- Gerard Peccoux
Bonjour à toutes et à tous, je suis Gérard Peccoux, cofondateur de Callimedia, une entreprise pionnière dans le digital learning qui fait partie de Syfadis, un acteur majeur de l'innovation en formation professionnelle. Je vous souhaite la bienvenue sur Neverstop. Never Stop Learning, le podcast qui vous emmène au cœur des révolutions de l'apprentissage. Chaque épisode explore les contributions des spécialistes en andragogie, psychologie cognitive, neurosciences et technologies de pointe qui façonnent l'avenir de la formation. Never Stop Learning, c'est votre rendez-vous avec les leaders et les idées qui transforment l'apprentissage de demain. Bonjour et bienvenue pour ce nouvel épisode de Never Stop Learning. Aujourd'hui, nous allons aborder un sujet incontournable pour toute organisation soucieuse d'améliorer l'impact de ses formations, les plateformes digitales. LMS, LXEP, LCMS, TMS, tous ces acronymes rythment votre quotidien, mais savez-vous vraiment ce qui les distingue et comment tirer le meilleur parti de chacune ? Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Morgan Naud, cofondateur de Beelink et véritable référent à la matière. avec Morgan. nous allons démystifier ces outils, comprendre leurs spécificités et leurs complémentarités, mais aussi explorer leur évolution future, notamment avec l'apport de l'intelligence artificielle. Préparez-vous à découvrir pourquoi l'avenir des plateformes pourrait bien être celui d'une expérience d'apprentissage totalement intégrée à votre quotidien professionnel. Morgane, avant de rentrer dans le cœur de cet épisode, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi et sur ton parcours professionnel ?
- Morgan Naud
Bonjour à tous, merci Gérard pour l'invitation, j'ai l'avis de participer à ce podcast. Pour me présenter en quelques mots, je m'appelle Morgane Naud, j'ai 39 ans, heureux papa d'une petite fille et d'un petit garçon, et cofondateur de Bealink depuis 2019. J'ai un parcours assez orienté sur la technicité et l'informatique, puisque je suis cursus ingénieur informatique. J'ai fait pas mal d'années dans une entreprise du secteur qui s'appelle Cross-Noveg, en tant que directeur technique, quasiment dix ans. Et c'est à la suite de cette expérience que finalement j'ai vu un petit peu les plateformes évoluer, les technologies évoluer et la nécessité de créer, on va dire, un nouvel acteur comme Glynk.
- Gerard Peccoux
Merci Morgan pour cette présentation. Alors je suis assez impatient d'aborder toutes ces questions avec toi pour que ces acronymes n'aient vraiment plus de secret pour nos auditeurs. On va essayer de comprendre les plateformes et puis enchaîner avec une première question. Qu'est-ce que finalement un LMS exactement et pourquoi est-il incontournable aujourd'hui en entreprise ?
- Morgan Naud
Effectivement, ça vaut le coup de faire toujours un petit peu de pédagogie parce qu'il y a beaucoup d'acronymes dans notre industrie et avec des périmètres qui ne sont pas toujours clairs. Donc, je vais en tout cas essayer d'apporter mon regard là-dessus. LMS ou Learning Management System, c'est un système qui a été créé dans les années 2000, finalement un petit peu en même temps que l'essor du e-commerce et finalement toute la partie Internet, et donc qui a été créé pour diffuser des contenus digitaux, des contenus de digital learning ou e-learning, donc de permettre une diffusion massive et puis surtout la capacité finalement pour une organisation de faire on va dire du reporting. sur des contenus de formation. Donc, à la base, Learning Management System, c'est vraiment la gestion de la formation en entreprise. C'est un outil qui a été conçu vraiment pour des départements L&D ou RH, pour arriver à cette fin, c'est-à-dire mutualiser et diffuser, on va dire, du savoir de manière homogène, faire des inscriptions, monitorer, pourquoi pas, des contenus obligatoires. Il y a beaucoup de contenus qui sont obligatoires suivant les instants. les industries, et être en capacité de faire du reporting. Donc c'est comme ça en fait que finalement l'e-learning aussi s'est démocratisé avec une partie contenue, comme celui que propose Calimedia aujourd'hui, et contenant des plateformes de type LMS.
- Gerard Peccoux
Par rapport à un LMS, à quoi correspond finalement, on va parler d'un autre acronyme, l'acronyme LCMS ? Quelle est la différence majeure avec un LMS ?
