- Speaker #0
Bonjour et bienvenue à toi dans le podcast Oser sa voix qui t'aide à faire de ta voix ton allié numéro une. Je m'appelle Mélany, je suis coach vocale et thérapeute. Ici, je te partagerai toutes mes connaissances autour de la voix, que ce soit de la technique vocale, mais tu comprendras qu'à mes yeux, la voix, c'est beaucoup plus profond que de la technique vocale, ça touche à l'être. Ensemble, je nous souhaite de... conscientiser un peu plus chaque jour qui nous sommes. Éveillons ensemble notre plein potentiel. Incarnons notre essence et prenons notre place, vocalement et physiquement parlant. Ensemble, transformons-nous. Allez, c'est parti ! Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver dans ce nouvel épisode. Et dans cet épisode, justement, il y a... Benoît que vous commencez à bien connaître maintenant.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous et bonjour Mélanie et merci de m'accueillir. Je suis vraiment ravi de partager ces épisodes avec toi.
- Speaker #0
Avec plaisir aussi. En plus aujourd'hui, on va parler d'un sujet dont beaucoup de chanteurs, orateurs, différents profils. C'est souvent un sujet qui revient, une thématique qui intéresse, c'est « Comment gérer le trac et l'anxiété avant une perte de temps ? » performance vocale. Benoît, qu'est-ce que tu peux nous dire un petit peu du trac ?
- Speaker #1
Comme à mon habitude, quand on veut aborder un sujet, déjà on commence d'où il vient. D'où vient ce mot, le mot trac ? En fait, j'ai cherché un petit peu, puisque j'avais pas ça de tête, et en cherchant l'origine du mot, j'ai découvert que ce mot, il date un peu. On trouve ses premières sources au 15e siècle. Son origine est discutée d'ailleurs. parce qu'il y a une option, on pense que ce serait une origine, l'auteur pense que ce serait une origine onomatopéique, qui viendrait du son, du son trac, tr-a-c-a-c, si on veut l'écrire juste dans le son, nous viendrait tracé. Sinon, il y a une autre version qui viendrait du latin, tracticus, dérivé de tracticare, qui a lui-même donné tracé. Le mot désigné des bagages qui suivaient une armée. et la piste de la trace d'un animal, toujours au XVe siècle. Le bruit fait par des gens qui marchent, toujours à peu près un peu plus tard, au XVIe, et puis au XVIIe, l'allure d'un cheval. Dans un premier temps, il a donné la locution, tout d'un trac, ou tout d'une traite, ou aussi, on parle aussi de tout à trac. C'est une notion qui est un peu disparue, puis en revanche, la locution, elle, est restée encore vivante, le tout à trac. qui transpose l'idée initiale de brusquerie, de rapidité sur le plan du langage. Ensuite, on arrive à peu près au 19e siècle, avec une origine un peu douteuse, c'est soit une formation expressiste ou un développement métaphorique de trac, le fait d'être secoué en rapport avec des tracas, tracassés, ça semble une origine possible. Le mot est familier au sens général de peur, il se dit couramment au 19e siècle. à propos du genre de peur que l'on ressent avant d'affronter le public, de subir une épreuve. Le mot a produit le verbe traquer, qui veut dire craindre, sorti d'usage mais dont dérive traqueur, traqueuse, et le diminutif traquette, employé très familièrement en 1890 pour peur, surtout au pluriel, avoir des traquettes. Donc aujourd'hui nous allons parler des personnes qui ont les traquettes, avant de chanter.
- Speaker #0
Très bonne transition Benoît ! Donc du coup Benoît, d'après toi, quels sont les mécanismes psychologiques du trac et qui affectent en fin de compte la voix ? Par exemple la gorge serrée, la respiration courte ?
