- Matt
Excusez-nous, ce sont les allées du direct, comme vous le savez. Rapprochez-vous, on va recevoir sur cette scène Donald Renew ! Si vous ne l'avez pas vu en délicat, c'est un peu le cas. Et nous allons vous présenter notre nouvel ami. Ce panel est consacré principalement à la série Martin Mister. Et vous le savez, Donald Renew n'a pas forcément travaillé sur Martin Mister. Donc qu'est-ce qu'ils ont fait à Geek Life ? Est-ce qu'ils se sont encore foirés ? Comme des grosses buses, et bien pas forcément, car tout cela a du sens. On va se mettre dans l'ambiance avec le générique de Martin Mister. Allez, tapez dans vos mains, vous en avez besoin pour faire du bruit pour Donald Renew dans moins de 20 secondes. On n'entend pas tes mains, Geek Life ! Conférence Martin Mister avec monsieur Donald Reignoux! Bonsoir, bonsoir !
- Donald Reignoux
Bonsoir ! Ça va ?
- Matt
Ah, Donald Regnault !
- Donald Reignoux
Oui, c'est moi.
- Matt
Ça fait combien de temps que tu fais la voix de Martin Mister ? Pas du tout.
- Donald Reignoux
Moi, je fais Marvin.
- Matt
Tout le monde se trompe. L'ennemi, du coup, le méchant.
- Donald Reignoux
L'antagoniste.
- Matt
Tu ne sais pas ce que tu fais là. Les gens se disent, tiens, ils se sont encore trompés. Mais tout cela a du sens. Car je souhaitais, Donald, que tu sois avec nous pour te présenter un de nos potes. Un artiste de Blois. Quelqu'un... Quelqu'un, comme on va pouvoir le vérifier, Lou, s'il te plaît, est-ce qu'on peut voir l'autre générique de Martin Mister ? Voilà, soyez attentifs. Donc, c'est pas là, c'est pas là. Là, c'est pas là, non. Là, non, c'est pas là. Là, est-ce que c'est là ? C'est là, on l'a vu. Vous avez forcément vu, du coup, vous êtes contents. Vous avez compris ce qu'on va faire ensemble.
- Donald Reignoux
Ils n'ont rien compris.
- Matt
Ils n'ont rien compris. Alors, Lou, est-ce qu'on peut voir le plan fixe, s'il te plaît ? Et après, je ne t'embête plus. Mon p'tit loup, nous avons ici, dans le générique de Martin Mystère, des noms. Nathan Brown, pas très intéressant pour nous aujourd'hui. Gaël, beaucoup de talent Gaël, mais Bruno Martineau. Geek Life, je te demande à ton air d'applaudir s'il te plaît pour Bruno Martineau! De quoi on parle aujourd'hui ? Bruno Martineau, tu es un artiste de Blois. Tout à fait, oui. Tu as ton nom au générique de Martin Mystère. Qu'est-ce que tu fais sur Martin Mystère ?
- Bruno Martineau
Le car design.
- Matt
Il va falloir que tu parles dans ton micro, mon petit Bruno, s'il te plaît. Bruno.
- Bruno Martineau
Ça marche. Oui, oui.
- Matt
Est-ce que vous entendez, Bruno ? Oui,
- Bruno Martineau
oui, ils m'entendent.
- Matt
Est-ce que vous saviez qu'il y avait des producteurs, des concepteurs, des artistes de dessin animé qui habitaient chez vous, Blois ? Eh oui, les talents sont ici.
- Bruno Martineau
Ça va changer maintenant.
- Matt
Voilà, maintenant, ils le savent.
- Bruno Martineau
Non, ils le savent.
- Matt
Alors, c'est pareil. Hop. Il n'a pas envie. Tu n'as pas l'habitude de la lumière, tu dessines beaucoup.
- Bruno Martineau
Oui, exactement, dans l'ombre.
- Matt
Bruno Martineau, tu es donc au générique de Martin Mister avec le statut personnage. Tu n'es pas un personnage de Martin Mystère.
- Bruno Martineau
J'aurais pu.
- Matt
Alors qu'est-ce que tu as fait sur Martin Mister ?
- Bruno Martineau
Alors sur Martin Mister, les premiers épisodes de Martin Mister, tous les monstres quasiment. Enfin, beaucoup.
- Matt
Donc tu es ce qu'on appelle un chara-designer...
- Bruno Martineau
De monstres.
- Matt
De monstres. Des bouillasses verdes d'or. Tu dessines...
- Bruno Martineau
En fait, tous les personnages de Martin Mister, à un moment ou à un autre, se transforment. en monstre ou autre, c'était un peu le principe de la série quoi.
- Matt
Je vous laisse prendre la lumière les amis, je vais prendre le pupitre de présentateur, je vois que t'es déjà en train de lire mes fiches, de toute façon on va pas te faire avoir par les questions pièges comme hier.
- Donald Reignoux
Non mais c'est vrai, j'avais pas vu qu'il y avait des questions, maintenant tu me l'as dit, il l'a spoilé.
- Matt
Et oui, voilà, on a tout. Donald,
- Donald Reignoux
combien as-tu pris en chèque pour faire Martin Misterbo ? Oh,
- Matt
pas assez, pas assez visiblement. Martin Mystère donc à Geek Life Tu vois c'est là que je me rends compte que j'ai pas le... je sais pas où est le patchdown donc pour faire des changements de patch T'avais un cas j'étais un Mac je te l'ai dit Voilà je vais le faire comme ça Donc ça par exemple Alors ça c'est...
- Bruno Martineau
voilà ça c'est une...
- Matt
Une partie des ébauches que tu nous as...
