Speaker #0Est-ce que vous savez que certains oiseaux ont l'intelligence d'un enfant de 7 ans ? Que certains peuvent voler plus de 11 000 km sans s'arrêter ? Que sans eux, nos billets d'avion coûteraient 6 à 7% plus cher ? Eh bien, tout ça, ça fait partie de l'ornithologie et on va répondre à cette question aujourd'hui. C'est quoi l'ornithologie ? Qu'est-ce que ça a étudié ? Comment ça a commencé ? Qu'est-ce que ça étudie aujourd'hui ? Et est-ce que ça a de l'importance pour demain ? Alors vous le savez, quand on parle de science, c'est surtout début de science. On doit toujours parler des Grecs et en l'occurrence c'est d'Aristote qui a écrit justement l'Historia Animalium, 170 espèces qu'il a décrites d'oiseaux. C'était de l'observation d'Irex qui était révolutionnaire à l'époque et il est cité en tout cas par certaines sources comme étant le premier ornithologue. Moi je suis toujours sceptique avec ces trucs là, c'est plutôt le premier gars qui a écrit des trucs qu'on peut trouver aujourd'hui parce qu'il n'y a pas de doute que largement avant il y avait déjà des gens qui observaient les oiseaux. et qui ont pu en déduire plein de choses, mais voilà, pour l'instant en tout cas, on a perdu leur trace. Alors bien sûr aussi, comme un peu tout ce qu'ont écrit les Grecs, il y a toujours un peu des conneries dedans, des trucs qui, à l'époque, semblaient sérieux, mais aujourd'hui ont été vraiment réfutés, comme par exemple que les hirondelles, elles hibernent, alors qu'en fait, non, elles se barrent dans les pays chauds. Et ça, ben voilà, ça fait partie un peu de tout ce qu'il y a d'erreurs qu'on peut trouver dans les manuels d'ornithologie, et c'est normal, la science... elle avance, les gens font des observations, ils font des contrôles, ils contrôlent les observations, et c'est comme ça qu'elles s'affinent jusqu'à devenir aujourd'hui l'ornithologie moderne, où on a aussi des outils beaucoup plus modernes pour observer les choses, ce qu'à l'époque, les voyages étaient beaucoup plus longs, etc. Ils n'avaient pas forcément que ça à faire non plus. Aujourd'hui, on a des observations plus précises, mais en tout cas là, selon les sources que j'ai trouvées, ça commence par Aristote. Ensuite, on a plein de gens plus ou moins célèbres qui ont contribué, notamment Frédéric II, par exemple, qui était un empereur au XIIIe siècle. Et lui, il a commencé à faire des expériences sur les oiseaux. Alors, pas des trucs trop creepy, mais... Alors, par exemple, comme expérience, il a bandé les yeux des vautours pour voir si c'était seulement par la vue qu'ils arrivaient à détecter leur proie ou leur nourriture, ou si c'était avec l'odorat. Il faut avouer que ce n'est pas bête comme idée à l'époque. on ne savait pas, aujourd'hui on sait. Il a aussi fait une expérience sur les oeufs, à savoir, est-ce qu'ils arrivent à éclore seulement avec le soleil, sans leurs parents autour ? Là aussi, un truc intéressant, pauvres petits oiseaux, on peut s'imaginer, mais quand même des observations essentielles. On a aussi Audubon, par exemple, l'artiste scientifique, en 1827 à 1839, qui a fait 435 gravures, grandeur nature d'oiseaux. il a passé parfois 15 heures par jour pendant 4 jours sur... un seul rapace pour le dessiner de la façon la plus précise possible. Il a créé l'Adubon Society qui existe encore aujourd'hui et qui publie encore aujourd'hui des articles intéressants sur l'ornithologie. Le mot ornithologie en lui-même, on aurait pu commencer par là, c'est orni, oiseau, logos, science, donc la science de l'étude des oiseaux. Mais aujourd'hui, effectivement, ça a pas mal changé. Juste pour revenir sur quelques petites anecdotes, justement en lisant des articles sur l'origine de l'ornithologie, on voit que ça a suivi un peu les mêmes tendances que toutes les sciences. C'est-à-dire, on est passé sur une observation plutôt éloignée, on n'avait pas d'instrument pour observer les animaux, on n'avait pas de