- Speaker #0
J'ai toujours cru en la force incroyable des femmes, et je suis sûre que si toutes les femmes pouvaient se rencontrer, alors elles prendraient conscience de la puissance qu'elles portent en elles, et découvriraient le pouvoir immense qu'elles ont de faire bouger les lignes. Je vous propose donc de nous rencontrer ici, et je vous souhaite la bienvenue dans Ophélez-vous, le podcast qui met en lumière la parole des femmes, sans filtre et sans table. Je m'appelle Ophélie, je suis maman de trois enfants et votre hôte. J'adore parler, mais surtout écouter et découvrir vos histoires. Dans cette première saison, nous parlerons de l'ambivalence qui nous traverse souvent quand on devient mère. Nous parlerons de toutes celles qui jonglent entre la maternité et leur carrière. Nous parlerons du ressenti profond de chacune d'entre elles, de réussites, de doutes, de regrets, de petits et grands moments qui font le quotidien des mères d'aujourd'hui. Aujourd'hui, je vous emmène à la rencontre de Céline. Céline, mon amitié du jour, est une femme investie à 200% dans sa carrière. Son travail, c'était sa priorité, sa boussole, son moteur. Avoir des enfants, oui, mais pas au détriment de sa carrière. Au but de son modèle, il n'y avait aucun doute. Elle aurait des enfants, mais il serait vite gardé pour qu'elle reparte travailler. Mais tout a changé, le jour où le désir d'enfant est devenu central. Commence alors un long parcours de PMA, fait d'attentes, de doutes et de remises en question. Un chemin qui ne l'a pas seulement transformé en mère, mais qui a aussi profondément bouleversé sa vision de la réussite, du travail et de ce qui compte vraiment. Dans cet épisode, elle nous raconte avec sincérité son basculement intérieur, comment elle est passée de cette vie menée par ses ambitions et sa carrière, à un quotidien plus aligné avec ses nouvelles valeurs et son quotidien de nuage. Un réçu puissant qui parlera à toutes celles et ceux qui un jour ont vu leur priorité évoluer. Je vous laisse découvrir son histoire et vous faites une excellente écoute. Bonjour Céline.
- Speaker #1
Bonjour Ophélie.
- Speaker #0
Je me fais un plaisir de t'accueillir aujourd'hui du coup sur mon podcast. Est-ce que tu pourrais commencer par te présenter et nous présenter ta petite tribu ?
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Céline, j'ai 39 ans. Je suis mariée avec Antoine depuis 10 ans, mon mari, et en couple depuis 20 ans. Donc on commence à être des dinosaures. On est tous les deux parents de deux petites filles de 4 et 9 ans. Et on a aussi un petit chien et un chat qui font partie intégrante de notre famille.
- Speaker #0
Super, merci. Donc dans ce petit podcast aujourd'hui avec Céline, on va aborder plein de sujets. Oui, notamment les rêves que tu avais à ton tout début de carrière, comment est-ce que tu concevais de construire ta carrière plus tard. Mais aussi, on verra comment cette maternité, cette première maternité, puis cette seconde t'ont changé un peu tous tes plans.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
on est d'accord. On va aussi parler PMA dans cet épisode. Je sais que ça va toucher aussi pas mal de personnes qui nous écoutent, parce que c'est quand même un lourd sujet que certaines femmes sont obligées de traverser. Donc je suis vraiment ravie de pouvoir aborder aussi ce sujet-là qui va en toucher plus d'une à mon avis.
- Speaker #1
Avec grand plaisir puisque c'est pour moi des sujets qui doivent être libérés.
- Speaker #0
Tout à fait. Quand toi tu étais petite, est-ce que tu savais déjà ce que tu voulais faire ?
- Speaker #1
Avant que tu viennes à la maison, je me suis posé la question pour vraiment réfléchir là-dessus et j'avais deux rêves, être vétérinaire, avocate ou travailler dans la pub.
- Speaker #0
Ok. Et tu avais des exemples autour de toi ? Ta maman travaillait, tes tantes, tes grand-mères, les modèles féminins de toi étaient plutôt des personnes qui travaillaient, qui étaient au foyer. Comment est-ce que tu voyais du coup le travail féminin ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai été élevée dans une famille avec des parents qui ont énormément travaillé. Donc mes parents ont toujours travaillé ensemble. Quand j'étais toute petite, ils ont eu une pizzeria, moi j'étais pas encore née, mais après une boulangerie. Et en fait, j'ai toujours vu mes parents travailler 50 heures, 70 heures par semaine, mais je n'ai jamais manqué d'eux, puisque ma mère, par exemple, quand j'étais petite, elle se levait à 4 heures du matin pour aller allumer les fours de la boulangerie. Elle revenait à 6 heures pour nous préparer le petit-déj et nous amener à l'école. Le midi, on ne mangeait pas à la cantine, elle venait nous chercher pour nous faire manger dans l'arrière-boutique de la boulangerie. Et le soir, elle nous récupérait pour ne pas qu'on aille à l'étude et nous faire faire nos devoirs. Donc le modèle familial que j'avais, moi, c'était vraiment la... la super Wonder Woman qui assurait sur tous les plans mais qui s'épuisait parce que mes parents ils ont vraiment sacrifié leur santé pour notre bonheur.
- Speaker #0
C'est à dire que toi dans tes jeux de petite fille tu sentais déjà que ta maman elle s'épuisait ou est ce que c'est maintenant avec le recul maintenant que tu es maman que tu te dis bon bah elle devait certainement être épuisée ou est ce que tu le sentais vraiment petite fille ?
- Speaker #1
Alors quand j'étais toute petite non mais quand je suis devenue ado et que j'avais un peu plus de maturité pour voir les choses j'ai dit à ma mère Moi je serai jamais comme toi, je vais jamais autant me sacrifier pour mes enfants. T'en fais trop maman, moi je retournerai travailler, ils seront en nounou. Tu fais trop de choses maman.
- Speaker #0
Ah donc tu avais cette conscience surtout que ta maman elle donnait beaucoup pour vous ?
- Speaker #1
Oui énormément. En fait je me rendais compte que j'ai jamais passé un seul repas sans mes parents. Alors qu'ils avaient un boulot énorme, qu'ils bossaient 6 jours sur 7 etc. Et j'avais conscience que pour tout ça, c'est à dire qu'elle, elle avait jamais de temps de break en fait. C'est à dire que ses temps de break c'était s'occuper de nous quoi. Et je voyais ma mère épuisée, sa santé etc. Et moi je me disais je veux surtout pas ça quoi.
- Speaker #0
Oui donc t'es plutôt dans l'optique de ne pas reproduire le schéma de je travaille à fond et je suis à fond.
- Speaker #1
Alors la businesswoman oui, mais avec les enfants gardés en nounou. Ça c'était l'idée que j'avais quand moi j'étais ado.
- Speaker #0
D'accord. Et concernant la maternité, tu savais tout de suite que tu voulais des enfants ?
- Speaker #1
Alors depuis toujours, enfin là je parlais pour moi mais j'ai toujours voulu des enfants parce qu'en fait ma mère est l'aînée de sa famille. Donc avec mon frère, on était les deux aînés. Donc forcément, on n'avait que des plus petits en dessous de nous. Et j'ai beaucoup joué à la maman avec tous mes cousins et cousines. Et j'adorais ça. Et donc pour moi, avoir des bébés, c'est vraiment partie intégrante de la vie. Et en plus, j'avais que des cousins et cousines, un peu comme ton fils, ultra cool. Pour moi, avoir un bébé, c'était vraiment jouer à la poupée. C'était parfait, facile. Mais par contre, dans ma famille, mes tantes étaient plutôt mères au foyer.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Sur le temps du congé, enfin, ils prenaient un long congé au moins jusqu'à l'école.
- Speaker #0
Ah, donc, tu avais quand même un exemple de personnes qui avaient levé un peu le pied sur le travail pour pouvoir s'occuper du foyer.
- Speaker #1
Oui, mais qui, du coup, n'avaient pas la qualité de vie de mes parents.
- Speaker #0
Au point de vue... Au point de vue...
- Speaker #1
Non, forcément, puisque quand il n'y a plus qu'un des deux salaires, ça impacte. Et ça, je le voyais quand même déjà de nous. Moi, j'allais au ski tous les hivers. On avait une résidence secondaire à la plage, enfin, dans le sud, parce qu'on était lyonnais. J'ai jamais manqué de rien, j'ai même eu beaucoup trop.
