- Speaker #0
Il m'a fort demeuré. Oui, c'est super. C'est super. Bonjour Laurent.
- Speaker #1
Bonjour Magali.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux dire à celles et ceux qui nous écoutent, où est-ce que je me trouve pour faire cette interview ?
- Speaker #1
On est dans mon petit atelier à la Métairie-Neuve, sur la commune de Saint-Gauzins. C'est une petite commune tarnaise qui est située entre Toulouse et Albi, à deux pas de l'autoroute, en pleine campagne.
- Speaker #0
Et donc, j'ai pris la route tertiaire pour venir.
- Speaker #1
Oui, ce n'est vraiment pas une route très fréquentée, oui.
- Speaker #0
Je n'ai vu personne, je n'ai pas vu un chat. Passé Briatexte, je n'ai pas vu un chat.
- Speaker #1
Un chevreuil au moins peut-être.
- Speaker #0
Un chevreuil même pas, tu vois. Je pense que le temps les fait fuir. Laurent, je suis contente de t'interviewer depuis le temps qu'on devait programmer cette interview. Aujourd'hui, on va parler de ton parcours parce que moi, ça m'a toujours bluffée. Moi, je te connais personnellement puisqu'on peut dire que tu es de la famille. On peut considérer qu'on est cousins, puisque tu as épousé la cousine de mon mari.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Voilà, donc du coup...
- Speaker #1
On est cousins par alliance.
- Speaker #0
Ouais, c'est tout à fait ça. Donc en fait, on se connaît, mais moi j'ai ce privilège-là, donc je vais le faire partager avec les autres. Donc pour déjà comprendre qui tu es, Laurent, est-ce que tu peux répondre à une question très simple que je pose à mes invités ? Que fais-tu dans la vie ?
- Speaker #1
Je suis artisan coutelier.
- Speaker #0
D'accord, ça consiste à faire des couteaux.
- Speaker #1
Ça consiste à fabriquer des couteaux,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Le travail du métal et de tout ce qui habille le manche, que ce soit des bois régionaux, des bois exotiques, des matières synthétiques. Il y a plein de nouveaux matériaux qui sont très intéressants à travailler.
- Speaker #0
D'accord, et je sais que ce n'est pas ton métier d'origine. Est-ce que tu peux un petit peu retracer ton parcours pour qu'on comprenne comment tu es venu à la coutellerie ?
- Speaker #1
Oui, écoute, j'ai commencé en qualité de technico-commercial dans le bâtiment seconde œuvre. Mon papa, oui, était métallier et ça m'a aidé un peu à m'orienter vers le métier des automatismes et des fermetures du bâtiment. où j'ai commencé très tôt après les études. Et petit à petit, j'ai pris des responsabilités. Je suis devenu chargé d'affaires dans ce domaine-là. C'est-à-dire que chargé d'affaires, en général, on prend des dossiers un peu plus gros, un peu plus compliqués. Et depuis l'analyse du besoin, le chiffrage, les négociations, les prises de commandes, envoyer les choses, tous les produits en fabrication, gérer les délais. et ensuite... les équipes de pose qui mettent en œuvre les fermetures, c'est-à-dire des portails industriels qu'on voit dans les grands magasins ou qu'on voit dans les bâtiments industriels, tout ce qui est porte rapide aussi, tout ce qui est accès aussi au logement collectif en ville, les accès sur le souterrain, les portails automatiques, etc. Et toute la gestion aussi du SAV puisque quand on pose, il faut donner des garanties que ça fonctionne. Voilà, ça c'est ce que j'ai exercé pendant 30 ans, jusqu'au jour où j'ai eu un problème de santé. En fait, j'ai eu un problème cardiaque qui aurait pu être beaucoup plus grave. Je m'en sors quasiment sans séquelles, on va dire. Mais ça m'a donné à réfléchir.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et si on reste dans le passé ? Toi, tu es né dans un petit village du Cantal et tu as grandi auprès d'un père artisan qui travaillait le métal. Quand tu regardes ton enfance, est-ce que tu t'étais destiné à être aujourd'hui artisan coutelier, même si c'est une reconversion professionnelle ? Est-ce qu'il n'y a pas une partie de toi, enfant, qui, quelque part, pressentait un petit peu ce changement de carrière ?
- Speaker #1
Ben si, moi j'ai vu que j'ai connu mon papa, il avait une forge au fond de l'atelier. Après, au-delà des souvenirs d'enfance, oui, il y a un côté sentimental avec les grands-pères paysans qui m'ont éduqué vers le couteau, le couteau régional, le couteau transmission, en fait. C'est-à-dire que moi, j'ai le souvenir de mon grand-père paternel qui avait un beau layol. Et j'ai dit, pépé, je devais avoir 12 ans à peu près. J'ai dit, pépé, j'aimerais avoir un beau couteau comme le tien. Et il m'a dit, écoute, il m'a dit, désolé, mais t'es trop petit. Ce n'est pas que ce soit dangereux. Il m'a dit, tu vas avoir un opinel pour commencer.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et si tu ne l'as pas perdu... Quand tu seras plus grand, un peu plus mûr, un peu plus responsable, là tu auras ton beau layol. Que j'ai eu vers l'âge de 16 ou 17 ans. Mais ça se mérite, il faut faire preuve de responsabilité.