- Morgan Naud
Du coup LCMS c'est Learning Content Management System, donc en fait c'est vraiment le C qui est important, et ça va être une autre appellation dans notre jargon, on appelle ça aussi des outils auteurs, donc c'est tout ce qui va permettre finalement à un responsable pédagogique, à un formateur. de venir créer du contenu, ce qu'on appelle Learning Content Management. C'est aussi qu'il y a toute la gestion finalement des médias, des images, des vidéos, ce qu'on appelle du versionning de contenu, toute la partie gestion du multilinguisme. Donc ça, c'est d'autres types d'outils. Je pense à des Articulate, des Lucidate, des choses comme ça, qui vont permettre finalement à une entreprise de créer du contenu. Et finalement, le format de sortie, la plupart du temps, c'est les fameux SCORM, ICC, qui est déprécié, des nouveaux formats comme XAPI. Donc en fait, ça va vraiment deux paires. Aujourd'hui, la majorité des clients qu'on a grand compte, on va dire qu'ils ont à minima ces deux briques-là, un LMS pour faire des inscriptions, diffuser des contenus, et finalement un LCMS pour créer du contenu.
- Gerard Peccoux
Un LMS peut être... finalement est utilisé avec un outil auteur ou en complément avec un outil auteur qui peut ne pas être un LCMS.
- Morgan Naud
Du coup, effectivement, il y a aussi des outils qui se sont créés, un peu de micro-learning, de rapid-learning, dans lequel aussi je mets des acteurs sur le marché comme BDs, Teach&Mars, ce type d'entreprise. Tout comme il y a une évolution sur la partie des plateformes, il y a aussi finalement une évolution dans la manière de concevoir du contenu avec ces LCMS, outils de rapid learning, authoring tools, parce que finalement le contenu il peut prendre plein de formes différentes. Ça peut être un contenu e-learning, mais ça peut être aussi pourquoi pas des questionnaires, tout ce qui va être quiz, ça peut être des modules très courts, gamifiés. Et c'est ça aussi un petit peu la difficulté de notre marché, c'est que finalement il y a des entreprises qui se créent. sur des besoins très précis, avec des propositions de valeur qui sont très précises. Et finalement, aujourd'hui, un grand groupe, s'il veut être un petit peu exhaustif, il va se retrouver avec plein d'outils, différents types de LCMS, quelquefois suivant des figales, suivant des géographies, des outils de rapid learning. Je mettrai aussi les outils de verre, tout ce qui est réalité virtuelle, mise en situation, dans lequel on va mettre... des acteurs comme UpTale, comme Reality Academy en France, qui produisent aussi du contenu. En fait, le contenu derrière, il peut y avoir plein de formats, et suivant les formats, il va aussi y avoir des outils qui sont un petit peu différents. On voit aussi qu'il y a toute la partie émergence de l'intelligence artificielle aussi, qui va encore sans doute bouleverser un petit peu toute cette gamme d'outils. Aujourd'hui, j'assimile un petit peu l'entreprise ou le L&D à quelqu'un qui aurait une sorte de boîte à outils, de mallette, avec j'ai ma clé de 10, j'ai mon équerre, j'ai ma scie, et suivant finalement l'architecture pédagogique qu'on va vouloir faire, on va choisir le ou les bons outils pour concevoir sa pédagogie et essayer de... d'importer ça. Et là, c'est là aussi, on va avoir toute la difficulté, mais quand on dit importer finalement ces contenus dans un LMS.
- Gerard Peccoux
C'est très, très clair. Tu peux nous dire quels sont finalement pour toi les principaux critères de choix d'un LMS dans une entreprise ?
- Morgan Naud
C'est une question qu'on me pose souvent.
- Gerard Peccoux
J'imagine.