- Speaker #0
Ah, donc tu avais déjà aussi cette conscience du sacrifice, en fait, de ces personnes qui, du coup, parce que c'est vrai que financièrement, quand une des deux personnes ramène moins d'argent dans le foyer, ça donne une certaine sorte de précarité. Dans certains foyers, pas dans tous, mais en tout cas...
- Speaker #1
Oui, ça peut arriver en fonction du salaire du père, etc. Si c'est lui qui décide de travailler. Et par exemple, pour mes cousins et cousines, ceux dont on était très proches, ma mère, elle les prenait avec nous en vacances pour leur offrir, notamment mes deux petits cousins, pour leur offrir des vacances, en fait, que leur maman ne pouvait pas forcément.
- Speaker #0
Oui, donc c'est ce qui t'a donné un modèle quand même de vouloir assurer matériellement, mais de ne pas t'épuiser à avoir tes enfants en même temps que ta mère. Voilà,
- Speaker #1
c'est ce que je pensais, oui.
- Speaker #0
D'accord. Comment tu as fait ton entrée dans la vie active ? Qu'est-ce que tu as fait comme études ? Est-ce que tu as choisi un des métiers que tu rêvais de faire ou pas ?
- Speaker #1
Alors, oui et non. Parce que je travaille bien dans la communication et le marketing, donc je suis restée dans le milieu de la pub. Sauf qu'après mon bac, j'ai fait une mise à niveau en art appliqué. Parce que dans mon idée, travailler dans la pub, c'était être illustratrice ou alors... C'était vraiment... Et puis surtout, c'est que j'ai 39 ans, donc la pub... Quand j'avais 18 ans et la pub de maintenant, c'est plus la même. Il n'y avait pas ChatGPT, il y avait beaucoup moins d'aides graphiques sur les ordinateurs, etc. Donc il fallait avoir un coup de crayon exceptionnel. Et en fait, je me suis épuisée sur cette mise à niveau en art appliqué. Pour avoir le niveau des gens de ma classe en dessin, je devais bosser 10 heures quand ils bossaient 1 heure. Donc clairement, sachant que c'est un milieu très concurrentiel, je me suis dit que ce n'était pas à peine d'aller plus loin. En revanche, tous mes profs ont dit à mes parents... Elle est vraiment faite pour la communication pure, elle communique bien, etc. Elle pourrait plutôt diriger des gens qui, eux, dessinent. Et c'est ce que j'ai fait. Après, j'ai fait un BTS communication en alternance au cabinet du maire de la ville de Lyon. Et après, j'ai fait une licence communication électronique à la Mutualité française. Et là, j'ai été embauchée. Donc, j'ai arrêté mes études à ce moment-là puisqu'ils m'ont proposé un poste.
- Speaker #0
D'accord. Et tu avais quel rythme de travail, du coup, dans ton premier emploi ?
- Speaker #1
Quand j'étais... Je travaillais énormément, je finissais très tard le soir, je comptais pas mes heures si on me demandait de revenir le week-end etc. J'étais tout le temps hyper contente, j'étais très très carriériste donc... Et surtout c'est que j'étais extrêmement honorée qu'à seulement 20 ans on propose des postes de responsable commun. Du coup je voulais vraiment rendre la chance que m'avait offerte à mon directeur.
- Speaker #0
Donc plutôt quelqu'un de très carriériste qui voulait avancer dans ce...
- Speaker #1
Non je voulais avancer et j'avais... A l'époque, j'avais moi aussi les dents qui riaient plutôt par terre. J'aurais pas laissé ma place à quelqu'un d'autre. Sans forcément écraser les autres, mais j'avais ma voix qui était faite et je laissais personne passer devant moi.
- Speaker #0
Du coup est arrivé Antoine dans ta vie ?
- Speaker #1
Antoine il est arrivé en BTS. Ah oui. Antoine il m'a connu quand je venais d'avoir 19 ans.
- Speaker #0
D'accord. Quand est-ce qu'est arrivé entre vous ce projet, cette envie d'avoir des enfants ?
- Speaker #1
Alors pas tout de suite du tout. Alors moi quand j'ai rencontré Antoine, je lui ai dit je veux avoir des enfants à 25 ans. Et lui m'a dit oula, tu en m'en vas pas. parce qu'il a dit moi il venait de sortir du divorce de ses parents qu'il avait complètement anéanti même plus que chamboulé anéanti sa mère elle était alcoolique elle avait fait des tentatives presque de suicide devant lui elle disait je vais me jeter par la fenêtre du coup lui le premier truc qu'il m'a dit quand il m'a rencontré c'est je crois pas à l'amour je crois pas au mariage c'est assez séducteur c'est très séducteur on notera Et voilà. Et du coup, comme j'aime les challenges, je me suis dit que j'allais le faire changer d'avis. J'ai mis du temps, beaucoup de temps, mais j'ai réussi la preuve. Et voilà. Donc lui, il était vraiment, vraiment à 19 ans, pas du tout raccord sur avoir des enfants. Il en voulait. Il en avait toujours voulu, même beaucoup. Lui, dans sa tête, il disait 3, 4, 5 enfants. C'est plus tout ce qu'il pense, mais c'est ce qu'il pensait. Moi, 2. Vraiment, parce que c'est vraiment le modèle familial dans ma famille. Tout le monde a deux enfants. Je trouvais ça bien, deux enfants. Donc voilà. Et après, en fait, Antoine est parti en Australie. Pendant, donc, de mes 25 à... De mes 23 à 25 ans, je crois. Et donc, je l'ai rejoint un peu là-bas, etc. On est restés ensemble. Mais forcément, du coup, ça a décalé tous les projets qu'on aurait pu avoir. Mais de toute façon, il ne voulait toujours pas d'enfants à ce moment-là. Sauf que quand il est revenu, il m'a dit que la séparation et ce qu'on avait vécu, la séparation géographique, ça lui avait vraiment convaincu qu'on était fait l'un pour l'autre. Et que du coup, maintenant, il savait qu'il voulait faire sa vie avec moi. Après, il m'a demandé en mariage, etc. Mais il a dit toujours pas les enfants. Pas tous.
- Speaker #0
Et donc, quand est-ce qu'Antoine s'est décidé ?
- Speaker #1
On s'est mariés quand on avait 30 ans. Et juste avant le mariage, en fait, on a aménagé dans le sud de la France, avant on était lyonnais. Et c'est important. Parce que du coup j'avais besoin de trouver une gynécologue en arrivant ici et c'était... J'ai pris la première que je trouvais qui était au Canet à côté de là où on habitait à l'époque. Et c'était une remplaçante qui m'a fait une écho et qui m'a dit « Oula mais vous avez l'air d'avoir des ovaires polycystiques, faites attention quand vous allez vouloir avoir des enfants ça va être compliqué. » Ok. Et en fait alors qu'on n'était pas du tout en projet d'avoir des enfants etc. Mais du coup quand moi je suis sortie de là j'ai dit à Antoine écoute il faut qu'on se pose la question peut-être ça va prendre du temps etc donc et là en fait ça a fait germer une graine dans sa tête et genre deux mois après il a dit c'est bon on se lance on essaie d'avoir un enfant donc là tu avais quel âge 29 28 29 dans ces eaux là et tu faisais quoi à ce moment là comme travail j'étais je travaillais chez clair azur c'est une société de deux spas sona et amam c'est les premiers de luxe en france c'est des fabricants
- Speaker #0
D'accord, donc tu avais quand même encore un job à responsabilité.
- Speaker #1
Ah, en CDI, etc., que j'adorais.
- Speaker #0
Du coup, quand t'as voulu, vous avez commencé ce projet bébé, dans ta tête, tu pensais que ça allait s'organiser comment ? Tu t'étais dit, je vais tomber enceinte, je vais avoir cet enfant et je vais reprendre le travail tout au bout de deux mois. Est-ce que tu t'étais déjà dit, quand on aura un enfant, moi je vais m'arrêter un petit peu de temps ? Comment est-ce que tu voyais ce projet-là au tout début ?