- Speaker #0
Il faut montrer que tu es un homme.
- Speaker #1
Oui, montrer qu'on fait attention aux choses tout simplement et qu'on ne fait pas n'importe quoi avec. Le problème ce n'est pas le couteau, c'est celui qui fait n'importe quoi. porte quoi avec. Un couteau, comme mes grands-pères l'utilisaient, c'était à la fois un outil pour travailler, un outil du quotidien, et aussi un outil pour manger, pour se nourrir. Voilà, ça avait vraiment une utilité essentielle. Donc il y a ce côté-là, il y a le côté bien sûr artisanal qu'a pratiqué mon père. Mais au-delà de tout ça, je pense que le travail manuel me manquait terriblement. Parce que dans le métier de chargé d'affaires, on est tout le temps au téléphone. Traiter des mails et puis courir de chantier en chantier, faire des dizaines de milliers de kilomètres par an avec un rythme quand même très effréné. On ne peut pas dire le contraire. Une pression sur les délais terrible. Et donc, régler plein de soucis dus aux transports, aux petites erreurs de l'usine, aux autres corps d'État. Et mon métier, c'était de prévoir, comme je dis souvent, arriver à 50 ans. Alors, on essaye de tout prévoir. Il y a toujours des petites inconnues. On ne sait pas tout, en fait. Mais on essaye de tout prévoir. Et puis, en fait, au quotidien, on est en train de gérer que des problèmes.
- Speaker #0
Oui, tu n'es pas dans l'instant présent.
- Speaker #1
Donc, si c'est des problèmes qu'on a générés soi-même parce qu'on n'a pas pensé à un truc ou qu'on a fait une erreur, bon, on l'assume. Mais quand c'est des problèmes générés par les autres, ça devient très, très fatigant, en fait. Très, très fatigant parce qu'il y a la pression du résultat. Et voilà, je crois que c'est ce qui m'a amené à faire un séjour à l'hôpital, qui m'a donné à réfléchir.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais qu'aujourd'hui, tu es heureux ? Ça paraît un peu abstrait, mais est-ce que tu es heureux dans ce que tu fais ?
- Speaker #1
Non seulement je suis très heureux, mais en plus, je me sens épanoui parce que je fais plaisir. Voilà, et puis je fais quelque chose que j'aime. Je trouve que ça a un caractère utile aussi. Voilà, et puis le rythme me va beaucoup mieux aussi. C'est important.
- Speaker #0
On te sent, c'est la famille. On te sent épanouie. Mais après, tu as toujours été très souriant, donc je n'ai pas forcément de recul. Mais est-ce que je suis objective aussi ? Peut-être pas, mais en tout cas, moi, je sens que tu es épanouie. C'est pour ça que... Je tenais à faire cette interview. Si on refocus, j'allais dire, sur ton père et tes grands-pères, qu'est-ce qui t'a impressionné chez eux ? Quelles sont les valeurs aussi qui t'ont transmise et qui font qu'aujourd'hui, tu es devenu ce que tu es ?
- Speaker #1
Là, tu touches un sujet un peu sensible. Mais écoute, mes grands-pères, c'était des bosseurs. C'était des montagnards, c'était des bosseurs. Mon grand-père paternel, c'est un des rares survivants de la guerre de 14-18. Quand il est rentré de la guerre de 14-18, après avoir été blessé, il avait tous les noms de ses compagnons d'école gravés sur le monument de la place du village. Et ça ne l'a pas empêché de construire une maison, une étable, une grange, d'épouser ma grand-mère et d'avoir 12 enfants sur 11 hectares qui étaient exploités uniquement avec des bœufs. Le seul moteur qu'il y avait dans cette exploitation, c'était la motopompe, qui est arrivée bien plus tard pour pomper l'eau jusqu'à la maison. Et moi, j'ai connu mes oncles et mes tantes, je les ai tous connus, ils étaient tous très souriants, très heureux. Les cousinades, c'était des repas avec des chansons, des sketchs, des histoires drôles, beaucoup d'amitié, vraiment énormément de plaisir partagé. Et ça, pour moi, ça n'a pas de prix. Aujourd'hui, on a beaucoup plus de matériel et puis on est plus triste. C'est bizarre quand même, chercher l'erreur.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. C'est vrai. On a tout, mais finalement, ce n'est pas forcément ça qui nous comble de bonheur. C'est comme ça que je l'interprète. Mais effectivement, c'est peut-être des valeurs qui étaient plus simples, une vie qui était plus simple et qui était beaucoup plus génératrice de petits plaisirs.
