Speaker #0Aujourd'hui, je souhaite faire le pendant d'un épisode que j'ai déjà publié et je voudrais amener une réflexion sur notre tendance à douter de notre place parmi les autres. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Ici, une flamme s'allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand. conférencière et formatrice. Dans cet épisode, je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous et à avancer ensemble vers ce qui fait sens. Comme je disais en introduction, j'ai donc fait un épisode qui s'appelait « Avoir le courage de ne pas être aimé » . Je vous mettrai bien évidemment le lien dans la description de cet épisode pour pouvoir réécouter pourquoi pas ce premier épisode. Et le but de ce dernier, il était d'apprendre... à accepter que ce que les autres pensent et ou disent de nous, en réalité ne dit rien de nous. Mon objectif, il était de pas à pas réussir à apprendre à se détacher du regard des autres pour pouvoir cheminer dans sa vie et dans une vie tant qu'à faire pleine de sens. Et c'est vrai que c'est un épisode qui a beaucoup interpellé et beaucoup plus visiblement. Donc ça m'a amenée aujourd'hui à avoir l'envie de regarder de l'autre côté. Même si, on va le voir, ça a quand même un lien entre les deux. L'objectif, ça va être de se rendre compte que nous n'avons pas un avis réellement impartial sur ce que pensent les autres à notre sujet. Ça, c'est un biais cognitif, c'est-à-dire un fonctionnement, un raccourci de notre cerveau qui se nomme le linking gap. Alors, il y a une étude fondatrice qui date de 2018. C'est une étude qui a été d'ailleurs bien reproduite, ce qui nous permet de mieux comprendre justement ce phénomène. Comme d'habitude, je vous mettrai la référence de cette étude en description. Et c'était des auteurs américains qui sont partis d'une hypothèse de travail que nous sous-estimons combien nous plaisons à notre interlocuteur. Il y a eu différentes parties dans cette étude. Et la première, elle s'est faite en laboratoire et nos chercheurs ont réuni des personnes de même sexe et les ont invités à discuter ensemble pendant cinq minutes. Puis, les deux participants devaient noter, entre 1 et 7, combien ils ont apprécié leur interlocuteur, mais aussi combien ils pensaient que l'autre les a appréciés. Et ce qui est bien sûr très intéressant, c'est que la note... elle était systématiquement plus faible sur, bien évidemment, la seconde note que la réalité. Je ne sais pas si je suis très claire, donc je vais le redire différemment. Systématiquement, les participants évaluaient plus faiblement la possibilité d'avoir plus, entre guillemets, à leur interlocuteur que la réalité. Et cette étude-là, elle a été ensuite reproduite dans la vie réelle, puisque la première partie était quand même dans le laboratoire. Donc ça a été reproduit dans la vie réelle et aussi dans des interactions plus longues, jusqu'à même faire une étude sur une année entière de vie pour des étudiants en colocation. Et systématiquement, le résultat a été le même. Nous sous-évaluons combien nous pouvons être appréciés quelque part par nos interlocuteurs. Il y a autre chose aussi qui était intéressante dans cette étude, en tout cas dans la première partie en laboratoire. À savoir qu'il y avait des observateurs extérieurs, donc des assistants de recherche, qui, eux, ont bel et bien observé qu'il y avait des signaux d'intérêt positif qui étaient bien présents lors de l'interaction. Sauf que, la difficulté, les participants ne les captaient pas alors que ces signaux démontraient clairement que la personne était réellement appréciée. Alors ? Ces études, elles nous montrent finalement que nous sommes, la majorité du temps, concentrés sur ce que l'on veut dire et moins finalement sur la qualité de notre interaction et ce qui nous fait quelque part louper des signaux d'intérêt positif, même lorsqu'ils sont bel et bien présents. Ce qui explique aussi ce phénomène, c'est bien évidemment et légitimement la peur du rejet. Cette peur, elle nous rend hésitants à exprimer l'intérêt que nous pouvons avoir pour notre interlocuteur. Également, il a été montré que nous surestimons à quel point notre gêne, nos maladresses sont visibles auprès des autres. Et enfin, bien évidemment, nous pensons que nos pensées négatives à notre égard sont aussi celles que l'autre a pour nous. Nous pensons donc être moins appréciés que nous le sommes en réalité. Dans l'autre épisode, comme je vous le