- Speaker #0
J'ai toujours cru en la force incroyable des femmes, et je suis sûre que si toutes les femmes pouvaient se rencontrer, alors elles prendraient conscience de la puissance qu'elles portent en elles, et découvriraient le pouvoir immense qu'elles ont de faire bouger les lignes. Je vous propose donc de nous rencontrer ici, et je vous souhaite la bienvenue dans Ophélie et vous, le podcast qui met en lumière la parole des femmes, sans filtre et sans tableau. Je m'appelle Ophélie, je suis maman de trois enfants et votre hôte. J'adore parler, mais surtout écouter et découvrir vos histoires. Dans cette première saison, Nous parlerons de l'ambivalence qui nous traverse souvent quand on devient mère. Nous parlerons de toutes celles qui jonglent entre la maternité et leur carrière. Nous parlerons du ressenti profond de chacune d'entre elles,
- Speaker #1
de réussite,
- Speaker #0
de doute,
- Speaker #1
de regret,
- Speaker #0
de petits et grands moments qui font le quotidien des mères d'aujourd'hui. Alors maintenant, installez-vous bien confortablement et place à ce nouvel épisode.
- Speaker #1
Bonjour Claire. Bonjour Ophélie. Bienvenue,
- Speaker #0
je suis très contente de te recevoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci de m'avoir invitée.
- Speaker #0
On va du coup discuter aujourd'hui ensemble. j'aimerais euh euh rentrer un peu plus dans ta vie. Aujourd'hui, je pense qu'il y a pas mal de personnes qui te connaissent déjà. En tout cas, nous, dans le Sud, moi, je te connais depuis un moment. Je te suis sur les réseaux sociaux depuis un petit moment.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Et oui. Je te suivais. Tu avais déjà tes deux filles, mais tu n'avais pas ton petit garçon encore. On a déjà travaillé ensemble. Et c'est vrai que ce côté de toi, de savoir comment tu as géré ta maternité, ta carrière, c'est quelque chose que je ne connais pas. Tu as partagé un petit peu sur les réseaux, mais pas énormément. Donc ça m'intéresse de savoir quel a été ton parcours, comment est-ce qu'aujourd'hui tu gères tes trois enfants et ta carrière. On va aussi s'intéresser un peu au métier du digital parce que est-ce que vraiment le métier du digital ça peut permettre de concilier tout ou non ? En tout cas c'est un petit échange que j'aimerais qu'on ait autour de tout cela. Est-ce que ça te va ?
- Speaker #1
Ça me va, c'est parfait, c'est parti.
- Speaker #0
Est-ce que dans un premier temps tu pourrais commencer par te présenter et présenter ta petite tribu ?
- Speaker #1
Alors, pour ceux qui ne me connaissent pas ou ceux qui me connaissent, je vais être un petit peu plus, on va dire, dans les détails. Je m'appelle Claire, j'ai donc trois enfants. J'ai deux grandes filles d'un premier mariage qui ont 16 et 13 ans et un petit garçon qui a trois ans avec mon conjoint avec qui je suis depuis sept ans, ça fera cette année. Je suis sur les réseaux depuis le début d'Instagram, en fait, depuis que l'application existe, donc ça fait plus de 12 ans. Je suis un peu un dinosaure sur les réseaux. Mon compte, il est un petit peu lifestyle. Je parle de tout, que ce soit la mode, les recettes. J'aime bien faire des recettes, partager mes looks, des bons plans, des voyages. Je ne parle pas beaucoup de la maternité et de la parentalité en général parce que ce n'est pas la direction que je voulais prendre de mon compte. Je trouve que c'est déjà assez complexe d'être maman et on a toujours tendance à se comparer déjà sur les réseaux. Donc en plus, ce sujet-là est très touchy. Donc je n'ai jamais parlé vraiment en profondeur de ça. Je suis ce qu'on appelle influenceuse, même si je n'aime pas ce terme. Je suis créatrice de contenu. Ça fait 12 ans que je fais ça. Ça a été pendant quelques années mon activité principale. Mais là, j'ai bossé dans diverses sociétés. Par exemple, j'ai bossé au musée sonographique à Monaco. J'étais au service de communication. C'était avant le Covid. Oui, je me rappelle. C'était génial. Ça a été une super expérience. Mais malheureusement, le Covid n'a fait que... Et puis, j'ai rebondi. J'ai continué à faire de l'influence. J'ai donné aussi des ateliers dans des écoles de commerce. où on s'est croisés il n'y a pas longtemps. Je ne fais pas que de l'influence. C'est vrai que c'est la partie un petit peu émergée de l'iceberg, mais il y a tout ce qu'il y a en dessous qu'on ne voit pas forcément. Les gens ont toujours tendance à voir juste la finalité, les postes et les photos et les beaux endroits, etc. Mais il y a tout un travail en dessous aussi.
- Speaker #0
Du coup, là, tu es complètement indépendante ou est-ce que tu as encore un statut de salarié quelque part ou tu es complètement en freelance ?
- Speaker #1
Non, je suis en freelance depuis 2016.
- Speaker #0
Ah oui, donc ça fait un petit moment quand même. Et toi, quand tu étais petite, est-ce que tu savais déjà ce que tu voulais faire ?
- Speaker #1
Alors moi, quand j'étais petite, c'est pas très original. J'adorais les animaux, j'adore toujours les animaux. Je voulais être vétérinaire.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Je voulais soigner. Je pense qu'il y a beaucoup de petites filles et de petits garçons. On n'y est pas du tout. Non, je ne suis pas du tout vétérinaire. J'aime toujours autant les animaux, mais je ne suis pas vétérinaire.
- Speaker #0
Et dans ta famille, ta maman, tes tantes, les amis de ta maman, en tout cas les modèles féminins que tu avais autour de toi c'était plutôt des femmes qui travaillaient des femmes qui étaient au foyer. Qu'est-ce que tu as eu comme modèle de ce côté-là ?
- Speaker #1
Comme modèle, moi, toutes les femmes de mon entourage qui ont des enfants ont travaillé. C'est vrai que je ne prenais pas forcément conscience de ça quand j'étais enfant. Forcément, ce n'est pas de nos problématiques quand on est enfant. Mais je me suis rendue compte en devenant maman, déjà, que par exemple, ma mère bossait comme une dingue et elle nous avait. Et en fait, c'est ma grand-mère qui prenait souvent le relais, qui s'occupait de nous, par exemple, le mercredi. Et puis pendant les vacances aussi. Donc elle a toujours bossé et elle bossait.
- Speaker #0
Et ça, tu t'en es rendue compte en devenant maman ? Ou tu en avais déjà conscience quand tu étais jeune ?
- Speaker #1
J'en avais pas du tout conscience et j'avais tendance aussi à, comment dire, à en vouloir un peu à ma mère et à mes parents, qu'on soit toujours, voilà, qu'elles soient pas forcément dispo pendant les vacances, qu'elles soient pas tout le temps là, etc. et qu'elles travaillent beaucoup. Mais en fait, c'est vrai qu'en ayant eu ma fille aînée, j'avais 24 ans quand j'ai eu ma fille aînée, donc elle va avoir 17 ans là cette année, je me suis rendue compte que, waouh, en fait, ouais, ça déménage d'avoir un enfant, ça change tout. Ça rebat les cartes de la vie pro, souvent pour les mamans. Voilà. C'est vrai. C'est bête à dire, c'est enfoncer une porte ouverte, mais en général, c'est les mamans qui trinquent niveau boulot.
- Speaker #0
On porte souvent la charge de la maternité.
- Speaker #1
En fait, ce qui se passe, c'est que dans un couple, je ne fais pas de généralité, mais la majorité, on va dire, des couples, c'est l'homme qui va gagner un peu plus, mieux sa vie. Donc forcément, c'est la mère qui va un peu plus gérer le côté, toute la charge mentale et s'occuper de l'enfant. Et du coup, qui va mettre un peu, entre parenthèses, sa carrière, si on peut appeler ça des carrières. C'est un gros mot, carrière.
- Speaker #0
En tout cas, on a peut-être un peu plus un choix à faire à un moment donné.
- Speaker #1
On a des choix à faire, on a des questions qui se posent et on a beaucoup de pression sur les épaules de part de la société, l'entourage, la famille, etc. après c'est C'est un long travail. C'est un long travail.
- Speaker #0
Qui n'est peut-être jamais terminé. Non,
- Speaker #1
qui n'est peut-être jamais fini, non. Et au fur et à mesure qu'on a des enfants, ça re... Ça rebat les cartes. Exactement, ouais.