jumelles par exemple. Donc en fait, on analysait plutôt les oiseaux morts, on les chassait, on les recueillait, on faisait de l'anatomie dessus, on dessinait les petits os, etc. On est passé par l'anatomie comparée. Donc, voir les oiseaux, à quoi est-ce qu'ils ressemblent le plus. Il y a eu justement beaucoup de changements dans la façon de classifier les oiseaux. À un moment, par exemple, les chauves-souris, c'était des oiseaux, puis après, ce n'est plus des oiseaux. À un moment, il y avait six classes, après, il y en a beaucoup plus. Et puis, la génétique, jusqu'à aujourd'hui, est venue encore modifier ses classifications, comme on l'a d'ailleurs dans le règne animal en lui-même. Et puis, à chaque fois, et c'est un peu partout comme ça sur toutes les sciences, C'est l'amélioration technologique qui a changé la façon d'observer. Les jumelles, ça permet d'observer de plus loin, sans embêter les animaux, sans modifier leur comportement, et donc on peut... faire des observations qui sont beaucoup plus précises, qui ne sont pas juste descriptives du corps ou des couleurs de l'animal, mais vraiment de ses comportements. Le vol d'ailleurs a intéressé beaucoup les chercheurs, parce que si vous observez les oiseaux, vous voyez qu'ils ne volent pas du tout tous de la même façon, et que donc leur anatomie est différente, pourquoi ils volent comme ça, etc. C'est toutes des choses qui ont été faites, et aujourd'hui, on a justement des instruments scientifiques beaucoup plus précis, comme des balises GPS extrêmement petites, qui aident à savoir, ben voilà les oiseaux, quand est-ce qu'ils migrent ? où est-ce qu'ils migrent, est-ce qu'ils s'arrêtent, combien de temps ils font pour voler, est-ce qu'ils s'arrêtent de temps en temps pour manger ou pas, toutes les choses qui, sans instruments scientifiques, étaient fort peu possibles. Par exemple, l'évolution technologique, ça a été de d'abord mettre des bagues sur les pattes des animaux pour qu'on puisse ensuite les récupérer quelques années plus tard pour voir combien de temps ils vivent, est-ce qu'ils viennent toujours au même endroit, est-ce qu'ils passent toujours par les mêmes endroits, etc. C'est des choses que, sans bac, ben... C'est très difficile de reconnaître un oiseau parmi tant d'autres, surtout sur des colonies de plusieurs centaines de milliers d'oiseaux. C'est là, par exemple, qu'on a pu voir qu'un oiseau a vécu 67 ans. Un truc de ouf. Sans ça, on aurait peut-être pu le faire d'une façon différente, mais ça aurait été beaucoup plus compliqué et certainement scientifiquement plus ou moins hasardeux. La bague, si on retrouve la même avec le même numéro sur le même oiseau, on peut se dire qu'il n'y a pas de souci. Par contre, si c'est juste une observation de... il me semble que c'est cet oiseau-là, effectivement ça compte pas, c'est une observation qui n'a pas beaucoup de qualité. Et puis ensuite, justement comme je le disais avant, les GPS, 0,3 grammes aujourd'hui, donc ça gêne beaucoup moins les oiseaux et on peut les suivre pendant beaucoup plus longtemps et voir justement aussi, et ça va revenir plus tard, l'impact des activités humaines sur la migration des oiseaux. Par exemple, est-ce qu'ils vont changer de chemin en fonction de ce qu'on va modifier sur le territoire ? On a aussi la technologie radar, donc des vieux radars militaires qui ont été modifiés. Il y en a au NEXTRAD, par exemple, 160 stations qui détectent 4 milliards d'oiseaux par an. Donc là aussi, très utile pour voir et pour détecter les migrations. J'essaierai de faire un épisode pour savoir en quoi est-ce que c'est vraiment intéressant de savoir quand les migrations se passent. Mais dites-vous juste que, par exemple, si vous avez des éoliennes, on sait qu'elles sont un certain danger pour les oiseaux. Je ne suis pas contre éoliennes, je vous rassure. mais on sait quand même que c'est un danger pour certains oiseaux, et bien ça va être extrêmement