- Alix Putavy
Si je frappe, chambre 14-10 ce soir, vers 9h, j'ouvrirai peut-être la porte. Ilya Rozanov sourit, je frapperai peut-être.
- Stéphanie Vincendeau
Bonjour à toutes et tous. Vous écoutez On vous livre, le podcast d'Editez-nous qui explore les mondes de l'édition et de l'écriture. Nous sommes Alix et Stéphanie, bienvenue dans ce nouvel épisode.
- Alix Putavy
Cet extrait très court et donc pour le moment très frustrant, il est extrait du livre Heated Rivalry , deuxième tome de la saga Game Changers de Rachel Reid. Si l'extrait est si court, c'est que pour le moment, le livre n'est pas encore paru en France. Il sortira en juin 2026 et pour en parler aujourd'hui, on a la chance de recevoir Julie Cartier des éditions Chatterley, maison qui publiera ce phénomène littéraire dans les prochaines semaines. Bonjour Julie. Bonjour.
- Stéphanie Vincendeau
Bonjour Julie. Merci beaucoup. Merci de nous rejoindre aujourd'hui. Pour discuter ensemble autour de ce phénomène de « It is a rivalry » , on est super heureuse de te recevoir, déjà à titre personnel, et en plus pour parler de ce livre, sachant qu'on est toutes assez fans ici. Dans l'équipe d'Editez-nous, c'est assez unanime. C'est assez unanime. Donc on va avoir, j'espère, une discussion très nourrie et très intéressante pour nos auditeurs et auditrices autour de ce phénomène. Et donc, pour entamer le débat, surtout, on aimerait que tu te présentes et que tu racontes un petit peu qui tu es. Voilà, c'est quand tu veux. Vas-y.
- Julie Cartier
Alors, je suis Julie Cartier, je dirige les éditions Chatterley, mais aussi New Rules, qui est une autre maison de romance, et les éditions Fleuve, qui fait du polar essentiellement. J'ai créé les éditions Chatterley en octobre. 2023, c'est une maison qui fait 100% de la romance, mais tous les genres de romance, qui a plus d'autrices étrangères que d'autrices françaises pour l'instant, sachant que New Rules accueille les autrices françaises plus particulièrement. Voilà.
- Alix Putavy
Merci beaucoup. Et donc, on est là aujourd'hui pour parler de Heated Rivalry, dont vous avez sûrement entendu parler, si vous nous écoutez, par série. Mais on peut peut-être... revenir en quelques moments sur ce que c'est ce livre,
- Julie Cartier
ce phénomène,
- Alix Putavy
de quoi ça parle ?
- Julie Cartier
Ce n'est pas un livre, c'est six livres. C'est série qui s'appelle Game Changers, dont le premier tome s'appelle Game Changer, qui est du coup un peu confusant. Ça parle de hockey, un petit peu, mais beaucoup de relations, en l'occurrence, homosexuelles, soit entre des joueurs de hockey, soit entre un joueur de hockey. et une autre personne. Ça parle de la société d'aujourd'hui, ça parle de l'expression de ses sentiments, d'accepter qui on est et d'être ou pas accepté par son entourage. Ce sont des romances très spicy, comme on dit, mais c'est aussi des romances hyper émotionnelles. Le réalisateur de série disait souvent ça. On vient pour le sexe, mais on reste pour l'histoire d'amour. C'est exactement ça.
- Alix Putavy
D'ailleurs, dans le livre, sans vous spoiler si vous ne l'avez pas lu, mais il y a une vraie bascule quand même entre le début, qui est assez justement concentré sur la partie spicy, et qui évolue un peu plus vers justement l'émotion, les sentiments, et pas qu'il laisse de côté. Vous continuerez à lire des scènes de sexe tout au long du livre, soyez rassurés, mais on sent une évolution quand même dans la trame.
- Julie Cartier
Dans Heated Rivalry, qui est le deuxième tome de série, c'est comme ça que leur relation commence. C'est par le sexe. Ce qui n'est pas le cas forcément des autres épisodes. Parfois, ça commence par les sentiments tout de suite. Et le sexe vient après.
- Alix Putavy
Justement, c'est ce qu'on peut dire aussi. La saga Game Changer, c'est six tomes, mais qui ne sont pas nécessairement chronologiques. C'est-à-dire que c'est possible d'en lire, par exemple... Moi, j'ai lu que, pour l'instant, Heated Rivalry. Je n'ai pas lu Game Changer, qui est techniquement le premier de la saga.
- Julie Cartier
Et en fait, c'est que c'est un peu des histoires parallèles. Oui, alors ce sont toutes des histoires parallèles. Et chaque tome a une histoire complète. Néanmoins, à part Heated Rivalry, puisqu'on retrouve les personnages dans The Long Game, donc dans le sixième, et donc on voit encore l'évolution de leur relation plus tard. Mais néanmoins, si on les lit dans l'ordre, on a quand même un petit bonus.
- Stéphanie Vincendeau
parce que par exemple il y a vraiment une évolution croisée malgré tout on a des nouvelles des personnages d'un d'un
- Julie Cartier
qu'on ne voit pas si on ne les a pas lus, effectivement. Mais si on les a lus, on retrouve des personnages d'un tome à l'autre. Et surtout, moi, je conseille quand même de lire Game Changer avant de lire Heated Rivalry, parce que l'histoire de Scott Hunter et Kip, du premier épisode, a une énorme importance dans l'histoire d'Ilya et Shane.
- Stéphanie Vincendeau
Tout à fait.
- Alix Putavy
Mais c'est... Évidemment, mieux vaut lire toute la saga, mais si jamais vous ne lisez que un des tomes de la saga, vous ne serez pas... complètement perdu.
- Stéphanie Vincendeau
Parce que c'est concentré sur l'histoire quand même, la relation, l'histoire d'un couple. Donc c'est plutôt bien de pouvoir avoir ces deux possibilités. Mais maintenant qu'on en sait un peu plus, quelle est un peu l'origine de la publication de cette saga chez toi, chez Éditions Chatterley ? Puisque ça s'est fait en amont de la sortie, bien en amont, puisque la série sortie en France Le 6 février. Oui, le 6 février.
- Julie Cartier
Alors, bien en amont, pas tant que ça. En fait, j'ai un Instagram qui ne ressemble pas du tout à un Instagram d'une personne de mon âge, mais plutôt d'une jeune fille de moins de 20 ans. Et un week-end, en décembre, je vois arriver des images de Shane et Ilia. Et je me dis, tiens, c'est bizarre, un truc de hockey. Tiens, c'est série télé. Et donc, je fouille un peu et je me rends compte qu'il y a des livres. Donc ça, c'était dimanche.