- Speaker #1
Oui, c'était rude. Il y a eu... Il y a eu une tente qui a été brûlée à cause du feu de cheminée. Il y a eu des moments très, très difficiles. Mais peut-être qu'au final, c'était plus sain. Peut-être. Enfin bon, moi, je suis très... J'ai un regard, comment dire, très... Comment on pourrait dire ça ? Je suis fier, j'ai une sorte de... Je ne trouve pas...
- Speaker #0
De reconnaissance ?
- Speaker #1
Oui, de reconnaissance. Je me dis comment c'était possible d'arriver à faire ça. De notre temps, c'est inimaginable. Et pourtant, ce n'est pas très vieux.
- Speaker #0
C'est vrai. Je vais revenir à ton ancien métier pour un petit peu comprendre le point de bascule qui t'a emmené ici. Pendant près de 30 ans, tu as exercé comme chargée d'affaires dans le bâtiment. Comment tu t'es redirigée là ? Tu as fait des études, mais est-ce que c'est quelque chose, quand tu étais petite, peut-être que tu avais d'autres rêves ? Comment tu t'es dit, je vais être chargée d'affaires et qu'est-ce qui t'a plu dans ce métier ?
- Speaker #1
Dans le métier de chargé d'affaires ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
chargé d'affaires. Le métier de chargé d'affaires, c'est...
- Speaker #0
Parce qu'il y a des responsabilités. On a vu qu'il y avait plein de choses à gérer. Oui,
- Speaker #1
mais on est autonome, en fait. Moi, je travaillais pour une usine qui était dans l'est de la France, à 800 kilomètres. J'avais le bureau à la maison. Donc, l'autonomie, déjà, je trouve que ça n'a pas de prix. Et puis, mener à bien des opérations, des chantiers, depuis l'analyse du besoin, en passant toutes les étapes. jusqu'à arriver à la satisfaction du client. Ça me plaisait. Je te dis, l'autonomie surtout. Et puis, le fait peut-être aussi un peu de relever des défis, effectivement. Oui, aventurier. Parce qu'un chantier est fini, il faut en recommencer un autre.
- Speaker #0
Est-ce que c'est comme ça que tu imaginais ta carrière ? à un moment donné. J'ai la réponse dans la tête, mais je ne peux pas interpréter, donc je vais te laisser répondre. Mais est-ce que tu t'imaginais que ta carrière allait prendre ce tournant-là ? Puisque tu as parlé de problèmes de santé, donc j'imagine que c'est venu un petit peu rabattre les cartes.
- Speaker #1
Ah bah oui, je n'aurais jamais imaginé ça. Oui, oui, moi j'avais imaginé, je travaillais pour une boîte qui était centenaire, qui avait passé tout un tas d'épreuves. Et donc, je m'imaginais aller jusqu'à la retraite comme c'était le cas. Je suis rentré dans cette société, la dernière pour laquelle je travaillais pendant 20 ans. Je suis rentré en 2000. J'étais le plus jeune. Autour de moi, il n'y avait que des chargés d'affaires qui étaient à moins de 10 ans de la retraite. Donc, je m'imaginais faire comme eux. Arriver jusqu'à la retraite. Arriver jusqu'à la retraite. Voilà. Donc, j'avais tout planifié autour de moi dans cet objectif-là.
- Speaker #0
Et après, je ne sais pas si tu veux rentrer dans les détails, mais tu as dit que tu avais eu un infarctus. Oui, tu l'as dit. Oui, oui, je crois. Oui, je crois que j'ai dit oui. C'est moi qui dévoile le secret. Je ne sais pas si je vais garder cette partie. Mais tu as dû, suite à un problème de santé, réorienter ta vie. Moi, c'est comme ça que je l'interprète. Mais est-ce que quand tu travaillais, il y avait des signes qui étaient précurseurs ? Est-ce que tu... Enfin, on ne peut pas programmer... un problème de santé, mais est-ce que tu as senti qu'à un moment donné, tu fatiguais ? Comment c'est arrivé ?
- Speaker #1
Avec du recul, effectivement, j'ai eu des périodes de grosse fatigue, des insomnies aussi. Et puis, par exemple, des week-ends à vouloir me reposer parce que j'étais au bout du rouleau. Oui. Et puis, peut-être grâce à un peu de l'énergie, ou sans vraiment vouloir voir les choses en face, j'ai continué jusqu'à les taper dans le mur, quoi. Et passer par la case soins intensifs.
- Speaker #0
Et ça arrivait brutalement ?
- Speaker #1
Ça arrive d'un seul coup, en fait, oui.
- Speaker #0
T'étais au travail ou t'étais à la maison ?
- Speaker #1
Non, j'étais à la maison, voilà.
- Speaker #0
Ça arrivait brutalement, tu étais à la maison, tu as senti que, comment on se sent entre guillemets partir ? Ma question est peut-être débile.
- Speaker #1
Oui, un infarctus c'est des artères coronaires, les artères qui alimentent le cœur en oxygène qui se bouchent. Là c'était un caillot et donc le cœur est en souffrance et donc on sent une pression sur la thoracique en fait, avec des radiations dans l'épaule, ça monte au niveau du cou aussi. Et puis c'est le... la cage thoracique. Je ne comprenais pas ce qui se passait.
