et tout. Et bon, l'histoire montrera que mon petit s'est accroché. Mais dans le même mois, moi, je dis, tiens, je voudrais lui préparer déjà ça. Et je me projette. Du coup, je me dis, bon, allez, il s'est accroché. Il a raison. Vaut mieux que je la vive, cette grossesse. Parce que qu'elle l'aille jusqu'au bout ou non, c'est quand même merveilleux. Et donc, je dis à mon copain, je dis, écoute, je vais faire un test de grossesse urinaire. Comme ça, je vais lui préparer pour le mettre dans une boîte et tout. Ça va être mignon, quoi. Maintenant, quand j'y pense, c'est un peu du pipi, mais ce n'est pas grave. Et donc, je fais pipi sur le test.
- Speaker #1
Ça peut te rassurer, moi, j'ai gardé tous mes tests.
- Speaker #0
Si.
- Speaker #1
Du coup,
- Speaker #0
je fais pipi dessus. Enfin, sauf celui-là, parce que je fais pipi dessus. Donc, il y a les deux barres, sans surprise. Mais j'avoue quand même que quand j'attendais qu'elle monte, j'avais peur bizarre. Mais bon, enfin bref. Et le lendemain matin... Je ne vais pas au travail parce que quand je me réveille, il y a du sang partout. Et là, je rigole parce que je me revois en 2022 faire pipi et le lendemain, il y a du sang. Et je me dis non. En fait, c'est quand je pisse sur un test. J'ai la poisse, je n'aurais pas dû faire ça. Donc, j'appelle mon chéri parce que je ne me voyais pas conduire jusqu'à l'hôpital. Et on y va. Donc, l'attente interminable. En plus, tu attends... t'es au service gynéco-pédiatrie donc en fait t'attends il y a des bébés avec toi c'est horrible et du coup là il se passe un truc dans ma tête encore une fois je me dis fuck it c'est pas bien ne faites pas ça, je sors,
- Speaker #1
je fume une clope allez c'est fini,
- Speaker #0
game over quoi donc on attend longtemps et en fait ma raison me dit mais si t'attends longtemps c'est que c'est pas grave parce qu'ils t'ont fait faire des examens avant la consultation s'ils te font attendre c'est que c'est pas grave ton bébé il est toujours là il est toujours là ton bébé donc je me J'attends très longtemps. Je crois que je suis allée à 9h. Je suis passée à 15h30. Et bon, il est toujours là. Donc, l'urgentisme fait l'écho. Et moi, je ne regarde pas. Il me dit, ben voilà, on est contente là. Je dis, on est contente de quoi ? Ben, regardez. Je dis, je regarde quoi ? Il me dit, ben, il est là. Et là, c'était la première fois, du coup, que je le voyais à l'écho.
- Speaker #1
Ah oui, parce que c'était avant la datation même.
- Speaker #0
Ouais. Et du coup, ben, bon, tu ne vois pas grand-chose. Mais je dis, ah ouais ? Et là, bon, il me ramène un peu sur terre. Il dit, bon, après, il faudra voir la semaine prochaine s'il y a un cœur, quoi. Je dis, ah, ouais, d'accord. Parce que c'était la semaine d'après ma datation.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc bon, voilà, c'est bon, je me détends. Je me dis, c'est bon, il est toujours accroché, super.
- Speaker #1
Et t'as pas d'explication sur sa niveau ?
