- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Nicolas et je vous donne rendez-vous tous les mercredis à 8h dans Nous, le podcast qui met en avant des parcours de vie. Nous, c'est l'idée que chacun de nous a une histoire à raconter. Chaque récit que nous partagerons ici nous rappellera que derrière chaque individu se cache un parcours unique, mais aussi des combats, des triomphes et des leçons qui résonnent en chacun de nous. Dans l'épisode d'aujourd'hui, vous allez découvrir l'histoire de Marie-Christine, à 40 ans. Après 20 ans de couple, elle a décidé de divorcer et ne supportait plus de vivre dans une relation toxique. Aujourd'hui, elle transforme cette expérience en force et aide d'autres femmes à se reconstruire et à créer des relations amoureuses saines. Préparez-vous à découvrir le pouvoir de la résilience face aux épreuves de la vie. Parce qu'ensemble, nous sommes plus forts. Bienvenue dans nous. Bonjour Marie-Christine.
- Speaker #1
Bonjour Nicolas.
- Speaker #0
Merci de nous recevoir chez toi à Nantes.
- Speaker #1
Bah écoute, c'est super sympa de venir jusqu'ici.
- Speaker #0
Tu as quitté ton ex-mari à 40 ans. C'est en quelque sorte une crise de la quarantaine.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on peut le voir comme ça. C'était juste avant les 40 ans. J'en pouvais vraiment absolument plus malgré tous les efforts que je faisais. Toutes les formations que j'ai pu faire, tous les livres que j'ai pu lire sur la communication, sur les relations de couple. Il y a un moment, quand ça va plus, ça va plus.
- Speaker #0
Pour reprendre les mots que tu dis toi-même sur l'anteposte LinkedIn, mon handicap, 20 ans dans une relation de couple toxique, t'appelles ça mon handicap ? C'est un mot qui est assez fort.
- Speaker #1
Alors oui, parce que clairement, quand on... vit dans une relation toxique, c'est qu'avant ça, on a grandi dans un environnement qui était toxique.
- Speaker #0
Quasiment 20 ans, parce que tu t'es mis en couple très jeune.
- Speaker #1
Depuis toute petite, mes parents avaient une relation qui n'était pas saine, qui était ce qu'on appelle dysfonctionnelle. On reviendra là-dessus après. Évidemment, quand on a ce modèle-là, c'est difficile de construire une relation qui va être saine, respectueuse.
- Speaker #0
Je crois que tu as mis beaucoup de temps pour comprendre ce que tu disais.
- Speaker #1
Oh là oui, j'ai mis des années parce que finalement, personne ne posait les mots sur ce qui se passait.
- Speaker #0
C'est quoi pour toi une relation toxique ?
- Speaker #1
Donc une relation toxique, c'est une relation dans laquelle on ne va pas se sentir respecté, on ne va pas se sentir aimé, et une relation qui va être complètement dysfonctionnelle, c'est-à-dire que On ne va pas pouvoir faire ce que l'on veut, on va être toujours critiqué, on va être rabaissé, on va recevoir des injonctions contradictoires. Et donc toutes ces choses-là font qu'à un moment le cerveau ne sait plus ce qui se passe, il ne comprend pas. Les injonctions contradictoires, c'est par exemple « je t'aime » et en même temps « je te repousse » . Alors là, le cerveau entend « je t'aime » , mais le corps entend qu'on nous repousse. pousse. Donc le cerveau, il ne sait pas ce que ça veut dire. Enfin, il y a un moment, il ne matche plus.
- Speaker #0
Pendant ces 20 ans de couple, tu as eu trois belles filles. Donc c'est certainement trois rayons de soleil pour toi.
- Speaker #1
Ah oui, oui.
- Speaker #0
Mais si on devait regarder également les moments moins joyeux, cette période, ça a été difficile pour toi ?
- Speaker #1
Il y a eu plein de moments difficiles. Alors je suis très combative, je rebondis et puis, comme la vie que j'avais était quand même moins toxiques, moins violentes que celles que vivait ma mère avec mon père.
- Speaker #0
C'est important d'en parler parce que c'est quelque chose qui te pèse quand même.
- Speaker #1
C'est quelque chose qui donne un ancrage qui va être compliqué après, dans la vie.
- Speaker #0
Tu peux nous expliquer dans quelle ambiance vivaient déjà tes parents à l'époque dans leurs relations de couple ?
- Speaker #1
Ma maman s'est arrêtée de travailler quand mon petit frère est né, 5 ans après moi. Et c'est le moment aussi où on a déménagé dans une très grande, très belle maison, un grand jardin. Donc, aisance financière, parce que mon papa était commerçant. Mais un papa commerçant, c'est un papa qui travaille énormément, travaille beaucoup. Et en fait, il était aussi plein de colère. C'est-à-dire que pour la moindre petite chose, il avait des crises de colère, mais absolument effroyables. Donc, moi, en tant qu'enfant, c'est juste la terreur d'avoir un papa qui est en colère, parce qu'on ne sait pas ce qui va se passer. Il n'a jamais levé la main sur nous. Mais juste la colère, quand on est enfant, on se fait tout petit, on se cache dans un coin et on bouge plus.
- Speaker #0
Et du coup, en fait, ils avaient déjà une relation toxique entre eux ?
- Speaker #1
Oui, parce que quelqu'un qui ne maîtrise pas sa colère, c'est déjà un dysfonctionnement relationnel. Ça arrive d'être en colère, c'est OK. Après, c'est comment je fais quand je suis en colère. Est-ce que je me mets à casser des choses ? Est-ce que je me mets à insulter des gens ? Est-ce que je me mets à frapper ? Ça, c'est dysfonctionnel. C'est quelqu'un qui n'est pas en mesure d'accueillir sa colère et de la traiter. Et mon papa, ça lui est arrivé de rentrer, parce qu'il y avait un bol qui n'était pas rangé. Il prend le bol et le jeteait par terre. Et donc, évidemment, nous, dans la cuisine, c'était juste... On ne bouge plus.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis parce qu'il y a peut-être des gens qui nous écoutent, qui vivent la même chose et qui n'ont pas encore fait le travail que toi tu as fait et qui n'ont pas encore compris ce qu'elles vivaient. Mais c'était d'une certaine manière une relation toxique.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
On n'est pas formés à ça en fait.