- Alix Putavy
Parce que les livres ont commencé à sortir. Les livres Outre-Atlantique en 2018 et 2019 pour Heated Rivalry.
- Julie Cartier
Exactement. Et donc, je me dis, tiens, il y a des livres. Et je ne sais pas pourquoi, le lundi matin, je vais demander à... Pauline, qui est une agente à qui j'ai déjà acheté des romances, mais je ne savais pas qui était l'agente. Donc, je lui dis à 8h du mat, « Bonjour Pauline, est-ce que par hasard, c'est toi qui as les droits ? » Elle me dit « Ah, mais c'est dingue, j'allais envoyer aujourd'hui un mail à tout le monde pour dire que les droits étaient disponibles. » J'ai dit « Alors, t'envoies rien à personne, je t'envoie l'offre tout de suite. » Et j'ai fait une offre de ce qu'on appelle de préempt sur toute la saga, plus deux autres livres de Rachel Reid qui sont pas de la saga, mais qui sont aussi des romances de hockey, aussi homosexuelles.
- Alix Putavy
Mais du coup, tu as fait la première offre sans avoir lu les livres, parce que tu as senti qu'il y avait une simulation autour de tout ça ?
- Julie Cartier
J'étais allée chercher, j'avais lu le premier. J'ai réussi à lire le premier. Et donc, j'ai fait, ce qui est pour moi une très grosse offre. Et à ce moment-là, en fait, série était que sur Crave au Canada. Et donc, elle a transmis mon offre aux propriétaires qui l'ont acceptée. Ensuite, on a fait un très gros plan marketing aussi pour accompagner. Là, on a eu deux jours de plus pour le faire. Et puis, la semaine d'après, HBO a annoncé qu'ils reprenaient la série qu'ils la diffusaient dans le monde entier. Et donc là, c'est devenu d'un coup énorme. Parce que je pensais être un bon coup pour série chouette, et devenu un coup magistral. Et ensuite, on a fini de tout dealer avant Noël. Ce qui est plutôt bien. Ensuite, ils ont annoncé qu'ils diffusaient le 6 février. Et en fait, moi j'ai la main, c'est un peu... taux, parce que nous, on ne sera jamais prêts traduction pour le lire en même temps que série. Bon, voilà. On sort le premier tome le 28 mai, le deuxième le 18 juin. On le fait au plus vite.
- Stéphanie Vincendeau
Bien sûr, parce qu'effectivement, ça montre aussi que certes, c'est bien d'acheter les droits, mais qu'après, il y a tout un travail, justement, traduction, de couverturage, et puis tout simplement d'orchestration. de la mise en vente par rapport au phénomène. Oui, ça ne se fait pas en un cas. Là,
- Julie Cartier
on a tout fait en crash. Et normalement, on a au moins un an, voire 18 mois entre le moment où on achète les droits et le moment où on publie. Et là, on va avoir cinq mois.
- Stéphanie Vincendeau
Est-ce que tu savais tout de suite quelle traductrice tu allais prendre ?
- Julie Cartier
Alors, non. En fait, on a pris deux traducteurs. pour aller plus vite. Mais aussi, au Québec, la série devenue un trésor national. Et donc, on voulait que traduction soit aussi lisible par les Québécois qui ne parlent pas le même français que nous, définitivement. J'avais une idée de la traductrice française. Il se trouve que son fils fait du hockey en plus, mais ça c'était un peu le hasard. Donc on a choisi Eleonore Kempler. Et de l'autre côté, c'est Pascal Raux, qui est un Français qui vit au Québec depuis plus de 20 ans, qui traduit aussi. Mais on est encore dans le processus traduction, parce que chacun traduit un tome. Et ensuite, ils échangent leurs traduction et ils les regardent.
- Stéphanie Vincendeau
Oui, bien sûr.
- Julie Cartier
Sauf que le québécois et le français sont très différents. Oui,
- Stéphanie Vincendeau
c'est clair.
- Julie Cartier
Par exemple, pour dire un palais, les québécois disent une rondelle. En français, la rondelle, ce n'est pas tout à fait que le palais.
- Stéphanie Vincendeau
Non, et puis surtout, en l'occurrence...
- Julie Cartier
Dans un truc où il y a beaucoup de scènes de sexe. En plus, ça peut porter à quoi ? Et une crosse. c'est un bâton. Donc, je te mets mon bâton sur la rondelle. Tout ça. Bon, voilà. Ça portait un peu à confusion. Et de l'autre côté, crosse, en québécois, c'est un truc hyper vulgaire.
- Alix Putavy
Ah oui,
- Julie Cartier
je crois que... Oui. Et donc, c'est pas possible d'utiliser crosse. Donc, voilà, on travaille encore et on se rend vraiment compte que c'est pas la même langue. Et notamment...
- Stéphanie Vincendeau
Enfin, pas traduit, mais acheté des livres en Québec, plutôt des comédies, etc. Et... pour le marché français. C'est clair qu'il y a un gros travail d'adaptation, finalement. Pas traduction, mais d'adaptation, parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de vocabulaire différent.
- Alix Putavy
C'est hyper intéressant comme réflexion. C'est-à-dire qu'effectivement, en plus, au-delà de traduction, il y a aussi le contexte qu'il y a à prendre en compte. Et donc, on est dans un contexte de romance quand même érotique. Ultra érotique. Ultra érotique. Et donc, pour éviter qu'il y ait des sous-entendus là où l'autrice n'aurait pas voulu en mettre, C'est important de faire attention.
- Julie Cartier
Et puis, il faut de l'autre côté que les scènes érotiques, ça ne nous change pas et que ça ne devienne pas un peu drôle parce que ce n'est pas le bon mot qui est utilisé, alors que c'est dans un moment intense.
- Alix Putavy
Et d'ailleurs, est-ce que aussi série, parce que vous aurez peut-être des lecteurs qui ont commencé d'abord par regarder série, est-ce que le fait que saga été porté à l'écran, saga un impact aussi sur votre façon de traduire le texte ?
- Julie Cartier
Pas sur traduction. On veut rester fidèles au texte de Rachel Reid, qui est... Série, elle n'a que six épisodes, donc elle est très ramassée. Les livres, moi, je trouve, développent encore plus les personnages.
- Alix Putavy
Parce que le livre se passe en plus sur très longtemps, sur une dizaine d'années.
- Julie Cartier
Série aussi, mais donc c'est des tout petits été 2014, 2015, ça passe vite. Mais du coup, on reste fidèles. Saga posé des questions... Pas sur traduction du tout. En revanche, sur les couvertures. Oui,
- Stéphanie Vincendeau
la commercialisation, bien sûr.
