Speaker #0Il y a un concept en logothérapie qui, je crois, est très souvent ressenti pendant l'été et les vacances. Il s'agit de l'état de tension entre ce que nous vivons et ce que nous aspirons à vivre. Cet état, c'est ce qu'on appelle la no-dynamique. Et c'est ce que nous allons explorer aujourd'hui, avec pour objectif de le traverser ensemble pour trouver ou retrouver le chemin vers le sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s'allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Nous passons l'année à courir, puis arrivent les vacances et une autre question survient. Qu'allons-nous faire de ce moment de liberté ? Et là, il y a plusieurs écoles. Il y a ceux qui surbookent et ceux qui n'aspirent finalement qu'au repos tant attendu. Mais même face à ces deux écoles, vous avez peut-être déjà vécu ça. Pourquoi certaines vacances nous ressourcent profondément, tandis que d'autres nous laissent étrangement insatisfaits ? Eh bien la réponse, elle tient sans aucun doute dans notre besoin de sens et sa tension que nous appelons la no-dynamique. Alors, la noodynamique dans sa définition selon le créateur de la logothérapie qui était Viktor Frankl, psychiatre et neurologue autrichien. Dans son livre « Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie » , il dit que, et donc je le cite, que la santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser, ou sur la différence entre ce que l'on est et ce que l'on devrait être, ou plutôt ce que l'on aspire à être. Frankl, il dit aussi que cette tension, elle est inhérente à l'être humain et permet de tendre vers un but valable, à savoir le sens de sa vie. Et cette tension, c'est donc la noeudynamique. On comprend alors pourquoi l'été est souvent propice au questionnement sur le sens de sa vie, qu'il soit d'ailleurs conscient ou non. D'ailleurs, pour reprendre l'exemple des vacances, si certaines nous laissent étrangement insatisfaits, ne mettent-elles pas en lumière que nous ne sommes finalement pas alignés avec le sens de notre vie ? Car même si cela peut paraître surprenant, cette tension no-dynamique est en réalité positive car c'est un véritable moteur. C'est pourquoi elle est d'ailleurs considérée comme l'un des facteurs de notre santé mentale, source de souffrance si elle disparaît. Et en réalité, les vacances en sont souvent un révélateur. Le reste de l'année... L'agenda, il est rempli avec nos habitudes et nos obligations. Et les vacances, elles proposent un nouvel espace. Et c'est un espace qui peut révéler, malheureusement, oui, parfois, un vide existentiel et ou un appel vers ce qui compte réellement pour nous. Quand je parle d'espace, je ne parle pas forcément d'inactivité ou de repos. Tout simplement parce que, pour certains, les vacances sont parfois encore plus remplies que le reste de l'année, notamment quand il s'agit de s'occuper des enfants. Et également, bien évidemment, les vacances ne sont pour tout le monde pas toujours source de joie en fonction de ce que l'on traverse. D'ailleurs, sur ce thème, je vous renvoie à l'épisode appelé « Ne pas aimer l'été » que vous avez beaucoup apprécié. Et je vous mettrai d'ailleurs le lien en description. Dans cet épisode, j'ai expliqué justement toutes les injonctions associées à cette période de vacances dans lequel on ne se reconnaissait pas forcément et qui pouvaient être source de beaucoup de souffrance. Donc là, mon propos, il n'est pas de vous renvoyer une nouvelle injonction, bien évidemment. Mon propos est de se dire que bien souvent, nous sommes tous et toutes traversés par ces questionnements-là quand, eh bien oui, il y a un vide qui se crée, qu'il soit un vide... Acteurs, avec par exemple des vacances, des projets, etc., ont un vide plus silencieux lorsque nous traversons ces vacances de manière... plus paisible ou en tout cas détachée des injonctions de la société. J'insiste, si là ça vous interpelle, je vous renvoie vers l'épisode dont la description est en lien. Et donc ce que je dis, c'est que quelle que soit notre situation, les vacances, elles modifient de toute façon forcément nos habitudes. Et ça crée un changement dans la dynamique qui nous porte toute l'année et amène, pourquoi pas oui, des questionnements sur le sens. On le voit