- Speaker #0
NR dans l'air, parlant numérique, innovant responsable.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de notre podcast NR dans l'air par Enter. Un podcast orienté vers l'avenir pour sensibiliser, partager et décrypter le numérique responsable. Ce podcast, proposé par le pôle de compétitivité Enter, est soutenu par le programme Alt-Impact, comporté par l'ADEME, le CNRS et l'INRIA. Sa réalisation est rendue possible par la contribution de Capgemini, ainsi que celle des membres et partenaires du Pôle. Aujourd'hui, nous allons aborder un enjeu central, celui de la place de la mesure et de l'évaluation environnementale dans une démarche de numérique responsable. De nos jours, le numérique se développe rapidement, les organisations doivent non seulement innover, mais aussi comprendre et limiter l'impact de leurs pratiques. Pour cela, il ne suffit pas uniquement de collecter des données, il faut vraiment mesurer avec précision et évaluer l'impact environnemental pour transformer l'information en action concrète. Sans cette double approche, il est impossible de piloter efficacement la transition vers un numérique plus durable, éthique et transparent.
- Speaker #2
Faire du réseau. Coopérer.
- Speaker #3
Co-créer. Accélérer.
- Speaker #2
Innover.
- Speaker #3
Numérique responsable.
- Speaker #1
Pour nous éclairer sur le sujet, j'ai le plaisir aujourd'hui d'accueillir deux expertes aux profils complémentaires qui vont nous aider à comprendre comment la mesure et l'évaluation environnementale nous aident à transformer des données en décisions concrètes vers un numérique durable. Vanessa Decoster, merci d'être avec nous aujourd'hui. Tu as plus de 20 ans d'expérience dans le domaine IT au sein de Multinational et aujourd'hui tu es consultante en numérique responsable mais également en charge du développement commercial et marketing chez Resilio. Resilio, c'est une entreprise de conseil et éditeur de logiciels qui accompagne les organisations pour réduire l'empreinte environnementale de leurs services numériques et c'est d'ailleurs une entreprise certifiée Bicorp.
- Speaker #2
Bonjour Agathe et merci de m'avoir invitée aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci Vanessa. A tes côtés Carole Bonnemain. Tu es la fondatrice de MBC Solutions, une entreprise de conseil en transformation digitale et en gouvernance de données. Tu as aussi 20 ans d'expérience dans le domaine et aujourd'hui tu mets cette expertise à profit pour accompagner les organisations pour mesurer, piloter et optimiser leur pratique numérique vers un numérique durable.
- Speaker #0
Tout à fait, bonjour Agathe, bonjour Vanessa. Merci de m'avoir sollicité pour ce podcast, ravie de pouvoir y participer.
- Speaker #1
Pour commencer et directement rentrer dans le vif du sujet, quand on parle d'empreintes environnementales du numérique, qu'est-ce qu'on mesure en fait et qu'est-ce qu'on évalue très concrètement ?
- Speaker #0
Moi, je mesure surtout tout ce qui va être autour de la donnée non utilisée. Si on fait un audit rapide dans les entreprises, on est souvent avec un ratio de 30 à 50% de data qui sont stockées, qui coûtent, qu'on doit cybersécuriser, mais qui ne sont jamais sollicitées. Donc finalement, on a une gabégie au niveau des coûts. Donc c'est vrai qu'on a ces indicateurs-là, premiers, sur ce volume de données stockées, volume de données utilisées et fréquence d'utilisation. On est sur ce triptyque qui est souvent assez révélateur, en effet, des coûts que l'on peut finalement tronquer assez rapidement. On a aussi toute une partie sur les supercalculateurs où on a régulièrement des mises à jour qui sont faites chaque heure. Et finalement, quand on regarde, il n'y a pas de vraies valeurs ajoutées. Des mises à jour à la journée suffiraient, plutôt que d'avoir ce genre de fréquence-là, qui n'a pas d'intérêt plus que ça. Donc on a par exemple le cas, je dirais, d'EDF, tout le monde connaît, qui a fait ce choix de ne pas relancer les calculateurs, d'essayer de traquer la donnée non utilisée. C'est aussi le sujet de la mise en conformité RGPD qui nous permet de faire de ne solliciter que la donnée qui est strictement avec une finalité concrète. Et donc, ils ont réduit de 15% sur les cinq dernières années leur consommation énergétique. Mais en même temps, ils ont doublé l'efficacité de tous leurs calculateurs puisque riches d'une data de meilleure qualité.
