- Christelle
Salut à tous les amis lecteurs et auditeurs, je suis ravie de vous retrouver pour cet épisode spécial. Aujourd'hui, nous participons au Podcaston, le grand événement caritatif qui mobilise des centaines de podcasteurs pour mettre en lumière des associations qui changent le monde. De mon côté, j'ai choisi de vous parler d'une association qui agit concrètement ici, en Alsace, Solidarité Femmes 67. C'est une structure essentielle qui accompagne les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants sur tout le territoire du Bas-Rhin. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Thomas Foehrlé. Bonjour Thomas.
- Thomas
Bonjour.
- Christelle
Merci beaucoup d'être avec moi aujourd'hui pour cette toute première interview de mon podcast. Pour commencer, est-ce que vous pourriez nous présenter la mission de l'association ?
- Thomas
Oui, l'association a pour mission depuis sa naissance, depuis 1975, la lutte contre les violences faites aux femmes et notamment les violences au sein du couple.
- Christelle
D'accord. On parle souvent de violences conjugales, mais elles prennent plusieurs formes. Quelles sont celles que vous rencontrez le plus souvent ?
- Thomas
On a listé, alors quand je dis on, ce n'est pas nous, c'est de manière générale, les recherches sur la question de violences au sein du couple, on a listé sept formes, sept types de violences. Donc on a, on pense, les premières violences auxquelles on pense, ce sont les violences physiques, puisque même à l'époque, notre association s'appelle, sa création s'appelait SOS Femmes Battues, comme s'il n'y avait que les violences physiques. mais en tout cas Voilà, donc les violences auxquelles on pense en premier, ce sont les violences physiques, mais après il y a les violences psychologiques, les violences verbales, les violences économiques, les violences administratives, les violences sexuelles et les cyber-violences. Toute cette typologie de violences, faut qu' effectivement on peut comprendre un petit peu mieux ce que recouvre la notion de violences.
- Christelle
Est-ce que du coup l'association Solidarité Femmes 67 s'occupe de toutes ces violences ?
- Thomas
Oui, oui, complètement. Pour nous, ça fait partie du chapeau entre guillemets, une violence au sein du couple. Et des femmes qui s'adressent à nous peuvent venir uniquement, entre guillemets, pour des violences administratives ou économiques ou psychologiques, ou avoir malheureusement toutes les formes de violences qui s'exercent au sein du couple. C'est malheureusement ce qu'on voit le plus souvent au monde intérieur.
- Christelle
Des violences combinées. Des violences combinées, voilà. Je ne sais pas si c'est le terme.
- Thomas
Non, non, mais c'est ça. Effectivement, c'est... En fonction du moment où le conjoint violent a besoin de reprendre le contrôle sur la situation, il va utiliser l'une ou l'autre forme de violence. D'accord. Un mouvement comme ça.
- Christelle
Ok. Et comment se passe le premier contact ? Est-ce que c'est les femmes qui viennent directement vous voir, ou est-ce qu'elles passent par le 3919, ou par un autre numéro ?
- Thomas
Non, alors on a plusieurs voies d'accès à l'association. La principale étant quand même les assistants sociaux de secteur de la ville et de l'euro-métropole de Strasbourg, ce qu'on appelle l'assistante sociale, tout simplement. Généralement, on a une grande partie de nos orientations qui viennent effectivement de la part du service social du secteur. La deuxième grande orientation, c'est le bouche à oreille. Les femmes viennent, nous trouvent sur Internet, nous trouvent sur l'annuaire du 3919, etc. Donc, la deuxième grande orientation, c'est effectivement la deuxième voie importante d'orientation, c'est donc le bouche à oreille. Et puis après, nous avons effectivement, comme nous faisons partie de la Fédération nationale de la solidarité des femmes qui gère le 3919, nous avons aussi des orientations du 3919. et puis après de Tout un chacun, on a des orientations d'un médecin généraliste, on a des orientations d'associations partenaires, etc. Mais si vous voulez, les deux grandes voies d'accès entre guillemets à l'association, c'est le service social de secteur et le bouche à oreille.
- Christelle
D'accord. Et est-ce qu'il y a des spécificités du fait qu'on soit basé à Strasbourg ?