important de savoir, voilà, il y a une migration qui se ramène, donc on va ralentir les éoliennes de façon à laisser passer la migration pour qu'il y ait moins d'oiseaux qui soient touchés. Et puis une fois que la migration est passée, on va restarter les éoliennes, ce qui permet en fait de garder la technologie des éoliennes qui reste une énergie verte. On ne peut pas tout simplement s'en passer, on va dire. ça permet de garder ça tout en évitant de tuer les oiseaux quand ils passent en masse. Aujourd'hui vous avez notamment BirdCast par exemple, qui permet de visualiser en temps réel ces migrations. Ça permet aussi, si vous êtes comme moi simple photographe observateur, de planifier vos sorties. Si vous voyez sur le radar que les oiseaux sont en route, vous allez planifier votre prochaine sortie pour vous dire « Tiens, là j'aimerais vraiment choper cette espèce d'oiseau ou ces espèces d'oiseaux quand elles passent. » Hyper utile. Aussi juste pour les amateurs. Mais bien entendu, ce sont des instruments scientifiques utiles pour la science. Et enfin, bien entendu, c'est normal sur Netcan, on parle de l'intelligence artificielle, extrêmement importante aussi, parce qu'il faut se dire que toutes les données, et c'est valable pour toutes les sciences, toutes les données qui sont créées pendant très longtemps, elles ont vraiment été créées par des humains, avec un carnet, un bout de papier, ensuite on est passé aux appareils photographiques, aux jumelles de plus en plus précises, etc. Mais ça reste vraiment un besoin en humain de qualités qualifiées qui vont faire des observations. Aujourd'hui, grâce à l'intelligence artificielle, au téléphone mobile qu'on a tous sur nous, on peut faire des observations de bonne qualité, pas nécessairement encore de qualité scientifique pour toutes les observations, mais de très bonne qualité, et tout ça en automatique. Ça va de la caméra ou... du micro qui va être laissé dans la nature, en passant par les radars, en passant par les gens, comme vous et moi, qui vont utiliser Merlin ID ou qui vont utiliser iNaturalist pour justement documenter leurs observations, qui vont ensuite être confirmées ou non par d'autres observateurs, et bien tout ça, grâce à l'intelligence artificielle, ça améliore la rapidité, ça améliore le traitement des données, parce que c'est des... tera, des tera, des tera chaque jour qui sont générés et pour ça il faut une bonne intelligence artificielle qui vient cruncher tout ça. De même, on arrive à un moment où on produit tellement de data que pour un chercheur ou pour un scientifique Aller piocher dans ces datas, c'est extrêmement compliqué, sans des programmes plus ou moins complexes qui vont faire le tri dans ce qu'ils cherchent. On parle des images aussi par exemple, là aussi l'intelligence artificielle c'est extrêmement intéressant, parce qu'on va pouvoir tirer les images dont on a envie. Pas seulement, par exemple, juste je veux des photos de cet oiseau dans cette région-là, mais je veux un juvénile, je veux un vieux. Je veux un qui a passé telle ou telle couleur, je veux sur telle et telle saison. Bien entendu, c'est juste du catalogage, mais l'intelligence artificielle aide beaucoup justement à faire une sorte de pré-catalogage de tout ça. Et puis, si on parle de son, j'en ai parlé la dernière fois, mais justement, Burnet, par exemple, là, c'est marqué 3000 espèces reconnues au champ, mais aujourd'hui, c'est plus de 6000. Une précision de plus de 90%, ce qui est vraiment excellent pour un modèle. Et surtout, des choses qui sont gratuites. ce qui fait en sorte que un peu tout le monde peut faire de la recherche citoyenne. Petit mot aussi sur les drones. Je n'utilise pas de drone et je vous décourage totalement d'utiliser les drones près d'oiseaux. C'est même interdit dans la majorité des cas. En Suisse, par exemple, tout ce qui est réserve, bois, etc., tout ça, ce n'est pas de drone. Par contre, les scientifiques, eux, vont