- Speaker #1
On n'est pas formés à ça et il faut dire aussi que la société est globalement violente. Et globalement violente dans le sens où même tout petit... On n'apprend pas aux enfants, on ne leur laisse pas l'espace pour écouter leurs émotions. Un enfant, il peut être en colère parce qu'à l'intérieur de lui, il y a trop de choses qui se passent. Et pour gérer sa colère, il va avoir besoin de crier, de hurler, de taper, etc. Et ça, quand il le fait tout seul dans un environnement qui va être bienveillant, avec un adulte qui va savoir l'accompagner pour ça, l'enfant... Il va se dire, ok, d'accord, j'ai besoin de décharger cette énergie, je vais la décharger, mais je suis toujours aimée, il y a toujours quelqu'un qui est là pour moi, pour m'aider à me contenir. Parce qu'en fait, la colère, on a l'impression qu'on tombe en morceaux, en fait, quand on est vraiment très très en colère, on a l'impression de partir en petite miette. Et on a besoin d'être contenu. Donc s'il y a un adulte bienveillant qui est là pour contenir, pour accompagner cette colère, on va pouvoir la vivre. Et après, en tant qu'enfant, on va apprendre à dire. Qu'est-ce qui se passe ? Je suis triste. Je ne suis pas content parce que je voulais faire ça et je ne peux pas le faire. Ou plein de choses comme ça. Mais comme les enfants, globalement, ne sont pas accompagnés là-dessus, parce que les adultes n'ont pas fait un travail de libération de tout ça, c'est difficile. Donc après, évidemment, ça se reproduit de génération en génération.
- Speaker #0
Quel a été le pire moment en tant que femme ? pendant cette relation toxique ?
- Speaker #1
Alors en tant que femme, déjà, tu vois, le terme de femme, c'est un terme sur lequel j'avais énormément de mal à me positionner. Je ne me sentais pas du tout femme.
- Speaker #0
Tu te sentais quoi ?
- Speaker #1
J'étais une petite fille qui avait grandi. J'étais une petite fille qui était adulte, mais le terme de femme, ça a été très long à venir pour moi de m'identifier, parce que... Alors, est-ce que... Parce que ma maman est très... Elle est très maternelle, même si elle a eu une activité professionnelle. Il y avait ce côté maternant. J'ai aussi beaucoup évolué dans le domaine du maternage. On y reviendra aussi. Donc, ce terme de femme, c'était difficile. Donc, je ne mettais pas forcément ce terme sur moi.
- Speaker #0
Un événement qui a pu avoir lieu, qui... t'a rabaissé ou qui t'a fait comprendre que...
- Speaker #1
Il y en a eu plein. Je me souviens d'une fois où je faisais de la sophrologie, justement parce que j'avais trouvé cette pratique qui m'aidait à calmer, parce que moi aussi, du coup, j'étais une boule de colère. Je reproduisais ce que faisait mon papa. Donc, je faisais la sophrologie. Et donc, de temps en temps, le soir, après le travail, je rentrais, je m'allongeais. Et puis j'écoutais un disque, je faisais une relaxation. Et là, mon conjoint revient, il était allé prendre un verre avec des amis. Et donc là, il rentre dans le salon. Moi, j'étais allongée à faire ma relaxation. Et il a sorti un truc, je ne me souviens même plus de quoi, mais je me suis sentie rabaissée, dénigrée. Je me suis vraiment sentie mal, parce que ses amis, du coup, ont rigolé avec lui. du fait que j'étais en train de faire une relaxation. Voilà, donc ça c'est un exemple, par exemple, de ce qui a pu se passer.
- Speaker #0
On va y revenir dans un instant, et c'est vrai que tu parles de sophrologie, je vous invite à découvrir le témoignage de Sylviane, si vous ne l'avez pas encore écouté, qui a témoigné dans Nous, qui était productrice télé, qui est devenue sophrologue. Son métier, qui est passionnant, et elle parle notamment de ces étapes de relaxation qui sont importantes. C'est hyper intéressant, et c'est vrai qu'il y a beaucoup de techniques de relaxation qui sont faites par la respiration. Je ne sais pas si ça a été ton cas.
- Speaker #1
Oui, oui, tout à fait. C'était la respiration, la méditation, apprendre à calmer le mental. Sauf que le petit biais, en fait, c'est que... Je n'apprenais pas à exprimer mes émotions. Et pour justement, quand on a de la colère, il n'y a rien de tel que la technique de Tal Schaller, donc d'autres médecins, Tal Schaller, qu'on retrouve sur YouTube, où il explique, quand on est en colère, c'est OK. Pour vider l'énergie, on fait comme un enfant qui a deux ans, trois ans. On crie, on hurle, alors on le fait en mode mute, si on est dans un environnement qui ne peut pas accepter du bruit. Et puis on va secouer, on va taper du pied, on va secouer des bras, etc. pour vraiment enlever cette énergie du corps.
- Speaker #0
Tu t'es sentie dénigrée par ton ex-mari ?
- Speaker #1
Complètement, oui, complètement dénigrée. Complètement dénigrée aussi après en tant que maman. En tant que maman, parce que j'écoutais mes ressentis. Quand on est une maman, on a porté neuf mois le bébé dans son ventre. Donc il y a une connexion particulière qui se fait avec son bébé. Alors pas toujours, c'est vrai qu'il y a des mamans qui n'arrivent pas à ressentir cette connexion. Donc on ressent les choses. Et je sentais comme ma petite avait besoin, donc ma première, puis après les autres, avaient besoin de moi. Et il y a un soir, je la couche dans son petit lit. Alors, on lui chante une berceuse pour qu'elle s'endorme, etc. Elle s'endort. On part se coucher. Et il y a un moment, évidemment, elle se réveille. On était à peine endormies, nous, elle se réveille. Et là, mon conjoint me dit, non, non, reste là, bouge pas, elle va s'endormir. Et là, moi, dans ma tête et dans mon cœur... Non mais elle ne va pas y arriver, elle s'endormit, elle pleure, elle a peur, elle a besoin que je la rassure, elle a besoin de présence, et après elle va se rendormir. Et donc je n'ai pas bougé. Et bon, elle a fini en effet par s'endormir. Mais clairement, ce type de fonctionnement est toxique pour un enfant. C'est-à-dire qu'on ne va pas être là pour l'accompagner dans ses émotions, dans ses besoins.
