- Speaker #0
Bonjour et bienvenue au sein du podcast Où s'amène quand on s'aime, celui qui donne la parole aux conjoints d'agriculteurs. Elles sont femmes de céréaliers, d'éleveurs, de viticulteurs, en bio, en conventionnel, en raisonnée. Elles viennent de toute la France. Certaines sont tombées dans l'agriculture toute petite. D'autres la découvrent jour après jour. Elles jonglent entre la ferme, la famille, leur métier. Elles portent une force incroyable. Moi, c'est Marion. Et avec ce podcast, j'espère que certaines d'entre vous se reconnaîtront dans leur profession. trouveront des conseils, des échos à leur vie, prendront peut-être un peu de recul, trouveront du soutien ou simplement verront une mise en lumière de ce qui se vit, souvent dans l'ombre, au cœur des fermes. Ici c'est de la good vibes, de la sororité, du partage et un vrai souffle de girl power en agriculture. Alors à votre avis, où ça mène quand on s'aime ? Bonjour Zoé.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Avant de parler agriculture, j'ai envie de commencer par parler un petit peu de toi. Parce qu'avant d'être une femme d'agriculteur, t'es aussi avant tout une femme avec un parcours, des compétences, des rêves et une propre identité. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Moi c'est Zoé, j'ai 31 ans. Je suis née en Champagne-Ardenne, à Épernay. Et j'ai déménagé dans le Gers quand j'étais petite, à l'âge de 9 ans, avec mes parents. Et depuis, j'ai pas quitté le Gers. J'ai fait mes études à Bordeaux. mes études de graphisme. Et après, je suis revenue habiter dans le Gers. Voilà pour la petite rencontre.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Avant de parler un peu plus de toi en détail, est-ce que tu peux nous décrire un petit peu où tu vis maintenant, avec qui et comment se présente la ferme de ton conjoint ?
- Speaker #1
J'habite dans le Gers avec mon conjoint qui s'appelle Ludovic, qu'on appelle, qui préfère qu'on l'appelle Ludo. Nous sommes ensemble depuis qu'on a 18 ans. Donc, ça fait 12 ans qu'on est en couple. On n'habite pas très loin de son exploitation. Et lui, il est dans l'exploitation avec ses parents actuellement.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez des enfants ?
- Speaker #1
Oui, on a deux princesses, deux petites filles.
- Speaker #0
Ok, trop chouette. Tu nous parlais un petit peu de tes études. Quel métier tu fais actuellement ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je suis directrice artistique dans le graphisme. Je suis spécialisée en UX et UI design. Donc, je m'occupe de tout ce qui va être communication visuelle. Je suis spécialisée en identité visuelle. Et je suis en train de m'expertiser également dans tout ce qui est web design.
- Speaker #0
Trop chouette, hyper intéressant. Est-ce que c'est un métier que tu as choisi par passion, je suppose, ou par opportunité ou nécessité ?
- Speaker #1
Par passion, absolument. En gros, pour t'expliquer un petit peu, j'ai toujours été passionnée de photos, une grande passionnée de photos. Et une fois, quand j'étais jeune, un photographe m'avait dit que j'avais l'œil pour ça. Et en fait, il m'avait incité à poursuivre plutôt dans cette voie. Chose que j'ai faite. Et en fait, les études de photos, c'était vraiment pas ce que j'avais envie de faire. Moi, c'était plus une passion, la photo. Et donc, ce que j'ai fait, c'est que j'ai regardé les métiers qui tournaient autour de ce que j'aimais faire. Donc, il y avait la photo, il y a les langues. Je adore les langues aussi. Et j'ai trouvé ce métier de directeur artistique qui m'a tapée dans l'œil. Et donc, du coup, j'ai ensuite fait une prépa art à Bordeaux. Ensuite, j'ai fait le CV pour ceux qui connaissent. J'ai fait une licence de design graphique. Et ensuite, j'ai fait un master de direction artistique.
- Speaker #0
OK. Donc, des longues études par passion toujours dans ce domaine.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et est-ce que tu aides de temps en temps sur l'exploitation ?
- Speaker #1
Alors, j'essaie. J'essaie au mieux. Ce n'est pas facile parce que j'ai un travail qui me prend beaucoup de temps. On a nos deux enfants aussi. Mais je fais ça sur mon temps libre. Dès que j'ai un petit peu de temps, en dehors de mon travail et tout ça, je l'accompagne. Que ce soit vraiment juste lui tenir compagnie, essayer de l'aider comme je peux. Vraiment, moi, j'adore son métier. J'adore ça. Je trouve que c'est un métier extraordinaire. Je suis très fière d'être femme d'agriculteur et j'essaye au mieux d'aider, même si je ne suis pas forcément particulièrement ultra forte là-dedans. Mais j'essaie comme je peux, c'est quelque chose qui m'intéresse énormément. Parce que là où c'est différent de mon métier, c'est que le mien n'est pas un métier essentiel. Et ça, le fait d'être avec lui, ça me permet d'en prendre conscience aussi. c'est-à-dire que demain... Il y a un problème sur terre, mon métier n'a pas d'intérêt à exister. En revanche, le métier d'agriculteur, lui, est vraiment un métier essentiel. C'est comme les métiers de la santé, ce sont des métiers où on ne peut pas s'en passer. Et c'est ça que j'admire dans ces métiers-là. Et j'essaye au mieux de l'aider, que ce soit sur l'exploitation, ou alors que ce soit avec les enfants, avec les papiers, avec les rendez-vous. Il y a plein de manières différentes de l'aider, mais vraiment, je fais au mieux.
- Speaker #0
Tu trouves un petit peu de sens, on va dire, aussi à tout ça, à travers l'aide que tu peux lui apporter pour l'aider à ta petite échelle, comme tu dis, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement, c'est exactement ça. En gros, je pense que le fait d'essayer de l'aider au maximum me permet à moi aussi de me dire que je suis beaucoup plus utile à la société et à tout ça. Alors, mon métier, j'adore mon métier, je le trouve extraordinaire. Mais c'est vrai que des fois, on se dit que la communication sociale, c'est très bien, c'est très important. Mais c'est vrai que les métiers comme l'agriculture ou la santé, c'est des métiers que je trouve particulièrement admiratifs.
- Speaker #0
Ok, je comprends. C'est super intéressant comme point de vue. Et je trouve qu'on le ressent un petit peu dans ta communication à ce sujet-là, mais on en parlera un petit peu plus tard.
- Speaker #1
Pas de souci.
- Speaker #0
Trouver du travail dans ton domaine près de la ferme, c'est facile ?
- Speaker #1
Très compliqué. Très, très, très compliqué. Moi, j'ai un métier de ville. j'ai pas du tout un métier de campagne. C'est ça. C'est ça. Et donc, moi, ça a été un gros, gros, gros défi parce que, ben, moi, j'ai fait mes études à Bordeaux et moi, ben, en gros, ce métier-là, il marche très, très bien dans les grosses villes parce que, ben, on travaille essentiellement avec des grosses entreprises. Donc, être dans le Gers avec un agriculteur, c'est un petit peu compliqué pour mon métier, mais bon, ça ne veut pas dire que c'est impossible non plus. Quand on veut, on peut. Et du coup, moi, ce que j'ai fait, c'est quand j'ai terminé mes études, je me suis directement installée. Donc, j'ai vraiment pris un risque. Je me suis installée toute seule en tant qu'indépendante au départ. Et en fait, ça a marché très, très bien. Mais je suis tombée enceinte de ma première fille. Et quand on va devenir maman, on pense un petit peu différemment. J'ai eu une opportunité professionnelle pour être salariée. Et en fait, à ce moment-là, je me suis dit, il est vrai que la sécurité financière, c'est... on ne va pas trop refuser, d'autant plus quand on est avec un agriculteur. Donc, il y a agriculteur ou chef d'entreprise, tous ceux qui sont dans ce cas-là se reconnaîtront. C'est vrai que d'avoir cette sécurité financière va nous rassurer énormément à ce moment-là. Voilà pourquoi je me suis lancée ensuite en salarié et j'ai l'immense chance d'avoir une entreprise qui accepte mon télétravail. Ce qui fait que j'ai une grande chance de pouvoir travailler à 90% de chez moi. Et une journée par semaine, je me rends au travail.