- Bruno Martineau
En fait ça c'est la partie technique que vous ne voyez pratiquement jamais évidemment en télévision C'est la bible ? C'est la Bible, c'est ce qui concerne tous les dessinateurs et les animateurs en particulier. Donc il y a deux étapes, il y a l'étape création et puis il y a l'étape animation. Donc la création, il y a un personnage important comme Martin Mister bien évidemment, on est obligé de le dessiner sous toutes ses coutures, tous les angles, et transmettre ensuite aux animateurs. Ils auront toutes les informations ensuite pour animer correctement le personnage. Donc notre rôle au Caradesign, c'est toute la créa qui va précéder.
- Matt
Pour ceux qui nous écoutent, sans forcément nous voir, qui sont un peu loin peut-être, ce qu'on voit c'est le dessin du personnage principal, Martin Mister, sous toutes les coutures en fait. Face, trois quarts, face, dos.
- Bruno Martineau
Exactement, c'est un turnaround, puisqu'on utilise les termes anglo-saxons, désolé, dans le dessin animé, et donc on le montre sous toutes ces coutures. Et ensuite on a toute une série de documents sur les expressions, les attitudes, etc. Il y a énormément de travail dans le... Dans le dessin animé, il y a aussi l'ellipse. L'ellipse, c'est toutes les bouches, les lèvres, comment les personnages parlent. Donc ça peut servir à Ronald peut-être, dans son métier. Non,
- Donald Reignoux
Daniel Roulou.
- Bruno Martineau
Pardon ?
- Donald Reignoux
Non, moi c'est Daniel.
- Bruno Martineau
Daniel, pardon. Et donc, on transmet toutes ces informations aux animateurs. Ils ont besoin de tout ça pour savoir comment les personnages vont parler.
- Matt
Du coup Donald, je voulais que tu sois avec nous parce que t'as pas forcément un grand rôle dans Martin Mister, c'est plutôt ton pote Alexis Thomasian qui est hyper présent. En revanche t'as une double casquette, t'es comédien et t'es aussi directeur artistique, c'est-à-dire que tu peux être amené à travailler sur des séries en dessin animé par exemple comme celle-là, et c'est à toi de choisir quelle va être la voix qu'on va donner à un personnage. Pourquoi on va le donner par exemple plutôt à Alexis Thomasian ou à Daniel Relou ?
- Donald Reignoux
Voilà exactement, non mais c'est vrai qu'on a... On n'a pas la bible que vous, vous créez, mais on a aussi des visuels comme ça, avec le caractère du personnage, ses points forts, ses points faibles, sur quoi il faut appuyer, d'où il vient, pour qu'on puisse créer le personnage comme il faut, surtout quand c'est la création de personnages et que ce n'est pas du doublage. Donc c'est une équipe et nous, on a des bibles ou des guidelines, comme on dit. Quand je fais, par exemple, la saison 2 de Cyberpunk Edge Runners, On me dit, tel personnage, Roman, il a tel âge, il faut que la voix ne soit ni une femme, ni un enfant, un adulte qui fait une voix d'enfant, ils me donnent des trucs comme ça, pour que justement, à la fin, les créateurs, ils aient un résultat qui Matt avec ce qu'ils ont créé. À la Bible, comme avec Bruno et Stéphane Béry qui avaient réalisé, c'est eux qui créent et nous, on leur donne un truc qui Matt avec ce qu'ils ont créé. Donc ça marche ensemble.
- Matt
Donc voilà, l'idée de ce panel, c'est de vous proposer quelqu'un qui travaille l'image sans le son. Et quelqu'un qui travaille le son sans avoir forcément d'influence sur l'image et de voir comment on fait exister des personnages avec ça. Est-ce que ce cours magistral vous intéresse ou est-ce qu'on part tous en récré et qu'on fait ok on est bon, on peut continuer. On a d'autres exemples qui viennent évidemment de Martin Mystère, on a donc encore une fois des fiches de personnages, cette fois c'est Javas et Diana. Comment Bruno pour commencer ? On voit qu'ils n'ont pas du tout la même... Alors c'est encore une fiche de personnages, on les voit sous tous les angles, toutes les coutures. Ils n'ont pas forcément la même façon de se tenir, ils n'ont pas forcément la même attitude. Toi, quand tu fabriques ça, tu les vois déjà en mouvement ? Et est-ce que tu les entends déjà ? Comment tu mets leur personnalité dans ces documents techniques ?
- Bruno Martineau
Alors ce qu'il faut savoir, c'est qu'à la base, il y a déjà les auteurs italiens qui ont créé la bande dessinée de Martin Mister. Au départ, ce n'est pas une création pur jus de dessin animé. Donc les personnages existent. En tout cas, Java ressemble énormément aux personnages qui existent déjà dans la BD. Par contre, Martin Mister et Diana ont été créés complètement revus et corrigés. Ils sont rajeunis, c'est des ados ou un peu plus âgés. L'allure japanime, manga, c'était la création, c'était la volonté de Stéphane Berry et toute l'équipe de prod de Marathon, puisqu'on avait créé déjà les Total Spies, etc. Donc, c'est le même esprit. Mais au départ, il y a déjà des personnages qui ont déjà une intention, une personnalité. Donc je pense qu'à ce niveau-là, tout a été plus ou moins respecté. Sauf qu'ils ont été quand même très rajeunis. Parce que Martin Mister et Diana ne sont pas du tout comme ça dans la BD.
- Donald Reignoux
Et puis là, elle voit éclater en français, Diana.
- Bruno Martineau
Complètement. Hystérique un peu.
- Donald Reignoux
C'est Dorothée Pousseau. On la déteste. Elle double très bien les mouettes. Je ne sais pas si vous savez.
- Matt
Ils sont mouettes de mère en fille chez les Pousseau.
- Donald Reignoux
Évidemment.