- Morgan Naud
Je fais souvent aussi la même réponse assez honnête. C'est-à-dire que finalement, au sein des différents LMS, Quelque part, il faut bien comprendre la philosophie et le positionnement des différents outils. C'est-à-dire qu'il y a plein d'acteurs au site de LMS. Je crois que dans le monde, il y en a 300, pour te donner une échelle, et puis pour avoir un petit peu la variété des plateformes. Mais finalement, chaque LMS a son propre ADN, sa propre philosophie, sa propre vision. Par exemple, nous, on a plutôt des outils qui sont très intégrés, très intégrables. avec des capacités, on va voir, d'intégrer dans les outils du quotidien, etc. Si je prends d'autres acteurs comme 360 Learning, par exemple, il y a une philosophie autour de la co-conception, de la co-création de contenus de formation, intégrée finalement dans l'outil de diffusion, donc tout ce qui va être collaborative learning. Et je dirais que c'est avant tout ça qu'il faut déjà bien saisir, c'est-à-dire qu'il faut saisir la vision. et l'essence même et le positionnement du LMS. Qu'est-ce qui le différencie finalement des autres LMS ? C'est le premier point. Le deuxième point, je dirais que... Derrière, il faut effectivement que l'entreprise choisisse par rapport à la vision et au positionnement et qu'elle partage cette vision avec la vision qu'elle a du learning dans son entreprise. Chaque entreprise a une culture différente, a une maturité différente vis-à-vis de ces sujets-là et de se dire c'est quoi la vision du learning dans notre entreprise, est-ce qu'on veut faire du skill-based, est-ce qu'on veut plus aller vers du social ? et du coup de choisir l'outil en fonction de la vision. Ça c'est le premier point. Le deuxième point qui en découle, c'est finalement l'adéquation à la roadmap, de ne pas forcément choisir un éditeur pour, on va dire, une liste de fonctionnalités à un instant T. Ça c'est aussi une sorte d'erreur que j'ai l'habitude de voir. Les entreprises font des appels d'offres, ils émettent en fait des listes de fonctionnalités avec des pondérations. Et puis après, ils font une sorte de ratio entre le prix, la couverture fonctionnelle et quelque part, je vais dire aussi le fit avec l'éditeur. Ça, c'est aussi important puisque il faut vraiment voir l'éditeur comme un partenaire qui va co-créer finalement la solution avec. Et donc finalement aussi, ne pas forcément s'arrêter à une liste de fonctionnalités, plutôt regarder les roadmaps et de se dire, finalement, est-ce que la roadmap de l'éditeur, parce que je m'engage, dans une relation un peu long-termiste. Si tu veux avoir finalement un retour sur investissement du déploiement de ton EMS, tu vas vouloir à minima t'engager généralement trois ans. Sinon, tu n'as pas de retour sur investissement sur tes coûts de setup. Donc, être en adéquation avec la roadmap et la vision. Et je dirais que le troisième point qui me paraît assez essentiel dans le choix du système, ça va peut-être paraître aussi assez bête, mais le tester. Si vous avez un éditeur en face sur vous. Finalement, vous voyez que c'est difficile d'avoir un accès, que l'éditeur vous propose des formations pour prendre en main un outil. Si vous voyez qu'il y a de la friction, ça peut déjà vous mettre des indicateurs ou une puce à l'oreille, et vous dire que finalement, ça n'a pas l'air si facile que ça à utiliser, est-ce que mes équipes vont y arriver, et puis qu'est-ce qui fait que l'éditeur... que ce soit complexe d'avoir des accès. Et donc déjà, on peut se dire que la plupart du temps, il y a un loup là-dedans. C'est un petit peu comme l'histoire des références clients. Je pense que personne n'est dupe aujourd'hui. Ou finalement, vous pouvez vous dire que si un éditeur vous donne des références clients, c'est qu'il a au préalable briefé les références et que ce qu'il vous donne, il est sûr et certain qu'ils vont avoir un discours. on va dire assez polissé par rapport à l'outil. Je conseille de faire l'inverse et de dire, quelles sont vos références clients ? Ok, moi, est-ce que je pourrais échanger avec un tel,
- Gerard Peccoux
Telle ou telle personne.
- Morgan Naud
Voilà. Et là, ça change aussi un petit peu le prisme.
- Gerard Peccoux
Alors, on va découvrir maintenant avec ton aide les plateformes LXEP, qui est la spécificité de Billing. Tu vas nous en parler. Qu'est-ce qui a fait émerger les LXEP ces dernières années ? Et c'est quoi une LXEP ?
- Morgan Naud
Ça, c'est aussi une bonne question qu'on me pose assez souvent. Je dirais que le LXP, c'est un changement de client, déjà, avant tout. Je m'explique. C'est que là où j'expliquais que finalement, les Learning Management Systems, ils ont été avant tout créés pour des profils RH, pour administrer la formation, gérer un catalogue, importer des contenus, etc. En fait, il y a eu l'évolution naturelle qui a fait que, quelque part, finalement, les RH, il fallait aussi qu'ils vendent. en interne aux utilisateurs finaux, que sont les apprenants dans les entreprises, l'outil. Et là, on voit que finalement, les intérêts et les objectifs d'un RH ne sont pas les mêmes que les intérêts et les objectifs d'un apprenant.
- Gerard Peccoux
C'est clair.