- Speaker #1
D'accord. Donc, en fait, très concrètement, ce que tu nous dis, c'est que la mesure, ça permet d'avoir de la vision sur les usages réels et ce qu'il se passe réellement au quotidien, tout simplement.
- Speaker #0
Tout à fait, l'entreprise sait ce qu'elle a comme données dans ses placards.
- Speaker #1
Vanessa, toi qui es du côté de l'évaluation, qu'est-ce que tu évalues ?
- Speaker #2
Alors on évalue l'impact environnemental de services numériques par exemple. Un service numérique ça pourrait être l'espace adhérent du pollenter ou alors un site web. On peut évaluer un équipement, un ordinateur, un smartphone, n'importe quel type d'équipement. On peut aussi évaluer un composant, une puce électronique par exemple. Donc en fait, il n'y a pas de limite à ce qu'on peut évaluer en termes de périmètre numérique. On peut vraiment évaluer n'importe quel périmètre numérique. Et on va l'évaluer sous l'angle d'un certain nombre d'indicateurs environnementaux qui vont nous permettre de regarder et le CO2, donc l'indicateur du réchauffement climatique, mais aussi l'impact sur la pollution des sols, la pollution de l'air, l'utilisation de l'eau et bien sûr aussi l'épuisement des ressources telles que les... les minéraux, les métaux, qui sont extrêmement sollicités quand on produit des équipements de numérique.
- Speaker #1
Derrière l'empreinte du numérique, il y a en fait, ce que tu disais Carole, des usages très réels, très concrets du quotidien. Et il y a aussi des impacts environnementaux bien plus larges où on a besoin également de cette vision. Et justement, pourquoi c'est important, pourquoi c'est nécessaire de mesurer, d'évaluer cette empreinte du numérique ? Quel est vraiment l'intérêt concret ? pour une organisation ?
- Speaker #2
Alors, l'évaluation, ce n'est pas une fin en soi. On ne cherche pas à quantifier juste pour avoir des chiffres et avoir un joli report. L'objectif, en fait, c'est de guider les actions que les sociétés vont faire. Une fois qu'on a compris quel était l'impact environnemental, par exemple, de son système d'information, on va pouvoir orienter vraiment sur les actions concrètes qui vont avoir un réel impact. On ne va pas perdre de temps. à mettre en place des choses qui n'auront pas d'impact sur le bilan environnemental. Et d'ailleurs, ni de temps, ni de ressources, ni de budget, ni de personnes. Donc, on va vraiment se focaliser sur ce qui peut réellement faire la différence. Donc, on gagne du temps quand on fait une évaluation au départ. Pour donner un exemple, si une société fait l'évaluation de son système d'information, elle va être en mesure de comprendre si, par exemple, ce sont plus... Les centres de données, la partie stockage, le cloud qui vont avoir plus d'impact pour elles, ou alors si c'est plus les équipements utilisateurs, c'est-à-dire les équipements de ses employés, les smartphones, les tablettes, les écrans, etc. Et une fois qu'elle sait ça, les actions dont on va discuter, ce n'est pas du tout les mêmes. Côté data center, on va parler de où est-ce que votre centre de données est hébergé, quelle est sa performance énergétique. Est-ce que les serveurs ne sont pas surdimensionnés par rapport à votre besoin ? Et si c'est plutôt les équipements utilisateurs qui ont plus de poids, on va regarder plutôt la durée de vie de ceux-ci. Est-ce qu'on peut étendre la durée de vie ? C'est-à-dire, est-ce que les employés peuvent garder leurs équipements plus longtemps ? Est-ce qu'il y a un process pour réparer ? Quelle est la fin de vie ? On achète quoi comme équipement ? Est-ce qu'on n'a pas surdimensionné aussi les ordinateurs ou les téléphones qu'ont les employés ? Donc voilà, les actions sont vraiment très différentes et pour ne pas se perdre et naviguer à vue, l'évaluation est réellement un outil formidable.
- Speaker #1
D'accord, donc évaluer, ça permet de gagner en temps, gagner en efficacité et de correctement pouvoir orienter les actions par la suite.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Carole, est-ce que tu partages cet avis ?