- Matt
Quand tu vois par exemple toi Donald, un personnage comme Jabba, qui a un peu ça sur lui, un peu balèze et tout, comment tu définis sa voix, comment tu l'entends, comment tu sais tout de suite à qui le donner ?
- Donald Reignoux
T'as des trucs qui te viennent un peu naturellement, des évidences, c'est-à-dire qu'un personnage comme ça, tu te dis, il faut qu'il y ait une corpulence quand même, qu'il y ait du coffre, tu peux pas le donner à... Alexis, jamais tu peux lui donner la voix de Jabba parce qu'il va pas le remplir comme on dit donc il faut qu'il ait une grosse voix comme un Frédéric Soutrelle qui fait Kratos, tu vois il faut aller dans des évidences, surtout dans les dessins animés si tu vas pas dans les évidences, tu soulignes pas le trait ça marche pas, donc on essaie d'aller là-dedans, mais parfois des contre-pieds fonctionnent mais souvent sur des mecs bien velus comme ça t'es obligé d'avoir une voix
- Matt
Les contre-pieds connus, on les a beaucoup connus dans le club Dorothée dans les années 80, avec par exemple, il fallait désamorcer la violence, et donc dans Qu'il y a de les survivants, ou dans Nicky Larson, on est allé chercher des archétypes de voix qui étaient très ridicules, différents, et qui avaient vraiment des références au tonton flingueur, ou à ce genre de choses, parce qu'il fallait désamorcer cette violence pour les enfants, il fallait donner un côté rigolo.
- Donald Reignoux
Je pense surtout qu'ils en avaient rien à foutre, et qu'ils s'amusaient. Je pense.
- Matt
Vas-y, t'es en train de casser le mystère là !
- Donald Reignoux
Non mais je pense qu'ils s'amusaient, et que comme ils étaient... tous dans le... comme ils disent, ils dénigraient un petit peu le côté animation, et ils se sont dit « Oh, vas-y, viens, on s'amuse, on fait n'importe quoi. » Finalement, ça a fait un truc culte, mais je pense pas qu'eux, ils avaient une volonté de désamorcer très premier degré, d'y dire « Ah non, on doit le faire comme ça. » Je pense que surtout, ils se disaient « Ouais, personne le verra, amusons-nous, et faisons n'importe quoi. » Et finalement, en faisant ça, en disant « Ça va être du second degré » , finalement, ils ont créé des chefs-d'oeuvre, quoi. Mais c'est sûr que quand t'as Maurice Sarfati sur une énorme bête qui fait « Mémute, Mémute ! » Je pense que lui, il s'amusait, il voulait se faire rire lui-même.
- Matt
Toi Bruno, quand tu fais ces personnages, est-ce que tu as déjà la voix que tu aimerais avoir ? Sachant que t'as très peu d'influence sur le choix des castings derrière. Tu vas dessiner les personnages, imaginer leur corpulence, leurs attitudes, mais t'es pas du tout décisionnaire dans la voix qu'ils vont avoir à la fin.
- Bruno Martineau
Non, on s'occupe pas des voix. même si on a... Une voix forcément qui apparaît quand on crée notre personnage, on l'imagine mais on n'intervient pas du tout là-dessus. Tout est vraiment séparé, d'ailleurs c'est ce qu'on disait tout à l'heure en coulisses, on ne voit jamais les voix, les acteurs qui vont faire les voix des personnages plus tard. Donc même l'animation, on voit les premiers rushs des premiers épisodes qu'on fait pour essayer de caler tout, mettre tout au point. Mais par la suite, le temps que les animations soient réalisées de tous les épisodes, bien souvent on est passé déjà sur une autre production, une autre série. Donc on ne se voit pas. Voilà, ça s'arrête là.
- Donald Reignoux
Et ce qu'on se disait, c'est qu'en fait, c'est super relou d'avoir des personnes qui ont bossé à la création des personnages, comme le réalisateur, en plateau, parce que quand tu crées ton truc, tu vois, il passe des dizaines d'heures à créer un personnage. T'as forcément une voix que tu t'imagines avec des bulles quand c'est tiré d'une BD. T'as une voix qui vient dans la tête Et y'a aucune voix au monde Qui sera exactement la voix que tu imagines Et qui en plus la voix n'existe pas C'est à dire que tu peux pas dire ah oui c'est ça c'est lui que je veux C'est juste celui qui sera le moins pire Par rapport à ce que tu imaginais mais vraiment Donc du coup quand t'as L'Oréal Avec toi en plateau c'est extrêmement difficile Parce que bah lui y'a rien qui va aller Et c'est très perturbant pour nous comédiens Parce qu'on sent bien que On lui casse son jouet Et il faut lui casser le moins possible c'est très difficile Mais du coup toi
- Matt
En direction artistique, t'as besoin d'avoir un acte de création pur, mais dans lequel il n'y ait pas forcément d'interférences qui viennent de quelqu'un d'autre. De la même façon, Bruno, tu travailles à partir du travail de Bruno, qui a été animé, mais lui a aussi besoin d'avoir un travail de création pure et tout ça. Une série d'animations, c'est la somme d'actes de création individuelle en fait.
- Bruno Martineau
Ça ressemble à ça, tout à fait. Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est que dans le... Pour les personnes qui ne connaissent pas comment ça se passe dans le dessin animé, tout est séparé en fait. Les chara-designs sont séparés des décorateurs, qui sont séparés des coloristes, qui sont séparés des storyboarders, etc. Ensuite, c'est rassemblé par l'équipe de réalisation pour former un tout en fait.
- Matt
Et c'est en plus une autre équipe qui fait le layout, ce qu'on appelle l'animation, décomposer les mouvements ?