- Morgan Naud
Et là, nécessiter finalement de repenser aussi un petit peu, tu vois, l'expérience utilisateur à l'orée d'un nouveau type de client qui est l'apprenant. Ça c'est déjà le gros changement qu'a induit l'ElixP. Donc l'ElixP ils sont sortis pour moi je dirais aux alentours des années 2016, quelque chose comme ça. Principalement Outre-Atlantique, les premiers on va dire ElixP vraiment du marché, ça a été des acteurs comme D-Grid ou Edcast qui a été racheté par Cornerstone par la suite. C'est un peu comme ça aussi qu'on a créé Beelink avec ce positionnement là. Puisqu'en fait, on... On a vu l'émergence de ces technologies outre-Atlantique. On s'est dit, en fait, de faire évoluer un LMS. pour prendre en compte ces enjeux de l'apprenant et pour prendre un certain nombre d'autres points que sont un LXP. Je rappelle, LXP, c'est Learning Experience Platform, mais il ne faut pas restreindre la définition à expérience. Ça, c'est aussi une erreur que je vois assez souvent faite. C'est que des clients se disent, à partir du moment où il y a une expérience utilisateur un peu plus sympa, tu vois qu'il reprend les codes du B2C, genre Netflix, Amazon. qui a un peu de recommandations, on va appeler ça un LXP. Ben oui, mais pas que. Pas que parce qu'effectivement, il y a une philosophie de se dire, le client, c'est l'utilisateur final, donc je vais lui donner les outils pour être maître de son développement. Et là déjà, tu vois que c'est un petit peu le truc différent. C'est là où finalement, une offre de formation dans un LMS construite par DRH, poussé par des RH à des apprenants. Là, l'apprenant, il va avoir la capacité, finalement, de créer ses propres playlists, d'ajouter du contenu dans la plateforme et de venir l'enrichir, de partager avec ses pairs. Les managers, ils vont pouvoir inscrire directement des apprenants à des parcours de formation qu'ils auraient créés. Et tu vois qu'en fait, là, on redonne un petit peu le pouvoir et la main. à l'utilisateur final. Dire, crée ton expérience de learning. Et je complète juste par deux autres points. Du coup, les LXP, ils ont été créés avec cette volonté, finalement, d'avoir des systèmes qui étaient très intégrables. Donc, se dire, le LXP aussi, sa fonction, c'est de venir se connecter à tout un tas d'applications, des LMS, des TMS, des LCMS, on va dire tout un écosystème learning. et de rationaliser tout ça dans une expérience utilisateur. Donc ça, c'est le deuxième point. Le troisième point, c'est toute la partie compétence. Aujourd'hui, là où les LMS ont plus été créés historiquement, et c'est logique, pour suivre un temps passé, une complétion, on va dire, les données de reporting à une SCORM, le LXP s'est dit qu'il faut aller plus loin. La formation est vraiment multimodale, elle peut être sur le terrain. Et finalement, comment on intègre de nouvelles métriques de suivi de l'efficacité de la formation ? Et là, on va rentrer dans toutes ces logiques de compétences, de skill-based organization. Si je résume, trois points fondamentaux pour moi dans la définition d'un LXP. L'expérience utilisateur, mais dans le sens où les fonctionnalités sont tournées autour de la... démocratisation de l'usage pour l'utilisateur, la partie skill et la partie intégration.
- Gerard Peccoux
On va en voir un autre, acronyme, c'est les LRS. Tu vas nous expliquer ce que c'est et pourquoi on en parle un tout petit peu plus aujourd'hui. Et j'avais une question, est-ce que c'est dû finalement à une norme que tu as évoquée tout à l'heure, qui est la norme XAPI, dont on parle depuis très longtemps et que on a... pas beaucoup vues, en tous les cas pour moi. J'aimerais avoir ton avis sur ces deux points, LRS et XAPI.
- Morgan Naud
Alors, du coup, je vais commencer par xAPI. En fait, cette norme-là, elle a été créée pour dire, finalement, une expérience d'apprentissage, ça peut être plus large qu'un seul contenu de formation. Et là où, finalement, on avait toujours des normes, si je prends XSC ou SCORM, qui étaient des normes de communication entre un contenu et une plateforme. entre le contenu et le contenant. En fait, on s'est dit, l'apprentissage, ce n'est pas que ça. Ça peut être une mise en situation, ça peut être une évaluation sur le terrain, ça peut être, pourquoi pas, une expérience, on l'avait dit avant, en VR. Et en fait, une expérience de formation est beaucoup plus riche que juste un contenu. Et donc, il y a une nécessité, quelque part, de faire évoluer la norme aussi. Pour dire, bah... Il y a une nécessité d'aller traquer l'ensemble des expériences d'apprentissage. Et ces expériences d'apprentissage, elles peuvent se faire en dehors du contenu et en dehors d'un LMS. Et donc là, on avait besoin d'une norme qui permettrait à n'importe quel type de système, même quelque part, tu vois, un CRM. Je suis commercial, je travaille à longueur de journée dans un CRM. Imaginons qu'il y ait un peu de formation de poussée dans la plateforme. Et bien en fait, il faudrait que cette action d'apprentissage, pourtant effectuée en dehors... dans lms et sur un contenu qui n'est pas un contenu traditionnel soit monitorée traqué et donc en fait c'est vraiment cette norme là elle a été créée pour avoir la capacité d'aller agréger toutes les modalités d'apprentissage finalement dans un vocabulaire qui est commun qui est celui de la norme x ap pourquoi elle n'a pas beaucoup pris sur le marché c'est aussi ça une bonne question oui parce que Finalement, on voit que la vocation est noble. D'ailleurs, c'est les mêmes gens et les mêmes collectifs des gens qui ont créé SCORM, ce qu'on appelle l'ADL, aux Etats-Unis, qui est une entité gouvernementale avec plusieurs industriels aussi dedans. Ces gens-là qui avaient créé SCORM, c'est eux-mêmes qu'ont créé XAPI. Et pourquoi finalement ça ne prend pas trop ? Parce qu'il y a eu aussi... je dirais une non volonté des éditeurs de LMS d'implémenter cette norme.