- Speaker #0
Oui, je pourrais compléter avec des chiffres vraiment de terrain, des retours sur les actions puisqu'on a quand même en effet... Sur le matériel, 70 à 80% de l'empreinte environnementale qui est sur la partie fabrication de tous ces devices, tous ces supports, que ce soit les ordinateurs, les téléphones ou les clés USB, c'est quand même une grosse part de la partie pollution en général, si je puis dire. On peut prendre le cas du groupe La Poste ou de la SNCF qui fait une lutte acharnée sur toutes les boîtes mail remplies de mail que l'on garde au cas où. mais finalement qui fournissent un historique très dense, très riche, mais que l'on ne sollicite que très rarement. Donc à savoir que 10 000 mails supprimés, on est entre 1 à 5 kg de CO2 supprimés. Donc il y a une efficacité réelle, il y a un chiffrage concret de résultats immédiats. Mais si on parle de la fabrication d'un ordinateur, j'achète un ordinateur, je suis plutôt entre 300 et 500 kg de CO2. consommé finalement. Donc vous voyez le ratio entre 5 kilos sur 10 000 mails et 500 kilos sur un ordinateur, on a quand même un ordre de grandeur là avec un delta conséquent. Et tu parlais de la longévité justement, de la NCV sur le matériel. En effet, si on a un ordinateur qui est entre 300 et 500 pour sa fabrication, mais si on s'autorise à garder ne serait-ce que son ordinateur une année de plus, on ne sera pas sur à nouveau ce ratio de 500 kilos, On sera sûrs. 40 à 70 kilos de CO2 uniquement. Donc, faire durer son ordinateur ou tout autre support comme un téléphone ou autre une année de plus, la planète nous remercie énormément.
- Speaker #1
D'accord, donc c'est très intéressant parce qu'on peut voir effectivement que mesurer et évaluer, ce n'est pas forcément faire plus d'efforts, c'est simplement faire les bons efforts, pouvoir identifier les bons indicateurs et les bonnes actions dans la stratégie de l'entreprise. Si maintenant on parle de méthodologie, sur quoi vos approches, qui sont sûrement respectives, reposent-elles ? Et est-ce que vous avez des avantages à citer ou même des limites, si vous avez pu en identifier ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Nous, on travaille avec l'analyse de cycle de vie, l'ACV. C'est une méthode qui repose sur une norme ISO 19040 et 44, qui permet d'évaluer n'importe quel produit de la vie quotidienne. et aussi les produits, les services numériques, les procédés numériques dont on a parlé avant. Cette analyse, elle est très intéressante, cette méthodologie est très intéressante parce qu'elle est en fait multicritère et multietape. Ça veut dire quoi multicritère ? Ça veut dire qu'on va regarder non seulement le critère environnemental du CO2 et son impact, mais on va aussi regarder l'épuisement des ressources minéraux, métaux. les pollutions des sols, de l'air, les particules fines, etc. Il y a 16 indicateurs environnementaux qui sont utilisés dans cette norme. Donc on a vraiment une vision de tout l'impact possible sur notre environnement. Et multi-étapes, pourquoi ? Parce qu'on va décortiquer ces impacts en fonction de ce que Carole disait, les différentes étapes du cycle de vie. Donc depuis la fabrication jusqu'à la fin de vie. Ça, c'est vraiment les avantages de cette méthode. Une méthode holistique qui va bien au-delà de ce que fait aujourd'hui un bilan carbone, par exemple, qui est monocritère et qui ne va pas avoir cette vision. En termes de limites, on peut nommer le fait que pour faire une bonne ACV, une bonne analyse de cycle de vie, il va falloir des données environnementales très fiables pour être capable de savoir... Quel est l'impact environnemental d'un smartphone ? Il faut savoir quels sont les impacts de chacun de ces composants. Donc il faut comprendre ces impacts-là. Et c'est quelque chose qui est un peu fastidieux. Les fabricants partagent des données, mais elles ne sont pas forcément comparables entre elles. D'une marque à l'autre, ça va être assez différent. Les méthodologies sont différentes. Et donc on ne peut pas vraiment s'appuyer là-dessus. Mais aujourd'hui, il existe des bases de données. spécialisées dans le numérique et qui nous permettent d'avoir ces données environnementales et de faire des ACV fiables.