- Bruno Martineau
À l'animation, oui, la plupart du temps. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a tellement de séries qui ont été produites... dans les années 90, 2000, 2010, etc., que la plupart des animations ne se font pas en France. C'est fait en général par des très grands studios qui sont situés en Inde, en Asie, au Vietnam, où il y a plusieurs pays maintenant qui s'occupent de ça et qui se sont spécialisés là-dedans. Donc ça va très très vite et c'est comme les chaînes nous attendent au tournant parce qu'il y a des deadlines à respecter, des programmes pour les chaînes. Donc tout le monde attend la fin et le montage de tous ces films, donc il faut aller très très vite. C'est pour ça qu'on fait appel à de très très grands studios en Asie, notamment.
- Matt
Là, si on continue à regarder nos fiches de personnages, on a un méchant, le Dr Green. Pour créer, toi, ces intentions de personnages, on a encore plein d'éléments, on le voit sous toutes les coutures, on le voit avec différentes attitudes aussi. On peut noter des personnalités qui vont être différentes, on voit qu'il a une espèce d'assurance. un peu narcissique ici, et que là, quand il pète les plombs, ça devient un personnage qui est beaucoup plus cartoonesque, beaucoup plus grotesque. Toi, pour composer ça, c'est quoi ton matériau de base ? C'est quoi les indications que tu as ?
- Bruno Martineau
Alors, ça dépend. Si le réalisateur a déjà une idée, une intention, il va nous la communiquer. Ça peut être une référence qu'il aurait vue, par exemple, dans du manga ou d'autres... dans des films, etc. S'il n'a pas d'intention particulière, alors... Merci. On fait appel à notre propre imagination. On a déjà le scénario, on fait une lecture du texte, on voit ce qui se passe avec le personnage, qu'est-ce qu'il fait dans l'épisode. Et donc, à partir de là, on se laisse aller, on crée complètement ce qu'on voit à partir du scénario. Donc tous les personnages de méchants sont, comme on disait un petit peu tout à l'heure, sont destinés à devenir plus ou moins monstrueux. C'est quand même le principe de base de la série. Donc on peut les faire avec un visage plus ou moins non agressif, je dirais au début, mais très vite ça change. Très très vite au cours de l'épisode. Et puis en plus on propose, nous on fait vraiment du travail de création, on propose. et le réalisateur dispose ensuite de ce qu'il a besoin vraiment pour le... pour la série, pour l'histoire.
- Matt
Alors Donald, je suis désolé, tu travailles plutôt à partir du travail qui est déjà plus avancé, tu as des animations plutôt que des fiches de cara comme ça. Juste pour l'exemple, dans les différentes postures, attitudes, on voit qu'il y a des postures où il va être très posé, un peu sérieux, il y a des postures où c'est vraiment un méchant de James Bond avec énormément d'assurance, et puis il y a ces postures où il pète les plombs. C'est quoi les éléments, toi, qui sont caractéristiques et qui te permettent d'identifier la voie que tu vas lui donner ? ou le timbre que tu allais donner ou...
- Donald Reignoux
C'est un global et jusqu'à il n'y a pas si longtemps que ça, nous ce genre d'artwork, c'était avec ça qu'on travaillait sur les jeux vidéo par exemple. Donc on avait juste un rôle qui s'appelait Dr. Green sur un fichier Excel et on avait deux feuilles comme ça et le personnage c'était ça, il est démerde-toi. Et on dit bon bah voilà t'es dans un Batman, je dis n'importe quoi et ton personnage c'est le Dr. Green. Et c'est le bras droit du Joker et on te le montre, tu fais ok, d'accord, et puis tu y vas. Et puis tu essaies de te remémorer le petit sourire en coin qu'il a en Ausha droite. Et pour te dire que ça va être collé au mieux par rapport à ça, tu sais que t'es pas hors sujet, ça te met un petit cadre. Mais le jeu vidéo a longtemps été comme ça, c'était très difficile. Moi, la première fois que j'ai eu une vraie image et des cinématiques sur un jeu vidéo, c'était sur une Famous Second Sound, qui était un jeu du line-up de PS4. C'était quand même il n'y a pas si longtemps.
- Matt
Du coup c'est différent, enfin c'est un petit pas de côté mais on voit aujourd'hui, on a à peu près la représentation de ce que c'est qu'une séance de doublage pour du dessin animé, on a l'image et puis on a le texte qui défile, la fameuse bande en rythmo, parce que ça te permet de coller au mouvement de bouche des personnages, dans le jeu vidéo t'as pas ce support d'image ?
- Donald Reignoux
Bah oui t'en as pas, la plupart du temps t'es... Tu travailles sans images, sans support. Mais aujourd'hui encore, j'ai fait une série de dessins animés français il y a six mois de ça. Je sais que mon personnage, c'était un chat qui était un petit peu snob. C'est tout ce que j'avais comme indication. Et je verrais le résultat final une fois terminé. Mais le réel était là. Il m'a dit, ouais, cette voix-là, ça me plaît bien. Donc lui, il imagine, il me dit que ça lui va. Donc je reste là-dedans, mais je lui fais confiance. Je ne sais pas du tout quel sera le résultat final.
- Matt
Je dois vous faire une confession. J'ai pas beaucoup vu Martin Mister. Moi non plus. Toi non plus. Du coup, moi je sais pas comment il sonne, par exemple, le Dr Green. Quand je le vois comme ça, à la fois posé et très énervé, pour moi il y a une évolution qui est un peu celle qu'on aurait dans Roger Rabbit, par exemple avec le juge de mort qui est très posé et qui commence, qui a une voix très inquiétante, oppressante, et qui quand il s'énerve, part dans les aigus et dans une espèce d'hystérie. Je sais pas, quel rôle tu lui aurais donné toi par exemple Donald ? D'après ce qu'on voit ici.