- Speaker #1
Alors déjà, en fait, il y a eu un petit contre-temps au départ. C'est-à-dire que quand on a essayé pendant six mois et on a vu que ça ne marchait pas, on m'a dit, il y a une super gynéco à l'hôpital de Cannes qui suit les parcours PMA, etc. Et il y avait six mois d'attente pour avoir le rendez-vous. Il se trouve que le premier jour de mon CDI chez Claire Azur, c'était le jour du rendez-vous. Et je me suis dit, bah... Comme on disait tout à l'heure, c'est le destin. Le destin a dit qu'à ce moment-là, il ne fallait pas que j'y sois. J'ai appelé l'hôpital pour décaler le rendez-vous. Quoi qu'il arrive, ça avait décalé tous les projets au moins de six mois, puisque j'ai eu un rendez-vous six mois plus tard.
- Speaker #0
Parce que tu savais déjà que tu devais t'inscrire dans un parcours PMA. Comment est-ce qu'on peut...
- Speaker #1
En tout cas, je savais qu'on allait devoir faire des examens complémentaires, etc. Je me suis dit que si j'avais besoin d'être absente, etc. et que je viens à peine de commencer, en période d'essai, j'ai dit c'est pas grave on n'est pas à 6 mois près
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je te rappelle que j'étais très carriériste et que du coup, je voulais un enfant, mais je ne voulais pas non plus que ça me porte préjudice dans ma carrière.
- Speaker #0
Donc, tu avais quand même cette peur de te dire, si je me lance à faire un enfant, que j'ai plusieurs rendez-vous, je dois être absente. Ça peut éventuellement mettre à mal ma carrière.
- Speaker #1
Exactement. Et surtout, c'est que la société dans laquelle je travaillais, tout le monde disait qu'il y avait des petites rumeurs qui couraient, qui disaient que quand tu avais un enfant, c'était hyper mal vu. que genre tu étais punie pour ça etc. et je t'en parlerai plus tard mais pour moi ça n'a pas du tout été le cas bien au contraire.
- Speaker #0
Donc du coup vous avez fait des essais,
- Speaker #1
tu te rends compte que ça ne marche pas tout seul en tout cas, que ça met plus de temps,
- Speaker #0
que c'est un petit peu compliqué. Tu décales ce fameux rendez-vous de cette grande spécialiste à Cannes qui te dit que c'est la papesse de la PMA et que tu as envie du coup d'être suivie par elle.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Comment ça se passe ? Du coup tu commences ton CDI chez Pernod.
- Speaker #1
Je commence mon CDI, ça se passe super bien, je suis hyper contente d'être là-bas etc. Et vient le moment du fameux rendez-vous. Donc là, elle nous fait faire tous les examens, etc. Et on commence un premier protocole avec lequel je tombe enceinte.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais, donc juste avant notre mariage au mois de septembre, en fait. Et j'ai fait une fausse couche deux semaines après notre mariage. En fait, j'étais enceinte à notre mariage, mais je ne le savais pas. Et en fait, encore une fois, mauvais concours de circonstances. On arrive à l'hôpital, du coup, parce que quand t'es en PMA, t'as du contrôle avant pour savoir si t'es bien, non-violation, etc. Et on tombe sur la petite copine d'un des meilleurs amis d'Antoine, qui était son interne. Donc gros malaise, puisque la gynéco était de garde sur un accouchement, et du coup elle avait envoyé une de ses meilleures internes, sauf que te retrouver en position gynécologique avec la femme de ton meilleur pote, c'est un peu malaisant. Et du coup en fait elle n'a pas très bien regardé l'échographie, parce qu'elle voulait faire le plus vite possible, elle était très gênée. Un, de découvrir qu'on était en PMA et qu'on n'en avait pas parlé. Et deux, d'avoir un... Et du coup, elle a dit, je suis désolée, ça n'a pas marché, etc. Alors qu'en fait, ça avait marché.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
elle a fait une erreur. Dans les faits, ça n'a rien changé puisque je suis tombée enceinte et j'ai fait une fausse couche. Mais du coup, on était sûr, Antoine et moi, que pour le mariage, en tout cas, je n'étais pas enceinte.
- Speaker #0
Comment tu as vécu cette fausse couche ? Ça a été un déclic pour toi ? Ça a changé quelque chose ?
- Speaker #1
Alors, en PMA, quand tu fais une fausse couche, c'est plutôt vu comme quelque chose de positif. C'est pas pour moi, mais pour le corps médical. C'est-à-dire que quand j'ai appelé la gynécologue et que je lui ai dit « j'ai toujours pas mes règles, etc. » , elle dit « bah on va vous faire faire une prise de sang » . Et quand la prise de sang était positive, elle m'a dit « on a fait 48 heures après, les taux baissaient » . Elle m'a dit « mais c'est très positif, ça veut dire qu'en fait votre corps est capable de déclencher une grossesse, donc ça veut dire que ça va marcher » .
- Speaker #0
Ok, intéressant.
- Speaker #1
C'est-à-dire que moi, j'étais évidemment effondrée, parce que ça faisait déjà un an qu'on essayait, et que du coup... commencer le mariage avec une fausse couche et tout c'était pas top mais le fait qu'elle te dise bah ça veut dire qu'en fait j'ai gardé dans un coin de ma tête le fait que ça allait pouvoir marcher intéressant je savais pas que c'était un signe positif parce que je suis vécu par un drame pour un drame comme la femme et finalement ça peut être connaissait très positif pour le corps médical après un an sans grossesse le fait que avec une simple stimulation puis tu puisses tomber enceinte ça veut dire que ton corps il a juste besoin d'un peu d'engrais quoi
- Speaker #0
Ah oui d'accord, parce que là tu n'avais pas encore fait d'insémination ?
- Speaker #1
Non, non, c'était juste, ça s'appelle du chlomide, c'est des comprimés à prendre du début de terrec, je crois, je ne me rappelle plus exactement, mais du début de terrec jusqu'à l'ovulation.
- Speaker #0
Donc finalement cette petite encombre et cette aide, ça t'a donné de l'espoir ?
- Speaker #1
En me disant que je savais que ça allait pouvoir marcher.
- Speaker #0
Et du coup, avant ce parcours PMA, comment est-ce que ça s'est passé l'année qui a suivi cette fausse couche ?
- Speaker #1
L'année qui a précédé ou qui a suivi ?
- Speaker #0
Qui a suivi la fausse couche du coup parce que... En fait,
- Speaker #1
la première fois, je suis tombée enceinte le 18 septembre et j'ai fait une fausse couche juste après. Pour ma première fille, je suis tombée enceinte le 18 septembre et pour ma deuxième fille, je suis tombée enceinte le 18 septembre. Ah oui ? Autrement dit, le 18 septembre, c'est un truc avec le 18. Du coup, on a dû attendre une année. entière avant de pouvoir avoir notre fille. Et là ça a été extrêmement éprouvant parce que du coup, parce que tu t'attends à comme ça a marché du premier coup, parce que ça marche vite, et en fait tu t'attends pas à attendre un an, tu t'attends pas à faire des centaines d'injections, tu t'attends pas à la difficulté du parcours qui t'attend en fait.
- Speaker #0
Donc du coup là vous partez vraiment dans ce parcours PMA où tu avais des injections ?
- Speaker #1
Oui. En fait, au tout début, la gynécologue de l'hôpital de Cannes, elle m'a fait faire une deuxième stimulation après la fausse couche. Et après, elle m'a dit « je suis désolée, je suis enceinte, je m'arrête en congé maternité » . Et du coup, tu te retrouves, c'est-à-dire que c'est double peine. Elle t'abandonne, mais ce n'est pas de sa faute, elle a tout à fait le droit. Mais ce que je veux dire, c'est que du coup, tu te sens complètement démunie parce que tu avais confiance en elle, etc. Et là, du coup, j'en ai parlé à mon travail, à une de mes collègues, qui m'a dit je connais une pépite tu vas voir parce qu'avant elle on en avait vu 4 autres et là on a trouvé vraiment le docteur, je sais pas si j'ai le droit de dire son nom mais en tout cas le docteur Gaïd c'est je pense la plus humaine des médecins du monde, elle est incroyable elle m'a donné son numéro de portable je pouvais l'appeler le week-end pendant les cycles de stimulation, quand j'étais enceinte de mes filles elle est revenue pendant ses vacances pour pas que j'aie des urgences gynécologiques etc c'est un ange Et c'est grâce à elle du coup qu'on a eu notre première fille.