disais, qui s'appelait « Avoir le courage de ne pas être aimé » , j'avais parlé de l'importance de se détacher du regard des autres, notamment pour notre quête de sens. Car celle-ci, elle se nourrit de notre liberté d'être. Et ces études-là que je viens d'évoquer, elles disent en réalité la même chose. Car finalement, sans même en avoir conscience, nous nous verrouillons. Nous nous censurons par peur de déplaire et ou par peur d'être jugés. Bien évidemment, ces peurs-là, elles sont extrêmement légitimes. C'est essentiel pour l'être humain de se sentir apprécié, reconnu et surtout intégré. Donc la peur d'être rejeté, c'est une peur qui est extrêmement viscérale, ni plus ni moins. Et ça... J'en reparlerai notamment dans un autre épisode sur les neurosciences affectives et sociales qui nous montre à quel point nous avons besoin d'être en interaction et dans le lien. Sauf que par rapport à ça, il y a quand même une information très importante à avoir. À savoir que les gens, en réalité, ils se moquent de ce que nous faisons. Alors oui, ça pique un peu, peut-être dit comme ça, mais ce qu'il faut bien comprendre... c'est qu'en réalité, nous sommes tous et toutes concentrés sur nous-mêmes. Alors oui, parfois, on va bien sûr avoir un commentaire un peu négatif sur l'autre ou un jugement. Ok, c'est humain aussi. Sauf que très rapidement, on va revenir à nous. Nous, nos histoires, nos problèmes, etc. Donc finalement, dans le « pire » des cas, la pensée de l'autre à notre égard, Elle est fugace et ensuite elle sera complètement oubliée par l'autre. Et dans le meilleur des cas, comme on vient de le voir, nous sommes en réalité plus appréciés, voire admirés que ce que l'on croit. Allez, revenons à la quête de sens. Oui, quand même, c'est l'objet de ce podcast. Je l'ai déjà expliqué, c'est important à comprendre que nos relations humaines sont une grande source de sens. Bien évidemment. Et c'est peut-être d'ailleurs pourquoi c'est aussi les relations humaines, souvent, une grande source de questionnement et ou même de souffrance. L'être humain, je viens de le dire, il a besoin de liens. Et à la fois, nous avons besoin de créer notre propre vie, une vie pleine de sens. Quitte, bah oui, pour cela, à ne pas être compris, voire rejeté. Alors avec tout ça, comment trouver l'équilibre ? Peut-être en apprenant pas à pas à se décentrer. Alors se décentrer, c'est tout simplement, entre guillemets encore une fois, essayer de voir le monde ou la situation plutôt comme si c'était un œil extérieur qui la voyait. Et ça, ce travail de décentration, c'est quand même un gros gros gros boulot. Parce que notre cerveau, il a justement besoin de maintenir son monde et ses croyances. Donc c'est vrai qu'apprendre à voir le monde sous le regard de l'autre, c'est quand même un travail important à faire. Pourtant, si pas à pas, nous réussissons à nous décentrer, eh bien, ça nous permettra peut-être de nous rendre compte que nous sommes admirés, oui, même dans les échecs, aimés, même dans nos faiblesses. apprécié, même si nous sommes pas très doués en small talk, ces fameuses petites conversations pluies et beau temps qui peuvent être si difficiles, notamment pour les introvertis. Et ainsi, si on arrive à revenir à cette situation, ou à cette compréhension-là plutôt, eh bien, nous pourrons lâcher l'hyper-contrôle sur nous-mêmes. Et de lâcher cet hyper-contrôle, bah oui, ça va, pourquoi pas, nous permettre d'oser, de vivre et de créer une vie riche de sens, mais aussi des liens riches de sens. Un petit exercice, tiens, pour réfléchir à tout ça. Lors de votre prochaine interaction avec quelqu'un, essayez de vous concentrer mais vraiment sur ce que dit l'autre. Ça veut dire quoi vraiment ? Ça veut dire ne pas se demander ce qu'il est en train de penser de nous. Ne pas couper la parole. Et ne pas se demander aussi qu'est-ce qu'on peut bien répondre à cela. Parce que la réalité de nos interactions, c'est que souvent, nous n'écoutons pas pour comprendre, nous écoutons pour répondre. Et faire l'effort, eh bien oui, ça permet justement, pas à pas, de faire ce travail de décentration. Alors oui, ça peut paraître quand même compliqué ce travail-là. Ça tombe bien, nous aurons encore plein d'autres épisodes pour travailler ces questions-là ensemble. Allez ! Maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d'écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m'y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.