- Speaker #0
Et ta vision de la maternité, tu savais que tu voulais des enfants ? T'avais pas de prérequis là-dessus ? Ou tu savais que tu voulais des enfants ?
- Speaker #1
J'ai jamais eu ce côté... Tu sais, des fois, t'as des jeunes de 17, 18 ans, ou même... jeunes qui se disent « je veux absolument des enfants, je veux trois enfants, je les appellerai comme ça et tout » . Moi, j'ai jamais eu ça, en fait. Et c'est vrai que quand j'ai rencontré mon ex-mari, j'étais un bébé, j'avais 19 ans. Ben voilà, on s'est mis en couple, il était un peu plus âgé que moi, et en fait, je suis tombée enceinte, j'avais 24 ans. C'était prévu, mais c'était pas prévu que ça arrive aussi tôt, en fait. Mais bon, dans la vie, je dis qu'il n'y a rien qui arrive par hasard. Je suis trop contente d'avoir eu ma fille aînée jeune. Je trouve que c'est génial d'être une maman jeune. Ça permet de rester dans le coup et de rester dans toute la mouvance et le mood de la jeunesse. Je trouve que c'est génial. Et puis elle, elle est contente. Je pense que mes deux filles sont contentes d'avoir eu une maman jeune. Oui.
- Speaker #0
Du coup, 24 ans, tu en étais où ? Qu'est-ce que tu as fait comme études ? Parce que j'ai bien compris que tu n'étais pas vétérinaire. on a tous compris comment est-ce que tu as fait quoi comme études et tu as commencé par quoi dans la vie active ?
- Speaker #1
alors moi j'ai un bac L ça n'existe plus je crois c'est un bac littéraire et ensuite j'ai fait une école du commerce j'ai un BTS de management de l'entreprise et je me suis arrêtée à ça et du coup tu as travaillé tout de suite après ? j'ai bossé tout de suite j'étais dans la déco d'intérieur en fait ... Je faisais beaucoup de visual merchandising dans la déco d'intérieur et j'adorais ça. Après, niveau horaire, c'était clairement incompatible avec la vie de famille et la vision que j'avais de s'occuper de ses enfants. Je rentrais le soir, des fois j'avais ma fille qui dormait déjà, donc j'ai complètement arrêté quand j'ai eu ma fille aînée et je suis restée un an en congé parental. Peut-être un peu plus d'un an.
- Speaker #0
Du coup, qu'on comprenne bien, tu as eu tes études, tu travaillais du coup en visuel mère chez Décoration d'Intérieur,
- Speaker #1
c'est ça ? Ouais.
- Speaker #0
Donc tu as eu ta première petite, tu as repris le travail tout de suite après le congé maternité dans un premier temps ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Comme je te disais, j'ai prolongé mon congé maternité, tu sais, en congé parental. En congé parental, ouais. Et du coup, pendant je pense un an et demi, je me suis occupée d'elle avant qu'elle rentre à la crèche et ensuite à l'école.
- Speaker #0
Donc là, tu avais 24 ans ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Dans ton entourage, t'avais déjà des mamans, des copines qui étaient mamans ?
- Speaker #1
J'avais très peu de copines qui étaient mamans. Du coup, ça a été un tsunami l'arrivée de ma fille aînée parce que je... J'avais une vision, je pense, un peu de Bisounours de la maternité. C'est-à-dire ? C'est-à-dire tout le côté qu'on voit. À l'époque, les réseaux n'étaient pas aussi développés, mais je te parle des magazines, de la télé, des films, des séries. Et en fait, j'avais cette vision, c'est génial d'avoir un bébé, tu as ton bébé, tu t'en occupes, tu fais ta vie. Alors que pas du tout, c'est la fatigue, les nuits. On sait quand on devient maman, mais bon, il y a... Tu sais, t'as toujours les gens qui te disent profite de dormir, profite de te reposer, profite de faire des trucs pour toi. Parce qu'après, genre, en gros, c'est fini. Mais non, pas du tout, c'est pas fini. Ça, après, c'est un autre sujet. Enfin, c'est pas un autre sujet, c'est la suite de ce qui se passe, toi, quand tu fais ton travail dans ta maternité et que t'avances aussi dans le temps et que ton enfant, il grandit. Mais c'est vrai que quand ma fille aînée est arrivée, ouais, ça a été un gros wow, une grosse claque. Moi, j'étais hyper heureuse, mais j'étais... hyper fatiguée, bouleversée. Je me disais comment je vais y arriver ? Est-ce que je vais réussir à concilier de retravailler ? Ça a été dur.
- Speaker #0
Tes copines, elles ont compris ton choix ?
- Speaker #1
Après, j'ai envie de te dire, les copines entre guillemets, les avis... On s'en fout un peu. Les amis, ils sont toujours là, quoi qu'il arrive, quand tu traverses des choses faciles et pas faciles. Je pense que j'ai quand même fait une petite dépression en postpartum. C'est vrai que c'est à la mode de dire ça, mais... Mais c'est une réalité. Peut-être pas une dépression, parce que le mot est gros, mais je pense que mon postpartum a été bien violent. Après, ça n'enlève pas le fait que j'étais heureuse et que j'étais contente d'avoir ma fille. tu vois et que enfin je je Je donne tout pour elle et j'aurais tout donné pour elle, mais ça a été très dur niveau fatigue et niveau charge mentale.
- Speaker #0
Du coup, une arrivée un peu fracassante de cette première petite fille, en tout cas qui t'a bouleversée ?
- Speaker #1
Oui, l'entrée dans la maternité. Je compare toujours ça à un tsunami, mais c'est un peu ça en fait. Je me suis pris la vague et après j'ai rebondi.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu as fait pour te sentir mieux, pour passer du coup ? cette période un peu compliquée parce que je pense qu'il y a peut-être des personnes qui vont nous écouter qui sont en plein dedans ou peut-être qui n'ont pas l'impression parce que je trouve que souvent la maternité quand elle rebat un peu les cartes et on se dit mais non non tout va bien ça va très bien et c'est souvent après coup qu'on se rend compte qu'en fait on était un peu déprimé et que finalement on voyait pas les choses vraiment du bon oeil mais c'est souvent après coup quand on fait un bilan ou quand on avance ou quand on découvre d'autres choses qu'on se rend compte que finalement on était un peu déprimé. Est-ce que toi avec le recul tu sais ce qui... Ce qui t'a fait passer cette période ?
- Speaker #1
Alors déjà, j'ai beaucoup lu. J'ai lu, je pense, tous les ouvrages qui existent sur la maternité. Notamment, Laurence Pernoud, qu'on ne citera pas, parce que ça fait 30 ou 40 ans que... Si je ne dis pas de bêtises.
- Speaker #0
Mais il est réactualisé.
- Speaker #1
Il est réactualisé tous les ans. Donc ça, ça a été ma bible, clairement. Genre, enceinte et après, pour ma première. Et après, bien s'entourer, c'est bête à dire, mais pour n'importe quelle situation, que ce soit la maternité ou autre, les amis, la famille. J'avais la chance d'avoir encore mes parents et ma maman, notamment à cette période-là. Elle a été d'un grand secours et d'une grande aide. Je lisais il n'y a pas longtemps que c'est vrai que les femmes, actuellement, de nos jours, c'est triste à dire, mais dans la maternité, elles se sentent souvent seules. Et on se dit, c'est incroyable, on est en 2025, on est à une ère où tout est communication, on peut avoir des informations sur n'importe quel sujet, être en contact avec des centaines de milliers de personnes, et en fait, elles se sentent encore seules en maternité, donc c'est incroyable. Et en fait, tout est question aussi de culturel. Tu vois, par exemple, dans des pays comme l'Afrique ou d'autres pays, je prends cet exemple. Mais en fait, quand il y a un bébé qui arrive, comme on dit la citation, il y a un village autour. C'est tout un village qui l'accueille. Et en fait, je trouve que c'est ça qui manque actuellement. Il faut qu'on revienne aux bases et de se dire quand même que l'arrivée d'un enfant, oui, c'est quelque chose de joyeux, c'est quelque chose de génial, c'est positif. Mais il faut être là. Les mamans, quand elles accouchent, souvent elles se sentent seules, se sentent démunies. Le papa, le congé paternité, c'est quoi ? 11 jours. S'il a la chance de pouvoir le prendre, Enfin, 11 jours, c'est rien, quoi. Tu vois, il faut être là, il faut être présent. La maman, elle n'a pas besoin d'un énième doudou ou d'un énième body. Elle a besoin d'heures de ménage, elle a besoin qu'on lui amène des petits plats préparés.