- Speaker #0
Ok, tu as réussi à trouver des petits ajustements professionnels pour pouvoir te permettre d'allier ta vie professionnelle à la sienne.
- Speaker #1
Exactement, et ça a vraiment permis d'avoir un équilibre vie pro-perso. Parce que pour moi, c'est le bonheur. Alors, je sais que ce n'est pas fait à tout le monde de travailler de chez soi. Il y en a qui vont détester. J'ai des amis, ils ne pourraient pas. Moi, c'est quelque chose qui me convient parfaitement, dans le sens où je travaille sans avoir trop de routes à faire, parce que, mine de rien, la grande ville est loin. Je n'ai pas de route, je n'ai pas de bouchon, je n'ai pas de problème pour amener mes enfants à l'école, pour aller les chercher. Pour moi, c'est vraiment profiter de la vie à la campagne, du rythme de la campagne, tout en ayant un métier de ville. Donc, pour moi, ça, c'est vraiment le bonheur.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es déjà posé la question de rejoindre la ferme ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. disons que c'est quelque chose je ne m'attendais pas à ça en fait le truc ce qui est bien avec la communication c'est qu'il y a besoin de communication partout il y a aussi besoin de communication dans les services dans ce milieu là aussi donc c'est quelque chose c'est à dire que mon expertise ça peut s'adapter à tout c'est ça qui est intéressant le métier d'agriculteur c'est un métier qui me passionne déjà parce qu'on ne se rend pas assez compte de la technicité Merci. de tout ce qu'il y a à savoir sur les terres, quoi choisir, quand est-ce qu'il faut le semer, etc. Il y a énormément de questions que, quand on n'est pas du milieu, on ne se rend pas compte de ces questions qui sont ultra importantes. Et quand on s'y intéresse un petit peu, quand on creuse un petit peu la question, on se rend compte que c'est ultra varié comme métier, qu'il y a énormément de choses à savoir, à découvrir. Le fait de devoir s'adapter au climat, de devoir s'adapter à la terre qu'on a, etc. Je trouve ça passionnant. Et c'est vrai que c'est quelque chose, plus je m'y intéresse, et plus j'ai envie d'en découvrir plus. Le problème aujourd'hui, c'est essentiellement le temps. Parce que du coup, c'est vrai que de transformer son métier, c'est un petit peu quand même compliqué. Quand on a deux enfants en bas âge, tout ça. Et il y a aussi le fait d'une question financière aussi. il ne peut pas forcément dégager un salaire de plus pour un salarié. Du moins, pas aujourd'hui, pas à court terme. Donc, c'est vrai que pour l'instant, ce n'est pas possible, mais on ne sait pas de quoi est fait l'avenir. Donc, oui, mais évidemment, c'est quelque chose qui m'intéresse fortement. Et je sais qu'il y a plein de choses à faire. Donc, d'une part, dans ce métier-là, et aussi dans la communication de son exploitation. C'est quelque chose qui peut vraiment être fort utile. Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire, beaucoup de matières à avoir. La seule chose, c'est la question financière et la question du dossier. La reconversion, ça prend du temps, c'est des démarches qui sont longues, etc. Ce n'est pas impossible. Mais bon, c'est des choses qui se réfléchissent bien quand même. Et tant que l'aspect financier n'est pas vraiment possible, clairement, pour l'instant, je ne me lance pas là-dedans. Mais c'est vrai que c'est quelque chose qui m'intéresserait.
- Speaker #0
Ok, je comprends bien. Tu le gardes dans un coin de ta tête et on verra pour l'avenir alors.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On entend souvent parler de la passion des agriculteurs pour leur métier, mais on parle peut-être moins du chemin parcouru par celles qui arrivent dans cet univers sans forcément y être nées. Quel est ton lien avec l'agriculture aujourd'hui ?
- Speaker #1
Mon lien avec l'agriculture, c'est qu'en fait, on s'est rencontrés quand on avait 17 ans. On s'est mis en couple à 18 ans. Et moi, j'ai toujours vécu à la campagne. mais je n'ai jamais été dans le milieu agricole. C'est-à-dire que le milieu agricole, je ne le connaissais absolument pas. Et quand on s'est mis en couple, à ce moment-là, j'ai commencé à mettre un pied dans le monde agricole. Ça m'a toujours intéressée. En revanche, là où vraiment j'ai commencé à me plonger dedans, à m'intéresser, c'est quand on a eu nos enfants, parce que c'est vraiment les valeurs de la campagne, c'est vraiment des valeurs que je voulais absolument donner à nos enfants. Et donc, j'ai commencé vraiment à l'accompagner autant que je pouvais pour vraiment montrer à nos filles les valeurs du travail, plein de valeurs. Je ne dis pas la liste parce qu'elle est trop longue, mais c'est là où vraiment j'ai commencé à m'intéresser très fortement à vraiment tous les aspects de son métier. Et là, aujourd'hui, en plein dedans, on est… Il est agriculteur, donc il a son exploitation. Et moi, je l'aide dès qu'on a du temps libre avec mes enfants. On l'accompagne, on passe du temps avec lui. Moi, je m'intéresse beaucoup à son métier, d'autant plus via les réseaux sociaux où je parle de son métier. Ce qui fait que j'apprends des choses, moi aussi, via toutes ces vidéos. Donc, c'est cool.
- Speaker #0
Donc, vous êtes mis en couple assez jeune. Je suppose que tu as su rapidement qu'il est peut-être fils d'agriculteur. Je ne sais pas, tu ne nous en as pas parlé, mais en tout cas... qu'il allait sans doute devenir agriculteur ou qu'il avait cette passion-là. Qu'est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ? Est-ce que toi, tu trouvais ça super chouette ou est-ce que tu avais quelques craintes ?
- Speaker #1
Les deux. C'est-à-dire qu'il est fils d'agriculteur depuis deux générations. C'est son grand-père qui a initié l'exploitation. Puis, son père a repris. Et lui, maintenant, est sur l'exploitation avec ses parents. Et quand ses parents partiront à la retraite, ce sera lui qui reprendra son tour. À l'âge où on s'est mis en couple, j'étais assez jeune, donc je pense que je ne me rendais pas forcément compte de tout ce que ça impliquait. Je l'apercevais un petit peu, mais sans vraiment m'en rendre compte, mais ça ne m'a jamais dérangée. C'est-à-dire que je suis très fière d'être avec un bosseur, en général. Les agriculteurs sont d'énormes travailleurs, les agricultrices aussi. Quand je dis agriculteurs, c'est vraiment tout le monde. Ce sont des gens qui travaillent énormément et pour moi, tout métier a ses avantages et ses inconvénients. Comme je dis souvent, on parle souvent du métier de l'agriculture en disant que c'est compliqué. Quand on est femme d'agriculteur, oui, c'est compliqué, mais les femmes de ceux qui font du commerce international et qui reviennent une fois tous les six mois le temps d'un week-end parce qu'ils sont partout dans le monde, c'est encore plus compliqué, je trouve, de mon point de vue. plein de métiers qui sont extrêmement compliqués. Femme de militaire,
- Speaker #0
de gendarme, c'est clair.
