- Gerard Peccoux
Générique Bonjour à toutes et à tous, je suis Gerard Peccoux, cofondateur de Callimedia, une entreprise Générique pionnière dans le digital learning qui fait désormais partie de Bealink, un acteur majeur de l'innovation en formation professionnelle. Je vous souhaite la bienvenue sur Never Stop Learning, le podcast qui vous emmène au cœur des révolutions de l'apprentissage. Chaque épisode explore les contributions des spécialistes en andragogie, psychologie cognitive, neurosciences et technologies de pointe qui façonnent l'avenir de la formation. Never Stop Learning, c'est votre rendez-vous avec les leaders et les idées qui transforment l'apprentissage de demain. Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans Never Stop Learning, le podcast consacré à la formation, à la pédagogie, au digital learning et aux transformations qui font évoluer les manières d'apprendre dans les organisations. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Laurence Bonvy, responsable expérience utilisateur. innovation technologique et product manager du portail Académie chez France Travail. Avec Laurence, nous allons parler d'un projet à la fois stratégique, organisationnel, humain et technologique, la création de l'Académie France Travail. Ce projet s'inscrit dans un contexte de transformation important avec la création du réseau pour l'emploi, la nécessité de faire monter en compétence un réseau très large d'acteurs et l'ambition de construire une culture professionnelle commune. L'objectif de cet épisode est d'abord de comprendre pourquoi cette académie a été créée, au-delà de la simple modernisation d'une plateforme de formation. Nous verrons ensuite comment France Travail a choisi de passer d'une logique LMS à une logique de Learning Hub, c'est-à-dire d'un outil d'administration de la formation à un environnement pensé pour l'expérience apprenant. Nous aborderons ensuite les conditions très concrètes de réussite, ouvrir une plateforme en trois mois, faire des arbitrages, intégrer les utilisateurs dans la conception, penser l'offre de contenu à partir des besoins métiers, animer la plateforme dans la durée et mesurer l'engagement réel des apprenants. Enfin, nous essaierons de tirer des enseignements utiles pour toutes les organisations qui souhaitent créer ou transformer leur académie de formation. Comment éviter l'effet catalogue ? Comment faire venir, rester et revenir des apprenants ? Comment construire une expérience simple, accessible et personnalisée ? pour des travaux nombreux et hétérogènes. Laurence, bonjour.
- Laurence Bonzi
Bonjour Gérard.
- Gerard Peccoux
Alors Laurence, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter et nous expliquer ton rôle au sein de l'Académie France Travail où, en lisant ton trite, on peut penser que tu as presque plusieurs métiers ?
- Laurence Bonzi
Bonjour Gérard et merci d'abord de m'accueillir sur ce podcast. Je suis ravie de pouvoir échanger de tous ces sujets avec vous. Alors, je suis Laurence Brosi, en fait je viens de la formation, mais je crois que ce qui m'anime, ce qui m'intéresse depuis longtemps, c'est finalement pas tant la formation que ce qu'elle permet de rendre possible, la transformation qu'elle permet. Donc ces questions de donner envie d'apprendre, faire en sorte qu'une expérience d'apprentissage soit suffisamment sainte, utile, engageante, pour entrer réellement dans les pratiques, et bien je crois que c'est ce qui m'anime. Et c'est ce fil rouge qui m'a amenée à l'Académie France Travail et à travailler sur l'expérience utilisateur et les innovations technologiques qui sont au service de cette ambition. Voilà, je dirais que prendre possible ces expériences pour qu'elles donnent envie d'apprendre, que ça se traduise en évolution de pratique et in fine en impact, eh bien ça a été un petit peu le fil rouge de mon parcours et ce qui m'a amenée à l'expérience utilisateur de l'Académie.
- Gerard Peccoux
Merci pour cette présentation, Laurence. Alors, je vais démarrer par une première question. Qu'est-ce qui a déclenché la création de l'Académie France Travail, au-delà du simple besoin, finalement, de moderniser une plateforme de formation ?
