Marc-André RizkLa bonne nouvelle, c'est que le jeu donne l'envie d'apprendre, et ce qu'on apprend, c'est notre responsabilité. Ça revient à dire que le jeu qu'on veut jouer est notre responsabilité. J'ai joué au hockey longtemps, j'ai voulu en faire carrière, mais au fond, je mens quand je dis ça, parce que j'ai arrêté de jouer, et l'entendre, j'ai arrêté de m'amuser, j'ai arrêté d'apprendre, et donc j'ai arrêté de prendre ma responsabilité, à partir de 17 ans. C'est assez fou de constater cette suite logique. Pas de jeu, pas d'apprentissage et donc pas de responsabilité. La responsabilité, on dit qu'on l'apprend quand on n'accuse pas, quand on assume les conséquences. Quand j'ai arrêté de m'amuser dans ce sport, non seulement j'ai arrêté d'apprendre et de progresser, mais ça coïncide aussi avec quand j'ai commencé à beaucoup accuser les gens dans ce milieu et les gens de mon entourage à ce moment-là de ma vie. Mon père, mes entraîneurs, mes adversaires, les agents, les directeurs gérants, les propriétaires d'équipe. J'ai continué malgré tout de pousser et de jouer au hockey jusqu'à mes 27 ans. Mais pourquoi ça n'a pas fonctionné ? Pour avancer dans un domaine de vie, pour progresser, comme vous savez, on doit apprendre de nouvelles choses. Eh bien, j'avais arrêté d'apprendre dès mes 17 ans. J'ai mis un stop à mon apprentissage parce que j'avais perdu le sens. Je ne jouais plus. Mais comme on le disait hier, pas de jeu, pas de sens. Je me rappelle d'un match que je jouais à Sagana au Michigan. J'avais 18 ans. Et pendant le jeu, je finissais une mise en échec, douteuse pour certains. Mais je n'étais pas un joueur vicieux qui cherchait à faire mal. Après tout, je voulais jouer. Mais les mises en échec sont légales au hockey. Traper son adversaire est légal. Alors lors de ce jeu, après ma mise en échec, le sifflet s'est fait entendre et une mêlée a éclaté. Pour les non-initiés au hockey, ça veut dire que chaque joueur a attrapé un adversaire et il y a eu quelques bagarres. J'ai agrippé un joueur qui m'a aussi agrippé et je n'avais pas envie de me battre. Ce joueur m'a regardé et m'a dit quelque chose que je me rappelle comme si c'était hier. Je me rappelle parce qu'il avait l'air d'avoir 30 ans ce joueur-là en face de moi, une barbe fraîchement rasée, ce qui m'impressionnait dans le temps. J'avais à peine des poils sur le menton alors que lui en avait assez pour se raser. Il m'a dit « What are you gonna do ? » « Que vas-tu faire ? » Et c'était dit avec condescendance. En voulant dire « Qu'est-ce que tu vas faire, le petit ? » Honnêtement, si je n'avais pas eu trop d'égo, j'aurais aimé lui dire « Mais rien, mon vieux. Je veux juste qu'on retourne jouer. Est-ce qu'on peut aller à la mise en jeu pour redémarrer la partie, remettre la poque en jeu ? » Et la suite ? Comme j'avais été le joueur qui avait démarré tout ce bordel, j'ai été expulsé du match. grossissant mon égo encore plus parce que la foule des milliers de personnes présentes avait bien aimé le spectacle. C'était absolument pour rien et sur aucun fondement que mon égo grossissait. J'étais pas un joueur tough, un joueur qui joue dur, qui aime donner des coups comme certains joueurs le font. Sauf que c'était bien vu dans ce milieu-là. Alors j'ai joué la game. En tout cas, j'ai essayé de la jouer. J'ai fait semblant d'être un tough, très mal, parce qu'au fond, c'était pas mon jeu. J'ai donc pas appris à jouer de cette façon. Je voulais pas l'apprendre comme c'était pas mon jeu ou le jeu que je voulais jouer. J'ai souffert en continuant de prétendre pendant dix ans. Dans les jours plus difficiles, je me disais, et là à entendre, je me mentais. Alors je me disais que je faisais preuve de persévérance et de résilience. Aujourd'hui, je m'aperçois que c'était plutôt de l'inconscience et beaucoup, beaucoup de peur. Le jeu, voilà ce qui nous revigore et donne l'envie de vivre, de se donner à fond, d'apprendre et de prendre sa responsabilité. Le jeu est une conséquence de l'amour véritable. et une pièce maîtresse pour prendre sa responsabilité. Le jeu, c'est ce qui sort naturellement de nous et ce qu'on fait de notre vie quand nous sommes centrés. Ce qui se trouve au centre de chacune, chacun d'entre nous, le cœur. Et le cœur, c'est le centre de la joie. La joie en action, c'est le jeu. Alors comme on a dit hier, C'est dans le jeu qu'on apprend le plus. On est détendu, on est concentré. Après tout, ce n'est pas sérieux, c'est un jeu. On peut donc plus facilement rester ouvert pour apprendre. C'est important puisque notre responsabilité, c'est de se demander continuellement ce qu'on apprend de nos expériences. Alors je termine en vous demandant, à quel jeu allez-vous vous consacrer cette année ? Ça dictera vos apprentissages et vous aidera à être responsable ou à demeurer dans votre responsabilité. À demain.