- Gerard Peccoux
D'accord.
- Morgan Naud
De manière très logique pour faire de la rétention des utilisateurs et on va dire cadenasser un petit peu la relation client. Pourquoi ? Parce que finalement, comment ça marche le renouvellement avec un éditeur ? C'est, je vais choisir un outil et puis quelque part on va monitorer l'usage. Est-ce que les gens ils utilisent, est-ce qu'ils n'utilisent pas, etc. Et là, on est en train de se dire... que finalement, il y a des expériences d'apprentissage qui peuvent être jouées dans d'autres outils, qui peuvent être traquées, etc. Mais le tuteur de LMS, logiquement, il n'a pas intérêt à faire en sorte que le client, finalement, il utilise d'autres systèmes et que quelque part, il fasse plus d'heures de formation dans d'autres systèmes que dans son propre système. Ça viendrait confronter sa légitimité. Là où le propos est noble de créer cette norme, parce qu'on n'apprend plus comme on apprenait en l'an 2000, il faut que derrière, tout le monde joue le jeu. Et donc que les LCMS implémentent cette norme, majoritairement les LCMS l'ont plutôt fait, mais aujourd'hui ça coince au niveau des LMS, et c'est pour ça aussi que les LXP implémentent aussi cette norme, et les LRS.
- Gerard Peccoux
C'est ce que j'allais te dire, finalement, tout ça, ça a été au bénéfice des LXP, finalement.
- Morgan Naud
C'est aussi de se dire que finalement, comme dans son propos, l'LXP se dit qu'il va cohabiter avec d'autres systèmes, c'est là aussi où, quelque part, on a une liberté de la parole.
- Gerard Peccoux
C'est ça.
- Morgan Naud
Quand on travaille avec Bealink, ce n'est pas parce qu'on travaille avec Beelink qu'on ne peut pas évoquer Docebo, Cornerstone, 360 Learning, etc. avec les avantages et les inconvénients de chacun. Et parce que nous, on est très... très logique par rapport à notre positionnement de se dire que le client a plusieurs systèmes, il faut faire cohabiter tout ça, voire même il a pourquoi pas des plateformes de coaching, type CoachUp, des choses comme avant, comme MoveOne, etc. Et que tout ça, finalement, il faut que ça communique, que les actions soient tracées, que ça soit intégré pour l'utilisateur, et d'où finalement... l'implémentation de la norme XAPI pour les IDXP qui devient logique par rapport au positionnement de ces plateformes. Petit aparté aussi sur la partie LRS, LRS c'est le Learning Record Store, c'est une sorte de base de données qui va permettre de stocker toutes les actions de formation au format XAPI. Donc là c'est aussi quelque part intéressant, c'est que... On a dissocié l'expérience de l'utilisateur de la partie stockage des données d'apprentissage et que ces bases de données, elles peuvent être hébergées chez un client. Et donc là aussi, on commence à s'affranchir de toutes les problématiques finalement de migration d'un outil.
- Gerard Peccoux
Oui.