- Speaker #0
Donc, tu es passé du bureau aux soins intensifs.
- Speaker #1
C'est un peu ça. C'est ça, en fait. Quand le cœur est en souffrance comme ça, on a des hormones qui sont sécrétées, qui montrent que des cellules du cœur sont en train de mourir, qui prouvent la souffrance. Et donc, j'ai été prise en charge, j'ai été envoyée tout de suite au service de cardiologie, en soins intensifs.
- Speaker #0
Je suppose que les proches, ça a dû être un moment un peu éprouvant. On ne va pas rentrer dans ce... Je pense qu'on va éviter... pour éviter l'émotion. Mais une fois que tu es au soin intensif, quand tu es là à l'hôpital, tu arrives à comprendre ce qui t'arrive ?
- Speaker #1
Ben oui, mais tu ne réalises pas vraiment. Ce n'est pas possible. Moi, je faisais beaucoup de sport, de sport d'endurance, de vélo.
- Speaker #0
J'ai une vie impeccable, ça ne peut pas m'arriver à moi. Pas de tabac,
- Speaker #1
pas de cholestérol, aucun facteur aggravant. Il y avait uniquement le rythme. Et comme dirait le médecin, la perméabilité au stress qui a pu causer ça.
- Speaker #0
Et comment s'est passée ta convalescence ? Parce qu'il a fallu te reconstruire toi et après reconstruire une vie professionnelle. Comment ? Enfin, tu as dû te reconstruire toi avant, je suppose, pour, je ne sais pas si on digère ce genre de... Enfin, accepter que tu étais en convalescence. Comment s'est passée ta reconstruction ?
- Speaker #1
En fait, c'est le plus dur, c'est d'arriver à accepter. Tant qu'on n'accepte pas, on est dans le déni et on ne voit pas la réalité des choses. Moi, j'avais un travail qui me rapportait suffisamment pour que la famille ne soit pas dans le besoin. Donc, il y avait cet impératif de continuer pour l'aspect financier du travail. Donc, tout ça nous pousse un peu au déni. Et puis, quand j'ai réalisé, là, ça a quand même été un peu... J'ai réalisé qu'il fallait que je change. Mais quoi faire ? Et là, j'ai sombré. Ça a été un peu compliqué dans la tête. Ça a été tout s'entrechoquer. J'avais plein d'idées. J'avais ma femme qui me demandait de me taire.
- Speaker #0
Bisous Nadja.
- Speaker #1
Tais-toi si tu es chérie.
- Speaker #0
C'est vrai, tu avais des idées qui... qui fusait et c'était quoi ces idées ? Parce que moi, je suis quand même curieuse parce que là, tu en as trop dit.
- Speaker #1
La première idée, ça a été, j'ai dessiné un couteau pliant. Je me suis dit, tiens, si jamais je devais changer de métier, j'aimerais bien faire coutelier. Il se trouve que ça, c'était juste après l'infarctus, pendant une période d'arrêt maladie. C'était la première fois de ma vie que j'étais en arrêt maladie, je m'ennuyais un peu. Donc j'ai dessiné ça, j'ai pris quelques infos à droite à gauche, j'ai démarré ce projet. Et puis plus tard, quand il s'est avéré que j'avais compris qu'il fallait prendre un virage professionnel et que le moral en a pris un coup, j'ai essayé de me faire accompagner. Je me suis fait accompagner, j'ai fait un bilan de compétences. Et là, au vu de mon âge peut-être, de mon expérience, on m'a proposé... Une validation des acquis de l'expérience, par exemple, avec une inscription à la fac. Et en utilisant des dossiers réussites, des références, on peut donc valider différents modules qui permettent ensuite de valider un diplôme qui correspond mieux au niveau d'expérience que l'on a.
- Speaker #0
Tu as dû reprendre tes études, mais...
- Speaker #1
Je ne l'ai pas fait en fait. Je suis allé à la fac, je me suis intéressé à ce sujet. Mais quand j'ai été confronté tout seul face au dossier réussite, j'ai pris tous mes dossiers, j'ai allumé un grand feu et j'ai tout brûlé. Je n'y arrivais plus.
- Speaker #0
C'est radical quand tu prends des décisions, tu ne fais pas semblant.