- Thomas
Alors moi, j'en vois deux qui sont assez importantes. D'une part, Strasbourg étant située géographiquement au carrefour de plusieurs voies. On a beaucoup de femmes en situation de migration qui vivent des violences, soit sur leur parcours migratoire, soit qui migrent justement à cause des violences dont elles sont des victimes. Donc on a effectivement cette question-là, nous, avec la question de la traduction, parce qu'elle n'est pas prise en charge dans nos budgets alloués par l'État, puisqu'on fonctionne avec des budgets de l'État. Donc pour nous, c'est pour accompagner au mieux toutes ces femmes, il faut qu'on puisse avoir leur discours et le vrai récit. Donc il faut qu'on puisse comprendre réellement ce qu'ils nous disent. Le deuxième élément, je dirais qu'on est sur un département au Strasbourg, département du Barin, donc où Strasbourg draine, l'euro-métropole de Strasbourg draine beaucoup. Donc c'est vrai que dès qu'on sort de l'euro-métropole, la question de l'accompagnement, la question du suivi est toujours un tout petit peu plus complexe que quand on est au sein de l'euro-métropole qui concentre un certain nombre de services qui sont très opérationnels.
- Christelle
D'accord, ok. Concernant l'accompagnement qui est proposé, est-ce qu'il est global ? Est-ce qu'on a de l'hébergement, un soutien psy, un soutien juridique ou de l'aide au retour à l'emploi, par exemple ? Je ne sais pas.
- Thomas
Alors, si vous voulez, j'ai envie de dire qu'il y a deux types d'accompagnement. Il y a l'accompagnement qui se fait sur l'ensemble de nos services d'hébergement-logement puisqu'on dispose d'à peu près 150 places pour femmes et enfants victimes de violences au sein du couple. Une fois que les familles sont dans nos dispositifs d'hébergement, il y a ce qu'on appelle effectivement un accompagnement global. qui s'évaluera en fonction des ressources de Madame, parce qu'on a des femmes victimes de violences au sein du couple qui ont quand même eu l'occasion de travailler ou qui travaillent encore, donc elles n'ont pas besoin d'être accompagnées sur le retour à l'emploi. D'autres qui ont été totalement isolées pendant des années, donc qui n'ont même pas pu se former. Donc là, on va vraiment évaluer le degré d'accompagnement en fonction des ressources de la femme qui s'adresse à nous.
- Christelle
Et des besoins.
- Thomas
Et des besoins, évidemment. Et de ses besoins. Et de ses demandes surtout, puisqu'on parle de ses demandes et de sa parole. Ce qui est important, c'est de comprendre que nous, on est une sorte de boîte à outils. Et finalement, la femme victime de violences au sein du couple, elle va venir chez nous et elle va nous dire, moi j'ai besoin de tel ou tel outil pour pouvoir effectivement de nouveau m'émanciper et être de nouveau totalement indépendante et autonome. Et dans cette boîte à outils, il y a donc l'hébergement et le logement, mais il y a aussi des psychologues en interne, il y a des avocates et des avocats spécialisés sur le droit des femmes, et notamment en matière de violences au sein du couple, puisque c'est un droit très particulier, en tout cas avec des spécificités qu'il est important de connaître. Voilà, donc on a... Si vous voulez, on a des psychiatres aussi avec lesquels on travaille. On a un certain nombre d'éléments qui nous permettent d'être cette boîte à outils et qui permet, en fonction du besoin et des demandes des femmes, de pouvoir leur dire, écoutez, cet outil-là, on en dispose. Est-ce que vous voulez qu'on vous le propose ?
- Christelle
D'accord, ok. Vous parliez des enfants avant, puisque vous avez des places pour des femmes et des enfants. On a un peu tendance parfois à les oublier. Quel rôle joue l'association pour eux ?
- Thomas
On a tendance à les oublier à tort. Nous, au sein de la Fédération nationale de la santé des femmes, on a toujours considéré les enfants comme des victimes de violences au sein des couples. Alors ça a été inscrit dans la loi, je n'ai plus exactement la date de la loi, mais ça fait deux ans que nous avons sorti qu'ils reconnaissent enfin les enfants comme victimes de violences. Puisque même si effectivement la violence du mari s'adresse d'abord à la mère, on sait très bien qu'il y a un impact et cet impact est important puisqu'on estime que même si la violence ne leur... et pas directement adressés, on retrouve les mêmes symptômes que pour des enfants maltraités directement. On a ces éléments-là aujourd'hui, mais on a toujours défendu le fait qu'un mari violent ne pouvait pas être « bon père » . Ces mécanismes-là, les mécanismes dont il use et abuse, j'ai envie de dire, dans sa relation de couple où il exerce la violence, il les utilise de manière différente, mais en tout cas vis-à-vis des enfants. Nous avons développé depuis longtemps une écoute interne des enfants qu'on héberge avec une psychologue qui vient une fois par semaine pour ces enfants-là. Et puis on avait aussi ouvert, là il faut qu'on retrouve des financements parce qu'on a perdu les financements, on avait ouvert une cellule d'écoute psychologique à destination des enfants victimes de violences, donc ceux qui vivent encore au domicile ou ceux qui sont en train de partir du domicile pour les accompagner au mieux. Pour nous les enfants sont vraiment des vraies victimes, de la même manière que sont leurs mères.