- Speaker #0
Comme tu le disais, tu es combative. beaucoup de femmes ne le sont pas, en fait, et ce type de relation, ça peut anantir quelqu'un à vie ?
- Speaker #1
Ah bah complètement. Oui, quelqu'un qui n'a pas la force, la puissance de vie que je peux avoir, oui, clairement, la personne, elle va tomber en dépression, voire même avoir d'autres pathologies derrière, devenir dingue. Parce que moi, il y a eu un moment, ça aussi, où il me sortait des choses, il me dit « non mais tu deviens dingue, t'es folle » . Et là, à ce moment-là, je me suis dit, bon, je connais un peu le milieu médical et choses comme ça. Je dis, peut-être qu'en effet, je ne fonctionne pas normalement. Donc, je vais aller voir un psychiatre parce que c'est lui qui peut diagnostiquer ces choses-là.
- Speaker #0
Tu t'es remis en question ?
- Speaker #1
Oui, je me suis remis en question parce que quelqu'un qui te dit, ça ne va pas, tu es dingue, tu racontes n'importe quoi. Un moment, OK, peut-être, parce que c'est un regard extérieur. Donc je suis allée voir le psychiatre.
- Speaker #0
Lui, c'est remis en question ?
- Speaker #1
Ah bah du tout.
- Speaker #0
De témoigner aujourd'hui, c'est une manière d'aider d'autres femmes qui pourraient nous écouter ?
- Speaker #1
Ah bah tout à fait, parce que justement, en tant que femme, je vois bien qu'il y a plein de femmes que je peux croiser qui me disent « Ah, c'est génial, la relation que t'as construite avec ton chéri et tout, mais moi, c'est pas possible, quoi. » Parce que, bah évidemment, elles ont tout un bagage. et tout un travail qu'elles n'ont pas encore entamé, qu'elles n'ont pas forcément vu par rapport à leur propre histoire.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'il y a des gens que tu connaissais, que tu croisais, qui ne se rendaient pas compte de ce qui se passait à la maison ?
- Speaker #1
Tout à fait. Il y a plein de gens de mon entourage qui soit ne s'en rendaient pas compte, soit ne disaient rien. Parce qu'un jour, j'ai un ami qui a osé me dire les choses, mais une fois que j'ai eu divorcé. Je suis allée lui rendre visite, c'est un ancien client, parce que je travaillais dans la pièce détachée automobile, et c'était un garagiste, il avait eu un très grave accident de voiture, donc j'étais allée le voir en convalescence avec un collègue. Donc après on était restés en contact. Et donc un jour, après divorcer, je suis allée lui rendre visite, prendre de ses nouvelles, parce que je savais que c'était compliqué pour lui, aussi physiquement, après l'accident. Et il m'a dit, mais t'as bien fait, enfin, t'as osé le faire. Parce qu'il me dit, moi quand je suis venue te voir après la naissance de ta deuxième, j'étais super content que tu nous invites à venir prendre un verre, à fêter ça, mais il était odieux avec toi. Et je lui dis, mais t'as rien dit à ce moment-là. Il dit, c'est difficile de dire les choses. Et puis toi, tu étais vraiment dans ta bulle. Donc en fait, c'est ça, c'est qu'on se construit un environnement, une protection, qui, même si l'autre va nous dire quelque chose... quelque part, on ne va même pas le recevoir.
- Speaker #0
Et ce qui est intéressant chez toi, c'est ton esprit combatif. C'est pour ça que j'ai voulu t'inviter. Et tout à l'heure, dans la seconde partie de ce podcast, nous découvrirons comment, en partant de ces épreuves, tu en as fait une force, tu as créé ton propre métier et tu accompagnes des femmes de plus de 50 ans à construire une relation amoureuse. Saine, c'est incroyable, on en parlera tout à l'heure. Je te propose que le remont dans le temps et que nous revenions en septembre 2010, période à laquelle tu as décidé de tout plaquer pour reprendre ta vie en main.
- Speaker #1
Donc septembre 2010, oula ! Donc c'est un jour, fin de journée, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Mais les parents de mon conjoint arrivent. avec une bouteille de champagne pour fêter l'achat de leur nouvelle voiture. Et là, Alcol et Dents, mon ex-beau-père, commence à dire « Oui, mais ça va pas quand même. Toi, tu fous rien de la journée, tu travailles pas, tu ramènes pas d'argent. » Et là, moi, je dis « Non, ça suffit. » Là, je dis « Stop. » Je vais dans mon bureau. Je ramène mes classeurs avec mes bulletins de salaire. À ce moment-là, je suis assistante maternelle. Donc celles qui sont assistantes maternelles, qui nous écoutent, elles vont tout de suite savoir ce que c'est d'avoir au moins quatre contrats de travail, avoir des dizaines et des dizaines de bulletins de salaire, avoir une tonne de paperasse et évidemment gagner de l'argent quand même. Et là, je lui mets ça sous le nez en disant mais... Est-ce que ça, c'est pas de l'argent que je gagne ? Et là, je vois dans son regard qu'il tombe des nues, comme s'il découvrait que je travaillais. Ça fait, en 2010, ça fait 4 ans que je suis assistante maternelle.
- Speaker #0
Pourquoi ça a été la goutte d'eau qui a fait le débordé le vase pour toi ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait, il y a eu plein de fois où j'ai été critiquée sur ma façon d'éduquer mes enfants. J'avais décidé, quelques années plus tôt, d'éduquer... Avec la non-violence éducative, c'est-à-dire on arrête les claques, on arrête les fessées, c'est pas évident, et on apprend à faire autrement. Donc évidemment, ça demande de se former, de beaucoup travailler sur soi, parce que c'est pas forcément évident de gérer une colère, de poser des limites à un enfant, à ce qu'elles soient, que ce soit des limites respectueuses, aussi bien pour soi que pour l'enfant, de cadrer, etc. Surtout quand de l'autre côté, on a quelqu'un qui n'est pas du tout dans cet esprit-là. En fait, lui, ces gens de trucs, il n'en avait rien à foutre. Pour lui, c'était du grand n'importe quoi. Pour ses parents, pareil. Pour les miens, aussi. Donc j'étais vraiment celle qui remontait à contour au courant.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé, l'annonce du divorce ? C'était dans la foulée ?