utiliser des caméras techniques pour aller observer les colonies. J'ai lu quelques papiers aussi qui permettent de voir jusqu'à 97,66% de précision pour compter les albatros. Alors c'est encore une fois des modèles d'intelligence artificielle qui ont été nourris, qui ont été formés pour détecter en l'occurrence une seule espèce d'oiseau. Mais grâce à un vol de drone qui ne va pas trop les embêter, qui ne sera pas trop dangereux non plus, on peut imaginer les autres techniques, c'est d'aller avec un hélicoptère. Et bien là, un vol de drone vaut... caméra, elle fait une vision de tout, et pas vous avez votre nombre d'albatros, ce qui permet de savoir évidemment est-ce que le nombre diminue, est-ce qu'il augmente etc. C'est extrêmement intéressant et c'est là où évidemment, même un scientifique s'il arrive devant une colonie de plusieurs milliers d'oiseaux, voire plus il va être incapable de faire une estimation correcte. Avec l'intelligence artificielle et les drones on arrive à avoir quelque chose de précis c'est que du bénef pour justement les études scientifiques qui vont derrière. Donc on revient à l'ornithologie C'est une science qui a beaucoup de branches. Là, évidemment, j'ai pris exprès un petit peu l'angle technologique parce que c'est un des angles qui m'intéresse le plus. Ce aussi pourquoi Nightscan est prévu, même si pour l'instant, en tout cas, il n'y a pas d'utilisation scientifique parce que pour faire une utilisation scientifique, il faut quand même quelque chose qui soit absolument certain d'atteindre une certaine précision. Donc, ce n'est pas encore le cas. Mais en tout cas, c'est un sujet qui m'intéresse énormément. Mais évidemment... Il n'y a pas que la technologie dans l'ornithologie, même si ça aide beaucoup. On a plusieurs branches. L'écologie aviaire, par exemple, qui est justement tirée de l'observation des îles, donc des vraies îles entourées d'eau, où les scientifiques ont remarqué que ces îles, entre elles et jusqu'au continent, ça faisait des sortes de corridors où les espèces d'oiseaux pouvaient aller entre elles. et où ça favorisait non seulement une grande population, mais aussi une grande diversité de population. Et ça a en partie inspiré, en tout cas, l'application moderne qui est les corridors verts urbains, où même dans les grandes villes, on essaye d'avoir ces petites îles, ces petits îlots, où les oiseaux vont pouvoir s'arrêter, vont pouvoir manger, vont pouvoir boire, vont pouvoir aller plus loin, ce qui évite à la fois d'isoler une population qui deviendrait du coup fragile, mais aussi qui permet de continuer, pas forcément les migrations, parce que les migrations c'est sur des trajets beaucoup plus longs, mais en tout cas d'aider la biodiversité générale de toute une région de s'améliorer, tout en enlevant pas nécessairement les villes, parce que les scientifiques, les chercheurs sont quand même conscients qu'il faut bien qu'on aille quelque part. Et ça justement ça fait partie de comment est-ce qu'on peut être des architectes d'écosystèmes pour faire en sorte de... diminuer notre impact au maximum. La bioacoustique, évidemment, il y a énormément de champs qui sont particuliers à la bioacoustique. J'en parlerai vraiment dans un épisode parce que ça va du simple au très complexe. Effectivement, vous ouvrez votre iPhone, vous enregistrez, c'est déjà de la bioacoustique. Mais en l'occurrence, il y a par exemple des outils qui permettent, avec des réseaux de micros, de déterminer la position d'un oiseau. Ça, ça aide. Et surtout, si on peut le faire sur plusieurs oiseaux, de cartographier des paysages sonores pour voir ce qui change. On a, j'ai lu tout à l'heure justement, par exemple en Suisse, pas très loin de chez moi, Je ne connais pas le coin, mais en tout cas, il y a une étude qui consiste à éclairer pas très loin d'un endroit où il y a des chouettes ulottes pour voir si ça change leur comportement. Et là, par