- Donald Reignoux
Quelle voix tu aurais donné à ce personnage ? Un truc éraillé. Je suis pas content. Je leur ai fait un truc comme ça, un peu crade. Tu sens les quatre cheveux sur le côté. Il peut pas être sympa. Tu fais comme ça. Même moi, je disais que tout à l'heure, ils avaient décollé sur les voix, mais tu vas aussi dans des trucs comme ça. T'as envie de t'amuser. Les séries de Marathon, Martin Mister, les Spies, c'était une époque. Sur le doublage, nous-mêmes, on faisait n'importe quoi. Et on s'amusait, et c'est ça qui a fait des doublages trop marrants, quand t'avais Dorothée Pousseau et Alexis qui faisaient n'importe quoi. Je suis sûr que quand ils faisaient les réunions avec Stéphane et Bruno, c'était pas du tout ce à quoi ils s'imaginaient. Et finalement, en détournant le truc, comme on parlait des Cobras et tout ça, c'est là que le dessin animé trop cool et la VF où ça se lâche, ça a marié Matché de fou. Je pense que s'il n'y avait pas eu... Cette liberté là, et qu'on ne le fait plus aujourd'hui, ça n'aurait pas marché comme ça aussi. Donc c'est un truc qui fonctionne ensemble, c'est trop bien.
- Matt
Et puis il y a des conneries qui restent. La voix de Titeuf, les accents, c'est une connerie au départ.
- Donald Reignoux
Oui, encore que non, là-dessus, les trucs de Titeuf, c'était bien cadré. Donc je me suis amusé sur Titeuf sur la fin, surtout quand vraiment je connaissais le personnage. Mais au début, je restais dans les clous.
- Matt
Bruno, il y a des... Et toi,
- Donald Reignoux
je reviens sur un truc, parce qu'il disait un truc qui était très intéressant par rapport au studio qui était au Vietnam, tout ça. C'est qu'aujourd'hui, nous, on ne fait pas de la création de voix. Souvent, on a une voix témoin qui est en anglais. Pourquoi ? Parce que la voix témoin, quand ils l'envoient en Asie, si tu leur envoies en français, ils ne comprennent pas ce qu'ils jouent. Donc, ils ont du mal à animer la vraie... émotions du personnage alors que quand tu l'envoies en anglais il capte tout de suite parce que c'est un langage universel et que d'un coup l'intention de jeu est beaucoup plus claire et donc ce qui rend est beaucoup mieux que si c'était en français c'est pour ça que la plupart des créations de voix françaises soit ils le font en français et c'est très rare soit ça part dans les autres pays et c'est quelqu'un d'autre qui fait la maquette en anglais quand
- Matt
on envoie le travail vous vous faites du storyboard et des étapes d'animation côté français vous avez donc des étapes d'animation qu'il va falloir animé et donné à un studio. Ce que tu nous dis Donald, c'est qu'il y a une bande son qui est donnée avec ça pour que les gens qui font les étapes d'animation aient aussi l'intention des personnages ?
- Donald Reignoux
Ouais la voix témoin, pour créer les personnages, l'animation, ils ont besoin que ça soit rythmé, ils savent qu'il y a tant de dialogues à rentrer dans la scène et ils savent que la scène elle fait 1 minute 17 et pas 38 secondes parce qu'ils savent qu'il y a autant de plans à sortir mais ça c'est pour nous qui saura un peu plus en parler.
- Matt
Alors oui,
- Bruno Martineau
ça s'appelle de mémoire les feuilles d'exposure, si ma mémoire est bonne, parce que ça fait un petit bout de temps que je ne suis pas dans cette partie-là. Mais effectivement, tous les dialogues sont déjà écrits, préécrits et tout minuté, tout comptabilisé. Donc il y a tant de secondes pour sortir telle phrase, etc. Donc normalement, oui, tu dois te retrouver avec peut-être...
- Matt
avoir vu ce genre de feuilles enfin ça passe c'est une bande passante moi je la vois pas passer mais je vois de quoi tu parles mais non je n'en ai pas besoin tout est calculé avant et ça devient par exemple je découvre ce truc là ça devient un vrai doublage international par la suite ou c'est juste une bande technique qui sera oubliée c'est une bande technique mais du coup légalement parlant on
- Donald Reignoux
fait plus une création de voix on fait un doublage alors qu'il y a une voix témoin par exemple sur Titeuf je n'ai jamais écouté mais il y a finalement je suis la VO sur Titeuf mais finalement Avant moi, il y avait une voix témoin en anglais qui parlait, que je n'ai jamais écouté. Ce qui fait que nous, en plus, il n'y avait pas la musique, pas les bruitages. La VO, je ne l'écoutais pas. Donc en fait, on regardait des épisodes sans le son. Une minute, je regardais et je faisais « Ok, on y va » . Et là, je faisais le truc, mais je ne l'écoutais pas, ce truc-là. Mais ils en ont besoin, c'est impératif,
- Matt
effectivement. Bruno, on parlait des comédiens qui mettent des bêtises à eux dans les doublages. Est-ce qu'il y a des bêtises à toi cachées dans tes designs de personnages ?
- Bruno Martineau
Alors, il y a... Il n'y a pas de bêtises, mais on cale tous les copains de la série dans les épisodes, pratiquement. Enfin, pas tout le temps, on n'a pas toujours le temps, mais en fait, on fait ça. Alors, un coup, il y a le réalisateur. D'ailleurs, j'ai fait le dessin du réalisateur dans un des épisodes de Total Espais. Donc, il y a Stéphane Béride dans les épisodes.
- Donald Reignoux
Et Stéphane, c'est quand il avait fait la série Spy Z, parce qu'on était pas mal potes, il avait modélisé ma voiture dans la Spy Z avec mon autocollant, mon team de moto.