- Speaker #0
Très bon type sur les cadeaux de naissance,
- Speaker #1
d'ailleurs. Qu'on garde son enfant une heure pour qu'elle aille, je ne sais pas, à n'importe quoi, d'aller chez le coiffeur. enfin tu vois Moi je trouve que c'est hyper important et c'est peut-être le message aussi que je veux passer c'est si vous avez dans votre entourage des mamans des jeunes mamans ou des femmes enceintes offrez ça quoi offrez des heures de ménage, offrez des heures de babysitting offrez du temps en fait du temps et du service
- Speaker #0
Surtout que des fois on est tellement bouleversé qu'on n'arrive plus à prendre du temps, on n'a plus conscience qu'on a envie de prendre du temps pour soi ou que ça nous ferait du bien parce qu'on est obsédé aussi en général par notre bébé par cette nouvelle maternité parce que Et puis parce qu'il faut qu'on trouve un peu les clés quand c'est le premier. Donc on n'ose pas trop laisser. Mais finalement, quand on nous offre ce genre de choses, ça nous force un peu à le faire. Et ça nous permet à force de prendre un peu de temps pour nous.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, tu sais, c'est rare quand une femme, elle se dit je vais me faire masser aujourd'hui. J'ai pris rendez-vous et je vais y aller. Non, en général, c'est quelque chose qu'on t'offre. Et c'est vrai que la maternité, forcément, tu es focus sur le bébé. Tout le monde est focus sur le bébé. Et en général, la maman, elle est un peu délaissée. C'est pas voulu, tu vois, mais c'est la force des choses qui fait qu'on se focusse sur le bébé. Alors que c'est hyper important et c'est tout aussi important, c'est les deux. Si la maman va bien, forcément le bébé va bien aller. C'est un tout, c'est un duo.
- Speaker #0
Du coup, à 24 ans, tu as cette petite fille, tu prends ce congé parental pendant un an et demi. Elle n'est pas en collectivité du coup, elle reste avec toi ?
- Speaker #1
Elle reste avec moi pendant un an et demi, je m'occupe à 100% d'elle et de la maison.
- Speaker #0
Est-ce qu'à ce moment-là, tu avais l'impression de faire un sacrifice ? Quand tu t'es dit, ou est-ce que c'était pour toi inné, est-ce que tu as eu peur de faire ce sacrifice ? Est-ce que tu as eu peur de l'après, professionnellement ou pas ? Je voudrais savoir, parce que moi je les ai eus un peu plus tard, et les personnes que je rencontre jusque-là en général les ont un peu plus tard. Je me demande si, est-ce que puis on les a jeunes, moi on a peur de l'après professionnel ? Ouais, parce que du coup, en plus, tu as eu des enfants à plusieurs âges, donc tu pourras me dire. Ou est-ce qu'en fait, déjà à cet âge-là, tu avais cette peur de me dire, mais comment je vais retourner dans la vie active ? Est-ce que je vais perdre des années de carrière ?
- Speaker #1
Je pense que la réponse dépend de pas mal de choses. Dépend de, déjà, ton caractère à toi. Dépend de la situation dans laquelle tu étais au niveau boulot. Et dépend aussi de ton conjoint. Parce qu'on ne va pas se mentir, moi j'ai... Pour moi, ça a été naturel. Ça a été d'un commun accord avec le papa. On pouvait se le permettre. Parce que c'est clair qu'actuellement, avec ce que t'offres à la CAF, si t'es en congé parental, c'est une insulte à ton salaire que t'as normalement en travaillant. C'est un vrai sujet.
- Speaker #0
Il y a aussi beaucoup de gens qui n'ont pas le choix. Tu peux pas parce que financièrement, ils peuvent pas.
- Speaker #1
Quand tu te dis que le congé maternité, normalement, t'es censée reprendre le travail aux deux mois et demi de l'enfant. Enfin, je... Pour moi, c'est un déchirement du cœur et pour beaucoup de mamans, je pense. Mais comme tu dis, tu as des femmes qui n'ont pas le choix et qui sont obligées de repartir travailler et de laisser leur enfant à la crèche ou à une nounou ou aux grands-parents aux deux mois et demi de l'enfant. Mais c'est une aberration pour moi. C'est le système qu'il faut changer, clairement.
- Speaker #0
En tout cas, tu n'avais pas peur de l'après ?
- Speaker #1
Je n'avais pas peur de l'après parce que j'avais cette sécurité de me dire que j'ai mon conjoint qui gère. qui lui va travailler et gère le côté financier, et de me dire qu'après, je vais rebondir, et puis on verra plus tard, en fait. On verra.
- Speaker #0
Oui, je pense que du coup, cette jeunesse se dit, de toute façon, je suis encore jeune, je pourrais reprendre.
- Speaker #1
Oui, ça ne me faisait pas peur. Et puis, on en parlera peut-être après. C'est que le fait d'avoir un enfant, ça a aussi changé beaucoup de choses, moi, dans ma perspective du travail, en fait.
- Speaker #0
Alors, quand est-ce que tu retournes travailler après cette première petite fille ?
- Speaker #1
Je retourne travailler, elle a un an et demi, elle rentre à la crèche. Du coup, je retourne travailler dans mon ancien boulot dans la déco. Ça se passe pas très très bien.
- Speaker #0
C'est marrant parce que, je te coupe, excuse-moi, mais du coup j'ai interviewé plusieurs personnes et souvent le retour de congé maternité, ça a été un peu l'élément déclencheur. Je pense que nous, on n'est peut-être pas dans le même mood aussi quand on revient. Moi, pour mon premier, j'ai repris à deux mois et demi. Et je pense qu'effectivement, on n'est pas dans le même mood après une maternité. Mais je crois qu'il y a encore un vrai sujet dans les entreprises françaises, c'est-à-dire que le congé maternité, c'est mal vu et que quelqu'un qui est en congé maternité, ce n'est pas bon. Et le retour est souvent très difficile.
- Speaker #1
Moi, ça ne se passait déjà pas bien avant. Ensuite, je me suis mariée, je suis tombée enceinte. Et le retour après les un an et demi de congé parental, ça a été très compliqué. Mais bon, je ne sais pas si c'est le fait de la maternité qui a accès à un tel truc, parce que déjà, à la base, ça n'allait pas bien. Donc, tu vois, je me suis dit, mais de toute façon, je voulais partir. Je voulais partir. Du coup, je suis partie et j'ai trouvé un job clairement, on va dire, pas alimentaire, parce que ça me plaisait quand même un peu. J'ai bossé dans les bureaux avec des horaires. Plus adaptée pour pouvoir aller récupérer ma fille à la fin de la journée. Donc j'ai fait ça pendant quelques années, ça s'est plutôt bien passé. Je ne m'épanouissais pas forcément à 100% niveau boulot, mais bon, voilà.
- Speaker #0
En fait, ça a été ton premier choix à faire. C'est que tu savais que tu t'épanouissais moins au point du pro, mais par contre, tu avais un équilibre pour ta vie personnelle et pour ta fille et ta maison.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. J'ai toujours l'impression que les femmes, on est sur un fil. On est l'équilibriste. On jongle en même temps entre vie perso, vie pro, vie de femme, épouse. On doit gérer tout ça. C'est vrai que c'est un gros bazar à gérer. Ce n'est pas forcément toujours évident.
- Speaker #0
Ta seconde fille est arrivée combien de temps après ?
- Speaker #1
Ma seconde fille est arrivée, j'avais 27 ans.
- Speaker #0
Trois ans après.
- Speaker #1
ouais 27 ans, 28 ans et et là du coup ça a été ça a été comment dire en fait si tu veux ça a enfoncé le clou du fait que je voulais du temps pour mes enfants et je voulais pas perdre de temps en fait parce que comme je lisais beaucoup et je me suis renseignée forcément c'était ma deuxième donc ça a été complètement différent parce que j'étais beaucoup plus sereine je savais ce qui m'attendait Merci. Et du coup, je me dis, oui, la petite enfance, elle passe très, très vite. Je n'ai pas envie de passer à côté d'une seconde de tout ça.
- Speaker #0
Donc, du coup, tu as ta première fille, tu prends ton congé parental, tu reprends un nouveau job dans lequel le plus alimentaire et plus administratif, pour lequel tu as des horaires plus conciliables avec ta vie de maman. Tu as ta seconde fille. Pareil, tu reprends un congé parental pour elle. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Je reprends un congé parental quasiment... euh... Je crois qu'après, au deuxième... Parce que c'était il y a un petit moment, quand même. Je crois que tu sais, au deuxième, tu peux prendre trois ans ou un truc comme ça.
- Speaker #0
Alors, je ne sais plus si c'est au deuxième ou au troisième. Mais peut-être que tu peux aller jusqu'au troisième enfant.