exemple, évidemment, c'est compliqué parce que c'est pendant la nuit. Si c'est pendant qu'elles chassent, il faut éviter d'avoir des gugus avec des appareils photo pas loin. Et les caméras, c'est trop lent pour ça la majorité du temps. alors qu'un micro, s'il est fait exclusivement pour ça... On peut s'en servir pour déterminer, voilà, est-ce que les trajets de la chouette évoluent ou non, grâce ou à cause plutôt de l'éclairage urbain. Ce sont des données qui vont aider à faire de la conservation, mais aussi de la législation, à savoir, voilà, à quel point est-ce qu'on doit limiter l'éclairage, où est-ce qu'on doit le limiter, etc. Pour ça, il faut des données scientifiques pour prendre des bonnes décisions. On s'est aperçu aussi, et ça c'est en utilisant des micros, par exemple pour des chauves-souris, On s'est aperçu que certains oiseaux, ils avaient des chants qui allaient pas loin de l'ultrason ou dans l'ultrason. Ça aussi, c'est des choses qu'on peut découvrir avec la bioacoustique. Et ça n'a rien à voir absolument parce que ce n'est pas des oiseaux. Mais par exemple, ils ont pu découvrir en mettant des micros. Sauf erreur, c'était même quelqu'un qui le faisait dans un zoo pour enregistrer un éléphant. Et ils ont remarqué qu'ils avaient une sorte de grandement très sourd qu'on n'entend pas nécessairement nous. et qui n'avait jamais été étudié. Et du coup, ça, ça a été importé, paf, en Afrique pour faire de la bioacoustique sur les éléphants. Et là aussi, ça a permis de, par exemple, voir où ils sont pour pouvoir les éloigner de certaines zones, etc. Donc, la bioacoustique, c'est vraiment un truc qui n'est pas du tout juste pour les oiseaux, même si évidemment, les oiseaux, comme ils chantent, ben, ça s'y prête bien. Et voilà, c'est une science hyper intéressante, notamment parce que le matériel devint de moins en moins cher, on peut commencer à fabriquer des choses. en série et on peut commencer à aller, notamment grâce à l'AI, dans l'automatisme. On a bien entendu l'éthologie qui ne concerne pas non plus juste les oiseaux, qui cherche justement à savoir est-ce que les oiseaux sont intelligents, quels comportements ils ont. On a par exemple les corneilles qui ont 1,5 milliard de neurones, je ne sais pas du tout si c'est impressionnant ou pas, mais en tout cas elles sont capables de résoudre par exemple des problèmes, la conscience de soi qui a été déterminée chez certains oiseaux. il y a par exemple corbeaux qui planifient 17h à l'avance ce qu'ils vont faire. Comment on arrive à le faire ? Là aussi, c'est des expériences quand même qui sont complexes parce que il faut être sûr qu'il n'y a pas d'erreurs qui sont faites pendant l'expérience, etc. Mais on va donner un outil ou mettre un outil à disposition d'un oiseau qui va devoir le prendre et le garder pendant un temps justement, par exemple, de 17h pour ensuite l'utiliser sur un autre truc. Et évidemment, ils font plein de tests différents pour savoir si c'est le hasard, si c'est juste un qui est plus intelligent que les autres et tout ça. Mais en tout cas, on parle beaucoup, on a tendance à parler beaucoup des singes ou des dauphins quand on parle d'intelligence animale. Mais voilà, les corbeaux, par exemple, aussi, plutôt bon. Ils battent les singes sur certains problèmes, en tout cas. Il y a évidemment, pour tous ceux qui ont regardé Jurassic Park, c'est très clair, la paléo-ornithologie. là en l'occurrence c'est l'étude des fossiles des oiseaux pour voir justement Comment ils étaient avant ? Est-ce qu'ils ont évolué ? Comment ils ont évolué ? Quel nombre d'espèces il y avait ? Est-ce que les espèces, il y en a plus aujourd'hui qu'avant ? Est-ce qu'il y en a moins ? Etc. Et ça, justement, c'est l'étude des fossiles. Et ensuite, j'ai envie de vous parler de la conservation. Aujourd'hui, évidemment, c'est quelque chose d'extrêmement important. on sait que les humains ont un impact extrêmement négatif sur la nature on