- Speaker #0
Alors, on me dit, ça arrive. En fait, tout arrive dans la vie. Ce serait bien juste qu'on ait des explications. Parce que genre là, j'ai beaucoup saigné, quoi. Je lui dis, j'ai énormément saigné. J'avais des contractions. Il me dit, ça arrive. Ok. Mais là, ça va, il est là. On s'inquiète pas, quoi. D'accord ? Et en fait... Malheureusement pour mon petit, à partir de là, ça a marqué un tournant dans comment j'allais vivre ma grossesse. J'étais partie détendue et tout le monde me disait de me détendre, mais tu ne peux pas contrôler en fait. Moi, je suis déjà de nature anxieuse. C'est d'ailleurs pour ça que je dis à mon conjoint, je veux des enfants, mais je ne suis pas pressée parce que je suis très anxieuse. Alors quand j'aurai un enfant, mon Dieu, je vais mourir d'anxiété. Pourquoi il pleure ? Pourquoi ça ? Et donc du coup, toute ma grossesse, j'essayais de relativiser, mais c'était difficile pour moi de créer un lien concret avec mon bébé. Je ne parlais pas à mon ventre, je ne touchais pas mon ventre. Ma belle-sœur, elle est partie en Australie, elle m'a dit « Je te ramène des pantalons de grossesse ? » Je lui ai dit « Non, je ne veux pas. » Je ne voulais pas qu'on m'achète des vêtements de grossesse, je ne voulais pas qu'on achète des vêtements pour le bébé, je ne voulais pas. Je m'occupais juste qu'ils survivent. Donc j'allais à mes rendez-vous, je faisais tout bien. J'allais à mes rendez-vous, une étape de franchise. Mon cerveau s'était mis en mode étape. Là, OK, je vais au rendez-vous. Il y a un cœur. Il bat. Super. Je vais au rendez-vous de la malformation. OK, il a tous ses organes. Tout va bien. On n'arrive pas à faire la clarté nucale. Nuchal. Nucalcal. Parce qu'il bouge déjà beaucoup. Donc, ce n'est pas possible de le prendre. Donc, du coup, je fais la prise de sang. Le DBNI. Donc, en attendant les résultats, l'angoisse. Je me dis, putain, j'espère que ça va être bon. Donc, c'est bon. Mais en fait, voilà. Toute ma grossesse, ça a été ça. Étape, étape, étape. Quand ils donnaient des coups, j'étais contente. Mais après, je me disais, peut-être qu'ils donnent trop de coups. Quand ils ne donnaient pas de coups, je me disais, pourquoi ils ne donnent pas de coups ? C'était vraiment une grossesse particulière. Je n'ai pas travaillé pendant toute ma grossesse parce que je n'arrivais pas à m'alimenter. Je vomissais tout le temps, tout ça, machin. Et quand j'ai repris le travail, parce que ça allait beaucoup mieux, et que moi, je commençais à me détendre, je me suis dit, c'est bon, on est au sixième mois, tout va bien, il est toujours là, et tout. Je fais mon examen, cassure dans la courbe de croissance. On dit, bon, là, il va falloir surveiller. Donc, en fait, tu retournes chez toi. Tu ne travailles plus. Donc, je suis. Et du coup, malheureusement, je n'y peux rien, mais je me remets dans le mood étape. Donc, deux monitoring par semaine avec la sage-femme et un à l'hôpital. Ça se passe bien. On me dit, oh, le bébé, il est top. Son cœur, il va bien. Il est très actif et tout. Et puis, vers la fin de la grossesse, donc du coup, je me suis dit, je veux dire, je n'ai pas de mauvais souvenirs. Je n'étais pas déprimée pendant ma grossesse. J'étais juste anxieuse parce que je voulais qu'il aille bien. Mais je veux dire, de ne pas manger ou de ne nourrir que de coca ou de fanta, je m'en fichais. De devoir faire les examens, je m'en fichais. Peut-être que c'était du déni. Mais je me suis dit, en fait, la conception de mon bébé... Et ma grossesse, on m'a dit quoi faire. Alors là, pour mon accouchement, j'ai envie d'être actrice. Donc je me préparais à faire un accouchement physiologique. On m'a dit, c'est ton premier. Tu verras, tu demanderas à être médicalisée. J'ai dit oui, j'aimerais bien quand même essayer le physio. Mes espoirs de physio s'envolent avec cette annonce. On me dit, là, vu comment le bébé il est, il y a de fortes chances qu'on fasse un déclenchement. Donc déclenchement, ce n'est pas physiologique.