- Speaker #1
Je crois que j'ai pris à ce moment-là, ouais, jusqu'aux trois ans de ma deuxième. Mais du coup, je ne l'ai pas du tout vue comme... Comment dire ? Comme un sacrifice, en fait. Non, pour moi, c'était normal. Et à ce moment-là, oui, avec le papa, on en avait discuté aussi. Et c'était... C'était normal de faire ça, en fait. Voilà. Parce que, comme je te disais, la petite enfance, ça passe très, très vite. Et je voulais pas... Enfin, je voulais pas que ce soit quelqu'un d'autre et quelqu'un d'étranger qui les garde. Parce que, pour moi, tu fais des enfants et tu dois t'en occuper. Enfin, en tout cas, tout ce qui est parti de zéro aux trois ans.
- Speaker #0
Et donc, tu as réussi à rester dans cette bulle sans avoir l'impression de louper quelque chose au point de vue pro. Tu t'es vraiment restée dans cette bulle avec tes filles.
- Speaker #1
Alors, je suis restée dans cette bulle. J'ai quand même eu deux, trois moments où j'ai eu l'impression de louper des choses niveau pro. Je me rappelle d'une anecdote, je vais te donner, ça va te faire rigoler. J'ai eu un entretien d'embauche en FaceTime avec une grande enseigne de déco. Et en fait, ils ne pouvaient pas le faire autre que le mercredi. Donc les mamans, quand on vous dit le mercredi, tu sais que c'est... Panique à bord. Ah ouais, quand on vous dit panique à bord, mercredi, non mais pas possible, j'ai les deux à la maison. Enfin, genre c'était pas possible, mais en fait j'ai quand même fait le FaceTime et l'entretien avec cette enseigne. Et là, à ce moment-là, à cette période-là, ma deuxième, elle allait bientôt rentrer à l'école. Et pour moi, j'allais retravailler, tu vois. J'allais retourner dans le truc et un truc qui me faisait kiffer, c'était la déco. Donc j'étais contente, j'avais décroché cet entretien. Et j'ai réussi à faire l'entretien malgré le fait que j'ai mes filles à la maison.
- Speaker #0
Chapeau !
- Speaker #1
Ça c'est un beau équilibre. Bon alors là, bénissois les dessins animés. On va pas se mentir, il n'y a pas de maman parfaite et tout ça. J'ai fait l'entretien et j'ai décroché le poste. Et en fait, là, à ce moment-là, plus ou moins gros clash avec le père des filles, qui me dit que non, elles sont encore trop petites et que je ne peux pas retourner travailler, tout ça. Ah,
- Speaker #0
donc c'est lui qui a décidé qu'il ne reprenne pas ce poste ?
- Speaker #1
Ouais, là, en fait, ça a été le seul moment de ma vie, on va dire, où j'ai eu un choix, on va dire, imposé. Moi, je ne voulais pas, je voulais clairement retravailler. Et du coup, ça a été un peu compliqué, mais je pense que ça a été le chemin, tout doucement, c'est ce qui a fait glisser vers le divorce. Ça n'a pas été que ça, mais ça a été un point, on va dire... Un point... Oui,
- Speaker #0
il t'a apporté une sécurité.
- Speaker #1
Oui. J'avais la sécurité, mais...
- Speaker #0
Dans le sens où, du coup, tu vas arrêter 5 ans de travailler ?
- Speaker #1
Ça veut dire ? En fait, c'est rigolo parce que c'est à ce moment-là où j'ai commencé Instagram.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Au congé parental de ma deuxième. Donc, c'était il y a 12 ans. Et c'est rigolo parce que maintenant, c'est mon travail. Tu vois, donc c'est rigolo. La vie est pleine de surprises et de retournements de situation, en fait. Donc,
- Speaker #0
du coup, lui préfère que tu restes à la maison. Tu restes combien de temps à la maison avant de reprendre le travail ?
- Speaker #1
En fait si tu veux à ce moment là j'ouvre mon compte Instagram sur les conseils de mon papa qui est photographe et qui me dit vas-y...
- Speaker #0
C'est pour ça qu'il y a des si belles images tout le temps en plus en arrivant tu me dis moi je fais zéro retouches elles sont hyper jolies ton feed est super beau...
- Speaker #1
Merci c'est gentil. Je comprends maintenant d'où vient le talent de photographe. Quand tu as la belle lumière le bon angle c'est dommage de retoucher tu vois. À part enlever une poubelle ou une plaque d'égout, je trouve qu'il n'y a pas d'intérêt. Au moins, les gens me reconnaissent.
- Speaker #0
Donc, on est à ta deuxième fille. Tu prends trois ans de congé parental, de ce que j'ai compris. Tu as cet entretien que tu décroches finalement d'un commun accord avec ton mari ou pas, je ne sais pas. Mais en tout cas, tu décides de ne pas prendre ce poste pour rester avec tes filles. Qu'est-ce qui a fait que tout doucement, tu as repris le chemin du travail ? Et au bout de combien de temps ?
- Speaker #1
Ben en fait j'ai ouvert mon compte Instagram à ce moment là. Ça n'avait rien à voir avec le Instagram qu'on connaît maintenant. C'était il y a 12 ans donc je vous laisse imaginer, il n'y avait pas de hashtag, il n'y avait pas de story. Il n'y avait pas toute cette dimension business, marketing et tout ça. Moi j'ai ouvert ça sur les conseils de mon papa qui est photographe. Et du coup il m'a dit ben vas-y. c'est sympa, il y a des belles photos, tu as des inspi, tu as des voyages et tout ça, c'est cool. Donc du coup, je me suis mis dessus.
- Speaker #0
Mais du coup, tu l'as tout de suite fait dans le but de faire de l'influence ou c'était vraiment juste pour un partage spontané et des jolies photos ?
- Speaker #1
En fait, ça n'existait même pas l'influence à ce moment-là. Il n'y avait rien du tout. Tu étais sur Instagram et tu postais, comme son nom l'indique, instantanément la photo où tu étais. et voilà, il n'y avait pas de wording, il n'y avait pas de hashtag, Et en fait, moi, j'ai ouvert ça parce que congé parental, t'es un peu en mode dans ta bulle, un peu solo, un peu en mode... C'est pas que tu t'ennuies parce que t'as 10 milliards de choses à faire quand même. Mais il me manquait ces interactions sociales, si tu veux, je pense, avec les gens. Même si t'as des amis, même si t'as de la famille, la journée, ils travaillent. Enfin, tu vois, donc du coup, j'avais ce côté peut-être qui me manquait d'interactions sociales. et du coup avec Insta j'ai commencé à partager un peu en fait Au début, j'étais en privé. Je partageais un peu avec mon entourage, ma famille, mes amis, mes recettes, mes looks, les bons plans, les adresses, comme je fais actuellement. Ça n'a pas changé. Et petit à petit, à ce moment-là, l'algorithme d'Instagram n'existait pas encore. C'était facile de grimper en followers et en tout. Et j'ai des copines qui m'ont dit « Vas-y, pourquoi tu ne te mets pas en public ? » À ce moment-là, on disait les blogueuses. Il y a des blogueuses, c'est l'époque des blogs.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
et du coup, je me suis mis en public.
- Speaker #0
Tu en as eu un de blog ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu un blog. Tu l'as toujours ? Non, je l'ai fermé il n'y a pas très longtemps en plus. C'est rigolo que tu me dises ça. Et du coup, petit à petit, je me suis mis en public et j'ai continué à partager, etc. Et en fait, mon compte a grimpé 10K, 15K, 20K. Et jusqu'au moment où on me demande... Les premières invitations pour des événements, alors tu te dis, ouais, ok, génial.
- Speaker #0
Donc là, tu bascules dans l'influence.
- Speaker #1
Ben ouais, mais en fait, on ne savait pas à ce moment-là ce que c'était. Je ne savais pas où je mettais les pieds. Pour moi, c'était rigolo parce que c'était cool ce qui arrivait, mais il n'y avait aucun... Pour moi, c'était que du plus, si tu veux. Mais il n'y avait pas de dimension business encore. Donc voilà, c'était des invitations, les marques qui t'envoient des cadeaux, c'est sympa, tu sais pas trop pourquoi ils te choisissent, mais bon, c'est cool. Et à côté, j'ai retravaillé en tant que salariée. Donc je faisais un peu d'influence, même si ça s'appelait pas comme ça à l'époque, et je retravaillais à côté.
- Speaker #0
Après, comme beaucoup d'influenceuses maintenant, elles ont au début jonglé entre les deux, et puis finalement, quand il y a l'influence qui a pris le dessus, elles se sont arrêtées. Mais c'est vrai qu'au début, ça fonctionnait comme ça.