- Christelle
on les accompagne autant que possible. Si une personne qui nous écoute a un doute sur la situation d'une amie, d'une collègue, d'une connaissance, quels seraient les conseils qu'on pourrait lui donner pour ne pas être intrusive et ne pas braquer la personne ? Parce qu'en général, j'imagine malgré tout que les femmes ont encore honte de ce genre de situation et n'osent pas forcément en parler de manière ouverte.
- Thomas
Oui, ça reste compliqué. pousser la porte de l'association ou se faire entendre effectivement ou montrer qu'on est effectivement dans une situation de violence, effectivement c'est encore difficile c'est encore honteux pour beaucoup d'entre elles moi j'ai envie de dire, il y a deux, trois éléments de posture que tout le monde peut avoir, c'est d'une part lui laisser la maîtrise du temps, c'est-à-dire que c'est effectivement elle qui décide quand elle va faire ses démarches, on aimerait bien quand on sait qu'on a une une voisine, une amie, une sœur, que ce soit le syndicat ou que ce soit tout de suite, la prendre par la main et hop, on fait ça. Mais si on fait ça, on refait exactement ce que fait son conjoint violent avec elle, c'est-à-dire qu'on l'infantilise, c'est-à-dire qu'on va travailler, on va prendre ses décisions à sa place. Et s'il n'y a pas de danger vital, je dis bien s'il n'y a pas de danger vital, si évidemment votre ami vous dit je rentre à la maison et mon conjoint a un pistolet, il va me loger une balle dans la tête, forcément on agit complètement différemment. mais dans la plupart des cas, malheureusement, la violence est ce qu'on appelle chronicisée. Il existe et nous, à l'accueil de jour, un des autres services de l'association, on reçoit 450 à 500 nouvelles situations par an. Vous pensez bien qu'on ne peut pas donner des solutions à chaque nouvelle situation qui vient au moment où elle vient. Donc en fait, oui, c'est ça, la croire, lui laisser la maîtrise du temps et simplement faire exactement ce que j'ai dit avant, c'est lui dire, tu sais, face à ça, moi je te crois et tu n'es pas toute seule. Le jour où tu as besoin d'en parler, le jour où tu as besoin d'en faire quelque chose, il y a le 3919, je pense que c'est déjà ça. Il y a une association sur la TFAM 67, si elle est sur le département du Barin, ou sur le département, voilà. Donc effectivement, c'est plutôt avoir ce rôle de boîte à outils. Si par exemple, vous ne savez pas comment lui parler, que c'est une personne qui est dans votre immeuble, n'hésitez pas, vous pouvez vous rapprocher de nous. On vous donne par exemple des petits flyers de 3919 que vous pouvez glisser anonymement dans toutes les boîtes aux lettres. Comme ça, c'est une information pour tout le monde, sauf que la femme qui est victime, elle l'aura aussi. Donc ça lui permettra peut-être à un moment ou à un autre d'appeler. C'est vraiment, alors encore une fois, hors danger important, mais ne jamais essayer de forcer la main d'une victime, parce que c'est souvent ça effectivement qui fait qu'après elle se braque. Quand on va, moi je me souviens, on fait de la formation auprès des médecins, et je me souviens des médecins qui disaient, le premier récit de victime de violence conjugale, j'ai fermé mon cabinet, je l'ai emmené au commissariat, et après je me suis rendu compte qu'elle allait rentrer toute seule chez elle, parce que je n'allais pas l'accompagner chez elle. avec un dépôt de plainte et qu'elle ne saurait pas quoi en faire, et que son mari allait lui demander "Mais t'étais où ?". Donc vous voyez, en fait, des fois on a envie d'agir, mais ça peut être effectivement, parce qu'elle seule maîtrise le risque de représailles. Et souvent, elle vient nous dire, là je ne pars pas tout de suite, j'ai juste besoin d'informations, j'ai juste besoin de connaître mes droits, j'ai juste besoin que vous me croyez, et j'ai besoin qu'on prépare le départ, parce que je sais à partir de quel moment je serai en capacité de faire face à mon mari, de faire face à mes enfants, parce que des fois les enfants, ils comprennent. La situation, mais ils s'identifient quand même au côté positif du père. Donc, ils vont dire à leur mère, mais pourquoi est-ce qu'on ne voit plus papa à cause de toi ? Donc, il faut qu'elle soit armée pour pouvoir partir. Et ça, ça prend du temps. C'est pour ça que notre accueil du jour, parfois des accompagnements de préparation départ, qui peuvent durer un mois, six mois, un an. Mais en tout cas, chaque moment de préparation, chaque moment où une femme vient nous voir ou on parle à quelqu'un d'autre, c'est un moment, ce que nous on appelle l'ouverture psychique, où elle se dit, là, j'ai gagné un petit peu, mais je me prépare mon départ de manière efficiente.