sait aussi qu'à cause des humains il y a le réchauffement climatique qui lui aussi a des influences Pas toujours négatif sur toutes les espèces, mais plutôt négatif on va dire. Et du coup, il faut savoir comment les animaux vivent, ce dont ils ont besoin, pour savoir ensuite comment les conserver. On a, et notamment c'est aussi ce qui est parlé dans Jurassic Park, les condors de Californie par exemple. En 1982, il y avait 22 individus. Aujourd'hui, il y en a 504 et probablement plus aujourd'hui encore. Là aussi, c'est un excellent effort de conservation. pour justement éviter que certaines espèces disparaissent bêtement. Et là aussi, tout l'effort qu'il y a au niveau de la prise de données massive, ça aide à savoir quelles espèces sont en déclin. Et même en Suisse, par exemple, où je pense que pour beaucoup de gens, c'est la nature, on n'a pas des villes incroyablement grandes et tout ça, il y a des oiseaux qui ont disparu chez nous, pas forcément au niveau, ils sont à d'autres endroits, mais qui ne viennent plus en Suisse. Et justement, savoir pourquoi est-ce qu'ils ne viennent plus, qu'est-ce qu'on peut faire pour qu'ils reviennent, et est-ce que ce qu'on a fait pour qu'ils reviennent fonctionne, c'est une part extrêmement importante de l'ornithologie. Ça demande non seulement d'avoir les datas de base, mais aussi d'avoir les datas aujourd'hui. Ça demande autant des amateurs qui vont se promener dans les forêts que des réseaux de radars ou je sais quoi, pour avoir justement d'autres données. Quelles applications de l'ornithologie dans notre société ? Alors elles sont nombreuses, je vais juste citer quelques exemples. Je l'ai dit au début justement, les vinglettes inspirées des aigles, 6 à 7% d'économie de carburant pour les avions. Vous avez vu certainement, les avions ils ont un espèce de petit retour au bout de l'aile et ça c'est dû à l'observation des oiseaux. On s'est dit tiens mais pourquoi est-ce que les ailes elles se déploient comme ça ? Pourquoi est-ce qu'elles ne sont pas rigides ? Et bien sûr ils ont fait des tests. Ils ont vu que ça pouvait améliorer certaines choses et ils s'en ont inspiré. On a le Shinkansen japonais, vous savez, ce train japonais ultra rapide. La locomotive, elle a une forme vraiment spéciale. C'est inspiré justement du bec de Martin Pescher. 15% d'économie en énergie électrique et 90% de moins de bruit dans les tunnels. Ce qui est marrant parce que le Martin Pescher, il va nidifier dans des trous. Donc il y a un trou d'une certaine profondeur. Et au bout, paf, il met son nid, il met ses petits, ce qui fait que donc il rentre et il sort toujours d'un trou. Et donc c'est peut-être pour ça que sa forme, elle est adaptée au tunnel pour le Shinkansen. Au niveau de la sécurité aérienne, il y a 292 000 collisions aviaires depuis 1990 aux USA. C'est absolument affolant. Et là aussi, justement, c'est un coût qui est énorme pour la société, sans compter les éventuels morts que ça peut provoquer. C'est pas seulement des casse-moteurs. Et là aussi, l'ornithologie, elle va aider comment ? En observant les oiseaux près des aéroports, par exemple, en mettant des observations. Il y a, par exemple, des espèces de petites tours qui font des cris d'oiseaux de détresse pour l'espèce qui est là. Et donc, les oiseaux, ils entendent des cris de détresse, ils se disent, ouh là là, il y a des oiseaux qui ne vont pas bien là-bas, ce qui veut dire prédateur, ce qui veut dire un truc pas cool. Donc, ils vont rester loin. Et aussi, bien entendu... L'observation en elle-même, que ce soit par caméra ou autre, qui permet de voir, tiens, là, il y a un méga vol d'oies sauvages. Eh bien, les gars, passez pas sur cette piste, passez sur l'autre. Très important d'avoir des ornithologues et des gens qui sont capables de faire ces observations-là pour éviter de se crasher. Si vous prenez l'avion, vous serez très content. Remerciez les ornithologues de ne pas vous crasher. Enfin, les