- Speaker #1
D'accord. Donc, toi, ta méthodologie, c'est l'ACV. Comme tu le disais, ça permet d'avoir une vision très globale, d'avoir une approche holistique. Mais la difficulté, c'est d'avoir cette fiabilité pour les données. Carole, est-ce que tu as cette même approche ou tu utilises une autre méthodologie, peut-être ?
- Speaker #0
Moi, j'ai ma casquette de Data Steward qui fait que je suis vraiment... très axée et très focus sur la sobriété par le pilotage de la donnée. C'est ma spécialité, c'est mon focus. La data et surtout au travers des leviers de l'IA qui peut être assez consommatrice, dirons-nous. L'IA frugale, nous n'y sommes pas encore. Et c'est vrai que j'ai des projets comme avec la société Constelliance où nous sommes sur une plateforme d'audit automatisé, métier, pour faire des audits 360 des entreprises. Lors de ce contrat client, la contrainte était de vraiment travailler avec des jeux de données réduits, donc des datasets très optimisés. Pour une mise en conformité RGPD, certes, encore une fois je le rappelle, on ne prend que la donnée que l'on peut strictement déterminer en termes de finalité d'usage, mais aussi par un souci de décours et de responsabilité. Et cette sobriété est quand même une difficulté, puisque entraîner des outils et des IA avec des jeux de données réduits, C'est une vraie contrainte et c'est un vrai défi, mais ça permet d'avoir vraiment cette mesure et cette maîtrise du volume, de la fréquence d'utilisation et d'être toujours sur du challenge d'optimisation. Mais résultat derrière, on a vraiment la bonne data au bon moment pour le bon usage.
- Speaker #1
Très intéressant, le pilotage par la donnée. On voit que l'ACV, ça permet d'avoir vraiment cette vision globale, de comprendre où sont les impacts. Et le pilotage par la donnée va permettre... concrètement de venir réduire ces mêmes impacts.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est intéressant et j'ai aussi une question qui me vient en tête. Quand on parle de ces démarches, de la mesure, de l'évaluation, on a souvent ce rapport au ROI. Et en fait, qu'est-ce qu'une organisation peut raisonnablement attendre en termes de retour sur investissement quand il se lance dans une sorte de démarche numérique responsable ?
- Speaker #0
Pour rester dans la continuité de mon cas d'usage avec cette société Consilience, On a vraiment pris nous ce ROI, mais pas le plus courant. On a plutôt été orienté sur un ROI sous-estimé, c'est-à-dire celui de la non-consommation.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, notre indicateur est, comme je le disais, ce challenge. de dataset réduit et d'arriver à avoir une efficacité, une qualité, tout en étant dans une maîtrise, je dirais, de cette consommation de la donnée pour avoir quelque chose d'optimisé sur le volume, donc sur l'hébergement aussi, mais sur des architectures légères, avoir des modèles de simplicité, efficacité. C'est vraiment les maîtres mots sur ce projet-là qui nous a permis de garder une sobriété. qui soit vraiment maîtrisée et absolument pas subie par les besoins de l'outil, de la plateforme.
- Speaker #1
Donc pour toi, le véritable ROI dans une démarche, ça va être moins de données, moins de data et moins d'énergie gaspillée en fait ?
- Speaker #0
Sur mes cas d'usage, c'est le ROI principal, cette non-consommation.
- Speaker #1
Mais quand même une résilience sur le long terme ?
- Speaker #0
Oui, en effet, puisque cette maîtrise permet derrière d'être en capacité de souveraineté, de résilience. D'être dans une optimisation aussi de choix d'hébergeurs, pouvoir identifier le meilleur hébergeur et pas prendre un hébergeur au hasard, mais un hébergeur qui remplit les critères qui sont dans l'alignement de la vision de tout ce qu'on aura fait dès l'idéation finalement du projet. On sera beaucoup plus dans la cohérence.
- Speaker #1
D'accord. Et toi Vanessa, tu as cette même vision du ROI ?
