- Speaker #0
Bonjour et bienvenue à toi dans le podcast Oser sa voix qui t'aide à faire de ta voix ton allié numéro une. Je m'appelle Mélany, je suis coach vocale et thérapeute. Ici, je te partagerai toutes mes connaissances autour de la voix, que ce soit de la technique vocale, mais tu comprendras qu'à mes yeux, la voix, c'est beaucoup plus profond que de la technique vocale, ça touche à l'être. Ensemble, je nous souhaite de... conscientiser un peu plus chaque jour qui nous sommes. Éveillons ensemble notre plein potentiel. Incarnons notre essence et prenons notre place, vocalement et physiquement parlant, ensemble, transformons-nous. Allez,
- Speaker #1
c'est parti !
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de pouvoir vous retrouver aujourd'hui. Et on a notre super invité, comme d'habitude, Benoît. le thérapeute qui est avec nous aujourd'hui.
- Speaker #1
Bonjour Mélanie, merci beaucoup de ton accueil, je suis ravi de pouvoir partager avec toi et avec vous ces échanges toujours aussi fructueux.
- Speaker #0
Benoît, aujourd'hui on va parler de la connaissance, de l'expérience et du savoir. Et au final, on pourrait se demander et si la voix savait déjà tout ça ? Donc, grosse... thématique. Première question, pour toi, c'est quoi la différence entre la connaissance, l'expérience et le savoir ?
- Speaker #1
Alors, la connaissance, c'est finalement celui qui a le sentiment de son existence. Donc, c'est quelque chose d'intérieur, c'est quelque chose de... D'ailleurs, on utilise l'expression « perdre connaissance » pour l'expression « tomber dans les pommes » . Ce qui veut dire que la connaissance n'existe que dans mon intériorité. Donc, on est vraiment sur le sentiment d'existence. La notion de l'expérience, c'est ce que je vais essayer, je vais expérimenter. Si je fais, je ne sais pas moi, je vais essayer de faire des vocalises et je me rends compte que dans telle posture ou dans telle position, j'y arrive mieux que dans une autre, je vais expérimenter. Et le savoir, il y a le savoir académique, donc c'est le savoir où tout le monde est d'accord. Et après, il y a le savoir, on pourrait dire éprouvé. Finalement, le savoir, au départ, c'est quelque chose qui est rattaché à la notion de sensation, de goût dans l'étymologie du mot, dans le départ du mot. C'est sentir par le sens du goût. Et après, c'est bien sûr avoir la connaissance de quelque chose. Donc, finalement, la notion de savoir et connaissance sont intimement liées. Sauf, bien sûr, si on parle que du savoir académique où là, il est totalement extérieur à soi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et l'expérience plus le savoir, on pourrait dire ça comme ça, expérience plus savoir égale connaissance. Ce serait un regard qui est nuancé, bien entendu.
- Speaker #0
C'est super intéressant, merci beaucoup. Est-ce que tu crois qu'on peut vraiment savoir quelque chose ? tant qu'on ne l'a pas expérimenté dans son corps, dans sa voix et dans son être ?
- Speaker #1
Alors, je dirais que, de la même façon, ça dépend de ce qu'on appelle savoir. Si on est dans le savoir académique, je peux apprendre par cœur, je ne sais pas, le fonctionnement d'un moteur, par exemple, être capable de même le dessiner ou le raconter, si je l'apprends par cœur. Ça ne veut pas dire que je vais savoir le démonter. Donc, finalement, c'est l'expérience qui va éprouver le savoir, qui va me permettre de vraiment savoir, donc de prendre, je pourrais dire, de prendre connaissance, ou en tout cas de savoir dans le sens éprouvé. Donc, pour être capable de transmettre, il est très important d'avoir expérimenté, donc vécu la chose de l'intérieur, donc de vraiment savoir. connaître la chose de l'intérieur et là, la transmission pourra se faire n'est-ce-raise que par le modèle. Donc évidemment, si on observe quelqu'un qui va avoir une attitude dans son langage ou dans sa façon d'être, il transmet. Et finalement, on transmette, on apprend à marcher parce qu'on voit les autres marcher, ça se fait tout seul dans une première base. Et après, si je veux transmettre Merci. Je ne sais pas, moi, un enfant d'être calme, si moi-même je suis calme, ça va aller assez vite. Si je suis énervé intérieurement, peu importe le ton que j'utilise, souvent ça ne fonctionnera pas. Donc le savoir, qui est vraiment du savoir, expérimenté dans le corps, dans la voix, dans l'être, pour moi c'est, je pourrais presque dire fondamental.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui dans ton parcours personnel t'a permis de transformer une connaissance en un savoir incarné ?