- Speaker #1
Alors ce trac, quand on a les traquettes, ça correspond à une activation disproportionnée des systèmes de stress. On a un système de stress qui est dit normal de l'organisme en situation de stress. des nations qu'on va être en situation d'évaluation ou d'exposition sociale. Mais également quand il y a un danger, quand il y a des situations qui ramènent le système physiologique à se mettre en défense. Ce déclenchement, c'est un déclenchement qui, bien sûr, avant tout, est cérébral et qui, face à une situation qui est perçue comme menaçante, le regard d'autrui, le risque d'échec ou quand c'est vraiment un danger réel, à ce moment-là, c'est l'amidale. cérébrale qui va d'un seul coup détecter rapidement le danger et qui va activer l'hypothalamus. L'hypothalamus déclenche alors une réaction de défense, ça peut être la fuite, le combat et bien sûr l'accélération et met en route le système nerveux. Donc qui dit aussi système sympathique, mais pour ceux qui veulent aller plus loin, après on rentre vraiment dans le physiologique, qui va agir sur l'ensemble des organes. Donc ça fait une réponse qui est un peu hormonale, qui est un peu nerveuse, et qui va libérer de l'adrénaline et du cortisol. Et les manifestations physiologiques qui sont l'expression finalement de la perception du danger, donc on est vraiment dans le corps qui manifeste du psychologique, ça peut être peut déclencher, toutes les choses peuvent s'ajouter ou on peut avoir qu'une seule de ces expressions. Il y a l'accélération du rythme cardiaque qui est fréquente, tout ce qui est palpitations, il y a la respiration qui peut être rapide ou difficile, sensation d'essoufflement. Il peut y avoir également les tensions musculaires, les tremblements des mains ou des jambes, il peut y avoir des sudations, il peut y avoir les mâmoites, les sueurs, les rougeurs, la bouche, la gorge sèche, la boule dans la gorge. Et puis, il peut y avoir parfois des troubles digestifs, des nausées, le ventre complètement noué, l'envie d'uriner. Il peut y avoir également des tremblements, parfois des personnes qui ont également la tête qui tourne. Tout ça, c'est vraiment variable. Certaines personnes, une amygdale, on va dire plus sensible, qui va rendre la réponse de peur plus intense pour les situations pourtant banales ou ordinaires. Le cerveau, qu'on appelle souvent cerveau reptilien, donc l'instinct, interprète alors l'exposition du public comme un danger vital. Il transforme une réaction de protection adaptative en anxiété de performance, en un trac qui peut vraiment être parfois débordant. Sur le plan biologique, le trac est initialement une émotion utile. Il augmente la vigilance, mobilise l'énergie et prépare le corps à l'action. Il devient problématique lorsque l'activation physiologique est trop forte ou trop prolongée, générant... un orage émotionnel qui dégrade la performance au final.
- Speaker #0
Parfait Benoît, merci beaucoup pour cette réponse qui est vraiment très intéressante pour nous. D'après toi, comment l'hypnose peut-elle aider à diminuer le stress du cou ?
- Speaker #1
Alors, bonne question. Déjà, moi je verrais vraiment deux façons de faire. Il y a une première façon qui est très efficace et pérenne et un peu plus longue à mettre en place et une seconde Merci. qui est, on va dire, peut-être plus simple, mais qui cherche seulement à modifier l'expression du ressenti, ou autrement à couper ou stopper le symptôme. Donc je préfère m'attarder un peu sur la première, où il s'agit de modifier la perception de la situation perçue comme menaçante. Parce que, comme je le disais tout à l'heure, c'est bien la perception d'un danger ou d'une menace qui va déclencher ces réactions. Donc si on rend cette situation comme un plaisir, prendre plaisir à chanter et oublier le contexte, alors... garde que le bon stress, le bon dosage. Donc comment est-ce que je peux faire pour modifier cette perception ? Déjà, il y a une première façon, je dirais, c'est une façon de creuser avec sa propre pensée, une façon consciente. Est-ce que ma vie est en jeu ? Est-ce qu'il y a une vie après ma prestation ? Et quelle est-elle ? Y a-t-il un danger réel, concret ? Et pourquoi ? Pourquoi j'ai choisi de chanter en public ? Est-ce que c'est pour donner du plaisir à être écouté ? Est-ce que c'est pour donner du plaisir à celui ou celle qui m'écoute ? Et prendre plaisir, bien sûr, à chanter. Et si le jugement, si j'oublie d'incarner l'œuvre et d'être dedans, alors je me laisse aller aux différents jugements possibles de moi et des autres, ou de l'autre, à la comparaison. Et là, j'augmente le trac. À l'inverse, si je pars du principe que j'ai le droit de déplaire et que simplement je propose l'interprétation d'une œuvre en incarnant. la meilleure version de moi-même. Alors je ressentirai un bon trac, l'excitation de l'interprétation. En hypnose, je vais pouvoir me voir libéré de tout ce qui ne m'appartient pas, à savoir tout ce qui est du jugement, de l'information extérieure. Je le rends, je le rends à l'extérieur. Et puis me voir devenir l'incarnation de l'œuvre. Je prends plaisir à interpréter. Et puis je le ressens. Indifféremment, à toute autre information. J'augmente la focalisation. Il n'y a plus aucune place autre que pour prendre plaisir à chanter. Puis, la seconde technique, la seconde façon de faire, de voir, c'est de tenter simplement à diminuer le trac de façon systématique, sans modifier la perception, la cause. Il s'agit d'utiliser la notion de contrôle du corps par la posture, la respiration, la gestuelle, et d'apaiser par l'état d'auto-hypnose les images agréables, les encres. rage positif, une sensation d'apaisement qui permet de libérer l'excès de trac et d'être plus serein.