- Speaker #1
J'ai un grand jardin à la campagne, c'était en plein hiver, il pleuviautait, il n'y avait pas de danger. Donc j'ai pris tout, j'ai tout brûlé. Et j'ai dit, ce n'est pas possible, je ne peux pas faire ça. J'ai uniquement se penché sur les dossiers réussis.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y avait quelques dossiers qui avaient été un peu moins reluisants, on va dire, qui faisaient remonter des mauvais souvenirs. Non, non, là, c'était que des bons souvenirs. D'accord. Je n'ai pas réussi. Donc après, j'ai eu plein d'idées avec mon accompagnateur. et étudier des pistes et tout le temps l'artisanat revenait. Malgré qu'il y avait des pistes nouvelles, tout le temps l'artisanat revenait. Et donc un jour, j'ai décidé de m'inscrire à un stage d'initiation au CFA à Thiers. Thiers, c'est la capitale européenne de la coutellerie aujourd'hui en France. Ils ont un centre de formation. Et ils proposaient une semaine initiation à la réparation de l'âme et à l'affûtage. Donc j'ai fait cette initiation. Et là, je suis tombé amoureux du truc. J'ai mesuré l'énorme difficulté qui me restait à franchir pour savoir fabriquer un couteau. Parce que ça paraît simple, mais en fait, ce n'est pas si simple que ça. Mais par contre, j'ai adoré. Et donc, à partir de là, on a mis en place un programme avec le responsable pédagogique autour de mon projet. J'y suis retourné plusieurs semaines. J'allais une semaine à Thiers. Je revenais. bricoler de mon côté, etc. pour améliorer les gestes, écrire tout le process de fabrication de mon couteau et puis améliorer les gestes et peaufiner tout ça.
- Speaker #0
Et c'est comme ça que tu es arrivé à ton but, j'allais dire ultime, d'être artisan coutelier. Est-ce qu'il y a un moment donné où tu as voulu renoncer ? Non,
- Speaker #1
on ne renonçait jamais. Des doutes, oui. Oui, des doutes, oui. Entre le premier stage et le deuxième, il s'est passé quelques temps. Entre les deux, je suis allé au salon Coutelia à Thiers. Et là, j'ai vu tout un tas de choses qui n'étaient pas forcément dans mes goûts. Je ne critique pas, mais des couteaux qui ressemblaient plus à des armes qu'à des couteaux outils. Des couteaux de chasse, c'est pas mon univers. Et puis, je suis tombé sur des jeunes femmes coutelières. Alors là, j'ai dit, c'est beau ce qu'elles font. Il y a de la couleur, il y a de la vie, il y a des nouveautés. Je pense à quelques-unes qui m'ont décidé.
- Speaker #0
Ça a confirmé ton choix ? Ah oui. Ça l'a même reconforté ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'ai l'impression que tu étais déterminé, toi. Tu t'es dit, je vais être artisan coutelier et personne ne m'y empêchera.
- Speaker #1
La coutellerie, en fait, il y a plein de domaines. Je compare un peu la coutellerie. Un magasin de coutellerie, c'est un peu comme un magasin de chaussures, en fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça n'a rien à voir.
- Speaker #0
Oui, vas-y, développe ta métaphore.
- Speaker #1
Mais il y a un grand choix. Vous pouvez trouver une multitude de couteaux, que ce soit pour partir en balade, aller aux champignons, ou pour éplucher un... Oui, c'est vrai. Un oignon ou pour couper une entrecôte ou pliant, pas pliant, avec tel type d'acier. Et les chaussures, c'est pareil. Il y a des chaussures pour faire du sport. Ce n'est pas faux.
- Speaker #0
Ce n'est pas faux. J'aime, j'aime, j'aime cette image.
- Speaker #1
Et c'est vrai que les femmes, j'ai trouvé qu'elles amenaient quelque chose de nouveau, simple et nouveau, qui m'ont inspiré. C'est des choses que j'ai vues qui m'ont inspiré.
- Speaker #0
C'est cool ça. Et si je reviens un petit peu à ce que tu disais, parce que là, c'est vrai que toi, tu as pu trouver ta voie. Parce que je pense que dans ton enfance, tu as eu des modèles aussi qui ont, je dirais, joué sur ta reconversion. Je ne sais pas, tu peux me contredire, mais c'est comme ça que moi, je perçois les choses. Tu as parlé d'une période sombre. Qu'est-ce qui est le plus dur à accepter quand on... sombre, est-ce que c'est une perte d'identité professionnelle ? Est-ce que c'est la perte de son travail ? Ou est-ce que c'est la peur du regard des autres face à ses difficultés ?
- Speaker #1
Je crois que c'est la perte de confiance en soi.
- Speaker #0
Je ne l'ai pas évoqué, mais oui.
- Speaker #1
Je crois que c'est ça. Et puis, oui, j'ai beaucoup hésité à créer la société parce que j'avais... peur d'échouer en fait. Et puis un jour, il y a le directeur, M. Ponce, il se reconnaîtra, le directeur du BGE à Albi, qui m'a appelé, qui m'a dit, mais votre dossier est en souffrance, là ça n'avance pas. Il vous faut faire quelque chose de beaucoup plus simple. J'ai commencé donc au BGE sous la forme d'une couveuse. Pas de société, ils mettent plein de choses à notre disposition. Un cube à test. Plein de choses à disposition qui sont d'habitude contraignantes pour nous faciliter le démarrage. Et ça m'a permis pendant un an et demi de tester mon activité sans avoir à créer de société, sans avoir à faire des démarches trop lourdes. Et puis grâce à lui, le test a été positif et du coup j'ai décidé de lâcher la couveuse pour monter ma petite entreprise.