- Laurence Bonzi
L'Académie France Travail, en fait, elle est née de la loi pour le plein emploi, qui a pour ambition d'installer le réseau pour l'emploi, pour favoriser l'accompagnement des chercheurs d'emploi et des entreprises. Donc, faire en sorte que tous les acteurs qui... à un moment ou à un autre, accompagnent ces publics-là, puissent mieux travailler ensemble, en complémentarité, sur tous les territoires. Quand on parle du réseau pour l'emploi, on va parler bien sûr de France Travail, mais pour ceux qui ne le connaissent pas, on parle aussi des missions locales, des acteurs de cap emploi, des travailleurs sociaux, des conseils départementaux, mais aussi des professionnels des structures d'insertion par l'activité économique ou tous les acteurs. acteurs et des associations qui œuvrent pour l'emploi sur les territoires. Donc cette loi pour le plein emploi, elle installe aussi l'Académie France Travail comme un bien commun à disposition de ce réseau pour faciliter sa création et le développement des compétences de tous. Mais au-delà de cette loi, l'enjeu c'est de se dire qu'on ne peut pas transformer les pratiques sans transformer notre manière d'apprendre. Avec la création du réseau pour l'emploi, nous avons changé d'échelle et surtout nous avons réuni autour d'une même ambition des acteurs qui n'avaient pas nécessairement les mêmes pratiques, les mêmes outils ou la même culture professionnelle. C'est donc un enjeu qui est beaucoup plus large que de remplacer une plateforme de formation. c'est donner un réseau de... près de 160 000 professionnels, un point d'entrée commun pour pouvoir développer ses compétences, partager des pratiques et mieux comprendre les expertises des uns et des autres, tout ça au service des demandeurs d'emploi et des entreprises. Donc c'est là que l'Académie finalement a pris tout son sens, pas forcément un outil de formation comme je le disais tout à l'heure, mais plutôt un outil de transformation pour progressivement mieux travailler ensemble. C'est pas forcément… Voilà. Faire que tous utilisent cette plateforme, mais faire que chacun utilise cette plateforme pour trouver ce dont il a besoin pour mieux travailler avec les autres.
- Gerard Peccoux
J'ai une deuxième question. Quel problème concret d'accès à la formation l'Académie devait-elle résoudre en priorité pour les collaborateurs de France Travail et les acteurs du réseau pour l'emploi ? Tu nous en as dit une, c'était visiblement de répondre à des publics très différents. Tu en as cité quelques-unes. Est-ce qu'il y avait d'autres problèmes concrets à résoudre ?
- Laurence Bonzi
Oui, je crois que le premier problème, c'était de répondre à une friction qui existait, c'est-à-dire que chacun de ces acteurs avait un accès à la formation très différent. La formation pouvait parfois être là, mais il était difficile de la trouver. Elle pouvait être parfois assez pauvre pour certaines structures, complexe à mobiliser pour d'autres, soit très spécifique, etc. Donc, le problème que nous avions à résoudre, c'était de faciliter l'accès de tous. à ses ressources communes et bien sûr de les mettre à disposition de la manière la plus fluide, la plus simple possible pour chacun. L'enjeu quand on veut s'adresser à des milliers de professionnels, c'est qu'ils puissent chercher les formations ou les actions de développement des compétences sans avoir à y passer une demi-journée, mais de pouvoir répondre tout de suite à son besoin. Donc en allant la chercher sur un lieu unique, partagé avec des actions. qui vont permettre de répondre à ces patients.
- Gerard Peccoux
D'accord. Tu as parlé de 160 000 professionnels. Ma prochaine question, c'est comment on fait pour créer une culture professionnelle commune à l'échelle d'un réseau aussi large et probablement très hétérogène ?
- Laurence Bonzi
C'est une bonne question, Gérard. Et c'est vrai que pour créer une culture professionnelle commune, en tout cas aussi large, c'est certainement pas en mettant tout le monde dans le même parcours. En tout cas, c'est ce qu'on s'est dit tout de suite. Donc la culture commune, elle se construit plutôt à petits pas. C'était notre conviction. Elle se construit aussi par les usages. Concrètement, nous avons commencé par permettre aux acteurs de mieux comprendre les métiers des uns et des autres, de mieux comprendre les offres de services, les expertises de chacun. Donc ça a été finalement notre première intention, permettre à chacun de mieux se connaître en proposant ces contenus-là. Une fois qu'on se connaît mieux, on va pouvoir commencer à partager des parcours communs sur des actions ou des publics que l'on doit accompagner ensemble. Dans ces parcours communs, on a pu bien sûr proposer des ressources en libre accès, mais aussi des parcours de formation rassemblant des personnes de différentes structures, proposer des camps d'échange pour favoriser finalement ces situations professionnelles. que l'on peut mener ensemble par l'expérience de chacun. C'est l'occasion vraiment pour les professionnels de se parler, de pouvoir envisager la manière dont concrètement on va pouvoir avancer ensemble sur le territoire. Dans ces contenus autour de la culture professionnelle commune, eh bien, petit pas, d'abord on se connaît, ensuite on travaille les uns et les autres dans nos spécificités et ensuite comment on travaille ensemble.