- Speaker #0
Donc là vous étiez dans ce parcours PMA avec injections, inséminations ?
- Speaker #1
Pour Serena, au début que des injections et après pour Serena, il y a eu des inséminations.
- Speaker #0
Tu en as fait combien ?
- Speaker #1
Trois IAC.
- Speaker #0
On sait que le parcours PMA, donc les injections, c'est des injections d'hormones. Donc il y a un énorme chamboulement pour le corps de la femme. Comment est-ce que tu as vécu ce chamboulement hormonal en même temps du coup ? que tu travaillais à plein temps et que tu t'accrochais quand même à ce nouveau travail. Comment tu as vécu cette période-là ?
- Speaker #1
Alors déjà, je pense que j'ai dû prendre sur l'année de PMA 10 kilos. Parce que les injections, en fait, ça te fait... En tout cas, sur mon corps, ça te fait énormément grossir. Et puis ça te fait gonfler d'eau, un peu comme quand tu es sous cortisone. Sur mon corps, c'était ces effets-là. Donc déjà, rien que ça... Déjà que tu détestes ton corps, en plus, il te le rend bien. Et en fait, moi, je travaillais à Antibes. Et la gynécologue, elle était à Garbeugère, donc à côté. Donc en fait, elle me faisait les inséminations entre midi et deux, sur mon temps de pause, pour pas que j'aie à m'absenter de mon travail. Ok. Donc c'était un chamboule, enfin c'était un roulement à faire. Il fallait aller au labo à côté de Dzank, récupérer le sperme, aller après chez la gynécologue, l'insémination, rester les jambes levées, repartir travailler comme si de rien n'était. Et tout ça, je l'ai fait sans que personne s'en rende compte. Incroyable. Parce que je voulais pas entacher ma vie propre. professionnelle. Et surtout, c'est que des fois, j'y allais quatre fois dans la semaine pour te dire, ah non, c'est pas le bon jour, peut-être demain, peut-être machin.
- Speaker #0
Ah oui, parce qu'en plus, il faut que ce soit le bon jour dans ton cycle hormonal.
- Speaker #1
Oui, c'est-à-dire qu'en fait, elle te fait au moins trois échographies avant pour contrôler que c'est vraiment le jour. Après, elle te dit, là, vous allez vous injecter pour déclencher l'ovulation. Là, vous venez entre telle heure et telle heure. Elle calculait tout pour qu'elle puisse me le faire. enfin je te dis elle a été incroyable tu devais être épuisée mentalement et physiquement Et puis surtout, c'est que chaque mois, l'attente, chaque mois, l'espoir et chaque mois, te dire que tu as subi tout ça pour rien.
- Speaker #0
Et oui, c'est long. C'est vrai qu'un cycle nous semble une éternité.
- Speaker #1
30 jours, c'est plusieurs de partant. En fait, il faut vraiment le vivre pour comprendre. Et puis pour le couple aussi, parce que avant les inséminations, c'est des rapports recommandés, hors fixe. Il faut s'accrocher. Tout est cadré. Tout est cadré.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu as quand même... songer à peut-être lever le pied sur le travail pendant ce parcours ou est-ce qu'au contraire ça a été ton refuge ?
- Speaker #1
Alors non j'ai pas levé le pied en revanche Antoine il m'a dit à un moment on a fait une pause de trois ou quatre mois je crois.
- Speaker #0
Entre vous ? Non !
- Speaker #1
De PMA.
- Speaker #0
Ah d'accord !
- Speaker #1
Ah non non ! Avec Antoine, non non ! Non et il m'a dit là t'es épuisée, j'en peux plus de te voir dans cet état là, j'en peux plus de te faire du mal si on n'y arrive pas comme ça. Antoine a été adopté donc il dit si on n'y arrive pas comme ça on pourra faire famille autrement en fait. Il a dit là on fait une pause, il dit je n'en peux plus de te voir souffrir, je n'accepte plus en fait. Et moi je lui ai dit, enfin il ne m'a pas laissé le choix en fait, il m'a obligée. Et ça a été extrêmement difficile d'accepter de faire une pause, parce que moi qui suis quelqu'un qui contrôle tout le temps, j'aime bien et là j'avais plus au cul, mais mon corps et ma tête en avaient besoin. Entre temps j'ai été suivie par une psy qui fait de l'hypnose. qui m'a aidée, je pense, ça plus de l'acupuncture, c'est les deux trucs qui m'ont débloquée psychologiquement et physiquement, je pense, qui ont aidé ma fille à s'installer.
- Speaker #0
Donc, cette petite sérénade est arrivée dans ta vie, dans votre vie.
- Speaker #1
Dans notre vie, oui.
- Speaker #0
Pendant ta grossesse, tu t'es arrêtée de travailler ou tu as travaillé tout le long ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Je me suis... J'ai eu aucune complication, à part du diabète gestationnel, j'ai eu aucune complication pour la grossesse de sérénade, juste comme j'avais une heure et demie de trajet par jour à les retours. Le dernier mois, mon directeur m'a proposé de travailler de la maison. Vraiment, alors... Et du coup, j'ai pu travailler de la maison, et du coup, il m'a dit un truc, il m'a dit, écoute Céline, il m'a dit, je te ferai tout ce que tu veux. Le congé, les temps des congés dont tu as besoin, etc. Mais juste, sois sincère avec moi. Ne me dis pas que tu vas revenir si tu ne veux pas revenir. Si tu sens que tu as envie de partir, dis-le. Je t'aiderai à partir, il n'y a aucun problème, mais ne me la fais pas à l'envers.
- Speaker #0
Il voulait de l'honnêteté.
- Speaker #1
Il voulait de l'honnêteté, alors que tout le monde m'avait dit, quand je lui ai annoncé ma grossesse, en fait, j'ai fait de l'hypérémèse pour mes deux grossesses, et du coup, j'ai été arrêtée le premier mois de ma grossesse.
- Speaker #0
Tu peux nous expliquer ce que c'est l'hypérémèse ?
- Speaker #1
L'hypérémèse, c'est la maladie de Kate Middleton pendant ses grossesses. C'est quand tu vomis entre 15 et 35 fois par jour. Tu peux même pas te lever tellement t'es affaiblie. C'est-à-dire que tu peux répondre au téléphone, te lever de ta chaise, tout te fait vomir. même trop faible pour me lever, donc travailler c'était impensable. Et du coup quand je suis arrivée au... Alors que j'étais en arrêt maladie, truc très mal vu dans ma boîte, a priori, je suis allée leur annoncer en personne que j'étais enceinte. pour leur expliquer pourquoi j'étais autant absente etc et il m'a il m'a félicité il m'a en aucun cas dit et c'est là où il m'a dit s'il te plaît tu sais la maternité ça change les femmes et peut-être que toi ça va changer et moi je lui dis mais pas du tout juste je veux peut-être six mois et c'est tout et après je vais revenir normal il m'a dit pas de problème c'est ce que tu veux c'est ce que tu auras et si tu veux autre chose tu leur aussi tu as été hyper soutenu un groupe Je pense que c'est un des meilleurs directeurs que j'ai eu.
- Speaker #0
Donc tu as quand même abordé finalement cette maternité avec de la sérénité.
- Speaker #1
Beaucoup de sérénité.
- Speaker #0
De part de ton employeur. Alors j'imagine pas de la sérénité parce que c'est un bébé que tu as attendu quand même longtemps. Mais en tout cas de la sérénité de part...
- Speaker #1
En tout cas j'avais pas peur de perdre mon emploi.
- Speaker #0
Voilà, t'avais pas peur que ça mette à mal ta carrière.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'était important pour toi.
- Speaker #1
Et c'était très important. Et surtout c'est que j'avais pas... Quand je lui ai dit que les trajets et tout, il m'a accompagnée dans tout vraiment. Il m'a mis des bâtons dans les roues dans rien.