- Speaker #0
D'accord. Donc après, tu t'es lancé et puis... Oui,
- Speaker #1
il y a quand même des démarches assez lourdes, surtout quand on veut entreprendre. Si peu qu'on ait des doutes quant à sa capacité technique en particulier. Bon, ben voilà, ça aide.
- Speaker #0
Oui. Et moi, je voudrais juste comprendre quelque chose, parce que c'est vrai que quand j'interview des personnes ou même les personnes que... que j'ai pu observer dans mon entourage, que ce soit professionnel ou dans ma sphère privée. Quand on est un petit peu comme ça entre deux, qu'on ne sait pas quoi faire parce qu'on a envie de changer, ou on sait des fois qu'on ne peut plus exercer le métier d'avant, il y a toujours une question qui reste, je dirais, dans l'esprit. C'est qu'est-ce que je vais devenir ? Est-ce que cette question, tu te l'es posée ? Je suppose que oui. Et si oui, est-ce que c'est une question qui t'a angoissée ?
- Speaker #1
Oui, je me suis posé la question, mais je n'ai pas eu d'angoisse, je ne crois pas.
- Speaker #0
Toi, tu es assez serein.
- Speaker #1
Je ne sais pas quoi te dire. La liberté pour moi, le fait d'entreprendre, c'est aussi un mode de liberté qui est assez moteur. Et puis, le fait d'entreprendre, on découvre aussi... Des choses nouvelles, très régulièrement. C'est très intéressant, c'est moteur. Et non, je n'ai pas été angoissé, non.
- Speaker #0
D'accord. Bon, après,
- Speaker #1
peut-être que si j'arrive à un âge, si tu veux...
- Speaker #0
Où tu es un peu plus détaché.
- Speaker #1
Un peu plus de recul, un peu moins de difficultés matérielles aussi. C'est important, quoi. Je n'ai plus d'enfant à charge. Ça aide, hein ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Ça fait du bien, je dirais. Ce n'est pas très élégant, mais ça fait du bien au portefeuille, même si on les aime. D'ailleurs, on va aborder les enfants. Je vais te poser une question qui est très bête et qu'on peut poser lors d'un entretien. Quand on fait un entretien d'embauche, on dit « Pourquoi vous et pas un autre ? » Pourquoi la coutellerie, pourquoi ce métier et pas un autre ? Même si on a évoqué ton enfance, mais pourquoi ce métier et pas un autre ? Si tu devais y répondre.
- Speaker #1
C'est très simple parce que d'abord, ça avait du sens. Ça me ramenait à mes racines, à mes grands-pères paysans. Ensuite, j'ai voulu faire un couteau régional. J'ai déposé le modèle et la marque.
- Speaker #0
Tu peux le dire, je crois qu'on ne l'a pas cité.
- Speaker #1
Il s'appelle le couteau Le Tarn. Moi, je suis très attaché au territoire qui m'a adopté il y a 40 ans maintenant. C'est une façon aussi de rendre hommage à tous ces beaux paysages, à tous ces bons produits qui poussent ici ou qui sont fabriqués ici. Je suis très sensible à ça. Et puis aussi et surtout, peut-être, ça permettait de travailler plusieurs matériaux, l'acier et le bois en particulier. Maintenant, il y a d'autres matériaux qui sont utilisés pour le manche. Il y en a plein en fait. Mais ça permettait d'avoir une grande variété de matériaux à travailler.
- Speaker #0
Ça a été dur de te faire connaître ou pas ?
- Speaker #1
Oui, c'est toujours très difficile. Je ne suis pas encore très connu.
- Speaker #0
Et moi qui te prenais pour une star parce qu'il est passé sur France Inter, France 3 Occitanie, c'était le JT.
- Speaker #1
Je suis en pleine campagne et ce n'est pas évident. Heureusement, maintenant, il y a les réseaux sociaux. Heureusement, il y a toi Magali. Les journalistes, c'est une histoire qui leur plaît. Donc, ça aide.
- Speaker #0
Ah, c'est Nadia. Ça aide à faire venir un peu de monde, à se faire connaître. Il y a le site internet aussi et les réseaux sociaux aujourd'hui. Oui,
- Speaker #1
ça aide. Mais les gens viennent te voir à l'atelier. Les gens viennent. Je pense que c'est important de le préciser parce que tu n'as pas, j'allais dire, opinion sur rue. Puisque, comme tu le dis si bien, tu es à la campagne, à la métérie neuve. Et tu es dans ton atelier. Et je trouve ça chouette que tu puisses recevoir les gens parce qu'ils viennent. s'immerger un petit peu de l'ambiance du couteau avec lequel ils vont couper ou offrir à leur famille.