- Gerard Peccoux
Pourquoi avoir choisi de passer d'une logique de LMS à une logique LXP et de Learning Hub ?
- Laurence Bonzi
Pour nous, l'enjeu de ce passage d'un LMS à un Learning Hub ou LXP, c'était vraiment de pouvoir passer sur une logique de gestion ou administration de la formation, sur une logique de comment est-ce que je donne envie d'apprendre, donc quelle expérience je vais pouvoir proposer. Et pour nous, c'était une expérience ou en tout cas une différence de posture. assez fondamentale dans la manière d'adresser les contenus. Alors, le LMS, il est très efficace pour administrer un catalogue. D'ailleurs, on en a un et on en a besoin pour pouvoir gérer des contenus qui sont installés dans nos parcours. Mais si on veut vraiment créer une expérience apprenante qui donne envie, donc qui donne envie à nos collaborateurs, mais aussi aux autres qui découvrent l'académie. Il nous semblait important d'aller plus loin, pouvoir proposer des fonctionnalités vraiment qui permettent à chacun de découvrir, de rechercher, d'échanger, de recommander, d'être dans une expérience, on va dire, peut-être un petit peu proche des standards des plateformes de distribution de contenu, parce qu'on sait aujourd'hui que c'est aussi une manière de fonctionner de nos utilisateurs. C'est vrai que pour nous, ce choix, il était vraiment changé du tout au tout. et si je peux... prend une image, le LMS, il est toujours utile parce que c'est un petit peu la bibliothèque dans laquelle on a rangé tous nos livres. Mais quand on vient à la bibliothèque, on sait quels livres on va chercher, on va les chercher au bon endroit. Et en fait, quand on est acteur du réseau pour l'emploi, peut-être qu'on ne sait pas toujours ce qu'on cherche. Et puis, les rencontres, les besoins nous amènent à avoir pas forcément une recherche précise et le leur... Hub, on vient chercher quelque chose, mais on peut repartir avec plein d'autres éléments, découvrir autre chose, partager encore davantage, et c'est cette expérience qu'on voulait proposer.
- Gerard Peccoux
Finalement, le Learning Hub, pour l'utilisateur, il va l'aider à comprendre ce qui est utile pour lui, à quel moment, pour quel besoin, avec quelle progression, c'est ça ?
- Laurence Bonzi
La différence du coup du Learning Hub, elle réside surtout dans l'expérience qui vise l'engagement. Voilà un catalogue, donc un LMS bien organisé, il va permettre de trouver ce qu'on cherche. Le Learning Hub, il va permettre de trouver ce qu'on cherche, mais surtout, on espère donner envie de revenir, de chercher autre chose et d'en faire finalement un outil du quotidien. Et pour nous, derrière, on va avoir la personnalisation. Alors, tu en parlais, Gérard, en disant que ça va permettre peut-être de lui dire ce dont il a besoin. Oui, en fonction de ce qu'il a suivi ou de son activité, nous allons pouvoir lui proposer des contenus adaptés à son profil ou à ce qu'il a déjà réalisé. Forcément, pouvoir lui proposer des formats complémentaires. On peut, par exemple, avoir suivi un e-learning et se voir proposer des micro-learnings spécifiques en complément pour approfondir ou autre. et pouvoir... fonctionner et se baser sur les recommandations des autres utilisateurs, qu'ils soient de ma structure ou d'une autre. Et ça, c'est important pour notre réseau.
- Gerard Peccoux
Je crois savoir que toi et ton équipe, vous aviez trois mois pour ouvrir la plateforme. Est-ce que ce n'est pas un délai très court pour optimiser les conditions de réussite ? Et si c'était vraiment trois mois, qu'est-ce qui a rendu ce délai possible ?