- Speaker #0
Ta petite Serena est arrivée.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé la suite ? Quand est-ce que tu as repris le travail ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Pas du tout comme je l'avais imaginé. Donc Serena est arrivée le 4 juin 2016 et j'avais dit à mon directeur que j'allais prendre au moins 4 mois. Normalement, juin, juillet, août, septembre, je lui avais dit que j'allais reprendre le travail. Au mois de septembre, je l'ai appelée, je lui ai dit Stéphane, je ne me sens pas capable de reprendre le travail maintenant, je veux prolonger. Il m'a dit, tu sais Céline, je vais prolonger jusqu'au mois de mars. Il m'a dit, moi je ne te conseille pas de revenir au mois de mars, ça va être trop compliqué pour toi. Ta fille, elle va être encore petite et tout, et au mois de mars, tu seras sur des demi-objectifs, parce que nous on travaillait de septembre à septembre. Il a dit, du coup, tu vas avoir une pression énorme, et si tu veux revenir sereinement, si tu le peux financièrement, je te conseille plutôt de revenir en septembre, de prendre une année avec ta fille.
- Speaker #0
Une année complète.
- Speaker #1
Une année complète. Donc congé maternité plus congé parent.
- Speaker #0
C'est ce que tu as fait ?
- Speaker #1
C'est ce que j'ai fait. Et au mois de septembre, quand je devais reprendre le travail, on a déménagé sur Montdelieu. Et donc, je suis allée faire les papiers pour inscrire notre fille à la crèche pour pouvoir reprendre le travail. Et là, j'ai dit à Antoine, c'est pas possible. Je ne l'avais jamais fait garder. Elle était toujours allaitée. Elle dormait en co-dodo avec moi. J'ai dit, je ne peux pas. Je ne me sens pas capable de la laisser. Je ne peux pas aller travailler et la faire élever par quelqu'un d'autre. Je ne suis pas capable de faire ça. J'ai rappelé mon directeur et je lui ai dit je suis désolée, je ne peux pas faire ça. Et il m'a aidé, il m'a aidé à faire une rupture conventionnelle. Il a même fait venir son avocat chez nous, à domicile, pour me signer les papiers. Et l'avocat m'a dit je ne sais pas ce que vous lui avez fait, il n'a jamais été aussi sympa avec personne. J'ai dit juste en fait j'ai été honnête avec lui. Je n'ai pas essayé de lui mentir.
- Speaker #0
Comme il a été honnête avec toi.
- Speaker #1
comme il a été extrêmement réglo avec moi tout le temps où j'ai été pendant les 4 années je crois où j'ai été salariée chez eux
- Speaker #0
Du coup, quand tu as voulu arrêter ce travail, que tu as décidé de garder Serena avec toi, tu avais l'impression que c'était un sacrifice ?
- Speaker #1
Oui et non. Parce que j'avais plus l'impression de sacrifier ma fille, si je la faisais garder, que de me sacrifier. En fait, si tu veux, à ce moment-là de ma maternité, le sacrifice aurait plutôt été de travailler et de la laisser. J'aurais plus souffert que de perdre. Et puis après, je me suis dit, je trouverai autre chose, c'est pas grave. Et puis je me sentais plus capable de rentrer à 18h30 le soir et de la voir une demi-heure par jour. Je me suis pas battue autant d'années pour faire un bébé en PMA et pour finalement l'avoir jamais.
- Speaker #0
On sait que la PMA ça peut être aussi une épreuve pour le couple, tu nous en as parlé un petit peu avant. Antoine il a connu du coup une femme carriériste qui a voulu... avoir un job à tout prix avec des responsabilités. Et du coup, là, tu passais dans cette maternité où tu avais envie de prendre du temps, de lever le pied, de vraiment te concentrer sur ta vie de famille. Est-ce que ça a été un problème dans votre couple ? Comment est-ce qu'il l'a vécu, lui ?
- Speaker #1
Là-dessus, franchement, Antoine, c'est pour ça que ça fait 20 ans qu'on est ensemble. C'est mon binôme. C'est-à-dire qu'il faut s'accrocher. J'ai trois idées à la minute, donc il faut s'accrocher pour nous suivre Mais il est tout le temps d'accord avec moi. C'est-à-dire, à part si je devais me mettre en danger ou nous mettre en danger financièrement ou quoi que ce soit, il m'accompagne tout le temps. C'est-à-dire qu'il a trimé dix fois plus pour me permettre d'être à la maison avec notre fille à l'époque. Il m'a dit, si c'est ce que tu veux, si c'est le mieux pour vous deux, pas de problème, on y va.
- Speaker #0
Donc ça a été bien accueilli dans votre couple.
- Speaker #1
Très bien accueilli.
- Speaker #0
Et dans ton entourage, est-ce que tu as eu ressenti, dans tes amis, ta famille, est-ce que tu as ressenti qu'il y a des personnes qui te... qui voyaient d'un mauvais oeil que tu ne retournes pas travailler tout de suite ?
- Speaker #1
Mes parents pas du tout, ils nous ont même aidé beaucoup financièrement pour pouvoir survivre pendant cette transition.
- Speaker #0
C'est important d'en parler de l'aspect financier parce que je pense que c'est des choses qui sont taboues, mais c'est un vrai problème et c'est très honnête d'en parler et il faut en parler parce que... s'arrêter de travailler avec le peu d'aide qu'on a et c'est un sujet aussi financier.
- Speaker #1
En fait le congé parental c'est 400 euros par mois. À un moment tu ne vis pas sur la côte d'azur même dans n'importe quelle région. Maintenant en 2025 tu ne vis pas. Un seul salaire et 400 euros ça ne suffit pas pour payer le crédit, la voiture. Donc non effectivement je suis bien lotie et j'ai pu avoir de l'aide, un de mon mari qui a beaucoup travaillé mais aussi de mes parents. Sans ça, quand on dit quand on veut on peut, c'est faux. Des fois, moi je connais des amies qui auraient rêvé de ça, mais sauf qu'elles n'avaient pas de soutien familial, ou elles n'avaient pas un mari qui gagnait suffisamment pour pouvoir se le permettre, et elles se retournaient au travail, et ça a été un déchirement. Et ça a été un sacrifice, des fois, il y en a même pour sombrer dans des dépressions postpartum. Parce que du coup, elles avaient l'impression d'avoir... Et je trouve que c'est très culpabilisant de dire au maire, de reprocher au maire de reprendre le travail vite. Il y en a qui n'ont pas le choix, en fait.
- Speaker #0
quand t'as beaucoup de trucs à payer tu n'as pas le choix et au contraire il y en a qui veulent et pour qui ça leur fait du bien parce qu'elles sont moins allées pas forcément avec leur maternité mais qu'en tout cas elles en ont l'envie et je trouve que chacun fait ce qu'il veut et surtout moi je pense qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire c'est
- Speaker #1
propre à chaque duo mère-fille, mère-fils famille etc ce qui me convient à moi ne te conviendra peut-être pas à toi ou à d'autres personnes
- Speaker #0
Et tes amis, tes collègues de travail, est-ce qu'il y en a qui... Est-ce que tu as senti des fois un jugement un peu négatif ou est-ce que tu t'as plutôt été très bien accueillie et bienveillante ?
- Speaker #1
Ce que j'ai surtout ressenti, c'est de l'envie. Mais pas de l'envie de façon négative, mais... C'est intéressant. En fait, t'as beaucoup de chance, Céline. C'est chouette que tu puisses passer autant de temps avec ta fille. J'aurais aimé avoir cette chance.
- Speaker #0
Parce que tes copines et tes mamans plutôt autour de toi ?
- Speaker #1
Mes copines du Sud, oui. Mes copines de Lyon, pas forcément encore. Mes copines d'ici, oui. Et mes collègues de travail, notamment. Elles me disaient qu'elles n'avaient pas eu cette chance de pouvoir le faire, mais que ça avait été dur de laisser un tout petit bébé. Surtout que les premières années, ils sont beaucoup malades, etc. En plus d'être dur, tu te retrouves à devoir jongler entre les maladies de tes enfants. Les absences au travail vont te mettre la pression parce que tu es trop absente, etc. C'est une logistique qui est difficile.
- Speaker #0
Serena est arrivée pendant... Pardon, pas Serena, c'est la plus grande. Stella est arrivée pendant que tu avais ton congé parental ou est-ce qu'elle est arrivée, tu avais déjà repris le travail ?
- Speaker #1
En fait, quand j'ai arrêté mon poste chez Eclair Azur, après je me suis dit que la com, au sens pur, c'était... C'était plus possible d'être dans un bureau 35-40 heures par semaine. Moi, je n'avais plus envie.