- Speaker #2
Alors oui, je pense que c'est assez complémentaire. Quand une société réalise une évaluation environnementale, Assez rapidement, on voit des quick wins, des gains rapides sur certaines actions qui vont vite être... On est toujours dans la sobriété numérique, avec les actions dont on parlait tout à l'heure, l'éco-conception, et c'est des concepts qui vont vite aussi apporter des réductions de coûts, finalement, si on regarde comment fonctionnent ces actions-là. Donc il y a très souvent, tout de suite, des quick wins qu'on peut mettre en place. La démarche, elle va souvent être itérative et donc on va trouver, en itérant, on va trouver d'autres éléments de réduction qui vont, encore une fois, dans le sens de la sobriété et qui vont aussi, très souvent, s'allier avec des réductions de coûts. Aujourd'hui, cependant, on est quand même dans une société où, car on en parlait, l'IA est très présente. Elle s'insère un petit peu partout dans toutes les couches de projets, de nouveaux services numériques, etc. Ce qui fait que les gains que les sociétés ont pu faire ces dernières années sur le numérique classique vont venir être un petit peu compensés par les nouveaux usages de l'IA. La bonne nouvelle, c'est que nos clients se posent quand même aujourd'hui beaucoup la question, avant de lancer des nouveaux projets. Mais ça veut dire quoi en termes d'impact environnemental ? Et donc, ils ont envie aussi d'évaluer cette partie-là pour comprendre où est-ce qu'ils vont. Donc, c'est vraiment bien de pouvoir faire une évaluation environnementale avant même de lancer un nouveau service numérique avec plusieurs couches d'IA. Ça permet vraiment de savoir où on met les pieds et ce qui va se passer au niveau de son bilan environnemental. Donc, ça, c'est un petit peu la tendance. Et quand on fait une évaluation environnementale, bien souvent, on en vient à parler d'enjeux que tu as évoqués rapidement de résilience et de souveraineté. Souvent, on vient à discuter de mon hébergement, s'il est en dehors du territoire national, quels sont mes risques ? Est-ce que mon système d'information est résilient ? Est-ce que mes infrastructures IT, métiers ou autres, sont capables de résister à plus de degrés ? On se pose en fait toutes ces questions-là. Et de plus en plus. Et du coup, quand on parle de ROI, il faut aussi imaginer qu'on va venir toucher ces éléments de stratégie IT qui pourraient entrer dans le ROI. Parce que si on ne les évoque pas, on a probablement des risques qu'on ne va pas évaluer et sur lesquels on ne va pas travailler.
- Speaker #1
D'accord. Donc en fait, le véritable ROI, c'est cet équilibre. Tu parlais de Quick Win. entre des gains immédiats, mais aussi cette sécurité sur le long terme. On va effectivement pouvoir avoir des retours rapides. Mais l'enjeu, c'est vraiment de se questionner dans la durée avec, comme tu disais, la souveraineté et la résilience.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Si vous aviez une action à recommander à nos auditeurs qui souhaitent se lancer dans une démarche de mesure d'évaluation, mais qui se sentent un petit peu perdus, ce serait laquelle ?
- Speaker #2
C'est un choix difficile de parler d'une seule action. Mais je recommanderais de se tourner vers les 74 bonnes pratiques du numérique responsable, éditées par l'association GreenIT.fr, qui sont vraiment un bon guide pour commencer à identifier un petit peu les poches d'opportunités autour du numérique, parce que ça va aller toucher à différents sujets, que ce soit les équipements utilisateurs dont on a... On va parler tout à l'heure des infrastructures, mais ça va aussi parler des achats responsables par exemple. Ça va vraiment pouvoir identifier où sont les grosses opportunités. Donc c'est un bon démarrage de démarche.
- Speaker #1
Merci Vanessa pour ce partage de référentiel. C'est vrai que ça peut totalement aider à lancer sa démarche. Et toi Carole, est-ce que tu aurais des conseils à ajouter ?