- Speaker #1
C'était dans la foulée. Moi, j'ai dit, non, maintenant, c'est fini, c'est divorce. J'ai plié mes classeurs et je suis partie me mettre dans un coin de la maison toute seule. J'étais hyper en colère parce que ras le bol de... De ne pas être reconnue dans mon activité professionnelle, en tant que maman, en tant qu'être humain, tout le temps rabaissée. Quelques mois avant, pour mon anniversaire, il m'avait offert une tondeuse. Oui, tondeuse pour tondre la pelouse. En rigolant, en disant, au moins celle-là, elle a un démarrage plus rapide, tu pourras l'utiliser. Et là, je me suis dit, mais... Ça va bien, quoi. Enfin, je m'occupe déjà de la maison, je m'occupe des papiers, je m'occupe des enfants, je m'occupe des courses, je m'occupe du ménage. Je travaille et en plus, il m'achète une tondeuse parce que voilà, celle-là, elle aura un démarrage plus facile, je pourrais tondre la pelouse.
- Speaker #0
Il y a cet exemple de la tondeuse, mais pour bien comprendre ce que tu as vécu, je te propose que l'on revienne sur quelques exemples de maltraitance que tu as vécu pendant 20 ans.
- Speaker #1
Quand je partais faire les courses, ils vérifiaient le kilométrage de la voiture pour vérifier si je n'avais pas fait... Plus de 45 kilomètres, parce qu'il y avait grosso modo 20 kilomètres pour aller et 20 kilomètres pour revenir. Parce qu'il avait des doutes, il était tellement jaloux, il croyait que j'allais voir quelqu'un d'autre. Parce qu'évidemment, à côté de ça, j'essayais d'avancer, de progresser, de me former. J'étais bénévole dans une association, donc je rencontrais du monde. C'était aussi ma soupape de sortie, parce que sinon je ne sortais pas. Quand on est assistante maternelle, quand on est maman, on passe beaucoup de temps dans sa maison.
- Speaker #0
Il pensait que tu le trompais.
- Speaker #1
Oui, il a toujours été très très très jaloux à me faire des réflexions. Il y avait un autre exemple, quand les enfants étaient à l'école, on avait un groupe de parents, de parents d'élèves, qui montaient un gros spectacle. Enfin, un gros spectacle, tout est relatif, c'est une toute petite commune. Une grosse soirée dansante, et donc les parents sont sur scène, on est costumés. On danse et on sert le repas à table. Il y a un collègue, un papa, avec qui le cours on passait bien, comme d'autres papas de l'école. Qui sort à mon ex-mari, il dit à sa femme, il va falloir que tu t'en occupes avant que ce soit un autre qui s'en charge.
- Speaker #0
C'est fou.
- Speaker #1
Alors moi, c'est vrai que je n'avais pas du tout dans l'esprit d'aller voir ailleurs. Parce que pour moi, j'étais mariée, j'étais en couple. Je me souviens même quelques années après, avec le thérapeute, il me dit « Mais pourquoi tu ne trompes pas ton mari ? » Je l'ai regardé avec des grands yeux, le thérapeute. Je dis « Mais je suis mariée ? » Pour moi, c'était complètement hors du champ. « Ben non, je suis mariée, je suis en couple. » Pourquoi j'irais tromper mon mari ? Mais ce collègue-là avait repéré que je n'étais pas bien dans mon couple. Donc oui, mon ex-mari était extrêmement jaloux. Et ça, la jalousie, c'est justement aussi un dysfonctionnement relationnel. Un nouvel exemple, quand je partais en réunion, pour une association dans laquelle j'étais membre, je travaillais avec des professionnels de l'hôpital, de la commune proche de la maison. On travaillait autour de l'allaitement maternel. Donc évidemment, je rencontrais... Il y avait le pédiatre, la chef de service, de la maternité, psychologue, sage-femme, ostéopathe, tout un staff de professionnels de santé. Et moi, j'étais juste une bénévole de l'association de soutien à l'allaitement. Mais je sortais, je n'allais pas en jogging mal habillée, comme je pouvais des fois l'être à la maison avec les enfants, parce que quand on est avec les enfants... On prend des vêtements.
- Speaker #0
La peur du vomissement.
- Speaker #1
Voilà, les vomissements, les tâches quand on leur donne à manger, tout ça. Voilà, on ne va pas se mettre super jolie. Donc, ces moments-là, c'était le moment aussi où je m'habillais un petit peu plus. Je faisais un peu plus, je prenais soin de moi. Et donc, pour aller à ces réunions. Et là, il me faisait les réflexions. Mais tu vas où, là ? Je dis, je vais à la réunion de bureau, on travaille ce soir. Ah ouais, tu vas draguer. Et là, je le regardais avec des yeux, je dis, dragué ? Alors déjà, il y a maximum beaucoup de femmes. Bon, il y a le pédiatre, OK, mais voilà, il est en couple. Puis il y a l'ostéopathe et bon, il est un peu hors d'âge pour moi. Et voilà, enfin, je dis, je vois pas où est le rapport entre le fait d'aller travailler en réunion, enfin, d'aller travailler, et le fait de draguer, quoi. Mais pour lui, c'était tout le temps comme ça.
- Speaker #0
C'était de la parano ?