- Julie Cartier
Parce que, par exemple, les couvertures anglo-saxonnes, nous, nous paraissaient presque enfantine, en fait, avec ces illustrations. Donc, on ne voulait pas les reprendre. On ne voulait pas demander... Enfin, on ne voulait pas avoir non plus l'affiche de série parce que tous les livres ne sont pas adaptés. Donc, voilà, on voulait une cohérence. Et en même temps, leurs visages, maintenant, sont tellement associés aux acteurs qu'on ne voulait pas les représenter non plus. Donc, on a décidé d'une prise de vue de haut. On les voit de haut. Donc, on ne voit pas leurs visages. C'est la même scène que sur la couverture anglo-saxonne où ils sont en train... Oui, c'est la mise en jeu. Mais sur Game Changer, ce n'est pas tout à fait la même scène. On voit Kip habillé en civil, avec son tablier et tout, et Scott en face dans son uniforme. Mais par exemple, l'uniforme de Scott dans les livres n'a pas la même couleur que l'uniforme de Scott dans série. Donc on est encore en train de discuter avec l'autrice, qu'est-ce qu'elle veut, qu'est-ce qu'on met en avant série.
- Alix Putavy
Et c'est ça aussi qui doit être vraiment différent dans le travail justement d'adaptation, c'est que Il y a cette série a un gigantesque impact en ce moment sur la pop culture, du coup dans le monde entier, parce qu'on voit que depuis que c'est arrivé en France, c'est très aussi présent en France. Et donc forcément, ça questionne aussi votre manière de travailler, parce qu'il y a des attentes peut-être encore plus importantes des lecteurs, des fans de la série potentiellement de futurs lecteurs.
- Julie Cartier
il y a une grosse pression et il y a des punchlines qui sont maintenant mythiques. I'm coming to the cottage. Les gens se font...
- Stéphanie Vincendeau
Je voyais sur les réseaux les personnes qui se font... Alors, est-ce qu'ils se font vraiment tatouer ? Mais en tout cas, des gens qui se font tatouer des échanges, des dialogues entiers, notamment un peu clés comme... En tout cas, cette phrase,
- Alix Putavy
quand on s'est retrouvés mardi ou mercredi au travail, moi, je venais de finir le livre et une partie de l'équipe venait de voir l'épisode. Et c'est tout de suite la première chose qu'on s'est dit. La scène « I'm coming to the cottage » .
- Julie Cartier
Voilà, le petit extrait que vous avez lu au début. Il y en a plein. Il faut faire attention à bien les traduire pour qu'en français, ils retrouvent ce qu'ils ont entendu.
- Alix Putavy
Que ça reste impactant en français.
- Julie Cartier
Après, par exemple, moi, je n'ai pas voulu regarder la série français ni avec les sous-titres français. Pour ne pas être influencés par ça,
- Alix Putavy
par leur manière de traduire.
- Julie Cartier
Pour faire une traduction littéraire et ne pas plaquer ce qui a déjà été fait. Oui, il y a beaucoup de... d'attente. Après, c'est tellement réjouissant. C'était hyper drôle parce qu'un soir, on voit le maire de New York qui dit aux gens pendant la tempête de neige d'aller emprunter la bibliothèque. Je crois que leur demande de carte de bibliothèque a augmenté de 8000% ce week-end-là pour pouvoir l'emprunter ou l'écouter. Après, ils ont porté la flamme olympique.
- Stéphanie Vincendeau
On est passé dans une autre dimension. D'ailleurs, l'orchestration, je viens plus dans un côté plus pragmatique, mais quand on est face à un tel phénomène, que ce soit en termes de volume, mais aussi d'impact, mais on en reparlera sur les valeurs, sur ce que ça porte, comment on orchestre au sein d'une maison la commercialisation des titres au-delà de Merci. tout ce travail préparatoire que sont les couvertures. On voit bien que chaque chose, de toute façon qui sont des étapes à franchir quand on publie un livre, elles deviennent d'autant plus importantes quand on porte ce genre de phénomène. Donc, comment ça se passe ? Parce que c'est proche, on le sait. Oui,
- Julie Cartier
c'est proche. Merci. Déjà, j'ai été interviewée par des gens qui, jamais de la vie, ne s'intéressent à la romance. J'ai eu une interview dans le Nouvel Hockey, dans le Figaro, dans les Echos. Des trucs sur le phénomène. Pas tellement sur le contenu, mais sur le phénomène mondial. Je ne sais pas si c'est sur BFM. Pour l'instant, à part les fans qui ont vu série, le reste du monde... ne s'intéressent pas beaucoup à ce qu'il y a dans ces On vous livre. Donc, quand on l'a présenté par exemple à nos représentants pour définir... Pour que ça aille le vendre aux libraires, on leur a montré les vidéos du maire de New York, justement, de la flamme olympique, de donner tous les articles qui étaient déjà sortis dans tous les journaux du monde et tout ça. Ils n'avaient aucune idée, vraiment, ils n'avaient aucune idée de ce que c'était. Donc, ils nous ont commencé à nous remonter des chiffres, certes bons, parce qu'ils voyaient bien que nous, on était très enthousiastes, mais pas énormes. Et puis là, plus ça avance, la série arrivée et tout ça, et là, ils disent,
- Stéphanie Vincendeau
mais tous les libraires,
- Julie Cartier
ils nous demandent. En fait, c'est les libraires qui prévoient qu'il y en faudra plus.
- Stéphanie Vincendeau
Qui prévoient que la vague va être énorme.
- Julie Cartier
Et on a eu, en fait, le premier indice que ça allait être énorme, Merci. et on l'a communiqué au Reprès français, c'était le Canada. Parce que le Canada, ils nous prennent des quantités. Moi, je n'ai jamais vu pour un livre, ça fait 35 ans que je fais de l'édition, à priori, au Canada, le tirage va être de 22 000 exemplaires. Pour un petit pays francophone, c'est énorme. Mouah ! Donc là, on ne sait encore pas à combien on va le tirer.
- Stéphanie Vincendeau
Oui, il y a encore une part d'incertitude.
- Julie Cartier
Les choses peuvent tellement évoluer encore dans les prochaines semaines. Oui,
- Stéphanie Vincendeau
on sait quand même le côté un peu ventilé des choses aujourd'hui, la rapidité avec laquelle les choses vont et sont remplacées les unes après les autres. Moi,
- Alix Putavy
j'ai un peu peur d'écouter quelques mois entre les deux.