- Matt
qui est dans la série Spy Z j'étais mort de rire on se fait des petits clins d'oeil je voudrais revenir sur quelque chose d'assez particulier on voit les designs des personnages tels qu'ils ont été représentés dans la série et là on les connait en revanche il y a des designs qui sont un peu particuliers là en Ausha gauche de l'écran qu'est-ce qu'on voit ?
- Bruno Martineau
ici on voit ce dont je parlais tout à l'heure c'est la BD originale c'est une BD qui existe depuis une quarantaine d'années et c'est une BD italienne Donc voilà, tels qu'ils apparaissent dans la BD originale. Donc il y a eu une adaptation. Je vous ai dit que Java, c'était probablement le personnage qui est le moins décalé par rapport au dessin original. Les autres, ça a été complètement modifié.
- Matt
C'est mieux ce que vous avez fait.
- Bruno Martineau
Pour la série, quoi.
- Matt
Pour ceux qui vont... Par exemple, écoutez le replay de cette conférence. Martin Mystère qu'on connaît, qui est un jeune homme énergique avec une petite chemise, porteuse de flammes, manches courtes et tout ça. Bon là c'est un détective privé très années 80 avec la fameuse veste en tweed hyper classique, une espèce de coiffure banane. Franchement il a l'air de sortir d'une caricature de Dallas.
- Bruno Martineau
C'est un peu ça, ouais.
- Matt
Et Diana qui pareil est... Une jeune fille... Secrétaire d'un grand groupe pétrolier aux Etats-Unis à Dallas.
- Bruno Martineau
C'est complètement différent. C'est une série des années 2000. Il y avait 20 ans d'écart ou 30 ans avec la BD.
- Matt
Ce qui est marrant, c'est que c'est censé être les mêmes archétypes de personnages vus avec un prisme artistique de 20 ans d'écart ?
- Bruno Martineau
Ils sont quand même très différents dans le sens où Martin Mister et Diana sont quand même légèrement... pas complètement, mais on s'amuse beaucoup avec eux. Là, dans la BD, c'est beaucoup plus fantastique, mais sérieux, détective, etc. Donc on met des enquêtes, etc. Mais ça reste une BD fantastique de qualité que je recommande. D'ailleurs, c'est paru qu'en noir et blanc, cette BD. Donc voilà, c'est une adaptation, mais on a eu la chance de rencontrer l'auteur du scénario original de Martin Mister, et donc il était tout à fait OK pour cette adaptation.
- Matt
Monsieur le directeur artistique. Est-ce que vous auriez donné la voix d'Alexis Thomasian à ce Martin Mystère des années 80 ?
- Donald Reignoux
Ah non, je serais monté en âge. Et même pour Diana, c'est sûr. Il aurait fallu avoir un personnage, en tout cas vocalement, qui ait au moins 15-20 ans de plus. Il ne serait jamais rentré, Alexis, sur lui.
- Matt
Tu vois, j'arrive à voir facilement sur la secrétaire Bimbo, je vois facilement Dorothée Pousseau venir s'amuser, faire du contre-emploi.
- Donald Reignoux
Oui, mais maintenant ! Maintenant, Roméo et Dorothée, il y a 20 ans, elles avaient la voix beaucoup plus légère, ça ne serait pas passé. Mais ça aurait été moins violent qu'Alexis sur lui. Du coup, tu lui donnes la voix de qui ? Là, j'aurais mis Guillaume Lebon, qui fait Rémy dans Ratatouille. Ça aurait pu être pas mal. Et après, pour la fille, je ne sais pas, peut-être Laura Blanc, qui fait Jennifer Garner aussi, c'est pas mal, ça aurait pu être cool. Ou Dorothée maintenant, ça peut le faire.
- Matt
Ouais Dorothée en contre-plan ça peut le faire. Elle vieillit avec ses personnages. On a d'autres fiches de personnages qui là sont des créatures. Alors il y a un truc qui m'a amusé en préparant ce rendez-vous, on a trois types de créatures, on a un loup-garou, on a une espèce de truc bizarre avec une tête de chèvre et des aspects végétaux, on a un personnage qui a l'air d'être fait en terre glaise. Alors ce qui m'a amusé c'est la façon dont vous construisez vos personnages. On a une échelle de référence qui est Martin Mystère, on sait que le loup-garou il fait 105% de Martin Mystère, que ta créature en terre glaise elle doit faire 140% de Martin Mystère, et que là vous... Celui-là, l'autre personnage fait 250%, peut-être. Vous calculez en Martin Mister.
- Bruno Martineau
Oui, c'est ça. On est obligé. Ça fait partie des secrets de fabrication de l'animation.
- Matt
Parce qu'on vous livre des secrets ici, Geek Life. On n'est pas là pour rigoler, attention.
- Bruno Martineau
Pour l'animation, oui, c'est vrai. On ne voit pas tout ce travail, ça c'est sûr. Donc, c'est des éléments que vous ne verrez jamais, vraiment. Ça se passe de studio en studio. Ça reste en interne la plupart du temps. Oui, tout est calculé. Même la taille des personnages. On est obligé de travailler pour donner des rapports de taille constamment, ne serait-ce que pour les storyboarders, pour savoir où ils en sont dans leur histoire, comment ils peuvent faire apparaître les monstres, etc. Et puis les animateurs, bien évidemment. Donc ça, alors je peux vous dire que celui-ci, c'est le tout premier monstre qui apparaît dans Martin Mister.