- Morgan Naud
Où finalement, je fais un appel d'offres, je passe du LMS A au LMS B. comment j'exporte ma donnée, comment je la réimporte, c'est un gros projet, etc. Si, en fait, toute ta donnée, elle était stockée dans un format propre en XAPI, que tu as tout ton historique de formation de ton entreprise avec les certifications, etc., et que c'est hébergé indépendamment de ton éditeur de LMS ou de LXP, là, ça devient vachement intéressant parce que non seulement tu as une sorte de souveraineté de la donnée, On voit aujourd'hui que ça devient de plus en plus important, et même avec l'IA, que les clients soit souverain de cette donnée de formation qui est une donnée stratégique. Si je discute par exemple avec Renault et qu'il y a un plan de transition vers de la mobilité électrique et que je dis en fait, tu sais quoi, toutes tes données, ton plan de formation stratégique et quelles compétences et qui a quoi, ça c'est stocké sur Amazon, info gérée on va dire par un éditeur tiers, on commence à prendre des risques finalement sur la souveraineté de l'année. Et moi, je vois qu'il y a de plus en plus, finalement, de clients qui cherchent à ramener cette cohérence, cette souveraineté de la donnée, de s'affranchir d'un certain nombre de coûts liés aux intégrations, liés aux migrations. Et donc, si votre entreprise, parce que je me dis qu'on va sans doute avoir des LND qui nous écoutent aussi aujourd'hui, si votre entreprise ne s'est pas penchée sur ce sujet des LRS, allez voir, parce qu'il y a une vraie plus-value. Et juste pour aussi redonner le positionnement aussi de Beelink, aujourd'hui Beelink c'est une constellation d'outils, donc LXP effectivement là où on est sans doute le plus connu, LMS aussi, TMS, et on est éditeur de LRS. Et on ne s'interdit pas finalement, quelque part un client qui viendrait nous voir pour disposer de son propre LRS. Voilà, c'est des choses qu'on sait faire aussi, de ne fournir que ce type de technologie.
- Gerard Peccoux
Tu viens de parler de TMS, justement, ça va être notre dernier acronyme. Est-ce que tu peux nous en parler ? Ça consiste exactement en quoi un TMS ?
- Morgan Naud
Alors, c'est vrai que dans la constellation des outils, il y a aussi le TMS.
- Gerard Peccoux
Il y en a quelques-uns.
- Morgan Naud
Ça en revient vraiment à la nécessité, à un moment donné, d'essayer de rationaliser tout dans un LXP, mais en conservant un petit peu ce qu'on appelle le best-of-breed. J'ai deux approches, grosso modo, dans mon entreprise. Soit j'ai l'approche all-in-one. Et là, je vais prendre un Workday, un SAP, un Oracle, je vais prendre un ERP, je vais prendre un généraliste, quelque part.
- Gerard Peccoux
Compliqué à déployer.
- Morgan Naud
Couteux, compliqué à déployer. C'est l'avantage et le problème du généraliste. C'est que tu vas tout faire, mais que potentiellement, tu ne vas pas tout faire de manière très profonde ou super bien. Donc soit tu vas vers des généralistes comme ça. Grosso modo, la majorité des clients ne sait pas ce qu'ils font. Soit ils vont vers des spécialistes, spécialistes du LMS qui correspondent, comme on avait dit auparavant, à leur vision, spécialistes du LXP, spécialistes du LCMS et spécialistes du TMS. Et TMS, c'est quoi ? C'est Training Management System. C'est un système historiquement qui a plutôt vocation à gérer la partie présentielle de la formation. Et là tu vois que déjà tu as un problème. C'est-à-dire que là où le LMS va héberger des contenus de e-learning et qui va les diffuser, si derrière tu veux faire du blended learning, parce qu'aujourd'hui on dit que c'est quand même la base le blended learning, en vrai tu vas voir dans les entreprises, combien d'entreprises arrivent vraiment à opérationnaliser des vrais programmes blended learning. Il y en a très peu. En fait, ils gardent finalement les actions de formation dans des outils tiers. Ils essayent d'apporter de la cohérence vis-à-vis de l'utilisateur final. Mais ils ont du mal à modéliser l'expérience blended learning. Pourquoi ? Parce que le e-learning est porté par l'EMS et le présentiel, donc tout ce qui va être gestion des formateurs, gestion des formateurs externes, gestion des coûts, le TMS, historiquement aussi, gère les coûts, plan de formation. Typiquement, la difficulté aussi en France, dès qu'on réfléchit plan de formation, adéquation du dispositif avec des financements au co, etc. Donc, le TMS va gérer toute cette partie logistique, synchrone et budget. Je vais être capable de faire des budgets différents par rapport à mon catalogue, de faire des projections, des projections de sessions. de rebasculer des inscriptions de session, etc. Pourquoi ? Parce que pareil, le LMS, là je pense qu'il y a beaucoup d'outils LMS qui gèrent très mal, voire pas du tout, le synchrone. Gérer des formateurs qui sont dans plusieurs salles, avec plusieurs créneaux horaires, et qu'après tu dis, je veux gérer mon émargement. de manière digitale. Alors là, hop, tu rajoutes une complexité. Dire, bah non, nous, on ne veut plus faire de papi. On veut tout digitaliser. Donc là, bah OK, est-ce que j'intègre, pareil, une solution type EduSign, des solutions type DocuSign et tout, ou finalement, aujourd'hui, tu vois que des LXP comme Beelink, ils proposent aussi cette partie signature. Donc en fait, on va venir compléter le TMS. Le TMS, voilà, donc il va gérer toute cette partie-là. Et là, c'est pareil, finalement, je dirais, pour associer un petit peu les deux briques du puzzle sans tout changer dans mon entreprise, de dire, quelque part, j'ai choisi un LMS, j'en suis plus ou moins content, j'ai choisi un TMS. Alors là, pareil, des TMS, on peut citer quelques acteurs, on peut citer des talent softs, des training orchestras, des choses comme ça. En fait, si tu veux faire du blended learning, tu vois que le LXP, qui va être capable d'intégrer dans une expérience homogène à la fois ton distanciel et ton présentiel, là, ça commence à faire du sens.