- Speaker #1
Et du coup... Et là, du coup,
- Speaker #0
la deuxième, elle avait quel âge ?
- Speaker #1
Là, elle était à l'école. Elle était un peu plus grande. Elle était rentrée à l'école. Donc du coup, moi, j'ai vraiment retravaillé à ce moment-là en salarié. Et Insta, c'était juste un plus. C'était juste un plus, quoi.
- Speaker #0
Et quand est-ce qu'il y a eu la bascule, du coup ? S'il y en a vraiment eu une, peut-être que... Est-ce que tu as aussi eu un moment que ça ? Ou est-ce que tu as toujours... Tu as toujours eu des choses à côté ?
- Speaker #1
Alors, il n'y a que pendant trois ans où je n'ai rien eu à côté, il n'y a eu qu'un star. Mais sinon, après, oui, normalement, j'ai toujours eu quelque chose. Tu vois, je bossais au musée à Monaco et du coup, je jonglais avec ma vie d'influenceuse et le côté salarié et le côté maman. Du coup, je n'avais que mes deux filles à cette période-là. mais en fait Insta si tu veux oui quand ça commence à prendre un peu plus de place que t'as des marques qui te demandent qui ont du budget, qui te demandent ton numéro de sirète etc là tu commences à vraiment te professionnaliser et en fait vu que ça se fait progressivement tu vois ça a pas été d'un coup un changement j'ai pas eu de choc ou j'ai pas eu de ça a pas été compliqué si tu veux de m'adapter ça s'est fait progressivement donc je pense que c'est ça aussi qui a facilité la chose
- Speaker #0
Donc tu bascultes, tu as cette influence qui est en train de prendre de l'ampleur dans ta vie. Tes filles sont un peu plus grandes. Tu te sépares du papa de tes filles, il me semble, aussi dans ces eaux-là.
- Speaker #1
Ouais, j'ai divorcé. Moi,
- Speaker #0
je crois que c'est là que j'ai commencé à te suivre.
- Speaker #1
Ouais, j'ai divorcé. Bon, ça, c'était avant.
- Speaker #0
Avant le musée océanographique.
- Speaker #1
J'ai divorcé. Et en fait, la re... Rebouleversement forcément Tsunami aussi
- Speaker #0
Parce que du coup tu passes de Maman à 100% à plein temps A maman, alors je sais pas si vous aviez une garde Qui a été
- Speaker #1
On était en garde alternée Et moi en fait juste avant Pour la petite anecdote Juste avant de divorcer Je reprends mes études
- Speaker #0
Ah tu nous avais pas dit ça
- Speaker #1
Si parce que si celles qui me suivent depuis longtemps Elles le savent,
- Speaker #0
j'en ai pas trop trop parlé C'était pas dans la nutrition Ouais. Ah si je savais.
- Speaker #1
En fait je reprends mes études avec le CNED pour devenir diététicienne.
- Speaker #0
Ok, tu m'en rappelles.
- Speaker #1
Donc du coup je fais tout le cursus, c'est en deux ans, c'est un bac plus deux. Et je fais avec le CNED. Je passe mes épreuves, je valide les deux tiers, et en fait je fais mes stages hospitaliers, tout ça, machin, ça se passe très très bien. Et en fait les dernières épreuves que je passe Très compliqué parce que déjà, c'est des épreuves. Moi, je sors d'un bac L et d'une école de commerce, donc je n'étais pas du tout en mode scientifique. Et la diététique, tu fais de la biochimie, etc. Donc, c'est un peu très, beaucoup complexe. Pardon, ce n'est pas très français ce que je viens de dire. C'est très complexe. Et du coup, je ne me cherche pas des excuses. Mais du coup, j'ai validé les deux tiers de mes matières et j'ai loupé un tiers. Pour la petite anecdote, je rentre dans ma dernière épreuve. Juste avant de rentrer dans la salle, je raccroche avec mon avocat pour parler du divorce. Donc je te laisse imaginer dans quel mood j'étais à ce moment-là. Ça a été très compliqué.
- Speaker #0
Déjà, quel courage d'avoir ne serait-ce que poursuivi et passé les deux tiers. Avec deux enfants, un moitié plein. Et se dire que tu avais un tremblement de terre qui était en train de se mettre dans ta vie perso et tu as quand même voulu avancer là-dessus. Deux tiers ou l'intégralité, ce n'est pas vraiment le sujet. C'est que déjà, bravo à toi de l'avoir fait et d'avoir eu le courage déjà de reprendre ses études avec deux enfants. C'est déjà difficile. Et en plus, quand tu savais ce qu'allait t'attendre au point de vue de ta séparation et de ta vie perso.
- Speaker #1
Alors, quand j'ai repris mes études à ce moment-là, il n'y avait pas du tout de question de divorce. Parce que sinon, je pense que je n'aurais pas repris mes études ou je ne sais pas comment on aurait organisé ça. Mais bon, c'est un autre débat. On ne sait pas comment ça se serait passé. Oui, on ne sait pas. Mais du coup, je ne sais pas si c'est de la force ou quoi, mais peut-être de l'inconscience aussi. Parce que c'est clair que reprendre ses études à 30 ans passés avec deux enfants, ça a été compliqué. Je ne l'ai pas vu tout de suite comme une force et comme quelque chose de positif. Je l'ai pris comme un échec. Mais bon, le problème aussi vient de notre société où on n'a pas le droit à l'erreur. Tu vois, quand tu commences quelque chose, il faut aller jusqu'au bout et réussir. Mais en fait, quand tu vois, enfin maintenant je le vois avec le recul que j'ai et aussi mon âge, que je lis pas mal de choses sur les entrepreneurs, etc. Et quand tu vois les grosses têtes des entreprises, ils ont tous échoué à un moment donné, même plusieurs fois. Et en fait, tu le vois comme un échec quand tu es devant le truc et quand ça vient d'arriver. Mais avec le recul, en fait, non, c'est une force. Et j'ai su rebondir et j'ai su continuer et j'ai su avancer. Même si ça a été très dur. Mais bon, c'est juste l'ego qui parle. Tu vois, ça a été très dur.
- Speaker #0
Ouais. Alors après, je trouve que c'est aussi un peu le propre des réseaux sociaux. c'est à dire qu'on a eu cette vague Je trouve qu'elle est un peu en train de diminuer, mais on a eu bien évidemment cette vague de gens qui disaient Ausha à tes rêves, aujourd'hui je vis de mes rêves » . Alors maintenant, on commence à creuser un peu et se rendre compte qu'il y a quand même très peu de gens qui finalement vivent vraiment de leurs rêves. Et en plus, qu'il y a eu quand même beaucoup de poudre aux yeux pendant des années. Mais il y a eu quand même toute une vague de gens qui disaient « J'ai tout plaqué, moi je préfère voyager avec 3 francs 6 sous dans la poche et faire le tour du monde plutôt que d'avoir une maison » . Ce qu'ils oublient de dire, c'est qu'ils ont hérité de choses avant et qu'ils n'ont pas de problème matériel dans leur vie. Il y a eu aussi un décalage, je trouve, les réseaux sociaux ont quand même fait croire beaucoup de choses à beaucoup de personnes pendant longtemps.
- Speaker #1
Après, je suis d'accord et pas d'accord avec toi, parce qu'il y a le côté positif et négatif des réseaux sociaux, mais bon, comme dans tous les milieux, je trouve. Après, je pense que c'est aux gens de faire la part des choses. Et comme je te disais tout à l'heure, je te donnais l'exemple de l'iceberg, c'est-à-dire que les gens voient juste le côté émergé, voient juste les beaux endroits, les belles photos. les beaux vêtements, les invitations, etc. Mais ils ne voyaient pas forcément tout le côté, le dessous de l'iceberg, le côté gérer son planning, gérer les marques, gérer les pas de budget, gérer les retards de facture, gérer son image, être toujours au top. Après, je pense que tout ce qui est négatif sur les réseaux, c'est à toi de faire ton travail sur toi-même et de faire la part des choses et de faire le ménage, en fait.