- Speaker #1
Je n'ai pas la compétence pour juger d'un terme. Aussi fort que celui-ci, maintenant oui, dans le langage courant, c'est ce qu'on dirait, il est parano. Oui. Donc un dernier exemple. Donc un jour, en tant qu'assistante maternelle, je serpille la maison, je la mets propre pour accueillir les petits bouts qui ont crapahuté à quatre pattes partout dans la pièce de vie. Et donc monsieur rentre du jardin avec les bottes pleines de bouts. Et là je lui dis non mais attends, c'est pas possible, tu peux rentrer par derrière. Ouais non mais c'est bon, je rentre par où je veux, c'est chez moi. Je dis oui, mais là j'ai les petits qui vont arriver. Ouais mais je m'en fous. J'ai repris mon balai, j'ai repris la serpillière pour renettoyer derrière, pour accueillir les enfants. Ça, c'est de la maltraitance dans le sens où c'est de l'irrespect de mon activité professionnelle. Et en fait, toutes ces choses-là dont on vient de parler, c'est en 2016, dans le bureau d'une conseillère du CIDFF, Centre d'information des droits des femmes et des familles, que j'ai découvert que c'était de la maltraitance. Avant, je ne le savais pas.
- Speaker #0
C'est dur quand même ce que tu évoques.
- Speaker #1
Oui, c'est dur, parce que c'est des moments que j'ai vécus. Je ne savais pas que c'était toxique. Je sentais à l'intérieur de moi que ça me mettait en colère, mais je n'avais pas de mots pour ça.
- Speaker #0
Personne ne mérite de vivre ça, en fait.
- Speaker #1
Non, personne ne mérite d'être maltraité, d'être abaissé. Clairement, personne ne le mérite.
- Speaker #0
Tu as encore des séquelles aujourd'hui de ce qui t'est arrivé ?
- Speaker #1
Alors au niveau séquel, tu vois là justement d'en parler, il y a quelques temps, j'aurais fondu en larmes parce que c'était vraiment très très violent intérieurement. J'ai évacué, j'ai beaucoup travaillé évidemment, il y a eu des heures de thérapie, psychothérapie, hypnose pour évacuer en fait ce qu'il y a dans les cellules qui fait qu'aujourd'hui je peux en parler sans être effondrée émotionnellement.
- Speaker #0
On ne peut pas s'en sortir seule.
- Speaker #1
C'est pas possible de s'en sortir seule. Je ne connais pas quelqu'un qui se soit sorti de situations comme ça, qui ait reconstruit sa vie après sans avoir été accompagné par soit des personnes professionnelles, psychothérapeutes, psychologues, psychiatres, enfin tous les accompagnements possibles, ou par un ami très proche ou une amie très proche qui aurait joué ce rôle et qui aurait eu les compétences et qui l'aurait fait de façon non financière. Mais c'est pas possible de le faire seul.
- Speaker #0
Comment tu expliques intérieurement que tu aies pris cette décision de divorcer ?
- Speaker #1
J'ai pris la décision de divorcer parce que, quelques temps avant, j'avais connecté avec différentes personnes qui m'avaient redonné de la force et qui m'avaient donné un autre regard positif sur ce que je faisais. Par exemple, pour arrondir les fins de mois, je faisais des animations commerciales dans les grands magasins. Vous savez, de vous vendre tel ou tel produit. Et lors d'une animation commerciale, on était avec une autre personne, un homme beaucoup plus expérimenté, devant lequel on était admiratif parce qu'il vendait les produits à la pelle. Et il me dit « mais tu sais que tu te débrouilles très bien, il faut que tu continues, c'est bien ce que tu fais. Maintenant je vais te donner des petits tips si tu veux » . Je dis « oui, vas-y, donne, c'est toujours bon à prendre » . Et donc il m'a félicité, il m'a encouragée.
- Speaker #0
C'est ce qui te manquait ces 20 dernières années ?
- Speaker #1
Ah bah clairement. Après cet épisode, je suis remontée dans ma voiture et j'ai fondu en larmes. Je me suis dit, mais waouh, c'est énorme ce qu'il m'a dit. Et une autre personne aussi, pareil, au niveau de l'allaitement maternel, qui me disait, c'est tellement un plaisir de travailler avec vous, Marie-Christine, c'est génial, vous nous apportez tellement de richesses. On peut avoir du coup avec vous le regard des mamans qu'on n'a pas forcément. Justement, nous, en tant que médecins, on voit le côté médical, on veut faire bien de notre côté. Mais c'est vrai qu'on oublie parfois un petit peu comment la maman, elle peut se sentir. Et les questions que vous nous apportez, votre regard, ça nous donne une autre dimension. On peut prendre soin autrement d'elle. Donc, c'est génial. Merci. Donc, en fait, ces choses-là, je les ai eues quelques temps. c'est venu dans mon... réservoir d'amour, mon réservoir de bienveillance, d'amour de soi, remplir les choses. Ce qui fait que, quand le truc est arrivé avec mes ex-beaux-parents, j'avais un peu de force, parce que clairement, c'était compliqué. Mais je pourrais te dire quelque chose d'encore plus fort. J'ai eu du mal à divorcer. Ça s'est pas fait comme ça. Et j'ai appelé un ami, qui était vieil ami, avec qui j'étais toujours en contact, et je l'appelle et je lui dis... C'est dur, j'en ai marre, j'y arrive pas. Il veut pas finalement faire les papiers pour l'avocat et moi j'y arrive pas. Il me dit t'es prête ? Il dit je sais ce que c'est, je suis passée par là. Je vais te dire un truc, si tu le mets pas en place, t'arriveras pas à divorcer.
- Speaker #0
T'as mis quoi en place ?
- Speaker #1
Il m'a dit tu arriveras à divorcer le jour où tu seras prête à perdre tes enfants. Alors là, les mamans, elles vont dire « Ah ! C'est pas possible ! » Et c'est ce que j'ai dit. Il me dit « Si tu n'es pas prête à perdre tes enfants, tu n'arriveras pas à aller au bout du divorce. » En fait, j'avais peur de perdre mes enfants parce qu'ils me menaçaient de me les enlever. Carrément. Ils me menaçaient de garder les filles, de porter plainte contre moi, enfin, plein de trucs complètement dingues. Et moi, j'étais tellement détruite, en fait, psychologiquement, que... J'étais en mode panique. Je me disais que si je ne pouvais plus voir mes filles, ce n'était pas possible. Et donc cette amie m'a dit ça. Elle m'a dit de prendre le temps de réfléchir. Et là, évidemment, c'est un peu compliqué, mais j'ai pris le temps, j'ai pris le recul et je me suis dit « Ok, si je dois perdre mes enfants, qu'est-ce qui se passe ? Je ne peux plus les voir. » Je leur ai donné énormément d'amour, j'ai été présente pour elles. Et si jamais je ne peux plus les voir, je vais leur écrire des lettres régulièrement, que je mettrai de côté parce que je ne pourrais pas leur donner. Et j'attendrai le moment où je les reverrai pour leur donner les lettres. Et à partir de ce moment-là, j'ai pu aller voir l'avocate.