- Stéphanie Vincendeau
Oui, c'est ça. Et puis, comme on le disait aussi, c'est effectivement les deux acteurs incarnent tellement... la série la place que ça prend aujourd'hui. Quel va être le report sur le livre ? Moi, sincèrement, je pense que ça va être énorme.
- Alix Putavy
Quand vous avez fait la cover reveal sur vos réseaux sociaux, il y a eu des dizaines de milliers de likes et de commentaires qui disaient qu'ils avaient trop hâte, que c'était super.
- Julie Cartier
On a eu des super réactions quand on a montré les couvertures. Le réalisateur a liké nos couvertures. Trop bien. Voilà. Rachel Reid a tout de suite cross-posté tous les trucs qu'elle a approuvés. Elle a trouvé ça super. On a des éditeurs étrangers qui nous ont demandé vos couvertures. On est hyper contents de ça.
- Alix Putavy
C'est vrai qu'en tout cas, celle du liti Heated Rivalry que j'ai en tête, elle est vraiment très chouette.
- Julie Cartier
Et donc, quand on va faire une pile tous les dos des livres, donc la tranche, la quatrième de couverture, ça va faire une mauvaise flag. Ah, super !
- Stéphanie Vincendeau
C'est très bien. C'est top. Si on peut revenir justement, là on parle beaucoup du phénomène, des circonstances, etc. Mais on peut peut-être passer justement à... pourquoi ça devient un tel phénomène mais au-delà de ça surtout pourquoi nous à titre personnel parce qu'effectivement je ne suis pas forcément la cible de ce genre de texte j'en ai lu bien sûr les romances j'en ai lu énormément puisque j'ai travaillé un petit paquet de temps chez Gélu qui est un éditeur de romances mais au-delà de ça, pourquoi on aime tant cette série... et ce texte, en tout cas pour moi, c'est parce qu'avant tout, c'est une fantastique histoire d'amour. Vraiment, c'est la rencontre entre deux personnages et c'est suffisamment bien fait pour qu'on se projette à fond dans ce qu'ils peuvent vivre et on a un attachement assez dingue à ce qui leur arrive.
- Julie Cartier
Oui, c'est une histoire d'amour. Alors, ce qui est... étonnant. Donc, c'est une histoire gay. Pour autant, à la fois le public qui regarde la série les lectrices... Donc, nous, quand on a acheté série, elle en avait déjà quand même vendu à peu près 650 000 en anglais, ce qui n'était pas rien. Mais un mois après qu'on l'ait achetée, elle avait dépassé les 2 millions. Mais d'ailleurs, il était...
- Alix Putavy
difficilement achetables en
- Julie Cartier
France. Ils étaient en rupture même là-bas. Il était difficilement achetable partout.
- Alix Putavy
C'était difficile de se le procurer en anglais.
- Stéphanie Vincendeau
On a bien clairé.
- Alix Putavy
En revente sur le fond, les livres étaient à 50,
- Julie Cartier
60 euros. C'était un peu n'importe quoi. Ce qui nous plaît à l'intérieur de ces livres, c'est des femmes en fait, en grande partie. Il y a aussi un peu de la communauté Merci. queer qui lit ces textes, mais la grande majorité des lectrices sont des lectrices hétérosexuelles, ce qui peut paraître un peu étonnant, mais c'est une fantastique histoire d'amour, déjà, entre deux personnes. C'est toute la difficulté de ne pas être dans la norme de l'environnement dans lequel on évolue. Là, en l'occurrence, le sport de haut niveau, hypermatchiste... Ils projettent des choses sur les joueurs qu'ils ne vivent visiblement pas, en tout cas pas ceux-là. Et comment à la fois s'accepter soi, accepter ou pas de vivre sa différence au grand jour. Il y a aussi toute la question de, parce qu'on est gay, est-ce qu'on doit faire un coming out ? Est-ce qu'on doit le faire de façon spectaculaire ou pas ? Toutes ces questions-là qui sont à la fois très intimes et en même temps très universelles. sont posées. Il y a effectivement tout le déracinement dans dans le tome autour de Shane et Ilya, il y a aussi tout le déracinement d'Ilya qui est russe, qui est seule aux Etats-Unis, à part sa copine, mais qui a sa famille qui est encore en Russie, qui a une famille ultra-matchiste, ultra-conservatrice, qui ne... On ne peut pas être gay en Russie, parce qu'aujourd'hui on ne peut pas afficher le fait d'être gay en Russie sans représailles, qui est aussi abordée là, la question de la nationalité, il y a toute cette pression de l'environnement, c'est le sport de haut niveau donc c'est beaucoup de pression, mais ça peut être... transposée dans n'importe quel milieu professionnel. La pression de l'environnement...
- Alix Putavy
Le côté sacrifier sa carrière ou sacrifier sa vie personnelle, ça peut transcender le rapport du sport.
- Julie Cartier
Exactement. Il y a aussi tout l'environnement proche de ces gens, à la fois dans le premier épisode, par exemple, les parents de Kip et les parents de Shane, qui sont hyper soutenants. Donc ça, je pense que c'est aussi une espèce de fantasme qu'on a d'avoir un entourage... Tous les personnages de femmes aussi dans ces romans sont hyper soutenantes. Par exemple, Shane, finalement, c'est Rose qui lui permet de dire qu'il est homosexuel. Et elle le fait de façon hyper bienveillante.
- Stéphanie Vincendeau
Oui, hyper bienveillante.
- Julie Cartier
Exactement. Après, je pense que ça plaît aussi beaucoup aux femmes parce que ça leur donne à voir une masculinité absolument non toxique. de deux hommes qui expriment leurs sentiments et leurs émotions. Et qui évoluent. Oui, qui évoluent. Quand une femme hétérosexuelle lit ou regarde quelque chose où il y a un couple hétérosexuel... Je pense que naturellement, elle va se projeter dans la femme et donc va se retrouver assignée au rôle de celle qui doit faire en sorte que le garçon qui ne peut pas exprimer ses émotions s'ouvre un peu. Là, elle n'a pas à faire ça. Elle peut choisir de se projeter dans l'un ou l'autre à des moments différents de l'histoire, de façon hyper saine. Et puis, l'autre chose qui est... Moi, je trouve hyper importante dans ces livres, c'est le consentement sexy, c'est-à-dire le consentement, il est verbalisé très franchement, il est verbalisé avant, pendant et après. Et c'est rare.
- Stéphanie Vincendeau
Oui, tout à fait.
- Julie Cartier
Et ça reste hyper érotique. Et donc, je trouve que c'est une bonne façon pour les jeunes aussi de demander à son partenaire s'il est toujours OK. ça se passe bien, ça n'arrête rien.