d'ailleurs collectivement avec les bonnes résolutions de rentrée. Oui, souvent l'envie de se mettre au sport, mais il y a aussi souvent beaucoup de bonnes résolutions de rentrée. Ne plus se laisser autant happer par le travail, par exemple. Ça montre bien une envie de se relier le reste de l'année avec ce qui compte. Et les vacances en sont donc un révélateur. Alors ? Peut-être qu'en m'écoutant, vous vous dites, oh là là, je suis déjà en tension toute l'année, quand je peux enfin me reposer, il faudrait que je retrouve une tension no-dynamique. Qu'est-ce que c'est encore que ce machin ? Alors non, déjà, certainement pas de « il faut » , car oui, stop aux injonctions omniprésentes dans notre société. Mon propos, c'est plutôt une proposition qui s'appuie en réalité sur une différence de tension. Car oui, Il y a une différence entre décharger la tension et changer de tension. La première, c'est souvent le pourquoi les vacances ne sont pas suffisantes. Nous sommes sous pression toute l'année et on attend des vacances qu'elles nous enlèvent toute la pression d'un coup de baguette magique. Et ça c'est impossible, c'est donc décharger la tension, plutôt une croyance que les vacances vont décharger la tension. Et la seconde proposition, changer de tension. Là, c'est se rappeler, comme disait Frankl, que l'on ne vit pas sans tension, c'est pas possible, mais que l'on peut vivre avec une tension choisie. Et cette tension vers le sens est en réalité même celle qui nous fait vivre. Mais pour trouver ou retrouver justement cette tension qui nous fait vivre, qui nous aide même à vivre, eh bien oui, nous devons accepter. de rencontrer le vide. Car le vide, eh bien, il va nous permettre de nous rencontrer nous-mêmes. Comment on peut aller à la rencontre de nous-mêmes via ce vide ? Eh bien, peut-être accepter de ne pas remplir immédiatement l'agenda pendant les vacances. Accepter à nouveau l'ennui. Ça, c'est vraiment un thème que nous avons besoin de rebosser collectivement, d'accepter l'ennui. Parce que cet ennui, il va créer donc un vide, un espace qui va nous permettre de voir si quelque chose de nouveau peut émerger. À ce moment-là, une envie profonde revient-elle spontanément ? Alors, pour ceux qui ont des vacances bien remplies, je pense notamment aux parents, se demandez peut-être qu'est-ce qui, au milieu de cette agitation, me redonne de l'élan. Pour tous, une autre question également. Qui peut-être peut donner un petit peu le vertige, mais qui va être très riche en termes de quête de sens. Cette question c'est, quelle personne ai-je envie d'être à la rentrée ? Et pour que ces réponses puissent, pourquoi pas, émerger, eh bien je vais vous proposer un défi si vous le souhaitez. Le défi des dix minutes de rien. Mais dix minutes sans vraiment rien. Sans téléphone. Sans chercher, bien sûr, à remplir par une tâche quelconque. Sans même de méditation, en fait. Non, vraiment rien faire, même pas de la méditation. Vous pouvez d'ailleurs tout à fait bouger sur la chaise, le lit, le lieu où vous faites l'exercice. Mais par contre, on ne cherche pas à remplir. Rien, ce n'est même pas arracher des herbes qui nous contrarient sur la terrasse, par exemple. C'est vraiment rester. tranquillement installé, pas en situation de méditation mais sans rien faire. Ouais, ça paraît peut-être difficile 10 minutes. Allez, on commence par 5. Et peut-être, qui sait, à la fin des vacances vous serez à une heure de rien. Cet exercice, au-delà d'être finalement très agréable quand on prend le temps vraiment de l'accepter et d'aller à sa rencontre, il est aussi extrêmement puissant. Pourquoi ? Parce qu'il va activer dans notre cerveau le réseau mode par défaut. Ce réseau mode par défaut, c'est un réseau de neurones impliqués dans la créativité, l'émergence de nouvelles idées, l'introspection. Et en réalisant cet exercice, peut-être qu'une tension vers le sens naîtra, une envie ou une intuition. Car, je me rappelle, c'est important, en logothérapie, il ne s'agit pas de créer du sens, mais de lui laisser une chance d'apparaître. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J'espère vraiment qu'il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d'écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.