- Speaker #0
et faire la demande de divorce.
- Speaker #1
Il était dans le déni ?
- Speaker #0
Il était complètement dans le déni parce que ses parents lui disaient « Non, mais Marie-Christine, elle ne peut pas divorcer. Tu es un homme extraordinaire, tu es absolument génial, etc. » Donc eux, ils sont complètement dans le déni, mais ils y sont toujours. Lui, il était complètement dans le déni. Et donc, quand je lui ai donné le papier, je lui ai dit « Écoute, maintenant, voilà la demande de divorce, tu signes là. » Lui, il s'est effondré en larmes. « Ah non, mais je ne veux pas divorcer. » Je lui ai dit « Mais j'en ai rien à foutre. » Je dis maintenant, tu signes et tu te barres. Parce que là, je reçois les enfants et je vais travailler. Donc tu dégages. Donc j'ai été hyper violente. Et le divorce a mis très longtemps. Heureusement, ma copine avocate avait vécu ça quelques années avant et m'avait dit, alors tu prends le divorce classique, pas le divorce par consentement mutuel. Parce que par consentement mutuel, si vous ne vous mettez pas d'accord au bout de 18 mois ou 2 ans, quelque chose comme ça, vous repartez à zéro. Et elle dit, le mien, c'est ce qu'il a commencé à faire. Donc j'étais partie sur un divorcement, un consentement mutuel. Et puis finalement, il était d'accord sur rien. Donc, part directement sur le classique. Et j'ai bien fait, parce qu'en effet, il remettait tout en question, tout en cause. Il ne voulait pas divorcer. Il m'a pourri la vie pendant le divorce. Mais ça a fini par se faire et il m'a pourri la vie encore après. Donc ça a été vraiment très très long d'en sortir.
- Speaker #1
Tu as eu trois filles avec ton ex-mari. Comment est-ce qu'elles ont vécu le divorce ?
- Speaker #0
Au début, c'était compliqué. Une semaine chez papa. une semaine chez maman. Pour la plus jeune, c'était le plus difficile, elle avait six ans. Et puis pour moi aussi, c'était compliqué parce que la semaine où ils étaient chez leur père, la grande jouait la maman des deux autres et s'occupait de la maison. Moi, quand je les récupérais, elles étaient pleines de colère, d'énervement, elles se tapaient dessus les unes les autres, elles s'engueulaient. Et pendant deux jours, il fallait que je repose toutes les bases. Non, c'est moi la maman à la maison. Vous êtes les enfants et vous êtes trois sœurs. Il n'y en a pas une plus que l'autre. Et donc, comme disait la petite, faire tic-tac, elle en avait marre. Et un jour, leur père me dit, écoute, tu les récupères tout le temps. J'ai repris un travail, je repars sur la route toute la semaine, donc je ne peux pas m'en occuper, débrouille-toi. Quelque part, je me suis dit, ok, facile. Et puis je me suis dit, c'est très bien comme ça, parce qu'au moins, elles verront moins leur père et je vais pouvoir reposer les choses sainement avec elles. Et en plus de ça, à ce moment-là, la grande accueillait une correspondante allemande dans le cadre du programme Brigitte Soset. Donc au moins, je pouvais poser tout le monde.
- Speaker #1
Comment elles ont réagi quand tu leur annonçais que tu divorçais de leur père ?
- Speaker #0
C'était compliqué, elles ne comprenaient pas trop. Parce qu'en plus, quand j'ai dit maintenant c'est divorce, c'était au mois de septembre. Au mois de décembre, j'ai enclenché avec l'avocate, qui n'était pas ma copine avocate, mais une autre avocate, je précise. On évite de se faire aider par les copines. Et en fait, j'ai quitté la maison au mois de mars suivant. Donc quasiment six mois après avoir dit c'est divorce. Pour vous dire combien c'était compliqué finalement.
- Speaker #1
Est-ce qu'elles avaient conscience de ce que tu vivais ?
- Speaker #0
Non, elles n'avaient pas du tout conscience de ce qu'elles vivaient. Elles étaient jeunes, elles avaient 10 ans, 6 ans et 13 ans. Non, elles n'avaient pas du tout conscience de ce que je vivais. Maintenant, oui, avec le recul.
- Speaker #1
La maturité ?
- Speaker #0
Avec la maturité, oui. Aujourd'hui, elles disent, mais en fait, tu nous as vraiment protégées. Parce que c'est vraiment ça. En tant que maman, qu'est-ce qu'on fait ? On essaie de protéger ces enfants. Donc, on essaie de faire que, quand elles sont avec nous... que ce soit un cocon, que ce soit sécure, que ce soit posée. Donc elles n'ont pas vraiment compris ce qui se passait. Elles ont compris, oui, il faut une semaine chez papa, une semaine chez maman, mais tout le reste, elles ne comprenaient pas.
- Speaker #1
Après cette séparation, c'était un long parcours pour toi, pour te reconstruire, notamment au niveau amour.
- Speaker #0
Complètement. Évidemment, pour se reconstruire, j'ai eu un travail thérapeutique. Et malgré celui-ci, finalement, je n'arrivais pas à construire une relation. Amoureuse. J'ai eu tout plein de relations, mais qui duraient 3 mois, 15 jours. C'était assez catastrophique, jusqu'au stade où, justement, j'étais à un niveau de reniement. Ouais, bah de toute façon, je suis pas capable d'être en couple.
- Speaker #1
Tu pensais même que t'allais finir seule avec ton chat.
- Speaker #0
Exactement. Mon chat, il est adorable. Et je pensais que... Voilà, de toute façon, en plus, les copines, elles étaient comme moi. C'est-à-dire qu'autour de moi, j'avais pas mal d'amis qui n'arrivaient pas non plus à construire une relation de couple.