- Speaker #1
Comme il ne prenait pas assez de poids.
- Speaker #0
En fait, il ne prenait plus de poids. et pour la petite anecdote il y avait un gynéco à l'hôpital qui me faisait rire parce qu'il a un accent et en fait il fait l'écho il est pas inquiet, il me dit non le liquide amniotique il est bon enfin tout va bien et moi je dis mais le bébé va bien parce qu'il parlait d'autres choses sauf du bébé il me dit il va bien, il est maigre il est juste maigre ok il est maigre mais il va bien il est maigre, ok d'accord donc on me dit là ça va être un déclenchement Merci. On va essayer de le garder au chaud jusqu'à 37 semaines. Mais il y a eu des moments, effectivement, où on m'a dit peut-être qu'il va naître avant. Je me disais non. Du coup, là, j'ai commencé à parler à mon ventre. Je lui ai dit non, là, tu restes un peu. 37 semaines, c'est bien. 37 semaines, tu es fini normalement. Et donc, j'ai réussi à mener la grossesse jusqu'à 37 semaines. Et ensuite, un autre chapitre de l'Odyssée, ça a été le déclenchement. Le déclenchement... Il y a plusieurs façons de faire le déclenchement. Pour ma part, ça a été avec les trois méthodes. La première, c'est qu'on te pose un ballonnet qui est destiné à ouvrir ton col mécaniquement, à le faire mûrir mécaniquement. Il y a une partie qui est à l'intérieur de l'utérus et une partie qui est à l'extérieur du col et on les gonfle pour travailler le col. Ça, pendant une journée, un peu trop agréable comme sensation. Mais j'étais motivée. Je ne sais pas, les trois jours là, J'étais dans une nouvelle énergie. J'étais de bonne humeur. J'étais plein de positivité. Le marché, je disais à Julien, on va marcher, tu vas voir. On va faire sortir notre bébé. J'avais hâte de le voir, en fait. J'avais hâte de le faire grossir dehors, parce qu'il ne grossissait plus dedans. Il fallait qu'il sorte, quoi. Donc, premier jour, ça ramollit mon col, mais on me dit, c'est normal aussi. Enfin, j'étais un peu découragée. J'avais une copine, elle l'avait fait, elle a dit, ah, direct, ça va marcher. OK. Le deuxième jour, c'est des cachets. On te donne à, je crois... Deux heures ou huit heures d'intervalle ? Deux heures d'intervalle, je crois. C'est fou, je ne me rappelle plus. On te donne des cachets qui sont destinés à encourager ton corps, à produire les hormones pour enclencher le travail. Donc on prévient, ça ne va pas être à la première prise que ça va marcher. Je dis, ce n'est pas grave, je vais prendre les cachets, je vais aller marcher. Vraiment, c'était ma meilleure vie. Je commence à sentir les premières contractions qui ne sont pas folichonnes. Donc le soir, après les cachets, on me fait le contrôle du col. Et du coup, dilaté à deux. Je me dis, enfin moi, je me dis, c'est pas mal pour une première fois. Ouais, bon, OK, d'accord. Mais du coup, le deuxième jour, on me dit, ce qu'on va faire, c'est que... De toute façon, votre bébé, il va naître demain. Que le travail, il ait commencé ou pas, quoi. Mais là, on va vous poser la période durale. Donc il faut savoir que c'est très commun. mais moi, genre. peur bleue de la péridurale. Ma sage-femme m'a préparée à tous les scénarios quand même. Mais je lui disais, franchement, moi, si je la réclame pas à tort et à cri, j'aimerais bien ne pas la mettre parce qu'en fait, je suis terrorisée à l'idée qu'on me perce le dos. J'aime déjà pas qu'on me touche avec le doigt à la colonne. Alors là, je me suis dit, on va mettre une aiguille, je vais mourir en fait. Et c'est là où tu te rends compte que... Rien n'est insurmontable quand tu es dans ces moments-là. Je ne veux pas faire peur aux gens quand je raconte mon accouchement. Parce que