- Speaker #0
Oui, je pense que les gens ont besoin de voir où est-ce qu'il est fabriqué, si c'est bien un travail artisanal. Je n'avais pas pensé ça du tout au début. J'ai mis le paquet sur le site internet. Le site internet, c'est quand même difficile. C'est un métier, le référencement naturel ou autre. Ça fonctionne, le site internet fonctionne. Mais ça ne permet pas de faire venir du monde, d'en vivre. Par contre, effectivement, il y a beaucoup de gens qui aiment bien, dans le cadre de leurs vacances ou un week-end, venir directement à l'atelier pour choisir, voir de leurs yeux et puis éventuellement passer des commandes, choisir les matériaux, les différents composants. Et c'est vrai qu'on voit mieux quand on vient à l'atelier.
- Speaker #1
C'est sympa. Moi, j'aime bien l'odeur du bois et la poussière. Oui, je fabrique plus de poussière que de couteau. Pour poser les micros, tout ça. Non, mais c'est sympa. Et justement, pour rester un petit peu sur ton entreprise, le nom est Vianel. Et c'est inspiré de tes prénoms de tes trois enfants. Déjà, petite question très marrante, je ne sais pas. C'était qui le plus terrible entre Vincent, Elisa et Antoine ? Vincent, Antoine et Elisa pour faire de Vianel. Ils ont tous du caractère.
- Speaker #0
Ils ont tous du caractère. Non, il n'y en a pas un, puisque les autres, ils sont tous différents. C'est une tasse. Non, non, ils ont tous du caractère. Vincent, Antoine et Elisa, ce qui m'a inspiré le nom Vianel.
- Speaker #1
Moi, je l'ai dit à l'envers. Au début, j'ai dit Vincent, Elisa et Antoine, mais c'est Vincent, Antoine et Elisa, puisque c'est par ordre, je dirais, d'arriver sur Terre, puisque c'est l'aîné, puis après les autres. Pourquoi il était important pour toi que ton entreprise porte, je dirais, une empreinte, enfin leur nom plus précisément. Est-ce que c'est un message pour leur transmettre quelque chose ?
- Speaker #0
Peut-être, oui. Il fallait un nom.
- Speaker #1
J'avais trois gamins. J'ai cherché,
- Speaker #0
j'ai cherché. J'ai trouvé que Via, ça vient du romain chemin. Voilà. Nelle, peut-être du grec, vers la lumière. C'est un peu tiré par les cheveux.
- Speaker #1
C'est très poétique. Je trouve que ce n'est pas anecdotique parce que je me dis quelque part, en appelant, en donnant le nom de ton entreprise par les premières lettres des prénoms de tes enfants, c'est pour ça que je te pose la question parce que j'ai trouvé qu'il y avait comme une espèce de transmission comme si toi, à leur tour, tu voulais transmettre ce que tes grands-pères... Et ton père t'avait eux-mêmes transmis de manière indirecte.
- Speaker #0
Évidemment, oui. C'est toujours une histoire de transmission en fait.
- Speaker #1
Tu es là pour transmettre peut-être que c'est ta mission sur Terre, je ne sais pas. Je pars un peu loin là.
- Speaker #0
Oui, j'aimerais bien, j'aimerais bien.
- Speaker #1
Et on arrive presque au terme de notre échange. J'avais une question à te poser par rapport à ton parcours. Quand tu vois ton parcours, qu'est-ce qui t'a appris sur toi ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que j'ai appris sur moi ? J'ai appris qu'il fallait mieux s'écouter. Il faut apprendre à se connaître, il faut s'écouter. C'est bien beau d'être costaud, d'avancer contre vents et marées, mais à un moment donné, avec les années, on n'a plus 25 ans. Et ça devient de plus en plus difficile. Donc, il faut s'écouter.
- Speaker #1
Tu ne l'as pas fait ça avant ? Tu ne t'es pas écouté ?
- Speaker #0
Non, non, non.
- Speaker #1
Pas assez,
- Speaker #0
peut-être.
- Speaker #1
Mais c'est marrant parce que, ce n'est pas le terme approprié, mais c'est un petit peu ce que j'avais interviewé une personne précédemment. Donc, Christophe Desproges qui, lui, avait expliqué qu'il avait fait un burn-out. Et lui, il n'a pas dit s'écouter, mais je pense qu'à un moment donné, effectivement, dans ce qu'il disait, dans ce qu'il racontait, il savait que tous les signes étaient là, devant ses yeux. Mais c'est comme si, aveuglément, il avait décidé de ne pas les regarder.
- Speaker #0
C'est ce qu'on appelle le déni.
- Speaker #1
Oui, voilà, tout simplement, sans faire de grandes phrases pampoises. Avant de conclure, Laurent, je sais que les personnes qui nous écoutent vont peut-être se retrouver dans ce que tu as vécu. Est-ce qu'aujourd'hui, si tu connaissais quelqu'un qui traversait une période sombre comme tu as traversé, Quel est le message que tu voudrais lui transmettre et qui, toi, t'aurait aidé ou qui t'a aidé ?