- Speaker #0
Donc oui, si je devais choisir qu'une seule action, en effet, je resterais focus sur la data en conseillant de partir à la chasse, de traquer. Un petit peu comme la valise où on a 80% de au cas où et 20% de nécessaire. Réfléchissez pareil, ayez le même mindset, traquez sur vos espaces de stockage ces 80% de au cas où qui ne sont déjà ni utilisés, qui coûtent très cher à stocker. qui ont des risques de failles de cybersécurité et qui ne vous mettent pas en conformité finalement RGPD. Donc ça serait vraiment mon action prioritaire en effet. Et si je peux en rajouter une deuxième, je dirais que ça serait de choisir le bon hébergeur. Justement d'avoir cette intelligence, on va dire, de prendre le temps de faire aussi du benchmark sur son hébergeur puisqu'on arrive à avoir des solutions maintenant très pertinentes dans cette innovation. d'arriver à capitaliser sur la chaleur générée par les data centers, par tout ce système-là. On a d'ailleurs une société française, la société Carnot, pour ne pas la citer, qui travaille sur le fait d'installer des radiateurs dans les entreprises, ces radiateurs qui vont capitaliser sur la chaleur des data centers, afin de ne pas surconsommer, mais d'être dans une intelligence de capitalisation déjà de l'existant. On a déjà des ordinateurs, on a déjà de la chaleur générée. Ne rajoutons pas de la surconsommation, essayons de capitaliser et de rediriger cette chaleur pour chauffer les bâtiments ou des piscines municipales ou HLM. Il y a des solutions très intelligentes déjà qui existent.
- Speaker #1
D'accord, donc vraiment faire le tri et choisir les bons partenaires pour se lancer dans ce genre de démarche.
- Speaker #0
Tout à fait, c'est une entreprise qui nécessite d'un collectif.
- Speaker #1
Un grand merci à Vanessa et Carole pour leur retour très concret et leurs éclairages complémentaires. Ce que cet échange nous montre vraiment, c'est que la mesure et l'évaluation ne s'opposent pas, mais au contraire, elles se renforcent. La mesure va permettre de rendre visibles les usages réels, souvent invisibles, mais très coûteux. Et l'évaluation, quant à elle, leur donne du sens en identifiant où se situent les vrais impacts. Ensemble et combinées, elles permettent toutes les deux de sortir des gestes symboliques pour aller vers des décisions utiles, cohérentes et durables. Le numérique responsable n'est ni une contrainte, ni un renoncement. C'est tout simplement un pilotage plus lucide, plus sobre. et plus stratégique du numérique. Et comme on l'a vu aujourd'hui, il ne s'agit pas de tout transformer d'un coup, mais de commencer, de mesurer, d'évaluer et surtout d'ajuster tout au long. Et on arrive à la fin de cet épisode, mais avant de se quitter, je vous propose une séquence express de questions posées par la marraine de cette saison, Louise Vialard, qui est la chargée du déploiement du programme Alt-Impact au niveau national. Vanessa, sobriété numérique ou numérique responsable ?
- Speaker #2
Numérique responsable sans hésiter.
- Speaker #1
Carole, sais-tu d'où viennent les métaux rares de ton téléphone ?
- Speaker #0
Oui, grâce au pollenter, j'ai eu la chance de pouvoir tracer tous les composants de mon téléphone.
- Speaker #1
Vanessa, penses-tu que le numérique responsable peut sauver le monde ?
- Speaker #0
C'est ambitieux.
- Speaker #2
Le numérique responsable peut y participer.
- Speaker #1
Carole, quel âge a ton smartphone ?
- Speaker #2
Oula,
- Speaker #0
je crois que c'est comme le mien, je préfère ne pas le dire.
- Speaker #1
Vanessa, quel objet connecté as-tu supprimé de ton quotidien ?
- Speaker #2
Je n'en ai pas supprimé, mais je ne compte pas en ajouter dans mon quotidien.
- Speaker #1
Carole, décris en trois mots ton rapport à l'intelligence artificielle.
- Speaker #0
Je dirais innovation pour commencer. Et après, je pense que je m'inspirerai de notre grand philosophe Orelsan, simple, basique.
- Speaker #1
Vanessa, as-tu suivi une formation numérique responsable ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Carole, as-tu déjà fait ton bilan carbone ?
- Speaker #0
Eh oui, c'est quand même bilan sanguin. C'est stressant, mais nécessaire.
- Speaker #1
Merci à toutes les deux pour vos réponses et pour votre participation à ce podcast. J'espère que cet échange vous donnera envie de passer à l'action, même par des petits gestes, pour contribuer dès aujourd'hui à un numérique plus responsable. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à nous laisser un commentaire ou un avis, ça nous aide vraiment à améliorer le contenu du podcast et à toucher plus de personnes intéressées par le sujet. Merci à vous de nous avoir écoutés et on vous donne rendez-vous sur notre site et sur LinkedIn pour découvrir les initiatives, les outils et les prochains rendez-vous du réseau.