- Speaker #1
Exactement, il y a plein, plein, plein de métiers qui sont très compliqués. Donc, le métier d'agriculteur, pour moi, c'est un métier parmi tant d'autres, et c'est un très beau métier, et moi, je suis très fière d'être femme d'agriculteur, et je pense que des deux côtés, ça, c'est vraiment un point qui, pour moi, est très important, que je donne souvent en conseil quand on me demande, justement, des conseils par rapport à ça. Peu importe le métier, il faut savoir faire des concessions des deux côtés. C'est-à-dire que oui, en tant que femme d'agriculteur, il faut accepter ce mode de vie, accepter de ne pas pouvoir déménager, d'habiter à la ferme, d'habiter à la campagne. Il faut accepter beaucoup de choses, qu'il ne rentre pas toujours à la même heure, qu'il travaille 7 jours sur 7 parce qu'il fait de l'élevage. Oui, il y a plein de choses. En revanche, là où notre couple, ça marche très très bien, c'est que lui, de son côté, fait aussi des concessions. On a nos enfants, il sait que moi, je vais avoir besoin qu'il soit là à telle heure, tel jour, il va s'organiser. Moi, j'ai un métier aussi qui est très prenant, j'ai beaucoup de responsabilités, je vais avoir pas mal de rendez-vous importants. Lui, il va s'arranger. S'il a besoin de prendre les petites parce que j'ai une réunion ou un rendez-vous, il s'arrange. Ça marche des deux côtés. Donc, peu importe le métier, peu importe la difficulté, c'est vraiment, je pense, il faut voir plus général en tant que couple. Si on arrive à faire chacun la part, chacun arrive à faire des concessions, peu importe les difficultés, ça marchera.
- Speaker #0
C'est super important de le dire et ton témoignage sur votre équilibre est hyper intéressant. Tu ne viens pas, toi, du milieu agricole initialement. Quelle image tu avais de ce monde-là avant de le découvrir par ton conjoint ?
- Speaker #1
Très bonne question. Disons que j'avais le même regard que la moyenne des gens qui n'y connaissaient rien, on va dire. je savais que les agriculteurs travaillaient la terre, qu'ils avaient des tracteurs, mais je n'avais absolument aucune idée de tout ce que ça impliquait. Je voyais que la partie émergeait de l'iceberg en fin de compte, mais comme plein de gens, je pense, je ne connaissais vraiment pas grand-chose. Avant de le connaître, ce n'était pas forcément un métier où vraiment je m'y étais attardée, où je m'étais vraiment renseignée sur la question aussi. même si je pense qu'on devrait plus enseigner ça aux jeunes. Je pense que ce serait important, parce que ce n'est que mon point de vue après. Mais c'est vrai que je ne connaissais vraiment pas grand-chose avant de le rencontrer.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'a le plus surprise alors ?
- Speaker #1
Ce qui m'a le plus surprise, c'est tout ce à quoi les agriculteurs doivent penser quand ils vont, par exemple, planter telle graine ou telle semence ou autre semence. Tout ce qu'il faut savoir sur la terre, sur l'humidité, c'est pas qu'il fait soleil, il fait chaud ou il pleut, c'est beaucoup plus difficile que ça. Analyser la terre, analyser l'humidité, analyser les contraintes, analyser le type de semences, le taux de protéines, c'est beaucoup plus compliqué que ce que ça n'y paraît.
- Speaker #0
Ouais, je comprends complètement et ça fait écho. Je suis arrivée dans une école d'ingénieur, moi pour moi, du côté agroalimentaire. Et du coup, mon mari à l'époque était étudiant d'agriculture et ma première question, c'était mais pourquoi faire des études longues pour être agriculteur ? Tu vois, je n'avais aucune notion de tout ce qu'il fallait apprendre pour être chef d'exploitation et de tout ce qu'il y avait autour de leur quotidien. Donc, je comprends complètement ton regard là-dessus.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure d'ajustement dans votre couple, dans votre quotidien. Quelle a été ta plus grande adaptation dans ce quotidien ?
- Speaker #1
Ma plus grande adaptation, ça a été par rapport à mon métier. Ça a été aussi ma plus grande, c'est ma plus grande difficulté. Comment adapter un métier de vilain à la campagne ? Parce que pour moi, c'est compliqué encore aujourd'hui. Même si ça ne paraît pas, mais ça l'est en vérité. Ma plus grande difficulté est celle-ci. Le fait d'avoir eu des enfants, ça n'a pas été du tout difficile. Au contraire, on est très bien entourés. Que ce soit sa famille ou ma famille, lui est un père formidable. Il s'adapte énormément pour ses enfants et moi-même. Mais c'est surtout par rapport à mon métier que c'est compliqué.
- Speaker #0
Et alors, comment est-ce que tu arrives à concilier justement ton métier, la ferme, ta vie personnelle ?
- Speaker #1
Ce n'est qu'une question d'organisation, je dirais. En gros, après, il faut bien distinguer. Je pense que c'est alors. Je vais parler d'un point qui, je pense, est important parce que j'en avais parlé souvent avec ma mère de ça quand j'étais en couple plus jeune. Le fait aussi d'avoir un métier différent du sien fait que dans notre couple, il y a cet équilibre aussi par rapport à ça du fait qu'on ne se voit pas toute la journée, qu'on se rejoint le soir, que moi, j'ai ma journée à lui raconter, que lui ait sa journée à me raconter. Je pense que ça, c'est important aussi. Une chose dont j'aurais peur peut-être, c'est d'être avec lui H24. J'aurais peur qu'on ait... Le fait d'avoir chacun sa propre petite vie aussi à côté fait qu'on a cet équilibre aussi de vie aujourd'hui. Je ne sais pas si je suis très claire.
- Speaker #0
C'est souvent un sujet que je pose aux agricultrices, soit aux femmes d'agriculteurs qui se sont complètement réorientées et qui se sont installées avec leurs conjoints, soit celles qui ont toujours rêvé de travailler à deux. C'est vrai que je pose toujours la question de comment est-ce qu'on gère les conflits, comment est-ce qu'on travaille à deux, qu'est-ce qu'on se raconte le soir. Donc non, je comprends. Je comprends complètement ta réflexion et c'est des sujets qu'on aborde souvent. Donc c'est super intéressant. Maintenant qu'on te connaît un petit peu mieux, j'ai envie qu'on parle un petit peu de votre couple. Parce que derrière chaque exploitation, il y a une histoire de couple, une aventure professionnelle, mais aussi une aventure personnelle avec ses joies, ses défis, parfois ses ajustements. Vous vivez sur la ferme ou à côté ?
- Speaker #1
On habite à côté, à environ un kilomètre.
- Speaker #0
Ok. C'est un choix et qu'est-ce que ça vous apporte sur votre... vie personnelle et sa vie professionnelle à lui ?
- Speaker #1
Alors, c'était un choix, un choix commun. Moi, je ne voulais pas être directement sur l'exploitation. J'adore ce qu'il fait, mais je ne veux pas non plus être trop près.
- Speaker #0
Bienvenue au club.
- Speaker #1
Moi, je voulais quand même mon intimité. C'est pour ça qu'on n'est pas directement sur la ferme. Et lui voulait être suffisamment proche pour pouvoir être à la ferme tout de suite si jamais les vaches cassaient la clôture ou qu'il y avait un problème. problème ou autre, qu'il puisse se rendre très facilement sur l'exploitation. Donc ça a vraiment été un choix commis.
- Speaker #0
Et tu disais qu'il était fils d'agriculteur. Est-ce que ta belle famille est proche ?
- Speaker #1
Ma belle famille est sur l'exploitation.
- Speaker #0
Donc assez proche. Quels sont tes liens avec eux ?
- Speaker #1
Ils sont géniaux. Je les adore. Ils sont géniaux. Je suis très proche d'eux. Ils sont adorables. Toujours là pour aider. Toujours, toujours, toujours présent. Dès qu'on a besoin avec les petites, ils sont là, ils nous aident. Il y a énormément d'entraide. Puis, je m'entends très, très bien avec eux.