- Matt
Donc le Boogeyman, la tête de chèvre. Premier épisode,
- Bruno Martineau
premier monstre, donc le Boogeyman, et en français ça doit s'appeler le Croc-Mitten ou quelque chose comme ça. Et donc il fallait faire une espèce de monstre géant, moitié végétal, moitié extraterrestre. Donc c'est le tout premier, j'en ai fait, ça s'est enchaîné. Alors j'ai pas tous les numéros d'épisodes. Mais là, on a bien le 01, qui témoigne du... Alors ça, ça a dû être fait en 2003, ou quelque chose comme ça, de mémoire.
- Matt
Donc ensuite vous avez non seulement les rapports de taille à effectuer, mais après vous avez les jeux d'ombre à installer sur chaque personnage pour voir comment les ombres sont animées également. Il y a tout un travail quoi.
- Donald Reignoux
Et là, là-dessus tu fais du design du personnage, donc tu dessines... de façon statique à quoi il représente. Est-ce que tu as une influence sur la façon dont le personnage va bouger ou va évoluer dans la série ? Ou est-ce que c'est des indications que tu peux laisser aux gens qui vont travailler avec toi sur les épisodes ?
- Matt
Dès qu'un personnage dans un épisode est très important, qui va être le point central finalement, là on est obligé de mettre énormément d'informations. Donc on montre comment il bouge, comment il grogne, etc. Donc on est obligé de donner énormément d'informations, mais ensuite évidemment le réal, le réalisateur, il va garder ce qui est important pour l'épisode.
- Donald Reignoux
Donald, encore une fois, on a trois archétypes de personnages extrêmement différents. Comment ils sonnent chacun ? J'imagine que par exemple il y a beaucoup d'éléments aqueux, de trucs un peu gras dans ce personnage qui allait être fait en terre glaise.
- Bruno Martineau
Ouais, après je t'avoue que je ne suis pas le spécialiste des voix des méchants, je vais souvent le gentil.
- Donald Reignoux
Ouais ?
- Bruno Martineau
Avec Alexis, on appelle ça la pomme de terre. C'est « Ah, je ne suis pas content » . Il ne se passe rien. Mais les méchants, c'est difficile à faire. Les vraies bonnes voix de méchants, c'est très difficile. Mais moi, il me manque du coffre pour aller chercher ces gros méchants.
- Donald Reignoux
Alors toi, tu ne pourrais pas les faire, mais comment tu distribuerais ces rôles-là ? Quelle tessiture tu donnerais ?
- Bruno Martineau
Il y a déjà des problèmes économiques. C'est-à-dire que souvent, tu ne vas pas faire juste un guest sur des animés. quand on faisait des... des séries pour les Martin Mystère ou les Spies tu venais jamais juste faire un petit rôle t'en faisais plusieurs donc c'était à toi de trouver une voix qui colle et sur un petit personnage un monstre, un méchant un mec qui passe dans le public derrière il y a des comédiens et des comédiennes qui sont caméléons et qui sont spécialisés dans le fait de pouvoir donner une intention rapidement à un personnage secondaire on le fait tous quand t'es pas casté sur un rôle récurrent sur les dessins animés généralement tu fais jamais un petit personnage, t'en fais plusieurs
- Donald Reignoux
parce que sinon la prod ils s'en sortent pas et juste sur un truc il y a deux personnages qui sont un peu similaires qui ont globalement des têtes d'animaux comment vous les caractérisez différemment dans leur expression est-ce qu'ils parlent de la même façon est-ce qu'ils ont une diction similaire du grain similaire,
- Bruno Martineau
comment est-ce qu'on les fait exister et comment est-ce qu'on les différencie c'est sur des détails de l'animation justement plus l'animation est riche, plus tu peux t'appuyer sur un truc, un détail qui paraît insignifiant au départ et finalement qui les caractérise donc C'est vraiment l'inspiration qui nous vient du dessin et de ce qu'on y voit. Mais nous, on improvise en permanence. Et souvent d'ailleurs, la voix évolue au fur et à mesure d'une série, d'un épisode, parce qu'on comprend un peu plus le personnage. Je fais « Ah oui, je n'avais pas pensé à ça » . Du coup, la voix se modifie un petit poil.
- Donald Reignoux
Dernier sur Martin Lister et après on change de sujet. Quand on a un personnage comme celui-ci, qui est... très très infernal je sais pas comment le dire qui est composé d'énormément de pointes de choses extrêmement agressives je sais pas si il crache un acide ou du feu sur la première image qu'on voit ce hibernatopus je vous ai dit que j'étais pas un spécialiste de la série déjà ou pas ? comment on caractérise une voix ? pour moi il a forcément une voix criarde il a forcément quelque chose d'extrêmement agressif comment on le fait exister ?
- Bruno Martineau
tu l'as dit un criard euh... Tu vois qu'il a une grande bouche, donc du coup, il faut que tout soit long dans ce que tu proposes pour que si la bouche se rallonge à volonté, il faut que justement, ça prenne le temps. C'est pas un monstre hyper rapide justement, il doit prendre le temps de faire peur, donc il faut jouer là-dessus sur le timing, encore une fois l'animation, mais je suis persuadé qu'avec une bouche pareille, ça Matt forcément, c'est lié. Et toi Bruno, est-ce que tu le vois ?
- Donald Reignoux
évoluer ou bouger ce personnage. Il pourrait évoluer de deux façons. A la fois, il est très pointu, piquant. Il pourrait être très rapide et avoir des mouvements très électriques, très flash. Et à la fois, il pourrait être très reptilien et avoir des... Tu sais, un peu comme un cobra qui avance doucement et qui attaque uniquement de façon fulgurante. Comment tu le vois évoluer et vivre ce personnage ?