quand j'y repense, j'y repense avec beaucoup de tendresse. C'était particulier, mais rien n'est impossible quand tu veux voir ton bébé. C'est fou. Du coup, on me dit qu'on va vous poser la péri. juste le cathéter, comme ça, si jamais ça se passe pas bien et qu'on doit aller en césarienne, au moins c'est déjà posé, ça vous enlève ce stress. Ok, bon alors là j'ai le stress qu'on me pose des trucs, donc on me le pose, et je dis, j'ai un peu mal au dos, genre, oui c'est les contractions, non genre j'ai mal là où on m'a posé le, mais moi j'aime pas trop déranger, donc je dis mais sans trop dire, j'ai mal comme, ouais mettez un truc chaud sur le truc, d'accord, donc je mets un truc chaud sur le truc, mais ça me faisait mal, comme un limbago quoi. tellement mal que du coup, les contractions, je ne les sentais pas plus que ça. Ça passe comme ça. Et du coup, le fameux troisième jour, on me dit, là, on va te brancher à la perf d'ocytocine, de synthèse. Donc l'ocytocine, c'est l'hormone du bonheur qui permet aussi d'enclencher le travail, les contractions et tout ça. Et du coup, on me dit, comme on va te brancher à l'ocytocine de synthèse, vu que c'est de synthèse, les contractions vont être plus fortes que des contractions classiques. Donc on va déjà... te mettre le produit de Péry aussi. Et comme c'était mon premier, je n'osais pas trop dire des choses et puis j'avais surtout peur pour lui. Moi, je ne voulais pas en fait qu'on me mette le produit. Je voulais juste être sur l'ocytocine et qu'il continue à travailler. Donc le problème, c'est que quand on te pose la Péry, tu restes allongée. Et du coup, je suis restée allongée jusqu'à 23h45. Et je sentais tout. Et comme, encore une fois, de ma faute, mais ça c'est le... dans le système médical, de toute manière, on ne peut pas tout prévoir. Il y a toujours une inconnue. C'est pareil, c'est pas disclaimer, ça ne va pas se passer pour tout le monde comme ça. Je sentais tout, mais je ne parlais pas trop, parce qu'en fait, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, qu'est-ce que ça doit faire l'apéritif rural. Donc on me dit, mais vous sentez, madame ? Alors je dis, ben ouais, mais on m'a dit qu'il fallait que je sente un truc. Oui, il faut sentir une pression. Alors je dis, ben ouais, au final, ça fait une pression, mais en fait, c'était des contractions. Je sentais tout, en fait. On m'a fait le test du glaçon, je faisais pipi par moi-même, et à un moment, il y a une très chame qui dit, Non mais là, vous avez fait pipi combien de fois ? Je suis là, je sais pas, peut-être 5-6 fois. Elle fait non mais c'est pas normal. Du coup, elle appelle l'équipe d'anesthésiste et bon, ça peut arriver, ça arrive mais c'est pas grave. Donc on repose la péridurale. Et là, quand on met le produit, je suis là, c'est ça la péridurale en fait.
- Speaker #1
Elle était mal posée depuis le début.
- Speaker #0
Exactement. Et du coup, moi, j'appuyais toutes les 17 minutes parce qu'on dit qu'il faut appuyer pour les bolus. Elle coule en continu, mais tu appuies en plus. Et je disais, moi, je n'ai pas envie d'appuyer en plus. Si je n'en ai pas besoin, on me dit, mais tu sais, il faut mieux appuyer maintenant. Parce qu'on n'a pas besoin comme ça. Ton corps, déjà, il a décidé qu'après. Bon, d'accord. Et j'appuie. Je dis, mais en fait, je sens tout. C'est normal. Ou peut-être que je n'appuie pas assez. Donc, tellement fort qu'on m'a injecté en plus le produit pour faire la césarienne, moi, pendant la journée. Et je disais, mais je sens tout encore. En bref. Donc, là, on me pose bien la périphérie. Je suis bien, je suis trop bien. Et là, le cœur du bébé,
- Speaker #1
le pauvre.