- Gerard Peccoux
Pour terminer cet épisode du podcast, on va parler de l'avenir des plateformes. Et je voulais te poser une question, Morgan. Quelle tendance vois-tu émerger dans les années à venir ? On a parlé de plein de choses, de plein d'acronymes. Ça va converger ? Qu'est-ce qui va se passer pour toi ?
- Morgan Naud
Je pense qu'effectivement, je vois bien aussi la convergence. En fait, c'est des cycles. On a parlé un petit peu du best of breed versus le généraliste. Aujourd'hui, les best of breed, ils sont nécessaires pour amener de l'innovation, entre guillemets, dans leur niche. Mais finalement, au bout d'un moment donné, il y a une nécessité d'intégration de tout ça. Aujourd'hui, le rôle que quelque part joue le LXP, de facilité et autres. Et je pense que les capacités de développement, tout ça, effectivement, je pense qu'on aurait tendance à le... à le gommer pour une learning platform, tu vois, en faisant fi de tous les acronymes, mais qui possède, on va dire, l'exhaustivité du fonctionnel. Quelque part, quand tu es un éditeur de l'EMS, tu tentes peut-être aussi de faire un peu évoluer ta gamme de produits vers du LXP, quand tu es un TMS, un peu vers du LMS, etc. Donc, à un moment donné, il y a aussi une... Voilà, il va y avoir forcément une convergence des roadmaps et des investissements, et une convergence aussi, quelque part... lié à de l'acquisition finalement. Donc la partie M&A, où on voit, comme on disait, par exemple, Cornerstone qui rachetait de casse pour s'équiper d'un LSP, il y a beaucoup de rachats dans cette industrie-là. Je pense que la volonté des éditeurs, c'est aussi de mutualiser les technologies, de rationaliser tout ça. Donc je vois bien cette convergence qui après redébouchera vers de la spécialisation. Comme je disais, c'est un cycle.
- Gerard Peccoux
C'est un cycle.
- Morgan Naud
C'est un cycle où tu as besoin de challenger les choses. Et les choses évoluent. Et moi, je dirais presque que là, il y a deux grosses tendances. C'est l'IA, d'une part. L'IA, juste, voilà, c'est la petite aparté, mais l'IA...
- Gerard Peccoux
J'allais te poser la question, Morgan.
- Morgan Naud
Ouais, bah l'IA...
- Gerard Peccoux
Sur l'intelligence artificielle. Quel rôle elle va jouer dans l'évolution de tout ça ?
- Morgan Naud
En fait, l'IA, et notamment l'IA générative, elle a aidé à démocratiser l'IA. Dès 2019, on a intégré des algorithmes de machine learning dans les produits pour faire de la recommandation, etc. En fait, la plupart des éditeurs, ils bossent dessus depuis assez longtemps. Du coup, ce qui a vraiment changé dans la partie générative, c'est aussi quelque part qu'on a mis ces outils-là dans les mains du grand public, plutôt en B2C, un peu comme des assistants au quotidien, et qu'on a repensé l'expérience utilisateur. Je pense que là aussi, là où c'est vraiment bluffant, c'est cette disruption de l'expérience utilisateur. On voit que les personnes, plutôt que d'avoir des ergonomies type site web, des intranets, un SharePoint ou je ne sais pas quoi, ou même une plateforme de learning, en fait, ils ne veulent pas de plateforme, les gens. Ils veulent pouvoir discuter, dialoguer, avoir le sentiment que leur propos, il est compris, qu'il est personnalisé. et qu'on les aiguille en fait. Et donc le gros enseignement de l'IA, au-delà du fait que bien évidemment ça va être intégré dans tout un tas de gestes de métier pour augmenter la productivité, faire en sorte que notre monde évoluant de plus en plus vite, il y a une nécessité de former les gens de plus en plus vite et du coup il y a une nécessité de produire de plus en plus vite. Donc l'IA nous aide à faire ça. mais l'enseignement il est vraiment aussi autour de l'expérience utilisateur. Et donc pourquoi je dis ça ? Parce qu'on revient, pour moi, à l'ADN, finalement, aussi, de Beelink, qui est l'acronyme de Beolink. Beolink. Finalement, notre entreprise, c'est elle aussi un acronyme. Mais avec cette volonté qu'on a toujours eue d'amener le contenu et l'expérience d'apprentissage à l'utilisateur plutôt que d'essayer de faire venir l'utilisateur à notre plateforme. Et donc ça, si on veut que les gens, en fait... créer un réflexe de learning, que le learning soit intégré à leur quotidien, comme je me brosse les dents, je