- Alix Putavy
Et justement, c'était une volonté aussi, est-ce que saga fait partie des raisons pour lesquelles tu le publies, justement, cette part de romance, mais qui a quand même un engagement, l'engagement contre, évidemment, l'homophobie, mais aussi le machisme. Il y a aussi quand même un des personnages qui est russe, avec tout le contexte politique et social de ce pays.
- Julie Cartier
Oui, oui. En fait... La romance, c'est un peu comme le polar en ça, c'est-à-dire qu'on a un contrat de lecture de base qui est qu'on va lire une histoire d'amour. Et donc, dans le polar, On vous livre une enquête ou une histoire de meurtre. Et ça permet d'aborder plein d'autres sujets de façon, pour autant, qui ne donne pas de leçons, qui juste aborde les sujets de la société. Et je trouve que série de Rachel Reid, elle est absolument parfaite pour ça. elle aborde tous ces sujets et en même temps les deux protagonistes il y a beaucoup d'histoires gays, c'est pas la première loin de là, et d'histoires d'amour gays mais c'est souvent dans le drame dans la douleur la vie est difficile pour eux et elle est difficile mais là ils ont des difficultés mais ils sont assez solaires et
- Stéphanie Vincendeau
puis en plus ce cadre de romance qui obéit lui-même à des codes où justement les choses doivent être bienveillantes Merci. Il y a une progression plutôt positive, etc. Moi, je trouve que ça sert très bien là, effectivement. Et d'ailleurs, saga été beaucoup repris dans la presse, etc. Parce que ça offre la possibilité à être que dans les émotions, que dans l'évolution de ces émotions et dans l'histoire, en fait. Et donc, du coup, évidemment, il y a tout ce qu'il y a à côté. Et ça interroge et ça fait avancer les choses. Mais malgré tout, le plus important là, c'est vraiment l'évolution des deux personnages, leur histoire d'amour et comment ils vont réussir. malgré, envers et contre tout, finalement, à assumer leur histoire.
- Julie Cartier
Mais là où Rachel Reid, je trouve, a été hyper forte, c'est que toutes les questions annexes, par exemple...
- Alix Putavy
Dans le premier, Scott a perdu ses parents et le hockey l'a sauvé. Toutes ces choses de culpabilité, de répondre aux attentes qu'on a de soi, d'être reconnaissant de ce qu'on vous donne ou pas, de comment sont vos parents, de tout ça, l'histoire de Shane. Il n'a plus de passeport. S'il n'a plus d'équipe, il n'a plus de passeport. Il ne peut pas rester là. Il doit rentrer chez lui. Tous les immigrés peuvent se retrouver aussi dans cette histoire, quelque part. C'est que tous les sujets qu'elle aborde sont des sujets de société ultra contemporain. Et elle les traite avec beaucoup, beaucoup de finesse, en fait. Oui, c'est... Et... Oui.
- Stéphanie Vincendeau
C'est vrai qu'elle ne se sert pas de ces sujets pour tomber dans un pathos. extrêmes,
- Julie Cartier
mais en même temps,
- Stéphanie Vincendeau
elles ne les oublient pas. C'est là, quand même, malgré tout, et ça leur apporte de la difficulté, ça leur apporte des déchirures, ou en tout cas des projections de déchirures et de douleurs, mais sans en faire un livre purement sur la douleur.
- Alix Putavy
Non, pas du tout, et ça ajoute juste de l'épaisseur à ces personnages, et du réalisme.
- Julie Cartier
Et de l'empathie de la part des lecteurs, qui peuvent découvrir ces histoires. Et une projection. Parce qu'il y a aussi, je trouve, beaucoup de place à l'évolution, justement, des personnages et du chemin qu'on prend avec soi, mais aussi avec les autres. Et c'est aussi quelque chose qu'on traverse tous dans la vie et qu'on aimerait pouvoir avoir la chance de croiser ou de pouvoir évoluer aussi sereinement. C'est une façon de parler. Mais en tout cas, ça fait finalement beaucoup de bien aussi d'être plongée dans cet univers. Parce que là où nous, on a pu souffrir pour rien ou avoir des difficultés pour rien, là, il y a vraiment quelque chose qui fait que c'est assez gratifiant. On voit des missions heureuses, des gens soutenants, etc. Et du coup, c'est très agréable.
- Alix Putavy
Et puis, Rachel Reid a aussi représenté... l'homosexualité de façon très diverse dans cette série, puisque les personnages sont très variés d'un tome à l'autre. Et elle ne les enferme pas non plus dans un stéréotype. Donc dans Hit It Right, effectivement, c'est deux sportifs au corps magnifique. Et ce n'est pas tout le temps le cas dans les autres.
- Stéphanie Vincendeau
Mais même en tant que personnalité, ils ont deux personnalités très différentes. Shane et Elia sont presque des opposés. Oui, oui. Peut-être qu'ils ont la plastique un peu identique, mais leurs personnalités sont très différentes. Et c'est donc aussi des représentations de personnages très différentes. Oui,
- Alix Putavy
mais je voulais dire même en termes de plastique, elle n'est pas restée dans un stéréotype du beau garçon musclé et fort.
- Stéphanie Vincendeau
Mais ce qui est aussi très chouette dans le livre, justement, et qui donne son intérêt pour des lecteurs queers ou non queers, queer, justement, c'est qu'on voit aussi que les personnages s'en sortent par eux, parce qu'ils évoluent, etc. Mais comme on disait, par leur entourage et par des actions positives de personnes autour d'eux. Et ça montre, même si on ne devrait pas avoir à le redire, mais ça montre que quand on fait des actions positives, saga un impact sur la vie des autres et ça peut les aider à mieux vivre leur situation. On a parlé de l'autre coming out qu'il y a dans dans le hockey, mais aussi Rose, qui n'est pas une personne queer, mais qui les aide aussi à avancer. Et donc, c'est là aussi que peut se faire l'identification. On n'est pas forcément dans une histoire homosexuelle soi-même, mais on voit qu'on peut avoir un impact sur n'importe qui en ayant la bonne attitude.
- Alix Putavy
Exactement. Et toutes les réactions ont un impact sur les vies des gens. C'est sûr.
- Stéphanie Vincendeau
On peut faire le bien autour de soi. On doit faire le bien autour de soi.
- Alix Putavy
Mais oui, on a choisi... Pour revenir à la question de l'héberge, on a choisi aussi de publier série de Rachel Reid parce qu'elle abordait aussi tout ça et qu'elle était extrêmement bienveillante. Et que chez Éditions Chatterley, c'est un peu ce qu'on essaye de montrer aussi, qu'il n'y a pas un modèle. de couple, de vie. Et que si tout ça est fait dans un environnement bienveillant, si les livres série dans un environnement bienveillant, on peut aborder tous les sujets.