- Speaker #0
Trois jours où il est maigre. Il se fait comprimer pendant trois jours. Moi, je suis angoissée vers la fin parce qu'en fait, je n'arrêtais pas de dire, mais je ne pouvais pas m'empêcher. Je disais, il va mourir. Et mon mec, il me disait, il ne va pas mourir. Il va mourir, il faut faire quelque chose, il faut le sortir. Et là, moi qui avais peur de la pérille, peur de la césar, parce que je me disais, on va m'ouvrir, je suis éveillée. Je m'en foutais. Je me suis dit, là, il faut le sortir. S'il faut m'ouvrir, il faut m'ouvrir. Bye ! Et du coup, on me dit, ouais, on va attendre un petit peu pour voir et tout. Moi, j'étais prête dans ma tête. Allez, ouvrez-moi. Et en fait, en partant au blog, parce que je suis partie en Césarine Côte d'Orange, je pensais que c'était l'adrénaline, mais les gens me parlaient, mais je n'étais plus là. Je souriais bêtement, on me parlait, on se présentait. Alors là, on va vous faire six chachas, je n'entends rien de ce qu'ils vous disent. Je ne suis plus là. Et à un moment, je n'entends vraiment plus rien. Je sens qu'on me secoue et tout. et on fait venir mon chéri et je sens que je n'arrive plus à respirer je me dis oh oh bon mais encore une fois Océane on ne sait pas pourquoi elle fait ça mais je me compose parce qu'il est là je me dis il ne faut pas l'inquiéter débile, enfin bon bref du coup je ne dis rien enfin je dis un petit peu une diaphréco si mais je t'ai entendu dire que tu n'arrivais pas à déglutir à l'anesthésiste et tout mais je reste calme, je suis juste je n'arrive pas trop à déglutir je me dis non tout va bien vous concentrez
- Speaker #1
J'arrive pas à respirer, mais si vous dites que j'y arrive, c'est bon pour moi.
- Speaker #0
Toujours, je me revois, j'ai vraiment envie de déranger. Je suis là, peut-être parce que j'ai la tête trop en arrière. J'ai l'impression d'avoir la tête trop en... Non, non, votre tête, elle est là. Ah d'accord, ok. Du coup, je reste comme ça. J'entends mon conjoint qui s'englote. Donc là, je me dis, il y a un problème. Je fais, qu'est-ce qui se passe ? Il me dit, il est là, tu l'entends pas ? Je fais, comment ça, il est là ? Il est né, là. Je fais, mais il pleure pas, pourquoi il pleure pas ? Mais il pleure ? Je l'entends pas. J'entendais rien, en fait. Et du coup, la troue noire, apparemment, on me l'a mis à côté de moi. Je ne m'en souviens pas. Et je me souviens juste que je vois mon conjoint partir. Et quand il part, j'ai fait... Et la jean-coche la nécessite. Et j'ouvre grand la bouche et je lui dis, regardez, je ne peux pas respirer. Et là, il me dit, ah ouais, vous avez un œdème dans la gorge et dans les narines. Je lui dis, oui, non, mais... Il faut faire quelque chose, il ne faut pas que je meurs le jour où mon fils est né. Il y avait une partie de moi qui avait peur de mourir le jour de sa naissance, mais bon, tu es à l'hôpital, tu ne vas pas mourir. Ils sont équipés, donc l'adrénaline, tout ça, machin. Un peu embêtant parce que du coup, on ne peut pas trop me manipuler puisqu'on est en train de me recoudre, il faut régler ça au bloc. Donc il est né, il était minuit 11. On me l'a emmené après apparemment en salle de réveil, mais pareil, je ne m'en souviens pas, il y a une photo où je le porte et je dis... et je ne me souviens même pas que tu me l'as emmené vers 2h du matin. Et donc moi, je me souviens avoir vu mon fils à 8h. 8h après sa naissance. Et donc, eux, ils ont été un petit peu les petites coqueluches des services maternités. Le père de soleil avec son petit bébé, tout maigre en plus. Le bébé maigre.