- Speaker #0
Il faut avoir espoir. Il faut toujours avoir espoir dans l'avenir. Je pense que c'est... Je ne sais pas quoi te répondre dans la Magalie. Je pense qu'il faut toujours garder espoir. Il ne faut jamais désespérer. C'est le pire qui puisse arriver en fait, de désespérer. Aujourd'hui, on a la chance en France d'avoir des gens qui accompagnent, mais il faut chercher, il faut s'interroger, il faut toujours se poser des questions, il faut aller à la rencontre. Dans le lot, on va toujours rencontrer une personne qui à un moment donné... va nous aider, va nous faire grandir, va nous sortir la tête de l'eau, va nous amener un petit espoir, un peu de lumière et va nous aider à avancer. Ça, c'est obligé.
- Speaker #1
C'est comme ça et pas autrement. Donc, il faut toujours garder espoir.
- Speaker #0
Il faut faire le tri. Il faut apprendre à faire le tri. Parce que c'est vrai que si on écoute tout le monde, on ne fait jamais rien.
- Speaker #1
Ah, ça, c'est important.
- Speaker #0
Eh oui.
- Speaker #1
Donc, faire le tri, mais surtout garder espoir. C'est ce que toi, tu as fait.
- Speaker #0
Pas faire le tri des gens. Non,
- Speaker #1
mais dans ce qu'on te dit.
- Speaker #0
Dans chaque personne, il y a toujours quelque chose d'intéressant. J'espère, je veux bien le croire. Mais dans tout ce qui peut être dit, là, il faut faire le tri. Oui, c'est ça. Il y a des gens qui vont être plutôt négatifs, vont dire mais non, mais ça ne va pas marcher. Pourquoi tu fais ça ? Mais tu es fou. C'est trop risqué. Mais il y aura toujours, à force de rencontres, la possibilité de trouver quelqu'un qui va tendre la main et qui va dire « moi, je peux vous aider » . C'est comme un pulse. Il va amener une pièce du pulse. Et plus une autre personne, plus une autre, etc. Et ça permet d'avancer. Et peut-être un jour de finir le pulse.
- Speaker #1
On va finir le pulse. Et toute dernière question, mais ça, c'est mon côté taquin. Laurent, la question à laquelle j'ai toujours botté en touche maintenant en plus parce que les années sont passées mais où tu te vois dans 5 ans ?
- Speaker #0
Dans 5 ans je me vois toujours à l'atelier peut-être j'aurai droit à la retraite si j'ai droit à la retraite je la prendrai mais je continuerai à aider mon épouse qui m'a rejoint dans mon activité parce que je ne peux pas rester sans rien faire L'avantage du métier artisanal, c'est qu'il y a toujours une part de création, il y a toujours une part de personnalisation. C'est-à-dire qu'on répare un couteau pour quelqu'un, un couteau qui a une valeur sentimentale, ou on fait une création pour un chef cuisinier, par exemple, qui veut un couteau très personnalisé. Quelqu'un va vouloir mettre un peu de tarn sur sa table. L'autre va vouloir quelque chose de beaucoup plus personnalisé. Auquel cas, c'est très intéressant de participer à ce genre de création.
- Speaker #1
C'est ma toute dernière question. Quel est le couteau que tu es en train de faire en ce moment et que tu nous conseillerais ? Si on est particulier, par exemple, et qu'on veut un beau couteau à notre table, est-ce que tu as un couteau ? Tu ne peux pas nous le montrer puisque mon podcast n'est pas vidéo. Mais est-ce que tu peux juste le décrire avec tes propres mots ?
- Speaker #0
Si j'ai un couteau à conseiller, c'est un couteau qui coupe bien.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. En gros, tu ne t'es pas foulé.
- Speaker #0
Non, mais ça fait la diff. T'assures que même moi, on a encore des couteaux qui ne coupent pas. C'est pénible. Un couteau qui coupe bien, c'est fabuleux. C'est un outil extraordinaire. Après, il y en a pour tous les budgets. J'ai des petits couteaux d'office, j'ai des couteaux de chef, j'ai des pliants, j'ai des couteaux de table, ça dépend un peu de ce qu'on veut faire, mais ça reste un outil, ça reste un outil du quotidien. Et on peut faire aussi avec un vieux couteau, à condition de bien le réaiguiser, bien le redonner vie, pour qu'il reprenne sa place dans la cuisine, tout simplement.
- Speaker #1
Merci Laurent. En tout cas, si vous êtes dans le coin, vous êtes Tarnay ou Haut-Garonne, ou Tarnay-Garonne, enfin, voilà, région Occitanie, pas très loin de Toulouse, enfin, on est entre Toulouse et Albi, venez nous voir. Ou sinon, ça sera sur le site internet pour qu'on puisse découvrir tes beaux couteaux.
- Speaker #0
Très bien, oui.
- Speaker #1
Ou Instagram.
- Speaker #0
Oui, mon épouse s'occupe des réseaux sociaux, Facebook et Instagram. Et puis le site internet www.letarn.fr.
- Speaker #1
Merci en tout cas Laurent pour le temps accordé. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci Magali.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
A bientôt.