- Speaker #0
Question suivante du coup Benoît, existe-t-il des techniques pour retrouver confiance en soi et à ses connaissances du coup ?
- Speaker #1
Alors, je dirais que le doute est aussi terrible que la certitude. Il permet de se remettre en question et donc de progresser. Mais s'il devient envahissant et qu'il n'est plus à sa place, il devient bloquant. Donc, pour avoir confiance en ses connaissances, Il est important de sortir de la spirale du doute ou de la certitude pour garder mes notions, mon expérience, durant mes entraînements. C'est ce qui va permettre, au fur et à mesure de mes entraînements, finalement de progresser grâce à ce doute et de valider ce qui est acquis et de remettre en question ce qui a besoin d'être remis en question. Si à ce moment précis, où je suis sur la scène ou dans le studio, je focalise seulement sur les sensations dans le corps, que me procure l'interprétation de l'œuvre, alors j'ai accès à mes connaissances et je prends plaisir à interpréter. La confiance n'est plus un objectif, elle se vit.
- Speaker #0
Alors, petit aparté, parce qu'avec Benoît, on vient de passer un petit moment en off avec du rire, parce que Benoît vient de me parler d'une artiste, justement, qui va vous présenter.
- Speaker #1
Oui, alors, comme on parle de ceux qui ont les traquettes, voilà, donc ceux qui ont peur. C'est important de savoir qu'il y a eu une chanteuse qui, elle, n'a pas eu peur. Non seulement elle n'a pas eu peur, mais elle a quand même chanté l'air de la nuit. Elle a quand même eu énormément de succès. Elle a quand même eu du succès, oui, puisqu'elle a plein de faits décèdent. Il s'agit de Florence Foster Jenkins et elle chante extrêmement faux. Elle ne semble absolument pas souffrir de trac. Et donc, je trouvais que c'était tout à fait fabuleux de connaître ça. Je vous invite à l'écouter si... Vos oreilles tiennent le choc.
- Speaker #0
On ne vous met pas d'ailleurs le lien dans la description. Du coup, après tout ça, Benoît, comment distinguer le trac utile qui dynamise, celui qui paralyse et comment transformer l'un dans l'autre ?
- Speaker #1
C'est une question de quantité. Si je garde une quantité faible de trac, alors je vais ressentir de la motivation plus énergée, une excitation plus grande. Si la quantité est trop importante, alors je vais avoir tous les signes désagréables. qui vont diminuer mes compétences et l'expression de mon art ? La réponse, je dirais, est un peu dans la question. C'est en observant mon état interne, suis-je motivé, excité d'interpréter telle ou telle œuvre, ou au contraire, suis-je paralysé, engourdi ? Une fois que j'ai ma réponse, je peux agir en conséquence. Et c'est en modifiant les perceptions de ma prestation, que ce soit de façon externe, l'enjeu, ou de façon interne, ma voix, ma forme, mon niveau, que je vais pouvoir incarner la meilleure version de moi-même. Ce qui transforme... ou plutôt ajuste le dosage du trac.
- Speaker #0
Suite à ça, un exercice simple d'auto-hypnose, tu recommanderais avant un moment stressant, comme une scène par exemple ?
