Marc-André RizkLa bonne nouvelle, c'est que la responsabilité, c'est pas une question de faute. La responsabilité, c'est une question d'apprentissage. Et c'est quoi la façon la plus efficace d'apprendre ? Bingo ! Par le jeu. Je vous le donne, on est mal parti en tant qu'adulte. On est devenu responsable, et jouer, ça doit être la dernière affaire à rentrer sur le calendrier, s'il reste la place. Au mieux, une heure cette semaine. J'ai souvent que l'ennemi numéro un de la vie d'adulte, c'est le plaisir. On ne veut surtout pas avoir trop de fun, ça serait irresponsable, n'est-ce pas ? Non seulement on peut apprendre en jouant, mais c'est généralement la meilleure façon d'apprendre une leçon. Ça revient à dire, la meilleure façon pour prendre notre responsabilité. Par exemple. Une personne qui commence à jouer de la guitare ou d'un instrument de musique et qui apprend une nouvelle chanson, elle va s'apercevoir en commençant à jouer si une note est fausse. Elle pourra alors s'arrêter, voir où est l'erreur, pratiquer son doigté pendant un moment sans doute, avant de reprendre pour arriver à jouer le morceau. Pour pouvoir appliquer ce concept maintenant concrètement dans nos vies, ça prend de comprendre notre raison d'être. Notre raison d'être... je vois mal ce que ça peut être, autre que pour jouer. Je suis peut-être juste incorrigible, remarquez bien. J'aime jouer avec un ballon aujourd'hui autant que quand j'avais 5 ans. Alors pour moi, une journée sans ballon, c'est une journée sans jouer, et c'est une journée manquée. Mais c'est pas de ma faute au fond. Le jeu est intrinsèquement lié à la créativité, et créer, ça fait partie de notre ADN. Autrement dit, créer, c'est divin. Et nous sommes divins. Nous sommes des êtres créateurs. La créativité coule donc dans nos veines. Ça veut dire que si on n'est pas en train de jouer à notre vie, on n'est pas en train de créer. Et ça veut dire qu'on n'est pas en train d'être fidèle à notre nature, et certainement pas en train de prendre notre responsabilité, comme on disait hier, d'être des exemples de la divinité sur deux pattes. Sans jeu, on peut oublier la responsabilité parce qu'on n'apprend pas grand-chose. Ah, sauf peut-être, c'est vrai. La culpabilité, la faute, le jugement, la pression, la rigidité, la maladie, être mal dans sa peau, toutes ces belles choses. Ce qui est presque sûr, c'est qu'on n'apprend pas à être bien ici, maintenant. Et ça c'est con, non ? La responsabilité est une notion d'apprentissage qui aide à éviter le piège béant de la culpabilité. C'est là pour ça que la responsabilité est si difficile à mettre en pratique. On doit apprendre une nouvelle façon d'être que celle de la faute, celle de la culpabilité, celle avec laquelle on a généralement été éduqué. Pour vouloir apprendre cette façon d'être, cette responsabilité, et avoir la discipline pour la mettre en pratique, le jeu est indispensable. J'irais même jusqu'à dire que sans jeu, l'apprentissage perd tout son sens. Ça veut donc dire que la responsabilité perd tout son sens. Je vous donne quelques exemples. Le développement personnel, vous l'avez sans doute remarqué, grandit beaucoup ces dernières années et c'est un domaine qui sert à apprendre à jouer le jeu de la vie. Pourquoi ça grandit autant dans les dernières années ? Je suis convaincu que c'est parce que nous souffrons. Nous ne jouons plus assez. Et évidemment que c'est ce qu'on veut, jouer. Nous sommes des êtres créateurs et créer, c'est le fun. Autre exemple. Vous avez envie que votre partenaire en couple fasse de la thérapie. C'est quelque chose que j'ai souvent entendu, ou même où j'ai eu la demande. Comment je fais pour que mon chum, ma blonde, fasse des rencontres avec toi ? Je vais essayer de vous le dire le plus simplement du monde. Oubliez ça si ce n'est pas dans un contexte pour mieux jouer le jeu du couple ensemble. Ça me semble que bien les thérapies, bien du coaching, bien du développement de soi soient faits pour se changer ou changer l'autre. Ça ne peut pas être ça la base de la thérapie. Ça va à l'encontre de la vie. La vie est basée sur l'amour. L'amour est basé sur l'accueil. Vous allez entrer en thérapie ou essayer de rentrer quelqu'un en thérapie pour que cette personne change et enfin que vous soyez bien. Good luck ! Mais surtout, where's the fun in that ? Where's the play ? La raison d'apprendre sur soi, sur l'autre, c'est pour mieux jouer le jeu des relations ensemble. Nous sommes des êtres créateurs, comme on l'a déjà dit, mais nous