- Stéphanie Vincendeau
Et est-ce que pour toi, c'est un texte qui peut marquer à la fois son genre et son époque ?
- Alix Putavy
Alors, son époque certainement. C'est déjà le cas et je pense que ça va rester parce que ça va être un moment charnière aussi. Les acteurs disaient qu'il y avait aussi des sportifs qui les contactaient pour leur dire que c'était leur vie qu'ils étaient en train de vivre ça.
- Stéphanie Vincendeau
Il y a eu des coming out dans la vraie vie de joueur.
- Alix Putavy
Alors, pas de hockey pour l'instant, mais d'autres sports. Le seul qui a fait un coming out dans le hockey, il est retraité en fait. C'est déjà bien. C'est déjà pas mal. Mais oui, on peut espérer que ça permette en tout cas des coming out plus libres, plus faciles, et surtout une acceptation après le coming out. Une chose est de dire et l'autre chose est après de pouvoir continuer à exercer son métier dans le sport. J'espère que ça ira un peu au-delà du sport aussi. Quand on voit la réaction de... de la médaille d'or de l'équipe masculine de hockey par rapport à l'équipe féminine de hockey, on se dit qu'il y a encore un peu de travail à faire. Donc oui, l'époque, je pense que ça la marquera. Et le genre, quelque part aussi. Série, certainement, pour plein de raisons. D'abord, comment elle est filmée, elle est disséquée absolument de sa BO à chaque point. parce que tout est signifiant dans cette série aussi parce que c'est série qu'ils ont fait avec un tout petit budget et qui est juste incroyable et les livres ils marquent le genre je trouve de par leur contenu mais aussi par exemple toutes les scènes de sexe sont à la fois effectivement très explicites, très érotiques Mais je pense qu'elles sont très réalistes et qu'elles démystifient un peu ce que peut être une relation sexuelle entre deux hommes. Et je pense que ça fait du bien aussi à toute la société de voir. Et ça fait une chose aussi que je trouve très importante, qui est de dire qu'on peut avoir du sexe avec quelqu'un sans pénétration. Parce que plein de fois, ils se retrouvent... C'est des scènes de sexe et pour autant il n'y a pas de pénétration, y compris pour les filles. Je trouve que c'est un message qui est assez bien.
- Stéphanie Vincendeau
Il n'y a pas de jugement sur quel est leur type de sexualité. Tant que c'est fait dans le consentement.
- Alix Putavy
Et là le consentement est très clair.
- Stéphanie Vincendeau
Ce sont des scènes qui sont difficiles à écrire. On le voit... dans les manuscrits qu'on reçoit ou même dans les livres qui peuvent exister. Ça tombe très vite dans un peu le cringe ou la volonté de montrer des choses, alors qu'une scène de sexe, on comprend assez vite où est-ce qu'on vient. Et justement, ce qui est plutôt chouette dans le livre, c'est qu'elle est restée malgré tout très simple dans sa manière de les décrire. C'est assez factuel, ce qui se passe. et pourtant... on comprend parce qu'elle met des mots justes et elle ne cherche pas à rentrer dans des métaphores, dans des figures de style, pas dans quelque chose qui nous sortirait ou qui essaierait de nous prouver des choses. Elle nous montre les situations et c'est en nous les montrant qu'on les comprend. Oui, elles sont très factuelles.
- Alix Putavy
L'anglais est très factuel. De toute façon, il est très direct. Et on peut... pas traduire... Le français n'est pas aussi direct, notamment dans les scènes de... enfin encore plus dans tous les série. Si on traduit mot à mot, c'est porno et on perd tout l'érotisme du truc. Alors qu'en anglais, c'est pas le cas. Et donc en français, on utilise plus de mots pour décrire et il y a un peu plus de métaphores, un peu plus de choses.
- Stéphanie Vincendeau
Tant que ça répond aux intentions initiales de l'autrice... C'est le principe de traduction,
- Alix Putavy
on trahit sans trahir. Mais là,
- Stéphanie Vincendeau
on adapte.
- Alix Putavy
Il y a une forme d'adaptation au public français. Ils utilisent coq et dic tout le temps. Si on met bite et queue tout le temps, il y a un moment donné, c'est plus érotique.
- Julie Cartier
Nous,
- Alix Putavy
ça ne nous donne pas envie. Alors que c'est le même mot. Donc, on utilise d'autres mots peut-être un peu plus soutenus. un peu moins imagés, parfois, pour dire la même chose. Et il y a une autre chose, c'est que l'anglais supporte absolument la répétition. Et donc, il va y avoir dix coups. Trois fois, en trois phrases, ça ne pose aucun problème dans l'anglais. Le français ne supporte pas la répétition,
- Stéphanie Vincendeau
donc il va falloir trouver des synonymes, trouver une autre façon de dire qu'il fait la même chose, pour s'adapter à la langue, en fait. Sans pour autant... Je pense qu'on peut écrire des scènes de sexe en français qui ne soient pas des scènes de sexe cringe. Ah oui, bien sûr. Bien sûr, c'est le but. Mais c'est aussi... C'est très difficile à écrire, et c'est très difficile à traduire. Oui. Quand on teste un traducteur, je lui fais toujours traduire une scène de sexe et parfois, c'est là, bah non. Tout le reste, c'était bien, mais là, c'est pas possible. C'est hyper intéressant comme test. On ne pense pas, mais c'est vrai que effectivement, les scènes en anglais, c'est un peu, je pense, la question qu'ont les lecteurs qui ont lu le texte en anglais, mais qui veulent le lire aussi en français. Comment est-ce que ça sera traduit en français ? Et est-ce que... L'absence de gêne qu'on a ressenti en lisant les scènes en anglais restera sur la lecture française.
- Alix Putavy
Et il y a une distance, parce que ce n'est pas notre langue maternelle, qu'on n'a pas avec le français. Donc, on fait tout pour que ça reste aussi bien, mais ce sera un peu différent. C'est clairement des textes pour les adultes.
- Stéphanie Vincendeau
Adultes ou young adultes ?
- Alix Putavy
Adultes, quand on a...
- Stéphanie Vincendeau
Alors, la maturité sexuelle,
- Alix Putavy
c'est 15 ans et 3 mois. Après, je vais dire ce que j'ai dit à mes enfants. Il n'y a pas de livre interdit. La seule chose, c'est qu'on en parle. Donc, si des parents estiment que leurs enfants à 15-16 ans sont capables de lire ça, s'ils en parlent avec eux et s'ils ont déjà eu des discussions sur le sexe, moi, je n'ai pas d'inconvénients majeurs.