- Speaker #0
Ça, je suis assez d'accord, mais je pense que tout le monde n'a pas la capacité de le faire, ou n'a pas forcément l'envie. Il y a aussi des périodes de ta vie où tu es beaucoup moins alerte, tu fais preuve de beaucoup moins de discernement que dans d'autres moments de ta vie. Et je trouve que c'est un peu en train maintenant de se diluer, et on commence à avoir un peu... Et puis, tu vois, tu as le courage de le dire aussi, et je trouve qu'il y a beaucoup maintenant d'influenceurs qui ont le courage de dire que... Et je fais partie des gens qui pensent qu'être influenceur, c'est un vrai travail. que ce n'est pas que de la poudre aux yeux et que des belles photos, parce que non, il y a beaucoup de travail derrière, beaucoup de recherche, parce qu'il y a aussi une certaine pression. Je fais partie des gens qui pensent que c'est un réel métier, mais je pense qu'on a longtemps fait croire que c'était un peu un métier je vis ma best life, je ne fais que prendre des belles photos et avoir des fringues qui me sont données par les marques et tout va bien et je gagne très bien ma vie, alors que c'est faux. Il y a quand même beaucoup d'influenceurs maintenant qui expliquent que c'est beaucoup de travail et qu'on commence à le comprendre. Mais c'est pour revenir à ta peur de l'échec, je pense que cette vague des réseaux sociaux a amplifié le fait qu'en France, on dise que l'échec, c'est mauvais. Non, il y a plein de cultures dans lesquelles l'échec, c'est très bon. Ça te permet de rebondir et on avance. Ce qui est mauvais, c'est quand on fait un échec et qu'on n'arrive pas à rebondir. Là, c'est dur. C'est un peu comme les sportifs. Finalement, il y a ton cœur qui monte en cardio, c'est très bien, mais l'important, c'est qu'il puisse récupérer derrière. et je pense que pour l'échec la vision de l'échec professionnel est un petit peu un petit peu pareil Donc reprenons cette... Du coup tu te sépares, tu passes en garde alternée. Une semaine, une semaine ?
- Speaker #1
Comment ça se passe ? Au début oui on fait une semaine, enfin non. Parce que moi je me voyais pas ne pas voir mes filles pendant une semaine. Donc en fait on fait un peu en mode on va dire freestyle. Sur le papier il y a des jours mais en réalité non. Parce que je me voyais pas ne pas voir mes filles pendant une semaine complète.
- Speaker #0
Comment t'as vécu ça ? Je reviens là-dessus parce que je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui vivent ce moment-là. Deux. Je suis à 100% avec mes enfants parce que mon foyer de l'époque a décidé que c'est moi qui allais rester au foyer avec mes enfants et m'occuper d'eux à 100%. Ah, je me sépare, je dois reprendre le chemin de la vie professionnelle et en plus je ne vois plus mes enfants à 100%. Qu'est-ce que tu as ressenti et quels ont été tes outils pour te sortir de cette période et pour voir le côté positif et avancer ?
- Speaker #1
Ça a été très dur, je ne vais pas te mentir. J'en ai un peu parlé sur les réseaux, après je reste quand même très pudique sur ma vie perso. C'est vrai que les gens ont tendance à croire que je partage tout, mais en fait non, je partage même pas 1% de ma vie perso. Déjà par respect pour mes enfants et pour mon entourage. Mais du coup, ça a été très dur. Ça a été, je pense, une année. Pendant un an après le divorce, j'ai vraiment ramé pour, on va dire, sortir la tête de l'eau. J'ai été très bien entourée niveau amical. Franchement, ça a été grâce à mes amis que je m'en suis sortie, je pense. Et pour rajouter la cerise sur le gâteau, divorce. Et je me suis pris aussi une petite relation avec un pervers narcissique, plus, Ah bah on adore, un petit combo quoi. J'ai eu vraiment tous les trucs dans ta vie qui t'arrivent, j'ai eu tout d'un coup qui m'est arrivé, ça a été très dur. J'ai eu même à un moment donné où je me suis dit comment je vais m'en sortir, et en fait je me disais dans ma tête, putain Claire t'as... T'as 30 ans passé, il t'arrive un truc comme ça, à ce moment-là, c'est pas possible. J'avais l'impression d'être dans un vieux téléfilm pourri de M6, tu sais, où la meuf, il lui arrive 10 milliards de trucs et drama, et à la fin, ça finit, elle meurt ou elle se suicide. Enfin, il y a un truc de ouf qui se passe, tu vois. Et franchement, c'est mes amis vraiment qui m'ont sauvée.
- Speaker #0
Ah ouais ? Ouais. T'as pas eu du tout d'aide médicale ou consulté quelqu'un ?
- Speaker #1
Alors, j'ai consulté un psy avant, pendant le divorce et un tout petit peu après. Elle m'a pas mal aidée aussi dans mon cheminement. Je suis restée... Enfin, je pense que j'ai continué à la consulter pendant un an. Ça a été bénéfique. Mais ça aussi, c'est dur, tu vois, de se dire que t'as besoin d'aide et de parler à quelqu'un d'autre que tes amis ou ta famille. Et je pense que tout le monde devrait consulter un psy, un jour dans sa vie. Même si tu penses que ça va bien, t'as toujours un truc à gérer. à un problème à régler de ton enfance ou quoi que ce soit, ou un trauma.
- Speaker #0
Et puis c'est quelqu'un de neutre.
- Speaker #1
C'est quelqu'un de neutre, c'est un professionnel, elle a les clés et les outils pour toi t'aider à avancer et à aller de l'avant.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu partagerais à une maman qui traverse ça ? Qu'est-ce que tu donnerais comme un ou deux petits tips pour une maman qui est en train de traverser ce... Chamboulement, qu'est-ce que tu lui dirais pour qu'elle avance ?
- Speaker #1
Chamboulement, genre elle vient d'avoir un enfant, maternité,
- Speaker #0
au prévu travail, divorce. Elle est en train de se séparer, elle est passée de maman à 100%, à maman un tiers ou la moitié du temps, parce qu'il y en a certaines, et honnêtement je pense que je ferais partie de cette catégorie de personnes, donc je blâme personne, mais même un week-end sur deux c'est très compliqué, quand on est 100% maman, et qu'on se retrouve deux jours sans ses enfants, alors que tout notre planning, notre programme et notre vie est organisée autour d'eux. En fait, il y a un moment où on ne sait pas quoi faire.
- Speaker #1
Moi, clairement, au tout début, après le divorce, quand je n'avais pas mes filles, j'étais chez moi. Vraiment, c'était le cliché, voler fermé. Je ne regardais même pas la télé. J'étais en dépression complète. Je ne savais pas quoi faire. J'étais en mode, mais je sers à quoi ? Si je ne suis plus maman, je sers à quoi ? Et j'ai vraiment mis, je pense, un an, une bonne année à reprendre goût. à, j'allais dire reprendre goût à la vie, c'est horrible de dire ça, mais à reprendre goût à tout ce côté qu'est-ce que je peux faire sans mes enfants, tu vois ce que je veux dire ? En fait, je pense que la maternité, t'as tendance aussi un peu à t'effacer toi en tant que femme, en tant que personne, et tu n'es plus qu'une maman. Alors que non, on est une maman, on est une femme, on est une épouse, on est une amie, on est plein de choses à la fois. Et en fait, ce côté femme, et en fait, au bout d'un an, je pense que j'ai vraiment réussi à reprendre goût grâce à mes amis. reprendre goût à sortir, à faire un resto avec des amis que j'avais pas vu depuis un moment.
- Speaker #0
Sans avoir de planning à gérer à côté pour les enfants.
- Speaker #1
Sans avoir de nounou ou de quoi que ce soit à gérer. J'ai un nouveau monde qui s'est ouvert à moi en mode en fait il y a du positif aussi dans le divorce. C'est ça qu'on leur dira c'est que il y a du positif dans le divorce. Même si au début où on est complètement la tête sous l'eau et qu'on a l'impression que c'est la fin du monde c'est un pilier qui s'écroule de ta vie. Et c'est vrai que quand tu te maries, forcément, tu as l'idée, à cause de Disney, du mariage qui va durer éternellement. Ils vécurent heureux et ont beaucoup d'enfants. Non, ça ne se passe pas forcément comme ça. La vraie vie, ce n'est pas forcément ça. Donc voilà, il y a un après-divorce.
- Speaker #0
Ok. Du coup, tu as un peu plus de temps pour toi, un peu plus de temps pour te consacrer aussi à ta vie professionnelle. Est-ce que tu penses que ça a été pour toi un tournant dans ta vie professionnelle, ce moment-là ?
- Speaker #1
Je ne l'ai pas vu comme un tournant. En fait, ça s'est fait naturellement. Donc du coup, je n'ai pas mis de mots sur le truc. Moi, j'ai continué d'avancer. Quand je n'avais pas mes filles, je bossais à fond. Et ça me permettait aussi de switcher. J'enlevais mon costume de maman et je mettais mon rôle de femme qui part bosser et qui en veut, qui a la rage et qui va réussir.