- Speaker #0
Et toi qui n'avais jamais vécu sur une exploitation agricole ou proche, est-ce que ce sujet de la belle famille, c'est quelque chose qui te faisait un petit peu peur, cette proximité, ou pas spécialement ?
- Speaker #1
Disons que je n'avais pas d'idée particulière sur le sujet. On a été ensemble quand même un moment. On a été ensemble, je pense, huit ans. avant de s'installer, d'avoir notre propre chez nous. Donc j'ai souvent été chez ses parents, ça ne m'a jamais dérangée. Par contre, quand on a eu notre chez nous, je tenais quand même à ce qu'on ait, que je ne sois pas au milieu de l'exploitation, ça pour moi c'était quand même important. Et pour lui aussi, je pense que lui aussi ça lui a fait du bien de se dire je rentre chez moi sans forcément être sur l'exploitation. Je pense que ça nous fait du bien à tous les deux.
- Speaker #0
Ça permet pour lui de couper aussi peut-être un petit peu.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Dans ta vie rurale, est-ce que tu te sens parfois un petit peu seule, isolée ou plutôt bien entourée ?
- Speaker #1
Très bonne question. Quand je m'étais lancée en tant qu'indépendante, il y a certaines périodes où je me sentais quand même très seule, ce qui est normal quand on est indépendant, d'autant plus dans le graphisme où on travaille sur l'ordinateur. Il y a eu des périodes où je me sentais assez seule. Mais depuis que j'ai mon mode de vie actuel, donc depuis que je suis salariée, je suis toute la journée en visio avec mes collègues. Une journée par semaine, je les vois en physique. Donc une journée par semaine, je vais en ville. Donc là, je vois vraiment beaucoup de monde. Je vois tous mes collègues, je vois plein de gens. Et le week-end, on est ultra bien entourés par contre à la campagne. On a beaucoup de copains agriculteurs qui sont géniaux. On les voit très, très souvent. On fait énormément de choses ensemble. Et donc, je suis très, très bien entourée, je dirais. Et même dès que je me sens seule, il suffit que je monte chez ses parents et je bois le café avec eux. Je suis vraiment très, très bien entourée sur ce sujet.
- Speaker #0
Trop bien. Et au niveau du village et de la campagne, comment est-ce que tu t'es intégrée sur ton territoire ?
- Speaker #1
Plutôt très bien, parce que j'ai toujours été habituée à vivre en campagne. Je viens d'un petit village. J'ai toujours vécu... Enfin, petite. J'ai vécu à Orbelle Abbey, dans la Champagne-Ardenne. C'était vraiment un tout petit village. Là, je suis venue d'un tout petit village à un autre petit village. Ça ne m'a pas en soi changé grand-chose. Un merveilleux petit village, d'ailleurs, dans lequel je suis actuellement. Tout est très tranquille, le rythme de la campagne. Ça me va très bien.
- Speaker #0
Trop chouette. Comment est-ce que votre couple fonctionne au quotidien ?
- Speaker #1
En termes d'organisation ?
- Speaker #0
Oui, comment est-ce que vous arrivez à vous retrouver, avoir des moments à deux, des moments deux familles et concilier vos vies professionnelles ?
- Speaker #1
Oui, alors du coup pour les enfants, lui va les déposer à l'école et moi je vais les chercher le soir. Ce qui fait que de ce côté-là, on est ultra rodé, on ne se pose pas de questions. C'est lui qui les amène et moi qui vais les chercher. Et en fait, on partage toutes les tâches. C'est-à-dire que... Tout ce qui va être à l'intérieur de la maison, c'est plutôt moi. Et tout ce qui est à l'extérieur, donc tout ce qui est jardin, etc., c'est plutôt lui. Alors, nous, on s'entend comme ça. Je pense que c'est chaque couple qui arrive à trouver son mode de fonctionnement. Mais nous, c'est vraiment… Lui déteste tout ce qui est, je ne sais pas moi, le ménage intérieur, tout ça. Et moi, je déteste tout ce qui est jardinage ou autre. Et donc, du coup, on s'entend bien sur ce côté-là. Et après, on a très souvent... des moments tous les deux parce qu'on a la chance d'être très bien entourés avec ma belle famille et ma famille qui nous gardent assez souvent les petites donc les petites sont déjà d'une les petites sont habituées à voir leur famille très souvent et ça elles adorent passer le week-end chez papi et mamie elles adorent, c'est des vraies princesses et nous de notre côté pour nous c'est ultra important de moments à deux on a très souvent des moments à deux euh vraiment c'est très très fréquent que ce soit une seule soirée que ce soit un week-end dès qu'on peut en fait on a donné au moment à tous les deux en fait pour nous c'est primordial c'est à dire que on est toujours parti du principe que les enfants ils n'ont pas besoin de mille jouets ils n'ont pas besoin qu'on leur achète tout le temps des choses qu'on leur fasse des choses ils ont besoin d'amour et ils ont besoin surtout que leur parent que leurs parents s'aiment qui est quand un enfant voit ses deux parents qui s'aiment qu'ils sont heureux l'enfant il est heureux moi je le vois avec nos petites dès que on se fait souvent on s'en lasse souvent le matin avant qu'ils partent mais les petites qu'est ce qu'elles font elles courent vers nous et elles nous font un câlin aussi elles ont pas ils ont pas besoin les enfants d'avoir beaucoup de matériel ils ont vraiment besoin d'avoir des parents qui s'aiment de l'amour et ben nous on a besoin d'avoir nos moments à deux pour continuer
- Speaker #0
Toujours alimenter cet amour, c'est ultra important pour nous. Et ce qui fait qu'on a vraiment cet équilibre personnel sur notre couple et sur notre famille. On communique énormément aussi. Alors moi, je suis une vraie pipelette. Bon, je pense que vous l'avez compris jusqu'à maintenant, je suis une vraie pipelette. Donc moi, je n'ai aucun problème à parler dès qu'il y a quelque chose. Et j'ai toujours été élevée comme ça. Dès qu'il y a quelque chose qui me chagrine, dès qu'il y a quelque chose qui ne me va pas ou je suis frustrée ou quoi, je le dis. Moi, je suis cache-pistache, je dis toujours tout ce que je pense et je suis très directe. Là où lui, alors je pense que c'est un truc de mec, je ne sais pas si c'est un truc d'agriculteur ou de mec, mais il a tendance à garder pour lui les choses. Et le fait d'être avec moi, une vraie pipelette qui lui sort tous les mots. Du coup, maintenant, il est beaucoup plus ouvert. Après, c'est qu'avec moi parce qu'il est plus à l'aise, mais il est beaucoup plus ouvert dès qu'il y a quelque chose où il n'est pas d'accord ou autre. On en discute très, très, très facilement. Et ça, je dirais que c'est la clé aussi d'un couple qui fonctionne. C'est la communication. C'est le fait de dire ce qu'on pense, de dire ce qui nous plaît pas, dire ce qui nous plaît aussi, faire des compliments, remercier l'autre. Pour moi, avoir de la reconnaissance aussi vis-à-vis de l'autre, c'est ultra important. Et ça, c'est pour nous notre vrai équilibre.
- Speaker #1
Ok, trop chouette. Franchement, c'est super, super intéressant. Merci beaucoup pour ça. Et comment est-ce que vous faites pendant les périodes agricoles un peu plus denses, plus intenses ?