- Speaker #1
Le bébé maigre. Il pesait combien alors ce bébé ?
- Speaker #0
Quand même, il pesait 2,2 kg. Oui, c'est maigre. Pour 37 semaines.
- Speaker #1
Mais c'est quand même 2,2 kg.
- Speaker #0
Il faisait quand même 2,2 kg. C'est déjà ça de pris. Et du coup, à 8h, on me l'emmène. Donc moi, j'étais en service réanimation. Donc à 8h, on me l'emmène parce que mon chéri, il n'arrêtait pas de dire... En fait, ma chérie, elle aimerait bien essayer d'allaiter. Enfin, je m'étais dit quand j'étais enceinte, je ne me mets pas la pression. Mais bon, si ça marche, ça marche. Si ça ne marche pas, tant pis, je vais essayer. Et donc, il n'arrêtait pas de dire à sa chambre, bien allaiter quand même. Ouais, mais donnez-lui un biberon, il a faim et tout. Ouais, d'accord, mais elle aimerait bien allaiter quand même et tout. Donc, ils ont fini par me l'emmener. Apparemment, ils ont fait des pieds et des mains parce que... Ouais, mais bon, ils ont emmené mon bébé. Et quand on me l'a emmenée, je pense que ça fait ça pour tout le monde. J'étais un peu gênée en mode, bonjour, je suis ta mère. Bonjour, t'es lui ? Coucou. Alors, le premier gars qui t'a porté, avec qui t'as fait du pot à pot pendant longtemps, c'est ton père. Je suis ta mère. Donc, en fait, quand on me l'a donnée, j'étais super gênée de tenir ce petit être tout petit là. Et la chance qu'on a eue, c'est que la mise au sein, elle a super bien marché. Je pense avec le stress, mon corps, il a produit énormément de colostrum. Je faisais ça en G, quoi. Et du coup, l'allaitement aussi s'est bien passé. Donc pareil, je disais, je vais allaiter un mois. Et puis après, bon, peut-être deux mois. Et puis au final, j'allaites toujours. Voilà l'Odyssée de Cameroun.
- Speaker #1
L'Odyssée de Cameroun. Mais, moi je sais du coup, mais là les autres ne le savent pas. Pourquoi tu n'arrivais plus à respirer ? Tu as fait une allergie, tu vois, tu nous l'as pas expliqué.
- Speaker #0
Mais tu sais quoi ? Pendant la crise, parce que je me souviens que j'étais comme ça, en train de ne pas respirer. Et j'entends, il faut qu'on lui fasse une pression. Bam, je passe ma main comme ça. Allez, faites, faites. Eh bien... mystère et boule de gomme parce que la piste première c'était quand j'étais en salle de travail je les voyais s'équiper et je me disais c'est des gants sans latex ? Pourquoi ? Parce que je suis allergique au latex ? Ah non ! Du coup ils seraient équipés et tout ça machin et la piste qui était creusée c'était que pour faire la césar on te pose une sonde urinaire en fait les sondes la plupart classiques elles sont en latex et moi elle est en latex la mienne mais figure-toi que dans les prises de son j'ai pas eu de réaction au marqueur de latex donc en fait on sait pas Mais j'ai fait un choc anaphylactique sur la table. Donc, on ne sait pas pourquoi. La théorie la plus mise en avant, c'est qu'avec le stress, tout ça, mon corps a stressé aussi et s'est retourné contre lui.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Truc de fou. Donc, je me suis dit, en fait, moi, je veux me tuer. D'accord, super. Donc, voilà, c'est la théorie qui est restée. Après qu'avant, on a eu d'autres aventures, mais ça... Plus de sujet.