- Speaker #0
Tu n'avais plus envie d'un employeur ?
- Speaker #1
Je n'avais plus envie d'un employeur, déjà. Et je n'avais plus envie d'être sur un boulot de bureau fixe. Et en fait, quand j'ai fait mes études en communication... Il y a un souci. Non. Ah d'accord. Quand j'ai fait mes études en communication, j'avais dit à Antoine que je voulais être formatrice en communication. Nos profs étaient géniaux en BTS et je leur avais dit même que j'allais travailler dix ans dans la com et qu'après j'allais l'enseigner. C'était ce que j'avais décidé de faire et là il se trouvait que ça faisait un peu plus de dix ans que j'étais dans la com donc c'était le bon moment. Et je me suis dit qu'avant d'être formatrice, j'ai été professeure des écoles pendant un an.
- Speaker #0
Ah bon ? Oui,
- Speaker #1
à Stanislas à Cannes.
- Speaker #0
Donc quand tu avais Serena ?
- Speaker #1
Oui, Serena l'avait deux ans.
- Speaker #0
Donc tu as enseigné à Stanislas à Cannes. Serena tu la faisais garder ?
- Speaker #1
Alors deux jours par semaine elle était à la crèche les deux jours où j'étais à Stan
- Speaker #0
Du coup t'as été plus sereine de la laisser à cet âge là et que deux jours ?
- Speaker #1
Oui parce qu'elle avait presque deux ans et demi et que je m'étais dit que c'était une bonne transition pour elle avant l'école et surtout c'est que j'avais toutes les vacances scolaires tous mes mercredis donc en fait je commençais déjà à trouver que le maternage proximal il était moins nécessaire et que c'était un bon compromis pour elle et moi Moi de remettre un peu les pieds dans le bain et elle de commencer un peu la collectivité.
- Speaker #0
Vous étiez prête ? Prête. Toutes les deux ?
- Speaker #1
Toutes les deux.
- Speaker #0
Donc tu fais cette année d'enseignement. Oui. Derrière tu décides d'enseigner la communication. Oui,
- Speaker #1
parce qu'en fait je trouvais que les enfants étaient formateurs et qu'eux ils ne te pardonnent pas. C'est-à-dire que si tu n'as pas de pédagogie, un enfant, un adulte, il va faire semblant. ou il va les dire par derrière que tu es la pire des formatrices, mais un enfant, il va te mettre tellement le bazar dans la classe. Du coup, c'est hyper formateur, vraiment. Et j'ai adoré.
- Speaker #0
Et tu es arrivée derrière Serena ?
- Speaker #1
Stella.
- Speaker #0
Stella ? Non, pas tout de suite. Je n'y arrive pas.
- Speaker #1
Non, là, Serena, elle n'avait que deux ans. Et donc, de ces deux à trois, j'ai été professeure des écoles. D'accord. Et quand elle a eu trois ans, j'ai commencé la formation pour adultes. Donc, j'étais formatrice en communication. Et là, elle était à l'école et ma limite, c'était que j'ai dit à la boîte dans laquelle je travaillais, parce que je n'étais pas encore indépendante, j'étais salariée, mais je leur ai dit que je ne travaillais aucune vacance scolaire, aucun mercredi.
- Speaker #0
Et ils ont accepté ?
- Speaker #1
Ils ont accepté.
- Speaker #0
Au niveau financier, tu gagnais aussi bien ta vie qu'avant ?
- Speaker #1
Aussi bien, non. J'ai bien amputé de 30% de mon salaire. Mais par contre, j'avais tellement gagné en qualité de vie. C'est-à-dire que pour 30% de salaire en moins, j'avais ma fille tout le temps. J'étais là quasiment tous les soirs à l'école. Le mercredi, elle n'est jamais allée en centre de loisirs. Les vacances scolaires, elle n'est pas allée au centre de loisirs. Je pouvais être avec elle. Alors c'est sûr, j'avais plus de temps avec elle, mais on avait peut-être moins de budget pour les vacances.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Il faut le dire. Il faut dire la vérité.
- Speaker #0
Mais en tout cas, c'était pour toi le choix qui s'est ouvert à toi. Oui. Tu n'as pas eu de... En fait, ce que je voulais te poser comme question, c'est vraiment... est-ce qu'il y a des fois tu t'es dit oh là là J'ai abandonné ma carrière, j'aurais peut-être dû parce que maintenant je gagne moins. Est-ce que tu as eu un moment de transition comme ça où jamais tu as été convaincue que tu voulais rester avec ta fille ?
- Speaker #1
J'ai été convaincue et en fait, par moment, ça me prend. Je vais sur Indeed et en fait, je postule. C'est vrai. Juste pour flatter mon égo. Je postule et souvent, je suis reçue en entretien. On me propose les postes et en fait, à chaque fois, je dis mais ce n'est pas possible, je ne peux pas rentrer.
- Speaker #0
Mais tu as peut-être besoin de te prouver. que tu es...
- Speaker #1
J'ai besoin de me dire que j'ai une bouée de sauvetage. Et que si jamais j'ai envie de reprendre un poste qui me prend beaucoup de temps, etc., je peux le faire.
- Speaker #0
Donc, tu as quand même encore ce petit feu en toi qui a envie d'avoir un côté assez carriériste. C'est l'ambivalence.
- Speaker #1
C'est l'ambivalence. En fait, le truc, c'est que là, quand tu me demandais, Serena, elle avait 5 ans quand sa sœur est née. Donc, il y a eu beaucoup d'écarts entre nos deux filles. Et donc là, ma deuxième vient d'avoir 80, Stella.
- Speaker #0
Tu as été en parcours PMA aussi pour Stella ?
- Speaker #1
Non, Stella, elle est arrivée au bout d'un mois d'essai. Mon corps était réparé. Serena était mon médicament.
- Speaker #0
Mais souvent, il y a souvent des personnes qui font des parcours PMA pour un premier et qui derrière arrivent plus facilement à avoir...
- Speaker #1
La mémoire du corps. Oui. C'est fabuleux. Enfin, c'est vraiment... Le corps sait, en fait. Ça dépend des pathologies, mais en tout cas, pour les ovaires polycystiques, souvent, le corps, il est capable de reproduire...
- Speaker #0
Et quand Serena est arrivée, tu t'es arrêtée de travailler aussi ?
- Speaker #1
Stella ? Je sais qu'on a choisi des prénoms qui se ressemblent trop.
- Speaker #0
Je la repose. Quand Stella est arrivée ?
- Speaker #1
Alors quand Stella est arrivée, en tout cas quand j'étais enceinte d'elle, je travaillais. Et j'ai travaillé jusqu'à la fin de ma grossesse. Mais c'est tombé pendant le... Covid. Covid. Et donc il y a une partie encore où on était encore un peu en distanciel. C'était juste après, elle est née en 2021. On était en transition où tu sais les cours il fallait prendre le masque pour travailler etc. Comme j'avais de l'hyper-émes avoir le masque c'était juste le pire des cauchemars. Donc ils ont accepté que je donne tous mes cours en visio et ça a posé aucun souci. Donc j'ai travaillé jusqu'à la fin de mon contrat. En fait dans cette boîte là il se finissait à la fin de la grossesse de Stella.
- Speaker #0
Du coup Stella tu as repris deux ans derrière ? Non. Tu as refait une pause de deux ans ? Alors,
- Speaker #1
pareil, quand Stella a eu neuf mois, j'ai envoyé des candidatures.
- Speaker #0
On adore.
- Speaker #1
J'ai été prise dans les deux postes, sub2com à Mougins et un autre au Tourade. Et en fait, sub2com, c'était un poste à temps plein, etc. Et je ne me sentais pas capable de nouveau de laisser ma fille. Elle était trop petite. Et ça a mis très en colère. D'ailleurs, s'il entend le podcast un jour... Alors, le poste, maintenant, il peut me le reproposer parce que maintenant, mes filles sont grandes. Je pense que je peux l'accepter. Mais à l'époque, j'étais pas prête à sacrifier autant de temps sur un bébé qui était encore allaité et tout. Je me sentais pas capable.
- Speaker #0
Oui, parce que tu as allaité tes deux filles.
- Speaker #1
Très longtemps.
- Speaker #0
Eh oui.
- Speaker #1
Trois ans. Ah oui. Très longtemps.