- Speaker #1
Je dirais que ce qui fait, parce que je ne prétends pas réussir ça, mais tendre vers ça. C'est plus une volonté qui va m'animer, une volonté de rentrer en contact, en lien, de déclencher une véritable rencontre à l'autre. Et ce qui va me permettre de rentrer en contact à l'autre, de permettre cette rencontre, c'est la position basse, en laissant l'espace pour l'accueil de l'expérience de l'autre. et donc évidemment de soi par écho. On ne remplit pas un récipient plein. Quand on sait, on n'apprend pas. Donc il faut avoir ce vide, cet espace, ce silence pour accueillir l'expérience en soi. Et ce soit une expérience finalement de l'autre ou de soi-même ou du groupe. Donc il faut être intérieurement attentif à laisser... cet espace qui va permettre cet enrichissement et qui va donc permettre une meilleure présence. Cette présence va permettre après une meilleure incarnation des choses, que ce soit des mots, des phrases, que ce soit des actions finalement.
- Speaker #0
Ok. Et d'ailleurs, Benoît nous avait parlé de la position basse dans un autre épisode. Donc, je vous remettrai dans la description également l'épisode en question où... Benoît développe la position basse qui est très importante, très intéressante. Est-ce que tu as remarqué que certaines personnes savent des choses sur la voix ou sur elles-mêmes, par exemple, mais ne les incarnent pas encore quand elles prennent la parole ou quand elles chantent ?
- Speaker #1
Alors, oui. C'est le fait de ce que je dis, pas ce que je fais. Le plus grand exemple, je pourrais dire, avec un peu d'humour, dans toute l'histoire, ce serait d'abord la politique. Pour le trait d'humour. Le deuxième exemple, c'est le parent qui hurle sur l'enfant pour lui demander d'être calme. Évidemment, c'est quelque chose où ça déclenche, une fois de plus, de l'incongruence. En chant comme en musique, l'absence d'incarnation va faire jaillir cette incongruence. Ça va se voir, ça va s'entendre, ça peut être gênant. Et ça peut aussi, et ça je l'ai observé, être utilisé volontairement. Le principe de la balade musique qui va être... joyeuse, légère, et avec des paroles totalement sordides. Là, c'est quand c'est voulu. Mais quand c'est un manque non voulu, ça laisse une impression de manque de vie. Dans les exemples, il y aurait, par exemple, je pourrais citer la lettre de Renan Luce, je pourrais citer, où ça va déclencher vraiment quelque chose de décalé entre le contenu et finalement le ton et la musique, ou encore le « Et moi, et moi » de Jacques Dutronc, ou la... et qui fait non Michel Bonnaret il faut savoir ce sont des musiques où là on entend bien le décalage volontaire entre ce qui est le ton la musique et ce que ça déclenche mais finalement la congruence c'est parce que ça raconte quelque chose qui montre le décalage entre les deux donc là c'est une incongruence incarnée volontaire on s'est entusé c'est ça voilà génial du coup
- Speaker #0
comment est-ce qu'on passe selon toi du je sais comment faire à je le vis, je le suis même je l'incarne dans la voix est-ce que l'hypnose, le chant ou d'autres pratiques peuvent aider à ce passage là ?
- Speaker #1
alors pour moi, oui je pourrais en tout cas tenter de répondre à ça donc je sais comment faire, je le vis je le suis, il y a une notion qui est la pratique Merci. on pourrait dire de l'expérience délibérée. C'est ce qui va permettre de prendre plaisir, de donner du sens. Plus je prends plaisir, plus ça donne du sens, plus je vais aller de bon à excellent, à expert finalement. Je crois que c'est les travaux d'un certain K. Anders Ericsson, alors pas Milton Ericsson, mais Anders Ericsson, qui a fait des recherches sur la notion d'apprentissage et ça a été après connu du grand public. rendu public par Malcolm Gladwell avec les fameux 10 000 heures. Ce qui ressort de ça, c'est que finalement, on est considéré dans un niveau de pratique comme bon entre 1 000 et 4 000 heures. c'est suffisant pour être compétent, performant dans la plupart des situations courantes. Et après, l'excellence entre 4000 et 8000 heures, dépassement du niveau moyen, maîtrise avancée, capacité à résoudre des problèmes complexes, alors après, il faut le traduire en fonction des matières, bien sûr. Et l'expert, 8000 à plus de 10 000 heures, maîtrise exceptionnelle, reconnaissance comme référence dans le domaine, expertise reconnue. Finalement, alors ça, bien sûr, ça se nuance, parce qu'il y a eu des contre-exemples, Mozart en est un, et il y en a d'autres. Et puis, donc, c'est des tendances. Parce que ne pas oublier, évidemment, l'environnement dans lequel la personne évolue.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Parce que ça va beaucoup permettre, justement, d'incarner les choses. Mais la pratique, justement, plus il y a une prise de plaisir et plus la pratique est délibérée, plus la personne va progresser rapidement. L'inverse, plus c'est fait en traînant des pieds. Ça marche.