- Speaker #1
Mais Cameron arrive et il tête comme un champion.
- Speaker #0
Trop bien. Il tête comme un champion.
- Speaker #1
Donc, on a dit, ne pas faire de choc anaphylactique pour un accouchement, ça, non. Par contre, faire des jets de colostrum, ça, c'est oui.
- Speaker #0
C'est l'être gros. On n'oublie pas que le bébé est maigre. Donc, il faut qu'il grossisse. Après, ça s'est super bien passé à la maternité. On est resté cinq jours. C'est le protocole quand tu fais une césarienne, de toute façon. Et dans les cinq jours, lui, il n'a pas trop perdu de son poids de naissance. On est sortis, il faisait 2,1 kg. Donc ça va. Après, tu es suivi. Mais non, franchement, la fin s'est bien passée. Et du coup, c'est une expérience. Ce n'est pas rigolo, mais je veux dire, quand j'y repense, je me dis, c'était vraiment une odyssée. Mais bon, maintenant, on est là. Et franchement, avant, quand on me disait, l'important, c'est que le bébé aille bien. Il y avait une part de moi qui disait, c'est vrai. Une autre qui disait, c'est un peu dégueulasse pour moi. Peu importe ce qui t'arrive, du moment que le bébé va bien. Et en fait, non, si c'est vrai, tu te dis après. le bébé il va bien c'est le principal et moi je vais bien aussi,
- Speaker #1
j'ai pas de séquelles c'était quand même une odyssée mais là maintenant vous êtes trois et donc je regarde jusqu'à quand tu nous racontes oui alors j'ai arrêté de respirer et puis tu parles d'autre chose ah oui c'est vrai que cette fois là où j'ai failli mourir quand j'ai arrêté de respirer c'est un instant parce que je me suis dit mon cerveau il s'est dit
- Speaker #0
Océane, tu peux pas mourir parce que tu n'arrives pas à respirer. En plus, t'es à l'hôpital. Tout va bien. Donc, en fait, je regardais l'anesthésiste. Donc,
- Speaker #1
t'as pas stressé plus, quoi.
- Speaker #0
Bah, en fait, c'était... un peu angoissant parce que je me dis...
- Speaker #1
Oui, c'est effectivement un petit peu angoissant d'arrêter de respirer. Je ne sais pas, ça ne m'est jamais arrivé, mais si je devais arrêter de respirer, je serais un petit peu angoissée. Oui,
- Speaker #0
si, quand même. Parce que je me disais aussi, je ne vais pas mourir le jour de l'anniversaire de mon fils. Non, c'est mort. Je ne vais pas mourir ce jour-là.
- Speaker #1
Il faut juste que je les notifie.
- Speaker #0
Même mon conjoint me dit en fait, notre fils, il est né Comment dire ? Comme c'était la galère jusqu'à 23h45, lui, il est à minuit 11 le lendemain. Il a dit, en fait, les jours d'avant, c'était pourri. Lui, notre fils, il a décidé de naître un nouveau jour avec une nouvelle énergie.
- Speaker #1
J'aime bien l'image.
- Speaker #0
Oui, non, non, c'était spécial. Surtout que lui, il attendait en poids-pots. Il était là, oui, maman, elle arrive. Pourquoi elle n'arrive pas ? C'était particulier. Mais bon, comme je voyais aussi que l'équipe médicale, elle n'était pas trop paniquée, j'essayais de m'ancrer à ça. Parce qu'il n'y a rien de pire quand tu fais un choc anaphylatique que la panique. Parce que déjà, tu as le cœur qui monte. Alors si tu paniques, j'essaie de m'ancrer. Je vais regarder le mec, je vais respirer, je me concentre. Là, vous allez me faire une prise de santé. Là, c'est de l'adrénaline, c'est pire. C'est le déni. Mon cerveau fonctionne beaucoup dans le déni. Puis un jour, ça va me tomber dessus. super fin mais le déni finalement finalement je n'ai qu'un seul conseil à vous donner restez dans le déni restez dans le déni puis ne vous inquiétez pas dans tous les cas en fait on croit toujours que je ne pourrais pas faire ci faire ça mais en fait le jour où ça va arriver si tu peux le faire tu te découvres des forces que tu dis mais non je fais ça et du coup pour la petite anecdote l'avantage de mon choc anaphylactique c'est que moi qui avais peur de la césarienne parce que j'étais mal à l'aise avec l'idée qu'on me tripouille les yeux réveillés je ne l'ai pas vu passer Merci.