- Stéphanie Vincendeau
les histoires sont ultra bienveillantes on n'est pas dans de la dark romance après si on n'a jamais discuté de sexe avec ses enfants ça peut être un tout petit peu impressionnant donc voilà Chatterley de toute façon à
- Alix Putavy
la base on publie des livres pour des adultes et des majeurs Après, on n'interdit à personne d'acheter un livre dans une librairie. Donc, après, c'est le travail des parents et des libraires de conseiller les livres pour l'accompagner. De toute façon,
- Julie Cartier
on sait qu'effectivement, c'est une romance très spicy. Il y a vraiment du sexe explicite. Donc, voilà. Après, le rayon...
- Alix Putavy
Il sera en romance, il ne sera pas en young adult. C'est sûr. Et c'est aussi pour ça qu'on n'a pas repris les couvertures anglo-saxonnes pour ne pas qu'il y ait de l'épreuve sur l'attrondage. Oui,
- Julie Cartier
mais je trouve effectivement que ces couvres sont confusantes là-dessus. entre le choix des couleurs et le graphisme.
- Stéphanie Vincendeau
Après, il y a sur la couverture la mise en avant du hockey. J'ai l'impression que c'est un sujet un peu de romance. Ah oui, la hockey romance,
- Alix Putavy
c'est un vrai truc.
- Stéphanie Vincendeau
Est-ce qu'on a une explication à ça ?
- Alix Putavy
Oui, parce que c'est un sport brutal, violent, de contact.
- Stéphanie Vincendeau
Donc, il y a une possibilité de faire des parallèles et des oppositions. Je me pose la question parce qu'on est allé récemment en librairie avec Stéphanie et on était dans le... Rayon Romance, justement, parce qu'on cherchait E.T. Heated Rivalry. Et on a vu beaucoup de couvertures sur le hockey. On n'a pas trouvé E.T. Heated Rivalry, mais on s'était fait la réflexion de... Effectivement, c'est très utilisé.
- Alix Putavy
C'est très utilisé par les anglo-saxons. Donc, ça vient en France. Le hockey n'était pas un sport très connu en France, mais... De fait, l'exotisme de ce sport qu'on ne connaît pas très bien en France, dont on... On ne connaît pas du tout les règles. Moi, j'ai regardé les Jeux Olympiques, par exemple, avant de comprendre. Bon, ce n'est pas si simple. Fait que, en fait, le sport est un peu un prétexte, puisqu'on ne le connaît pas. Il y a peu de romances, et en tout cas en France, je crois qu'il n'y en a pas vraiment du tout, sur le foot qui a marché. Mais parce que les joueurs de foot, on les voit tout le temps à la télé, on les entend s'exprimer, ils nous font finalement moins fantasmer, parce qu'on les connaît mieux que les joueurs de hockey. qu'on ne voit jamais, qu'on ne sait pas quoi ils ressemblent. En plus, ils ont un masque, un casque. C'est plus facile de se projeter et d'imaginer qu'ils sont tous beaux.
- Stéphanie Vincendeau
D'imaginer ce qu'on veut derrière leur casque. Mais en tout cas, c'est sûr que par l'impact qu'est en train d'avoir série, je pense que c'est une romance qui pourra amener justement à la romance des gens qui ne sont pas forcément Dans ce genre, même si, et c'est très bien, le genre se démocratise de plus en plus, on est en train de changer de regard sur la littérature de genre qui a été pendant longtemps méprisée sans raison. Ça fait partie, je pense, des textes, des... des saga qui continuent à implanter la littérature de genre au même niveau que n'importe quelle littérature. Parce qu'il n'y a pas de raison.
- Julie Cartier
C'était déjà le cas aussi avec Bridgerton. Oui, par exemple. Et c'est vraiment le travail aussi d'adaptation et de passage série qui joue un rôle essentiel dans la démocratisation. Oui, mais il n'empêche... Et moins spécifique. Quoique, il y a aussi... Je les ai toutes lues.
- Stéphanie Vincendeau
Il y a une chaîne de baisers, une chaîne de sexe. Bridgerton a perdu en space. La première était quand même... À la télé. Oui, à la télé. La première était forte et après... Je parlais des livres. Après, on est bien pour le coup. Moi,
- Julie Cartier
quand j'ai commencé à travailler chez Gélu, qui est donc un éditeur de romances, la romance n'était pas du tout au stade où elle en est aujourd'hui, même si, en l'occurrence, tout ce qu'il y avait autour de la romance, c'est-à-dire les communautés de lectrices, l'addiction série, le suivi, les attentes qu'elles ont, C'est toujours le cas aujourd'hui, sauf qu'aujourd'hui, effectivement, c'est sorti clairement de ce genre et qu'il y a une démocratisation.
- Stéphanie Vincendeau
C'est plus niche, en fait.
- Julie Cartier
Non, non, c'est absolument plus niche. Et d'ailleurs, je pense que les éditeurs, et on est tous un peu pareils, on a et on voit beaucoup à apprendre de la façon dont se comportent les lectrices de romance. Parce que c'est vraiment ce phénomène de communauté, d'attente, de projection. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qui sont... qui sont très intéressantes.
- Alix Putavy
Mais oui, ça amènera sûrement des gens qui ne lisent pas de romance à en lire. Mais comme Fifty Shades avait amené plein de gens à lire de la romance...
- Stéphanie Vincendeau
Oui, c'est des étapes, c'est important.
- Julie Cartier
Moi, j'espère que ça va amener des garçons à lire de la romance, mon secret, moi. Parce que je pense que ça leur ferait beaucoup de bien.
- Stéphanie Vincendeau
Oui, oui, tout à fait, effectivement.
- Alix Putavy
Et des garçons hétéros aussi.
- Stéphanie Vincendeau
Faire comprendre qu'il n'y a pas de règles, que la libération de genre n'est pas réservée aux femmes et aux queers.
- Julie Cartier
Et aussi que ça met en scène des garçons homosexuels dans un monde de garçons. Ils sont dans un vestiaire et que les garçons hétéros n'ont pas à se sentir... menacés par ces garçons homos. Je pense que l'homophobie, elle vient aussi beaucoup de ça. Oui, elles sont de crainte. Et ce n'est pas parce qu'ils sont homos qu'ils draguent tous les garçons avec lesquels ils sont dans l'artiste.
- Stéphanie Vincendeau
Mais oui, montrer que n'importe qui peut lire ça, parce que c'est... Ok, c'est une histoire d'amour entre deux hommes, mais c'est aussi une histoire d'amour, c'est une histoire de personnage. Hyper universelle. Et les garçons ne sont pas obligés de lire par... Des livres qui correspondent à qui ils sont très précisément. Si les femmes peuvent s'identifier dans tous les livres, les garçons peuvent aussi. Exactement. Ils devraient pouvoir le faire de la même manière.