- Speaker #0
Très, très longtemps.
- Speaker #1
et donc Et donc en fait, ce qui s'est passé, c'est que là, j'ai accepté le poste, mais à une seule condition, de travailler que deux jours par semaine. D'accord. Et donc sur le lundi et le mercredi. Pourquoi ces jours-là ? C'est qu'en fait, le mercredi, Antoine, il pouvait garder les filles à la maison. Donc elle ne s'était pas gardée. Et le lundi, il ne travaillait que l'après-midi. Donc en fait, il gardait Stella le matin, il la laissait à ma mère le lundi après-midi, donc elle était quasiment pas gardée en fait. Je voulais qu'il n'y ait pas de changement pour elle.
- Speaker #0
T'étais sereine ?
- Speaker #1
J'étais hyper sereine, je savais qu'elle était soit avec mes parents, soit avec mon mari, et du coup j'ai pu reprendre très tranquillement le travail là-dessus. J'ai arrêté, oh, ils m'ont proposé un CDI, j'ai refusé. Parce que j'allais devoir la laisser trop de temps et que je n'allais plus avoir la liberté de choisir ce que je voulais faire dans mes horaires et tout, et que là, je pouvais leur imposer. Et du coup, là, j'ai commencé, là où on travaille ensemble, à enseigner le marketing et la communication à des étudiants.
- Speaker #0
Bon, après, on rigole, mais je trouve que ça reflète bien le fait que... Non, mais c'est vrai, ça reflète bien le fait qu'on a envie d'être très maman. En tout cas, ce que tu ressens, toi, c'est comme ça que je le ressens. Ce côté j'ai envie d'être très maman, d'être là pour elle et de passer un maximum de temps avec elle. Mais en même temps, j'ai ce feu en moi de vouloir construire une carrière, gagner ma vie confortablement, sur tellement du modèle de tes parents que tu as ici. Et tu as quand même ce tiraillement entre les deux.
- Speaker #1
Entre deux cheveux, non mais c'est ça. Et en fait le truc c'est que là maintenant je trouve que j'ai trouvé un bon équilibre avec... Déjà j'adore le métier que je fais vraiment vraiment. J'ai l'impression de ne pas aller travailler en enseignant la communication. J'ai plus l'impression d'aller de faire un loisir en fait parce que j'ai eu des classes hyper cool jusqu'à présent que c'est franchement la marketing et la communication c'est une matière ludique à enseigner. J'ai rien contre les profs de maths mais enseigner les maths, la physique, chimie et tout, tu passionnes moins. À part quand tu es dans des filières scientifiques, tu passionnes moins les élèves. Alors que là, c'est très ludique. On fait des jeux, on fait des jeux de rôle, on fait plein de choses comme ça. On invente des pubs, on invente des slogans. C'est vraiment cool à faire donc je trouve ça vraiment sympa.
- Speaker #0
Donc là aujourd'hui, tu dirais que tu as trouvé un équilibre.
- Speaker #1
Un très bon équilibre mais...
- Speaker #0
Il y a un mais ?
- Speaker #1
Il n'y a pas de mais. Tout à l'heure, quand on parlait, j'ai dit que je voulais être soit vétérinaire, soit dans la pub, soit avocate. Et j'hésite, quand mes filles seront un peu plus grandes, à reprendre mes études pour passer mon barreau.
- Speaker #0
Pourquoi pas ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait, j'ai un profond sens de... Je déteste l'injustice. Et maintenant qu'on n'en a pas parlé, mais avec mon blog que je tiens depuis 7 ans sur la famille, etc., je défends beaucoup toutes les maltraitances faites sur les enfants, toutes les injustices aussi sur les mères. parce qu'il n'y a pas que les enfants, il y a aussi les mamans, les papas des fois. Les injonctions qu'on donne aux femmes avec la maternité, le fait qu'on abandonne beaucoup les mères après l'accouchement. Toutes ces choses-là, je me suis dit que peut-être je voulais être avocate en droit de la famille. Pour accompagner des mères, des enfants. Je ne sais pas si ça va rester un projet ou pas. Je ne sais pas si je trouverai le feu à ce moment-là. La ressource parce que... Il faut quand même que les filles soient suffisamment grandes parce que reprendre ses études en droit, c'est un gros sacrifice de temps. Et je ne sais pas si je serais capable, tant qu'elles seront petites, même si là, elles sont moins petites, de sacrifier le temps que j'ai avec elles au détriment de mes études.
- Speaker #0
Oui, il faut quand même qu'elles aient une certaine autonomie.
- Speaker #1
Voilà. C'est-à-dire que si je leur dis que j'ai besoin de bosser une après-midi, je n'ai pas envie qu'elles soient tristes et qu'elles attendent que le temps passe parce que... Je ne veux pas qu'elle subisse mes choix en fait.
- Speaker #0
Je comprends. Voilà. Très clair. Qu'est-ce que je... Oui, alors effectivement, Céline a un blog qui est extrêmement bien écrit. Elle a une très belle plume, non vraiment. Je vous mettrai le lien de son blog parce qu'il y a des très beaux articles et qui à mon avis vont parler à beaucoup d'entre nous. Et comme quoi ce sujet de la maternité qui a quand même bouleversé finalement ta carrière professionnelle. Et ma vie. Et ta vie. Alors ça, ça bouleverse toutes les vies, je pense. Mais effectivement, ça a quand même rebattu les cartes de ton côté qui pensaient que tu allais évoluer dans cette société et avancer.
- Speaker #1
Très patriarcale. Mais surtout, en fait, ce que ça a bouleversé aussi, c'est que l'allaitement. Je pense que j'étais pas passée par la PMA.
- Speaker #0
J'aimerais bien qu'on approfondisse un petit peu là-dessus parce que je pense qu'on va avoir des personnes allaitantes aussi qui pourront nous écouter. C'est quand même beaucoup d'investissement l'allaitement.
- Speaker #1
Surtout quand tu reprends le travail.
- Speaker #0
Ça a pesé dans la balance pour ta décision de rester à la maison ?
- Speaker #1
Pour Serena, oui. Pour Stella, moins, étant donné qu'elle était gardée soit par mon père et ma mère, soit par son papa, mon mari. Je pouvais tirer mon lait et lui donner. C'est pas comme tous les protocoles où des fois à la crèche ils acceptent pas le lait etc. Là je savais que quoi qu'il arrive elle manquerait pas de mon lait mais ça veut juste dire qu'entre tes cours tu vas tirer ton lait, qu'il faut le stocker dans des glacières. C'est quand même, ça m'est déjà arrivé d'avoir des montées de lait pendant les cours et tout c'est pas... Niveau conditions pro t'es pas au max hein. Surtout devant une classe de 30 élèves.
- Speaker #0
Puis au point de vue logistique c'est quand même lourd.
- Speaker #1
C'est lourd puis quand il fait chaud il faut avoir des trucs pour garder au frais. Si tu le mets au frigo les gens disent c'est quoi ton truc ?
- Speaker #0
porte quoi alors surtout que le revers de la médaille c'est que quand on est indépendant on n'a pas alors dans le maintenant la loi impose quand on est salarié d'avoir du temps pour tirer son nez ce qui n'est pas le cas quand on est indépendant et non puisque on est indépendant voilà donc gérer notre emploi de notre planning pour pouvoir le faire ouais oui donc ça a quand même pesé dans la balance dans cette dans tes choix de carrière oui puis quand je suis allé travailler et puis comme tu lis quand on est indépendant en fait quand tu es malade et c'est etc.
- Speaker #1
T'as pas de jour enfant malade, t'as pas de taré maladie, si tu travailles pas t'as pas de salaire. Donc je suis déjà allée travailler avec des mastites, j'avais 42 fièvres, j'avais mal partout, mais il fallait assurer quand même quoi. C'est le revers de la médaille.
- Speaker #0
Avec le recul, quand tu regardes du coup ce parcours et cette maternité et tes choix de carrière, est-ce que tu as des regrets ?