oiseaux sont des indicateurs environnementaux extrêmement importants. C'est pour ça que les étudiés... C'est important, c'est pour ça que les observer, c'est important. Ça peut être les oiseaux qui vont commencer leur migration plus tard, parce qu'il fait plus chaud. Ça peut être les oiseaux qui arrivent d'ailleurs plus tôt, et qui arrivent trop tôt, au moment où il n'y a pas encore les fruits et les insectes qui sont là, donc ça va poser des problèmes dans leur population. Ça peut être aussi les oiseaux qui ont moins besoin d'aller vers le sud. Ils vont toujours y aller pour avoir plus chaud, mais ils ne vont pas aller aussi loin qu'avant. Parce qu'ils trouvent leur chaleur tranquille là où ils sont. Là aussi, ça peut avoir des conséquences extrêmement dramatiques sur plein de choses. En bref, les oiseaux, et on aura l'occasion d'en parler dans de futurs épisodes, ce sont d'excellents indicateurs environnementaux. Si vous faites mal votre job, vous avez moins d'oiseaux. Ce n'est pas forcément la conséquence première. Peut-être que vous allez d'abord avoir moins d'insectes, et puis ensuite moins d'insectes, donc moins d'oiseaux. Et peut-être du coup moins d'oiseaux. Plus d'insectes nuisibles, et ça c'est chiant. Et bien là, tout ça, c'est l'observation qui aide à savoir est-ce qu'on est dans le bon sens ou est-ce qu'on est dans le mauvais sens. L'ornithologie, c'est aussi une des sciences participatives citoyennes amateurs les plus importantes. Le tourisme ornithologique en lui-même, c'est extrêmement important. Ça a un impact réel sur le tourisme. En économie, c'est plusieurs milliards de dollars par an. Et réfléchissez ! le nombre de gens qui ont acheté des appareils photos et des objectifs plutôt chers pour photographier les oiseaux. Ceux qui achètent encore des jumelles aujourd'hui, c'est plutôt des gens qui observent les animaux et plutôt des oiseaux, parce que comme ils sont petits et qui vont vite, c'est vachement utile d'avoir des jumelles. Je peux compter moi-même le nombre de fois où je me suis rendu à des endroits uniquement pour aller voir des oiseaux, que ce soit dans des refuges connus ou dans des endroits où je pensais voir une certaine espèce d'oiseau. Bien entendu, tout ça, ça participe au restaurant qu'il y a dans le coin, aux transports de la région, etc. etc. Le tourisme. Ornithologique, c'est extrêmement important. Et quand on commence à s'intéresser au nombre de clubs ornithologiques qu'il y a dans le monde, c'est un truc de fou. Rien que la partie anglaise, par exemple, c'est 2 millions de personnes qui sont inscrites à la royale je-sais-plus-quoi. Donc c'est extrêmement important. Tout ça, ça rapporte du cash. C'est pas pour ça qu'on doit sauver les oiseaux, c'est pas pour faire du cash qu'on doit le faire, mais juste pour dire que c'est peut-être une spécificité de l'ornithologie comparée à beaucoup d'autres sciences. Les gens se déplacent et consomment justement pour aller observer ces oiseaux. On peut citer l'exemple du Costa Rica par exemple qui est très connu pour ça. Moi j'y étais pas vraiment seulement pour ça, mais je dois dire que c'est l'endroit où j'ai été le plus halluciné par les oiseaux. Vraiment, je me rappelle en étant dans un endroit un peu en hauteur, je me rappelle plus comment s'appelle le coin, dans notre hôtel, là où on faisait le petit déjeuner, il y avait déjà je sais pas 15-20 espèces d'oiseaux qui venaient pas loin et il y avait... plein d'endroits où aller les observer. C'est vraiment un endroit hyper cool et ça favorise, j'espère, une partie du tourisme qui est plutôt tranquille, parce qu'on va se lever tôt pour aller observer les oiseaux, on va aller se coucher pas trop tard pour pouvoir se lever tôt. Généralement, c'est des gens qui sont plutôt tranquilles, j'imagine. C'est des gens qui sont censés en tout cas avoir plus de récépés pour la nature. Donc, ce n'est pas forcément les plus mauvais touristes qu'on