- Speaker #1
Alors pour moi, il y a deux choses à modifier. Il y a l'état interne, respiration, relaxation, quand c'est agréable, plaisir, et la perception de l'instant. Je vais prendre plaisir et j'ai cette chance d'interpréter telle ou telle œuvre. L'exercice, je dirais, il faut faire un exercice très simple et qui pourrait se faire un peu en deux étapes. Une première étape qui consisterait à évacuer, et une deuxième qui serait une futurisation. Donc, évacuer, aller volontairement, moi j'aurais tendance à dire, vous vous mettez volontairement en visualisant dans un endroit agréable, par exemple en pleine nature, pour ceux qui aiment, je ne sais pas moi, la forêt ou la montagne ou l'océan, peu importe, l'endroit où vous vous sentez bien. D'abord c'est visuel, si vous êtes à l'aise avec, ou sinon vous pouvez commencer par n'importe lequel des sens, et ensuite vous ajoutez les autres sens. en le temps de sentir, voir, entendre. Et une fois que ça s'est fait, que cette spirale sensorielle, on dirait, vous a emmené dans cet endroit, vous sentez être dans cet endroit, vous commencez à vous voir, comme si vous vous sépariez de vous, une forme de dissociation. Et une fois que vous vous voyez, vous vous voyez évacué. Donc celui ou celle que vous voyez, la version de vous que vous voyez, vous la voyez, elle évacue tout comme un nuage noir, sans s'occuper du contenu. Pour une fois que... cette version de vous a tout évacué, alors vous ne faites qu'une ou plus qu'un avec. Ça, c'est le premier exercice, et bien sûr, vous revenez. Une deuxième étape, que vous pouvez enchaîner directement ou couper en fonction du temps que vous avez ou de la contrainte. La deuxième étape, ce serait une futurisation avec ancrage. C'est comme si vous vous voyez, vous vous observez interpréter l'œuvre. Alors, ça pourrait être vous voyez, si c'est de la danse, vous vous voyez danser, si c'est du chant, vous pouvez vous voir, vous entendre. En tout cas, c'est comme si vous voyiez sur un écran. Et une fois que ça vous convient, la façon dont vous êtes, alors vous allez dedans. Et puis vous ressentez, vous vous concentrez sur la sensation du plaisir. Et cette sensation, vous la laissez circuler dans le corps. Et en faisant ça, vous focalisez sur la sensation agréable. Voilà un petit peu ce que je recommanderais comme exercice d'auto-hypnose. Et après, c'est adapté évidemment en fonction de chaque personne et de la sensibilité de chaque personne.
- Speaker #0
Merci beaucoup Benoît. C'est super parce que comme ça, ça amène vraiment des clés, des exercices que vous pouvez expérimenter. D'ailleurs, si vous les expérimentez, que ce soit... avoir une prise de parole avant de monter sur scène, avant d'enregistrer un podcast, pourquoi pas. Donnez-nous vos retours dans les commentaires ou écrivez-nous avec plaisir aussi. Comme ça, on pourra continuer de pouvoir vous proposer des podcasts avec des thématiques adaptées. Et dans tous les cas, vous pouvez aussi retrouver tous les épisodes que l'on a fait avec Benoît. On en a fait quelques-uns là maintenant. Donc, c'est vraiment génial si vous voulez... poser des autres thématiques. Et puis, vous pouvez aussi retrouver Benoît dans la description avec son lien vers ses séances, ses accompagnements. Donc, merci Benoît pour ta présence dans l'épisode d'aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci Mélanie. Tout le plaisir est pour moi. Et c'est avec plaisir que je répondrai autant que je le puisse, bien sûr, s'il y a des nouvelles questions.
- Speaker #0
Merci beaucoup. On vous souhaite une belle journée et on vous dit à très vite. je te remercie de tout coeur d'avoir partagé avec moi cet épisode si tu souhaites être tenu au courant de toutes les nouveautés je t'invite à me rejoindre sur les réseaux sociaux le lien est dans la description si tu as apprécié ce que tu as entendu et que tu souhaites le partager autour de toi c'est avec joie que je t'invite à le faire tu peux également noter et commenter l'épisode si le coeur t'en dit car si le podcast évolue c'est surtout grâce à toi Je te remercie et je t'envoie de douces pensées.