- Laurence Bonzi
C'était trois mois, et peut-être pour le plein d'œil, trois mois entre... juillet et septembre. Ah oui,
- Gerard Peccoux
c'est pas vraiment trop beau.
- Laurence Bonzi
Une période d'été, donc effectivement, un délai très très court. Et oui, malgré tout, nous avons réussi. Mais nous avons réussi, en fait, parce que, peut-être d'ailleurs parce que les délais très courts, souvent, obligent à être extrêmement clairs sur, finalement, ce qu'on veut vraiment. Et donc, du coup, quels sont les choix, ou les éléments incontournables que nous allons mettre en place et que nous avons choisi de mettre en place. En fait, pour réussir, on n'a pas essayé de construire une plateforme parfaite en trois mois. On a essayé surtout de construire la bonne version, c'est-à-dire la version qui allait permettre à ce réseau de l'emploi de découvrir l'académie, de commencer à avoir envie d'y venir et à avoir envie qu'elle soit de plus en plus riche en termes de contenu, etc. Pour nous, ça a impliqué vraiment de prioriser, de renoncer parfois, mais de décider. de ce que nous allions mettre en place dans ces délais-là, mais aussi d'accepter que tout n'était pas possible dès le lancement. Donc, nous avons vraiment fonctionné en petits pas, c'est-à-dire une première version à l'ouverture. Quels étaient les éléments incontournables que nous voulions mettre en place ? Eh bien, on avait un premier enjeu, c'était que nos utilisateurs aient accès à cette plateforme. de façon sécurisée, donc des choses assez pragmatiques, nos systèmes d'authentification, d'identification des utilisateurs, quels données allaient être attachées à ces éléments, et quels étaient les contenus de base, et en tout cas les contenus minimums, que l'on voulait mettre à disposition de ce public-là à l'ouverture, sans forcément, à l'ouverture, aller sur une multitude de fonctionnalités. On les avait bien en tête, bien sûr, mais elles ont fait l'objet de lots ultérieurs. D'accord. Pour nous, c'était important, donc ces éléments de priorisation. Et puis une équipe resserrée, bien sûr, qui a permis… d'avancer avec nos utilisateurs. Et ça aussi, c'était un des enjeux en plus que nous souhaitions, que nous avions finalement dans notre cahier des charges pour ouvrir en trois mois. C'est ne pas ouvrir une plateforme qui nous semblait bonne pour le réseau de fourn'emploi, mais ouvrir avec une plateforme qui était co-construite, ou en tout cas construite avec le regard sur la base des besoins de nos utilisateurs.
- Gerard Peccoux
Alors justement, c'était ma question suivante, Laurence. Comment tu as intégré les utilisateurs dans la conception de la plateforme ? Parce que c'est souvent un vrai sujet pour les entreprises.
- Laurence Bonzi
C'était une manière de faire pour nous, en tout cas pour moi, qui n'était pas complètement nouvelle, mais en tout cas qui s'est vraiment matérialisée de façon très très forte sur ce projet et sur ces trois mois, et qui reste un de nos fondements. C'est-à-dire que notre logique user-centric, ce n'est pas uniquement de l'intention, c'est que ça a été de bout en bout. Donc, pour réussir l'ouverture, comme il nous fallait s'adresser à tous, mais répondre à chacun, il nous fallait quand même questionner un petit peu nos utilisateurs. On a fonctionné un petit peu en entonnoir. Donc, d'abord, nous avons organisé... Alors quand je dis nous, là pour le coup, l'ensemble des équipes académiques sur les territoires ont travaillé sur des labs ou des écoutes des utilisateurs, de quoi avaient-ils besoin en termes de contenu, etc. Et pour ce qui concerne la plateforme vraiment en elle-même, ça a été une première enquête, donc une vague de questionnaires sur les thématiques prioritaires que nos utilisateurs souhaitaient voir, y compris les premières grandes lignes d'architecture. qu'on a questionnées avec ces utilisateurs. Et sur la base de ces retours assez larges, de cette enquête assez large, eh bien, des prototypes gérés avec des groupes tests utilisateurs qui nous ont permis de valider ou d'invalider parfois des bonnes idées ou des bonnes propositions qu'on imaginait, mais qui, pour nos utilisateurs, n'étaient pas forcément adaptées à leurs besoins. Si on peut illustrer, on a vraiment fait une page maquette avec. des groupes test qui nous ont fait des retours en continu sur ça c'est clair, ça c'est pas clair, etc. Et ça ne s'arrête pas là, ça ne s'arrête pas à l'ouverture du portail. Nous avons un système qui nous permet de récupérer des retours en flux ou des campagnes de sollicitation sur les fonctionnalités ou ce qu'on propose, ce qui marche bien, ce qu'il faudrait développer. Et une autre plateforme au-delà des C'est parti. qui sont alimentés, qui s'enrichissent, y compris sur les fonctionnalités,
- Gerard Peccoux
s'enrichissent régulièrement. Merci Laurence pour cette réponse. Tu nous as parlé au cours de cet entretien d'une expérience simple pour les utilisateurs, qui est accessible et souvent personnalisée. Comment tu définis concrètement cette simplicité pour des publics, on l'a vu, qui sont aussi nombreux et aussi hétérogènes ?