- Speaker #0
Eh oui.
- Speaker #1
Voilà. Donc, la notion du plaisir est une notion, on va dire, délibérée. Enfin, oui, rattachée à la pratique délibérée.
- Speaker #0
Oui. Qui est fondamentale,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Si tu pouvais transmettre une seule chose aujourd'hui, ce serait quoi ? Une connaissance, une expérience ou un savoir à éveiller ?
- Speaker #1
Je dirais un savoir à éveiller. Parce que le savoir à éveiller va aller vers la connaissance. Enfin, va permettre la connaissance. Ce savoir réveillé, je dirais que finalement, j'aurais envie d'éveiller la curiosité. Parce que cette curiosité, si on prend soin de lui amener de la nuance, alors elle amène à une pensée profonde. Et cette pensée profonde permet une action juste. Et donc, une expérimentation qui va faire que la personne va éprouver les choses, ou va prendre connaissance d'un sujet. Donc pour moi, ce serait évidemment le savoir réveillé, parce que ça contient tout ça. Tout ça. Ça contient tout ça. Et dès l'instant qu'on n'oublie pas la nuance, donc on en fait surtout ne pas aller dans une rigidité où là, bien sûr, ce serait contre-productif, ça ferait des croyances au lieu de créer de la recherche et au lieu de créer de la curiosité. Mais c'est bien la nuance qui permet cette pensée profonde, qui va vers une action juste, donc vers une voie juste.
- Speaker #0
Oui. Merci, Benoît, pour ce partage précieux. Et pour terminer, pour tous ceux qui nous écoutent, quel petit geste ou prise de conscience peut les aider à faire ce chemin de la tête au corps, de la connaissance au vécu, à travers leur voix ?
- Speaker #1
Alors, que ça passe par la voix, pour que ça aille de la tête au corps et de la connaissance au vécu, je dirais que moi je proposerais un exercice qui serait bénin, ordinaire, qui serait finalement d'essayer de dire très rapidement quelque chose qui parle de lenteur, par exemple, ou prendre une voix joyeuse pour dire quelque chose de triste, ou le contraire. et d'expérimenter volontairement ce que ça fait quand on communique l'incongruence pour pouvoir après le vivre dans l'autre sens, donc en allant chercher l'émotion correspondante. Et je pense que ça, ça permettrait vraiment d'accorder la connaissance au vécu et de permettre à la voix d'incarner quelque chose en accord avec la tête et le corps. Ça te va comme petit exercice ? Oui,
- Speaker #0
merci beaucoup Benoît. Donc, à nous d'essayer maintenant. Pareil, en fonction de comment vous expérimentez cet exercice, partagez-nous avec Benoît, on sera ravis de vous lire, à vos ressentis, si tu es d'accord bien sûr, de joie. En tout cas, c'était une joie comme à chaque fois de t'accueillir sur le podcast Benoît. Grand merci à toi.
- Speaker #1
Merci à toi Mélanie pour ton accueil et c'est toujours un plaisir. d'échanger et de tenter de répondre au mieux que je puisse à tes questions.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Et comme d'habitude, vous pouvez retrouver le site de Benoît ainsi que tous les accompagnements qu'il propose dans la description. On vous souhaite une très belle journée. Je te remercie de tout cœur d'avoir partagé avec moi cet épisode. Si tu souhaites être tenu au courant de toutes les nouveautés, je t'invite à me rejoindre sur les réseaux sociaux. Le lien est dans la description. Si tu as apprécié ce que tu as entendu et que tu souhaites le partager autour de toi, c'est avec joie que je t'invite à le faire. Tu peux également noter et commenter l'épisode si le cœur t'en dit. Car si le podcast évolue, c'est surtout grâce à toi. Je te remercie et je t'envoie de douces pensées.