- Julie Cartier
Absolument.
- Stéphanie Vincendeau
Pour la roco du jour, on va par contre basculer dans un tout autre genre.
- Julie Cartier
Parce que les rocos sont livrés, elles ne sont pas forcément les sujets traités. Alors évidemment, ça peut être inspirant. Et en l'occurrence, on va changer... Là,
- Stéphanie Vincendeau
on change d'univers parce que Solenn vient nous parler... de l'album Le super livre de contes des toutous de Dorothée de Monfreid. Donc on est vraiment sur autre chose. Cette fois-ci,
- Solenn Rousseau
je vous propose une recommandation qui change un peu de celle que je fais d'habitude, puisque je vais vous parler d'un album jeunesse. Il s'agit du super livre de contes des toutous de Dorothée de Montefride, publié à l'École des loisirs. Dans ce livre, l'autrice revisite des contes très connus, en y transformant les personnages classiques tels qu'on les connaît par des chiens. Dans cet album, vous pourrez voir que Blanche-Neige et les 7 nains deviennent Blanche Neige et les 7 toutous. Cendrillon se transforme en Sans-Pas-Bon. La princesse au petit poids est désormais le toutou au petit os. Le petit chaperon rouge devient le grand méchant toutou. Et enfin, la belle au bois dormant est remplacée par le toutou au bois dormant. Ce livre est pour les amoureux et les amoureuses des chiens de la littérature jeunesse. Pour celles et ceux qui doivent offrir un cadeau à un enfant, mais aussi pour des parents qui veulent passer un bon moment en famille grâce à un livre plein d'humour et de belles illustrations.
- Stéphanie Vincendeau
Et toi, Julie, est-ce que tu as une recommandation à faire ? Oui, alors moi,
- Julie Cartier
je vais rester dans la veine hockeyeur, mais avec une romance très différente pour le coup. Donc, ça s'appelle Double Pucked de Lauren Blakely. Et c'est aussi chez Chateaurel. Et là, il s'agit de Trouple, de ce qu'on appelle en roman, c'est un white shoes. C'est une jeune femme qui tombe... amoureuse de deux joueurs de hockey, rivaux par ailleurs, mes grands amis. Et ça n'a rien à voir avec les joueurs de hockey, mais c'est aussi réjouissant et aussi bienveillant et aussi drôle. Donc voilà, c'est Marocco. Bon, après, quand vous aurez lu.
- Alix Putavy
Quand on aura. Allez lire les livres de Chatterley. Moi, ma reco du jour, c'est Les sirènes de Malibu de Taylor Jenkins Reid. C'est un livre dans lequel on suit la vie des quatre jeunes Rivas, qui sont les enfants d'une star de la chanson et qui sont eux-mêmes dans des stades de réussite pour différentes raisons. Mais évidemment, le livre va nous amener à creuser un peu leur vie et à se rendre compte que cette réussite, elle est peut-être un peu plus en façade qu'on ne le croit. Et en tout cas, des secrets sur eux, sur qui ils sont, sur ce qu'ils ressentent, vont être dévoilés au cours d'une fête organisée. comme ils le font chaque année en juin. C'est un texte qui parle de la famille, qui parle des liens qu'on entretient avec ses proches, qui parle de réussite aussi, qu'est-ce que la réussite, et puis qui parle un petit peu de surf aussi, si vous aimez bien les textes sur le sport, ça peut être chouette. Et puis ça nous fait voyager dans une ambiance très solaire et en même temps un petit peu teinté de nuages. Enfin, voilà, vous avez l'image.
- Stéphanie Vincendeau
on a l'image. Alors moi, je vais effectivement être totalement hors romance, etc. Mais j'ai eu beau creuser, je ne sais pas, j'avais envie de parler de ce titre-là. En général, c'est comme ça que ça se passe plus que... Voilà. Et donc, c'est de Anne d'Angleterre, de Julia Deck, qui est une autofiction. Et Julia Deck va parler de sa mère, en fait, qu'elle va retrouver un matin victime d'un accident vasculaire cérébral, dû à un mauvais diagnostic, je crois, au départ. En tout cas, un problème de médicaments. Bref, elle retrouve sa maman. Donc évidemment, elle va faire en sorte qu'elle soit prise en charge. Comme toutes les personnes âgées, c'est compliqué de trouver le bon service, etc. Et puis, justement, on la suit sur son vélo, qui passe d'un service à l'autre, qui s'interroge sur comment elle va faire. Et en fait, ça va être le prétexte, justement, pour revenir sur la vie. Alors, à la fois les relations qu'elle pouvait avoir avec sa mère, et puis la vie de cette femme. Elle surnomme affectueusement Anne d'Angleterre, puisque sa mère a vécu d'abord en Angleterre et d'origine anglaise. Et c'est absolument passionnant. Déjà, l'écriture est folle. Il y a vraiment une musique, une musique folle. Et on la suit, encore une fois, j'ai l'impression d'être encore dans le livre, avec elle, qui la suit sur son vélo, qui parle de sa mère, qui surf entre l'intime, l'universel, la vie de sa mère. puis tout d'un coup... la sienne dans cette espèce de réalité comme ça très dure, de prise en charge, de moments très intimes de relations entre les deux femmes, de son adolescence, de sa vie d'adulte, du respect et en même temps des oppositions. Et puis surtout, évidemment, quand on vient chercher et interroger les origines, évidemment, des secrets, des zones d'ombre. Et c'est un texte absolument génial. Je le conseille très fortement. Merci beaucoup, Julie, d'être venue avec nous aujourd'hui. N'hésitez pas à aller acheter, alors ce ne sera pas tout de suite, mais on met en jeu les deux premiers tomes de la saga Game Changer chez Chatterley. On a vraiment hâte de découvrir traduction française.
- Julie Cartier
Hâte de voir cette... Exactement, vraiment, il y a beaucoup de curiosité et encore plus quand on a la chance. Encore une fois, merci de nous avoir permis d'en savoir plus parce que c'est absolument passionnant de voir ces deux... le travail de l'éditeur quand on est justement face à un tel phénomène qui est en train d'exploser. Donc, merci encore. Et je suis sûre qu'on aura une suite à cet échange.
- Alix Putavy
Merci, Julie. Merci.
- Stéphanie Vincendeau
Merci pour votre écoute. Vous pouvez retrouver tous les épisodes de On vous livre sur toutes les plateformes et on vous donne rendez-vous très vite.