- Laurence Bonzi
L'expérience simple, pour moi, elle est d'abord... dans comment est-ce qu'on réduit finalement le temps de recherche nécessaire à l'utilisateur pour accéder au bon contenu, à la bonne formation, à la bonne ressource. Donc ça, c'était vraiment un élément important. Et pour réduire ce temps, pour réduire cette friction, il y a plusieurs moyens, parce qu'on sait que l'ensemble de nos utilisateurs n'ont pas forcément les mêmes logiques, n'ont pas forcément les mêmes habitudes, les mêmes usages. c'est de penser la plateforme de manière à ce que chacun trouve, avec son mode de fonctionnement, l'expérience qui lui convient le mieux. Donc, ne pas organiser nos pages, ou en tout cas notre offre, selon une seule clé d'entrée, une seule architecture. Mais donc, nous avons une architecture avec des recherches qui ont été construites au plus proche des activités des professionnels du réseau. mais aussi, nous en parlions tout à l'heure, des suggestions personnalisées qui vont permettre d'enrichir l'expérience et du coup des propositions qui se font au fur et à mesure, soit sur les nouveautés, soit sur ce qui est proche de l'activité ou des contenus recherchés. C'est assez plébiscité par nos utilisateurs et on voit d'ailleurs dans notre analyse des usages qu'en fonction des publics, en fonction d'où l'on vient ou des usages que l'on a par rapport à l'offre de formation qui est proposée par sa propre structure, ou en tout cas qui était proposée par sa propre structure précédemment, eh bien on va avoir des modalités de recherche dominantes ou prédominantes avec ceux qui vont souvent rechercher par une arborescence, ceux qui vont toujours... presque recherchés par un mot-clé et ceux qui ne vont jamais rechercher, mais vont toujours aller taper dans les suggestions et les nouveautés. Avec ça, on propose une expérience qui, somme toute, est simple pour nos utilisateurs.
- Gerard Peccoux
On reviendra d'ailleurs sur l'analyse des usages. J'ai une question un peu plus tard là-dessus, mais je voudrais auparavant qu'on reparle catalogue. Tu nous as parlé de catalogue, mais je voulais savoir comment tu avais pensé l'offre de contenu pour qu'elle réponde vraiment aux besoins métiers des professionnels finalement de l'accompagnement ?
- Laurence Bonzi
Comment cette offre a été pensée ? Eh bien, elle a été pensée pour justement ne pas tomber dans le piège de reproduire notre... catalogue. D'accord. Voilà, France Travail, on a un catalogue assez riche. On aurait pu le mettre à disposition de tous comme ça. Et en fait, l'enjeu ici était de partir vraiment des compétences et des besoins, des besoins métiers et des besoins utilisateurs. Donc, on a une équipe qui est plutôt en charge de la stratégie de l'offre qui a travaillé avec les métiers, donc les métiers France Travail, mais les métiers des partenaires aussi pour identifier les besoins. On a forcément aussi regardé les données d'utilisation pour comprendre ce qui était réellement consulté, suivi, apprécié. Et c'est ce qui permet finalement de trouver une offre qui va répondre aux besoins de l'organisation, aux besoins des professionnels et aussi à ce qu'ils utilisent vraiment. C'est vraiment finalement une offre qui est dynamique, qui bouge pour répondre aux besoins. une offre Pertinente, c'est une offre qui est utilisée et qui répond à ces enjeux-là. Donc notre objectif, pour que cette offre soit vraiment pertinente, c'est qu'elle réponde aux besoins, métiers et des organisations, et ensuite qu'on la confronte à l'usage de nos utilisateurs. Donc leur satisfaction au sens large, c'est déjà un premier indicateur. La manière dont ils l'utilisent et finalement l'engagement aussi. Est-ce qu'ils vont au bout de ce parcours ? ça va être des éléments... qu'on nous regarde régulièrement pour adapter notre offre aux besoins.