- Speaker #1
Bah oui.
- Speaker #0
Sauf qu'il ne savait pas ce qu'il voulait. Je ne savais pas ce qui se passait.
- Speaker #1
En tout cas, merci beaucoup d'être venue me raconter l'Odyssée de Cameron. Et est-ce que tu peux lui laisser un petit message à Cameron ?
- Speaker #0
Oui, alors je vais essayer de ne pas pleurer. Déjà, je voulais te remercier de t'être accrochée malgré une grossesse où maman, elle était très anxieuse. Et du coup, je te demande pardon aussi d'avoir vécu dans cet environnement-là. Sache que déjà même avant ta conception, tu étais aimée. Et on te remercie d'être là, d'être le soleil qu'on avait besoin dans notre vie. Et puis voilà, je vais m'arrêter là parce que j'ai envie de pleurer. Et on essaiera d'être les meilleurs parents possibles pour toi pour pas que tu regrettes qu'on ait forcé le destin pour te faire venir ici. Voilà.
- Speaker #1
Trop beau. Et moi, j'ai une petite question.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu nous as dit que tu avais huit embryons. Donc maintenant, il en reste sept. Est-ce que vous avez pour projet d'agrandir plus tard la famille ?
- Speaker #0
Oui, alors si ça ne tenait qu'à mon chéri, il a dit, mais ça me fait mal au cœur, il faut tous les mettre.
- Speaker #1
Les sept ?
- Speaker #0
Comment ça, les sept ?
- Speaker #1
Les sept enfants.
- Speaker #0
Ça ne va pas la tête, en fait. Il m'a dit, oui, mais après, qu'est-ce qu'ils vont devenir ? Donc en fait, oui, on a projet d'agrandir. On aimerait bien, bon, de toute façon, pas tout de suite, mais essayer de le laisser venir tout seul, le prochain. S'il ne vient pas, on sait qu'on a les jumeaux de date. J'ai vu ça sur une vidéo d'une dame qui disait qu'elle avait des enfants de 19 mois d'écart. Mais en fait, c'est des jumeaux parce qu'ils ont été faits le même jour. Donc, j'aime bien cette idée. On les fera. Et si jamais ça fonctionne et que j'ai encore des embryons, je ne sais pas. Si il faudrait que je me renseigne, c'est possible. Et de voir si psychologiquement, ce n'est pas trop dur de faire bénéficier quelqu'un d'un don.
- Speaker #1
Ok. Ben écoute.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on va te recevoir pour un épisode 2. Alors,
- Speaker #0
pique ! En espérant que cette fois-ci, ce ne sera pas une odyssée.
- Speaker #1
C'est toujours une odyssée. Avec des choses différentes, oui. Mais c'est toujours une odyssée. En tout cas, merci beaucoup d'être venue nous raconter tout ça. Et on te fait des gros bisous. On fait des bisous à tout le monde. Bye bye.
- Speaker #2
Cet épisode vous a été présenté par BeBunk. BeBunk, le compte de paiement 100% local qui vous simplifie la vie en Nouvelle-Calédonie. mais aussi en Polynésie française et à Wallis et Futuna. Et si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager et à nous donner un maximum d'étoiles sur ta plateforme d'écoute. Je te souhaite une très belle journée et à très bientôt !