- Speaker #0
Super. Et Andrea est arrivée dans ta vie un peu plus longtemps. On va passer parce que tu as un troisième enfant, un petit garçon. Super joli petit garçon. Comment l'arrivée d'Andrea ? Comment ça s'est passé dans ta vie ? Où est-ce que tu en étais professionnellement à ce moment-là ? Il y a pas mal d'écarts entre tes deux filles et lui. donc tu rentres aussi dans une maternité plus mature comment ça s'est passé cette maternité là où est-ce que tu en étais professionnellement et quels ont été les enjeux ? de cette maternité qui arrive un peu plus tard ?
- Speaker #1
Alors juste pour resituer rapidement, je rencontre mon conjoint actuel, donc qui n'a pas d'enfant, et qui me parle tout de suite qu'il veut des enfants. Donc moi je lui cache pas que j'ai deux enfants, on en parle tout de suite, de toute façon j'ai jamais eu de problème avec ça. On n'a pas le temps d'en parler peut-être, mais il y a tout le passage aussi où tu présentes tes enfants à des enfants, ton nouveau conjoint.
- Speaker #0
Tu peux nous en parler, c'est intéressant aussi. Il y a plein de gens qui traversent ce moment-là parce que ça fait partie de... Oui, après le divorce, il y a aussi une vie, même s'il y a une période très dure. Et je trouve que c'est bien donner de l'espoir à des personnes qui peuvent peut-être traverser cette période-là et qui est franchement une période super difficile. Et je trouve que ça fait du bien de voir qu'il y a un après et concrètement qu'il y a un après.
- Speaker #1
Alors clairement, moi, j'étais pas du tout... Quand j'ai rencontré mon conjoint actuel, j'étais pas du tout en mode... je vais refaire ma vie, je vais rencontrer quelqu'un et tout. Moi, ce n'était pas ça. Moi, mon objectif, c'était mes enfants, mes deux filles, et être épanouie niveau pro et perso. Mais les hommes, c'était clairement, tu viens dans ma vie, il faut que tu m'amènes un truc positif de ouf, parce que sinon, je n'ai pas besoin de toi. Et oui,
- Speaker #0
parce que tu as un stade, tu as des enfants, donc tu n'es plus à la recherche d'être d'un père finalement. C'est terrible à dire, mais tu as quand même une casquée cochée dans ton besoin de maternité si tu en as envie. Comment ça t'éclate un peu plus au point de vue pro ? Tu retrouves un équilibre sans des enfants, qui a été un peu difficile à trouver. Tu peux comprendre que tu ne sois pas... Tu te dis que celui qui vient, il ne faut vraiment que ce soit que du plus, parce que sinon je ne vais pas concilier.
- Speaker #1
Du coup, je rencontre mon conjoint actuel, qui n'a pas d'enfant. Moi, dans ma tête, c'était rigolo parce que je m'étais mis un timing de 6 mois. Je m'étais dit, je me donne 6 mois pour présenter mes enfants. Si vraiment le mec en vaut la peine, on attendra quand même 6 mois pour que je lui présente mes enfants, mes deux filles. Je ne sais pas pourquoi je m'étais dit 6 mois, il va savoir. Et en fait, je rencontre mon conjoint actuel, Ralph. Et là, complètement, de toute façon, quand ça t'arrive dessus, tu ne sais pas ce qui t'arrive. Moi, je ne m'attendais à rien. Je l'ai rencontré à un anniversaire où je n'étais pas censée être. Enfin bref, voilà, ça a été le coup de foudre. Mais on a appris à se connaître petit à petit et en fait, on ne s'est plus jamais lâchés. Et au bout d'un mois, je crois que c'était un week-end où j'avais mes filles, on se manquait trop et en fait, ça s'est fait naturellement. Et en fait, je pense que quand tout se fait naturellement, quand il n'y a pas de questions, quand tout est lisse, tout est fluide, en fait, il faut se laisser porter par la vie. Et en fait, ça faisait un mois qu'on était ensemble, je pense, avec Ralph. Et je me rappelle, il descendait d'un week-end à Isola. Et il me dit, si tu veux, je passe à la maison. On prend le goûter, on sort avec les filles. On sort prendre le goûter dehors. Et en fait, moi, j'ai dit, OK. Et en fait, c'est comme ça qu'il a rencontré mes filles pour la première fois.
- Speaker #0
Tu es tout de suite comme ton amoureux ?
- Speaker #1
Ouais, j'ai pas menti à mes filles. J'ai ça besoin, en plus. De toute façon, elles étaient... À cette période-là, elles étaient encore petites, mais elles étaient quand même grandes. Elles avaient 6-7 ans et ma grande, elle avait 10 ans. Donc, elles sont en âge de comprendre. Elles ne sont pas bêtes. Les enfants, ils comprennent tout. Donc, voilà.
- Speaker #0
Et Andrea est arrivée combien de temps après ?
- Speaker #1
Andrea est arrivée 4 ans après. Ouais, 3-4 ans après.
- Speaker #0
Et là, au point de vue pro, t'en étais où ?
- Speaker #1
Point de vue pro, je venais d'arrêter... Non, c'était... Je me trompe. Je me trompe. J'avais bossé au musée. Après, il y a eu le Covid. Et en fait, c'était juste après. Donc là, j'étais à 100% dans l'influence. Je faisais que l'influence.
- Speaker #0
OK. Vous avez du coup tout de suite parlé d'un enfant parce que lui, tu as tout de suite dit qu'il en voulait.
- Speaker #1
De toute façon, clairement, pour lui, il était hors de question qu'on se mette en couple s'il n'y avait pas ce truc, lui, de pouvoir se rassurer, de se dire qu'on pouvait avoir un enfant. Moi, je n'étais pas du tout fermée à l'idée. Simplement, je lui ai dit tranquille, on va prendre son temps. On va prendre notre temps, pardon. J'en ai deux déjà, je sais ce que c'est, je sais l'arrivée d'un enfant, ce que ça fait dans le couple, etc. On va y aller tranquille. Je suis OK pour avoir un troisième enfant avant mes 40 ans. Je me rappelle, je m'étais mis cette deadline, je ne sais pas pourquoi. Et voilà.
- Speaker #0
Et donc, tu l'as eu à quel âge, Andrea ?
- Speaker #1
J'avais 37, 38.
- Speaker #0
Le timing était bon. Donc, du coup, tu l'as eu à 37 ans, Andrea. Il était... Grossesse voulue, on est d'accord.
- Speaker #1
Grossesse voulue, j'ai eu beaucoup de chance. Parce que quand je vois dans mon entourage proche ou moins proche, ou même sur Instagram des personnes qui n'arrivent pas à faire d'enfants, je me suis dit... En fait, j'avais prévenu Ralph et je lui ai dit, tu sais, j'ai plus de 35 ans, contraception, machin, ça va peut-être prendre du temps, ou peut-être ça va même pas arriver. Et en fait, au bout d'un mois, je suis tombée enceinte.
- Speaker #0
Comme à chaque fois. Voilà. C'est quoi quand on se dit j'arrête la pilule, je vais prendre mon temps, on est bien d'accord que c'est là que ça arrive tout de suite, d'accord ? Et alors, est-ce que c'est poser le sujet de savoir comment est-ce que vous alliez gérer l'arrivée de ce bébé, pour toi au point de vue professionnel ? Et lui, il a un job où il se déplace, où il est là, et comment ?
- Speaker #1
Alors lui, il a un boulot qui est très prenant, et il bosse dans le yachting.
- Speaker #0
Ah donc il est quand même souvent en déplacement ?
- Speaker #1
Ouais, et du coup il est absent quand même pas mal de temps dans l'année. Après je t'avoue au niveau organisation, moi le fait que je sois à mon compte, ça a arrangé quand même tout le monde. Mais on s'est pas trop posé de questions en fait si tu veux, on s'est dit ça va aller, ça va le faire, on va gérer. Enfin c'est mon troisième, c'est comme la bicyclette, ça s'oublie pas, enfin voilà quoi. Puis j'avais pas le même âge aussi donc ça change tout tu vois.
- Speaker #0
Mais de fait, vous savez que c'était toi qui allais du coup rester plus avec le bébé.
- Speaker #1
Ben oui, forcément.
- Speaker #0
Tu reprendrais du temps du fait que tu avais... Alors, moi, j'aimerais bien savoir.
- Speaker #1
Dis-moi.
- Speaker #0
Parce qu'on se dit tous, l'influence, c'est du digital. Forcément, c'est sûr que si j'ai un métier très digitalisé, je vais pouvoir m'occuper de mes enfants en même temps que je travaille. J'aimerais savoir, est-ce que c'est vrai que quand tu as un métier très digital, tu arrives complètement à gérer ton foyer en même temps que ton boulot ?