- Gerard Peccoux
D'accord, merci Laurence pour cette réponse. J'ai un point que je rencontre beaucoup, y compris dans des très grandes entreprises, c'est comment on évite qu'une plateforme devienne un simple portail documentaire de plus. Alors tu nous as donné quelques pistes, mais je voudrais que tu puisses presque faire une synthèse pour répondre à cette question.
- Laurence Bonzi
C'est vrai que c'est un écueil qu'on souhaite vraiment éviter. Citer un catalogue avec beaucoup de contenu, mais qu'il ne soit pas utilisé, c'est vraiment ce qu'on ne souhaite pas. Pour nous, l'expérience et la plateforme, finalement, remplissent son objectif si les utilisateurs trouvent ce qu'ils viennent chercher et donc reviennent. Et finalement, c'est tous les mécanismes que nous travaillons sur le portail autour de l'engagement qui sont des leviers pour qu'on évite cet écueil de portails documentaires. Bien sûr, on a parlé de la recommandation, mais c'est l'occasion peut-être aussi... parler de toute l'action d'éditorialisation ou d'animation que nous avons autour de cette plateforme, puisque si c'est une plateforme qui a beaucoup de contenu, mais que ce contenu n'est pas vu, n'est pas connu, eh bien, on passe à côté. Donc, bien sûr, éditorialisation, animation et des fonctionnalités telles que les challenges, les badges, etc. Donc, tout ce qui va permettre de mobiliser l'engagement. et On en mesure vraiment très clairement les faits. Les faits de l'animation, par exemple, nous avons un groupe LinkedIn Académie France Travail qui publie de nombreux posts autour des nouveautés, des sujets, des témoignages d'utilisateurs par rapport à ce qu'ils ont pu trouver sur l'académie. Et on voit bien qu'à la suite de ces différents posts ou publications, on a une activité, un usage. plus important sur le portail et donc c'est un élément qui pour nous est important. Et peut-être sur le challenge par exemple, alors c'est vrai qu'on peut parler de gamification, ça peut paraître parfois un peu gadget mais très clairement sur une période d'été par exemple, on a lancé un challenge sur un sujet qui est partagé un petit peu par tous autour de l'IA et l'IA dans ses pratiques au quotidien. Ce challenge qui a fait l'objet aussi d'une éditorialisation, communication hebdomadaire, d'un portage à la maille des régions pour que les unes et les autres s'emparent du sujet. Ça nous a permis d'avoir vraiment une augmentation du taux d'engagement sur ce parcours. On a fait plus 56 points de taux d'engagement par rapport au même parcours qui était proposé en dehors de la logique challenge. Donc, bien sûr, on ne peut pas faire des challenges toute l'année et sur tous les sujets, mais du coup, c'est vraiment des fonctionnalités qui vont nous permettre de dynamiser, de booster l'engagement de nos apprenants et du coup, d'éviter peut-être un portail documentaire lambda.
- Gerard Peccoux
Je crois que tu utilises ou tu as utilisé la formule venir, rester, revenir. Comment on transforme cette intention en fonctionnalité, en animation et en habitude d'apprentissage ?