- Speaker #0
Forcément, c'est des périodes un peu plus compliquées pour nous deux, que ce soit pour les agriculteurs ou les conjoints. Disons qu'on fait comme on peut, parce qu'elles sont petitoues quand même, nos filles. Donc je m'occupe des peu. Alors lui, quoi qu'il arrive, les amène toujours à l'école, même si c'est compliqué. Ils se débrouillent. Il a la chance de ne pas être seul sur l'exploitation, donc on garde quand même ce mode de fonctionnement. C'est là où ça rejoint ce que je disais tout à l'heure sur les concessions. Mine de rien, moi j'ai un gros travail aussi de mon côté, j'ai mon métier qui me prend beaucoup de temps. Donc il continue quand même, même dans les périodes très compliquées, à amener les petites à l'école. Et moi après, je m'occupe d'aller les chercher et de m'occuper d'elles le soir. Et dès qu'on a ce besoin avec les petites d'être avec lui, dès que mes petites me disent « Papa nous manque » , qu'est-ce que je fais ? Je fais un pique-nique, je fais une pizza et je les embarque avec moi. Et puis, on vient avec lui dans la moissonneuse. On l'accompagne le week-end. On passe la journée avec lui dans les tracteurs. Après, quand il n'est pas là, c'est nous qui venons à lui. Oui,
- Speaker #1
trop bien, trop chouette. Ce n'est pas évident, ma fille a trois ans et je commence à découvrir ce côté manque. Moi, j'ai vécu dans mon couple avant, dans ces périodes-là. d'avoir le ressenti d'un enfant, ce n'est pas évident, je trouve, non plus à gérer, à adapter, de se dire, OK, il faut que je gère moi cette période-là, mais elle aussi, il faut que je lui explique et tout. C'est vrai que ça, moi, je le découvre en ce moment, mais ce n'est pas évident non plus, je trouve, de trouver les mots. Mais comme tu dis, on vient à eux quand on peut, mais on trouve des petits ajustements et puis toutes les périodes dans ce pass, de toute façon.
- Speaker #0
Oui, et puis... Puis il y a aussi ce côté qui est intéressant, il faut profiter de ces périodes. Alors moi, je suis quelqu'un, je vois toujours la positivité partout. Je pars toujours du principe que le positif attire du positif, toujours. C'est mon mode de vie, je suis comme ça. Et en fait, moi, je me dis, là, il y a une difficulté, là, il n'a pas le temps d'être avec nous. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Quelles sont les solutions pour passer du temps avec lui ? Ça passe par, par exemple, le samedi matin, c'est l'une de mes deux filles qui va avec lui. Et le dimanche matin, c'est la deuxième qui va avec lui. Et après, si elles ont ce besoin d'être avec lui plus, je leur dis justement, vous faites la sieste et ensuite, on se prépare, on va avec lui. Je leur demande si c'est quelque chose qu'elles ont envie de faire, parce que des fois, elles n'ont pas forcément envie non plus. Et en fait, je m'adapte, je trouve des solutions. Et bon, après, il n'est pas parti. C'est comme je dis, il n'est pas parti à l'autre bout de la France. Il reste quand même par chez nous. Donc, ça reste quand même assez facile, je trouve, en tant que femme d'agriculteur, si vraiment on veut être avec notre conjoint, d'aller avec lui dans le tracteur, d'aller avec lui dans la moissonneuse. Alors certes, ce n'est pas des plus confortables souvent, mais n'empêche qu'on peut quand même se débrouiller, arriver à passer une heure ou deux avec lui pour discuter. Et même eux, ça leur fait énormément de bien de nous voir. De voir que les conjoints les soutiennent, viennent les voir, s'intéressent aussi à leur métier. Ça, c'est important aussi. Je pense que peu importe le métier qu'on a, le fait de s'intéresser à l'autre, s'intéresser à ce qu'il fait, c'est ultra agréable pour chacun. Et pareil pour les petites, je me dis à chaque fois, elles posent plein de questions parce que forcément les enfants, c'est ultra curieux. et lui est content de leur expliquer, ben là on a semé ça, là on est en train de récolter ça, etc. Donc elle pose plein de questions et je pense que même dans ces moments là, on se dit ok c'est vrai que c'est dur mais du coup mes enfants ils apprennent plein de choses donc c'est cool aussi, c'est positif.
- Speaker #1
On a commencé un petit peu à l'aborder, mais un sujet qui revient beaucoup dans les discussions avec les femmes d'agriculteurs, c'est celui de la maternité. Parce qu'avoir des enfants dans une vie agricole, ça soulève beaucoup de questions, l'organisation, la transmission, la place de chacun. Mais toutes les femmes n'ont pas forcément le même parcours et du coup, j'ai envie d'ouvrir cette discussion sans tabou. Pour beaucoup de femmes, devenir mère représente un grand changement de vie. Mais quand on vit sur une ferme, avec un métier qui ne s'arrête vraiment jamais pour son conjoint, cela peut prendre une dimension un peu particulière. Comment est-ce que tu as vécu l'arrivée de tes filles dans ce quotidien agricole ?
- Speaker #0
La difficulté a été mon premier enfant, parce que évidemment, ça a été la nouveauté, la découverte. Trouver son organisation pour les deux, ça c'est le plus compliqué, je pense. Mais après, peu importe le métier, de toute façon, c'est toujours difficile au début, quand il y a un grand changement comme ça dans sa vie, de trouver son organisation, trouver la manière dont on a envie de vivre. Par contre, une fois qu'on a eu trouvé notre organisation, là vraiment aucun problème. Pour moi, je l'ai absolument pas du tout mal vécu. De mon expérience, de mon ressenti, je dirais que peu importe le métier, tant que les deux font des concessions, ça marche, ça marche. Là où par exemple un métier comme les camionneurs, ceux qui sont dans les transports, ceux qui prennent la route toute la semaine, où les femmes elles ne voient leur conjoint que le week-end, Là, je pense que c'est beaucoup plus compliqué,
- Speaker #1
je pense,
- Speaker #0
pour des métiers comme ça.
- Speaker #1
Non, c'est clair et puis c'est important de le dire aussi. Alors, il y a un sujet dont on parle souvent autour de l'agriculture, c'est le sujet des vacances. Est-ce que vous partez un petit peu en vacances ? Est-ce que ça t'arrive de partir seule ou seule avec tes enfants, par exemple ?
- Speaker #0
Oui, de ce côté-là, effectivement, les vacances, c'est un grand sujet. On n'a jamais eu de problème. Alors... On ne part pas beaucoup en vacances, comme je pense la plupart. Mais on n'a jamais eu de problème parce que déjà, on a la chance qu'il ne soit pas tout seul. Il est avec ses parents. Donc en gros, il suffit juste de s'organiser. Ils s'organisent entre eux. Et en fait, ce qu'on fait, nous, c'est le mode de fonctionnement qui nous convient. C'est qu'on part une semaine avec les petites chaque année. Et en fait, on part une semaine pour elles. Vraiment que pour elles. Et on fait... On part à la plage et on fait vraiment des activités que pour elles. C'est une semaine qui leur est entièrement dédiée. On va manger des glaces, aller à la plage, faire des châteaux de sable. Et là, on ne pense pas forcément à nous, mais beaucoup plus à elles. Donc, c'est vraiment leur semaine où on profite de papa-maman. Et ensuite, nous, on part tous les deux en tant que couple. Une année sur deux, on fait dix jours. Et l'autre année, on fait un week-end ou quatre jours où on part que tous les deux. Et ça, pour nous, c'est primordial parce qu'on est avant tout un couple, avant d'être des parents. Et on ne peut pas se passer de vacances que tous les deux parce qu'on est grand fan de sport extrême. On adore faire du jet ski, on adore faire énormément de choses qu'on ne peut pas faire avec des enfants. de la plongée, on fait beaucoup de plongée aussi. Et donc pour nous, c'est ultra important pour notre équilibre de couple d'avoir ce moment K2. Donc on a toujours une semaine pour les petites et on va dire une semaine pour tous les deux, ce qui nous fait à peu près deux semaines dans l'année. Et ensuite, moi, les week-ends d'été, j'essaye de partir souvent avec mes parents et les petites. Le temps de week-end, quand lui n'est pas dispo, quand il va moissonner, quand il n'est vraiment pas là, moi, ça ne m'empêche pas de partir avec mes petites en week-end à la mer. Je n'ai aucun souci avec ça. Là, c'est un petit peu compliqué parce qu'elles sont petites. Donc, c'est un peu dur de faire ça toute seule, de gérer ça toute seule. Mais comme je dis, il faut voir le positif. Ça ne peut qu'être plus facile, ça ne peut qu'aller mieux. Et rien n'est impossible. Donc... Moi, je positive en me disant que oui, c'est faisable et oui, je le fais. Je pense que quand elles seront un peu plus grandes, je pense que je prendrai énormément plaisir à partir toute seule avec elles.