- Christelle
Elles voient une porte de secours, une porte d'un finissement.
- Thomas
Elles sortent enfin du système verrouillé dans lequel les amis leur conjoint. Et elles ont besoin de temps pour en sortir. Il faut être là au moment. Il faut être là, il faut avoir la boîte à outils.
- Christelle
Il faut être au près aussi pour l'accueil, effectivement. Alors, petite question par rapport au podcast. Pourquoi est-ce que ça peut être important pour vous d'y participer ? Pour vous comme pour moi, c'est une première. Donc, voilà.
- Thomas
Alors, pour nous, en tout cas pour l'association, le plus important, c'est de pouvoir dire aux femmes qui sont victimes au sein du couple et qui peut-être écouteraient le podcast, de dire, vous n'êtes pas toute seule. Il y a le 39-19, il y a une association. Si vous ne les connaissez pas, si vous ne nous connaissez pas, grâce à ce podcast, vous nous connaissez. En fait, le premier principe,
- Christelle
c'est déjà de se faire connaître.
- Thomas
C'est-à-dire, voilà, on est là, on est cette fameuse boîte à enregistrer. Vous avez besoin de nous. Ouvrez la boîte aussi. On sera à votre disposition. Le premier principe, c'est vraiment celui-ci.
- Christelle
C'est vraiment celui-ci. Tout à fait. On a parlé de financement.
- Thomas
Oui.
- Christelle
Donc, vous êtes financé par l'État et par les dons, j'imagine.
- Thomas
Oui.
- Christelle
Si vous en avez quelques-uns, concrètement, à quoi servent les dons que vous pouvez recevoir aujourd'hui ?
- Thomas
Pour éclaircir la situation des financements, puisque ça peut être intéressant, la majeure partie de nos services sont financés par les services de l'État, soit le droit des femmes, le droit des services déconcentrés qui travaillent autour de l'hébergement-logement classique, puisqu'on est une association qui travaille dans ce cadre-là. On a une petite partie de financement qui fonctionne par les dons, mais c'est juste notre service espace-lumine, notre observatoire local. pour garder sa totale indépendance, puisqu'on a édité par exemple un rapport sur l'hébergement d'urgence des femmes victimes de soins du coupable dans le département du Barin. On va faire une journée d'études en mars 2026 sur l'amour romantique comme prétexte à la violence. Et donc on a un observatoire effectivement qui permet et qui propose ce genre de réflexion et d'études. Donc une partie des dons vont au fonctionnement de cet observatoire, mais plus généralement quand c'est des dons de particuliers. Ils vont directement à l'accompagnement des dames. C'est-à-dire qu'on a des femmes qui arrivent et qui, je vais vous donner deux, trois exemples, au moment où le temps qu'elles retrouvent un petit peu des éléments financiers, etc., n'ont pas de caravane géo. On avait une femme, par exemple, qui était juste au-dessus des seuils pour pouvoir bénéficier de l'aide juridictionnelle. Donc, elle devait payer les mêmes avocats, mais elle n'avait pas assez d'argent quand même pour le forfait que lui proposait son avocate. On vient en aide, on n'a pas pris tout en charge,
- Christelle
mais on vient en aide à ces actions-là.
- Thomas
Voilà, un enfant qui avait besoin de lunettes avec des foyers correcteurs assez importants, tout n'était pas pris en charge, donc c'est nous qui avons compensé. Voilà, donc en fait, si vous voulez, la plupart des dons des particuliers, les dons un peu plus importants de mécénat, etc., ça fonctionne, ça va plus beau à l'observatoire. Et les dons des particuliers, c'est plus à destination directe, évidemment, sur des petits besoins, mais qui sont importants, parce que quand vous avez vraiment... aucune ressource ou très peu de ressources, le fait d'avoir un jour 200 euros pour payer une plus-value de verre ou des choses comme ça, ça ne vous...
- Christelle
Ce n'est pas négligeable. Ce n'est pas négligeable du tout. Tout à fait d'accord. Et concrètement, en dehors de l'argent, comment on peut vous aider ?