- Laurence Bonzi
C'est ce qui résume un petit peu, en tout cas dans cette expression, c'est ce qui résume notre stratégie autour de l'engagement. Revenir, c'est l'acquisition. Notre public cible, c'est 160 000 professionnels, mais l'identification de tous ces professionnels, elle est parfois un petit peu floue, donc il faut que chacun connaisse le portail. Donc là-dessus, on va avoir nos actions de promotion pour que les professionnels connaissent la plateforme et puissent une première fois y venir pour comprendre ce qu'elle peut leur apporter. Rester, ça va être l'expérience que vit notre utilisateur lorsqu'il se connecte pour la première fois sur le portail. Qu'est-ce qu'il y trouve ? Il faut qu'il trouve rapidement quelque chose de pertinent pour qu'il ait envie d'aller plus loin. Et le aller plus loin, c'est revenir. Donc, c'est presque créer l'habitude pour qu'il revienne et qu'il apprenne. Pour ça, il faut qu'il se passe régulièrement quelque chose, qu'il y ait des nouveaux contenus, qu'il y ait des recommandations. peut-être des challenges ou des événements. C'est bien là que l'éditorialisation et l'animation finalement deviennent essentielles. Pour moi, le portail, c'est en première intention une vitrine, mais c'est surtout après ce qu'on fait de cette vitrine, comment on la fait vivre. Et finalement, il faut l'animer. Elle est conçue comme un produit, mais elle est animée finalement presque comme un média.
- Gerard Peccoux
J'ai encore deux questions qui, je sais, vont intéresser un grand nombre. de nos auditeurs et auditrices. Le premier, c'est sur les indicateurs. Quels sont les indicateurs que tu regardes en priorité pour savoir si l'Académie fonctionne vraiment et que te disent-ils aujourd'hui sur l'engagement réel des apprenants ? Alors, tu nous en as donné un ou deux, mais est-ce que tu en as d'autres ?
- Laurence Bonzi
On regarde un nombre important d'indicateurs, bien sûr, mais finalement, ce que l'on va retenir, ça va être les indicateurs d'activité, de récurrence. de complétion, de satisfaction, de recommandation pour mesurer justement cet usage. Aujourd'hui, on a plus de 86 000 utilisateurs inscrits et une progression assez régulière des utilisateurs actifs mensuels. Parce qu'en fait, le nombre d'inscrits, c'est une chose, mais ce qui nous importe, c'est combien utilise le portail régulièrement. On a 42 % de nos utilisateurs. qui sont des utilisateurs vraiment très, très réguliers. Par contre, on en a 72 % qui, dans les 30 jours ou 90 jours, reviennent au moins une fois sur le portail. Donc, c'est des indicateurs que l'on suit, que l'on veut vraiment continuer à voir s'améliorer. Parce que s'ils reviennent, ça veut dire qu'ils ont trouvé quelque chose qui les intéressait. Ça va être finalement ces éléments-là qui sont importants, parce que bien sûr, on a la satisfaction. Aujourd'hui, on a plus de 86 %. de satisfaction sur les contenus par exemple ? C'est important parce qu'on a l'expérience que l'on propose, est-ce que c'est simple, est-ce que c'est fluide, mais après est-ce que les contenus ont de l'intérêt ? Et ce qui nous anime aujourd'hui davantage puisque la plateforme a presque deux ans, c'est qu'au-delà de ces indicateurs que l'on suit, donc on voit qu'on a de plus en plus d'utilisateurs et que ces utilisateurs reviennent, eh bien c'est d'aller mesurer l'influence impact des formations qu'ils ont suivies sur leur activité. Et ça, c'est un vrai challenge que nous avons aujourd'hui, au-delà de la satisfaction à l'issue du contenu, c'est qu'est-ce que ça change dans mes pratiques concrètement ? Et ça, c'est-à-dire notre enjeu actuel numéro un, au-delà même de ces indicateurs un petit peu plus classiques.
- Gerard Peccoux
C'est effectivement un très beau sujet et un sujet qu'on retrouve dans énormément d'experts que j'ai interrogés avant toi et qui sont à la tête de départements e-learning. Donc, très, très vaste sujet.
- Laurence Bonzi
Oui, toujours important, effectivement.
- Gerard Peccoux
J'ai une dernière question qui intéressera également les auditeurs et auditrices qui nous écoutent. Avec le recul, quelle leçon principale tu partagerais avec une organisation qui veut créer ou transformer son académie de formation ?
- Laurence Bonzi
Il y a deux volets pour moi sur les enseignements finalement que l'on peut tirer de cette expérience et de ces plusieurs mois de fonctionnement. Alors bien sûr, ça paraît un peu bateau, mais ne pas commencer par l'outil, par ma plateforme.