- Speaker #1
Avec elles ?
- Speaker #0
Oui, j'aurai beaucoup plus d'opportunités, je pense, de partir. Là, c'est un peu dur parce que 3 et 5 ans, c'est encore un peu dur toute seule. Mais à l'avenir, je pense que je partirai beaucoup plus souvent avec elles en week-end. Et lui, dès qu'il a des périodes creuses, Et aussi, on est beaucoup à l'écoute de nos enfants. J'ai ma grande, des fois, qui va nous dire, là, j'aimerais bien être avec vous, j'aimerais qu'on fasse ci, qu'on fasse ça. Moi, j'en parle tout de suite à mon conjoint et je lui dis, écoute, elle nous dit ça, il faut qu'on organise ça et on essaye au mieux dès qu'il a une période de creux. Tout de suite, on organise pour montrer à nos enfants qu'on est à l'écoute de leurs besoins aussi. Donc, bien évidemment, on ne cède pas à tous leurs caprices, évidemment, mais... Quand on ressent que c'est vraiment un besoin, là, on se débrouille, on s'organise. On fait tout ce qu'on peut pour aussi leur montrer qu'on est aussi à l'écoute d'elles.
- Speaker #1
Ok, c'est très clair. Et c'est vrai que sur cette projection de partir seule avec les enfants, je pense que c'est un peu des modes d'adaptation aussi, je pense, d'une femme d'agriculteur. Je pense que c'est des choses qui ne se faisaient pas du tout avant. C'est un regard qu'on a et qui, je pense, est une évolution aussi des fermes et des familles agricoles, je trouve.
- Speaker #0
Et c'est là où le fait d'avoir un métier différent du sien nous enlève une difficulté en plus. C'est-à-dire que la ferme, déjà, tourne sans moi. Donc, que je puisse partir avec mes petites le week-end, lui, ça ne lui change absolument rien. C'est là où ça enlève une difficulté par rapport à notre mode de vie. C'est-à-dire que moi, le week-end, je ne travaille pas. Donc, moi, le week-end, je peux faire des activités avec mes petites.
- Speaker #1
Oui, je comprends bien. Et pour toi, quel est le plus beau ? Les valeurs.
- Speaker #0
Les valeurs du travail, les valeurs de la campagne, les valeurs d'être élevée avec des choses simples. Une vie qui n'est pas très matérialiste. D'apprécier ce qu'on a, d'avoir les valeurs du travail, qu'on n'a rien sans rien. Parce que ça, c'est ultra important. D'aussi, elles sont très peu devant les écrans. Dès qu'elles réclament les écrans, forcément, il y a un temps d'écran. On n'est pas non plus... On ne leur interdit pas non plus. Par contre, ce temps-là, il est restreint. Et tout le reste du temps disponible, on va à la ferme, on va découvrir dehors. Ça aussi, ça permet d'ouvrir leur curiosité. Je pense que ça apporte énormément de bonnes choses pour les enfants. Moi, c'est vraiment ces valeurs-là que je suis très fière de pouvoir leur donner.
- Speaker #1
Ok, super. Je te rejoins encore. Ces dernières années, on voit aussi émerger une nouvelle génération de femmes qui prend la parole, qui montrent leur quotidien, qui expliquent leur métier ou celui de leur conjoint, et qui deviennent parfois de véritables ambassadrices de l'agriculture. Toi, tu es très présente sur les réseaux sociaux, je voulais qu'on en parle un petit peu. De quoi tu aimes parler sur tes réseaux sociaux ?
- Speaker #0
Alors, je vais d'abord raconter le début, parce que ça ne fait pas très longtemps que je suis sur les réseaux sociaux. Je suis sur les réseaux sociaux depuis janvier, donc ça fait six mois. Parce qu'en fait, c'est mon conjoint qui m'a poussée à le faire. Donc moi, j'ai toujours été dans la communication, mais j'ai toujours été derrière le rideau, on va dire. Je n'ai jamais été... Enfin, je ne suis pas front de client. Moi, je suis souvent... Je travaille sur l'ordi et je fais les communications visuelles. Et donc lui m'avait dit... Il m'avait poussé l'idée de me lancer sur les réseaux. J'ai toujours été sur les réseaux sociaux, mais toujours passive. Je n'ai jamais été très active, même si j'étais... très présente, je regardais souvent les TikTok, les Instagram, etc. Mais je n'ai jamais forcément posté. Et c'est lui qui m'a donné l'idée. Et en fait, ça m'a beaucoup plu. Et donc, je me suis lancée là-dessus. Et quand j'ai cherché le sujet sur lequel je voulais parler, c'est venu comme une évidence de parler de ce quotidien de femme agriculteure. Parce que en fait, je trouve qu'on ne parle pas assez de manière positive de ce métier, qu'on en sait trop peu. qu'on entend beaucoup dans les médias, après c'est la réalité aussi, mais des difficultés que rencontrent les agriculteurs, mais pas assez, à mon sens, de la positivité, de tout ce que ça apporte. Je voulais vraiment, mon but, c'est de donner une belle image de l'agriculture, de montrer à quel point on peut être fiers de notre agriculture française, de nos agriculteurs et agricultrices, de tout le travail qu'il y a derrière. Parce que, oui, on mange aujourd'hui, mais c'est grâce à ces gens-là qu'on mange. Et en fait, pour moi, ça me tenait à cœur de montrer tout ça et montrer aussi que les agricultrices et agriculteurs sont de véritables chefs d'entreprise, qu'ils mènent très bien leur barque, que ce sont des gens tout aussi modernes que les gens de la ville. Parce qu'il y a forcément des stéréotypes, des gens de la campagne, etc. Et moi, je veux vraiment casser ça. Je veux casser cette image des agriculteurs qui sont… un peu rustre dans leur campagne, parce que ce n'est pas du tout le cas. Absolument pas. Ce sont des gens qui sont très modernes, des gens qui sont extrêmement intelligents. Et moi, c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur, de défendre ça, de redorer cette belle image de l'agriculture et d'apporter quelque chose de positif. Que ce soit autant pour les gens qui ne connaissent pas forcément le monde agricole que pour les gens qui sont dans ce monde-là, parce que je pense qu'ils en ont besoin, d'avoir de la positivité au quotidien, d'avoir aussi de la reconnaissance, qui, à mon sens, n'en ont pas assez. et c'est ce que j'essaye de faire aussi de montrer aux gens qu'il faut être reconnaissant de tous ces gens là moi c'est vraiment le but de vraiment donner de la positivité dans la vie des agriculteurs et de montrer à quel point c'est un beau métier et c'est tout à ton honneur,
- Speaker #1
en tout cas c'est super bien fait et j'invite toutes les personnes qui nous écoutent à aller suivre justement tes réseaux sociaux parce que c'est vrai que c'est très good vibe et c'est hyper intéressant de découvrir un peu ce quotidien de manière immergé dans ta vie et dans ton regard aussi de femme, je trouve. Donc, c'est lui qui t'a incité à le faire. Est-ce que t'as hésité ? Est-ce que t'avais quelques... peur et notamment par exemple de ne peut-être pas être légitime à parler de sujets agricoles ?