- Speaker #1
Alors, je ne pense pas que ce soit le fait que ce soit digital. Je pense que c'est le fait qu'on soit à son compte.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors c'est une fausse croyance, fausse bonne idée je pense, parce que justement quand t'es à ton compte, c'est ton business, c'est ton premier bébé ton business un peu. Donc tu dois être là, tu prends du temps, tu travailles, tu comptes pas tes heures. Et du coup, je pense que c'est une fausse croyance de se dire qu'on va pouvoir avoir plus de temps. Non, on arrive à se dégager peut-être des plages horaires différentes que des gens qui sont dans le salariat. par exemple typiquement un petit peu Je vais chercher très régulièrement mes enfants à l'école, mes deux grandes lycées et collèges, alors que je sais très bien que si tu es dans le salariat et que tu as un poste où tu finis à 18h, ce n'est pas possible les sorties d'école. En général, c'est les grands-parents ou c'est la nounou. Mais niveau gestion en termes de travail, c'est compliqué. C'est compliqué parce que tu gardes ton bébé. Alors oui, au début, quand il est petit, il dort tout le temps. Eh oui. C'est facile. Je mets des guillemets. Je n'aime pas faire ça,
- Speaker #0
mais c'est vrai.
- Speaker #1
Parce que du coup, tu as du temps. Tu peux être sur l'ordi. Il dort, il t'aide. Tu fais des trucs en même temps et tout. Après, nous, on est dans un métier quand même... Il y a pas mal de déplacements. Il y a pas mal d'événements. On doit jouer le jeu. En termes de visibilité, on doit se rendre visible à des événements pour des marques, etc. Là, c'est complètement différent. Et c'est, on va dire, à gérer. Faut que t'aies quelqu'un, je pense, en... Faut que t'aies quelqu'un de ta famille ou que t'aies quelqu'un, tu vois, en backup, qui puisse gérer ton enfant à ce moment-là, quoi.
- Speaker #0
T'étais entourée, toi, par ton mari ?
- Speaker #1
Alors... Ben... Marie, famille et mes filles.
- Speaker #0
Eh ben oui, parce que du coup, elles sont grandes.
- Speaker #1
Elles sont grandes. Après, je veux pas qu'elles loupent leur place de grandes sœurs. Je veux qu'elles restent à leur place de grandes sœurs, en fait. Tu vois, je veux pas qu'elles prennent la place de deuxième maman, quoi. Elles adorent leurs frères, elles sont à fond, elles font plein de trucs, tu vois. Mais ça reste les grandes sœurs.
- Speaker #0
Ouais. Hier, j'ai écouté un podcast d'une maman qui a 13 enfants.
- Speaker #1
Waouh.
- Speaker #0
Waouh. Qui est enceinte de son 14e et qui expliquait que justement, bien évidemment, il y en a qui sont maintenant grands et que quand les grands gardaient les petits, elle leur donnait une rémunération comme si c'était des vrais baby-sitters pour que justement, ils aient quand même leur place de grands frères et grandes sœurs et que...
- Speaker #1
que ce soit pas de la normalité je les paye de temps en temps pas tout le temps je t'avoue que des fois je les paye en sushi ou en trucs comme ça mais valoriser en fait le fait que c'est une responsabilité ok c'est les grandes soeurs mais c'est pas à elles de tout le temps le garder c'est ponctuel, ça arrive de temps en temps c'est pas régulier mais sinon j'ai une super nounou tu pourrais nous partager ah oui
- Speaker #0
Tu pourrais nous partager une journée type dans ta vie quand tu as tes trois enfants ?
- Speaker #1
Quand j'ai les trois ? Oui.
- Speaker #0
Ah bah oui, ça nous intéresse.
- Speaker #1
En mode off. En mode off,
- Speaker #0
je ne travaille pas. Du coup, tu ne travailles pas du tout quand tu as les trois ? Comment tu t'organises ? Tu fais l'admin ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, en général, j'essaie de m'organiser quand j'ai les enfants, de rien avoir à faire en termes de... de tournage, forcément, parce que c'est impossible, surtout avec le petit de 3 ans.
- Speaker #0
Et oui, ça marche, ça veut tout savoir.
- Speaker #1
Mais sinon, en général, on essaie de faire des activités qui conviennent à tout le monde. Ce n'est pas forcément évident, puisqu'en matière d'écartage, ma grande, elle a 16, la deuxième, elle a 13, et le petit, il a 3. Donc, il faut trouver une activité qui peut correspondre à tout le monde. En général, le matin, on fait une petite activité, le midi, on mange. L'après-midi, le petit fait encore la sieste. Et en général, l'après-midi, moi, je me mets sur l'ordi et je vais gérer mes mails, tout ça, échanger avec mon agent. Et de toute façon, tu peux pas... Tu peux pas une journée te permettre de couper tout. En fait, j'ai toujours un oeil sur mes mails et tout ça. C'est un monde qui va vite. C'est un monde où t'as besoin d'être présent et de répondre tout de suite, en fait. Donc voilà. En général, j'essaye pendant la sieste de me faire une petite pause mail et...
- Speaker #0
Tu l'as trouvé, ton équilibre, tu penses, maintenant ?
- Speaker #1
Je pense pas que je l'ai trouvée à 100%, mais je suis sur le chemin. Je suis sur le chemin.
- Speaker #0
Tu te sens plus sereine ?
- Speaker #1
Ah mais tellement, tellement.
- Speaker #0
Cette nouvelle maternité est quand même plus sereine que les autres,
- Speaker #1
tu penses ? Ça n'a rien à voir. Déjà, je pense que le fait de savoir que c'était mon dernier enfant, parce que pour moi, clairement, c'est mon dernier bébé, je serai pas de nouveau enceinte. Déjà, tu vois les choses différemment. Même la fatigue, c'est ça qui est trop bizarre. C'est que même les nuits où je me réveille, où il se réveille et tout ça, je me dis qu'il faut que je profite de tout ça parce que c'est des moments qui ne reviendront jamais. Je suis beaucoup plus sereine et beaucoup plus épanouie et je profite à 100% de tout.
- Speaker #0
Tu as des regrets de cette période de maternité ? Tu as des choses que tu aurais aimé faire différemment ? Honnêtement, non, j'ai pas de regrets. Aucun regret. Je referai tout pareil. C'est vrai ? Ouais.
- Speaker #1
Si demain tes enfants, ils entendent ce podcast, qu'est-ce que t'aimerais leur dire ?
- Speaker #0
Bon, ils savent déjà que je les aime fort. Oh putain ! C'est horrible ! Y'a les larmes qui montent direct quand tu parles !
- Speaker #1
Moi je pleure très facilement aussi, donc ça va être très compliqué là, mais...
- Speaker #0
Ah putain !
- Speaker #1
Mais c'est un beau témoignage pour eux, que tu retraces ça.
- Speaker #0
Putain, ma fille. Merde, on n'est pas dans la télé-réalité. Non, mais que je les aime et que je serai toujours là pour eux.
- Speaker #1
Et qu'ils ont une super maman, surtout. Ils ont beaucoup de chance. Je vais te le dire.
- Speaker #0
On est tous des super mamans.
- Speaker #1
On fait toutes du mieux qu'on peut.
- Speaker #0
Exactement,
- Speaker #1
ouais. Et en tout cas, merci pour cet échange. Parce que du coup, moi aussi, j'ai les larmes aux yeux maintenant. Merci à toi. Merci pour cet échange qui est sincère. C'est beau de voir une maman qui a voulu tout faire pour ses enfants, parce que tu as quand même le mérite de l'avoir fait. Tu es une super nana, une super maman, j'en suis sûre. Tu as dû jongler entre les deux avec brio, avec les allées de la vie qui n'ont pas tout le temps été faciles. Mais je suis sûre que la vie te le rendra bien. Et je te remercie beaucoup pour cet échange.
- Speaker #0
Désolée, je suis en mode.
- Speaker #1
Ils nous prennent...
- Speaker #0
C'est toute ma vie.
- Speaker #1
A très bientôt. Je te souhaite plein de bonheur pour toi.
- Speaker #0
Merci beaucoup. A toi aussi.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ça vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner au podcast pour ne rien rater des prochains épisodes. Vous pouvez aussi nous laisser un petit like, un commentaire ou une note sur votre plateforme d'écoute préférée. Vous le savez, cela m'aide énormément à faire connaître ce podcast et donc à le faire grandir. Vous pouvez également interagir avec moi sur les différents réseaux sociaux où je me ferai un plaisir de vous répondre. Merci encore pour votre soutien et à très vite pour un nouvel épisode. D'ici là, prenez soin de vous, je vous embrasse.