- Speaker #1
Comment t'expliques que ça ne fonctionnait pas à l'époque ?
- Speaker #0
Alors ça ne fonctionnait pas parce que je ne prenais pas les bonnes bases. À cette époque-là, je n'avais pas encore compris que la façon que j'avais pour me mettre en couple n'était pas la bonne. Ce qui fait que j'embarquais dans des histoires, comme beaucoup font, « Oh ouais, oh il me plaît, oh j'ai les papillons dans le ventre, oh bah oui, tu crois, oh bah oui, bon, voilà. » C'est comme les ados, mais ça nous arrive encore à 45, à 50 ans, et je vois même d'autres femmes qui... qui ça arrive. On part sur les hormones, sur un effet hormonal.
- Speaker #1
Est-ce qu'il n'y a pas aussi la peur d'être seul et de prendre un peu, d'une certaine manière, le premier venu sans réfléchir ?
- Speaker #0
Il y a ça aussi. J'ai vécu ça à un moment, c'est absolument horrible de ressentir ça, d'arriver le week-end et de se dire, je fais quoi ce week-end ? Parce que les copines, un tel, elle fait ça, un tel, elle fait ça. Ah ouais, non mais, je trouve un pote, quoi. De ne pas rester seule, c'était un moment très, très difficile.
- Speaker #1
Tu l'as rencontré comment, ces hommes, à l'époque ?
- Speaker #0
Alors, en sortie, je sortais à Nantes. Il y a plein, plein, plein de sorties qui étaient organisées. C'était par un site qui propose des sorties pour tout le monde. Alors, ça va de la randonnée, la couture, un resto, un ciné, bref, tout. Et donc, c'est dans ces occasions-là que je l'ai rencontré.
- Speaker #1
Je te propose que l'on passe dans la seconde partie de ce podcast. Tu vas nous dire si tu as fini par retrouver l'amour. On va tout savoir. Tu vas nous parler de ton métier de coach et tu nous expliqueras comment, suite à ton vécu, tu accompagnes aujourd'hui les femmes de plus de 50 ans à construire une relation amoureuse saine. A tout de suite. Comment ça va Marie-Christine aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ah bah ça va très bien.
- Speaker #1
Tu es une femme comblée ?
- Speaker #0
Oui, je suis une femme comblée et je continue de développer mes rêves. Parce qu'en fait, j'en ai encore plein.
- Speaker #1
En décembre 2018, tu as fini par trouver ton partenaire de vie. Tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Alors, je vais remonter un tout petit peu avant. C'est-à-dire qu'en janvier 2018, j'ai pris la décision. Certains prennent la décision d'arrêter de fumer, de se mettre au sport au début janvier. Moi, j'ai pris une décision. Cette année, ce sera la construction d'une relation amoureuse. Je me suis dit, je ne suis pas plus bête qu'une autre. Mon chat, il est adorable. Mais avec tous les outils et toutes les compétences que j'ai, je dois pouvoir y arriver. Et j'ai commencé à poser les bases autrement, justement. Quel type de relation je veux ? Quel type d'homme je veux ? Qu'est-ce que je veux vivre en couple ? Etc. C'est ce que je partage dans un livret qui est disponible. Et donc en décembre 2018, sortie prévue à moto. Je suis passagère, je ne conduis pas de moto, donc je cherche toujours un pilote. Et là, un pilote propose, écoute, si tu veux... Je peux t'accueillir en tant que passagère. Je dis ouais, ok, super. Et donc ce pilote convient de venir me récupérer chez moi pour qu'on puisse aller retrouver le groupe, c'est une sortie en groupe à moto. Et donc il arrive, comme on le fait à chaque fois, on paye un petit café, on discute, il me raconte ses trucs, il voit sur les murs de ma cuisine, sur mes meubles de cuisine, des petites phrases de François Lemay, l'amour est toujours la réponse. des choses comme ça, pleines d'amour, de beauté. Il me dit, Rayon, c'est bien ton truc là et tout. Donc on part faire la balade moto. La balade se passe. Il y a des petites tensions parce qu'à ce moment-là, il est un peu braque et un peu tendu. Donc à la fin de la journée, on a fait une bonne balade. Il me dit, écoute, si tu veux, on peut refaire une autre balade. Ouais, ouais, pourquoi pas. Puis en fait, dans la semaine, il me rappelle, il me dit, écoute... Il y a une exposition au musée des Beaux-Arts, si tu veux on y va ensemble. Oh bah oui, pourquoi pas ? Et en fait ça s'est vraiment fait graduellement, c'est-à-dire que le premier jour où je l'ai vu, oui, il y a eu un petit cling, un petit cupidon qui est passé dans le coin. On me dit, ah, pas mal, bon. Mais j'ai oublié, enfin, j'ai mis de côté les hormones pour dire, attention, les hormones elles sont là, ok, on va maintenant poser le cadre et voir si ça correspond vraiment. Et donc on a pris le temps. de faire connaissance, d'échanger. On a fait plusieurs sorties ensemble avant de vraiment sortir en tant qu'amoureux.
- Speaker #1
Ça fait un peu plus de six ans que tu es en couple avec.
- Speaker #0
Oui, ça fait six ans que nous partageons notre vie ensemble. Au début, on a été lui chez lui, moi chez moi. Et régulièrement, il me disait « Quand est-ce que tu viens t'installer à la maison ? » Parce que moi, j'étais locataire. Lui aussi, à ce moment-là, il y avait une envie. qu'on soit ensemble, sous le même toit. Mais j'étais très indépendante.
- Speaker #1
Cette relation, elle était un peu inespérée ?
- Speaker #0
Alors, elle était un peu inespérée, oui, dans le sens où c'était génial de trouver cette relation. Mais maintenant, j'avais quand même bossé avant pour l'avoir. C'était quand même aussi le résultat de tout le travail que j'avais fait avant. Et donc, on a continué à construire le temps, même en vivant dans des logements séparés.
- Speaker #1
C'est important de le dire parce que du coup, rien n'arrive sans rien.
- Speaker #0
Exactement. Si tu veux des carottes, il va falloir semer des carottes, il va falloir entretenir, il va falloir les arroser et avoir un peu de patience pour qu'elles poussent.