peut avoir. Et puis c'est des touristes qui généralement n'aiment quand même pas trop le tourisme de masse parce que si on est 1400 sur le même banc pour observer un pauvre petit colibri, ça va certainement être très nul. Un point pour la Norvège aussi, où j'ai eu l'occasion de prendre justement le bateau pour aller voir les colonies, c'est extrêmement intéressant. Et c'est vrai qu'en attendant, pour les gens de la région, ça fait du cash. quand on est un pêcheur de pouvoir louer son bateau pendant une journée pour des gars qui vont tranquillement avec leurs jumelles ou leurs appareils photo photographier des oiseaux je pense qu'il y a pire comme façon de gagner sa vie quoi je sais pas si c'est assez par contre mais en tout cas il y a pire comme façon de gagner sa vie c'est donc avéré aussi c'est un des moteurs peut-être qui est le plus efficace la protection des oiseaux justement va pouvoir apporter du tourisme effectivement si vous êtes le costa rica que vous avez une partie en tout cas de votre tourisme qui est du tourisme ornithologique, vous allez essayer de faire en sorte de préserver en tout cas des zones assez grandes pour que les gens puissent pouvoir continuer à les observer. Le jour où il n'y a plus d'oiseaux, c'est un peu comme le jour où il n'y a plus de coraux au Maldives, ben en tout cas il y a une partie des gens qui ne vont plus y aller et c'est dommage. Alors bien sûr on ne devrait pas avoir seulement une motivation économique pour sauver les petits oiseaux, mais c'est quelque chose d'extrêmement important. Et enfin, justement, dernier petit truc que j'ai envie de dire aussi, c'est le côté agriculture et santé. Là aussi, l'ornithologie, ça apprend beaucoup de choses. Par exemple, j'ai été très surpris, mais un couple de mes anges peut manger jusqu'à 75 000 chenilles par couvée. Et donc, évidemment, quand vous êtes un paysan, vous n'avez pas forcément envie que des chenilles bouffent complètement votre blé ou votre maïs. Et donc, du coup, les animaux, encore une fois, ça aide vraiment. C'est le cas aussi des chauves-souris par exemple qui bouffent plein d'insectes dont les moustiques qu'on déteste tous. Donc la préservation est importante. Par rapport à la santé, un peu moins cool quand même, mais très important d'avoir notamment des ornithologues qui vont surveiller les grippes aviaires, qui vont voir qu'est-ce qui se passe, qui vont voir les maladies chez les oiseaux. Et je ne sais pas vraiment, je ne pense pas que c'est vraiment eux qui font des analyses dessus, mais en tout cas qui vont pouvoir détecter s'il y a un problème et le détecter assez tôt pour éventuellement que... quelque chose puisse être fait contre ça. Donc aujourd'hui, l'ornithologie, et je vais en parler plus en détail dans le prochain épisode, c'est à la fois des gens dans des musées, des gens devant des ordinateurs, des gens avec des jumelles, et vous et moi qui se baladons avec notre application eBird pour aller y mettre nos observations, parce que ça aussi, c'est très important pour la science. J'espère avoir fait un petit tour, pas complet, mais en tout cas sympa de l'ornithologie. En tout cas, c'est une science super intéressante qui va du truc, mais... de fou tellement c'est complexe et tellement c'est précis et honnêtement je pense pour moins d'une dizaine de gens sur la planète tout le reste trouve ça extrêmement chiant et en même temps comment c'est quelque chose de tellement populaire et agréable parce qu'aller observer les oiseaux même si c'est de l'ornithologie voilà c'est pas de l'ornithologie de prix nobel quoi et ben tout ça ça fait partie de l'ornithologie elle nous enseigne à comprendre la nature à être patient et en même temps allier la technologie et la collaboration. Donc une science plutôt cool. Maintenant, le prochain épisode, on va voir... Mais en fait, c'est quoi la vie d'un ornithologue ? Qu'est-ce qu'il fait de sa journée ? Réponse, la semaine prochaine.