- Speaker #0
Absolument. J'ai eu beaucoup de peur, déjà en commençant par mon image sur Internet parce que mine de rien, le fait d'être sur Internet, ça me faisait quand même quelques peurs vis-à-vis de l'image que pouvait avoir mon entourage. Voilà, c'est jamais évident de se lancer sur les réseaux sociaux mais en fait, ça a été ultra bien accueilli par tout le monde. J'ai eu que des messages positifs. Et en fait, au tout début où je me suis lancée, je prenais ça au sérieux, mais c'était un peu une phase de test en me disant je vais tenter un ou deux postes et puis je vais voir comment ça se comporte. Et en fait, tout de suite, j'ai eu énormément de messages de remerciements. Alors ça, je ne m'y attendais absolument pas. Moi, je m'étais faite une image, pareil, des réseaux sociaux qui... Beaucoup de haters, beaucoup de négativité, beaucoup de critiques, etc. Et j'ai eu tout l'inverse. Ça m'a... complètement étonnée mais dans le bon sens et en fait ça m'a poussé à continuer je reçois tous les jours à peu près une cinquantaine de messages de gens qui me remercie de faire ces vidéos là de de me dire à quel point ils sont heureux de voir autant de positivité enfin voilà j'ai d'apporter du bonheur à ces gens pour moi c'est incroyable et c'est ce qui fait que je prends autant de plaisir à être sur les réseaux sociaux et vis-à-vis de l'agriculture alors là où pour moi c'est important c'est que je parle de mon quotidien de femme agriculteur. Pour parler de légitimité, oui, je suis légitime parce que c'est ma vraie vie que je montre sur mes postes, c'est ma vraie vie. Je parle plutôt de ma vérité, j'essaye aussi de dédramatiser certaines situations avec toujours une touche d'humour, parce que ça, c'est ma personnalité, je suis toujours dans la déconnade, toujours dans l'humour, donc je tenais à ce que ce soit aussi un petit peu ma patte sur les postes. Et le fait aussi de parler... de choses qui sont un petit peu difficiles ou des choses qui sont un peu dures au quotidien. Le fait d'en parler avec une touche d'humour, ça permet aussi d'en rire après coup parce que c'est souvent comme dans plein de situations, sur le moment, on n'est pas content. Et après, quand on y repense, on en rit. Et je voulais montrer cette image-là aussi du fait que oui, c'est des quotidiens qui sont assez durs, mais au final, on en rigole. Pour moi, c'est ça qui est important. Et après, on développe petit à petit une partie pédagogie aussi, qui je trouve est ultra importante. Et ça a aussi été une demande de nos abonnés. Et en fait, j'essaye vraiment d'être ultra à l'écoute de mes abonnés. Dès qu'ils ont une remarque constructive, j'essaye absolument de la prendre en compte et d'améliorer à chaque fois mes postes pour que ça corresponde vraiment à ce qu'eux ont envie de voir, parce que c'est avant tout ça. Et donc, ça a été une grosse demande de la part de mes abonnés d'avoir une présentation de la ferme, d'avoir plus de pédagogie, d'avoir une présentation du matériel, etc. Et donc, on a lancé avec mon conjoint la Minute à Gris, dans laquelle on parle de sujets beaucoup plus techniques. Mais ce n'est pas moi qui en parle, c'est lui. Parce que c'est lui qui est légitime d'en parler, car c'est son métier. Et personne ne peut en parler mieux que celui qui est la personne du métier. C'est lui qui va en parler mieux que moi. Et moi, en fait, j'interviens dans ces postes-là plutôt en tant qu'interlocutrice où je vais poser les questions qu'on pourrait se poser, que moi, je me pose d'ailleurs. Et donc, moi, je suis juste la personne qui va poser des questions et lui va parler vraiment technique, va présenter son métier. Et ce sont des vidéos qui plaisent énormément. Alors, ça ne touche pas encore tout le monde. Il y a des ajustements à faire de notre côté parce qu'il en peut encore des termes assez techniques. Mais ça, on y travaille d'avoir des termes aussi beaucoup plus faciles à comprendre que même les gens qui ne sont pas issus du milieu agricole pourraient comprendre. Ça, ce n'est pas évident comme exercice, vraiment pas évident, surtout pour un agriculteur. Parce qu'il y a un jargon, il y a des termes techniques. Et c'est vrai que d'expliquer ces termes-là, surtout pour mon mec, ce n'est vraiment pas facile. Mais on y travaille. Et le but, c'est au final... D'abord d'être sur un compte où on va et retrouver des situations drôles, rigolotes du quotidien, et aussi des vidéos plus techniques, plus pédagogues.
- Speaker #1
Et justement, tout à l'heure, tu parlais de nos abonnés. Petit lapsus qui était hyper intéressant et que je voulais relever, et de son implication notamment sur ce format de la Minute à Gris. Est-ce que lui, il avait peur d'être exposé ? Et est-ce qu'il est fier maintenant de ce que tu fais et de comment tu utilises les réseaux sociaux pour montrer son quotidien à lui aussi ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est très, très rigolo comme question. Parce que c'est lui qui m'a poussée à me mettre sur les réseaux sociaux. Et en fait, il est très fier de voir que je m'éclate, de voir que ça marche, etc. Et il adore le soir. regarder et voir les abonnés, ce qu'ils ont commenté, voir le nombre d'abonnés, tout ça. À chaque fois, on dirait un vrai gosse. C'est un mourir de rire. Par contre, il a tellement peur de l'image que lui... Et il a peur du regard des autres, mais c'est incroyable. Je sais que des fois, ça ne se voit pas forcément, parce que quand je le dis aux gens, les gens me disent « Ah bon, mais il a l'air ultra bien sur les vidéos, il n'a pas l'air timide et tout. » Mais je leur dis « Mais vous ne savez pas l'exercice que c'est pour lui d'être devant la caméra et de devoir faire de l'acting un petit peu, parce que quand on fait les situations, c'est un petit peu d'acting quand même. » Il est mal à l'aise au possible. Et pour lui, le regard des autres est ultra important. Alors, j'essaye au fur et à mesure, parce que c'est vrai que ce n'est pas évident, mais j'essaye au fur et à mesure. Moi, je suis beaucoup plus à l'aise sur le sujet. Moi, disons que le regard qu'ont les autres sur moi, c'est important, mais bon, je ne vais pas m'empêcher de faire une vidéo en public parce qu'il y a des gens autour de moi. Alors que lui, c'est tout le contraire. Lui, s'il y a des gens autour de lui, il est incapable de faire une vidéo. Incapable. Et donc moi je suis obligée de ruser pour qu'il accepte de faire une vidéo avec moi quand il y a des gens autour de nous. Mais alors c'est d'une difficulté ma pauvre. Mon dieu. Mais bon, une fois que la vidéo est postée, après il est trop content et il est là. Oh ben je suis content, je rends bien sur la vidéo. Non mais bref, c'est une star, c'est une re-star d'Hollywood. C'est un truc de fou. Il me fait trop rire. Parce que quand je lui demande de faire un TikTok, il est là. Oh non, oh non, j'ai pas envie de faire ça et tout. J'insiste un petit peu et finis par le faire. Et dès que je le poste, après il est là. T'as vu, j'ai bien joué. Si elle a marché, c'est grâce à moi. Non mais je... Oh là là. Enfin bref, c'est très drôle. C'est à mourir de rire.
- Speaker #1
Et là, tu parles de l'image face à des gens quand on filme et tout. Est-ce que lui, t'as parlé de crainte par rapport à son environnement agricole, à sa famille, à ses amis, aux personnes qu'il côtoie dans son milieu professionnel ? Est-ce que ça, c'est des choses qui lui faisaient peur ? Parce qu'on sait parfois que l'agriculture reste un sujet un petit peu tabou. Est-ce que ça s'est rentré en compte dans votre exposition ?