- Speaker #1
Et ne pas se lamenter sur son sort parce que sinon, on n'avance pas. C'est dur. Je ne dis pas l'inverse parce que du coup, la majorité des hommes ou des femmes qui ont vécu certaines choses dans leur vie, se reconstruire, c'est difficile. On peut reprendre sa vie en main, on peut retomber amoureux ou amoureuse.
- Speaker #0
Complètement. L'important, oui, en effet, c'est de prendre sa vie en main et de se faire aider, se faire accompagner, parce que tout seul, c'est pas forcément facile.
- Speaker #1
Et ce qui est incroyable, c'est que toi, tu as décidé de prendre ta vie en main et tu as décidé d'en faire ton métier.
- Speaker #0
Alors, je suis coach professionnel depuis maintenant quelques années. Pendant très longtemps, j'ai accompagné en tant que bénévole des mamans qui allaient-elles, des parents autour de la parentalité. j'ai été un petit peu coach parentale à un moment aussi, coaching professionnel, je l'ai passé en 2019, donc une certification. Et le fait d'accompagner les femmes à construire une relation amoureuse, c'est venu un peu de mes copines, qui nous voyaient ensemble, Jean et moi, et qui disaient, oh là là, c'est chouette de vous voir ensemble, c'est chouette toutes les sorties que vous faites, vous allez aux concerts, vous allez en vacances, vous allez visiter des musées. Vous faites de la moto, c'est génial, moi j'aimerais bien faire ça. Et à ce moment-là, j'étais accompagnée par un business coach et puis par un thérapeute et formateur pour une partie de reprogrammation émotionnelle du subconscient qui est un outil que j'ajoute aux techniques de coaching. Et tous les deux, je les avais un peu en stéréo et qui me disaient « Mais Christine, il faut que tu cibles, il faut que tu décides de qui tu veux accompagner. » « Ouais, mais je sais pas, j'y arrive pas. » Et en fait, j'ai décidé, bah oui, finalement, c'est le parcours que j'ai fait moi de... Passer de femme divorcée, célibataire à en couple, et en fait, mes amis autour, les femmes que je côtoie, elles me renvoient ça, je dis bon, bah ouais, c'est ce que je vais faire finalement.
- Speaker #1
C'est vrai que souvent on a la solution devant soi, mais on s'en rend pas compte.
- Speaker #0
Ah bah c'est complètement ça.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu accompagnes tes clientes ?
- Speaker #0
Alors avant de commencer un accompagnement, on va prendre contact, on va échanger pour savoir comment elles sont, comment elles vont, quel est leur projet. C'est un petit entretien qui dure une quinzaine de minutes. Pourquoi je fais ça ? Parce que certaines... sont encore trop en mauvais état, si j'ose dire. Elles ne sont pas encore prêtes, finalement, à construire une relation amoureuse. Elles ont trop de bagages, trop de lourdeur. Et là, je vais les inviter à contacter un thérapeute, un psychologue, pour faire le ménage, en fait, de leur vie passée. Pour que moi, quand elles vont commencer un accompagnement, elles sont prêtes. Elles sont décidées. Elles ont dit, non, mais c'est bon, ça va, le célibat, j'en ai marre. J'ai vraiment envie de construire une relation de couple, j'ai envie de passer à autre chose. J'ai envie de construire des choses. Donc quand elles sont prêtes à ce moment-là, je vais les accompagner. Et on va y aller, pas à pas, graduellement, pour définir qu'est-ce qu'elles veulent, comment elles veulent vivre la relation. Il y en a qui vont me dire, « Ah oui, non, mais moi je veux garder mon appartement. » Ok. Et monsieur aura le sien, « Ouais, ouais, il habite ailleurs. » Ok. Chacune voit midi à sa porte. Et ça, c'est vraiment important.
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, c'est que la méthode... Que tu appliques, c'est la méthode qui t'a permis de retrouver l'amour et de t'en sortir après tes 20 ans de relation toxique ?
- Speaker #0
Complètement. J'ai mis en place ce que j'avais mis pour moi. J'ai bossé, je n'ai pas fait ça toute seule parce que c'est un peu compliqué pour moi, parce que j'ai des idées qui partent dans tous les sens. Donc j'ai été accompagnée pour structurer et avoir des étapes qui soient cohérentes, logiques, pour permettre à la personne, à l'issue de l'accompagnement, qu'elle se sente complètement sécure, stable. solide à l'intérieur d'elles. Je leur dis, vous allez vous muscler intérieurement. Au début, elles ne comprennent pas, et puis après, elles comprennent. Parce que l'objectif, c'est de se sentir suffisamment entière, complète, pour être en relation. Et surtout, pas aller chercher leur moitié, parce que là, c'est la catastrophe.
- Speaker #1
Quel conseil as-tu à donner à nos auditrices qui se reconnaissent dans ton parcours ?
- Speaker #0
Je les encourage à prendre le temps de contacter quelqu'un, que ce soit moi ou quelqu'un d'autre, pour en... parler et surtout de ne pas rester seule. Parce qu'elles peuvent transformer les choses, mais elles auront besoin d'être aidées.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
- Speaker #0
que mes rêves se réalisent. J'en ai encore plein dans la sacoche.
- Speaker #1
Cet épisode touche déjà à sa fin. Merci Marie-Christine d'avoir partagé ton histoire avec nous.
- Speaker #0
Merci Nicolas de m'avoir reçu, c'était très chouette.
- Speaker #1
Ton témoignage est un véritable exemple de courage et de résilience. Tu nous rappelles qu'il est toujours possible de se reconstruire et de transformer nos épreuves en force.
- Speaker #0
Complètement ça. On peut tout changer dès qu'on le décide.
- Speaker #1
Merci. A vous d'avoir été avec nous et d'avoir suivi cet épisode. Si vous avez aimé ce podcast, suivez-nous sur Instagram via le pseudo NousPodcast afin de rester en contact et de traverser un petit bout de chemin ensemble. Votre soutien est très important dans la poursuite de cette aventure. Prenez soin de vous et à mercredi prochain pour un nouvel épisode de Nous.