- Gerard Peccoux
Je trouve que ce n'est pas bateau.
- Laurence Bonzi
Mais de commencer plutôt par quel problème on veut résoudre. On l'a dit tout à l'heure, notre problème, c'était de permettre à des acteurs qui avaient des accès dispersés à la formation trouver des contenus de formation pertinents dans un même lieu et de pouvoir y accéder facilement. C'était ça finalement un petit peu notre clé d'entrée. Donc, quel est le problème qu'on veut résoudre avec cette plateforme ? Et c'est ce qui permet finalement de fonctionner. L'apprentissage que moi je peux partager sur ce projet, c'est que finalement, quand on lance une académie, ça pourrait être tentant de parler tout de suite de solutions, de technologies, de contenus. Mais en fait, qu'est-ce que nous voulons changer ? À quoi nous voulons répondre ? Et finalement, la technologie va être au service de la réponse à ce besoin. Et le LXP que nous avons choisi pour ouvrir cette académie, c'était celui qui nous permettait de répondre à ces besoins-là. Un accès de personnes d'horizons très différents, avec des données personnelles très différentes, sécurisées, etc. Pour moi, c'est le premier renseignement. Ne pas commencer par... l'outil ou la technologie, mais commencer par ce à quoi on veut répondre. Et puis, peut-être le deuxième, c'est d'accepter de se lancer, peut-être pas imparfaitement, mais en tout cas par étapes. C'est-à-dire que souvent, et en tout cas on avait cette ambition-là initialement quand on a commencé à réfléchir au projet, une ambition énorme. Plein de choses à faire. Eh bien, si on veut répondre à tout tout de suite, on n'y arrive pas. c'est un petit peu comme euh en course à pied, quand on dit que sur un 100 km, il faut y aller par petits morceaux, sinon le « monstre » est trop grand. Donc plutôt accepter d'y aller progressivement, par petits pas. Un pas nous permet de consolider et de nous appuyer sur la réussite pour le suivant. Donc c'est peut-être le deuxième enseignement, parce qu'en fait, avec un portail comme celui-ci, et en tout cas des usagers aussi différents, Donc, nos utilisateurs nous disent aussi ce qui va être prioritaire pour eux. Et ce n'est pas forcément ce qui était toujours initialement dans notre prévisionnel que l'on avait embarqué en premier. Donc, voilà, pouvoir se lancer petit. Et puis, en fait, une académie, elle n'est jamais terminée. En tout cas, c'est ce que je pense si on est dans cette logique d'écoute de nos utilisateurs. Avec tout ce qui arrive, il faut sans arrêt questionner. à la fois notre offre, à la fois nos fonctionnalités. Donc, c'est vraiment un écosystème qu'on fait vivre au quotidien. Donc, c'est peut-être aussi un peu le sens de Never Stop Learning, y compris sur une plateforme d'académie. Eh bien, on a toujours des utilisateurs et on sait que c'est un écosystème qu'on va continuer à alimenter pour qu'il fonctionne et qu'il s'adapte.
- Gerard Peccoux
Un très grand merci, Laurence, pour cet échange très riche et de nous avoir partagé ce... que tu as su monter, qui, on l'a vu au cours de cet épisode, n'était vraiment pas simple. Merci pour tous les inputs que tu nous as donnés. Je voulais remercier également les auditeurs et auditrices de Never Stop Learning pour leur écoute et leur fidélité. Et puis, je vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode de Never Stop Learning. D'ici là, continuez à apprendre, à expérimenter, à faire vivre cette conviction qui nous réunit. Never Stop Learning. Un très grand merci, Laurence.
- Laurence Bonzi
Merci, Gérard.
- Gerard Peccoux
Merci de nous avoir accompagnés pour cet épisode de Never Stop Learning. Si cet échange vous a apporté de la valeur, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à laisser une note 5 étoiles accompagnée d'un commentaire. Vos retours sont essentiels pour continuer à vous offrir des contenus de qualité. Je suis Gerard Peccoux. Et si vous recherchez des solutions innovantes pour transformer vos projets de formation, rendez-vous sur Callimedia ou bealink.com. Nos équipes se feront un plaisir de vous accompagner dans vos projets. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de Never Stop Learning, votre rendez-vous pour explorer, innover et ne jamais cesser d'apprendre. A très vite !