passe 10 minutes à me former, ou j'apprends on va dire continuellement, je fais de la veille, etc. Il faut enlever la friction de la plateforme, de la nécessité qu'un utilisateur va avoir de se connecter à une plateforme. Et c'est pour ça que Google, ça marche aujourd'hui, ou que YouTube, ça marche. Il y a des entreprises qui me disent mais finalement j'ai plus d'usage quelque part de YouTube ou de Google que de ma plateforme en entreprise. Et comment finalement je peux traquer dans ma plateforme ce que les gens font dans YouTube ? On reprend quelque part le problème à l'envers. On va essayer de ramener YouTube dans la plateforme. Bah non ! Pourquoi YouTube ça marche ? Parce qu'il n'y a pas de friction. L'ergonomie elle est très simple. Et donc, je pense que l'enseignement aussi, pour moi, demain, c'est vraiment, il y a à la fois finalement une convergence du périmètre fonctionnel, mais à la fois des plateformes qui sont complètement invisibles et qui sont intégrées dans le quotidien et dans les outils de productivité. Et c'est là où je pense qu'on pourra vraiment dire que l'entreprise, elle va vers une culture d'apprentissage. Parce que c'est pareil. On parle de skill-based, on parle de culture d'apprentissage. On n'auto-déclare pas ou on ne s'auto-déclare pas avec une culture d'apprentissage dans son entreprise. On ne dit pas, je vais faire un appel d'oeuvre, je vais implémenter un nouvel outil et boum, je vais avoir une culture d'apprentissage. Non seulement ça doit être porté au plus haut niveau de l'organisation avec des dirigeants qui se disent que la formation, ce n'est pas un centre de coût. Et crois-moi, il y en a encore beaucoup qui pensent comme ça. Donc, de démocratiser... l'accès à la formation et comme je disais de distiller la formation dans le quotidien des collaborateurs sans friction à travers des ergonomies comme celle de ChatGPT ou Mistral mais en mode chat c'est un point qui est très important et on voit aussi toute l'émergence des agents IA aujourd'hui. Un agent IA c'est quoi ? C'est une sorte de LXP de lire je m'explique C'est une intelligence artificielle qui est capable de se connecter à des outils tiers via des API pour effectuer un certain nombre de tâches de manière autonome. Et donc si on se dit que demain, ces IA qui vont être aussi déployées de façon massive dans les entreprises avec des nécessités de souveraineté ou autre, elles sont connectées par API. aux plateformes de learning et que finalement la plateforme ne fait que de structurer de la donnée et de proposer de la donnée qualitative Ausha ou à l'IA, ça sera déjà une belle avancée.
- Gerard Peccoux
Alors Morgan, on arrive au bout de cet épisode. Je voulais vraiment te remercier pour ton expertise, parce que grâce à toi, en tous les cas en ce qui me concerne, j'y vois plus clair sur tous les acronymes. J'ai bien noté la complémentarité. par rapport au LMS, au LRS, au LCMS, voire au TMS, de tout ce qui concerne les LXP. Je te remercie d'avoir donné ta vision sur le rôle accru de l'intelligence artificielle qui augure d'un futur qui va aller vers une meilleure culture, finalement, de l'apprentissage pour les entreprises. Et puis, je te remercie également, vraiment, de nous avoir livré ta vision de la formation idéale de demain avec les plateformes et tout ce qui va changer. donc merci pour tout ça Morgan je te remercie vraiment d'être venu dans cet épisode et puis je voulais remercier nos auditeurs et leur dire que je leur dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Never Stop Learning merci Morgane, merci beaucoup Merci d'avoir été avec nous pour cet épisode de Never Stop Learning. Si cet échange vous a apporté de la valeur, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à laisser une note 5 étoiles accompagnée d'un commentaire. Vos retours sont essentiels pour continuer à vous offrir des contenus de qualité. Je suis Gerard Peccoux et si vous recherchez des solutions innovantes pour transformer vos projets de formation, rendez-vous sur callimedia.fr ou syfadis.fr Nos équipes se feront un plaisir de vous accompagner dans vos projets. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de Never Stop Learning, votre rendez-vous pour explorer, innover et ne jamais cesser d'apprendre. A très vite !