sommes aussi des êtres de relation. Un endroit où je souffre personnellement, Quand je parle parfois de la notion de jeu, c'est dans mes relations avec la famille. Je continue de pratiquer et d'entendre de m'entraîner à communiquer efficacement avec eux. Mais les fois où ça échoue, c'est quand j'oublie le jeu, justement. Autre exemple, parlant de famille. Des parents qui m'ont approché pour aider leurs enfants ou leurs ados. Oubliez ça, puisque la majorité du temps, et l'entendre la majorité, j'ai pas dit tout le temps, j'ai cette demande pour que l'enfant ou l'ado change. Et là, entendre parce qu'elle ou lui tape sur les nerfs du parent. Si vous voulez que ça soit efficace et que les choses changent, le changement ne peut être l'intention première. C'est-à-dire que ça doit être vu comme la résultante. Le but, l'intention, du moins en premier, doit être le jeu. Je vous rappelle, c'est ça l'ordre des choses. D'abord, se rappeler notre raison d'être, le jeu. Ensuite, le changement, en son temps, bien à lui. Nous sommes ici pour jouer, pour apprendre à jouer dans ce corps d'humain qui nous a été donné. J'entends parfois dire qu'on est ici pour guérir. Je me dis, voyons que nous venons de Dieu, que cette puissance qui a tout créé nous crée pour guérir, alors qu'on dit que la santé est l'état naturel du corps. Ça n'a pas de sens pour moi d'être ici sur Terre pour guérir. On est ici pour jouer, et pour être en mesure de jouer, pssst ! de profiter de ce jeu appelé la vie d'humain, on doit guérir. On veut guérir. C'est comme l'athlète blessé qui veut se rétablir pour retourner. Retourner à quoi déjà ? Ah oui, au jeu. L'athlète ne joue pas pour se blesser et avoir envie de guérir. Il joue, se blesse parfois de par la nature du jeu, et a envie de guérir pour retourner jouer. Ça me rappelle quand j'étais jeune. Je voulais apprendre à jouer au hockey. J'étais tellement excité, tellement ouvert à apprendre parce que je voulais savoir comment arriver à manier la rondelle, ou le palais, apprendre à faire des passes et à les recevoir, pour aller compter des buts. Je voulais apprendre parce qu'il y avait le jeu. Je n'ai jamais compris pourquoi on punissait surtout des jeunes joueurs en faisant des pratiques uniquement de patinage, sans rondelle. Again, where's the fun in that ? Le malheur là-dedans... c'est que c'est tellement pas productif. Nous sommes créés pour jouer. L'apprentissage est nécessaire parce qu'il nous nourrit et on a soif d'apprendre quand on joue. Connaissez-vous des entraîneurs avec des athlètes ou des équipes qui stagnent et ne progressent plus ? Si on allait rencontrer leurs équipes, je suis à peu près sûr qu'on verrait des joueurs inertes, sans vie. Évidemment, si l'aspect jeu est mort, on ne peut être en vie. et avoir envie de choses si on ne s'autorise pas à jouer. Tout peut s'apprendre pour autant que le jeu en soit la raison d'être. On peut prendre la responsabilité de tout pour autant qu'on le voit comme un jeu. C'est après tout notre raison d'être. Bien, c'est la raison d'être que je vous encourage à poursuivre, celle qui vous motivera le plus à apprendre, à mon humble avis, et à prendre la responsabilité... de tout dans votre vie. Si vous prenez cette direction, rappelez-vous une chose. Que le jeu, c'est en quelque sorte le chaos. On ne sait pas où ça aboutira. On ne sait pas comment ça se terminera. Rappelez-vous que c'est aussi ça le fun. À demain. Et pssst ! Le but est de jouer. Et donc la responsabilité, c'est l'outil pour continuer de jouer au jeu de la vie. La responsabilité, c'est se demander comment composer avec les choses qui se sont produites jusqu'à aujourd'hui pour retrouver notre envie de jouer. Que ce soit clair, le but du jeu n'est pas le déni. Quand je jouais au hockey, le lendemain d'un match difficile, la vidéo qu'on regardait pour apprendre des erreurs de la veille, c'était pas pour faire du déni sur comment la game précédente avait été. Au contraire. Reconnaître comment ça a été aidait à aligner le prochain match. La prochaine fois qu'on allait se mettre à quoi déjà ? Voyons, ça va me revenir. Ah oui, la prochaine fois qu'on allait se mettre à jouer. On veut apprendre, et on le dit de cette façon-là dans le sport, pour améliorer notre jeu. C'est donc pour l'amour du jeu qu'on veut s'améliorer, parce qu'on veut s'amuser davantage. Ce n'est pas la personne qu'on doit améliorer. C'est comment améliorer son jeu, par exemple en relation. pour être en mesure de jouer davantage et jouir davantage de la vie.