- Speaker #1
Alors des regrets, je sais pas, je pense que si c'était à refaire, je refais à peu près tout pareil. Peut-être que... Alors, pour Serena, en fait, mon père, mes parents sont hyper importants dans ma vie. Ils sont très très importants. Et en fait, mon père est tombé gravement malade trois mois après l'accouchement de Serena. On a même cru peut-être qu'il allait mourir. Il a déclaré une maladie auto-immune. Et du coup, je me suis retrouvée dans un moment de grand bouleversement émotionnel avec... Du coup, mon modèle parental qui s'effondrait entre guillemets parce que mon père était malade et que du coup, ceux que j'avais vu comme mes rocs toute ma vie, ils n'étaient plus si solides que ça. Et avec le bouleversement d'être maman après trois ans d'attente, etc. Donc, ça a été difficile et j'ai eu du mal à me faire confiance un peu au début. C'est-à-dire que je doutais beaucoup quand on me disait « c'est pas bien de dormir avec son enfant, c'est pas bien de l'allaiter, tu fais trop ci, tu fais trop ça » . Je me remettais trop en question tout le temps. j'avais peur que les gens aient raison alors que pour ma deuxième mais je m'en fous, c'est à dire que la vie des gens je fais des tartines de Nutella avec en fait ça, la seule importance que j'ai c'est que j'ai vu que j'ai fait grandir ma première fille et qu'elle a l'air a priori j'espère plutôt bien dans ses baskets et heureuse et que c'est tout ce qui compte bien sûr que j'ai fait des erreurs, bien sûr que je vais probablement lui laisser des séquelles mais en tout cas j'ai fait au mieux et je suis assez sereine dans les choix que j'ai fait allaitement ... Quand on m'a dit « Oui, dors pas avec tes enfants, après tu verras, ça va être un calvaire et tout » , ben pas du tout. Pas du tout pour nous en tout cas.
- Speaker #0
Ton seul petit regret serait peut-être de ne pas t'avoir fait confiance assez tôt.
- Speaker #1
Oui, en fait d'avoir eu peur de me faire confiance. Et du coup ça a quand même ajouté beaucoup d'angoisse dans ma maternité, c'est-à-dire que j'étais pas du tout aussi sereine pour Serena que je le suis pour Stella.
- Speaker #0
Et aujourd'hui de quoi tu es heureuse ?
- Speaker #1
de ma vie. de notre famille avec Antoine, de tout ce qu'on a réussi à construire et d'avoir réussi à faire une famille heureuse.
- Speaker #0
Tu as trouvé ton équilibre ?
- Speaker #1
Je pense l'avoir trouvé. Je te dirais ça dans un an.
- Speaker #0
Pourquoi dans un an ?
- Speaker #1
Parce que je n'en sais rien, peut-être que je vais me réchauffer à postuler sur l'Indie. Mais non, là, je pense que franchement, pour plusieurs années, je suis vraiment calée sur le bon compromis de temps pour moi. Parce que du coup, j'ai réussi à, maintenant, ce que je n'avais pas fait jusqu'à l'entrée à l'école de Stella, mais avoir du temps pour moi, du temps pour ma famille et du temps pour le travail. Et mon couple, évidemment, mais ça va dans le temps pour moi.
- Speaker #0
Très clair. Si un jour, tes filles écoutent ce podcast, qu'est-ce que tu aimerais leur dire ?
- Speaker #1
Est-ce que tu connais la chanson de Youssoupha ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Dieu est grande. Tu peux nous la chanter ?
- Speaker #0
Non, je rigole.
- Speaker #1
J'ai pas ce talent. En fait, en gros, il dit, dans ma tradition, Dieu dit, parce que chez les musulmans, si je dis pas de bêtises, je crois qu'avoir une fille comme premier enfant, c'est une bénédiction. Et en gros, il lui dit qu'elle est forte, qu'elle n'est pas obligée d'être Michelle Obama, qu'elle n'est pas obligée d'être extraordinaire, qu'elle est juste obligée d'être elle. Qu'il ne faut pas qu'elle écoute les hommes dans sa vie, il faut qu'elle s'écoute elle et qu'elle soit heureuse. et ce que je voudrais dire à mes filles maintenant c'est que je suis extrêmement fière d'elles Serena, elle a combattu beaucoup de choses avec ses neurotypies, etc. Et que je voudrais qu'elles soient juste heureuses. C'est-à-dire qu'elles ne sont pas obligées d'avoir des enfants si elles n'ont pas envie d'en avoir. Elles ne sont pas obligées d'en avoir dix si elles n'en veulent qu'un. Je les accompagnerai quel que soit leur choix. Et je serai toujours avec elles, de leur côté. Même si elles font des bêtises, je les aiderai quoi qu'il arrive. C'est-à-dire que je ne leur tendrai jamais le dos.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aimerais dire à une femme qui a un enfant en bas âge et qui hésite à lever le pied sur sa carrière, qui elle est en pleine ascension de sa carrière professionnelle et qui a cette maternité qui vient bouleverser ses projets ? Qu'est-ce que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #1
Une femme qui a peur que ça lui mette des freins ? Oui. Je lui dirais déjà que contrairement à tout ce qu'on peut croire, souvent la sincérité ça paye. Et que... On protège déjà. Déjà, si jamais tout est déclaré bien correctement, on protège quand même énormément les femmes enceintes en France. Que du coup, il ne faut pas hésiter à faire les choses bien en règle, à annoncer sa grossesse de façon formelle et officielle, soit par lettre recommandée, soit avec une lettre remise en main propre, etc. Au cas où la société dans laquelle tu es, elle décide de te faire des coups bas, licenciement, etc. Parce qu'à partir du moment où tu l'as déclarée, après, elle est protégée. Et qu'il faut qu'elle s'écoute elle, parce qu'en fait on n'a qu'une vie et on n'a qu'une fois des enfants petits. Et qu'une fois qu'ils sont grands, moi je vois Serena, elle a déjà 9 ans, et quand je revois les vidéos d'elle quand elle était bébé, j'ai des larmes aux yeux, parce que je me dis que j'aurais loupé tout ça si je n'avais pas été avec elle. Et que si c'est vraiment ce qu'elle a envie de faire, il faut le faire. En revanche, il ne faut pas qu'elle le fasse parce que la société lui dit de le faire. C'est-à-dire que c'est pas parce que toutes les femmes de sa famille sont mères au foyer qu'elle est obligée de l'être. Si mes filles décident de ne pas allaiter leurs enfants, de ne pas faire de cododo et de ne pas prendre deux ans pour chaque enfant, je ne leur jetterai pas la pierre. Parce que ce sera leur façon d'être heureuse. En revanche, je les aiderai pour garder leurs enfants, pour faire en sorte que l'équilibre soit trouvé pour tout le monde.
- Speaker #0
Merci beaucoup
- Speaker #1
Céline pour cette échange. Je suis très émue et ravie d'avoir eu la chance d'être à ton micro aujourd'hui.
- Speaker #0
En tout cas, merci beaucoup pour cette sincérité, pour nous avoir retracé ce parcours PMA qui a rebrassé les cartes de ta vie professionnelle. Oui. On a bien ressenti le tiraillement et l'ambivalence que tu as pu avoir. Il y a eu clairement un avant et un après. Oui. Que tu as manié avec brio,
- Speaker #1
donc bravo. J'espère. En tout cas, je l'ai manié d'une façon qui, moi, m'a convaincue et m'a épanouie. Et c'est ce qui compte, je crois.
- Speaker #0
Un grand merci à toi. Je vous mettrai du coup le lien du blog de Céline avec cet épisode. Je te souhaite plein de bonheur à toi, à ta petite famille.
- Speaker #1
A toi aussi Ophélie.
- Speaker #0
Et puis à très bientôt.
- Speaker #1
A très bientôt.
- Speaker #0
Je remercie encore chaleureusement Céline pour cet échange et son témoignage qui j'espère vous apportera beaucoup. Comme vous le savez, ce podcast me tient à cœur et votre soutien est absolument indispensable pour qu'il évolue. Un petit like, un commentaire, chacune des manifestations que vous pourrez me faire me fait vraiment chaud au cœur, ça m'encourage à avancer, ça m'aide aussi à vous trouver de nouveaux invités. N'hésitez pas d'ailleurs à me faire part de sujets que vous aimeriez ou d'invités que vous aimeriez voir dans un prochain épisode, je me ferai un plaisir de les lire et de les prendre en considération. Vous pouvez également vous abonner, on a notre compte Instagram sur les patterns d'écoute, mais aussi sur ma chaîne YouTube qui a vu le jour il y a très peu. En tout cas, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode et je vous embrasse.