- Speaker #0
Tout à fait. Tout à fait. Alors, le fait que je me sois lancée sur les réseaux, au début, il a fallu que je trouve un petit peu, que je trouve mes marques, parce que je n'y connaissais rien non plus en réseau social. Mais en fait, ça a été ultra bien accueilli par tout le monde, que ce soit sa famille, que ce soit nos amis, ma famille, etc. C'était surtout lui qui avait un peu peur du regard des autres. Alors par contre, on a quand même des limites. Alors déjà, la première qui est évidente à mon sens, Il est hors de question pour moi que nos enfants apparaissent à l'écran. S'ils apparaissent, c'est juste la tête de dos, on voit que les cheveux, on ne voit jamais le visage. Pour nous, c'est ultra important. Et pareil, que ce soit ses parents ou mes parents, on ne veut pas que des membres de nos familles soient sur les vidéos. Ça, pour nous, c'est hors de question. Pour préserver, du coup, quand même... nos vies privées et tout ça. Et parce qu'on n'a pas tous envie d'être sur les réseaux sociaux. Et donc ça, pour nous, dès le départ, ça a été des évidences comme ça. Par contre, nos amis, nous, nos copains agriculteurs, ils sont toujours à fond dès qu'ils vont faire une vidéo. Ils sont géniaux. Eux, aucun problème. Mais c'est vrai que tout ce qui touche à notre famille, on ne veut pas. C'est notre choix. On ne veut pas qu'il y ait de présence. Pour être aussi plus serein. Parce qu'on ne sait jamais. les critiques, etc. C'est vrai qu'on en a vraiment très peu. C'est vraiment très, très peu de critiques. Et encore, ce n'est pas sur nous, c'est plutôt sur le monde agricole. Mais on fait attention à ça. Pour nous, c'est important de ne pas montrer certaines choses.
- Speaker #1
Oui, on le ressent complètement parce que, tu vois, c'est pour ça que je t'ai posé la question au début de l'interview. J'étais étonnée que tu sois maman. En fait, je ne l'avais pas spécialement identifiée en te suivant. au quotidien. Donc ça montre à quel point tu protèges ce côté-là et je te rejoins complètement. Je trouve ça très légitime et puis très bien pour tes enfants, mais ça n'est que ton point de vue et le mien, bien sûr. Quand on regarde une ferme de l'extérieur, on voit des bâtiments, des animaux, des cultures, des machines, mais on voit rarement tout ce qui se joue derrière. Quelle est la chose que les gens ne voient jamais, selon toi ?
- Speaker #0
Je trouve que, justement, on voit beaucoup leur... Leur travail, leur quotidien, il y a beaucoup d'agriculteurs qui montrent leur quotidien, etc. On est de plus en plus au courant de comment fonctionne l'élevage, etc. Mais c'est vrai que le quotidien de couple de ces gens-là, c'est par exemple des conjoints. C'est vrai que, parce que mine de rien, les conjoints, encore et même, que ce soit les hommes ou les femmes, ont un rôle caché, je trouve, dans les exploitations. Et on en parle très peu. de ce rôle qu'ont les conjoints, qui est extrêmement important pour les agriculteurs. Parce que dans les moments difficiles, les conjoints vont être présents, vont les aider, etc. Parce que les agriculteurs ont énormément de moments difficiles, par contre, ça c'est vrai. Et c'est vrai que l'investissement des conjoints pour les agriculteurs, c'est une face un peu cachée des exploitations, mais qui a son importance, je trouve.
- Speaker #1
C'est ce que tu essayes et ce que j'essaye de faire à nos petites échelles. Qu'est-ce qui est le plus difficile à expliquer à quelqu'un qui ne vient pas du milieu agricole ?
- Speaker #0
Il y a une réponse que je voudrais dire, mais je ne vais peut-être pas la dire. C'est comme plein de milieux. On entend par les médias, on se fait une image de certains métiers via ce qu'on peut lire dans les médias, ce qu'on peut apprendre. Mais on ne se rend pas assez compte de l'importance des... En fait, les agriculteurs ont énormément de difficultés. Sauf que le problème, c'est que ça a tellement été dit dans les médias que les gens qui ne sont pas du tout du monde agricole ont vraiment cette image des agriculteurs comme des gens qui sont en difficulté, des gens qui font ce qu'ils peuvent, où c'est vraiment très difficile. Mais ils n'ont pas cette image des agriculteurs comme étant de véritables chefs d'entreprise qui font énormément de choses, qui font des métiers qui sont très difficiles, parce qu'en fait, difficiles de manière physique, mais aussi difficiles en matière de compétences et d'expertise. Les gens ne sont pas assez conscients de ça. Pour eux, les métiers d'agriculteurs, c'est travailler la terre, planter les carottes et récupérer les carottes. Pour eux, j'exagère un petit peu, évidemment, mais c'est pour faire comprendre aussi là où je veux en venir. C'est que dans la tête des gens, le métier d'agriculteur, c'est quelque chose qui a toujours existé, qui n'est pas forcément très compliqué. les agriculteurs ben c'est Il y a des stéréotypes qui existent. Et en fait, ces gens-là, dans leur tête, c'est comme ça. Et moi, j'aimerais justement que les gens comprennent que ces stéréotypes sont faux et que les agriculteurs sont bien plus que ça, sont bien plus que travailler la terre. C'est beaucoup plus compliqué. C'est beaucoup plus profond que ça. C'est beaucoup plus que ça.
- Speaker #1
De quoi tu es le plus fière aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je suis le plus fière aujourd'hui de cette vie, cette vie simple que je mène, d'avoir la tête sur les épaules et de ne pas... Parce qu'on est tenté aujourd'hui avec les réseaux d'être ultra matérialiste, de vouloir toujours plus, de vouloir la dernière chose qui vient de sortir à la mode. Voilà, on est dans une société comme ça de surconsommation. Et le fait d'être avec un agriculteur, le fait de vivre à la campagne aussi, fait qu'ils sont très terre-à-terre, ils n'ont pas besoin de grand-chose pour être heureux, et en fait, c'est ça que j'aime, c'est ça dont je suis le plus fière, c'est de me contenter de ce que j'ai, de rester simple, d'aimer une vie simple, d'apporter cette vie simple aussi à mes enfants, et d'être heureux en fait, parce que le but d'une vie, ce n'est pas forcément d'avoir énormément de choses, ce n'est pas forcément de posséder le dernier truc à la mode qui vient de sortir, mais c'est aussi d'apprécier tout ce qu'on a déjà. et d'être heureux tout simplement, d'être bien entourée, de trouver son équilibre et son bonheur via quelque chose de simple. Et c'est ça dont je suis le plus fière parce que moi, j'ai quand même un métier qui est destiné à être en grande ville. Donc, qui dit grande ville, dit forcément une vie beaucoup plus matérialiste où tout coûte cher, etc. Et justement, je n'ai pas cette vie et j'en suis très fière.
- Speaker #1
Écoute, c'est une très bonne conclusion à notre échange. Pour terminer, une dernière petite question. selon toi, où ça mène quand on s'aime ?
- Speaker #0
Dans les prix, évidemment.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Zoé, pour cet échange passionnant.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
C'est la fin de notre échange. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à découvrir tous les autres. Vous pouvez également noter le podcast sur votre plateforme d'écoute préférée et poursuivre l'aventure au quotidien, Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux et surtout sur Instagram où je suis très active. N'hésitez pas à vous abonner, liker, partager. C'est grâce à vous que ce projet prend forme et qu'il peut continuer à grandir. Et mesdames, si vous avez envie de raconter votre histoire, rejoignez-moi dans un prochain épisode. A bientôt !