- Matt
En fait, à la base, c'est un personnage qui surgit du froid. Donc, de mémoire, je crois qu'il crache de la glace ou quelque chose comme ça. Donc, il fallait montrer qu'il était à moitié... neigeux, vraiment c'est un monstre blanc et donc il est dans son élément et bon alors après l'évolution, nous on fait de la proposition encore une fois, on crée tous les possibles et donc ensuite l'orisateur va voir ce qu'il peut faire avec ça, comment il va faire évoluer ça, mais moi j'ai créé plusieurs feuilles de créa tout autour des expressions et du Merci. de ses attitudes. Donc ça reste quand même un monstre plus ou moins figé, qui doit inspirer la glace, le froid, etc.
- Donald Reignoux
On va faire un petit pas de côté avant de se quitter parce que je dois libérer Donald, tu vas être attendu en dédicace dans quelques secondes. Bruno, tu as travaillé sur une autre série que peut-être certaines personnes connaissent. Est-ce que ça vous dit quelque chose dans le public ? On est en train de regarder Bruno ? Les Totally Spies ! On a ici la présentation des trois personnages principaux qui sont caractérisés. mais qui sont aussi dans un uniforme identique, dans une posture identique, avec des tailles et des corpulences relativement identiques. D'abord, comment on fait exister trois personnages avec trois personnalités différentes quand on a des contraintes aussi proches les unes des autres, quand on doit fabriquer des personnages qui sont clones les uns des autres ?
- Matt
Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que les personnages, déjà... ont été réalisés par deux dessinateurs, je crois que deux ou trois dessinateurs se sont prêtés la main pour réaliser les personnages définitifs. Il y a eu, je crois, Gilles Formosa, que peut-être certains connaissent, qui a fait de la BD, etc. Il y a eu aussi Luan Vuba, et peut-être une troisième personne, je ne sais plus exactement. Donc ils ont été créés déjà de toutes pièces par ces personnes. Et donc l'idée c'était de faire quelque chose de très simple, c'est-à-dire que les trois filles devaient être vraiment identifiables tout de suite. Donc ils ont créé exactement le même physique, excepté justement le visage pour montrer les différences de personnalité. Donc il y a un côté pratique. qu'on repère immédiatement parce qu'ils ont le même physique, pratiquement les mêmes façons de se déplacer, en tout cas lorsqu'elles sont en action. Mais sinon, leur différence se joue sur leur visage. Et puis après, sur les jeux d'expression, etc.
- Donald Reignoux
Là, c'est les visages et les coupes de cheveux qui les différencient ? Exactement. Donald, comment est-ce qu'on donne une voix différente à ces trois personnages ? Est-ce que par exemple c'est la même comédienne qui joue les trois personnages avec trois intentions différentes ? Ou est-ce qu'il faut avoir trois comédiennes différentes ? Comment on fait exister trois personnages à la fois distincts et si proches ?
- Bruno Martineau
Non, il faut vraiment, vu que le physique est le même, il faut que ce soit trois voix différentes. Sinon ce serait trois jumelles, ça n'aurait pas de sens. Et sur Clover, Alex et Sam qui est un peu plus réservé... C'est vraiment trois personnalités bien différentes et c'est vraiment trop cool. Moi j'adorais cette série bosser dessus, où je faisais Arnold dedans, mais les Spies étaient géniales. Et puis Jerry que faisait Jean-Claude Donda, c'était énorme. Le casting était top et le choix des voix, c'était nickel parce que ça correspondait vraiment au personnage. Je crois que l'antagoniste des Spies c'était Mandy, c'est ça ? Ouais, elle était géniale elle. et Mandy c'était celle qui faisait Alex qui l'a doublé aussi alors que Clover et Sam donc Sam c'était Claire Guillaume qui la faisait donc il fait Ariel et Clover c'est Philly Keita mais bref celle qui faisait Alex elle faisait deux personnages mais il le faisait tellement différent qu'on vraiment la reconnaissait pas c'était trop cool j'adore cette série
- Donald Reignoux
Moi je pourrais papoter avec vous pendant des heures mais on va être pris par le temps et il faut que je te libère pour te rendre au public de Geek Life en dédicace. Donald Renew, merci beaucoup d'avoir discuté avec nous. Merci. Geek Life, je suis hyper fier de t'avoir présenté Bruno Martineau qui est un des talents de Blois. T'es encore sur le festival dans l'après-midi ? Si on veut discuter avec toi, on peut te croiser sur le festival ?
- Matt
Je ferai un tour.
- Donald Reignoux
On fera un tour, voilà. Un petit tour. Ça va être très sympa. Geek Life, un maximum de bruit s'il te plaît !
- Matt
Merci.
- Donald Reignoux
Pour Bruno Martineau. Et un peu moins de bruit pour Donald Reignoux, il en a déjà eu beaucoup.
- Bruno Martineau
Ça suffit.
- Donald Reignoux
Ça va aller. Merci beaucoup de t'être prêté au jeu Bruno, d'être passé nous voir. Et tu travailles sur ta bande dessinée actuellement et donc on te reçoit très bientôt à la publication de celle-ci pour pouvoir la présenter au public de Geek Life. Ce sera avec plaisir.
- Matt
Avec plaisir, merci.
- Donald Reignoux
Merci beaucoup Bruno.
- Bruno Martineau
Je vais faire une photo avec Bruno pour l'envoyer à Stéphane Béry, le réel il va être content. Carrément.
- Donald Reignoux
Serrez-vous Geek Life, vous allez pouvoir être sur le public derrière. Serrez-vous par ici les copains, on va en faire une avec le public de Geek Life. Venez, on a la photo.
- Bruno Martineau
Venez, venez.
- Donald Reignoux
Eh oui, mon Bruno, vous avez votre photo avec Donald Renew et Bruno Martineau. Merci beaucoup. Geek Life, on va changer totalement d'ambiance parce qu'on va partir en mode capo. On m'a dit K-pop, je ne sais pas, je suis vieux. Est-ce que vous aimez la K-pop ici à Geek Life ?