- Thomas
Alors en dehors de l'argent, l'aide principale, et ce n'est pas tant pour nous, parce que nous, on vit... On a les mêmes ressources qu'il y a malheureusement 300 ou 2000 femmes qui viennent chez nous, mais ce que je disais avant, comme l'intérêt du podcast, la première chose, c'est de... parler de l'association, de pouvoir orienter. La deuxième chose, c'est qu'au-delà des dons pécuniaires ou de l'argent, on est constamment en attente et besoin, puisqu'on s'occupe aussi du relogement des femmes quand elles sortent de nos appartements. Et en moyenne, on a évalué, si une femme sort de chez nous, elle doit avoir un appartement, elle doit complètement se reloger, avec lit, machine à laver, linge, les choses essentielles. On est entre 2000 à 3000 euros. en fonction de l'actif de mobilier. Donc on est aussi, s'il y a du mobilier en bon état, parce que nous, on n'a pas du mobilier en bon état, et puis après, on récupère des fois des habits, on récupère des fois des livres, en période de Noël, on va récupérer une série de cas de Noël pour pouvoir les offrir. Il y a différents autres moyens de pouvoir venir en nouvelle association.
- Christelle
D'accord, et tous ces dons, du coup, on les met où ? On les donne à qui ? Concrètement, à qui ?
- Thomas
Très concrètement, vous pouvez effectivement les adresser directement à moi. Et là, il y a deux solutions. Soit on a un besoin immédiat de reloger une dame, par exemple, c'est le don d'un lit de place, on va pouvoir directement le mettre dans l'appartement. Soit effectivement, on a un petit espace de stockage, mais qui n'est pas très grand. Donc là, ça va être en fonction du besoin et des disponibilités. Alors, si la personne qui donne n'est pas très pressée dans son don et peut encore garder et que nous, on n'a plus de place, on peut essayer de s'arranger en disant, voilà, dans deux mois, on installe une dame. telle dame dans tel appartement, est-ce que vous pouvez encore garder votre devant ? D'accord. En tout cas, c'est vraiment au cas par cas, en fonction du moment où vous venez.
- Christelle
Et des besoins arrivent avec nos seaux d'eau. On accepte.
- Thomas
On accepte.
- Christelle
Pour finir, quel petit message positif aimeriez-vous adresser aux personnes qui nous écoutent ou aux femmes qui n'osent peut-être pas encore faire le premier pas ?
- Thomas
Oui, tout à fait. Alors aux femmes qui n'osent pas faire le premier pas, je trouve que de toute façon, d'une manière générale, la note positive, c'est ce que je souligne à chaque fois que je fais une formation, c'est la formation ou en interview, comme ça c'est le courage dont elles font preuve pour pouvoir effectivement... Se prendre le temps, réfléchir et venir après faire le pas pour dire, voilà, maintenant, je suis prête et j'y vais. Donc, il y a vraiment une vraie force, un vrai courage. Et on voit, comme dit, on a à peu près 450 nouvelles situations par an. Et on n'a pas une qui n'a pas ce courage en elle. Donc, ça, c'est vraiment très positif. Et puis, l'autre chose très positive, c'est ce que tout le monde fait et ce que vous faites vous aussi par rapport à ce podcast, c'est qu'on a la chance d'avoir effectivement maintenant la possibilité d'en parler. Il y a quelques années, quand je parlais de ce « Y'a des femmes 67 » , Merci. Et quand je dis quelques années, c'est une dizaine d'années. Ce n'est pas si loin que ça. Aujourd'hui, on arrive à en parler. Il y a des BD qui sortent. On arrive à travailler sur cette question-là. En janvier, on propose une conférence sur cette question-là. Ce qui est très positif, c'est qu'aujourd'hui, on arrive à en parler. On sait qu'il y a violence au sein du couple. Ce n'est pas un accident. Ce n'est pas un acte isolé. C'est bien un système. Et on essaye de faire en sorte de lutter ensemble contre ce système.
- Christelle
D'accord. Écoutez, merci beaucoup Thomas pour votre participation et votre discours très intéressant. Bonne journée à vous.
- Thomas
Merci à vous. Merci bien.
- Christelle
Au revoir. Un grand merci à Thomas Foehrlé pour cet échange. Le travail de Solidarité Femmes 67 est fondamental pour accompagner les femmes victimes de violences. Si vous avez besoin d'aide... de conseils ou si vous connaissez quelqu'un dans cette situation, n'hésitez pas. Appelez le 3919, c'est le numéro national de référence. Il est gratuit, anonyme et accessible 7 jours sur 7. Merci à vous d'avoir écouté cet épisode. N'oubliez pas de vous abonner à nos lectures à voix haute. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour une nouvelle lecture. Je vous dis à très vite !